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2026-03-09T17:40:00+01:00

Cyrano de Bergerac mis en scène par Anne KESSLER

Publié par Tlivres
Cyrano de Bergerac mis en scène par Anne KESSLER

Eblouissante prestation d'Edouard BAER vendredi 6 mars dernier au Grand Théâtre d'Angers. Nous avions rendez-vous avec "Cyrano de Bergerac" ! C'est ma #lundioeuvredart qui met une nouvelle fois les arts vivants sous les projecteurs. 

Anne KESSLER assure la mise en scène de la pièce de théâtre d'Edmond ROSTAND, un spectacle haut en couleurs.

Vous vous souvenez de l'histoire... Cyrano de Bergerac a une grande qualité, il maîtrise la langue avec brio, s'exprime en vers et joue avec les mots. Le mousquetaire souffre toutefois d'un défaut, il a un grand nez dont il est complexé. Amoureux de sa cousine Roxane (nous sommes au XVIIe siècle), il craint d'essuyer un rejet de sa muse. Il décide alors de mettre son éloquence au service de Christian de Neuvillette dont elle est amoureuse.  Le trio ainsi créé va vivre au fil des deux heures de spectacle des situations des plus romantiques aux plus dramatiques. L'imposture va agir comme le ver dans le fruit, prendre de plus en plus de place et mener les protagonistes à leur chute.

Quatorze comédiens se retrouvent sur scène pour une très belle interprétation au coeur de laquelle Edouard BAER occupe une place de choix. L'homme de théâtre est bien connu pour son talent, sa prouesse est aussi grande que les phrases sont longues.

Le rythme est dynamique. Les tableaux se succèdent rapidement pour donner à la pièce de théâtre toute sa dimension.

Les décors sont dignes de grands spectacles parisiens avec une mise en scène accessoirisée d'ampleur. Le final est puissant.

Comme j'ai aimé retrouver, le temps d'une soirée, une oeuvre classique. Si je suis friande de littérature, j'avoue négliger ce registre. Le texte est éminemment poétique, il est écrit à la fin du XIXe siècle et fortement imprégné de l'homme de lettres néoromantique que fut son auteur. Là où certains iraient à l'essentiel, Cyrano de Bergerac, lui, fait des pirouettes et nous enivre de ses mots. Assurément une belle soirée de théâtre.

Prochain spectacle : "Je ne serais pas arrivée là, si...", une pièce d'Annick COJEAN mise en scène par Anne BOUVIER qui va résonner très fort avec la journée internationale des droits des femmes.

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2026-02-24T17:35:00+01:00

Aqua de Gaspard KOENIG

Publié par Tlivres
Aqua de Gaspard KOENIG
La rentrée littéraire de janvier 2026 est excellente. Je sors de la lecture du dernier roman de Gaspard KOENIG, "Aqua" aux Éditions de L'Observatoire, trouvé à La Cohue bien sûr.
 
Si vous avez aimé "Humus", le premier opus d'une série de quatre, précipitez-vous chez votre libraire préféré, ce roman est pour vous.
 
Dans le petit village de Saint-Firmin, les élections municipales s'annoncent. Jobard y est maire depuis de longues années et il entend bien faire élire son dauphin, son neveu, Martin, qui travaille à Paris dans un service de l'eau. C'est d'ailleurs cet élément qui va venir perturber les plans du maire sortant. Elle s'invite dans le débat comme un sujet clivant. Il y a ceux qui pensent que transférer la compétence à la com com est une bonne idée, l'autre qui souhaite garder "son" eau. les cartes sont rebattues et une étrangère est finalement élue, Maria, arrivée de Roumanie, gérante depuis 5 ans de La Lanterne, l'épicerie du village. Un peu malgré elle, Maria se retrouve aux commandes du village pour le meilleur, mais aussi le pire.
 
Ce roman, c'est 446 pages d'un roman social, un roman qui en dit long sur notre époque, sur la guerre des chapelles qui existe encore, des villages qui s'opposent depuis des décennies, voire plus, alors, venir leur parler d'intérêt général, c'est trop pour eux. Quant aux institutions, elles ne font pas mieux. Avec des représentants aux égos surdimensionnés, chacun se jette dans la bataille avec ses armes. Défaite pou tous assurée, en particulier pour Dame Nature qui, elle, en paie les frais. Elle est pourtant tellement vivante : 


Ce que Maria traverse à présent, c'est à la fois un dehors et un dedans, un chemin qui relie deux fermes et une haie qui sépare deux parcelles. C'est aussi un univers entier, avec ses histoires, ses habitudes, ses codes, ses drames, quand un arbre déraciné par le vent tombe en travers du chemin, ses joies, quand la mésange boréales, si boudeuse de nos jours, vient nicher dans le tronc mort. Il abrite davantage d'êtres vivants que l'on compte d'humains sur terre. À bien y réfléchir, ce n'est pas le chemin qui est creux. Ce sont les champs autour qui forment de pauvres bosses nues et infertiles. P. 200

Avec Gaspard KOENIG, les personnages sont taillés au couteau et puis, au fil des pages, les liens se dénouent pour laisser place à des personnalités éprouvées par le passé, à moins que ça ne soit par le présent. La vie en société érode les êtres qui finissent par s'affronter : femmes/hommes, ruraux/citadins, anciens/nouveaux, locaux/étrangers... C'est là où l'auteur est fascinant. À travers des personnages de tous bords, il assure de brosser un portrait complet des réalités de vie quotidienne. Le mot est juste, il fait rire... jaune et grincer les dents.
 
