Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Archives

2026-01-29T07:00:00+01:00

Idiss de Robert BADINTER

Publié par Tlivres
Idiss de Robert BADINTER

Ma #citationdujeudi, je la dédie à Robert BADINTER pour son livre "Idiss", une découverte de ce début d'année que je me plais à remettre sous les projecteurs.

Robert BADINTER, décédé le 9 février 2024, panthéonisé le 9 octobre 2025, repose au cimetière de Bagneux dans la banlieue sud de Paris avec notamment sa grand-mère maternelle, à qui il a rendu un vibrant hommage avec un roman qui se veut pour partie une biographie et pour partie le fruit de ses rêves.

Idiss est née en Bessarabie en 1863. Elle a épousé son mari, Schulim, parti à l'armée alors qu'ils avaient deux jeunes enfants à nourrir, Avroum et Naftoul. Accueillie par ses beaux-parents, de pauvres gens, elle contribue aux ressources du foyer en vendant des articles de broderie et quelques activités de contrebande. Au retour de Schulim, femme et enfants retrouvent leur maison, une petite fille naîtra un an plus tard, Chifra, la mère de Robert BADINTER. Devant la persécution des juifs et les problèmes financiers liés aux jeux d'argent de Schulim, la décision est prise de quitter le pays pour rejoindre les deux garçons partis à leur majorité à Paris. Là, pour tous, une nouvelle vie commence.

Le portrait de cette grand-mère est très attendrissant. Robert BADINTER, son petit-fils, lui voue une profonde estime et lui témoigne d'une très belle preuve d'amour. 

J'ai été profondément troublée par ce que lui rappelle le parfum d'Idiss. Peut-être en avez-vous fait aussi l'expérience ? Une simple fragrance et la mémoire d'un lieu, d'un événement, d'une personne... resurgit, de surcroît avec netteté.

Les neuroscientifiques s'intéressent tout particulièrement au sujet. Le pouvoir olfactif des parfums est lié au champ des émotions, il nous fait vibrer. C'est juste fascinant.

Dans ce livre, Robert BADINTER en présente une déclinaison tout en délicatesse. C'est d'une pure beauté.

Voir les commentaires

2026-01-28T07:00:00+01:00

Riz, riz, riz ! de Bamco

Publié par Tlivres
Riz, riz, riz ! de Bamco

A chaque passage en bibliothèque, ses découvertes.

Là, c'est l'étiquette du "Prix Tatoulu" de la sélection 2022/2023 qui m'a attiré l'oeil. L'album jeunesse "Riz, riz, riz !" est une création de Bamco, toute jeune illustratrice coréenne dont c'est le premier ouvrage, et traduite par Laurana SERRES-GIARDI, aux éditions Rue du monde.

Inutile de vous préciser que nous allons voyager, tout est déjà presque dit !

Quelques mots de l'histoire : un agriculteur plante, plante, plante du riz. Au fil du développement de la céréale, il désherbe, s'émerveille de sa croissance, se désole des effets du vent, s'en occupe avec coeur. Puis, il la fauche pour récolter les petits grains que tous connaissent. 

Cet album est très beau, d'abord, parce qu'il honore le travail de chaque jour pour produire du riz qui est mangé dans le monde entier.  Bamco le dédie à son père. 

Et puis, il est tout en rythme. Si le texte est succinct, il est systématiquement répété trois fois, ce qui permet à l'enfant de se l'approprier et d'en faire un jeu. Mon petit-fils s'est bien amusé, il en a redemandé !

J'ai beaucoup aimé les illustrations sur fond blanc. Le graphisme est sobre pour un album qui relève presque du documentaire pour les petits.

Je ne connaissais pas encore la maison d'édition "Rue du monde" mais ça fait aussi partie de la belle découverte. En 1996, le premier livre publié était le "Grand livre des droits de l'enfant". Autant dire que je vais rechuter !

Voir les commentaires

2026-01-27T22:06:06+01:00

La disparition des choses d'Olivia ELKAIM

Publié par Tlivres
La disparition des choses d'Olivia ELKAIM

Éditions Stock

Nous sommes le 27 janvier. C'est aujourd'hui la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste, l'opportunité de vous présenter le roman que je viens tout juste de terminer : "La disparition des choses" d'Olivia ELKAIM.

Tout a commencé avec une rencontre à la Librairie Lhériau d'Angers. Je ne connaissais pas Olivia ELKAIM, j'ai été séduite. Je n'avais jamais lu Georges PEREC, j'en ai maintenant une irrépressible envie !

