Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Articles avec #recit catégorie

2026-03-17T12:40:00+01:00

Intérieur nuit de Nicolas DEMORAND

Publié par Tlivres
Intérieur nuit de Nicolas DEMORAND
 
Nouvelle référence du Book Club, une lecture découverte le cœur serré : "Intérieur nuit" de Nicolas DEMORAND.
 
Nicolas DEMORAND, je le connais pour l'écouter le matin depuis des années sur France Inter. C'est lui qui me réveille, enfin me réveillait, parce que depuis l'automne dernier, il n'anime plus l'émission. Il est en arrêt maladie.
 
Pour celles et ceux qui ne le savent pas encore, le journaliste souffre de bipolarité.
 
Dans ce récit de vie, "Intérieur nuit", il relate sa souffrance, une terrible douleur, le mal que lui assène la maladie, les troubles du comportement aussi.


Je flambais de l'argent, mais aussi d'une fièvre que je croyais soigner à la dépense. P. 29

Le livre commence avec cette répétition lancinante : "je suis malade mental". Je ne crois pas que ça soit pour s'en convaincre lui-même. Je pencherai plutôt vers la nécessité pour lui de donner à voir le fait qu'il soit, et brillant journaliste, et malade mental, comme une affirmation en guise de réponse au pharmacien qui lui a dit un jour : "je ne croyais pas ça de vous".
 
Nicolas DEMORAND décrit la maladie dont il souffre, le nombre incalculable de médicaments ingurgité, les visites chez des "spécialistes"...


Qu'il me faudrait tâtonner pour m'en sortir et passer, de mon propre fait, au cran d'après : le spécialiste. Mais le spécialiste de quoi ? P. 44





inadaptés jusqu'au jour où il découvre des professionnels qui vont lui offrir des instants de survie.
 
Lui qui ne cache pas dans son livre ses pensées suicidaires doit vivre des moments terribles actuellement. Je compatis et le remercie d'avoir osé écrire pour se libérer de son mal et libérer les lecteurs, les malades, les aidants de cette chape de plomb qui pèse encore sur la maladie mentale.
 
J'ai personnellement été profondément touchée par le sentiment de honte qui le traverse. Alors même qu'il ne se plaint pas, ou si peu, des regards portés sur lui par les autres, il est pétri de douleur. Quel courage il lui a fallu pour écrire, puis aller à la rencontre du public.
 
Je ne vais pas lui dire, "allez", soyez fort". Sur la base du propos de Nicolas DEMORAND, c'est justement la phrase qui n'est pas à prononcer... Si vous avez, vous aussi, envie d'apprendre sur la bipolarité, ce livre pourrait bien répondre à quelques unes de vos questions.
 
Je lui souhaite plutôt d'être entouré par des personnes bienveillantes qui le comprennent et l'accompagnent dans le soin.


Si je ne serai jamais guéri de cette maladie, la traversée avec ce médecin "toujours de mon côté" reste l'une des plus belles aventures de ma vie. P. 82

Que l'aventure du moment soit la plus belle possible !

Voir les commentaires

2026-02-03T20:23:57+01:00

Rue des Hirondelles de Clodine BONNET

Publié par Tlivres
Rue des Hirondelles de Clodine BONNET

Peut-être connaissez-vous Clodine BONNET pour avoir participé à ses ateliers d'écriture dans le cadre de l'association Porte-Plume,

Peut-être connaissez-vous Clodine BONNET aussi pour avoir lu : "Des Ils et des Elles".

Perso, c'était ma voisine. 

A chaque rencontre, je me nourrissais de son humanité.

Alors, quand j'ai découvert un joli cadeau dans ma boîte aux lettres, son dernier livre, auto-édité, "Rue des Hirondelles", je m'y suis plongée.

Clodine BONNET nous livre un récit de vie, plus précisément, de fin de vie. Sa mère s'affaiblit, se fragilise, doit quitter la maison qu'elle partage avec son mari. Elle va lui rendre visite, s'imprègne de tous ces moments de bonheur précieux avant le grand départ.