Ce roman est politique aussi. Ironie du sort, si je puis dire, je lis ce roman qui traite d'une sécheresse caniculaire alors même qu'autour de nous sévissent les inondations. Il y a de l'eau jusqu'à ne plus pouvoir l'absorber, elle ruisselle à gros débit, s'invite dans les logements et les commerces, impacte les transports et l'activité économique, mais aussi et surtout, menace l'espèce humaine. Même là, l'écologie, dont l'origine du mot relève du grec et veut dire "étude de notre maison" (entendez par là la planète), est à cent mille lieues du débat. Il y a bien quelques scientifiques et hydrologues qui essaient de prendre la parole mais ils sont inaudibles dans ce capharnaüm d'intérêts particuliers. Des décisions sont pourtant à prendre pendant qu'il en est encore temps. L'auteur monte un scénario inspirant, à bon entendeur !
 
La narration de cette satire est fluide, foisonnante, haletante même. Je n'ai pas vu les 446 pages filer !
 
Si je me souviens bien, le proverbe dit "jamais deux sans trois". J'ai déjà hâte de découvrir le suivant. Alors, Monsieur KOENIG, à quand le prochain ?

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2026-02-11T12:20:00+01:00

Manqué ! d'Antonin FAURE

Publié par Tlivres
Manqué ! d'Antonin FAURE

Les éditions des éléphants

Lors de notre dernier passage en bibliothèque avec mon petit-fils, nous en avons eu pour tous les formats : 

- petite largeur, grande hauteur avec Grain de chagrin de Martine PERRIN

- carré moyen avec Riz, riz, riz ! de Bamco

- carré tout petit avec Bébé croco de Yu-Hsuan HUANG.

Place aujourd'hui au dernier de la liste, un carré moyen avec "Manqué !" d'Antonin FAURE.

Cet album jeunesse est très beau. L'illustrateur nous offre des pleines pages, toutes en couleurs. Ode à la nature, les dessins réalisés dans un nuancier de vert sont absolument magnifiques. Pour y repérer la petite bête correspondant au texte, Antonin FAURE nous aide, il choisit une autre couleur, du rose fuchsia pour le ver de terre, du gris pour la taupe, du rouge pour la pomme, du bleu et du jaune pour la mésange... Il diversifie progressivement les teintes pour nous livrer de véritables tableaux de maître.

Il est aussi très rigolo. A chaque fois qu'un élément de la longue chaîne de la biodiversité rêve de manger l'autre, "Manqué !".

Au fil des pages, des chaînes de solidarité se créent entre les animaux pour échapper au bec, aux dents, aux griffes... des prédateurs, avec une fin d'une très grande beauté, un hymne au bien vivre ensemble. 

Le message est écologique. Avouons qu'il n'est jamais trop tôt pour l'enseigner aux enfants.

Si vous avez prévu des promenades en forêt avec vos enfants et/ou petits enfants pendant les vacances scolaires à venir, cet album peut être une belle introduction.

En attendant, mon petit doigt me dit qu'une nouvelle expédition en bibliothèque est prévue, alors rendez-vous très vite !

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2026-02-10T08:25:15+01:00

Si la terre tremble d'Anne-Lise AVRIL

Publié par Tlivres
Si la terre tremble d'Anne-Lise AVRIL
 
Vous vous souvenez peut-être du premier roman d'Anne-Lise AVRIL, "Les confluents", découvert avec les 68 Premières fois évidemment.
 
L'écrivaine creuse son sillon et nous offre un second roman d'une très grande force. Je remercie la maison d'éditions pour ce joli cadeau.
 
Alma est sismologue. Elle est originaire d'Indonésie. Adoptée à l'âge de 6 mois, elle a grandi entre Brest et Ouessant. À l'âge de 27 ans, tout est chaos. Il y a les attentats à Paris, un séisme au Népal et elle vit le drame d'une fausse couche. Son monde intérieur s'écroule. C'est à ce moment qu'elle part en mission à Katmandou, là un amour passionné va la transporter... pour mieux se reconstruire.
 
Ce roman m'a serré le cœur à plus d'un titre.
 
D'abord, il y a cette épreuve d'une maternité qui n'ira pas à son terme. Non souhaitée, elle s'est invitée dans la vie d'Alma, elle y a lentement fait sa place jusqu'au jour où tout s'est arrêté.


Sans sépulture, l'enfant non né n'était qu'une idée, abstraite et éternelle. Sans preuve, il n'avait été qu'un mirage, fugace et inventé. Pourtant, un spectre avait fait son apparition, qui me rappelait encore, tous les jours, ce que j'avais perdu. P. 43-44

J'ai été profondément touchée par la déchirure du corps d'Alma, cette faille à l'image de ce qu'affronte la terre. Anne-Lise AVRIL joue avec la métaphore tout au long du livre, faisant un parallèle entre les deux existences, celle de l'intérieur d'une femme et celle des tréfonds de la terre, leurs soubresauts.
 
Et puis il y a cette passion amoureuse qui va la transporter, la subjuguer, l'envahir au moment où elle se sent complètement vide, au sens propre comme au figuré. La rencontre avec Nahuel va lui permettre de retrouver son corps de femme, l'embraser.
 
Mais ce que j'ai le plus aimé, c'est cette illustration de la sororité, cette relation d'amitié établie avec Nefeli, rencontrée grâce à la reconstruction de Bodnath. Les deux femmes se sont livrées, elles se sont immédiatement reconnues dans leurs parcours.


Si notre amitié était née de la rencontre de deux douleurs similaires, elle s'était épanouie dans une volonté commune de réapprendre à vivre, de recommencer à respirer. P. 71

Je suis assez fascinée par la magie des liens qui peuvent se tisser entre deux femmes comme si elles se connaissaient depuis longtemps, comme si tout coïncidait entre elles. C'est une forme de solidarité inégalée qui s'installe.
 
Ce roman est puissant. En seulement 136 pages, Anne-Lise AVRIL a réussi à me faire vibrer. Le défi du second roman est relevé, bravo !

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2026-02-04T07:00:00+01:00

Grain de chagrin de Martine PERRIN

Publié par Tlivres
Grain de chagrin de Martine PERRIN

Chaque passage en bibliothèque est un moment de découverte.

