Cet été, j'ai l'immense chance de faire partie des 50 explorateurs de la rentrée littéraire 2018, jury organisé par les Lecteurs.com.
La Poste avait pris l'initiative de garder bien précieusement mon colis en mon absence, histoire de faire durer le suspense encore plus longtemps à mon retour.
Mais, ça y est, les quatre romans qui ont été minutieusement choisis par Dominique et Karine sont bien là ! Que de belles perspectives de lectures à venir.
Comme vous le savez, je ne lis plus jamais les 4èmes de couverture, alors, je vais me laisser séduire,
tantôt par les maisons d'édition, quatre sont représentées :
* Robert Laffont,
* Notabilia,
* Grasset,
* Flammarion,
tantôt par les auteurs, mais là, oh, surprise, je ne connais aucune de ces plumes,
je vais donc partir à la découverte de celle de :
* Jérôme ATTAL,
* Dag SOLSTAD,
* Gilles MARTIN-CHAUFFIER,
* Simonetta GREGGIO,
trois hommes, une femme,
tantôt par les titres :
* 37, étoiles filantes
* Onzième roman, livre dix-huit,
* L'ère des suspects,
* Elsa mon amour,
tantôt par les 1ères de couvertures :
tantôt encore par les incipits :
* une citation d'Alberto GIACOMETTI : "Toute la démarche des artistes modernes est dans cette volonté de saisir, de posséder quelque chose qui fuit constamment",
* une préface d'Haruki MURAKAMI,
* une citation de François MAURIAC extraite du livre "Le désert de l'amour" : "Que les morts seraient embarrassants s'ils revenaient.",
* une citation d'Umberto SABA extraite de "La Gatta" : "A mes yeux elle est, comme toi, parfaite, ta chatte sauvage, mais comme toi, jeune fille amoureuse, qui toujours était en quête, errant sans pais de-ci de-là, et tous disaient, "elle est folle". Jeune fille, elle est comme toi."
Tous me promettent un joli programme, j'avoue que j'hésite encore sur le premier que je vais lire...
Aujourd’hui, de nouveau grand soleil avec un risque de pluie en fin de journée, on prend notre petit déjeuner et hop, c’est parti pour le Lac de Gaube.
L’itinéraire via le « Sentier des cascades » et le « Pont d’Espagne » jusqu’au lac fait partie du GR10. Nous sommes dans le Parc National des Pyrénées.
Après trois jours, le « Sentier des cascades » reste un incontournable de Cauterets. C’est une heure trente de pur bonheur. Mais, pour celles et ceux qui ne peuvent pas, ou ne souhaitent pas, randonner, j’ai fait quelques vidéos...
Arrivés au Lac de Gaube, pause pique-nique. Nous sommes à 1 725 m d’altitude. Le site est absolument magnifique, les reflets colorés sont sublimes.
Sous nos yeux, des fleurs de carottes sauvages se laissent butiner par des abeilles.
Des fleurs, toujours des fleurs !
Retour au « Pont d’Espagne » pour une pause goûter, gâteau basque et tartelette myrtilles (c’est la meilleure jaimais savourée en trois jours 😉).
Il ne nous reste plus qu’a rejoindre « La Raillère », l’occasion d’aller voir « La cascade du Lutour », accessible en 15 minutes depuis le parking. Un petit effort et vous vous retrouvez sur un pont, suspendu(e)s dans le vide, et vous en prenez plein les yeux et les oreilles, la cascade est là et grandiose.
Encore une très belle journée passée dans Les Pyrénées.
Ce matin, nous sommes réveillés par le cri des marmottes, c’est nettement plus agréable que les informations nationales qui nous annoncent « la dernière hécatombe » 😉
Il fait soleil mais attention, dans l’après-midi, des averses orageuses sont prévues. On revoit notre programme à la baisse et optons pour le Col de Riou.
La rando se fait pour partie en sous bois, le sol est souple et l’itinéraire très agréable. Pour finir, nous transitons dans les pâturages et arrivons à 1 949 m et là, quelle vue !
Le troupeau savoure aussi... il a choisi sa place, au sommet !