Ce livre est un petit précis de l'accompagnement d'un être cher. Pour celles et ceux qui le vivent au quotidien, ou celles et ceux qui l'appréhendent, ce récit de Clodine BONNET relate les moments stratégiques, les enjeux, les objectifs, les arrangements raisonnables pour que sa mère soit finalement accueillie à l'EHPAD.

Mais ce livre ne serait pas celui de Clodine BONNET sans une touche de poésie, une pincée de légèreté. Elle a ce talent de rendre "merveilleux" des instants forts en intensité. 

Bien sûr, Clodine BONNET a un grand coeur. Alors elle n'oublie personne, pas même le personnel de la structure, l'EHPAD de Frossay en Loire-Atlantique.


J'ai eu envie d'écrire ce livre, pour rendre hommage à ceux et celles dont c'est la profession d'accompagner les personnes en fin de vie [...].

J'ai été profondément troublée par la concomitance du départ de sa mère et de l'arrivée de sa petite-fille, Alcie. C'est un peu comme si les événements s'étaient organisés entre eux pour montrer la voie de chacun : naître, vivre et mourir. Si l'ascenseur émotionnel est vertigineux, l'amour n'en est pas moins grand.

Enfin, si vous avez déjà croisé le chemin de Clodine BONNET, vous savez qu'elle est une artiste, elle pratique la photographie, écrit des poèmes, se laisse porter par ses rêves. Ce livre est à son image !

Vous avez maintenant envie de le lire ? Passez donc à la librairie Le Mot de la faim de Montreuil Juigné ou L'Atelier de Saint-Mathurin. A défaut, contactez-là via son blog.

Voir les commentaires

2026-01-09T07:00:00+01:00

Idiss de Robert BADINTER

Publié par Tlivres
Idiss de Robert BADINTER

Éditions Fayard

Robert BADINTER, décédé le 9 février 2024, panthéonisé le 9 octobre 2025, repose au cimetière de Bagneux dans la banlieue sud de Paris avec notamment sa grand-mère maternelle, à qui il a rendu un vibrant hommage avec un roman qui se veut pour partie une biographie et pour partie le fruit de ses rêves.

Idiss est née en Bessarabie en 1863. Elle a épousé son mari, Schulim, parti à l'armée alors qu'ils avaient deux jeunes enfants à nourrir, Avroum et Naftoul. Accueillie par ses beaux-parents, de pauvres gens, elle contribue aux ressources du foyer en vendant des articles de broderie et quelques activités de contrebande. Au retour de Schulim, femme et enfants retrouvent leur maison, une petite fille naîtra un an plus tard, Chifra, la mère de Robert BADINTER. Devant la persécution des juifs et les problèmes financiers liés aux jeux d'argent de Schulim, la decision est prise de quitter le pays pour rejoindre les deux garçons partis à leur majorité à Paris. Là, pour tous, une nouvelle vie commence.

Le portrait de cette grand-mère est très attendrissant. Robert BADINTER, son petit-fils, lui voue une profonde estime et lui témoigne d'une très belle preuve d'amour. Il est sensible à sa force, sa personnalité, et aux instants de douceur aussi qu'elle lui a procurés. Comme j'ai aimé ce passage autour de son parfum...

 


J'ai conservé le souvenir du parfum d'eau de Cologne dont elle se versait deux gouttes derrière les oreilles avant de "sortir", comme elle disait. Ce parfum-là, quand il m'arrive d'en percevoir l'odeur des décennies plus tard, évoque son visage penché vers moi pour me donner un dernier baiser. Je ferme les yeux. C'est mon enfance revisitée. P. 145

Mais rien ne saurait effacer de la douleur endurée chaque jour depuis la mort de son mari d'un cancer à l'âge de 54 ans. Robert BADINTER emploie une expression que je n'avais encore jamais lue je crois. Sa grand-mère vivait en "mutilée de l'amour".