Aujourd'hui, place à un album jeunesse, "Grain de chagrin" de Martine PERRIN aux éditions Seuil Jeunesse.

Quand je suis accompagnée de mon petit-fils, j'aime lui proposer des livres de différents formats. Celui-là, je l'ai d'abord retenu pour ses dimensions atypiques, une dizaine de centimètres de large, une trentaine de haut. 

Tout de blanc vêtu, il m'a aussi fait de l'oeil pour sa conception. D'abord, il y a cette forme découpée dans la première de couverture à l'image d'une larme et puis il y a l'idée d'une superposition. Il ne m'en faut personnellement pas plus pour que j'ai envie d'en tourner les pages, aller voir derrière ce qui s'y cache... Et là, oh surprise ! La double page est en réalité pour partie pliée. Sur la gauche, sur une partie toute en couleur, il y a le texte avec une phrase qui se termine par trois points de suspension... histoire d'inciter l'enfant à deviner ce qui se trouve à l'intérieur de la page pliée, tantôt une goutte de pluie, tantôt une aile de papillon ou bien encore un pépin de pomme. La lecture devient rapidement un jeu !

Les couleurs sont vives, chatoyantes, gaies. Cette lecture est tout à fait adaptée aux plus jeunes.

Enfin, il y a l'histoire, parce que oui, nous lisons des livres pour découvrir des histoires. Là, c'est celle d'une larme qui devient un grain de chagrin. La fin est délicate, pleine de tendresse.

Bonne pioche après : 

"Riz, riz, riz !" de Bamco 

"Bébé croco" de Yu-Hsuan HUANG

"Mammouth" d'Alex WILLMORE

"Le lion et l'oiseau" de Marianne DUBUC

l'année 2026 promet d'être belle !

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2026-02-03T20:23:57+01:00

Rue des Hirondelles de Clodine BONNET

Publié par Tlivres
Rue des Hirondelles de Clodine BONNET

Peut-être connaissez-vous Clodine BONNET pour avoir participé à ses ateliers d'écriture dans le cadre de l'association Porte-Plume,

Peut-être connaissez-vous Clodine BONNET aussi pour avoir lu : "Des Ils et des Elles".

Perso, c'était ma voisine. 

A chaque rencontre, je me nourrissais de son humanité.

Alors, quand j'ai découvert un joli cadeau dans ma boîte aux lettres, son dernier livre, auto-édité, "Rue des Hirondelles", je m'y suis plongée.

Clodine BONNET nous livre un récit de vie, plus précisément, de fin de vie. Sa mère s'affaiblit, se fragilise, doit quitter la maison qu'elle partage avec son mari. Elle va lui rendre visite, s'imprègne de tous ces moments de bonheur précieux avant le grand départ.

Ce livre est un petit précis de l'accompagnement d'un être cher. Pour celles et ceux qui le vivent au quotidien, ou celles et ceux qui l'appréhendent, ce récit de Clodine BONNET relate les moments stratégiques, les enjeux, les objectifs, les arrangements raisonnables pour que sa mère soit finalement accueillie à l'EHPAD.

Mais ce livre ne serait pas celui de Clodine BONNET sans une touche de poésie, une pincée de légèreté. Elle a ce talent de rendre "merveilleux" des instants forts en intensité. 

Bien sûr, Clodine BONNET a un grand coeur. Alors elle n'oublie personne, pas même le personnel de la structure, l'EHPAD de Frossay en Loire-Atlantique.


J'ai eu envie d'écrire ce livre, pour rendre hommage à ceux et celles dont c'est la profession d'accompagner les personnes en fin de vie [...].

J'ai été profondément troublée par la concomitance du départ de sa mère et de l'arrivée de sa petite-fille, Alcie. C'est un peu comme si les événements s'étaient organisés entre eux pour montrer la voie de chacun : naître, vivre et mourir. Si l'ascenseur émotionnel est vertigineux, l'amour n'en est pas moins grand.

Enfin, si vous avez déjà croisé le chemin de Clodine BONNET, vous savez qu'elle est une artiste, elle pratique la photographie, écrit des poèmes, se laisse porter par ses rêves. Ce livre est à son image !

Vous avez maintenant envie de le lire ? Passez donc à la librairie Le Mot de la faim de Montreuil Juigné ou L'Atelier de Saint-Mathurin. A défaut, contactez-là via son blog.

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2026-02-02T07:00:00+01:00

La forêt disparue par la Compagnie Mona BLANK

Publié par Tlivres
La forêt disparue par la Compagnie Mona BLANK

Ma #lundioeuvredart fait de nouveau partie du registre des arts vivants.

Dans le cadre des "Nuits de la lecture", j'ai découvert avec mon petit-fils "La forêt disparue", un spectacle de la Compagnie Mona BLANK programmé par les Bibliothèques d'Angers.

Quelques mots de l'histoire : 

"En retournant chez Mona, Emmy découvre une maison où tout est noir, où tout est plus petit. Même l'arbre dans le jardin a disparu. Mona aimait la forêt pour y glaner des chataignes, des noix, des glands. Les poches remplies de trésors, elle cachait ses graines un peu partout dans la maison. Mais aujourd'hui Mona est partie. Le silence a envahi sa maison. Emmy se sent seule et désemparée. Que faire pour que la vie reprenne le dessus ? Une pomme. Un pépin. Un pépin? Une porte s'ouvre sur le monde imaginaire et la mémoire d'Emmy. Des sons, des souvenirs apparaissent dévoilant un univers où le tout petit peu devenir très grand."

Dans un décor très réduit, la comédienne, interprète et metteure en scène, nous transporte dans un lieu de légèreté, de découverte et d'émerveillement.

Tout commence avec cette pomme croquée, un pépin mis dans l'eau pour pousser.