Quelques ruines peaufinent le décor 😉
Les fleurs sont toujours bien présentes.
Le retour se fait au pas de course, le tonnerre gronde !
On arrive au village juste à temps et à l’heure du goûter, l’occasion de déguster une tartelette aux myrtilles de chez Gillou, un délice 😋
Lundi, journée pluvieuse, nous la passons à l’espace balnéo de Cauterets, les Bains du Rocher, bassin intérieur, bassin extérieur, hammam, sauna (avouez qu’il y’a pire comme occupation 😆).
Hier, grand soleil, il va falloir en profiter, la météo est annoncée capricieuse cette semaine. Nous partons de La Raillière. Le chemin des cascades démarre à l’arrière du restaurant. Ensuite, c’est parti pour 1h30 de chemin en sous bois ponctué de chutes d’eau absolument remarquables, il suffit de suivre le pictogramme.
Nous sommes dans le Parc National des Pyrénées, sur l’itinéraire du GR10.
La cascade du Ceriset
Une fois arrivés au Pont d’Espagne, on s’engace pour le circuit des lacs. On monte en altitude par un chemin nettement plus physique mais quel spectacle 🤗 Se succèdent le lac de l’Embarrat, le lac du Pourtet et le lac de Nère.
On fait une boucle en passant par le refuge de Wallon-Marcadeau, une petite pause est la bienvenue et le site est magnifique.
Et des fleurs, toujours des fleurs...
Retour au Pont d’Espagne, on reprend le chemin des cascades, mais on ne se lasse pas du spectacle.
Pour la nuit, on opte pour le site de La Fruitière, en pleine nature, le long du torrent, un petit coin de paradis. Voici la vue au coucher du soleil !
Pour la nuit, on opte pour le site de La Fruitière, en pleine nature, le long du torrent, un petit coin de paradis. Voici la vue au coucher du soleil !
Après les Alpes, nous voilà arrivés dans les Pyrénées pour une semaine de vacances.
Aujourd’hui, promenade de santé, match de coupe du monde 🇫🇷🇭🇷 oblige 😉
Nous sommes allés en voiture jusqu’au parking de La Fruitière, et là, top départ pour le Lac d’Estom à 1 804 m d’altitude.
Le sentier est ponctué de jolies chutes d’eau... j’❤️
L’itinéraire est très agréable, le dénivelé peu important, il est d’ailleurs suivi par les familles.
Les enfants s’aventurent à mettre les pieds dans l’eau, mais là, aïe, l’eau est très froide. Rien de tel qu’une pause pique-nique à s’émerveiller des paysages... c’est le pied, non ?
Si vous aimez les romans dont vous pouvez imaginer l'issue, ce roman publié chez Alma éditeur est pour vous.
Toute l'histoire tourne autour de la disparition d'une jeune fille dont le frère va mener, à sa manière, l'enquête, l'occasion de découvrir les liens qui unissent cette fratrie.
Assurément, un très beau souvenir de lecture que j'ai plaisir à partager avec vous.
Il a depuis écrit "Tant bien que mal", là, attention, ça frappe très fort, une lecture coup de poing. Finalement, vous en avez deux pour le prix d'un !
Raphaël JERUSALMY, je ne le connaissais pas avant cette rencontre organisée le 26 mai sur Angers par la Librairie Richer dans la cadre des 40 ans d’Actes Sud, un sacré personnage !
Pas de rencontre sans dédicace bien sûr, j’ai donc choisi son tout dernier roman : « La rose de Saragosse ». Si vous aimez les romans historiques, celui-là est fait pour vous.
Nous sommes en 1485 en Espagne. Arbuès, le Grand Inquisiteur de Saragosse et du royaume d’Aragon, vient d’être assassiné. Tomas de Torquemada, le Grand Inquisiteur de Castille, décide de le venger. Il devient la risée de tout un peuple, son portrait caricaturé est placardé dans la ville. Sur chaque affiche, la même signature, une rose. Cette gravure, mystérieuse, suscite bien des convoitises.
