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2019-06-25T06:31:00+02:00

Edmonde de Dominique de SAINT-PERN

Publié par Tlivres
Edmonde de Dominique de SAINT-PERN

Mon #mardiconseil c’est "Edmonde" de Dominique de Saint-Pern aux Editions Stock, roman tout juste lauréat du #PrixSimoneVeil qui honore une femme d’action, ex aequo avec « Nina Simone : love me or leave me ». Un grand 👏 pour ce #prixlitteraire 🤗

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2019-06-24T06:33:25+02:00

La misère de Jules DESBOIS

Publié par Tlivres
La misère de Jules DESBOIS

Il y des oeuvres d'art qui résonnent parfaitement avec le propos d'un livre. "La misère" de Jules DESBOIS exposée au Musée éponyme de Parcay-les-Pins représente parfaitement l'image que je me fais du film pour lequel "Casting sauvage" d'Hubert HADDAD aux éditions Zulma recherche dans Paris 100 figurants susceptibles de jouer le rôle de rescapés des camps de la mort.

Tous, sculpteur, réalisateur de cinéma, écrivain, cherchent la beauté artistique. Celle-là fait référence au mouvement lancé par Jules DESBOIS, ses amis, Rodin et Camille CLAUDEL, des artistes qui ont souhaité faire un pas de côté par rapport à la beauté académique telle qu'enseignée et incarnée à la fin du 19ème siècle.

Dans le corps décharné de cette vielle femme, habillée de haillons, recroquevillée sur elle-même, en plein dénuement, le sculpteur cherche à provoquer des émotions chez celles et ceux qui la regardent, et je dois bien avouer que "La misère" nécessite un regard attentionné.

Si au premier coup d'oeil, elle inspire la pauvreté, la détresse, l'indigence... et qu'elle suscite la pitié et la tristesse, l'oeuvre en tant que telle est d'une profonde beauté. Le traitement du matériau, la justesse dans la représentation du corps sont autant d'éléments qui peuvent prêter à la contemplation, et encore, nous ne sommes là que devant le plâtre d'une création réalisée par la suite en bois.

Cette publication est aussi l'opportunité d'un clin d'oeil aux dames de la D.A.M.M., elles se reconnaîtront, j'en suis certaine !

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2019-06-20T12:28:24+02:00

Les heures solaires de Caroline CAUGANT

Publié par Tlivres
Les heures solaires de Caroline CAUGANT

Il y a des coups de coeur que l'on ne se lasse pas de partager et puisque, depuis le début de la semaine, je vois la vie en bleu, j'extrais ma #citationdujeudi du magnifique roman de Caroline CAUGANT, "Les heures solaires", publié chez Stock dans la collection Arpège.

Outre l'histoire ancrée dans des secrets de famille, des affaires de filiation entre femmes et de mémoire transgénérationnelle, autour d'un personnage, Billie, éminemment romanesque, il y a la beauté de l'écriture, une plume prodigieuse, parfaitement maîtrisée dans une construction ô combien structurée. La narration fait alterner les personnages et les temporalités, sème le doute, entretient le mystère jusqu'à la chute, juste éblouissante. 

"Les heures solaires", c'est un roman initiatique qui dévoile l'immense talent de Caroline CAUGANT.

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2019-06-18T06:00:00+02:00

Casting sauvage d'Hubert HADDAD

Publié par Tlivres
Casting sauvage d'Hubert HADDAD

Zulma

Lire un roman d'Hubert HADDAD, c'est un peu comme partir en voyage. Je me souviens très bien de ce titre " Le Peintre d'éventail" auquel j'avais décerné la meilleure note de la sélection du Prix Cezam InterCE 2014, il s'agissait alors du Japon. Cette fois, nous n'allons pas partir si loin, juste déambuler au plus profond de l'âme humaine.  

La vocation de danseuse de Damya a explosé en plein vol le soir du 13 novembre à Paris lors des attentats. Son genou blessé ne lui permettra plus jamais d’assouvir sa passion. Exclue du spectacle qu’elle préparait pour lequel elle répétait le rôle d’une statue enchantée, elle est missionnée par une danseuse pour mener un "Casting sauvage" et recruter une centaine de figurants pour un film sur le retour des rescapés des camps de la mort en 1945. En proie à une lutte personnelle contre son propre corps, elle déambule dans les rues de Paris en quête d’ombres faméliques. Au gré des rencontres, des échanges furtifs, elle découvre toute la misère du monde, saura-t-elle se sauver elle-même de cette humanité morbide ?

À travers une galerie de personnages réduits à leur plus simple existence, Hubert HADDAD dénonce une tragédie humaine. Si en 1945 ils étaient juifs, tziganes, communistes... aujourd’hui ils viennent du Soudan, de l’Erythrée, ils sont d'ici aussi. « Casting sauvage » met les projecteurs sur tous ces invisibles qui peuplent l'une des capitales les plus visitées au monde. Porteur d’un propos militant, "Casting sauvage" compose l’album photographique d’une ville rongée par la solitude, le mal du XXIème siècle. C'est une page de notre Histoire qui se dévoile sous nos yeux, contemporaine celle-là.


Les noms s’effacent avant les visages. [...] Les noms sont des artifices, des exutoires pour distinguer le cercle flou des proches entre des millions d’inconnus. P. 60

Ce "Casting sauvage" m'a beaucoup fait penser à l'exposition "Sublime déchéance" découverte au Musée Jules DESBOIS de Parçay-les-Pins en avril 2018. Le temps d'un événement, elle faisait cohabiter trois oeuvres, "La Misère" de Jules DESBOIS, "Torse de Clotho" de Camille CLAUDEL et "La Vieille Heaulmière" de RODIN, trois artistes qui se sont écartés du chemin tracé par la beauté académique pour en trouver une autre, celle sublimée par l'art. Il y a la sculpture comme un fil  tendu entre cette exposition et le personnage de Matheo. Il vit sur une péniche et passe ses journées à modeler le tuffeau. Ancien comédien, lui aussi cherche la voie de la résilience. J'ai beaucoup aimé le rencontrer sous la plume d'Hubert HADDAD et faire un bout de chemin avec lui.

Hubert HADDAD explore avec minutie la dimension individuelle de cette tragédie humaine qui se joue sous nos yeux. Il met la focale tout spécialement sur Damya, meurtrie par sa blessure et l’abandon, à jamais, de la danse. Et même si Egor, chorégraphe, sait qu’il ne trouvera personne pour égaler la qualité de la prestation de Damya, la professionnelle doit bien se faire une raison. J’ai beaucoup aimé l’accompagner dans sa lutte personnelle, intime, un combat de tous jours partagé entre la réalité des rues de Paris et les illusions de ses nuits. Le registre onirique se prête parfaitement aux échappées livresques de l’auteur comme autant de parenthèses artistiques pour surVIVVRE dans cette société qui broie les hommes. Hubert HADDAD joue habilement avec des rencontres aléatoires


Les mouvants ressorts des coïncidences ballottent chacun sur une mer démontée. 111

pour entremêler les destins des personnages de son roman, des anti-héros qui malgré leur misère poursuivent le chemin de leur existence... vers la voie de la LIBERTE. Ce roman est lumineux, il est plein d'espoir.