Et plus encore, le spectre de la menace pesant sur le peuple juif. Une nouvelle fois, j'ai été frappée par la persécution de la communauté depuis la nuit des temps.


Si l'on tolérait individuellement les juifs qu'on connaissait, les communautés juives étaient rejetées collectivement. P. 24

Alors que la famille est arrivée en France et que la naturalisation de la famille de Chifra-Charlotte est officialisée, le gouvernement de Vichy décide en 1940 de les annuler. Ils deviennent apatrides, un terme si souvent associé au peuple juif, où qu'il vive sur la terre.

Robert BADINTER, élevé avec son frère Claude, par une mère soucieuse de leur intégration dans la société française et leur réussite scolaire, vouera toute sa vie et toutes ses forces à la défense des droits humains. Il semble bien qu'il ait moins tiré de l'autorité maternelle que de l'inspiration grand-maternelle pour construire ses ambitions et mener ses conbats.

Magnifique livre écrit dans une plume fluide et émouvante.

Il me reste maintenant à découvrir la BD inspirée de ce récit de Fred BERNARD et Richard MALKA, Richard MALKA dont vous vous souvenez peut-être de sa nuit passée au Panthéon. Le monde est petit, non ?

Voir les commentaires

2025-09-23T18:04:34+02:00

Mon vrai nom est Elisabeth d'Adèle YON

Publié par Tlivres
Mon vrai nom est Elisabeth d'Adèle YON
 
Nouvelle bonne pioche du Book club, que dis-je, coup de cœur ! C'est mon #Mardiconseil Merci ma chère Hélène de m'avoir mise sur sa voie.
 
Tout commence avec ce mail adressé à 3 personnes qui sonne comme un au revoir. L'expéditeur est sur le point de se jeter du balcon du 7e étage de son appartement parisien. Le geste est prémédité, il est organisé depuis des mois, depuis la vente de sa maison. Objectif : mourir quand il en est encore temps. Nous sommes le 4 janvier 2023. Derrière l'histoire de Jean-Louis se cache celle d'Elisabeth, sa mère. Leur point commun, un pied dans le vide !
 
Ce livre qui transcende les genres (thèse, récit, correspondances, fiction...), je ne pouvais que l'aimer.
 
Il faut dire que des fées se sont penchées sur son berceau, à commencer par Laurence TARDIEU, l'autrice des romans : 
dans lequel elle disait :


Les choses que tout le monde ignore et qui ne laissent pas de trace n'existent pas.

ainsi que
"Nous aurons été vivants", l'un de mes coups de coeur de l'anée 2019,

et Adrien BOSC, l'éditeur (peut-être vous souvenez-vous de "Capitaine" duquel j'avais extrait une citation :


Car ce n’est pas ce qu’est l’archive qui importe, mais ce qu’elle désigne : un passé.

Mais ça, je ne le découvrirais que dans les remerciements. C'est la cerise sur le gâteau, la sensibilité qu'il faut pour rendre le livre aussi fascinant que bouleversant. Je sors de cette lecture sous le choc, en pleurs sur l'itinéraire de cette femme, en colère sur les méthodes psychiatriques de la 2e partie du XXe siècle.
 
Parce que ce livre, c'est tout ça et beaucoup plus encore.
 
C'est une histoire familiale d'abord, aux origines bourgeoises, dans laquelle les femmes doivent se conformer aux injonctions d'un ordre social, être de bonnes épouses et de bonnes mères. Celles qui comme Élisabeth aspirent à s'en émanciper tomberont sous le joug de la médecine.
 
C'est là que de l'individuel on passe au collectif. Adèle YON, en enquêtant sur l'itinéraire de cette aïeule, relate les méthodes employées et déconstruit les modèles de la psychiatrie. Elle va notamment se focaliser sur la lobotomie, cette opération chirurgicale qui vise à extraire le lobe frontal du cerveau pour supprimer ce que ces femmes auraient en trop !
 
