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2026-01-15T07:00:00+01:00

Mon vrai nom est Elisabeth d'Adèle YON

Publié par Tlivres
Mon vrai nom est Elisabeth d'Adèle YON

Parce que j'ai très envie de nourrir le souvenir de lectures inoubliables en 2026, j'ai choisi aujourd'hui une citation extraite du livre d'Adèle YON : "Mon vrai nom est Elisabeth", un livre inclassable, un coup de coeur 2025.

Cette référence du #bookclub est gravée dans mon coeur.

D'abord, parce qu'il parle de santé mentale. Sur le chemin de ses origines, Adèle YON mène l'enquête. A travers la vie d'Elisabeth dont le simple prénom est tabou dans la famille, elle retrace l'Histoire de cette pathologie et des traitements expérimentés sur des femmes, parce que c'est bien d'elles qu'il est question, les femmes !

Ensuite, parce qu'il est foisonnant de styles. Adèle YON, dont c'est le premier livre, transcende les registres pour nous offrir une oeuvre riche, diverse, variée. Le poids des mots n'en est que plus fort.

Et puis, l'écrivaine sort des sentiers battus pour nous emmener sur la voie d'autres approches. Ce qui me terrifie toujours, c'est la transmissions de génération en génération, la transmission inconsciente des traumatismes. Là, Adèle YON va plus loin. Elle appréhende le corps comme un média. La citation en donne toute la dimension.

Bref, si le sujet vous intéresse, ne vous posez pas de question, optez pour Le Grand Prix des Lectrices Elle 2025, le Prix Régine Deforges, le Prix Littéraire du Nouvel Obs, le Prix Essai France Télévisions... Ce livre est un coup de coeur !

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2026-01-14T13:09:38+01:00

Mammouth d'Alex WILLMORE

Publié par Tlivres
Mammouth d'Alex WILLMORE
 
Cet album jeunesse est le premier coup de cœur de mon petit-fils emprunté à la Bibliothèque Saint-Éloi, l'occasion d'un petit clin d'œil à l'équipe.
 
Avec "Mammouth" d'Alex WILLMORE, nous partons en expédition au pôle sud avec une équipe d'explorateurs en quête de pingouins dont un petit homme qui, lui, affiche clairement sa préférence pour le mammouth. Il se retrouve seul dans ses recherches. Il a la surprise de rencontrer un spécimen des plus burlesques, il porte des lunettes de soleil et fait du skate !
 
Cet album, mon petit-fils l'adore. Nous en sommes à la énième lecture !
 
Peut-être pour la couleur du mammouth, orange, qu'il est facile de repérer même quand il est dessiné en toute petite taille.
 
Peut-être pour ses accessoires aussi, imaginez un mammouth portant un tutu de danse, des palmes et un masque quand il troque son skate pour s'offrir une baignade. Il a même un chapeau sous l'eau.
 
Peut-être aussi parce que nous accompagnons le petit homme criant "Mammouth" chaque fois que l'animal apparaît.
 
Peut-être encore pour toutes les ritournelles du scénario. L'enfant se prend au jeu et attend la lecture en connaissant, chaque fois, la première partie du texte.
 
Peut-être pour la fin de l'histoire, tellement fantaisiste et mignonne à la fois.
 
À moins que ça ne soit pour les illustrations, pleine page. On en prend plein les yeux. Leur découpage en saynètes contribue à donner du rythme.
 
Vous l'aurez compris, c'est une excellente référence.

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2026-01-10T09:06:24+01:00

Mes 4 premières bulles de joie de l'année 2026

Publié par Tlivres
Mes 4 premières bulles de joie de l'année 2026
Nora HAMZAWI évoque des "bulles de joie" dans son spectacle.
 
J'aime bien l'expression, je vais lui emprunter pour qualifier mes 4 premières belles découvertes de l'année 2026, 3 "romans adulte" et "1 album jeunesse" :
 
 
L'année promet d'être belle.
En attendant, excellent week-end.

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2026-01-09T07:00:00+01:00

Idiss de Robert BADINTER

Publié par Tlivres
Idiss de Robert BADINTER

Éditions Fayard

Robert BADINTER, décédé le 9 février 2024, panthéonisé le 9 octobre 2025, repose au cimetière de Bagneux dans la banlieue sud de Paris avec notamment sa grand-mère maternelle, à qui il a rendu un vibrant hommage avec un roman qui se veut pour partie une biographie et pour partie le fruit de ses rêves.

