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2026-09-11T06:00:00+02:00

Eden de Pierre DUCROZET

Publié par Tlivres
Eden de Pierre DUCROZET

Actes Sud

La rentrée littéraire de septembre déroule une nouvelle fois le tapis rouge à Pierre DUCROZET.

De cet auteur, vous vous souvenez peut-être du livre "L'invention des corps". Si vous l'avez aimé, celui-là pourrait bien aussi vous plaire...

Nous sommes à Marseille en 2025. Eden a 23 ans. Il est en 2e année de fac en arts plastiques. Il n'y va jamais. Il occupe ses journées à dealer. Il est passionné par la danse. Un jour, un milliardaire lui offre l'opportunité d'aller retrouver sa mère, géographe, partie dans le Pacifique en quête d'une terre nouvelle. S'il refuse d'abord d'y aller, au prétexte qu'il dit ne plus rien vouloir partager avec cette femme qui lui a révélé un terrible secret quand il était adolescent, une opération musclée le décidera toutefois à partir. Dès lors commencent les aventures d'Eden.

Parce que oui, ce livre est un roman d'aventures. Eden va embarquer sur Le Citizen, un bateau du milliardaire, et se retrouver confronté aux éléments, obligé de communiquer avec les autres... dans un espace contraint, loin de chez lui.

Eden va rapidement découvrir une autre forme de misère. Sur le bateau, les hommes de tous pays cohabitent, prêtent leurs mains pour un salaire aléatoire, vivent comme des rats. C'est dans les relations qu'il va nouer qu'Eden va apprendre à grandir, à se nourrir d'autres choses que ce que lui apporte la cité phocéenne. "Eden" devient un roman d'apprentissage.

En situant le roman dans le temps, Pierre DUCROZET choisit expressément de brosser le portrait de la société française d'aujourd'hui, plus précisément d'une jeunesse résignée qui vit dans un monde parallèle. "Eden" revêt un caractère social.

Le corps, une nouvelle fois, est le cœur du sujet du roman. Il y a ce corps dansant, la seule chose qui appartienne vraiment à Eden.


Son corps, Éden l'emporte partout, c'est sa liberté suprême. On peut tout lui enlever ; pas ça. P. 13

Si Eden est devenu un prénom, en l'occurrence porté par le personnage principal, l'Eden fait aussi référence à l'image biblique du jardin d'Eve et Adam. La mère d'Eden est en quête d'un lieu paradisiaque, un lieu de candeur. Saura t-il la rejoindre ? Je ne vous en dis pas plus.

Ce roman de la rentrée littéraire est percutant, c'est un roman qui vous embarque avec des destins chahutés, malmenés, des êtres marqués par la vie. Avouons que Pierre DUCROZET y excelle. Ce roman, vous pouvez le trouver sur Angers à La Cohue à deux pas de la gare, n'hésitez pas y passer, le lieu regorge de pépites. C'est l'occasion d'un p'tit clin d'œil à toute l'équipe.

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2026-04-08T06:00:00+02:00

Le moulin à paroles de Gwénaëlle BOULET et Thomas BAAS

Publié par Tlivres
Le moulin à paroles de Gwénaëlle BOULET et Thomas BAAS

Lors de notre passage en bibliothèque avec mon petit-fils, il a choisi un magazine, et bien, pourquoi pas ?

D'autant qu'il s'agit d'une très belle découverte : "Les belles histoires", un mensuel publié aux éditions Bayard.

Je crois que l'histoire "Le moulin à paroles" a été lue une bonne vingtaine de fois !!!

C'est peut-être le personnage de José, en première de couverture, qui l'a séduit.

Donc, José est un petit garçon qui vit avec ses parents, maman et papa. José est très bavard. Ses parents tentent, plus ou moins fermement, de lui faire comprendre qu'il doit parfois se taire. De colère, José prend ses affaires et quitte la maison, de nuit. Après avoir vidé son sac... 


de tous les mots qu'il ne pouvait plus dire

auprès des arbres, des étoiles... enfin, tout ce qui acceptait de l'écouter. C'est alors qu'il découvrit un moulin. Il s'y installa et continua de palabrer. Les vilains mots qu'il prononçait percutaient les murs et lui revenaient comme un boomerang, lui faisant très mal. José essaya de changer de registre et utilisa de jolis mots, tendres et chaleureux. Là, surprise, les mots se mirent à résonner tout en douceur à l'intérieur du moulin. Avec le vent environnant, les ailes du moulin se mirent à tourner et diffuser les jolis mots partout dans la campagne, jusqu'au village de José. Les habitants, interpellés, se mirent en route et en découvrirent l'origine.

Cette histoire qui se déroule sur une vingtaine de pages, toutes illustrées en plein format, permet d'aborder les émotions, depuis la colère, la tristesse, la frustration, jusqu'à la joie, la gratitude, l'amour...

C'est aussi l'opportunité d'échanger avec les enfants sur les mots, le vocabulaire, les expressions, celles et ceux qui font du mal, celles et ceux qui font du bien.

Le personnage de José est très attachant. Il est rapidement devenu l'ami de mon petit-fils.

Bonne pioche donc, et cerise sur le gâteau, l'histoire peut s'écouter avec le CD.

Et ce n'est pas tout, dans ce magazine, nous avons pu lire aussi "L'histoire magique de Zouk, la petite sorcière qui a du caractère et le poisson d'avril" écrite par Serge BLOCH et illustrée par Nicolas HUBESCH, une histoire pleine d'humour, "Le petite histoire Un croco dans la baignoire" écrite par Mimi ZAGARRIGA et illustrée par Puy PINILOS, une histoire à mourir de rire, et enfin "L'histoire sans paroles de Polo le petit aventurier rêveur" créée et illustrée par Régis FALLER.

Il y a même une recette de cuisine (que je garde en mémoire pour Pâques), un poème et une super devinette.

Ce magazine, c'est un peu la caverne d'Ali Baba, de quoi passer de bons moments. C'est aussi une belle manière de faire connaissance avec la diversité des livres jeunesses (graphisme, calligraphie, style, ton, couleurs...). L'histoire sans parole aiguise le regard de l'enfant du haut vers le bas, de gauche à droite, pour suivre les cases de la BD.