Quant à la plume de l'écrivain, elle est d'une grande poésie. Vous ne la connaissez pas encore ? Elle est à découvrir absolument. Un tout nouveau livre est d'ailleurs annoncé à la prochaine rentrée littéraire !

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2019-06-17T11:58:17+02:00

Tersicore à Venise

Publié par Tlivres
Tersicore à Venise

Certains voient "La vie en rose", moi, en ce début de semaine, je la vois en bleu !

Ma #lundioeuvredart est une sculpture découverte en 2017 à Venise lors de la Biennale Internationale d'Art. Elle représente "Tersicore", la Muse de la danse en référence à la mythologie grecque. 

C'est un bronze patiné d'une couleur tout à fait remarquable.

Je n'ai malheureusement pas le nom de l'artiste, si quelqu'un le ou la connaît, je suis preneuse !

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2019-06-14T06:00:00+02:00

Mare Nostrum de Philippe de la GENARDIERE

Publié par Tlivres
Mare Nostrum de Philippe de la GENARDIERE

Actes Sud

Il y a des romans qui se lisent à l'allure d'un sprint en course à pied, à l'image d'Arcanes Médicis de Samuel DELAGE, La Vraie Vie d'Adeline DIEUDONNE, Le baiser de Gustav de Martine MAGNIN... et d'autres à l'allure d'un marathon, comme le dernier de Philippe de la GENARDIERE, fait de petits pas, inscrit dans l'endurance !

Adelphe quitte Paris pour la mer Méditerranée, Port-Venelles très exactement. Là aussi (cf. "Fuite(s)" d'Anna COSTA), une est question d'une fuite, d'une quête. Editeur, son quotidien a longtemps été fait de mots, de la fiction aussi. Il a connu un premier amour pour une danseuse décédée d’une leucémie et puis sa vie a basculé avec la passion amoureuse pour Maïsha, une parisienne née d’une mère sénégalaise et d’un père inconnu. Avec elle, il a connu l'amour fou, et puis la rupture, douloureuse à en mourir. Aujourd'hui, il se fait vieux et se laisse séduire par l'attrait de l'eau. Il offre son dernier bain aux divinités ! Maïsha, elle, s'est laissée séduire par l'homme blanc, celui-là même qu'elle rend coupable de l'esclavage de ses ancêtres, celui dont l'esprit de domination la révulse. Elle a une revanche à prendre, elle et son peuple, à la vie à la mort...

Ce roman, je l'ai dit, fait partie de ceux qui nécessitent une disponibilité d'esprit, de temps aussi. Si j'aime lire souvent avec frénésie, j'apprécie aussi parfois d'avancer lentement dans l'histoire, de m'immerger patiemment dans le contexte, l'âme du personnage. Avec Adelphe, et dans la toute première partie, j'y ai savouré le plaisir des livres. Il vit sa vie par procuration au gré des aventures que lui proposent les livres, une vie de lecteur, non ? Le rapport au livre a ce petit quelque chose de merveilleux...  


L’odeur du papier, son toucher, c’est ce qu’avait tout de suite aimé Adelphe dans les livres, un objet qu’on tenait dans la main et qui ouvrait grandes les fenêtres du monde. P. 19


J'ai aimé découvrir les états d'âme d'Adelphe, sa quête personnelle, sa façon très singulière d'imaginer son avenir. Attiré par les Dieux, il m'a fait penser, lui et Maïsha, à l'astrologie et à ses références aux éléments. Il y a l'eau qui symbolise les émotions, les sentiments, souvent associée à des personnes rêveuses, imaginatives, et puis, il y a le feu qui brûle, généralement associé à des personnes animées par la fougue, la colère, le désir de conquête, des tempéraments volcaniques quoi. Dans ce roman, les deux personnages sont décrits comme des êtres diamétralement opposés mais il arrive que les contraires s'attirent... pour le meilleur et pour le pire !

Ce roman, il m'a plus aussi pour l'exploration de la maladie mentale, le traitement du patient, le pouvoir des médicaments sur les êtres qui, avec eux, perdent de leur dimension humaine. Dans la 3ème partie, nous sommes entre l'illusion et la lucidité, le rêve et la réalité, le lecteur navigue entre les possibles jusqu'à la chute, un coup de maître. 

"Mare Nostrum", c'est une expérience littéraire qui se construit autour des parcours initiatiques d'Adelphe et Maïsha, j'ai aimé les accompagner dans leurs cheminements intérieurs.

C'est assurément un livre singulier, exigeant, qui mérite toutefois que l'on y porte attention. Il m'a aussi permis de découvrir la plume de Philippe de la GENARDIERE, un résident de la Villa Médicis de 1984 à 1986 (l'occasion d'un petit clin d'oeil à Samuel DELAGE, depuis que j'ai lu son dernier roman, je vois la villa partout !), et rien que pour ça, je vous le conseille.

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2019-06-13T06:00:00+02:00

L'empreinte d'Alexandria MARZANO-LESNEVICH

Publié par Tlivres
L'empreinte d'Alexandria MARZANO-LESNEVICH

Parce que la #citationdujeudi me donne l'occasion de revenir sur des lectures qui m'ont profondément marquées, j'extrais celle du jour du récit d'Alexandria MARZANO-LESNEVICH "L'empreinte", lauréat du #GrandPrixdesLectricesElle2019 dans la catégorie "Document".

Ce livre foisonnant, très bien écrit et particulièrement bien traduit par  Héloïse ESQUIE , met en relation une situation intime, celle de l'écrivaine, avec une affaire judiciaire américaine. La littérature offre cette possibilité de naviguer entre les genres et avouons qu'Alexandria MARZANO-LESNEVICH le fait divinement bien. Entre récit autobiographique et journalisme d'investigation, "L'empreinte" agit comme un baume sur des plaies personnelles et pose les mots sur des questions d'intérêt général. 

C'était mon favori de la sélection, je vous le conseille ardemment !

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2019-06-11T17:14:19+02:00

Fuite(s) d’Anna TOSCA

Publié par Tlivres
Fuite(s) d’Anna TOSCA

Ce roman, je l’ai trouvé dans ma boîte aux lettres, un cadeau reçu d’une fan de livres bien connue sur Instagram pour la beauté de ses carnets. Merci à toi, ma chère Luciole et Feu Follet.


J’ai tout de suite été happée par la couverture à l’effet miroir, une femme, un homme, une forêt, un lac montagneux. Ne cherchez pas la maison d’édition, ce livre est auto-édité. N’allez surtout pas en conclure quoi que ce soit, ce roman m’a transportée, il m’a beaucoup émue, c’est un petit bijou de littérature.