Idiss est née en Bessarabie en 1863. Elle a épousé son mari, Schulim, parti à l'armée alors qu'ils avaient deux jeunes enfants à nourrir, Avroum et Naftoul. Accueillie par ses beaux-parents, de pauvres gens, elle contribue aux ressources du foyer en vendant des articles de broderie et quelques activités de contrebande. Au retour de Schulim, femme et enfants retrouvent leur maison, une petite fille naîtra un an plus tard, Chifra, la mère de Robert BADINTER. Devant la persécution des juifs et les problèmes financiers liés aux jeux d'argent de Schulim, la decision est prise de quitter le pays pour rejoindre les deux garçons partis à leur majorité à Paris. Là, pour tous, une nouvelle vie commence.

Le portrait de cette grand-mère est très attendrissant. Robert BADINTER, son petit-fils, lui voue une profonde estime et lui témoigne d'une très belle preuve d'amour. Il est sensible à sa force, sa personnalité, et aux instants de douceur aussi qu'elle lui a procurés. Comme j'ai aimé ce passage autour de son parfum...

 


J'ai conservé le souvenir du parfum d'eau de Cologne dont elle se versait deux gouttes derrière les oreilles avant de "sortir", comme elle disait. Ce parfum-là, quand il m'arrive d'en percevoir l'odeur des décennies plus tard, évoque son visage penché vers moi pour me donner un dernier baiser. Je ferme les yeux. C'est mon enfance revisitée. P. 145

Mais rien ne saurait effacer de la douleur endurée chaque jour depuis la mort de son mari d'un cancer à l'âge de 54 ans. Robert BADINTER emploie une expression que je n'avais encore jamais lue je crois. Sa grand-mère vivait en "mutilée de l'amour".

Et plus encore, le spectre de la menace pesant sur le peuple juif. Une nouvelle fois, j'ai été frappée par la persécution de la communauté depuis la nuit des temps.


Si l'on tolérait individuellement les juifs qu'on connaissait, les communautés juives étaient rejetées collectivement. P. 24

Alors que la famille est arrivée en France et que la naturalisation de la famille de Chifra-Charlotte est officialisée, le gouvernement de Vichy décide en 1940 de les annuler. Ils deviennent apatrides, un terme si souvent associé au peuple juif, où qu'il vive sur la terre.

Robert BADINTER, élevé avec son frère Claude, par une mère soucieuse de leur intégration dans la société française et leur réussite scolaire, vouera toute sa vie et toutes ses forces à la défense des droits humains. Il semble bien qu'il ait moins tiré de l'autorité maternelle que de l'inspiration grand-maternelle pour construire ses ambitions et mener ses conbats.

Magnifique livre écrit dans une plume fluide et émouvante.

Il me reste maintenant à découvrir la BD inspirée de ce récit de Fred BERNARD et Richard MALKA, Richard MALKA dont vous vous souvenez peut-être de sa nuit passée au Panthéon. Le monde est petit, non ?

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2026-01-08T07:00:00+01:00

Là où je me terre de Caroline DAWSON

Publié par Tlivres
Là où je me terre de Caroline DAWSON

Avec cette nouvelle année 2026, j'ai décidé de reprendre le rythme des citations du jeudi, histoire de nourrir le souvenir de lectures tellement appréciées.

Pourquoi ne pas commencer avec un extrait de "Là où je me terre" de Caroline DAWSON, une référence du #bookclub ?

Ce livre, en plus de la présentation de Camille, il m'avait séduit par son titre. Je trouvais le jeu de mot tellement ingénieux. 

Bonne pioche si vous aimez explorer le champ de la langue, l'occasion d'un petit clin d'oeil à Alexandra KOSZELYK.

Donc, j'en reviens à cette citation.

Pourquoi elle ? Et bien parce que, Caroline DAWSON, à travers sa biographie, un roman d'autofiction, elle m'a littéralement bouleversée, déclarant ne plus connaître les berceuses chantées en chilien par sa mère lorsqu'elle était petite enfant, condamnée à chanter l'alphabet à son propre petit garçon. 

Le constat de la langue maternelle reléguée à l'intimité m'a brisé le coeur. Pourtant, n'est-ce pas ce que vivent toutes celles et tous ceux qui ont quitté leur pays, leurs racines, leurs coutumes, pour y substituer les éléments culturels du pays d'accueil ?