J'aime beaucoup cette phrase de la maison d'édition :


Les histoires qu'on lit petit nous accompagnent toute la vie !

A consommer donc, sans modération !

   

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2026-04-01T06:00:00+02:00

L'oiseau d'Isabel OTTER et Fernando MARTIN

Publié par Tlivres
L'oiseau d'Isabel OTTER et Fernando MARTIN

Editions Milan

Mon petit-fils est dans sa période "Pourquoi ?". 

Alors, quand il s'agit de lui expliquer le monde des oiseaux, rien de mieux que de se rendre à la Bibliothèque Saint-Eloi d'Angers pour y trouver un livre dédié. 

Intitulé "L'oiseau", l'album d'Isabel OTTER et Fernando MARTIN est un petit bijou à feuilleter et une encyclopédie pour petits à explorer.

A chaque double page entièrement illustrée, tout en beauté (la récurrence de la couleur orange fluo est à ce titre une excellente idée), les auteurs dévoilent ce que les oiseaux ont ou n'ont pas, font ou ne font pas. 

Vous saurez tout sur les nids. Vous pourrez expliquer pourquoi les oiseaux chantent ? Vous irez du plus petit au plus grand !

Ce livre documentaire est une pépite. Je ne dirai jamais assez que les illustrateurs jeunesse sont des artistes, tant leur talent m'émerveille. 

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2026-03-25T07:00:00+01:00

Joséphine BAKER d'Agathe SORLET et Maria Isabel SANCHEZ VEGARA

Publié par Tlivres
Joséphine BAKER d'Agathe SORLET et Maria Isabel SANCHEZ VEGARA

Si, grâce à sa maman, a été organisée la rencontre de mon petit-fils avec Niki DE SAINT-PHALLE, dans le cadre de l'exposition temporaire consacrée au trio d'artistes Niki DE SAINT-PHALLE, Jean TINGUELY et Pontus HULTEN au Grand Palais fin 2025, ce dont je ne suis pas peu fière, il est une autre découverte que je veux partager largement, celle de la collection Petite & GRANDE des éditions Kimane.

En quatrième de couverture, vous lirez :


La collection Petite et GRANDE propose de découvrir des femmes qui n'étaient pas destinées à entrer dans l'Histoire mais qui ont accompli des choses extraordinaires en écoutant leur coeur et en suivant leur rêve d'enfant. Qu'elles aient été artistes, scientifiques ou bien aventurières, toutes étaient des petites filles rêveuses avant de devenir les grandes femmes courageuses et inspirantes que l'on connaît.

Autant vous dire que je me suis ruée sur le bac de la Bibliothèque Saint-Eloi d'Angers quand j'ai découvert la collection.

Quelle fut ma joie de voir "Joséphine BAKER" en sortir ! 

Vous comprendrez aisément que je ne puisse attendre qu'il soit ado pour l'orienter vers la BD de CATEL et BOCQUET pour qu'il s'initie au parcours de cette grande dame. Ce livre, c'était bien sûr une aubaine, impossible de le laisser passer. Bien m'en a pris, cet album jeunesse, il l'adore.

Tout commence à Saint-Louis aux Etats-Unis. Joséphine est née dans une famille pauvre. Son énergie, sa joie et ses danses en faisaient déjà une enfant EXTRAordinaire, mais à cette époque-là, les Noirs et les Blancs ne se mélangeaient pas. Quand elle commença à se produire dans des revues, c'était avec des artistes de sa couleur de peau. Très vite, elle se rendit compte des limites de l'exercice et pensa à quitter son pays pour la France. Arrivée à Paris, elle fut remarquée par son charleston. Le succès était désormais à portée de main.

Cet album se distingue d'abord par ses illustrations. Eminemment colorées, elles donnent aussi une idée de mouvement, l'énergie qui ressort des dessins correspond bien à Joséphine BAKER, et attire l'attention des enfants.

Inutile de vous dire qu'il y a eu un nombre incalculable de "pourquoi ?" prononcé au fil de cette histoire, l'occasion d'expliquer, même à presque 3 ans, que dans certains pays, les enfants n'ont pas les mêmes droits qu'en France. C'était hier pour Joséphine BAKER, ça existe toujours aujourd'hui pour d'autres.

Et puis, Joséphine BAKER c'est aussi l'artiste qui se promenait avec des animaux de compagnie venant du monde entier, à l'image de sa tribu arc-en-ciel, la famille qu'elle se créera en adoptant 12 enfants de toutes nationalités.

Enfin, Joséphine BAKER, c'est la femme résistante qui, pendant la seconde guerre mondiale, cachera des messages secrets dans ses partitions pour les remettre à des agents du réseau lors de ses spectacles. 

Quel bonheur que de le voir réclamer cette lecture.

Bien sûr, vous pouvez dès maintenant imaginer que nous allons rechuter et partir à l'aventure d'autres grandes dames grâce à cette collection !!!

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2026-03-24T22:36:30+01:00

La mangue et le papillon d'Anne-Christine TINEL

Publié par Tlivres
La mangue et le papillon d'Anne-Christine TINEL
 
Nouvelle référence du Book Club, nouvelle lecture coup de poing.
 
Nous partons pour La Hure en Lozère. Là, vit une famille de quatre enfants, Lucie, Claire, et les jumeaux, Jacques et Stéphane. Les parents sont agriculteurs. Lucie, l'aînée, entretient avec Claire une relation fusionnelle malgré les sept années qui les séparent. Lucie aide ses parents et s'occupe des plus petits. Et puis, un jour, sans aucun signe avant-coureur, elle est partie. 
 
Ce roman, c'est déjà un très bel objet, il est créé par la maison d'éditions Elyzad. Sa première de couverture est teintée de bleu et de jaune. Il est orné de rabats représentant des mosaïques, une création artistique d'Héla CHELLI.
 
Vous l'aurez compris, au cœur de cette famille, le secret des origines de Lucie fragilise l'ensemble de l'édifice jusqu'à la rupture, un départ inexpliqué qui génère chez Claire tous les fantasmes. Ni sa mère ni son père ne lui donnent un quelconque indice.
 