Le mot "femme" est prononcé. Ce livre se veut aussi le témoin de ce que les hommes, les pères, les maris, les frères, les médecins, imposaient au "sexe faible". En lisant Adèle YON, vous verrez à quel point cette expression prend tout son sens dans les pratiques d'une époque et explique les violences faites aux femmes, l'incarnation de la domination masculine, patriarcale, à commencer par la maternité.
 
Ce qui est terrifiant, c'est de voir à quel point la jeune génération est encore imprégnée du passé. Adèle YON révèle qu'elle-même a été élevée avec la crainte d'être fragile comme Elisabeth. C'est parce qu'elle risque de devenir folle qu'elle se lance dans les recherches qui lui permettront d'écrire cette thèse. La filiation, la transmission de génération en génération, est terrifiante. Son livre n'en est que plus puissant.
 
Je pourrais en écrire des pages, tellement il regorge de détails, il est foisonnant et captivant. Il est déjà lauréat de nombreux prix littéraires : Le Grand Prix des Lectrices Elle, le Prix Régine Deforges, le Prix Littéraire du Nouvel Obs, le Prix Essai France Télévisions...
 
Lire un livre, c'est planter un décor, poser des images sur des personnages, parfois inspirées du cinéma. Vous comprendrez que le visage de Virginie EFIRA se soit imposé à moi. Dans "En attendant Bojangles" de Régis ROINSARD, elle interprète divinement bien comment pouvait être traitée la maladie mentale dans les années 1960. 
 
Ce livre fait partie de ceux que je n'oublierai jamais. C'est à ça que je reconnais les coups de coeur !
 
Retrouvez ceux de l'année 2025 :
"Les braises de Patagonie" de Delphine GROUES.

Voir les commentaires

2025-09-05T06:00:00+02:00

L'Albatros de Raphaël ENTHOVEN

Publié par Tlivres
L'Albatros de Raphaël ENTHOVEN

Et de 3 pour cette rentrée littéraire aux éditions de l'Observatoire, une maison que j'affectionne tout particulièrement.

Après "L'âme de fond" de Julia CLAVEL et "Nous n'avons rien à envier au reste du monde" de Nicolas GAUDEMET, place à "L'Albatros" de Raphaël ENTHOVEN.

Changement de registre avec un récit, celui de la maladie de Parkinson d'abord, d'Alzheimer ensuite, qui frappent sa mère, Catherine DAVID, une femme, une épouse, une amante, la mère de deux enfants, une journaliste, une écrivaine, une pianiste à ses heures. Ni ses connaissances, ni son courage, ni sa ténacité, ne feront barrage devant la puissance des maladies qui vont s'en donner à cœur joie sur son corps, tout particulièrement sur sa main gauche. Elle en écrira d'ailleurs elle-même un livre ("Lettre ouverte à ma main gauche et autres essais sur la musique"). La pianiste, qui marchait dans les pas de son père, ne saurait accepter cette fragilité. Elle avait l'habitude de surmonter la fausse note.


D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours entendu ma mère buter sur une note, s'arrêter, soupirer, repartir à l'assaut jusqu'à la victoire qui l'emmenait à l'obstacle suivant. P. 112

Oui, mais là, le mal était plus grand.
 
Ce récit, c'est aussi l'accompagnement d'une mère par son fils, lui qui a sa vie aussi, des enfants, et qui ne peut accourir chaque fois que sa mère le lui demande. Comme j'ai aimé ce passage où Raphaël ENTHOVEN explique le choix qui lui est donné d'aller dans le sens de la folie pour converser tendrement avec sa mère ou bien de se tuer à lui faire entendre raison alors qu'elle l'a perdue. C'est tellement frappant.
 