J'ai personnellement été frappée par la beauté des tableaux. Des effets esthétiques relèvent là de toiles de natures mortes. Je crois que je vais garder longtemps en mémoire cette pomme à moitié mangée, le faisceau lumineux plongeant sur elle alors qu'autour, tout est noir.

Et puis, il y a la puissance de la nature, nourricière. Si l'actrice en cherche une trace à l'extérieur de son espace scénique, c'est en réalité à l'intérieur qu'elle va la trouver.

J'ai beaucoup aimé les mouvements du corps de l'actrice, certains sont lents, d'autres sont énergiques, la force de son regard aussi, que l'on voit bien dépasser la zone des spectateurs pour se porter sur un immense pot en terre, objet de convoitises.

Le tout est accompagné d'un fond musical, des tonalités fraîches et dynamiques.

Mon petit-fils d'à peine 3 ans a été captivé par ce spectacle, un signe de qualité, non ? 

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2026-01-29T07:00:00+01:00

Idiss de Robert BADINTER

Publié par Tlivres
Idiss de Robert BADINTER

Ma #citationdujeudi, je la dédie à Robert BADINTER pour son livre "Idiss", une découverte de ce début d'année que je me plais à remettre sous les projecteurs.

Robert BADINTER, décédé le 9 février 2024, panthéonisé le 9 octobre 2025, repose au cimetière de Bagneux dans la banlieue sud de Paris avec notamment sa grand-mère maternelle, à qui il a rendu un vibrant hommage avec un roman qui se veut pour partie une biographie et pour partie le fruit de ses rêves.

Idiss est née en Bessarabie en 1863. Elle a épousé son mari, Schulim, parti à l'armée alors qu'ils avaient deux jeunes enfants à nourrir, Avroum et Naftoul. Accueillie par ses beaux-parents, de pauvres gens, elle contribue aux ressources du foyer en vendant des articles de broderie et quelques activités de contrebande. Au retour de Schulim, femme et enfants retrouvent leur maison, une petite fille naîtra un an plus tard, Chifra, la mère de Robert BADINTER. Devant la persécution des juifs et les problèmes financiers liés aux jeux d'argent de Schulim, la décision est prise de quitter le pays pour rejoindre les deux garçons partis à leur majorité à Paris. Là, pour tous, une nouvelle vie commence.

Le portrait de cette grand-mère est très attendrissant. Robert BADINTER, son petit-fils, lui voue une profonde estime et lui témoigne d'une très belle preuve d'amour. 

J'ai été profondément troublée par ce que lui rappelle le parfum d'Idiss. Peut-être en avez-vous fait aussi l'expérience ? Une simple fragrance et la mémoire d'un lieu, d'un événement, d'une personne... resurgit, de surcroît avec netteté.

Les neuroscientifiques s'intéressent tout particulièrement au sujet. Le pouvoir olfactif des parfums est lié au champ des émotions, il nous fait vibrer. C'est juste fascinant.

Dans ce livre, Robert BADINTER en présente une déclinaison tout en délicatesse. C'est d'une pure beauté.

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2026-01-28T07:00:00+01:00

Riz, riz, riz ! de Bamco

Publié par Tlivres
Riz, riz, riz ! de Bamco

A chaque passage en bibliothèque, ses découvertes.

Là, c'est l'étiquette du "Prix Tatoulu" de la sélection 2022/2023 qui m'a attiré l'oeil. L'album jeunesse "Riz, riz, riz !" est une création de Bamco, toute jeune illustratrice coréenne dont c'est le premier ouvrage, et traduite par Laurana SERRES-GIARDI, aux éditions Rue du monde.

Inutile de vous préciser que nous allons voyager, tout est déjà presque dit !

Quelques mots de l'histoire : un agriculteur plante, plante, plante du riz. Au fil du développement de la céréale, il désherbe, s'émerveille de sa croissance, se désole des effets du vent, s'en occupe avec coeur. Puis, il la fauche pour récolter les petits grains que tous connaissent. 

Cet album est très beau, d'abord, parce qu'il honore le travail de chaque jour pour produire du riz qui est mangé dans le monde entier.  Bamco le dédie à son père. 

Et puis, il est tout en rythme. Si le texte est succinct, il est systématiquement répété trois fois, ce qui permet à l'enfant de se l'approprier et d'en faire un jeu. Mon petit-fils s'est bien amusé, il en a redemandé !

J'ai beaucoup aimé les illustrations sur fond blanc. Le graphisme est sobre pour un album qui relève presque du documentaire pour les petits.

Je ne connaissais pas encore la maison d'édition "Rue du monde" mais ça fait aussi partie de la belle découverte. En 1996, le premier livre publié était le "Grand livre des droits de l'enfant". Autant dire que je vais rechuter !

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2026-01-27T22:06:06+01:00

La disparition des choses d'Olivia ELKAIM

Publié par Tlivres
La disparition des choses d'Olivia ELKAIM

Éditions Stock

Nous sommes le 27 janvier. C'est aujourd'hui la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste, l'opportunité de vous présenter le roman que je viens tout juste de terminer : "La disparition des choses" d'Olivia ELKAIM.

Tout a commencé avec une rencontre à la Librairie Lhériau d'Angers. Je ne connaissais pas Olivia ELKAIM, j'ai été séduite. Je n'avais jamais lu Georges PEREC, j'en ai maintenant une irrépressible envie !

Tout commence avec cette scène effroyable. Nous sommes gare de Lyon à Paris à l'automne 1941. Cécile, une jeune mère, est avec son fils de 5 ans sur le quai numéro 11. Elle s'apprête à le laisser monter dans le train, le dernier convoi de la Croix-Rouge à destination de Grenoble en zone libre. Elle lui donne quelques conseils, l'embrasse et regarde le train partir avec ce qu'elle a de plus cher. Elle ne sait pas encore qu'elle sauvera Georges des griffes du régime nazi et qu'il deviendra un grand écrivain.