Il y avait bien eu une première histoire autour de la couleur de peau de Lucie dont Claire n'avait jamais pris conscience avant que quelqu'un ne le lui fasse remarquer.
 
Ce court roman de 103 pages est d'une puissance incroyable. Il revient sur un pan de l'Histoire de France, des événements qui se sont produits dans les années 1960. C'était hier pour les gens de mon âge. Comment avons-nous pu leurrer les Réunionnais et leur voler leurs enfants pour repeupler et donner des bras à la Creuse ? Indicible.


Dans les yeux brillaient des ascenseurs, à l'image des avions emportant des enfants, là-haut, tout là-haut, dans l'univers de la réussite et de l'opulence, dans l'univers d'un bon métier, d'un bon costume. P. 62

Et puis il y a l'itinéraire de Claire qu'on suit sur quelques décennies.

Depuis son enfance jusqu'à ce qu'elle soit mère à son tour, le fantôme de Lucie ne cessera de la hanter. Elle mènera des recherches qui lèveront une partie du voile.

Mais ce qui m'a intéressée aussi, c'est l'abandon de son environnement familial, social, culturel... à l'adolescence, comme un acte de résistance.


À quinze ans elle les a reniées, ces odeurs charnues. Sous le tee-shirt, sa respiration est plus courte. Se déprendre d'un monde. Sa main écrase une larme. Elle se revoit. Se désolidariser. Ne pas vouloir en être. Ah ça non. Je ne suis pas des votres. Pas comme vous. Jamais. P. 94

Ce qui m'a beaucoup émue, c'est aussi la séparation d'une fratrie et les conséquences.
 
Dans une narration composée de courts paragraphes, les phrases claquent, percutent, mettent KO. 
 
J'ai maintenant l'irrésistible envie de lire les précédents romans d'Anne-Christine TINEL.

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2026-03-18T07:00:00+01:00

Le doute de Silvia BORANDO et Alberto LOT

Publié par Tlivres
Le doute de Silvia BORANDO et Alberto LOT

Editions Piccolia

A chaque période de vacances, un passage en bibliothèque s'impose avec mon petit fils. Bien sûr, à la maison, il y a les livres achetés à La Cohue, la collection des Crocolou d'Ophélie TEXIER, dont certains sont même dédicacés de l'autrice, rencontrée sur le Salon du Livre Jeunesse de Montreuil en décembre 2025. Mais ils ne sauraient suffire !

Place aujourd'hui à un album tout en couleur : "Le doute" de Silvia BORANDO et Alberto LOT, des auteurs que je découvre.

Tout commence avec une relation d'amitié, celle d'une souris et d'un crocodile. Un jour, le crocodile interroge son amie de longue date sur ses maracas. "Il craint de les avoir mangées". Ni une ni deux, la souris s'introduit dans la bouche du crocodile. Et oh, surprise ! Elle rencontre Lapin, puis d'autres personnages. Son ami l'aurait-il trompée ? Aurait-il voulu la manger ?

Comme dans bon nombre de livres pour les enfants (les petits en particulier), les auteurs jouent avec les répétitions, celles des situations, celles des textes aussi. Et ça marche à tous les coups ! Rien de tel pour faire rentrer cette histoire dans leurs petits cerveaux. Effet garanti !

Et puis, ce livre, carré, a le mérite d'être illustré en pleine page. Quel bonheur que de le parcourir et s'émerveiller des couleurs vives qui l'habitent.

Mais le plus de ce livre, c'est la chute, inattendue et tellement drôle. Notre petit-fils en redemande, gage de qualité, non ?

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2026-03-17T12:40:00+01:00

Intérieur nuit de Nicolas DEMORAND

Publié par Tlivres
Intérieur nuit de Nicolas DEMORAND
 
Nouvelle référence du Book Club, une lecture découverte le cœur serré : "Intérieur nuit" de Nicolas DEMORAND.
 
Nicolas DEMORAND, je le connais pour l'écouter le matin depuis des années sur France Inter. C'est lui qui me réveille, enfin me réveillait, parce que depuis l'automne dernier, il n'anime plus l'émission. Il est en arrêt maladie.
 
Pour celles et ceux qui ne le savent pas encore, le journaliste souffre de bipolarité.
 
Dans ce récit de vie, "Intérieur nuit", il relate sa souffrance, une terrible douleur, le mal que lui assène la maladie, les troubles du comportement aussi.


Je flambais de l'argent, mais aussi d'une fièvre que je croyais soigner à la dépense. P. 29

Le livre commence avec cette répétition lancinante : "je suis malade mental". Je ne crois pas que ça soit pour s'en convaincre lui-même. Je pencherai plutôt vers la nécessité pour lui de donner à voir le fait qu'il soit, et brillant journaliste, et malade mental, comme une affirmation en guise de réponse au pharmacien qui lui a dit un jour : "je ne croyais pas ça de vous".
 
Nicolas DEMORAND décrit la maladie dont il souffre, le nombre incalculable de médicaments ingurgité, les visites chez des "spécialistes"...


Qu'il me faudrait tâtonner pour m'en sortir et passer, de mon propre fait, au cran d'après : le spécialiste. Mais le spécialiste de quoi ? P. 44





inadaptés jusqu'au jour où il découvre des professionnels qui vont lui offrir des instants de survie.
 
Lui qui ne cache pas dans son livre ses pensées suicidaires doit vivre des moments terribles actuellement. Je compatis et le remercie d'avoir osé écrire pour se libérer de son mal et libérer les lecteurs, les malades, les aidants de cette chape de plomb qui pèse encore sur la maladie mentale.
 
J'ai personnellement été profondément touchée par le sentiment de honte qui le traverse. Alors même qu'il ne se plaint pas, ou si peu, des regards portés sur lui par les autres, il est pétri de douleur. Quel courage il lui a fallu pour écrire, puis aller à la rencontre du public.
 
Je ne vais pas lui dire, "allez", soyez fort". Sur la base du propos de Nicolas DEMORAND, c'est justement la phrase qui n'est pas à prononcer... Si vous avez, vous aussi, envie d'apprendre sur la bipolarité, ce livre pourrait bien répondre à quelques unes de vos questions.
 
Je lui souhaite plutôt d'être entouré par des personnes bienveillantes qui le comprennent et l'accompagnent dans le soin.