Tout commence avec cette scène effroyable. Nous sommes gare de Lyon à Paris à l'automne 1941. Cécile, une jeune mère, est avec son fils de 5 ans sur le quai numéro 11. Elle s'apprête à le laisser monter dans le train, le dernier convoi de la Croix-Rouge à destination de Grenoble en zone libre. Elle lui donne quelques conseils, l'embrasse et regarde le train partir avec ce qu'elle a de plus cher. Elle ne sait pas encore qu'elle sauvera Georges des griffes du régime nazi et qu'il deviendra un grand écrivain.

A l'image de Léonor DE RECONDO dans "Marcher dans tes pas", Olivia ELKAIM explique sa démarche : 


Je lui invente des manières, un phrasé, des sentiments dont je ne sais rien. Je comble de romanesque là où il n'y a que du vide. P. 100

L'écrivaine se nourrit d'éléments historiques, factuels, pour tisser le fil de l'existence de cette femme née Cyrla en 1913 à Varsovie en Pologne. Elle est arrivée en France avec son mari, un communiste, un homme qui s'est engagé dans la Légion étrangère pour obtenir la nationalité française et ainsi assurer l'avenir de sa famille. Il décèdera en juin 1940 en combattant, faisant de son épouse une veuve de guerre et assurant à son fils une place dans le dernier train de la Croix-Rouge.

A celles et ceux qui s'interrogent sur le pourquoi de ce livre, pourquoi écrire sur la mère de Georges PEREC, comme Léonor DE RECONDO, elle le crie haut et fort à celles et ceux qui veulent l'entendre :


Pour lui... Mais moi, je veux le faire pour elle, d'abord pour elle, pour lui rendre hommage, à elle comme à toutes les femmes qui sont parties sur les routes, seules, avec leurs enfants, celles qui ont eu peur et ont dissimulé leur effroi sous leur masque de mère, celles qui ont recueilli les petits des tuées comme s'ils étaient les leurs, posé une main sur leurs yeux pour qu'ils ne voient rien du massacre, celles qui ont grimacé et ri pour faire croire que ce bazar des hommes, bruit de bombes, explosions des shrapbels, défunts ensanglantés dans des flaques, ce bazar n'est en fait qu'un odieux carnaval. Rien de sérieux, rien de vrai. P. 136

Olivia ELKAIM assure la postérité à toutes celles qui ont connu l'extermination parce que juives. Il faut dire que l'écrivaine partage beaucoup de points communs avec Cécile. Sa famille à elle aussi a connu l'exil, la francisation d'un état civil pour préserver l'ordre public, et le fait d'avoir un enfant de 5 ans également quand elle se lance de l'écriture de ce roman.

Et puis, il y a son intérêt également pour Georges PEREC, l'écrivain, dont elle a lu de nombreux ouvrages pour se nourrir de sa vie, de sa construction personnelle, et pour repérer les traces du vide laissé par l'absence de sa mère.


Nul ne devine l'empreinte laissée par la disparition de sa mère. Mais plus le temps passe, plus l'absence se creuse indéfiniment et l'aspire. P. 38

Petit clin d'oeil à l'auteur avec le titre du roman "La disparition des choses", la fusion du titre de deux romans de Georges PEREC, "La disparition" et "Les choses". C'est avec ce dernier qu'il sera lauréat du Prix Renaudot en 1966.

J'ai été touchée par l'écriture d'Olivier ELKAIM, une plume tendre et généreuse, un propos fluide qui résonne tout particulièrement aujourd'hui. C'est mon #Mardiconseil.

J'ai une pensée aussi toute particulière pour ces auteurs qui ont assuré, par la voie de la littérature, le souvenir de victimes de la barbarie nazie : 

Robert BADINTER avec "Idis"

Carole ZALBERG avec "Où vivre"

Isabelle STIBBE avec "Bérénice 34-44"

Oscar LALO avec "La race des orphelins"

Diane DUCRET avec "Les Indésirables"

Lola LAFON avec "Quand tu écouteras cette chanson"

et bien d'autres encore...

 

Voir les commentaires

2026-01-26T07:00:00+01:00

Ménopause d'Alex GOUDE

Publié par Tlivres
Ménopause d'Alex GOUDE

Les spectacles de cette saison aux Théâtres Municipaux d'Angers se suivent et ne se ressemblent pas. Après 

"Passeport" d'Alexis MICHALIK,

et

"Lumière" de Stéphane LANDOWSKI et Maxence GAILLARD,

place à une comédie musicale d'Alex GOUDE, "Ménopause", une "comédie qui bouscule les règles", le ton est donné, c'est juste truculent. 