Ce récit, c'est celui d'un immense amour mère-fils. C'est l'expression de toutes les attentions, d'une délicatesse émouvante, d'une complicité touchante. C'est celui d'une présence, d'un regard...
 
C'est aussi un récit sur la musique, cette discipline artistique qui exige un investissement sans fin pour créer, expérimenter, vibrer... devant la beauté d'une interprétation. unique en son genre.
 
J'ai beaucoup aimé le passage sur les arts vivants et le fait qu'une "répétition" n'en soit finalement pas une puisqu'il est impossible de répéter exactement le morceau joué précédemment..
 
Ce qui m'a captivée, c'est la puissance de la musique pour ceux qui la pratiquent. Chez Catherine DAVID, elle représente quelque chose de l'ordre du frisson.


Ce qu'on dit du frisson quand on l'explique n'a rien à voir avec la simplicité de ce qu'on éprouve quand il nous traverse l'échine. P. 164

Pour celui qui l'écoute, à l'image de ce que vit Raphaël ENTHOVEN, il n'aura fallu que quelques notes pour le faire passer d'un immense chagrin à une certaine forme de gaieté. Quelle plus belle manière de quitter sa mère, avec cette citation.


C'est alors que, quand vint le moment de jeter une cuillère de terre sur le cercueil, le haut-parleur se mit à diffuser, à notre demande, un air de jazz, Benny GOODMAN, et, sans prévenir, une gaieté étrange, inopportune, impérieuse, s'empara de moi, comme un éclat de rire qui couvait, un sourire profond, une puissante envie de danser à la barbe des tombes. P. 226

Ce récit, j'ai crains un instant de ne me faire au style, une écriture érudite, des références mythologiques... Mais après quelques pages, j'ai finalement rendu les armes et me suis plu à vivre ce parcours de vie. Raphaël ENTHOVEN n'est devant la maladie, et la mort de sa mère, qu'un homme. C'est là que le propos prend une dimension universelle.
 
Je remercie la maison d'édition pour ce cadeau, aussi intimidant que saisissant. C'est ma #VendrediLecture.

Voir les commentaires

2024-12-03T07:44:13+01:00

Je suis Iranienne de Mona JAFARIAN

Publié par Tlivres
Je suis Iranienne de Mona JAFARIAN

Cette lecture m'a été proposée par les éditions  de L'Observatoire que je tiens à remercier tout particulièrement.

"Je suis Iranienne" relève d'une action militante de Mona JAFARIAN, elle-même Franco-Iranienne et co-fondatrice du collectif Femme Azadi à la suite de la mort de Mahsa AMINI, cette jeune femme, étudiante de 22 ans   décédée à Téhéran quelques jours après son arrestation par la Police des Moeurs pour le port de vêtements inappropriés.

Quelques cheveux dépassant d'un voile ne sauraient engendrer un tel déferlement de violence de la part des mollahs, les gardiens du régime de Khameini. Cette fois, c'en est trop. Les femmes descendent dans la rue, les hommes ne tarderont pas à suivre, pour manifester contre cette dictature.

Cette lecture intervient quelques jours après avoir lu dans la presse que les mollahs interdisent désormais aux femmes de parler entre elles. Ils détruisent ainsi le terreau de toute démocratie. Il ne leur restait plus que cette liberté-là !

Comme je viens de l'évoquer, habituellement, les informations nous parviennent grâce aux journaux. On y parle des femmes. L'initiative de Mona JAFARIAN est troublante, avec Parissa, Mina, Sepideh, Mahnaz, Farahnaz, Elham, Sarah, Marjane, Azadeh, Baran, Ghazal et Kamelia, elle incarne le mouvement.

 

Pourquoi les citer chacune ? 

✊ Parce que ce sont des héroïnes du quotidien que le régime ne saurait faire taire. 

✊ Parce que ce sont des femmes qui descendent dans la rue pour faire tomber le régime. 