Si je ne serai jamais guéri de cette maladie, la traversée avec ce médecin "toujours de mon côté" reste l'une des plus belles aventures de ma vie. P. 82

Que l'aventure du moment soit la plus belle possible !

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2026-03-09T17:40:00+01:00

Cyrano de Bergerac mis en scène par Anne KESSLER

Publié par Tlivres
Cyrano de Bergerac mis en scène par Anne KESSLER

Eblouissante prestation d'Edouard BAER vendredi 6 mars dernier au Grand Théâtre d'Angers. Nous avions rendez-vous avec "Cyrano de Bergerac" ! C'est ma #lundioeuvredart qui met une nouvelle fois les arts vivants sous les projecteurs. 

Anne KESSLER assure la mise en scène de la pièce de théâtre d'Edmond ROSTAND, un spectacle haut en couleurs.

Vous vous souvenez de l'histoire... Cyrano de Bergerac a une grande qualité, il maîtrise la langue avec brio, s'exprime en vers et joue avec les mots. Le mousquetaire souffre toutefois d'un défaut, il a un grand nez dont il est complexé. Amoureux de sa cousine Roxane (nous sommes au XVIIe siècle), il craint d'essuyer un rejet de sa muse. Il décide alors de mettre son éloquence au service de Christian de Neuvillette dont elle est amoureuse.  Le trio ainsi créé va vivre au fil des deux heures de spectacle des situations des plus romantiques aux plus dramatiques. L'imposture va agir comme le ver dans le fruit, prendre de plus en plus de place et mener les protagonistes à leur chute.

Quatorze comédiens se retrouvent sur scène pour une très belle interprétation au coeur de laquelle Edouard BAER occupe une place de choix. L'homme de théâtre est bien connu pour son talent, sa prouesse est aussi grande que les phrases sont longues.

Le rythme est dynamique. Les tableaux se succèdent rapidement pour donner à la pièce de théâtre toute sa dimension.

Les décors sont dignes de grands spectacles parisiens avec une mise en scène accessoirisée d'ampleur. Le final est puissant.

Comme j'ai aimé retrouver, le temps d'une soirée, une oeuvre classique. Si je suis friande de littérature, j'avoue négliger ce registre. Le texte est éminemment poétique, il est écrit à la fin du XIXe siècle et fortement imprégné de l'homme de lettres néoromantique que fut son auteur. Là où certains iraient à l'essentiel, Cyrano de Bergerac, lui, fait des pirouettes et nous enivre de ses mots. Assurément une belle soirée de théâtre.

Prochain spectacle : "Je ne serais pas arrivée là, si...", une pièce d'Annick COJEAN mise en scène par Anne BOUVIER qui va résonner très fort avec la journée internationale des droits des femmes.

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2026-02-24T17:35:00+01:00

Aqua de Gaspard KOENIG

Publié par Tlivres
Aqua de Gaspard KOENIG
La rentrée littéraire de janvier 2026 est excellente. Je sors de la lecture du dernier roman de Gaspard KOENIG, "Aqua" aux Éditions de L'Observatoire, trouvé à La Cohue bien sûr.
 
Si vous avez aimé "Humus", le premier opus d'une série de quatre, précipitez-vous chez votre libraire préféré, ce roman est pour vous.
 
Dans le petit village de Saint-Firmin, les élections municipales s'annoncent. Jobard y est maire depuis de longues années et il entend bien faire élire son dauphin, son neveu, Martin, qui travaille à Paris dans un service de l'eau. C'est d'ailleurs cet élément qui va venir perturber les plans du maire sortant. Elle s'invite dans le débat comme un sujet clivant. Il y a ceux qui pensent que transférer la compétence à la com com est une bonne idée, l'autre qui souhaite garder "son" eau. les cartes sont rebattues et une étrangère est finalement élue, Maria, arrivée de Roumanie, gérante depuis 5 ans de La Lanterne, l'épicerie du village. Un peu malgré elle, Maria se retrouve aux commandes du village pour le meilleur, mais aussi le pire.
 
Ce roman, c'est 446 pages d'un roman social, un roman qui en dit long sur notre époque, sur la guerre des chapelles qui existe encore, des villages qui s'opposent depuis des décennies, voire plus, alors, venir leur parler d'intérêt général, c'est trop pour eux. Quant aux institutions, elles ne font pas mieux. Avec des représentants aux égos surdimensionnés, chacun se jette dans la bataille avec ses armes. Défaite pou tous assurée, en particulier pour Dame Nature qui, elle, en paie les frais. Elle est pourtant tellement vivante : 


Ce que Maria traverse à présent, c'est à la fois un dehors et un dedans, un chemin qui relie deux fermes et une haie qui sépare deux parcelles. C'est aussi un univers entier, avec ses histoires, ses habitudes, ses codes, ses drames, quand un arbre déraciné par le vent tombe en travers du chemin, ses joies, quand la mésange boréales, si boudeuse de nos jours, vient nicher dans le tronc mort. Il abrite davantage d'êtres vivants que l'on compte d'humains sur terre. À bien y réfléchir, ce n'est pas le chemin qui est creux. Ce sont les champs autour qui forment de pauvres bosses nues et infertiles. P. 200

Avec Gaspard KOENIG, les personnages sont taillés au couteau et puis, au fil des pages, les liens se dénouent pour laisser place à des personnalités éprouvées par le passé, à moins que ça ne soit par le présent. La vie en société érode les êtres qui finissent par s'affronter : femmes/hommes, ruraux/citadins, anciens/nouveaux, locaux/étrangers... C'est là où l'auteur est fascinant. À travers des personnages de tous bords, il assure de brosser un portrait complet des réalités de vie quotidienne. Le mot est juste, il fait rire... jaune et grincer les dents.
 