Au fil de saynètes, jouées chacune à un étage d'un grand magasin parisien, quatre femmes parlent de leurs bouleversements hormonaux.

Depuis quelques années, les langues se délient sur le sujet, il était temps ! 

Alex GOUDE s'en saisit avec Alexandra CISMONDI et Sébastien THEVE. 

A travers quatre profils de femmes, chacune peut s'identifier. Pour celles qui affrontent les désagréments de la ménopause et celles qui sont passées à autre chose, tout leur parlera. Il suffit d'écouter les spectatrices rirent aux éclats pour s'en convaincre. Pour les autres, c'est un petit avant-goût des festivités ! La pièce est hilarante, le scénario sans concession (oreilles chastes s'abstenir). 

D'ailleurs, ce spectacle ne s'adresse pas seulement aux femmes. Pour celles qui ont eu la riche idée d'inviter un homme à venir avec elle voir la pièce de théâtre, elles ont, non seulement évité la séance de psy, mais laissé aussi les artistes passer tout un tas de messages. Bravo. 

Cette comédie musicale est une adaptation française de l'américaine qui a connu un grand succès, et oui, le sujet est universel ! Je ne suis pas une habituée du genre mais avouons que la musique et les voix donnent de l'énergie à un spectacle déjà haut en couleurs. Les quatre interprètes sont pleines de talent.

La fin est jubilatoire. 

C'est ma #lundioeuvredart, preuve que les arts sont bien vivants !

Le prochain sera "Cendrillon". 

Voir les commentaires

2026-01-21T08:44:12+01:00

Bébé croco de Yu-Hsuan HUANG

Publié par Tlivres
Bébé croco de Yu-Hsuan HUANG
 
Après "Le lion et l'oiseau" de Marianne DUBUC et "Mammouth" d'Alex WILLMORE, place à "Bébé croco" de Yu-Hsuan HUANG.
 
Nous accompagnons "Bébé croco" dans le marais. Il côtoie les animaux et insectes (😉 à Petite Libellule) à la recherche de sa Maman.
 
Il s'agit d'un livre marionnette que l'on peut lire aux enfants, les tout petits, et animer en glissant un doigt dans la tête de "Bébé croco" faite d'un tissu tout doux. La 3D donne du mouvement et attire les yeux des bébés.
 
Devenus plus grands, ils restent fidèles à ce petit format (10 x 10 cm) avec des pages cartonnées de grosse épaisseur. La preuve, mon petit-fils en a choisi un avant de quitter la Bibliothèque Saint-Eloi, l'occasion de l'un petit clin d'œil à l'équipe.
 
Avec ces illustrations en pleine page et son nuancier de couleur distinct par double page, ce livre est attractif.
 
Il traite aussi d'un sujet particulier, celui de la peur d'avoir perdu sa Maman, une émotion qu'un enfant a déjà pu ressentir malgré son tout jeune âge. La fin tout en tendresse vient le rassurer avant de lâcher prise pour s'endormir.
 
Je vous conseille la collection toute entière !

Voir les commentaires

2026-01-17T10:22:06+01:00

Mes bulles de joie de la semaine

Publié par Tlivres
Mes bulles de joie de la semaine

Je poursuis avec les "bulles de joie" 2026, je vous livre celles de la semaine : 

- Marcher dans tes pas de Léonor de Recondo

- Mon vrai nom est Elisabeth d'Adèle YON

- Mammouth d'Axel WILLMORE, album jeunesse. 

Si vous passez en librairie, n'hésitez pas à les regarder de près, il s'agit de pépites !

Voir les commentaires

2026-01-16T07:00:00+01:00

Marcher dans tes pas de Léonor DE RECONDO

Publié par Tlivres
Marcher dans tes pas de Léonor DE RECONDO

Éditons L'Iconoclaste

Je vous ai récemment présenté "Idiss" de Robert BADINTER, voilà une nouvelle voix, féminine celle-ci, celle de Léonor DE RECONDO qui rend également un vibrant hommage à sa grand-mère dans son tout dernier roman : "Marcher dans tes pas".