Avec « La rose de Saragosse », Raphaël JERUSALMY nous livre un roman court mais dense, haletant, rythmé par la quête des artistes à l’origine de cette campagne de communication. Il nous plonge dans l'univers de la toute fin du Moyen-Age, en Espagne, en pleine Inquisition. Ses descriptions, hautement détaillées, font que le lecteur, dès les premières lignes, est immergé.
Il va le tenir en haleine au gré des pérégrinations de la famille de Ménassé de Montesa, juif récemment converti en possession de l'une des plus grande collection de gravures de toute l'Espagne, et de sa fille Léa, dont Angel de la Cruz est littéralement tombé sous le charme.
J'ai beaucoup aimé l'approche artistique que fait l'auteur de la gravure, cette discipline considérée à l'époque comme seconde par rapport à la peinture. Raphaël de JERUSALMY lui redonne ses lettres de noblesse avec des descriptions minutieuses de pratiques ancestrales modernisées sur le modèle de ce qui est réalisé à Venise et Florence, là où se fait ce qu'il y a de plus beau !
Il montre aussi à quel point la gravure, bien plus que l'écriture, revêt un caractère subversif. Accessible à tous, petits et grands, lettrés et analphabètes, elle s'offre au premier regard et se déploie dans des dimensions décuplées.
Raphaël JERUSALMY en profite pour nous livrer son approche de l'art et de l'influence du spectateur sur son rayonnement :
Ce n’est pas dans ce que tu regardes que réside la magie de ce que je viens de graver. Mais dans la perception que tu en as et qui est elle-même illusoire car cette rose n’a d’autre âme que la tienne. P. 140
Sur fond de contexte historique, l'auteur élève au rang d'universel le sujet de la liberté. Il évoque bien sûr l'emprise de la religion sur elle et des risques grands de la voir manipulée, à la vie à la mort. Et puis, il y a ce très beau personnage de femme, celui de Léa. Elevée par son père, elle trace sa voie et entend bien l'affirmer. Une jolie manière de l'incarner.
L'écrivain nous offre un très bon roman historique, une épopée éminemment romanesque lue d'une traite. Pas de fioriture mais une plume efficace tout simplement.
Ma #lundioeuvredart, je l’ai découverte à Annecy, au bord du lac. Inaugurée le 13 juillet 2012, c’est une création de René BROISSAND, sculpteur né en Tunisie en 1928. Elle illustre parfaitement son travail autour des oiseaux dans une matière qu’il brosse, martèle, polit... ici en version brillante.
J’aime beaucoup l’effet de mouvement et la légèreté qu’elle inspire.
Sa beauté est renforcée par le jeu des transparences.
Sur fond bleu, qu’il s’agisse du ciel comme de l’eau, et vert, le pied dans les roseaux, je trouve qu’elle s’intègre à merveille dans cet espace naturel, une jolie manière d’aborder cette nouvelle semaine qui commence.
Il y a des souvenirs que l'on aime ressasser, indéfiniment, la rencontre avec Erwan LAHRER sur les Journées Nationales du livre et du vin de Saumur font partie de ceux-là !
Si vous n'avez pas encore lu "Le livre que je ne voulais pas écrire", je crois qu'il convient de le faire entrer dans votre PAL et à une place de choix s'il vous plaît, c'est un pur bijou, le propos d'un homme profondément humaniste.
En toile de fond, les événements du 13 novembre 2015. Il était au Bataclan ce soir-là.
Blessé, il a fait du sujet un objet littéraire. Incité par ses proches à l'écrire ce livre, il les convoque et nous offre un roman à 30 mains, un exercice littéraire audacieux parfaitement maîtrisé.
Il pourrait être glauque, il n'en est rien. Erwan LAHRER sait prendre de la distance, il se regarde et se traite avec auto-dérision. Sa plume est singulière, lumineuse, empreinte d'une éblouissante générosité.
On dirait que les livres se sont donnés rendez-vous pour m’émouvoir profondément en ce moment, à moins que ça soit moi qui soit à fleur de peau...