Ce roman est politique aussi. Ironie du sort, si je puis dire, je lis ce roman qui traite d'une sécheresse caniculaire alors même qu'autour de nous sévissent les inondations. Il y a de l'eau jusqu'à ne plus pouvoir l'absorber, elle ruisselle à gros débit, s'invite dans les logements et les commerces, impacte les transports et l'activité économique, mais aussi et surtout, menace l'espèce humaine. Même là, l'écologie, dont l'origine du mot relève du grec et veut dire "étude de notre maison" (entendez par là la planète), est à cent mille lieues du débat. Il y a bien quelques scientifiques et hydrologues qui essaient de prendre la parole mais ils sont inaudibles dans ce capharnaüm d'intérêts particuliers. Des décisions sont pourtant à prendre pendant qu'il en est encore temps. L'auteur monte un scénario inspirant, à bon entendeur !
 
La narration de cette satire est fluide, foisonnante, haletante même. Je n'ai pas vu les 446 pages filer !
 
Si je me souviens bien, le proverbe dit "jamais deux sans trois". J'ai déjà hâte de découvrir le suivant. Alors, Monsieur KOENIG, à quand le prochain ?

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2026-02-11T12:20:00+01:00

Manqué ! d'Antonin FAURE

Publié par Tlivres
Manqué ! d'Antonin FAURE

Les éditions des éléphants

Lors de notre dernier passage en bibliothèque avec mon petit-fils, nous en avons eu pour tous les formats : 

- petite largeur, grande hauteur avec Grain de chagrin de Martine PERRIN

- carré moyen avec Riz, riz, riz ! de Bamco

- carré tout petit avec Bébé croco de Yu-Hsuan HUANG.

Place aujourd'hui au dernier de la liste, un carré moyen avec "Manqué !" d'Antonin FAURE.

Cet album jeunesse est très beau. L'illustrateur nous offre des pleines pages, toutes en couleurs. Ode à la nature, les dessins réalisés dans un nuancier de vert sont absolument magnifiques. Pour y repérer la petite bête correspondant au texte, Antonin FAURE nous aide, il choisit une autre couleur, du rose fuchsia pour le ver de terre, du gris pour la taupe, du rouge pour la pomme, du bleu et du jaune pour la mésange... Il diversifie progressivement les teintes pour nous livrer de véritables tableaux de maître.

Il est aussi très rigolo. A chaque fois qu'un élément de la longue chaîne de la biodiversité rêve de manger l'autre, "Manqué !".

Au fil des pages, des chaînes de solidarité se créent entre les animaux pour échapper au bec, aux dents, aux griffes... des prédateurs, avec une fin d'une très grande beauté, un hymne au bien vivre ensemble. 

Le message est écologique. Avouons qu'il n'est jamais trop tôt pour l'enseigner aux enfants.

Si vous avez prévu des promenades en forêt avec vos enfants et/ou petits enfants pendant les vacances scolaires à venir, cet album peut être une belle introduction.

En attendant, mon petit doigt me dit qu'une nouvelle expédition en bibliothèque est prévue, alors rendez-vous très vite !

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2026-02-10T08:25:15+01:00

Si la terre tremble d'Anne-Lise AVRIL

Publié par Tlivres
Si la terre tremble d'Anne-Lise AVRIL
 
Vous vous souvenez peut-être du premier roman d'Anne-Lise AVRIL, "Les confluents", découvert avec les 68 Premières fois évidemment.
 
L'écrivaine creuse son sillon et nous offre un second roman d'une très grande force. Je remercie la maison d'éditions pour ce joli cadeau.
 
Alma est sismologue. Elle est originaire d'Indonésie. Adoptée à l'âge de 6 mois, elle a grandi entre Brest et Ouessant. À l'âge de 27 ans, tout est chaos. Il y a les attentats à Paris, un séisme au Népal et elle vit le drame d'une fausse couche. Son monde intérieur s'écroule. C'est à ce moment qu'elle part en mission à Katmandou, là un amour passionné va la transporter... pour mieux se reconstruire.
 
Ce roman m'a serré le cœur à plus d'un titre.
 
D'abord, il y a cette épreuve d'une maternité qui n'ira pas à son terme. Non souhaitée, elle s'est invitée dans la vie d'Alma, elle y a lentement fait sa place jusqu'au jour où tout s'est arrêté.


Sans sépulture, l'enfant non né n'était qu'une idée, abstraite et éternelle. Sans preuve, il n'avait été qu'un mirage, fugace et inventé. Pourtant, un spectre avait fait son apparition, qui me rappelait encore, tous les jours, ce que j'avais perdu. P. 43-44

J'ai été profondément touchée par la déchirure du corps d'Alma, cette faille à l'image de ce qu'affronte la terre. Anne-Lise AVRIL joue avec la métaphore tout au long du livre, faisant un parallèle entre les deux existences, celle de l'intérieur d'une femme et celle des tréfonds de la terre, leurs soubresauts.
 
Et puis il y a cette passion amoureuse qui va la transporter, la subjuguer, l'envahir au moment où elle se sent complètement vide, au sens propre comme au figuré. La rencontre avec Nahuel va lui permettre de retrouver son corps de femme, l'embraser.
 
Mais ce que j'ai le plus aimé, c'est cette illustration de la sororité, cette relation d'amitié établie avec Nefeli, rencontrée grâce à la reconstruction de Bodnath. Les deux femmes se sont livrées, elles se sont immédiatement reconnues dans leurs parcours.


Si notre amitié était née de la rencontre de deux douleurs similaires, elle s'était épanouie dans une volonté commune de réapprendre à vivre, de recommencer à respirer. P. 71

Je suis assez fascinée par la magie des liens qui peuvent se tisser entre deux femmes comme si elles se connaissaient depuis longtemps, comme si tout coïncidait entre elles. C'est une forme de solidarité inégalée qui s'installe.
 
Ce roman est puissant. En seulement 136 pages, Anne-Lise AVRIL a réussi à me faire vibrer. Le défi du second roman est relevé, bravo !

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2026-02-04T07:00:00+01:00

Grain de chagrin de Martine PERRIN

Publié par Tlivres
Grain de chagrin de Martine PERRIN

Chaque passage en bibliothèque est un moment de découverte.

Aujourd'hui, place à un album jeunesse, "Grain de chagrin" de Martine PERRIN aux éditions Seuil Jeunesse.

Quand je suis accompagnée de mon petit-fils, j'aime lui proposer des livres de différents formats. Celui-là, je l'ai d'abord retenu pour ses dimensions atypiques, une dizaine de centimètres de large, une trentaine de haut. 