Tout commence avec la préparation du gâteau de riz au lait pour l'anniversaire de Jean. Il va avoir 7 ans. C'est le moment que choisit quelqu'un pour frapper à la porte et annoncer qu'il faut partir, franchir la frontière, et rejoindre Hendaye. Nous sommes en 1936, à Irun, en Espagne. Cette femme, en cuisine, est alors mère de 3 garçons. Son mari est parti à Aranjuez près de Madrid pour lutter contre le franquisme. Elle va quitter son pays avec ses parents, ses trois frères et ses trois enfants. Dès lors, leur vie va basculer, rien ne sera plus comme avant.

Léonor DE RECONDO s'inspire, vous l'avez compris, de son histoire familiale pour nous livrer un roman profondément émouvant.


Chaque génération s'empare du passé à bras-le-corps. Je le fais par mon engagement artistique. La beauté est le lieu imprenable des possibles, du partage, de dépassement de soi, indispensable à une société plus juste. À une société qui s'élève. P. 164

En l'absence de récit familial, et en qualité d'écrivaine, elle va en imaginer un, dédié en particulier à sa grand-mère, une résistante. C'est avec la seconde personne du singulier, le "tu" qu'elle s'adresse à Enriqueta, âgée de 77 ans de plus qu'elle, un peu comme si les deux femmes pouvaient converser ensemble aujourd'hui.


C'est la première femme que tu embrasses depuis ton arrivée ici. Il y a une reconnaissance de peine entre vous deux. Il y a ce que tu sais de son mari fusillé, quelques jours auparavant. Il y a les décombres de maisons, il y a le noeud de Dolores entre vous. Et cette condition féminine qui ne se dit pas, qui ne se plaint pas, qui porte enfants et valises, parfois les parents, et qui tient toute la maisonnée, malgré les ruines. Vous êtes des femmes seules, responsables d'enfants et d'avenirs. P. 151-152

Derrière la trajectoire de cette famille, c'est la grande Histoire qui est relatée. Léonor DE RECONDO place les femmes au cœur des événements. Il y a celles qui sont fortes, puissantes, à l'image de Felicia Mary BROWN qui faisait partie des Brigades Internationales, et Lola ITURBE, anarchiste, féministe, l'une des fondatrices de Mujeres libres, une organisation antifasciste à l'initiative d'une revue écrite exclusivement par des femmes. Et puis il y a celles qui, sous leur cornette, réalisent des actes ignobles. Elle dénonce les religieuses à la tête des prisons de femmes. Jusqu'en 1978, elles continueront de commettre l'impensable pendant les grossesses des prisonnières.

Ce livre assure avec brio la postérité de gens "ordinaires" morts sur leur terre ou exilés.

Et puis il y a une autre histoire dans l'Histoire contemporaine, celle de Léonor DE RECONDO elle-même pour qui une loi d'octobre 2022, dite loi de Mémoire démocratique, permet aux enfants et petits-enfants de ceux qui ont perdu la nationalité espagnole lors de l'exil de la guerre civile de la demander. Dès lors, c'est le parcours administratif que nous raconte l'écrivaine, une démarche personnelle qui met en lumière l'itinéraire de toute une population dont les racines pourraient être officiellement restaurées.

Dans la prose du roman, Léonor DE RECONDO nous livre un recueil de poèmes. Si ce genre me paraît souvent opaque, là comme dans "La Petite Nonne" de Bérénice PICHAT, je me suis laissée porter par des textes longs, des textes qui disent plus encore la souffrance de ceux qui ne savent pas d'où ils viennent.

Léonor DE RECONDO y parle merveilleusement bien de la langue, maternelle en particulier.


Mais on n'oublie pas sa langue maternelle, aussi complexe soit-elle. Elle est la terre, le lien, le chant, le réconfort, la rigueur avec laquelle on se construit. P. 203

Cette nouvelle référence du #bookclub est excellente. Je vous la conseille absolument.

Voir les commentaires

2026-01-15T07:00:00+01:00

Mon vrai nom est Elisabeth d'Adèle YON

Publié par Tlivres
Mon vrai nom est Elisabeth d'Adèle YON

Parce que j'ai très envie de nourrir le souvenir de lectures inoubliables en 2026, j'ai choisi aujourd'hui une citation extraite du livre d'Adèle YON : "Mon vrai nom est Elisabeth", un livre inclassable, un coup de coeur 2025.

Cette référence du #bookclub est gravée dans mon coeur.

D'abord, parce qu'il parle de santé mentale. Sur le chemin de ses origines, Adèle YON mène l'enquête. A travers la vie d'Elisabeth dont le simple prénom est tabou dans la famille, elle retrace l'Histoire de cette pathologie et des traitements expérimentés sur des femmes, parce que c'est bien d'elles qu'il est question, les femmes !