Après la lecture du roman de Erwan LAHRER « Le livre que je ne voulais pas écrire », inoubliable s’il en est un, je puis vous avouer ô combien j’ai vibré avec « Maria » de Angélique VILLENEUVE, l’opportunité de découvrir une nouvelle plume, remarquable elle aussi. Je vous dis tout, ou presque !
Maria et William offrent un foyer recomposé à Céline. Elle n’avait que 4 ans quand son père, atteint d’un cancer, s’est tué accidentellement en moto. Depuis elle a bien grandi, elle est aujourd’hui mère d’un petit garçon, Marcus. La naissance du deuxième enfant est attendue. Malheureusement, les choses ne se passent pas tout à fait comme prévu. L’accouchement, planifié à la maison, comme pour le premier, aura finalement lieu en clinique. Rien de grave finalement, la maman et le bébé se portent bien, oui mais…
Il y a un "mais" que je ne saurais vous dévoiler parce qu’il alimente une partie du suspens entretenu dans ce roman, haletant, et qu’il n’est lui-même dévoilé qu’après un certain nombre de pages parcourues. J’en entretiendrai donc le secret !
Pour autant, il me paraît inconcevable de vous laisser quitter cette page du blog sans vous dire à quel point j’ai aimé ce roman.
J’ai, personnellement, été très sensible à la beauté du lien qui unit Maria, la grand-mère, à Marcus, son petit-fils. Les premières pages sont dédiées à l’étroitesse et la richesse de l’union de ce duo, qu’elle plaise ou non à William d’ailleurs. Maria assume totalement sa disponibilité pour l’enfant, malgré son activité professionnelle, et le fait qu’elle entretienne une relation fusionnelle avec l’enfant et tout ce que cela peut induire pour Marcus dans sa construction personnelle, il le lui rend bien d’ailleurs :
Marcus n’est pas seulement heureux de la voir. Elle le fait se transformer elle aussi. Chaque fois. Chaque fois ils se mêlent, ne forment qu’un seul. P. 17
Angélique VILLENEUVE dresse un très beau portrait de la grand-parentalité, ce phénomène de société qui prend, au XXIème siècle, une dimension toute particulière avec cette génération de grands-parents, actifs et dynamiques, jouant un rôle décuplé dans l’éducation de la nouvelle génération.
Cette relation ne manque pas bien sûr de mettre les autres à l’épreuve. J’ai déjà dit un mot de celle de Maria et William, grand-mère et grand-père pouvant se distinguer dans l’acceptable et l’inacceptable, de la part de leur petits-enfants, comme de leurs enfants, mais il en est une, déjà largement appréhendée en littérature, je pense à la liaison mère/fille évidemment, qui revêt ici un caractère singulier.
Si certains châteaux de cartes familiaux paraissent bien fragiles à la sortie de l’adolescence de nos chères têtes blondes, quoi de plus normal que de voir les cartes totalement rebattues avec la naissance d’un premier enfant ! Vous me direz, l’évolution est de taille et c’est un fait, qu’une mère devienne grand-mère et qu’une fille devienne mère à son tour ne présentent rien d’anodin. Là, tout commence dans l’harmonie et la compréhension mutuelle, Maria et Céline nourrissant une certaine proximité entre elles, l’une préservant à l’autre une place de choix dans cette mutation.
J’avoue avoir versé une petite larme à la lecture du passage où Angelique VILLENEUVE évoque l'accouchement, dans la maison familiale, avec une (future) grand-mère présente dans la chambre d’à coté, totalement transie par les épreuves physiques affrontées par sa fille. Gaëlle JOSSE décrit dans « Une longue impatience » la dimension viscérale qui unit une mère à son fils. Avec « Maria », Angélique VILLENEUVE renouvelle, tout en beauté, cette approche des vibrations du corps de la mère pour son enfant, qu'il soit petit ou grand, finalement peu semble importer. Qu’il s’agisse d’un garçon ou d’une fille, aussi ?
En quoi le genre pourrait-il être un facteur déterminant dans la relation établie entre une mère et son enfant ? qui plus est, entre une grand-mère et son petit-enfant ? La question mérite d’être posée, à Maria bien sûr, à vous aussi ! Par la forme narrative à la 3ème personne du singulier, Angélique VILLENEUVE convoque le lecteur en qualité d'observateur de l'évolution de ce cocon familial et l'interpelle par un jeu de questions qui ne manqueront pas d'alimenter sa réflexion. C'est là une bien belle vocation de la littérature, non ?