Tout de blanc vêtu, il m'a aussi fait de l'oeil pour sa conception. D'abord, il y a cette forme découpée dans la première de couverture à l'image d'une larme et puis il y a l'idée d'une superposition. Il ne m'en faut personnellement pas plus pour que j'ai envie d'en tourner les pages, aller voir derrière ce qui s'y cache... Et là, oh surprise ! La double page est en réalité pour partie pliée. Sur la gauche, sur une partie toute en couleur, il y a le texte avec une phrase qui se termine par trois points de suspension... histoire d'inciter l'enfant à deviner ce qui se trouve à l'intérieur de la page pliée, tantôt une goutte de pluie, tantôt une aile de papillon ou bien encore un pépin de pomme. La lecture devient rapidement un jeu !

Les couleurs sont vives, chatoyantes, gaies. Cette lecture est tout à fait adaptée aux plus jeunes.

Enfin, il y a l'histoire, parce que oui, nous lisons des livres pour découvrir des histoires. Là, c'est celle d'une larme qui devient un grain de chagrin. La fin est délicate, pleine de tendresse.

Bonne pioche après : 

"Riz, riz, riz !" de Bamco 

"Bébé croco" de Yu-Hsuan HUANG

"Mammouth" d'Alex WILLMORE

"Le lion et l'oiseau" de Marianne DUBUC

l'année 2026 promet d'être belle !

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2026-02-03T20:23:57+01:00

Rue des Hirondelles de Clodine BONNET

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Rue des Hirondelles de Clodine BONNET

Peut-être connaissez-vous Clodine BONNET pour avoir participé à ses ateliers d'écriture dans le cadre de l'association Porte-Plume,

Peut-être connaissez-vous Clodine BONNET aussi pour avoir lu : "Des Ils et des Elles".

Perso, c'était ma voisine. 

A chaque rencontre, je me nourrissais de son humanité.

Alors, quand j'ai découvert un joli cadeau dans ma boîte aux lettres, son dernier livre, auto-édité, "Rue des Hirondelles", je m'y suis plongée.

Clodine BONNET nous livre un récit de vie, plus précisément, de fin de vie. Sa mère s'affaiblit, se fragilise, doit quitter la maison qu'elle partage avec son mari. Elle va lui rendre visite, s'imprègne de tous ces moments de bonheur précieux avant le grand départ.

Ce livre est un petit précis de l'accompagnement d'un être cher. Pour celles et ceux qui le vivent au quotidien, ou celles et ceux qui l'appréhendent, ce récit de Clodine BONNET relate les moments stratégiques, les enjeux, les objectifs, les arrangements raisonnables pour que sa mère soit finalement accueillie à l'EHPAD.

Mais ce livre ne serait pas celui de Clodine BONNET sans une touche de poésie, une pincée de légèreté. Elle a ce talent de rendre "merveilleux" des instants forts en intensité. 

Bien sûr, Clodine BONNET a un grand coeur. Alors elle n'oublie personne, pas même le personnel de la structure, l'EHPAD de Frossay en Loire-Atlantique.


J'ai eu envie d'écrire ce livre, pour rendre hommage à ceux et celles dont c'est la profession d'accompagner les personnes en fin de vie [...].

J'ai été profondément troublée par la concomitance du départ de sa mère et de l'arrivée de sa petite-fille, Alcie. C'est un peu comme si les événements s'étaient organisés entre eux pour montrer la voie de chacun : naître, vivre et mourir. Si l'ascenseur émotionnel est vertigineux, l'amour n'en est pas moins grand.

Enfin, si vous avez déjà croisé le chemin de Clodine BONNET, vous savez qu'elle est une artiste, elle pratique la photographie, écrit des poèmes, se laisse porter par ses rêves. Ce livre est à son image !

Vous avez maintenant envie de le lire ? Passez donc à la librairie Le Mot de la faim de Montreuil Juigné ou L'Atelier de Saint-Mathurin. A défaut, contactez-là via son blog.

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2026-02-02T07:00:00+01:00

La forêt disparue par la Compagnie Mona BLANK

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La forêt disparue par la Compagnie Mona BLANK

Ma #lundioeuvredart fait de nouveau partie du registre des arts vivants.

Dans le cadre des "Nuits de la lecture", j'ai découvert avec mon petit-fils "La forêt disparue", un spectacle de la Compagnie Mona BLANK programmé par les Bibliothèques d'Angers.

Quelques mots de l'histoire : 

"En retournant chez Mona, Emmy découvre une maison où tout est noir, où tout est plus petit. Même l'arbre dans le jardin a disparu. Mona aimait la forêt pour y glaner des chataignes, des noix, des glands. Les poches remplies de trésors, elle cachait ses graines un peu partout dans la maison. Mais aujourd'hui Mona est partie. Le silence a envahi sa maison. Emmy se sent seule et désemparée. Que faire pour que la vie reprenne le dessus ? Une pomme. Un pépin. Un pépin? Une porte s'ouvre sur le monde imaginaire et la mémoire d'Emmy. Des sons, des souvenirs apparaissent dévoilant un univers où le tout petit peu devenir très grand."

Dans un décor très réduit, la comédienne, interprète et metteure en scène, nous transporte dans un lieu de légèreté, de découverte et d'émerveillement.

Tout commence avec cette pomme croquée, un pépin mis dans l'eau pour pousser.

J'ai personnellement été frappée par la beauté des tableaux. Des effets esthétiques relèvent là de toiles de natures mortes. Je crois que je vais garder longtemps en mémoire cette pomme à moitié mangée, le faisceau lumineux plongeant sur elle alors qu'autour, tout est noir.

Et puis, il y a la puissance de la nature, nourricière. Si l'actrice en cherche une trace à l'extérieur de son espace scénique, c'est en réalité à l'intérieur qu'elle va la trouver.

J'ai beaucoup aimé les mouvements du corps de l'actrice, certains sont lents, d'autres sont énergiques, la force de son regard aussi, que l'on voit bien dépasser la zone des spectateurs pour se porter sur un immense pot en terre, objet de convoitises.

Le tout est accompagné d'un fond musical, des tonalités fraîches et dynamiques.

Mon petit-fils d'à peine 3 ans a été captivé par ce spectacle, un signe de qualité, non ? 