A l'image de Léonor DE RECONDO dans "Marcher dans tes pas", Olivia ELKAIM explique sa démarche : 


Je lui invente des manières, un phrasé, des sentiments dont je ne sais rien. Je comble de romanesque là où il n'y a que du vide. P. 100

L'écrivaine se nourrit d'éléments historiques, factuels, pour tisser le fil de l'existence de cette femme née Cyrla en 1913 à Varsovie en Pologne. Elle est arrivée en France avec son mari, un communiste, un homme qui s'est engagé dans la Légion étrangère pour obtenir la nationalité française et ainsi assurer l'avenir de sa famille. Il décèdera en juin 1940 en combattant, faisant de son épouse une veuve de guerre et assurant à son fils une place dans le dernier train de la Croix-Rouge.

A celles et ceux qui s'interrogent sur le pourquoi de ce livre, pourquoi écrire sur la mère de Georges PEREC, comme Léonor DE RECONDO, elle le crie haut et fort à celles et ceux qui veulent l'entendre :


Pour lui... Mais moi, je veux le faire pour elle, d'abord pour elle, pour lui rendre hommage, à elle comme à toutes les femmes qui sont parties sur les routes, seules, avec leurs enfants, celles qui ont eu peur et ont dissimulé leur effroi sous leur masque de mère, celles qui ont recueilli les petits des tuées comme s'ils étaient les leurs, posé une main sur leurs yeux pour qu'ils ne voient rien du massacre, celles qui ont grimacé et ri pour faire croire que ce bazar des hommes, bruit de bombes, explosions des shrapbels, défunts ensanglantés dans des flaques, ce bazar n'est en fait qu'un odieux carnaval. Rien de sérieux, rien de vrai. P. 136

Olivia ELKAIM assure la postérité à toutes celles qui ont connu l'extermination parce que juives. Il faut dire que l'écrivaine partage beaucoup de points communs avec Cécile. Sa famille à elle aussi a connu l'exil, la francisation d'un état civil pour préserver l'ordre public, et le fait d'avoir un enfant de 5 ans également quand elle se lance de l'écriture de ce roman.

Et puis, il y a son intérêt également pour Georges PEREC, l'écrivain, dont elle a lu de nombreux ouvrages pour se nourrir de sa vie, de sa construction personnelle, et pour repérer les traces du vide laissé par l'absence de sa mère.


Nul ne devine l'empreinte laissée par la disparition de sa mère. Mais plus le temps passe, plus l'absence se creuse indéfiniment et l'aspire. P. 38

Petit clin d'oeil à l'auteur avec le titre du roman "La disparition des choses", la fusion du titre de deux romans de Georges PEREC, "La disparition" et "Les choses". C'est avec ce dernier qu'il sera lauréat du Prix Renaudot en 1966.

J'ai été touchée par l'écriture d'Olivier ELKAIM, une plume tendre et généreuse, un propos fluide qui résonne tout particulièrement aujourd'hui. C'est mon #Mardiconseil.

J'ai une pensée aussi toute particulière pour ces auteurs qui ont assuré, par la voie de la littérature, le souvenir de victimes de la barbarie nazie : 

Robert BADINTER avec "Idis"

Carole ZALBERG avec "Où vivre"

Isabelle STIBBE avec "Bérénice 34-44"

Oscar LALO avec "La race des orphelins"

Diane DUCRET avec "Les Indésirables"

Lola LAFON avec "Quand tu écouteras cette chanson"

et bien d'autres encore...

 

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2026-01-26T07:00:00+01:00

Ménopause d'Alex GOUDE

Publié par Tlivres
Ménopause d'Alex GOUDE

Les spectacles de cette saison aux Théâtres Municipaux d'Angers se suivent et ne se ressemblent pas. Après 

"Passeport" d'Alexis MICHALIK,

et

"Lumière" de Stéphane LANDOWSKI et Maxence GAILLARD,

place à une comédie musicale d'Alex GOUDE, "Ménopause", une "comédie qui bouscule les règles", le ton est donné, c'est juste truculent. 

Au fil de saynètes, jouées chacune à un étage d'un grand magasin parisien, quatre femmes parlent de leurs bouleversements hormonaux.

Depuis quelques années, les langues se délient sur le sujet, il était temps ! 

Alex GOUDE s'en saisit avec Alexandra CISMONDI et Sébastien THEVE. 

A travers quatre profils de femmes, chacune peut s'identifier. Pour celles qui affrontent les désagréments de la ménopause et celles qui sont passées à autre chose, tout leur parlera. Il suffit d'écouter les spectatrices rirent aux éclats pour s'en convaincre. Pour les autres, c'est un petit avant-goût des festivités ! La pièce est hilarante, le scénario sans concession (oreilles chastes s'abstenir). 

D'ailleurs, ce spectacle ne s'adresse pas seulement aux femmes. Pour celles qui ont eu la riche idée d'inviter un homme à venir avec elle voir la pièce de théâtre, elles ont, non seulement évité la séance de psy, mais laissé aussi les artistes passer tout un tas de messages. Bravo. 

Cette comédie musicale est une adaptation française de l'américaine qui a connu un grand succès, et oui, le sujet est universel ! Je ne suis pas une habituée du genre mais avouons que la musique et les voix donnent de l'énergie à un spectacle déjà haut en couleurs. Les quatre interprètes sont pleines de talent.

La fin est jubilatoire. 

C'est ma #lundioeuvredart, preuve que les arts sont bien vivants !

Le prochain sera "Cendrillon". 

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2026-01-21T08:44:12+01:00

Bébé croco de Yu-Hsuan HUANG

Publié par Tlivres
Bébé croco de Yu-Hsuan HUANG
 
Après "Le lion et l'oiseau" de Marianne DUBUC et "Mammouth" d'Alex WILLMORE, place à "Bébé croco" de Yu-Hsuan HUANG.
 