Ensuite, parce qu'il est foisonnant de styles. Adèle YON, dont c'est le premier livre, transcende les registres pour nous offrir une oeuvre riche, diverse, variée. Le poids des mots n'en est que plus fort.

Et puis, l'écrivaine sort des sentiers battus pour nous emmener sur la voie d'autres approches. Ce qui me terrifie toujours, c'est la transmissions de génération en génération, la transmission inconsciente des traumatismes. Là, Adèle YON va plus loin. Elle appréhende le corps comme un média. La citation en donne toute la dimension.

Bref, si le sujet vous intéresse, ne vous posez pas de question, optez pour Le Grand Prix des Lectrices Elle 2025, le Prix Régine Deforges, le Prix Littéraire du Nouvel Obs, le Prix Essai France Télévisions... Ce livre est un coup de coeur !

Voir les commentaires

2026-01-14T13:09:38+01:00

Mammouth d'Alex WILLMORE

Publié par Tlivres
Mammouth d'Alex WILLMORE
 
Cet album jeunesse est le premier coup de cœur de mon petit-fils emprunté à la Bibliothèque Saint-Éloi, l'occasion d'un petit clin d'œil à l'équipe.
 
Avec "Mammouth" d'Alex WILLMORE, nous partons en expédition au pôle sud avec une équipe d'explorateurs en quête de pingouins dont un petit homme qui, lui, affiche clairement sa préférence pour le mammouth. Il se retrouve seul dans ses recherches. Il a la surprise de rencontrer un spécimen des plus burlesques, il porte des lunettes de soleil et fait du skate !
 
Cet album, mon petit-fils l'adore. Nous en sommes à la énième lecture !
 
Peut-être pour la couleur du mammouth, orange, qu'il est facile de repérer même quand il est dessiné en toute petite taille.
 
Peut-être pour ses accessoires aussi, imaginez un mammouth portant un tutu de danse, des palmes et un masque quand il troque son skate pour s'offrir une baignade. Il a même un chapeau sous l'eau.
 
Peut-être aussi parce que nous accompagnons le petit homme criant "Mammouth" chaque fois que l'animal apparaît.
 
Peut-être encore pour toutes les ritournelles du scénario. L'enfant se prend au jeu et attend la lecture en connaissant, chaque fois, la première partie du texte.
 
Peut-être pour la fin de l'histoire, tellement fantaisiste et mignonne à la fois.
 
À moins que ça ne soit pour les illustrations, pleine page. On en prend plein les yeux. Leur découpage en saynètes contribue à donner du rythme.
 
Vous l'aurez compris, c'est une excellente référence.

Voir les commentaires

2026-01-10T09:06:24+01:00

Mes 4 premières bulles de joie de l'année 2026

Publié par Tlivres
Mes 4 premières bulles de joie de l'année 2026
Nora HAMZAWI évoque des "bulles de joie" dans son spectacle.
 
J'aime bien l'expression, je vais lui emprunter pour qualifier mes 4 premières belles découvertes de l'année 2026, 3 "romans adulte" et "1 album jeunesse" :
 
 
L'année promet d'être belle.
En attendant, excellent week-end.

Voir les commentaires

2026-01-09T07:00:00+01:00

Idiss de Robert BADINTER

Publié par Tlivres
Idiss de Robert BADINTER

Éditions Fayard

Robert BADINTER, décédé le 9 février 2024, panthéonisé le 9 octobre 2025, repose au cimetière de Bagneux dans la banlieue sud de Paris avec notamment sa grand-mère maternelle, à qui il a rendu un vibrant hommage avec un roman qui se veut pour partie une biographie et pour partie le fruit de ses rêves.

Idiss est née en Bessarabie en 1863. Elle a épousé son mari, Schulim, parti à l'armée alors qu'ils avaient deux jeunes enfants à nourrir, Avroum et Naftoul. Accueillie par ses beaux-parents, de pauvres gens, elle contribue aux ressources du foyer en vendant des articles de broderie et quelques activités de contrebande. Au retour de Schulim, femme et enfants retrouvent leur maison, une petite fille naîtra un an plus tard, Chifra, la mère de Robert BADINTER. Devant la persécution des juifs et les problèmes financiers liés aux jeux d'argent de Schulim, la decision est prise de quitter le pays pour rejoindre les deux garçons partis à leur majorité à Paris. Là, pour tous, une nouvelle vie commence.