Si certains commencent à se trémousser sur leur chaise, surtout, ne prenez pas peur, faites confiance à la plume délicate, sensible, profondément humaine de Angélique VILLENEUVE pour vous prendre par la main et vous accompagner dans votre cheminement intellectuel, je puis vous assurer qu’elle assure ce rôle avec beaucoup de bienveillance et d’amabilité, une révélation pour moi.
Et pour finir cette chronique, je vous propose une note pigmentée. Il faut dire que Angélique VILLENEUVE pose la cerise sur le gâteau. Outre une approche psychologique particulièrement ciselée de chacun des personnages, elle invite les couleurs dans le jeu des rapports humains. A l’image de ce que véhicule Michel PASTOUREAU, l’auteure nous fait prendre conscience de la puissance des couleurs dans l’approche que nous pouvons faire de notre l’environnement, les dimensions sont multiples et variées (historique, urbaine, sociale… ) comme autant d’éléments révélant notre propre personnalité et notre attachement aux autres, une jolie prouesse.
Angélique VILLENEUVE ressemble un brin à Yoko OGAWA dans son écriture, sa sensibilité et sa poésie, j'ai aimé cette référence commune au parfum :
Son tee-shirt, celui avec les flammes, sent l’odeur de Céline. Dans son trouble Maria s’étonne, non de la trouver là, cette odeur, mais que dans sa mémoire elle soit demeurée à ce point douce et intacte, riche de tant de sentiers, de panoramas minuscules. P. 44
Je me rends compte que je ne vous ai encore rien dit de la place des oiseaux, c’est pourtant presque un roman en tant que tel ! Mais, là, stop, j’ai déjà été très longue.
Un seul conseil, LISEZ ce roman, c’est un petit bijou !
Parce que ce livre continue de me hanter quelques mois après sa lecture, je vous communique ma #citationdujeudi extraite du premier roman de Violaine HUISMAN publié chez Gallimard "Fugitive parce que reine".
Violaine HUISMAN déroule le fil de son enfance aux côtés de sa soeur, en permanence sous tension d'une mère souffrant d'une maladie mentale, une mère de l'excès, y compris en amour !
La troisième partie est d'une profonde sensibilité.
"Chanson douce" de Leïla SLIMANI, roman lauréat du Prix Goncourt 2016, initialement publié chez Gallimard, existe aujourd'hui en poche chez Folio.
Ce thriller psychologique est parfaitement maîtrisé, les premières pièces du puzzle ajustées, il ne reste plus qu'à combler les quelques emplacements restés libres pour que l'ensemble compose un terrible tableau. Ne passez plus à côté !
Ce roman, je peux bien l'avouer, je ne voulais pas le lire. La toile de fond des attentats du 13 novembre 2015 au Bataclan m'angoissait terriblement.
Je me souviens encore parfaitement de cette soirée passée à regarder, à la télévision, des images en boucle des événements, que dis-je, des images d'un périmètre de sécurité posé autour d'un équipement et du ballet des véhicules de secours élancés dans une danse macabre, une soirée passée aussi à imaginer l'indicible. On a tous des souvenirs de concerts, de ces moments où la foule en liesse est portée par une transe communicative dans une promiscuité qui pourrait paraître indécente mais qui, justement, là, témoigne d'une même passion, d'une identité culturelle... Projeter sur ces instants de jouissance le filtre d'une scène d'attentat relève juste de l'imaginable et pourtant.