Nous accompagnons "Bébé croco" dans le marais. Il côtoie les animaux et insectes (😉 à Petite Libellule) à la recherche de sa Maman.
 
Il s'agit d'un livre marionnette que l'on peut lire aux enfants, les tout petits, et animer en glissant un doigt dans la tête de "Bébé croco" faite d'un tissu tout doux. La 3D donne du mouvement et attire les yeux des bébés.
 
Devenus plus grands, ils restent fidèles à ce petit format (10 x 10 cm) avec des pages cartonnées de grosse épaisseur. La preuve, mon petit-fils en a choisi un avant de quitter la Bibliothèque Saint-Eloi, l'occasion de l'un petit clin d'œil à l'équipe.
 
Avec ces illustrations en pleine page et son nuancier de couleur distinct par double page, ce livre est attractif.
 
Il traite aussi d'un sujet particulier, celui de la peur d'avoir perdu sa Maman, une émotion qu'un enfant a déjà pu ressentir malgré son tout jeune âge. La fin tout en tendresse vient le rassurer avant de lâcher prise pour s'endormir.
 
Je vous conseille la collection toute entière !

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2026-01-17T10:22:06+01:00

Mes bulles de joie de la semaine

Publié par Tlivres
Mes bulles de joie de la semaine

Je poursuis avec les "bulles de joie" 2026, je vous livre celles de la semaine : 

- Marcher dans tes pas de Léonor de Recondo

- Mon vrai nom est Elisabeth d'Adèle YON

- Mammouth d'Axel WILLMORE, album jeunesse. 

Si vous passez en librairie, n'hésitez pas à les regarder de près, il s'agit de pépites !

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2026-01-16T07:00:00+01:00

Marcher dans tes pas de Léonor DE RECONDO

Publié par Tlivres
Marcher dans tes pas de Léonor DE RECONDO

Éditons L'Iconoclaste

Je vous ai récemment présenté "Idiss" de Robert BADINTER, voilà une nouvelle voix, féminine celle-ci, celle de Léonor DE RECONDO qui rend également un vibrant hommage à sa grand-mère dans son tout dernier roman : "Marcher dans tes pas".

Tout commence avec la préparation du gâteau de riz au lait pour l'anniversaire de Jean. Il va avoir 7 ans. C'est le moment que choisit quelqu'un pour frapper à la porte et annoncer qu'il faut partir, franchir la frontière, et rejoindre Hendaye. Nous sommes en 1936, à Irun, en Espagne. Cette femme, en cuisine, est alors mère de 3 garçons. Son mari est parti à Aranjuez près de Madrid pour lutter contre le franquisme. Elle va quitter son pays avec ses parents, ses trois frères et ses trois enfants. Dès lors, leur vie va basculer, rien ne sera plus comme avant.

Léonor DE RECONDO s'inspire, vous l'avez compris, de son histoire familiale pour nous livrer un roman profondément émouvant.


Chaque génération s'empare du passé à bras-le-corps. Je le fais par mon engagement artistique. La beauté est le lieu imprenable des possibles, du partage, de dépassement de soi, indispensable à une société plus juste. À une société qui s'élève. P. 164

En l'absence de récit familial, et en qualité d'écrivaine, elle va en imaginer un, dédié en particulier à sa grand-mère, une résistante. C'est avec la seconde personne du singulier, le "tu" qu'elle s'adresse à Enriqueta, âgée de 77 ans de plus qu'elle, un peu comme si les deux femmes pouvaient converser ensemble aujourd'hui.


C'est la première femme que tu embrasses depuis ton arrivée ici. Il y a une reconnaissance de peine entre vous deux. Il y a ce que tu sais de son mari fusillé, quelques jours auparavant. Il y a les décombres de maisons, il y a le noeud de Dolores entre vous. Et cette condition féminine qui ne se dit pas, qui ne se plaint pas, qui porte enfants et valises, parfois les parents, et qui tient toute la maisonnée, malgré les ruines. Vous êtes des femmes seules, responsables d'enfants et d'avenirs. P. 151-152

Derrière la trajectoire de cette famille, c'est la grande Histoire qui est relatée. Léonor DE RECONDO place les femmes au cœur des événements. Il y a celles qui sont fortes, puissantes, à l'image de Felicia Mary BROWN qui faisait partie des Brigades Internationales, et Lola ITURBE, anarchiste, féministe, l'une des fondatrices de Mujeres libres, une organisation antifasciste à l'initiative d'une revue écrite exclusivement par des femmes. Et puis il y a celles qui, sous leur cornette, réalisent des actes ignobles. Elle dénonce les religieuses à la tête des prisons de femmes. Jusqu'en 1978, elles continueront de commettre l'impensable pendant les grossesses des prisonnières.

Ce livre assure avec brio la postérité de gens "ordinaires" morts sur leur terre ou exilés.

Et puis il y a une autre histoire dans l'Histoire contemporaine, celle de Léonor DE RECONDO elle-même pour qui une loi d'octobre 2022, dite loi de Mémoire démocratique, permet aux enfants et petits-enfants de ceux qui ont perdu la nationalité espagnole lors de l'exil de la guerre civile de la demander. Dès lors, c'est le parcours administratif que nous raconte l'écrivaine, une démarche personnelle qui met en lumière l'itinéraire de toute une population dont les racines pourraient être officiellement restaurées.

Dans la prose du roman, Léonor DE RECONDO nous livre un recueil de poèmes. Si ce genre me paraît souvent opaque, là comme dans "La Petite Nonne" de Bérénice PICHAT, je me suis laissée porter par des textes longs, des textes qui disent plus encore la souffrance de ceux qui ne savent pas d'où ils viennent.