Marie savoure sa tasse de thé, sur le seuil de sa maison, un peu comme un rituel de sa nouvelle vie. Elle aime prendre son temps, se délecter de la beauté du paysage qui s’offre à elle, prendre ses repères avant de vivre une nouvelle journée. Affronter, c’était avant. Maintenant, elle se satisfait de presque rien, agit, ne se pose plus de question sur ce qu’elle doit ou ne doit pas faire. Elle est ancrée dans la nature qui l’entoure, vit à son rythme, l’été toutes fenêtres ouvertes, l’hiver protégée du grand froid et de la neige qui s’accumule autour de son refuge, le jour à réaliser les tâches du quotidien, la nuit à dormir. Elle vit coupée du monde, des actualités, des réseaux sociaux aussi. Elle a fait ce choix et l’assume... mais jusqu’à quand ?

Avec "Fuite(s)", nous partons nous mettre au vert ! Le roman que nous propose effectivement Anna TOSCA est bucolique, il est frais comme le printemps. C’est un hymne à la nature, sa beauté, sa sérénité, sa capacité à nous procurer du bien-être, la fusion possible de l’environnement avec les corps. Si Marie subissait avant un formatage sociétal devenu insupportable, elle se laisse aujourd’hui porter par son cadre de vie. Vous l’aurez compris, le propos d’Anna TOSCA est militant, il invite à une alternative à notre société de consommation, un discours écologique séduisant. Qui n’a pas récemment dit « j’aimerais partir au bout du monde » ou bien « je vais aller élever des biques », désabusé face à un modèle de vie qui nous oppresse, nous instrumentalise, nous harcèle ? Par la voix de Marie, Anna TOSCA nous offre mille et un sujets de méditation sur ce qui nous paraît essentiel. Sans déflorer l'histoire, elle pose aussi la question de l'éducation, des formes d'apprentissages explorées de façon universelle par la voie d'un enseignement académique. Là aussi, n'y aurait-il pas d'autres manières de se comporter. Pouvons-nous transmettre autrement les savoirs aux enfants. N'ont-ils pas, eux aussi, à apprendre de la nature ? 

Ce roman est à suspens. Si le contexte est annoncé dans le titre « Fuite(s) », on ne découvre qu’au fil de notre lecture le pourquoi. Que fuit Marie ? Qu’est-ce qui l’a poussée à partir ? D’où ? Depuis quand ? Comment ? Autant de questions auxquelles Anna TOSCA apporte progressivement des éléments de réponse. Marie est un être écorché qui trouve dans la nature la voie de la résilience, elle met du baume sur ses plaies, soigne ses états d'âme, son corps aussi.


Elle devait se donner le droit d'essayer, d'échouer et même de réussir. Elle devait s'imposer de ne plus être sa pire ennemie. P. 41

J'ai lu ce roman comme un page-turner, j'avais très envie d'en connaître l'issue. S'il y a de l'harmonie entre Marie et son environnement naturel, il y a de la cadence dans les relations humaines. J'ai personnellement beaucoup aimé tous ces passages sur l'apprivoisement de l'être blessé, le besoin de temps, d'alternances entre les phases de déni, voire de rejet, et celles de la confiance.

Enfin, ce roman, je l'ai aimé pour le choix des mots. Dès les premières phrases, je me suis sentie portée par leur justesse. Anna TOSCA a une plume remarquable. Elle écrit magnifiquement bien. J'ai ressenti beaucoup d'émotions avec la lecture de "Fuite(s)", chapeau à son écrivaine qui a beaucoup de talent et qui ne demande qu'à être connue. Si vous souhaitez, vous aussi, en faire l'expérience, je ne peux que vous inviter à entrer en contact avec elle soit via Instagram, soit via son blog. Vous ne serez pas déçu(e), j'en prends le pari.

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2019-06-10T13:00:00+02:00

Un très grand merci à toute l'équipe du Magazine Elle !

Publié par Tlivres
Un très grand merci à toute l'équipe du Magazine Elle !

Il y a une semaine, tout juste, j'ai vécu une journée tout à fait extraordinaire grâce au #GrandPrixdesLectricesElle2019. Mon aventure de jurée touchait à sa fin et je ne soupçonnais pas encore à quelle point elle deviendrait inoubliable.

Nous étions conviées au Théâtre de l'Odéon, un lieu éminemment prestigieux, tout de rose vêtu pour l'occasion...

Un très grand merci à toute l'équipe du Magazine Elle !

Olivia de Lamberterie a introduit cet après-midi qui promettait de bien jolies surprises, à commencer par l’interview d’Amélie Nothomb, l’occasion de revenir sur son écriture, sa correspondance avec ses « fans », et puis son actualité littéraire, la publication d’un roman « renversant » : « Soif » à sortir le 21 août prochain !

Un très grand merci à toute l'équipe du Magazine Elle !

Thibault de Montalembert nous a ensuite offert la lecture d’extraits de « Lambeaux » de Charles JULIET, un moment en suspension portées par la résonance toute singulière des mots du récit autobiographique de l’auteur relatant, enfant, son rapport aux livres.

Un très grand merci à toute l'équipe du Magazine Elle !

Mais l’après-midi n’aurait pas été aussi fascinant sans la rencontre de Jacqueline DUHEME, connue pour ses illustrations de « Tistou les pouces verts ».

Recrutée par la fondatrice du magazine Elle, Hélène LAZAREFF, elle y fut grand reporter une vingtaine d’années, l’occasion de rencontrer les Premières Dames de France et des Etats-Unis dans une complicité tout à fait étonnante.

Elle fut aussi Maître d’Atelier pour l’illustre peintre, Matisse. Inspirée de ses rituels, elle a appris à ses côtés à respecter le matériel de dessin.

Elle a aussi côtoyé Jacques PREVERT, avec qui elle a entretenu une formidable relation d’amitié, avec Paul ELUARD aussi.

Une femme de 91 ans pétillante. A plusieurs reprises, elle a utilisé le terme « épatant » pour qualifier ses ami(e)s, ça vous rappelle quelqu’un, non ?

Un très grand merci à toute l'équipe du Magazine Elle !

Après des tables rondes avec les lauréats du #grandprixdeslectriceselle2019nous avons retrouvé la scène du Théâtre de l’Odéon, le temps d’une très belle photo de famille avec de nombreux lauréats des années passées, l’occasion de revenir sur

« Chanson douce » de Leïla Slimani,

« Ce que je sais de Vera Candida » de Ovaldé Véronique,

« Les déferlantes » de Claudie GALLAY,

« Les âmes grises » de Philippe Claudel,

« Un secret » de Philippe GRIMBERT,

« Journal d’un vampire en pyjama » de Mathias Malzieu, et plein d’autres encore...

Un très grand merci à toute l'équipe du Magazine Elle !

Roulement de tambour ensuite pour les lauréats du #grandprixdeslectriceselle2019, la 50ème édition ! « La vraie vie » d’Adeline Dieudonné aux Éditions de L'Iconoclaste est lauréat ex-æquo avec « Le chant des revenants » de Jesmyn WARD chez Belfond dans la catégorie « Roman ». Un grand bravo pour ce roman qui laisse un goût de je ne sais quoi en bouche quand votre coeur a repris son rythme cardiaque ordinaire !

Un très grand merci à toute l'équipe du Magazine Elle !