✊ Parce qu'elles se savent les cibles des mollahs mais décident pourtant de se battre, à la vie à la mort. Elles risquent d'être arrêtées à chaque instant, violées, torturées, tuées. 

Avec ce livre, Mona JAFARIAN personnifie le combat et ça change tout. Là, plus aucune frontière entre nous !

Les témoignages de ces 12 femmes sont des trésors... de guerre, des propos tenus dans la clandestinité pour informer le monde entier des violences qu'elles subissent. Violences, le mot, même au pluriel, n'est rien à côté de ce qu'elles endurent de la part des hommes. Des hommes, comment pourrions-nous imaginer les appeler encore des hommes ?

Ces récits de vie sont absolument effarants, quel déchaînement de haine ! 

Mais là où la force se dégage, c'est dans le courage, l'abnégation de Parissa, Mina, Sepideh, Mahnaz, Farahnaz, Elham, Sarah, Marjane, Azadeh, Baran, Ghazal et Kamelia.


Cette jeunesse iranienne est un phare dans l'obscurantisme qui gangrène le monde. P. 91

Parce qu'elles ont besoin de nous pour continuer de RÉSISTER, ce livre devient une arme à portée de nos mains.

Je vous invite à le lire pour les mettre dans la lumière, leur assurer notre soutien. Affaire de sororité ? Qui sait ? Elles scandent ce slogan "Femme Vie Liberté". Je plaiderai plutôt en la faveur d'une affaire d'humanité .

C'est mon #Mardiconseil.

Voir les commentaires

2024-03-15T09:46:24+01:00

Oma d'Ariel MAGNUS

Publié par Tlivres
Oma d'Ariel MAGNUS

Éditions de L’Observatoire

 

Ecrire sur la vie de sa propre grand-mère peut s’avérer hasardeux pour tout un tas de raisons. Votre propre parent pourrait vous proposer un choix qui le serait d’autant plus :


Sois tu attends que ta grand-mère meure, soit tu te débrouilles pour qu’elle ne l’apprenne pas. P. 146

Il n’en faudra pas plus pour Ariel MAGNUS pour se jeter à l’eau et il a sacrément bien fait. Il nous livre un livre exceptionnel, publié pour la première fois en 2006 en espagnol et en 2012 en allemand. Il vient tout juste de sortir en France grâce à la traduction de Margot NGUYEN BÉRAUD et aux éditions de L’Observatoire que je remercie pour ce très beau cadeau.

 

« Oma », traduisez Grand-mère, est donc un livre non seulement inspiré d’une histoire vraie  mais également de l’histoire familiale de l’auteur, Ariel MAGNUS, descendant d’immigrés juifs allemands.

 

« En guise d’avertissement », dès les premières pages, Ariel MAGNUS nous expose son dessein, non pas raconter une énième histoire de survivants de la Shoah, mais se focaliser sur ce qu’en dit sa grand-mère, ce qu’elle a à lui transmettre, à lui, et ce qu’elle acceptera qu’il communique au grand public.

 

Ce projet faisait partie d’échanges réguliers avec sa grand-mère sans jamais aboutir. C’est lorsqu’elle décida de lui rendre visite à Berlin que tout s’est concrétisé.

 

Cette lecture, je l’ai faite d’une traite, en apnée totale.

 

Bien sûr, il y a l’itinéraire de cette femme que je vous laisserai découvrir, un parcours fascinant.

 

Plus que ses années passées sous l’emprise du Führer, ce qui m’a intéressée c’est l’après, la trajectoire donnée à sa vie, parfois guidée par l’opportunité d’un jour, souvent dictée par des convictions personnelles 


Le médecin au Brésil m’avait dit que je ferais mieux de ne pas mettre d’enfant au monde. Mais moi j’ai dit : « J’en veux. » P. 87

et une immense générosité. 

 

Quelle belle âme que cette grand-mère, un sacré personnage, naturellement romanesque, qui a puisé dans sa personnalité, sa force de caractère pour avancer.