Léonor DE RECONDO y parle merveilleusement bien de la langue, maternelle en particulier.


Mais on n'oublie pas sa langue maternelle, aussi complexe soit-elle. Elle est la terre, le lien, le chant, le réconfort, la rigueur avec laquelle on se construit. P. 203

Cette nouvelle référence du #bookclub est excellente. Je vous la conseille absolument.

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2026-01-15T07:00:00+01:00

Mon vrai nom est Elisabeth d'Adèle YON

Publié par Tlivres
Mon vrai nom est Elisabeth d'Adèle YON

Parce que j'ai très envie de nourrir le souvenir de lectures inoubliables en 2026, j'ai choisi aujourd'hui une citation extraite du livre d'Adèle YON : "Mon vrai nom est Elisabeth", un livre inclassable, un coup de coeur 2025.

Cette référence du #bookclub est gravée dans mon coeur.

D'abord, parce qu'il parle de santé mentale. Sur le chemin de ses origines, Adèle YON mène l'enquête. A travers la vie d'Elisabeth dont le simple prénom est tabou dans la famille, elle retrace l'Histoire de cette pathologie et des traitements expérimentés sur des femmes, parce que c'est bien d'elles qu'il est question, les femmes !

Ensuite, parce qu'il est foisonnant de styles. Adèle YON, dont c'est le premier livre, transcende les registres pour nous offrir une oeuvre riche, diverse, variée. Le poids des mots n'en est que plus fort.

Et puis, l'écrivaine sort des sentiers battus pour nous emmener sur la voie d'autres approches. Ce qui me terrifie toujours, c'est la transmissions de génération en génération, la transmission inconsciente des traumatismes. Là, Adèle YON va plus loin. Elle appréhende le corps comme un média. La citation en donne toute la dimension.

Bref, si le sujet vous intéresse, ne vous posez pas de question, optez pour Le Grand Prix des Lectrices Elle 2025, le Prix Régine Deforges, le Prix Littéraire du Nouvel Obs, le Prix Essai France Télévisions... Ce livre est un coup de coeur !

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2026-01-14T13:09:38+01:00

Mammouth d'Alex WILLMORE

Publié par Tlivres
Mammouth d'Alex WILLMORE
 
Cet album jeunesse est le premier coup de cœur de mon petit-fils emprunté à la Bibliothèque Saint-Éloi, l'occasion d'un petit clin d'œil à l'équipe.
 
Avec "Mammouth" d'Alex WILLMORE, nous partons en expédition au pôle sud avec une équipe d'explorateurs en quête de pingouins dont un petit homme qui, lui, affiche clairement sa préférence pour le mammouth. Il se retrouve seul dans ses recherches. Il a la surprise de rencontrer un spécimen des plus burlesques, il porte des lunettes de soleil et fait du skate !
 
Cet album, mon petit-fils l'adore. Nous en sommes à la énième lecture !
 
Peut-être pour la couleur du mammouth, orange, qu'il est facile de repérer même quand il est dessiné en toute petite taille.
 
Peut-être pour ses accessoires aussi, imaginez un mammouth portant un tutu de danse, des palmes et un masque quand il troque son skate pour s'offrir une baignade. Il a même un chapeau sous l'eau.
 
Peut-être aussi parce que nous accompagnons le petit homme criant "Mammouth" chaque fois que l'animal apparaît.
 
Peut-être encore pour toutes les ritournelles du scénario. L'enfant se prend au jeu et attend la lecture en connaissant, chaque fois, la première partie du texte.
 
Peut-être pour la fin de l'histoire, tellement fantaisiste et mignonne à la fois.
 
À moins que ça ne soit pour les illustrations, pleine page. On en prend plein les yeux. Leur découpage en saynètes contribue à donner du rythme.
 
Vous l'aurez compris, c'est une excellente référence.

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2026-01-10T09:06:24+01:00

Mes 4 premières bulles de joie de l'année 2026

Publié par Tlivres
Mes 4 premières bulles de joie de l'année 2026
Nora HAMZAWI évoque des "bulles de joie" dans son spectacle.
 
J'aime bien l'expression, je vais lui emprunter pour qualifier mes 4 premières belles découvertes de l'année 2026, 3 "romans adulte" et "1 album jeunesse" :
 
 
L'année promet d'être belle.
En attendant, excellent week-end.

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2026-01-09T07:00:00+01:00

Idiss de Robert BADINTER

Publié par Tlivres
Idiss de Robert BADINTER

Éditions Fayard

Robert BADINTER, décédé le 9 février 2024, panthéonisé le 9 octobre 2025, repose au cimetière de Bagneux dans la banlieue sud de Paris avec notamment sa grand-mère maternelle, à qui il a rendu un vibrant hommage avec un roman qui se veut pour partie une biographie et pour partie le fruit de ses rêves.

Idiss est née en Bessarabie en 1863. Elle a épousé son mari, Schulim, parti à l'armée alors qu'ils avaient deux jeunes enfants à nourrir, Avroum et Naftoul. Accueillie par ses beaux-parents, de pauvres gens, elle contribue aux ressources du foyer en vendant des articles de broderie et quelques activités de contrebande. Au retour de Schulim, femme et enfants retrouvent leur maison, une petite fille naîtra un an plus tard, Chifra, la mère de Robert BADINTER. Devant la persécution des juifs et les problèmes financiers liés aux jeux d'argent de Schulim, la decision est prise de quitter le pays pour rejoindre les deux garçons partis à leur majorité à Paris. Là, pour tous, une nouvelle vie commence.

Le portrait de cette grand-mère est très attendrissant. Robert BADINTER, son petit-fils, lui voue une profonde estime et lui témoigne d'une très belle preuve d'amour. Il est sensible à sa force, sa personnalité, et aux instants de douceur aussi qu'elle lui a procurés. Comme j'ai aimé ce passage autour de son parfum...