Un immense bravo ensuite pour Alexandria Marzano-Lesnevich pour son formidable récit « L’empreinte » publié chez Sonatine Editions mon favori dans la sélection « Document », une prouesse littéraire qui allie une histoire personnelle avec une affaire judiciaire américaine. Une écriture tout à fait remarquable digne du journalisme d’investigation avec la dimension intime comme une cerise sur le gâteau. Merci à l’auteure pour ce beau moment de partage et une dédicace à la volée dans les dernières minutes de cette soirée pleine de magie.

Un très grand merci à toute l'équipe du Magazine Elle !

Et puis le tout dernier, et non des moindres, « Né d’aucune femme » de Franck Bouysse à La Manufacture des livres lauréat du #grandprixdeslectriceselle2019 dans la catégorie « Policier », un inclassable absolument foudroyant. Un immense bravo pour ce coup de maître !

Un très grand merci à toute l'équipe du Magazine Elle !

Lundi dernier, il n’y a pas eu que les mots, et les applaudissements, qui ont résonné dans le Théâtre de l’Odéon. Les douces notes de piano de Vincent DELERM sont venues ponctuer cette soirée. Il a interprété « Le baiser Modiano », « Elle a les yeux revolver » de Marc LAVOINE, l’occasion de faire participer la salle, et puis enfin, un très joli cadeau avec une chanson jouée pour la toute première fois en public. Une très jolie respiration musicale.

Un très grand merci à toute l'équipe du Magazine Elle !

Nous avons poursuivi la soirée au Champagne, réalisé des rencontres étourdissantes, s'enivrer encore et toujours de ce que la littérature peut offrir.

Un immense 

MERCI

à toute l'équipe de Elle, Olivia de Lamberterie bien sûr, mais aussi Oriane avec qui j'ai eu un très grand plaisir à échanger. Je me sens déjà un peu orpheline, c'est normal, non ?

 

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2019-06-09T12:03:39+02:00

Arcanes Médicis de Samuel DELAGE

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Arcanes Médicis de Samuel DELAGE

Lire le programme des « Rendez-vous au jardin » du week-end des 8 et 9 juin sur Angers et y trouver de drôles de coïncidences avec le roman de Samuel Delage « Arcanes Médicis » chez De Borée Éditions ou comment construire un terrarium avec des petites plantes succulentes comme la Ruine de Rome (Linaria cymbalaria) !

 

Vous ne voyez pas où je veux en venir ? Un petit passage chez votre libraire s’impose. On en reparle ?

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2019-06-08T11:03:08+02:00

Un mois laisse sa place à un autre...

Publié par Tlivres

Retour en images et en 🎶 sur le mois de mai riche de découvertes. Alain Jaspard est sous les projecteurs, sans oublier Jacky Durand, Saïdeh Pakravan, Marie Charvet, Ellison Cooper, Alain Yvars, Alexandria Marzano Lesnevich, Jon Kalman Stefansson, Diane Brasseur, et puis Raphaëlle Fabris-Matuszewski, et enfin Alexis Merodack-Jeaneau. Il y en a pour tous les goûts, à vous de choisir 😉

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2019-06-06T06:00:00+02:00

Ces rêves qu'on piétine de Sébastien SPITZER

Publié par Tlivres
Ces rêves qu'on piétine de Sébastien SPITZER

Alors que la maison d'édition Albin Michel s'apprête à publier "Le coeur battant du monde", le tout nouveau roman de Sébastien SPITZER, je choisis aujourd'hui d'extraire ma #citationdujeudi de son premier roman "Ces rêves qu'on piétine", un immense coup de coeur découvert grâce aux 68 Premières fois.

Il explorait alors le destin d'une femme,  Magda Konzerthaus, l'épouse de Joseph Goebbels. Dans sa vie, elle a renié son passé, sa famille aussi. Son père "adoptif", Richard Friedländer, juif, déporté, mourra en 1939 au camp de concentration de Buchenwald malgré tous les appels lancés comme autant de bouteilles à la mer.

Ce roman est un petit bijou, alors, en attendant la rentrée littéraire de septembre, vous pouvez toujours le trouver en petit format, il est édité par Le livre de poche

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2019-06-04T12:37:54+02:00

Arcanes Médicis de Samuel DELAGE

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Arcanes Médicis de Samuel DELAGE

Marge Noire

Les journées nationales du livre et du vin de Saumur réservent plus d’une surprise, la rencontre d’Alain JASPARD, auteur du premier roman « Pleurer des rivières », et puis celle de Samuel DELAGE, l’occasion de découvrir un nouvel univers.

Nous voilà villa Médicis à Rome. C’est dans ce haut lieu de la culture que Maxime Berthelot, peintre, Pavel Mirov, sculpteur du son, Nathan Lemay, botaniste, Justine Catalan, artisane du temps... sont pensionnaires pour une année, 12 mois pour réaliser une œuvre sur la base d’un projet qui a permis qu’ils soient retenus pour cette résidence artistique prestigieuse. Valente Peyron est un invité particulier, c’est le fils du directeur. Depuis 3 ans, il dispose d’un atelier et vit dans le cœur de Rome. Artiste, peut-être, ce qui est certain, c’est qu’il est retrouvé assassiné au petit matin, les orbites vidées.

Le policier Pietro Castilli et son équipe prennent possession des lieux. Tour à tour, ils vont s’intéresser à chacun des résidents de la Villa, des artistes tous aussi mystérieux les uns que les autres.

Et puis, tout juste débarqué, Yvan Sauvage, commissaire-priseur, appelé par le secrétaire-général de l’institution pour monter une exposition. Cet homme y retrouve sa petite amie, Marions Evans, dont Valente Peyron était également l’amant.

Samuel DELAGE nous offre un roman foisonnant, aux histoires toutes les plus rocambolesques les unes que les autres et dans lesquelles chacun représente un meurtrier potentiel. J'ai beaucoup aimé accompagner chacun dans les quelques jours d'enquête qui ont suivi l'assassinat de Valente Peyron. L'écrivain s'amuse à l'image d'un marionnettiste à tirer sur les fils qui conviennent pour nourrir l'intrigue, tous étant liés les uns aux autres, à la vie à la mort.


Peyron vient de lui rappeler que l’amitié rend chacun débiteur de l’autre, y compris dans leur monde. P. 61

Mais ce huis clos au sein de cette éblouissante institution n'aurait pas été ce qu'il est sans l'invitation de la guerre 39-45 à la table des résidents, de quoi faire resurgir du passé des histoires on ne peut plus sombres. Dès lors, les galeries souterraines deviennent des lieux largement convoités pour des secrets que certains aimeraient bien voir gardés et d'autres dévoilés.

Avec ce roman "Arcanes Médicis", j'ai découvert la plume de Samuel DELAGE, une vraie révélation. Je ne suis pas une grande spécialiste des policiers, même si le #GrandPrixdesLectricesElle2019 m'a fait grandir dans le domaine, mais j'ai beaucoup apprécié la maîtrise du scénario, le rythme est haletant, le suspens maintenu jusque dans les dernières pages. Les écrivains nordiques, souvent cités dans ce registre, n'ont qu'à bien se tenir !