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2026-01-29T07:00:00+01:00

Idiss de Robert BADINTER

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Idiss de Robert BADINTER

Ma #citationdujeudi, je la dédie à Robert BADINTER pour son livre "Idiss", une découverte de ce début d'année que je me plais à remettre sous les projecteurs.

Robert BADINTER, décédé le 9 février 2024, panthéonisé le 9 octobre 2025, repose au cimetière de Bagneux dans la banlieue sud de Paris avec notamment sa grand-mère maternelle, à qui il a rendu un vibrant hommage avec un roman qui se veut pour partie une biographie et pour partie le fruit de ses rêves.

Idiss est née en Bessarabie en 1863. Elle a épousé son mari, Schulim, parti à l'armée alors qu'ils avaient deux jeunes enfants à nourrir, Avroum et Naftoul. Accueillie par ses beaux-parents, de pauvres gens, elle contribue aux ressources du foyer en vendant des articles de broderie et quelques activités de contrebande. Au retour de Schulim, femme et enfants retrouvent leur maison, une petite fille naîtra un an plus tard, Chifra, la mère de Robert BADINTER. Devant la persécution des juifs et les problèmes financiers liés aux jeux d'argent de Schulim, la décision est prise de quitter le pays pour rejoindre les deux garçons partis à leur majorité à Paris. Là, pour tous, une nouvelle vie commence.

Le portrait de cette grand-mère est très attendrissant. Robert BADINTER, son petit-fils, lui voue une profonde estime et lui témoigne d'une très belle preuve d'amour. 

J'ai été profondément troublée par ce que lui rappelle le parfum d'Idiss. Peut-être en avez-vous fait aussi l'expérience ? Une simple fragrance et la mémoire d'un lieu, d'un événement, d'une personne... resurgit, de surcroît avec netteté.

Les neuroscientifiques s'intéressent tout particulièrement au sujet. Le pouvoir olfactif des parfums est lié au champ des émotions, il nous fait vibrer. C'est juste fascinant.

Dans ce livre, Robert BADINTER en présente une déclinaison tout en délicatesse. C'est d'une pure beauté.

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2026-01-28T07:00:00+01:00

Riz, riz, riz ! de Bamco

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Riz, riz, riz ! de Bamco

A chaque passage en bibliothèque, ses découvertes.

Là, c'est l'étiquette du "Prix Tatoulu" de la sélection 2022/2023 qui m'a attiré l'oeil. L'album jeunesse "Riz, riz, riz !" est une création de Bamco, toute jeune illustratrice coréenne dont c'est le premier ouvrage, et traduite par Laurana SERRES-GIARDI, aux éditions Rue du monde.

Inutile de vous préciser que nous allons voyager, tout est déjà presque dit !

Quelques mots de l'histoire : un agriculteur plante, plante, plante du riz. Au fil du développement de la céréale, il désherbe, s'émerveille de sa croissance, se désole des effets du vent, s'en occupe avec coeur. Puis, il la fauche pour récolter les petits grains que tous connaissent. 

Cet album est très beau, d'abord, parce qu'il honore le travail de chaque jour pour produire du riz qui est mangé dans le monde entier.  Bamco le dédie à son père. 

Et puis, il est tout en rythme. Si le texte est succinct, il est systématiquement répété trois fois, ce qui permet à l'enfant de se l'approprier et d'en faire un jeu. Mon petit-fils s'est bien amusé, il en a redemandé !

J'ai beaucoup aimé les illustrations sur fond blanc. Le graphisme est sobre pour un album qui relève presque du documentaire pour les petits.

Je ne connaissais pas encore la maison d'édition "Rue du monde" mais ça fait aussi partie de la belle découverte. En 1996, le premier livre publié était le "Grand livre des droits de l'enfant". Autant dire que je vais rechuter !

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2026-01-27T22:06:06+01:00

La disparition des choses d'Olivia ELKAIM

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La disparition des choses d'Olivia ELKAIM

Éditions Stock

Nous sommes le 27 janvier. C'est aujourd'hui la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste, l'opportunité de vous présenter le roman que je viens tout juste de terminer : "La disparition des choses" d'Olivia ELKAIM.

Tout a commencé avec une rencontre à la Librairie Lhériau d'Angers. Je ne connaissais pas Olivia ELKAIM, j'ai été séduite. Je n'avais jamais lu Georges PEREC, j'en ai maintenant une irrépressible envie !

Tout commence avec cette scène effroyable. Nous sommes gare de Lyon à Paris à l'automne 1941. Cécile, une jeune mère, est avec son fils de 5 ans sur le quai numéro 11. Elle s'apprête à le laisser monter dans le train, le dernier convoi de la Croix-Rouge à destination de Grenoble en zone libre. Elle lui donne quelques conseils, l'embrasse et regarde le train partir avec ce qu'elle a de plus cher. Elle ne sait pas encore qu'elle sauvera Georges des griffes du régime nazi et qu'il deviendra un grand écrivain.

A l'image de Léonor DE RECONDO dans "Marcher dans tes pas", Olivia ELKAIM explique sa démarche : 


Je lui invente des manières, un phrasé, des sentiments dont je ne sais rien. Je comble de romanesque là où il n'y a que du vide. P. 100

L'écrivaine se nourrit d'éléments historiques, factuels, pour tisser le fil de l'existence de cette femme née Cyrla en 1913 à Varsovie en Pologne. Elle est arrivée en France avec son mari, un communiste, un homme qui s'est engagé dans la Légion étrangère pour obtenir la nationalité française et ainsi assurer l'avenir de sa famille. Il décèdera en juin 1940 en combattant, faisant de son épouse une veuve de guerre et assurant à son fils une place dans le dernier train de la Croix-Rouge.