Je me souviens aussi particulièrement de la journée du lendemain passée à pleurer toutes les larmes de mon corps. Personne de ma famille, de mes amis, de mes proches n'y était, je n'étais pas le moins du monde affectée individuellement et pourtant, je vivais profondément les émotions d'un drame collectif. Pour fuir les médias qui, inlassablement, écrivaient notre histoire contemporaine, moi, j'essayais de me concentrer sur ma lecture en cours, le roman de Delphine BERTHOLON : "L'effet larsen", qui ne faisait que donner une résonance encore décuplée à notre triste réalité. Je tiens d'ailleurs à présenter toutes mes excuses auprès de l'équipe de ma plus fidèle Médiathèque, je l'ai rendu totalement gondolé. Ce roman, introduit par la citation de David LYNCH extraite de "Blue Velvet" : "It's a strange world, isn't it ?", était tout à fait d'actualité. Cette question nous taraudait toutes et tous ce jour-là.
Lire un roman sur les événements, c'était quelque chose que je redoutais. Pourtant, de passage chez Marie à Chalonnes-sur-Loire à la Librairie du Renard qui lit, je m'en suis saisie. Il figurait dans la liste des sélectionnés pour le Prix Libr'à nous mais j'était incapable d'aller plus loin. Il m'a fait de l'oeil pendant plus d'un an. Il me narguait du haut de ma PAL mais impossible de l'ouvrir. Et puis, il y a eu ce projet de participer bénévolement aux Journées Nationales du livre et du vin de Saumur. L'auteur serait là, je ne pouvais décemment plus reculer, il fallait me lancer, et quelle surprise !
Ce roman, il a fini par devenir celui que je ne voulais pas terminer, une sensation totalement incroyable. Alors que généralement c'est avec une gourmandise à peine dissimulée que je dévore les dernières pages d'un livre, là, non, je ne voulais pas le laisser filer, je l'avais adopté ! Je me suis, dans un premier temps, promise d'attendre cette rencontre pour parcourir la quinzaine de pages qu'il me restait, j'ai encore différé le moment. Il serait précieux, je le savais. J'ai choisi les premiers instants qui ont suivi mon Tour du Mont Blanc, ceux où vous appréciez sans commune mesure de vous déchausser (comme un clin d'oeil à la première de couverture), de mettre vos orteils en éventail, de les glisser dans l'herbe fraîche et de savourer, tout simplement.
Et puis, un instant, ce roman est devenu celui que je ne voulais pas chroniquer. Comment, moi, modeste blogueuse, allais-je réussir à mettre des mots sur ce que je venais de découvrir, de ressentir ? Comment pourrais-je le synthétiser. J'ai fini par me lancer, je savais, avant même de commencer, que ma prose ne respecterait aucune des formes habituelles, elle sera à l'image de celui qui a signé cet OVNI littéraire !
Dans ce roman, Erwan LAHRER s'interpelle lui-même par le jeu de la narration à la deuxième personne du singulier, un peu comme s'il se regardait dans un miroir et qu'il conversait avec son lui intérieur. Il nous déroule ainsi le fil de sa jeunesse, sa découverte de la musique et sa passion grandissante pour le rock. Habitué des salles de concert, il ne s'est posé aucune question lorsqu'il a acheté sa place pour aller voir Eagles of Death Metal le vendredi 13 novembre 2015 au Bataclan.
Bien sûr, il ne savait pas qu'il y serait blessé, une balle de kalachnikov dans les fesses (lui qui finalisait justement son roman "Marguerite n'aimait pas ses fesses", avouez que ça pouvait être drôle si ce n'était si grave !), qu'il serait peut-être sauvé par cette "mauvaise bière", bue à son arrivée et qui le maintiendrait en dehors de la fosse, à moins que ça ne soit lié au fait qu'il n'avait pas de portable sur lui. Ce tout petit accessoire qui a envahi nos vie était présent en de multiples exemplaires dans la salle de spectacles ce soir-là, tous aussi convulsés par de fulgurantes vibrations et éclairés par des flashs incessants qui, bientôt, deviendraient, après les hommes, les cibles des auteurs des attentas, épris de silence et de nuit qu'ils étaient.
Erwan LAHRER a vécu les événements de l'intérieur, dans sa chair même, il a ressenti d'effroyables douleurs, il s'est battu aussi dans sa rééducation, mais de cela, il ne voulait pas en devenir un héros. Non, les héros, ce soir-là, et les jours suivants, c'était les soignants, ces professionnels et ces bénévoles d'un jour à qui il rend un vibrant hommage.