 

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2019-06-03T07:14:47+02:00

Le Carré des Niobides de Balthus à la villa Médicis

Publié par Tlivres
Le Carré des Niobides de Balthus à la villa Médicis

Petit-avant goût de ce qui vous attend demain... je vous emmène à Rome visiter la villa Médicis. Dans les jardins, vous découvrez "Le Carré des Niobides" réalisé par Balthus lors de sa résidence dans ce haut lieu de la culture. Elle évoque une scène mythologique, les enfants de Niobée et d'Amphion tués par Apollon et Artemis.

Ce panel de statues baroques, installé autour d'une fontaine, est accueilli dans un écrin de verdure. Nous avons eu l'immense chance de la voir au mois de juin avec les acanthes en fleur, de quoi la sublimer plus encore.

C'est ma #lundioeuvredart.

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2019-05-31T06:00:00+02:00

Quand un écrivain se livre... Portrait d'Alain JASPARD

Publié par Tlivres
Quand un écrivain se livre... Portrait d'Alain JASPARD

Alain JASPARD, il y a quelques mois, je ne vous connaissais pas encore. J'avais bien entendu parler de vous lors de la remise du Prix France Bleu_Page des Libraires, c'est même là que j'avais reçu en cadeau votre premier roman, "Pleurer des rivières". Et puis, le temps a passé... jusqu'à l'organisation des Journées nationales du livre et du vin de Saumur avec l'équipe de la Librairie Richer.

Journées nationales du Livre et du Vin de Saumur 2019

Journées nationales du Livre et du Vin de Saumur 2019

Bénévole, je me suis retrouvée à vos côtés le temps d'un salon, l'occasion de faire connaissance. Il y a eu la dédicace et puis, le moment venu de vous lire. Avec "Pleurer des rivières", vous nous offrez un joli panel d'émotions et de quoi passer quelques heures à méditer sur notre société contemporaine. Et comme je suis d'un naturel curieux, je voudrais bien vous connaître un peu plus encore, Monsieur JASPARD !

Parlez-nous de ce livre : "Pleurer des rivières". Qu'est-ce qui a fait qu'un jour vous vous soyez mis à écrire ?

Lorsque j’ai cessé de réaliser – et donc d’en écrire les scénarios – des films pour la jeunesse, ce que j’ai fait pendant quinze ans avec beaucoup de plaisir, j’ai préféré me mettre en danger (et ce n’est pas un vain mot), en écrivant un roman, le premier donc, plutôt que de jouir d’une retraite modérément méritée en m’inscrivant, par exemple, dans un club de pétanque pour seniors, ou en militant dans une association de défense de la marmotte alpine grise, autre exemple.

Cela dit, écrire est une bizarrerie : j’écris dans la souffrance, alors que tous les écrivains que je fréquente depuis neuf mois travaillent dans la joie et la sérénité. Je dois être un peu maso. Je m’explique : rien que de regarder mon ordi, j’ai envie d’aller me promener, il me regarde d’un air mauvais, je crois qu’il me déteste, qu’il déteste mes petites histoires ! Parano, moi ??? Et ce que j’écris dans l’enthousiasme à un moment donné devient le lendemain à la relecture un texte imbuvable. La grande auteure Colette disait en substance : « Les rameaux d’or écrits dans la nuit ne sont plus au réveil que des brindilles desséchées ». Ajoutons-y le célèbre vertige de la page blanche, voilà donc la douleur.

Mais je pense que cette douleur me convient, comme celle que l’on inflige aux rossignols  pour qu’ils chantent leurs plus belles mélodies. Bon, physiquement je ne ressemble pas vraiment à un rossignol et mes mélodies ne sont pas toujours mélodieuses, car comme on le sait, j’aime l’écriture brutale, crue, parlée. Bien loin du rossignol !

Salon Livre en vigne en Bourgogne au Clos Vougeot

Salon Livre en vigne en Bourgogne au Clos Vougeot

Dans quel environnement écrivez-vous ? Vous qui plantez à merveille les décors, que voyez-vous de votre bureau ? de votre fenêtre ? 

J’écris n’importe où mais jamais cloîtré dans un bureau. J’aime écrire dans le bruit, la présence des gens ne me dérange pas, j’affectionne particulièrement les... cuisines ! L’ordi entre les asperges (pendant la saison), les gâteaux au chocolat, le bruit du lave-vaisselle, ça me convient. De temps à autre, je pelote le mollet de la cuisinière, ça m’encourage et elle ne déteste pas. Et j’aime les odeurs et les couleurs des cuisines.

Dans ce roman, vous mettez en lumière une communauté, celle des gens du voyage. Pourquoi ? Quel rapport entretenez-vous avec elle ?

Pendant une dizaine d’année, j’ai été réalisateur de documentaires en Afrique, plus particulièrement dans le sahel africain. Parce que j’aime les nomades : les Peuls, les Imraguen, les Touareg (y’a pas de faute : un Targui, des Touareg, sans S), les Bozos, les Pygmées. Je les aime parce qu’ils sont détestés, mal compris. Les « Gens du voyage », horrible expression, n’échappent pas à l’opprobre, souvent méritée, ne soyons pas angéliques. Mais ! Mais... ils sont libres comme un torrent (j’ai écrit ça, libre comme l’air est très banal, comme le vent irait assez bien aussi). Nous aimons tous cette liberté et je pense que si les nomades sont détestés, c’est par pure jalousie, nous sommes jaloux de cette liberté d’aller où le vent les pousse, un peu comme les marins d’antan. Pour ce livre, je les ai beaucoup fréquentés, parce que j’aime écrire sur ce que je connais. J’ai aussi fréquenté les tribunaux de comparution immédiate où j’étais dessinateur (pas très bon !) puisque ce livre parle de la justice, c’en est même le sujet principal.

Quand un écrivain se livre... Portrait d'Alain JASPARD

Ce roman, il nous parle de morale, il évoque des questions d'éthique. Il y a ce pacte signé entre des hommes, des femmes, un consentement mutuel qui pourrait bien montrer ô combien il est fragile face à la loi. Qu'est-ce que ce roman révèle de notre société d'aujourd'hui ?

Il s’agit d’enfants, d’une femme qui ne parvient pas à en faire alors qu’elle ne pense qu’à ça et d’une autre qui en a déjà sept et qui attend le huitième. Techniquement je n’ai pas eu de problèmes, la femme qui partage ma vie depuis .... - bon, très longtemps ! - est médecin, spécialisée dans la fabrication compliquée de bébés. J’avais la documentation à portée de main (quand ce n'était pas son mollet, voir passage sur la cuisine !).  Il s’agit plus sérieusement d’une réflexion sur le droit à l’enfant, quel qu’en soit le prix à payer, quel qu’en soit le risque, surtout auprès de la justice, celle des hommes, l’autre je ne la connais pas. Et la question est : doit-on obéir aveuglément à la loi, même si la loi est plus cruelle que le délit ? Question que les hommes se posent depuis la nuit des temps, pour simplifier, devait-on par exemple obéir à la loi qui déportait les Juifs ? Bien évidemment non. Immense débat dans lequel s’inscrit ce livre, à un niveau bien entendu plus modeste.