A celles et ceux qui s'interrogent sur le pourquoi de ce livre, pourquoi écrire sur la mère de Georges PEREC, comme Léonor DE RECONDO, elle le crie haut et fort à celles et ceux qui veulent l'entendre :


Pour lui... Mais moi, je veux le faire pour elle, d'abord pour elle, pour lui rendre hommage, à elle comme à toutes les femmes qui sont parties sur les routes, seules, avec leurs enfants, celles qui ont eu peur et ont dissimulé leur effroi sous leur masque de mère, celles qui ont recueilli les petits des tuées comme s'ils étaient les leurs, posé une main sur leurs yeux pour qu'ils ne voient rien du massacre, celles qui ont grimacé et ri pour faire croire que ce bazar des hommes, bruit de bombes, explosions des shrapbels, défunts ensanglantés dans des flaques, ce bazar n'est en fait qu'un odieux carnaval. Rien de sérieux, rien de vrai. P. 136

Olivia ELKAIM assure la postérité à toutes celles qui ont connu l'extermination parce que juives. Il faut dire que l'écrivaine partage beaucoup de points communs avec Cécile. Sa famille à elle aussi a connu l'exil, la francisation d'un état civil pour préserver l'ordre public, et le fait d'avoir un enfant de 5 ans également quand elle se lance de l'écriture de ce roman.

Et puis, il y a son intérêt également pour Georges PEREC, l'écrivain, dont elle a lu de nombreux ouvrages pour se nourrir de sa vie, de sa construction personnelle, et pour repérer les traces du vide laissé par l'absence de sa mère.


Nul ne devine l'empreinte laissée par la disparition de sa mère. Mais plus le temps passe, plus l'absence se creuse indéfiniment et l'aspire. P. 38

Petit clin d'oeil à l'auteur avec le titre du roman "La disparition des choses", la fusion du titre de deux romans de Georges PEREC, "La disparition" et "Les choses". C'est avec ce dernier qu'il sera lauréat du Prix Renaudot en 1966.

J'ai été touchée par l'écriture d'Olivier ELKAIM, une plume tendre et généreuse, un propos fluide qui résonne tout particulièrement aujourd'hui. C'est mon #Mardiconseil.

J'ai une pensée aussi toute particulière pour ces auteurs qui ont assuré, par la voie de la littérature, le souvenir de victimes de la barbarie nazie : 

Robert BADINTER avec "Idis"

Carole ZALBERG avec "Où vivre"

Isabelle STIBBE avec "Bérénice 34-44"

Oscar LALO avec "La race des orphelins"

Diane DUCRET avec "Les Indésirables"

Lola LAFON avec "Quand tu écouteras cette chanson"

et bien d'autres encore...

 

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2026-01-26T07:00:00+01:00

Ménopause d'Alex GOUDE

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Ménopause d'Alex GOUDE

Les spectacles de cette saison aux Théâtres Municipaux d'Angers se suivent et ne se ressemblent pas. Après 

"Passeport" d'Alexis MICHALIK,

et

"Lumière" de Stéphane LANDOWSKI et Maxence GAILLARD,

place à une comédie musicale d'Alex GOUDE, "Ménopause", une "comédie qui bouscule les règles", le ton est donné, c'est juste truculent. 

Au fil de saynètes, jouées chacune à un étage d'un grand magasin parisien, quatre femmes parlent de leurs bouleversements hormonaux.

Depuis quelques années, les langues se délient sur le sujet, il était temps ! 

Alex GOUDE s'en saisit avec Alexandra CISMONDI et Sébastien THEVE. 

A travers quatre profils de femmes, chacune peut s'identifier. Pour celles qui affrontent les désagréments de la ménopause et celles qui sont passées à autre chose, tout leur parlera. Il suffit d'écouter les spectatrices rirent aux éclats pour s'en convaincre. Pour les autres, c'est un petit avant-goût des festivités ! La pièce est hilarante, le scénario sans concession (oreilles chastes s'abstenir). 

D'ailleurs, ce spectacle ne s'adresse pas seulement aux femmes. Pour celles qui ont eu la riche idée d'inviter un homme à venir avec elle voir la pièce de théâtre, elles ont, non seulement évité la séance de psy, mais laissé aussi les artistes passer tout un tas de messages. Bravo. 

Cette comédie musicale est une adaptation française de l'américaine qui a connu un grand succès, et oui, le sujet est universel ! Je ne suis pas une habituée du genre mais avouons que la musique et les voix donnent de l'énergie à un spectacle déjà haut en couleurs. Les quatre interprètes sont pleines de talent.

La fin est jubilatoire. 

C'est ma #lundioeuvredart, preuve que les arts sont bien vivants !

Le prochain sera "Cendrillon". 

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2026-01-21T08:44:12+01:00

Bébé croco de Yu-Hsuan HUANG

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Bébé croco de Yu-Hsuan HUANG
 
Après "Le lion et l'oiseau" de Marianne DUBUC et "Mammouth" d'Alex WILLMORE, place à "Bébé croco" de Yu-Hsuan HUANG.
 
Nous accompagnons "Bébé croco" dans le marais. Il côtoie les animaux et insectes (😉 à Petite Libellule) à la recherche de sa Maman.
 
Il s'agit d'un livre marionnette que l'on peut lire aux enfants, les tout petits, et animer en glissant un doigt dans la tête de "Bébé croco" faite d'un tissu tout doux. La 3D donne du mouvement et attire les yeux des bébés.
 
Devenus plus grands, ils restent fidèles à ce petit format (10 x 10 cm) avec des pages cartonnées de grosse épaisseur. La preuve, mon petit-fils en a choisi un avant de quitter la Bibliothèque Saint-Eloi, l'occasion de l'un petit clin d'œil à l'équipe.
 
Avec ces illustrations en pleine page et son nuancier de couleur distinct par double page, ce livre est attractif.
 
Il traite aussi d'un sujet particulier, celui de la peur d'avoir perdu sa Maman, une émotion qu'un enfant a déjà pu ressentir malgré son tout jeune âge. La fin tout en tendresse vient le rassurer avant de lâcher prise pour s'endormir.
 
Je vous conseille la collection toute entière !

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2026-01-17T10:22:06+01:00

Mes bulles de joie de la semaine

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Mes bulles de joie de la semaine

Je poursuis avec les "bulles de joie" 2026, je vous livre celles de la semaine : 

- Marcher dans tes pas de Léonor de Recondo

- Mon vrai nom est Elisabeth d'Adèle YON

- Mammouth d'Axel WILLMORE, album jeunesse. 

Si vous passez en librairie, n'hésitez pas à les regarder de près, il s'agit de pépites !

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