Le portrait de cette grand-mère est très attendrissant. Robert BADINTER, son petit-fils, lui voue une profonde estime et lui témoigne d'une très belle preuve d'amour. Il est sensible à sa force, sa personnalité, et aux instants de douceur aussi qu'elle lui a procurés. Comme j'ai aimé ce passage autour de son parfum...

 


J'ai conservé le souvenir du parfum d'eau de Cologne dont elle se versait deux gouttes derrière les oreilles avant de "sortir", comme elle disait. Ce parfum-là, quand il m'arrive d'en percevoir l'odeur des décennies plus tard, évoque son visage penché vers moi pour me donner un dernier baiser. Je ferme les yeux. C'est mon enfance revisitée. P. 145

Mais rien ne saurait effacer de la douleur endurée chaque jour depuis la mort de son mari d'un cancer à l'âge de 54 ans. Robert BADINTER emploie une expression que je n'avais encore jamais lue je crois. Sa grand-mère vivait en "mutilée de l'amour".

Et plus encore, le spectre de la menace pesant sur le peuple juif. Une nouvelle fois, j'ai été frappée par la persécution de la communauté depuis la nuit des temps.


Si l'on tolérait individuellement les juifs qu'on connaissait, les communautés juives étaient rejetées collectivement. P. 24

Alors que la famille est arrivée en France et que la naturalisation de la famille de Chifra-Charlotte est officialisée, le gouvernement de Vichy décide en 1940 de les annuler. Ils deviennent apatrides, un terme si souvent associé au peuple juif, où qu'il vive sur la terre.

Robert BADINTER, élevé avec son frère Claude, par une mère soucieuse de leur intégration dans la société française et leur réussite scolaire, vouera toute sa vie et toutes ses forces à la défense des droits humains. Il semble bien qu'il ait moins tiré de l'autorité maternelle que de l'inspiration grand-maternelle pour construire ses ambitions et mener ses conbats.

Magnifique livre écrit dans une plume fluide et émouvante.

Il me reste maintenant à découvrir la BD inspirée de ce récit de Fred BERNARD et Richard MALKA, Richard MALKA dont vous vous souvenez peut-être de sa nuit passée au Panthéon. Le monde est petit, non ?

Voir les commentaires

2026-01-08T07:00:00+01:00

Là où je me terre de Caroline DAWSON

Publié par Tlivres
Là où je me terre de Caroline DAWSON

Avec cette nouvelle année 2026, j'ai décidé de reprendre le rythme des citations du jeudi, histoire de nourrir le souvenir de lectures tellement appréciées.

Pourquoi ne pas commencer avec un extrait de "Là où je me terre" de Caroline DAWSON, une référence du #bookclub ?

Ce livre, en plus de la présentation de Camille, il m'avait séduit par son titre. Je trouvais le jeu de mot tellement ingénieux. 

Bonne pioche si vous aimez explorer le champ de la langue, l'occasion d'un petit clin d'oeil à Alexandra KOSZELYK.

Donc, j'en reviens à cette citation.

Pourquoi elle ? Et bien parce que, Caroline DAWSON, à travers sa biographie, un roman d'autofiction, elle m'a littéralement bouleversée, déclarant ne plus connaître les berceuses chantées en chilien par sa mère lorsqu'elle était petite enfant, condamnée à chanter l'alphabet à son propre petit garçon. 

Le constat de la langue maternelle reléguée à l'intimité m'a brisé le coeur. Pourtant, n'est-ce pas ce que vivent toutes celles et tous ceux qui ont quitté leur pays, leurs racines, leurs coutumes, pour y substituer les éléments culturels du pays d'accueil ?

Si le sujet vous intéresse, je vous invite à lire "Là où je me terre" de Caroline DAWSON, c'est une lecture #coupdepoing. 

Voir les commentaires

2026-01-07T18:00:00+01:00

Le lion et l'oiseau de Marianne DUBUC

Publié par Tlivres
Le lion et l'oiseau de Marianne DUBUC
 
Ce livre, c'est mon petit-fils qui l'a choisi. Il a un peu plus de 2,5 ans et il l'a beaucoup aimé.
 
Tout commence avec l'activité de jardinage du lion (mi homme-mi lion). Il ramasse les feuilles tombées. Nous sommes en l'automne. Et là, que découvre-t-il, un oiseau blessé piaillant. Le lion commence par lui poser un bandage. C'est à ce moment que la colonie des oiseaux migrateurs s'envole vers d'autres horizons, l'oiseau reste seul avec le lion qui l'invite à entrer dans sa maison. Une relation d'amitié va bientôt s'établir entre le lion et l'oiseau. L'hiver venu, ils profitent tous deux du confort et de la chaleur du foyer. Avec le printemps, les premières fleurs sont annonciatrices du retour de la colonie des oiseaux migrateurs. L'oiseau guéri part retrouver ses amis, laissant le lion seul tout l'été. La vie est toutefois pleine de surprise !
 