Il y a comme un fil rouge dans votre livre, celui de la maternité. Avec les deux personnages de femmes, Mériem, la tzigane, et Séverine, la bourgeoise, vous confrontez les voies naturelles à celles instrumentalisées, vous explorez aussi deux univers sociaux et leurs pratiques. Quel message avez-vous envie de nous transmettre ? 

L’écriture de ce roman m’a demandé une réflexion très ardue. Non pour ce qui concerne l’histoire. Des histoires disait Céline (j’adore l’écrivain, je n’aime pas l’homme, air connu), des histoires donc, il y en a plein les commissariats, plein les hôpitaux, plein les rues. Ce qui a été le plus difficile mais aussi le plus excitant, c’était la manière de raconter mon histoire, de faire parler les acteurs (j’emploie le mot à dessein) avec leur propre sociologie, les Gitans d’un côté, les bobos de l’autre. Et ça, je dois le reconnaître, j’y ai pris un plaisir extrême.

Ecrire présente finalement quelques plaisirs !!! Revenons à vous maintenant. Qu'est-ce que ce roman a changé dans votre vie ?

Ensuite, une fois édité, ce livre m’a fait rencontrer la grande et belle famille des auteurs, éditeurs, critiques (d’une grande tendresse à mon égard, mille mercis à vous les critiques), les blogueurs (idem, un million de mercis), les géniaux libraires que nous avons la chance d’avoir dans ce pays, y compris ceux des  chaînes type FNAC, Cultura, Leclerc... qui connaissent bien leur boulot, le métier le plus utile du monde avec le médecin et l’instituteur (bon l’agriculteur est bien utile aussi !). 

Maintenant, place à l’avenir. Maintenant que j'ai découvert votre plume, que je l'ai particulièrement appréciée, la fin m'a, juste, bluffée, je ne résiste pas à vous poser la question que tous vos lecteurs ont sur les lèvres, y aura-t-il un deuxième roman ? Si oui, pouvez-vous nous en parler ? nous en dire quelques mots... même en avant-première, nous sommes juste entre nous !

Aïe ! Je suis sollicité avec beaucoup de délicatesse par mon éditrice chérie, Héloïse d’Ormesson, pour écrire un second roman. Mon ordi me regarde d’un air ironique, « pauvre auteur que tu es, me dit-il, tu vas pas te marrer, tu vas souffrir ». Bon, j’accepte, je vais souffrir. Mon premier roman – pourtant assez drôle parce que je considère que l’humour dans la littérature est absolument indispensable, jouant le rôle d’ amplificateur de la tragédie, encore un débat intéressant. -, finit d’une façon assez grave, surtout pour les femmes. Si je devais y mettre un sous-titre, ce serait : « Fracassée », au féminin, ça ne vous a pas échappé. Si je parviens à écrire un deuxième livre, il aura le même sous-titre, Fracassée. Il s’agira donc encore d’une femme dans la tourmente, cette fois de la guerre. Je ne peux pas en dire beaucoup plus pour l’instant, je pédale dans la choucroute !

Nancy, un moment de partage entre amis avec Dany LAFERRIERE et Alain MABANCKOU

Nancy, un moment de partage entre amis avec Dany LAFERRIERE et Alain MABANCKOU

Enfin, pour que la boucle soit bouclée, et parce que cet entretien s'inscrit dans un partenariat avec Page des libraires  (j'en profite pour faire un petit clin d'oeil à Françoise Gaucher de la Librairie Le Coin des livres de Davézieux)  dites-nous ce que la revue et/ou le réseau vous ont apporté en tant qu'écrivain.

Quoi qu’il arrive, je ne remercierai jamais assez les revues et les réseaux qui se montrent si chaleureux et pros à l’égard des auteurs en général et du mien en particulier, c’est par eux que le travail des écrivains passe, qu’ils aillent un jour au paradis, ils le méritent.

Quand un écrivain se livre... Portrait d'Alain JASPARD

Mais « le paradis, c’est ici », non ? Jean-Louis Aubert le chantait... et moi, j’y crois !

Merci infiniment Alain pour ce moment de complicité, j’y ai retrouvé votre humour, votre coquinerie aussi ! Au plaisir de vous retrouver, sur un salon ou ailleurs...

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2019-05-28T06:00:00+02:00

La partition de Diane BRASSEUR

Publié par Tlivres
La partition de Diane BRASSEUR

Allary éditions


Je sors de cette lecture totalement habitée par le personnage de Bruno K, un homme d’un peu plus de 50 ans. Sur le chemin de l’Université de Genève où il enseigne la littérature à des étudiants qui l’adulent, il se laisse porter par les pas d’une femme. Brutalement, il s’écroule, il est victime d’un arrêt cardiaque et en meurt. Dans sa poche, la police découvre deux billets pour un spectacle du violoniste Alexakis le soir même au Victoria Hall. La boucle aurait pu être bouclée mais le destin en a décidé autrement.

Avec ce roman, Diane BRASSEUR déroule le fil de l’existence de Bruno K à travers un personnage flamboyant, excessif aussi, celui de Koula, sa mère, d’origine grecque, mariée quand elle était toute jeune à un Suisse qui, la bague au doigt, l’emmène dans son pays pour vivre au plus près de sa famille à lui. Seulement, lui est très attiré par les femmes, pour le meilleur comme pour le pire. Sa vie va être rythmée par des tragédies, des déménagements. L’écrivaine nous fait voyager entre la Grèce, la Suisse, l’Égypte...

Ce roman, c’est une affaire de femmes, de filiation, de malédiction aussi un peu comme si elles avaient à affronter bien malgré elle le fardeau des hommes. Elles sont trompées par leur mari, vivent des grossesses difficiles, sont confrontées au deuil. Il y a la maternité et ce qu’elle apporte de différent dans une relation mère-fille :


Depuis qu’elle était enceinte elle ne pouvait pas dire qu’elle aimait sa mère davantage, mais elle la comprenait mieux et la respectait infiniment. P. 57

Ce roman, c’est aussi une histoire d’hommes, des fils, des frères, des maris, des amants. Avec le personnage de Bruno K, Diane BRASSEUR nous livre un roman d’apprentissage avec comme fil rouge, la musique.

J’ai adoré la découverte des partitions par Bruno K et les coïncidences qui ont mis sur son chemin des instruments, donnant à voir son talent. Lui aussi va grandir, il va se confronter aux difficultés de la vie, lutter contre la maladie, chercher sa voie à côté de celle de son frère, Alexakis, un violoniste virtuose, pour devenir quelqu’un...


Il m’a semblé que l’essentiel n’était pas de devenir un « grand homme », un homme célèbre, tout cela est si relatif. J’ai préféré essayer de devenir un homme complet. Un homme simplement. P. 305

La discipline artistique est explorée tout en beauté sous la plume de Diane BRASSEUR mais ce que j’ai le plus aimé, c’est cette forme narrative régulièrement ponctuée de correspondances. La distance prise entre Bruno K et sa mère est compensée par des relations étroites par la voie de l’écriture, une forme singulière d’expression des sentiments :


Les lettres suscitent une intimité propice aux confessions. P. 137

Ce livre, je l’ai beaucoup aimé pour ses personnages éminemment romanesques, j’ai pris un immense plaisir à me faufiler le temps d’une lecture dans la toile familiale tissée autour de Kalou, une mère exigeante qui a pris l'habitude de se réaliser à travers la réussite de son fils, Bruno K, un poids lourd à porter.