 


J'ai conservé le souvenir du parfum d'eau de Cologne dont elle se versait deux gouttes derrière les oreilles avant de "sortir", comme elle disait. Ce parfum-là, quand il m'arrive d'en percevoir l'odeur des décennies plus tard, évoque son visage penché vers moi pour me donner un dernier baiser. Je ferme les yeux. C'est mon enfance revisitée. P. 145

Mais rien ne saurait effacer de la douleur endurée chaque jour depuis la mort de son mari d'un cancer à l'âge de 54 ans. Robert BADINTER emploie une expression que je n'avais encore jamais lue je crois. Sa grand-mère vivait en "mutilée de l'amour".

Et plus encore, le spectre de la menace pesant sur le peuple juif. Une nouvelle fois, j'ai été frappée par la persécution de la communauté depuis la nuit des temps.


Si l'on tolérait individuellement les juifs qu'on connaissait, les communautés juives étaient rejetées collectivement. P. 24

Alors que la famille est arrivée en France et que la naturalisation de la famille de Chifra-Charlotte est officialisée, le gouvernement de Vichy décide en 1940 de les annuler. Ils deviennent apatrides, un terme si souvent associé au peuple juif, où qu'il vive sur la terre.

Robert BADINTER, élevé avec son frère Claude, par une mère soucieuse de leur intégration dans la société française et leur réussite scolaire, vouera toute sa vie et toutes ses forces à la défense des droits humains. Il semble bien qu'il ait moins tiré de l'autorité maternelle que de l'inspiration grand-maternelle pour construire ses ambitions et mener ses conbats.

Magnifique livre écrit dans une plume fluide et émouvante.

Il me reste maintenant à découvrir la BD inspirée de ce récit de Fred BERNARD et Richard MALKA, Richard MALKA dont vous vous souvenez peut-être de sa nuit passée au Panthéon. Le monde est petit, non ?

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2026-01-08T07:00:00+01:00

Là où je me terre de Caroline DAWSON

Publié par Tlivres
Là où je me terre de Caroline DAWSON

Avec cette nouvelle année 2026, j'ai décidé de reprendre le rythme des citations du jeudi, histoire de nourrir le souvenir de lectures tellement appréciées.

Pourquoi ne pas commencer avec un extrait de "Là où je me terre" de Caroline DAWSON, une référence du #bookclub ?

Ce livre, en plus de la présentation de Camille, il m'avait séduit par son titre. Je trouvais le jeu de mot tellement ingénieux. 

Bonne pioche si vous aimez explorer le champ de la langue, l'occasion d'un petit clin d'oeil à Alexandra KOSZELYK.

Donc, j'en reviens à cette citation.

Pourquoi elle ? Et bien parce que, Caroline DAWSON, à travers sa biographie, un roman d'autofiction, elle m'a littéralement bouleversée, déclarant ne plus connaître les berceuses chantées en chilien par sa mère lorsqu'elle était petite enfant, condamnée à chanter l'alphabet à son propre petit garçon. 

Le constat de la langue maternelle reléguée à l'intimité m'a brisé le coeur. Pourtant, n'est-ce pas ce que vivent toutes celles et tous ceux qui ont quitté leur pays, leurs racines, leurs coutumes, pour y substituer les éléments culturels du pays d'accueil ?

Si le sujet vous intéresse, je vous invite à lire "Là où je me terre" de Caroline DAWSON, c'est une lecture #coupdepoing. 

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2026-01-07T18:00:00+01:00

Le lion et l'oiseau de Marianne DUBUC

Publié par Tlivres
Le lion et l'oiseau de Marianne DUBUC
 
Ce livre, c'est mon petit-fils qui l'a choisi. Il a un peu plus de 2,5 ans et il l'a beaucoup aimé.
 
Tout commence avec l'activité de jardinage du lion (mi homme-mi lion). Il ramasse les feuilles tombées. Nous sommes en l'automne. Et là, que découvre-t-il, un oiseau blessé piaillant. Le lion commence par lui poser un bandage. C'est à ce moment que la colonie des oiseaux migrateurs s'envole vers d'autres horizons, l'oiseau reste seul avec le lion qui l'invite à entrer dans sa maison. Une relation d'amitié va bientôt s'établir entre le lion et l'oiseau. L'hiver venu, ils profitent tous deux du confort et de la chaleur du foyer. Avec le printemps, les premières fleurs sont annonciatrices du retour de la colonie des oiseaux migrateurs. L'oiseau guéri part retrouver ses amis, laissant le lion seul tout l'été. La vie est toutefois pleine de surprise !
 
J'ai beaucoup aimé découvrir ce livre avec mon petit-fils.
 
D'abord, les illustrations sont très belles, en alternance sur des doubles pages entièrement colorées alors que d'autres figurent dans des bulles sur fond blanc. Avec très peu de texte, toute l'histoire repose sur les dessins, quel talent !
 
Le rythme des saisons vient ponctuer cette histoire, des repères bien ancrés chez les petits. Il n'y a plus alors qu'à tourner les pages !
 
Et puis, il y a la beauté des messages : la relation d'amitié malgré les différences entre un lion et un oiseau, le soin porté à un oiseau blessé, l'hospitalité du lion accueillant son nouvel ami dans son intimité, le sens de la vie...
 
Il y a encore l'expression des émotions : l'inquiétude du lion devant l'état de santé de l'oiseau blessé, la confiance dans le bandage réalisé pour guérir l'oiseau, la joie de se retrouver tous les deux sous un même toit, bien au chaud, et de faire des activités ensemble, la tristesse de voir l'oiseau guéri retrouver ses compagnons de vol...
 
Il y a, pour terminer, la fin de l'histoire, une fin pleine de douceur et de tendresse.
 
Bref, très bon premier choix !
 
J'en profite pour saluer l'équipe de la bibliothèque municipale Saint-Eloi 😉

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