J'ai beaucoup aimé découvrir ce livre avec mon petit-fils.
 
D'abord, les illustrations sont très belles, en alternance sur des doubles pages entièrement colorées alors que d'autres figurent dans des bulles sur fond blanc. Avec très peu de texte, toute l'histoire repose sur les dessins, quel talent !
 
Le rythme des saisons vient ponctuer cette histoire, des repères bien ancrés chez les petits. Il n'y a plus alors qu'à tourner les pages !
 
Et puis, il y a la beauté des messages : la relation d'amitié malgré les différences entre un lion et un oiseau, le soin porté à un oiseau blessé, l'hospitalité du lion accueillant son nouvel ami dans son intimité, le sens de la vie...
 
Il y a encore l'expression des émotions : l'inquiétude du lion devant l'état de santé de l'oiseau blessé, la confiance dans le bandage réalisé pour guérir l'oiseau, la joie de se retrouver tous les deux sous un même toit, bien au chaud, et de faire des activités ensemble, la tristesse de voir l'oiseau guéri retrouver ses compagnons de vol...
 
Il y a, pour terminer, la fin de l'histoire, une fin pleine de douceur et de tendresse.
 
Bref, très bon premier choix !
 
J'en profite pour saluer l'équipe de la bibliothèque municipale Saint-Eloi 😉

Voir les commentaires

2026-01-06T07:00:00+01:00

La Petite Bonne de Bérénice PICHAT

Publié par Tlivres
La Petite Bonne de Bérénice PICHAT
 
Quel livre, mais quel livre !
 
Le Book Club me transporte, m'émeut, me bouleverse, me happe... Là, le premier roman de Bérénice PICHAT : "La Petite Bonne".
 
Nous sommes dans les années 1930. "La Petite Bonne" travaille entre autres chez la famille Daniel. Elle est courageuse et digne de confiance. Madame Daniel accepte l'invitation d'une amie. Elle part 3 jours en Normandie. Elle confie son mari, un blessé de guerre, aux soins de la jeune femme. Cette parenthèse, un moment de répit pour elle, un lent apprentissage pour eux, va se révéler pleine de surprises d'une profonde humanité.
 
Je ne savais absolument pas à quoi m'attendre en choisissant ce livre sur la table des références littéraires si ce n'est une forme originale.
 
C'est effectivement le premier contact avec la narration qui est saisissant. Bérénice PICHAT excelle dans le jeu de l'écriture à plusieurs voix, deux en vers libres, l'une alignée à gauche, l'autre à droite, une troisième en prose. J'ai été happée par le rythme des vers libres. Si je crois parfois manquer de sensibilité devant la poésie, là, j'ai été séduite de bout en bout. Je me suis prise au jeu d'une lecture tantôt accélérée, tantôt ralentie, par des mots ou des groupes de mots, savamment choisis et parfaitement orchestrés. L'absence totale de ponctuation oblige à trouver la cadence à l'image d'une danse, à s'adapter, à vivre. L'exercice est prodigieux, le résultat magistral.
 
Et puis il y a l'histoire, la petite qui incarne la grande. Derrière le personnage de Monsieur Daniel se cachent toutes les "gueules cassées" de la première guerre mondiale.
 
Le huis clos dans lequel se retrouvent, pendant trois jours, un homme blessé, mutilé, handicapé, avec une bonniche comme elle s'appelle elle-même, une jeune femme que les épreuves de la vie ont façonnée, est absolument jubilatoire.
 
L'écrivaine cadence les événements pour progressivement en faire croître l'intensité. Le suspense est à son comble à trois pages de la fin. Juste vertigineux.
 
Et puis, Bérénice PICHAT ponctue les 267 pages de moments d'une pure beauté, des moments de grâce absolument sublimes.
 
La plume éminemment descriptive de Bérénice PICHAT se prêterait parfaitement au 7e art, les images, je les ai vues passer sous mes yeux. Le décor de cette maison, les scènes de grande proximité, de complicité aussi, je les ai à l'esprit. Elles sont ancrées (encrées aussi) dans ma mémoire.
 