Je ne connaissais pas Diane BRASSEUR, c’est maintenant chose faite. Je remercie Netgalley de m’avoir mise sur la voie, ce roman fait partie du challenge lancé jusqu’au 6 juin prochain. C’est la deuxième lecture après « L’âme du violon » de Marie CHARVET

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2019-05-27T20:52:50+02:00

Visage de Raphaëlle FABRIS-MATUSZEWSKI

Publié par Tlivres
Visage de Raphaëlle FABRIS-MATUSZEWSKI

Il y a des oeuvres qui captent votre regard, vous fascinent, vous subjuguent.

C'est exactement ce que j'ai ressenti hier lorsque j'ai visité l'exposition organisée par Amnesty International à l'Abbaye du Ronceray en faveur de la liberté.

J'aime beaucoup ce type d'exposition qui mixe les genres et là, je suis tombée face au "Visage" de Raphaëlle FABRIS-MATUSZEWSKI, une révélation.

Réalisée en terre cuite, elle représente le visage d'un homme que l'on imagine d'Afrique ou d'ailleurs, les traits sont fins, quant au regard, absolument incroyable, nous pourrions croire que les yeux nous fixent, ils sont d'une expression tout à fait remarquable. J'aime beaucoup aussi le mariage des deux couleurs de terre pour réussir à représenter la chevelure et la barbe.

Ce "Visage" est ma #lundioeuvredart, je la garderai longtemps en mémoire et suis ravie d'avoir découvert une nouvelle artiste, une femme qui a un talent fou, et quand j'aime, je partage !

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2019-05-26T09:20:48+02:00

50ème sélection du Prix des Lectrices Elle

Publié par Tlivres
50ème sélection du Prix des Lectrices Elle

Comme vous le savez, j'ai eu l'immense chance cette année de participer au 50ème Prix des Lectrices Elle, 50, tient donc, on dirait que les choses sont bien faites !!!

Cette aventure ne se conjugue pas encore au passé, nous n'avons pas franchi la ligne d'arrivée et les lauréats ne sont pas proclamés, alors, nous pouvons toutes y aller de nos pronostics...

Certaines se sont déjà lâchées, elles ont dévoilé leur trio de tête comme Moonpalaace avec qui je partage un coup de coeur !

Pour moi, les trois romans qui m'ont le plus transportée, exaltée, surprise, envoûtée, enivrée... ce sont :

 

Dans la catégorie des romans

Asta de Jon Kalman STEFANSSON chez Grasset

"Sous la plume de Jón Kalman STEFANSSON, la tragédie devient une fatalité, emportant tout sur son passage, y compris la raison. 

L’exercice littéraire est époustouflant dans la maîtrise des scénarios. Ce roman fait un peu plus de 490 pages, j'aurais aimé qu'il en fasse 100, 200, 300 de plus, totalement habitée que j'ai été par le personnage d'Ásta.

A saluer également la qualité de la traduction proposée par Eric BOURY, juste prodigieuse !"

 

Dans la catégorie des documents

L'empreinte d'Alexandria MARZANO-LESNEVICH chez Sonatine Editions

"L’écrivaine pose un regard d’une extrême lucidité sur les pulsions sexuelles des hommes et dénonce, avec l’affaire du petit Jeremy, un système américain incapable d’y pallier. Les recherches réalisées sont impressionnantes, rien n’est laissé au hasard, l’auteure a étudié scrupuleusement toutes les archives pour retracer l’ensemble des débats. 
 
Ce récit de vie est particulièrement intéressant et éclairant pour les mots posés. Il a l’extrême mérite aussi de se construire autour de deux situations  distinctes pourtant tellement ressemblantes. 
 
La plume est précise, dense, la traduction est de très bonne qualité. Les répétitions n’y feront rien, j’ai été fascinée par le destin d’Alexandria MARZANO-LESNEVICH et souhaite qu’elle puisse poursuivre dans la voie de l’écriture, elle à un talent fou."

 

Dans la catégorie des policiers

Rituels d'Ellison COOPER chez Cherche midi

"Ce premier roman est haletant de bout en bout. Je me suis surprise à tourner les pages frénétiquement pour connaître dans les toutes dernières l'auteur de faits absolument terrifiants. La chute est magistrale.

Les stratagèmes complexes mis en oeuvre relèvent d'un terrible psychopathe monté de toutes pièces par une écrivaine spécialiste notamment des neurosciences et des religions.

J’ai été captivée par ces domaines d’expertise qu’Ellison COOPER rend tout à fait accessibles. J'adore ce registre qui mise sur l'urgence à agir dans un contexte de menace permanent.

La plume est fluide, l’intrigue totalement maîtrisée."

 

Et maintenant, que les meilleurs gagnent, parce que beaucoup d'autres ont été très bons aussi, j'ai passé de merveilleux moments de lecture avec :

Le Chant des revenants de Jesmyn WARD

Vigile de Hyam ZAYTOUN

Une maison parmi les arbres de Julia GLASS

Ma dévotion de Julia KERNINON

La vraie vie de Adeline DIEUDONNE

Asta de Jon Kalman STEFANSSON

La neuvième heure de Alice McDERMOTT

La douce indifférence du monde de Peter STAMM

Un gentleman à Moscou de Amor TOWLES

Maîtres et esclaves de Paul GREVEILLAC

La loi de la mer de Davide ENIA
 
Même les monstres de Thierry ILLOUZ
 
Tu t'appelais Maria SCHNEIDER de Vanessa SCHNEIDER
 
Les inséparables de Dominique MISSIKA
 
Pirate N° 7 de Elise ARFI
 
Suzanne de Frédéric POMMIER
 

Sirènes de Joseph KNOX

Anatomie d'un scandale de Sarah VAUGHAN

Rituels d'Ellison COOPER

Dura Lex de Bruce DESILVA
 
Rivière tremblante de Andrée A. MICHAUD
 
La disparition d'Adèle Bedeau de Graeme MACRAE BURNET
 
Présumée disparue de Susie STEINER

 

et je tiens dès à présent à remercier toute l'équipe de Elle qui a fait un travail extraordinaire pour notre plus grand plaisir.

Nous allons toutes nous retrouver le 3 juin prochain pour fêter comme il se doit les 50èmes lauréats du Prix des Lectrices Elle, alors, pour nous y retrouver, je vous donne quelques indices dans la photo. A très vite maintenant !

 

 

 

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2019-05-20T06:00:00+02:00

La danseuse jaune d'Alexis MERODACK-JEANEAU

Publié par Tlivres
La danseuse jaune d'Alexis MERODACK-JEANEAU

Alexis MERODACK-JEANEAU s'est éteint il y a tout juste 100 ans. Le Musée des Beaux Arts d'Angers lui consacre aujourd'hui une exposition temporaire intitulée "En quête de modernité". 