Non, Erwan LAHRER, s'il n'y avait eu la pression de ses amis, il ne l'aurait jamais écrit ce livre.
Et d'un coup, c'est la construction d'un roman, la réalisation d'un projet d'écriture qui devient le sujet même du livre, un exercice littéraire à 30 mains, les 28 d'amis (ils n'allaient quand même pas s'en tirer à de si bons comptes !), de proches aussi, et les siennes, toutes associées dans un même objectif, celui de faire de ces événements un objet littéraire.
Impossible pour lui de rédiger un témoignage, ni un récit de vie, que serait-il alors ? Un livre tout simplement inoubliable, un livre qui laissera dans votre mémoire une empreinte indélébile comme la cicatrice que l'auteur portera à tout jamais. Ce roman, c'est une leçon de vie, c'est le propos d'un homme profondément humaniste, il aime les gens, alors, lui demander d'en haïr quelques uns sous prétexte qu'ils mènent un projet fou, ne comptez pas sur lui.
Cet homme est un "hyper sensible", ce sont ses amis bienveillants qui le qualifient ainsi !
Erwan LAHRER fait partie de ceux qui ne font qu'un avec les autres, il suffit de le regarder se déplacer sur le salon du livre de Saumur pour s'en rendre compte, son pas est assuré, dynamique, rapide, rien ne peut l'arrêter, pas même de vous analyser dès les premières secondes et de vous livrer une dédicace qui en dit long sur votre personnalité.
Dans une plume joyeuse, généreuse, lumineuse, Erwan LAHRER, qui dépasse d'une bonne tête l'ensemble de nos concitoyens, nous livre une philosophie de vie à sa dimension, EXTRAordinaire !
En souvenir de l'exposition consacrée à Magritte en 2016 par le Centre Pompidou, ma #lundioeuvredart est "La décalcomanie".
L'artiste belge fut le premier à explorer le découpage d'une partie de la toile et son repositionnement sur le tableau pour créer l'illusion.
Il y a, d'un côté, Magritte de dos, cet homme qui se voulait ordinaire, anonyme, et puis cette silhouette dont seuls les contours subsistent et qui laissent à imaginer son âme, son être intérieur, invisible, lui.
J'aime aussi à penser que, dans l'attente des vacances, vous vous y retrouvez un peu aussi. Il y a cette présence au temps et puis ce rêve d'évasion, de ciel bleu, d'un autre lieu où se reposer, se ressourcer...
Pour moi dont c'est le jour de reprise, cette oeuvre m'inspire aussi, un peu là et puis, toujours ailleurs, à bercer les beaux souvenirs d'un trek autour du Mont Blanc et de moments de farniente au bord de lacs rafraîchissants.
Simone VEIL entre aujourd'hui avec son époux au Panthéon, un an après sa mort à l'âge de 89 ans.
Sa voix nous manque, elle qui a été de tous les combats. Profondément attachée à faire évoluer la condition des femmes, elle a porté la cause de l'IVG et a voué toute son existence à leur protection.
Plus largement, humaniste et visionnaire, Simone VEIL s'est battue en faveur de la paix, alors même qu'elle avait vécu l'indicible, et a insufflé la construction européenne.
Si vous avez envie de vous familiariser avec cette grande Dame, et pour que sa mémoire soit transmise de génération en génération, je vous invite à découvrir la biographie écrite par Sarah BRIAND : "Simone, éternelle rebelle", un jubilé d'anecdotes d'une grande sensibilité et de grandes causes portées par une femme EXTRAordinaire.
Nous sommes réveillés par les premiers rayons du soleil, il n’y a pas d’erreur sur les prévisions météorologiques, voilà qui donne de l’enthousiasme. La deuxième étape de notre Tour du Mont Blanc nous attend !
En deux temps trois mouvements, les sacs à dos sont bouclés. En route pour le petit déjeuner, et là, à travers les carreaux, on aperçoit un bouquetin venu nous saluer et nous montrer le chemin, un instant entre parenthèses.