En général, elle préfère fermer les yeux sur certaines ombres du passé et se concentrer sur le côté ensoleillé de la rue. P. 136

Des faits historiques, il y en a mais le sillon creusé par Ariel MAGNUS repose bien plus sur leur interprétation, tout en nuance.

Ma grand-mère est une somme de contradictions plus ou moins inconscientes, pour la plupart en rapport avec l’Allemagne et les Allemands, qu’elle aime et déteste à la fois, sans transition. Ses enfants ont été élevés dans ce paradoxe, de même que les enfants de ses enfants. C’est compréhensible. P. 56

Ce livre est empreint d’amour. J’ai été touchée par la profonde tendresse qui anime ces deux générations et la très grande pudeur dans l’expression de leurs sentiments.

 

Le ton, teinté d’humour, fait de ce livre un petit bijou.

 

Ariel MAGNUS nous livre une formidable leçon de vie.

Voir les commentaires

2022-11-08T15:47:05+01:00

Lalalangue (prenez et mangez en tous) de Frédérique DORUZ

Publié par Tlivres
Lalalangue (prenez et mangez en tous) de Frédérique DORUZ

Frédérique VORUZ est une artiste. Elle a plusieurs cordes à son arc. Elle est comédienne, metteuse en scène, chanteuse. 
 

Elle joue son seule-en-scène autobiographique Lalalangue – Prenez et mangez-en tous, mis en scène par Simon ABKARIAN, la première est annoncée aujourd’hui au Théâtre du Rond-Point

 

A défaut de voir le spectacle, je lis le livre tiré de la pièce et publié aux éditions Harpercollins, dans la collection Traversée, proposé dans le cadre d’une Masse critique de Babelio.

 

Quand sa mère était jeune, elle était passionnée d’alpinisme comme son mari. Enceinte de jumeaux, elle fait une chute d’escalade, perd une jambe et ses deux garçons. Le père des enfants se sort de l’accident avec « seulement » un bras cassé. Quand la mère de Frédérique sort du coma et découvre l’état du chaos, elle se jure de se venger sur ses enfants. Elle en aura 7 qu’elle meurtrira, plus ou moins, la dernière subira toute sa haine, c’est Frédérique !

 

Ce récit de vie est terrifiant, on peine à croire qu’une mère ait tant d’aversion pour ses enfants, le fruit de sa chair, et pourtant…

 

Frédérique décrit un quotidien des plus sombres et pourtant… 

 

Et pourtant, l’autrice est sur les planches !

 

Ce qui m’a beaucoup plus c’est sa quête du pourquoi, pourquoi tant de ressentiment, pourquoi ce bannissement systématique de toute forme de féminité.

 

Dans un récit ponctué par des dialogues de Frédérique VORUZ avec sa psychiatre, une perle cette femme, on est amené à faire un pas de côté et prendre soudainement conscience de ce qui se trame. 

 

Il y a aussi des dessins qui nous éclairent plus encore sur ce qui se joue dans le cercle familial. Frédérique VORUZ fait la démonstration que les enfants qui y sont élevés sont conditionnés par l’éducation qu’ils reçoivent. Pour être soi-même, REnaître, il faut pouvoir s’en libérer, s’en émanciper, s’envoler du nid n’a jamais été aussi bien illustré que par l’itinéraire de Frédérique VORUZ.

 

La préface de Simon ABKARIAN nous met sur la voie avec cette courte phrase : « Parfois, écrire est un art de la survie. » Je puis vous assurer qu’elle résonnera beaucoup plus fort quand vous terminerez votre lecture !

 

Frédérique VORUZ nous livre une leçon de vie et la preuve d’un immense amour. J’ai maintenant une irrésistible envie de voir la pièce 😃 

Voir les commentaires

Girl Gift Template by Ipietoon Blogger Template | Gift Idea - Hébergé par Overblog