La danseuse jaune d'Alexis MERODACK-JEANEAU

Elle sera visible jusqu'en novembre 2019, l'occasion peut-être pour vous de programmer une visite de la ville et ses richesses.

La toile que je préfère est celle de "La danseuse jaune" réalisée en 1912, c'est aujourd'hui ma #lundioeuvredart. Elle représente le corps d'une femme, en mouvement, dans une posture sensuelle, gracieuse et délicate. Le visage en avant, la femme est révélée dans une position d'ouverture, propice aux relations avec les autres. Le jaune vient encore renforcer le caractère amical et fraternel du personnage. En référence au soleil, cette couleur invite à la fête, à la joie, au plaisir.

Toutes les peintures d'Alexis MERODACK-JEANEAU n'ont pas été, comme "La danseuse jaune" un hymne à la vie, loin de là. L'homme est né en 1873, les premiers tableaux peints par l'artiste l'étaient dans des couleurs ternes, profondément sombres, un brin soutenu par quelques traces de blanc, à l'image de ce portrait 

La danseuse jaune d'Alexis MERODACK-JEANEAU

extrait d'une série "Les femmes en blanc". L'âme humaine semble profondément triste.

C'est au début du XXème siècle que le peintre change radicalement, il évolue entre les mouvements picturaux du fauvisme et de l'expressionnisme, il abandonne les paysages pour se focaliser sur des personnages, pour partie inspirés du thème du cirque qui offre des perspectives plus chatoyantes.

C'est aussi à cette période de la vie que l'homme commence à militer en faveur des artistes. Il est à l'initiative de l'Union internationale des Beaux-Arts et des Lettres. Il organise des salons, il fait connaissance notamment avec Vassily KANDINSKY, un autre peintre que j'affectionne tout particulièrement.

Il crée enfin une revue d'art : "Les tendances nouvelles" et se plaît à promouvoir les différentes tendances artistiques, loin de lui la volonté de s'inscrire dans un mouvement unique.

Cette exposition, j'y suis entrée par la petite porte, j'y ai aussi embrassé l'intégralité d'une oeuvre remarquable d'un homme qui ne demande qu'à être connu. Vous savez maintenant ce qu'il vous reste à faire !

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2019-05-18T08:14:19+02:00

Que les blés sont beaux d'Alain YVARS

Publié par Tlivres
Que les blés sont beaux d'Alain YVARS

Ce roman, c'est un cadeau du ciel, une invitation de l'auteur, un jour, via le blog, à lire son livre. Un très beau cadeau, merci infiniment, d'autant qu'après le roman de Saïdeh PAKRAVAN, j'avais envie de quelque chose qui m'émerveille, défi relevé !

La première de couverture vous l'annonce, vous allez vivre "L'ultime voyage de Vincent VAN GOGH". Je connaissais grosses mailles la vie du peintre, je le savais notamment meurtri, mélancolique, affecté par une maladie mentale. Là, vous découvrez un artiste enchanté par la nature, ravi de se délecter à peindre, admirer les gens, en faire des modèles...

Vincent VAN GOGH est d'origine hollandaise, il est né à Groot-Zundert en 1853. A l'âge de 16 ans, il est marchand d’art, il exerce ce métier pendant 7 années qui vont lui permettre d'accéder à une formidable connaissance des arts, formation largement soutenue par la complicité qu'il entretient avec son frère, Théo. C'est à 37 ans qu'il rentre d'un séjour en hôpital psychiatrique, il était accueilli à l’Asile de Saint-Rémy de Provence. Il s'arrête à Paris pour profiter des plaisirs en famille. Il apprécie tout particulièrement la compagnie de sa belle-soeur, elle aussi passionnée d'art. Elle donne naissance à un petit garçon, Vincent Willem, le même prénom comme un fil tendu entre oncle et neveu. Vincent VAN GOGH est passionné par le travail de Camille PISSARO, présenté comme l'un des pères fondateurs de l'impressionnisme. Il peint la campagne, des paysages ruraux, des scènes paysanes découvertes lors de ses passages à Auvers-sur-Oise. Il ouvre la voie à Vincent VAN GOGH qui s'installe dans cette bourgade. Il y rencontre le Docteur Gachet, connu pour sa peinture sous le nom de Paul VAN RYSSEL. Les deux hommes vont entretenir une relation paisible, sereine, propice à la création. Vincent VAN GOGH se délecte des plaisirs naturels, des scènes de la vie, joyeuses, lumineuses, il est à cette époque extrêmement prolifique comme porté par un immense élan que seule la passion peut procurer.

Dans ce roman, Alain YVARS nous fait partager deux mois de la vie de l'artiste, deux mois qui correspondent à une période euphorique du peintre, deux mois qui laissent à penser qu'il est en bonne voie de guérison.

J'ai adoré cheminer avec le peintre dans l'approche de son art. J'ai profondément aimé ses réflexions personnelles et son apprentissage de la discipline, sa capacité à apprendre et à faire sa place dans un univers en pleine mutation, à choisir ses amis. 


J’ai compris qu’il ne fallait pas dessiner une main, mais un geste, pas une tête parfaitement exacte mais l’expression profonde qui s’en dégage, comme celle d’un bêcheur reniflant le vent quand il se redresse fatigué... P. 90/91

Vincent VAN GOGH était un passionné, il vibrait pour son art, il savait parfaitement reconnaître là où il retirait le plus de plaisir.


Le portrait moderne est ce qui me passionne le plus dans mon métier, celui qui permet de révéler l’âme du modèle avant son apparence. P. 93

Pourtant, Vincent VAN GOGH n'était pas un être orgueilleux, il voulait être un "peintre populaire", il voulait que ses tableaux soient accrochés dans les cuisines, les pièces de vie des maisons. Il aimait profondément les gens, il savait leur porter un regard attentionné, celui d'un peintre admiratif. Chaque détail représentait pour lui une matière à explorer.


L’usure du temps, le vent et le soleil sur les habits de travail, leur donnent les nuances les plus délicates. P. 176

Ce roman est une ode à la création artistique, servie par une très belle plume, profondément humaine, délicate et tendre. Alain YVARS nous brosse le portrait d'un peintre porté par la passion, enivré par la beauté de la nature, il nous fait, le temps d'une lecture, partager des moments d'immense bonheur. Il est le fruit de longues années de recherches, Alain YVARS s'est notamment largement inspiré des correspondances de l'artiste, des archives de la Bibliothèque Nationale de France. Que j'aime découvrir l'art par la voie de la littérature, et je crois que je ne suis pas la seule ! J'ai par ailleurs désormais une furieuse envie d'aller découvrir ce village du Val d'Oise où le peintre y a vécu des heures heureuses avant le destin tragique qu'on lui connaît.

La démarche d'Alain YVARS est à souligner à plus d'un titre, mais s'il en était un à retenir, je saluerai le fait de reverser l'intégralité des bénéfices du roman "Que les blés sont beaux" au profit de l'Association Rêves qui permet à des enfants malades d'aller jusqu'au bout de leurs rêves. N'est-ce pas là un très beau geste que... sans aucun doute, Vincent VAN GOGH aurait apprécié à sa juste valeur.
 

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