Le top départ est donné, retour aux cairns pour prendre la direction du Col des Fours, le point le plus haut du Tour du Mont Blanc. La vue est époustouflante, instant magique.
Dès le départ, nous sommes dans la neige. On s’en donne à cœur joie dans la descente, il ne nous manque que les skis !
De retour sur une portion de terre, quelle surprise de découvrir des marmottes pas du tout farouches. Elles prennent même la pose 😉
Nous passons ensuite par La Ville des Glaciers. Il y a des fleurs à profusion, un réel bonheur.
Nous prenons la direction du Col de Seigne, la montée est physique mais le soleil toujours bien là. On évolue sous le ciel bleu avec des paysages fantastiques. On en profite pour faire une petit pause déjeuner. Quel bonheur de s’endormir dans l’herbe, la sieste (que je ne pratique pas habituellement) est réparatrice. Nous voilà repartis... pour franchir le col à 2 512 m d’altitude.
Il ne nous reste maintenant plus qu’à rejoindre notre refuge. Nous avons encore une petite heure à parcourir dans la neige, mais à notre arrivée, la magie du lieu opère...
Assurément, nous allons passer une bonne nuit. À demain pour de nouvelles aventures...
1ère étape de notre Tour du Mont Blanc, départ des Contamines Montjoie, notre point d’arrivée nous fait de l’oeil 😉
Jusqu’à Notre Dame de la Gorge, petite promenade de santé, sur du plat, dans un sentier boisé, une petite merveille.
On en profite pour faire les derniers réglages du sac à dos.
Mais après, attention les yeux, enfin plutôt le cœur ! La montée est bien raide, les premières suées sont au rendez-vous. Les battons sont incontournables.
Et puis, bientôt, la neige. Et oui, cet hiver il y a de la neige, et même si le réchauffement climatique fait son œuvre, elle est encore bien présente. Heureusement, elle est tout à fait praticable. On n’a pas mis les crampons.
Pause déjeuner au Col du Bonhomme, on a faim !
Il ne nous reste plus que 45 minuites pour atteindre le Refuge de La Croix du Bonhomme. Là, le passage se fait aujourd’hui totalement dans la neige.
Sur une petite zone en herbe, quelques jolies petites fleurs se pâment sous le soleil.
On arrive au totem après 4h30 de marche, yesssssss.
5 minutes après, 1ère halte au Refuge de La Croix du Bonhomme. On va s’y ressourcer, y passer la nuit et demain, départ pour le Refuge Elisabetta à 6h de marche en passant par le Col des Fours.
Après « La gourmandise » des Journées Nationales du livre et du vin de Saumur, ma modeste contribution au profit d’une équipe de la Librairie Richer hors pair, des rencontres avec des auteurs formidables (Laure Manel, Erwan Lahrer, Sébastien Spitzer tout récemment couronné du Prix Emmanuel de Roblès - Bravo pour cette nouvelle reconnaissance pour son premier roman découvert avec les 68 Premières fois : « Ces rêves qu’on piétine »), place au Tour du Mont Blanc !
Cette expédition sur 7 jours, on la prépare depuis plusieurs mois.
Le matériel est prêt, le sac à dos bouclé. L’heure du départ a sonné.
1ère étape : Les Contamines Montjoie - Refuge de La Croix du Bonhomme
Ma vie de lectrice est ponctuée de formidables aventures.
Après avoir été jurée du #Prixdulivre France bleu_Page des libraires en 2018, j’aurais le plaisir de faire partie de l’équipe du #grandprixdeslectriceselle 2019.
Ma #citationdujeudi est extraite du tout premier roman de Mathieu MENEGAUX : "Je me suis tue", un roman bouleversant qui m'a permis de découvrir cette plume magistrale et remarquable entre toutes, totalement addictive aussi il faut le dire.
Depuis, il y eu "Un fils parfait" et puis enfin, tout récemment "Est ce ainsi que les hommes jugent ?". Chaque fois, il s'agit de thrillers psychologiques étourdissants.
Si vous ne connaissez pas encore cet auteur, laissez vous séduire par les "Journées nationales du livre et du vin de Saumur", c'est ce week end et il sera là !