Vous l'aurez compris, il y est question de la condition des femmes, modestes, au service des bourgeois, exposées aux risques des plus forts, dans leur vie privée aussi parce que femmes. Il y est évoqué aussi le sort de ces hommes qui sont allés au front pour sauver leur patrie. Ils sont rentrés des tranchées, mutilés. Rien, pas même les médailles, ne saurait leur rendre leur statut d'avant. Et, cerise sur le gâteau, il y est abordé le pouvoir et la puissance de la musique.
 
Ce livre est une lecture coup de poing. J'en sors K.O.. Je suis littéralement tombée sous le charme. Chapeau Madame PICHAT pour ce chef d'œuvre.
 
Je ne suis pas la seule à le dire. Les libraires l'ont couronné de leur prix en 2025, comme le furent précédemment Eric CHACOUR pour "Ce que je sais de toi", Gilles MARCHAND pour "Le soldat désaccordé", Marie VINGTRAS pour "Blizzard", Miguel BONNEFOY pour "Héritage", Franck BOUYSSE pour "Né d'aucune femme", Gaëlle NOHANT pour "Légende d'un dormeur éveillé"... et bien d'autres encore. Quelle plus belle récompense pour ce premier roman !
 
Enfin, un petit mot du bandeau du roman édité chez Les Avrils. Il montre le visage d'une femme, de profil, les yeux clos, une main tenant son front. Il s'agit d'une oeuvre d'Aristide MAILLOL qui orne aussi la version publiée par Le Livre de Poche, en librairie depuis le 2 janvier 2026. A offrir sans modération. 

 

Voir les commentaires

2026-01-05T12:35:00+01:00

Belle année 2026

Publié par Tlivres
Belle année 2026

Quelle plus belle manière que de retenir l'affiche signée de Niki DE SAINT PHALLE de l'exposition organisée en 1992 par son ami Pontus HULTEN en ouverture de l'institution, la Kunst-und-Austellungshalle der Bundesrepublik Deutschland de Bonn, pour vous souhaiter une très belle année 2026 !

D'abord, sur cette affiche, il y a ce coeur, une forme régulièrement explorée par l'artiste franco-américaine que j'adore, vous le savez pour celles et ceux qui me suivent depuis quelques temps déjà. Le coeur, c'est le symbole de l'amour, je vous souhaite qu'il soit passionné.

Et puis, à l'intérieur de ce coeur, il y a des représentations chères à la créatrice. C'est un coeur foisonnant avec une "Nana", et pas n'importe laquelle, "Miss Black Power" de 1968. Il y a encore la référence à ses tirs sur des ballons remplis de peinture pour colorer ses toiles et autres collages, blancs. Il y aussi la mention de son "Tarot Garden", le jardin italien dans lequel sont installées des structures monumentales et que je rêve de visiter. Il y cette tête en bas du "Pendu" et de "L'Upside down Nana". Il y a "L'homme sage". Bref, Niki DE SAINT-PHALLE nous offre un panel de son registre artistique donnant à la vie une diversité de postures, d'approches et de regards. Je vous souhaite une année riche de petits plaisirs et de grands bonheurs.

Il y a encore les contours du coeur, joliment dessinés, comme ce que l'on suppose être des veines et des artères pour irriguer l'ensemble. Parce qu'un coeur, a besoin de sang, son carburant, son énergie. Je vous souhaite qu'il batte à plein régime en 2026.

Enfin, ce coeur est un magnifique cadeau fait par l'artiste à l'un de ses plus proches amis, Pontus HULTEN. Une splendide exposition temporaire était d'ailleurs installée au Grand Palais en l'honneur de ces deux compères avec, en plus, Jean TINGUELY, une exposition que j'ai eu la chance de visiter en charmante compagnie. Il est dédicacé par Niki DE SAINT PHALLE. Comme lui, je vous souhaite de recevoir tout au long de cette année des présents d'être chers à votre coeur.

Ce coeur, il viendra orner toutes ces oeuvres EXTRAordinaires que je partagerai avec vous en 2026, des livres en particulier. A chaque année son image, souvenez-vous des éditions précédentes : 

Le coeur végétal du Clos Lucé d'Amboise en 2025

Cristina SAMPAIO en 2024

Aleksandra SOBOL en 2023

Botero Pop en 2022

Marie MONRIBOT en 2021

Banksy en 2020

Nicolas PICHON en 2019...

Mon petit doigt me dit qu'il pourrait revenir très vite dans les publications... On se dit à bientôt alors !

 

Voir les commentaires

Girl Gift Template by Ipietoon Blogger Template | Gift Idea - Hébergé par Overblog