Si le sujet vous intéresse, je vous invite à lire "Là où je me terre" de Caroline DAWSON, c'est une lecture #coupdepoing. 

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2026-01-07T18:00:00+01:00

Le lion et l'oiseau de Marianne DUBUC

Publié par Tlivres
Le lion et l'oiseau de Marianne DUBUC
 
Ce livre, c'est mon petit-fils qui l'a choisi. Il a un peu plus de 2,5 ans et il l'a beaucoup aimé.
 
Tout commence avec l'activité de jardinage du lion (mi homme-mi lion). Il ramasse les feuilles tombées. Nous sommes en l'automne. Et là, que découvre-t-il, un oiseau blessé piaillant. Le lion commence par lui poser un bandage. C'est à ce moment que la colonie des oiseaux migrateurs s'envole vers d'autres horizons, l'oiseau reste seul avec le lion qui l'invite à entrer dans sa maison. Une relation d'amitié va bientôt s'établir entre le lion et l'oiseau. L'hiver venu, ils profitent tous deux du confort et de la chaleur du foyer. Avec le printemps, les premières fleurs sont annonciatrices du retour de la colonie des oiseaux migrateurs. L'oiseau guéri part retrouver ses amis, laissant le lion seul tout l'été. La vie est toutefois pleine de surprise !
 
J'ai beaucoup aimé découvrir ce livre avec mon petit-fils.
 
D'abord, les illustrations sont très belles, en alternance sur des doubles pages entièrement colorées alors que d'autres figurent dans des bulles sur fond blanc. Avec très peu de texte, toute l'histoire repose sur les dessins, quel talent !
 
Le rythme des saisons vient ponctuer cette histoire, des repères bien ancrés chez les petits. Il n'y a plus alors qu'à tourner les pages !
 
Et puis, il y a la beauté des messages : la relation d'amitié malgré les différences entre un lion et un oiseau, le soin porté à un oiseau blessé, l'hospitalité du lion accueillant son nouvel ami dans son intimité, le sens de la vie...
 
Il y a encore l'expression des émotions : l'inquiétude du lion devant l'état de santé de l'oiseau blessé, la confiance dans le bandage réalisé pour guérir l'oiseau, la joie de se retrouver tous les deux sous un même toit, bien au chaud, et de faire des activités ensemble, la tristesse de voir l'oiseau guéri retrouver ses compagnons de vol...
 
Il y a, pour terminer, la fin de l'histoire, une fin pleine de douceur et de tendresse.
 
Bref, très bon premier choix !
 
J'en profite pour saluer l'équipe de la bibliothèque municipale Saint-Eloi 😉

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2026-01-06T07:00:00+01:00

La Petite Bonne de Bérénice PICHAT

Publié par Tlivres
La Petite Bonne de Bérénice PICHAT
 
Quel livre, mais quel livre !
 
Le Book Club me transporte, m'émeut, me bouleverse, me happe... Là, le premier roman de Bérénice PICHAT : "La Petite Bonne".
 
Nous sommes dans les années 1930. "La Petite Bonne" travaille entre autres chez la famille Daniel. Elle est courageuse et digne de confiance. Madame Daniel accepte l'invitation d'une amie. Elle part 3 jours en Normandie. Elle confie son mari, un blessé de guerre, aux soins de la jeune femme. Cette parenthèse, un moment de répit pour elle, un lent apprentissage pour eux, va se révéler pleine de surprises d'une profonde humanité.
 
Je ne savais absolument pas à quoi m'attendre en choisissant ce livre sur la table des références littéraires si ce n'est une forme originale.
 
C'est effectivement le premier contact avec la narration qui est saisissant. Bérénice PICHAT excelle dans le jeu de l'écriture à plusieurs voix, deux en vers libres, l'une alignée à gauche, l'autre à droite, une troisième en prose. J'ai été happée par le rythme des vers libres. Si je crois parfois manquer de sensibilité devant la poésie, là, j'ai été séduite de bout en bout. Je me suis prise au jeu d'une lecture tantôt accélérée, tantôt ralentie, par des mots ou des groupes de mots, savamment choisis et parfaitement orchestrés. L'absence totale de ponctuation oblige à trouver la cadence à l'image d'une danse, à s'adapter, à vivre. L'exercice est prodigieux, le résultat magistral.
 
Et puis il y a l'histoire, la petite qui incarne la grande. Derrière le personnage de Monsieur Daniel se cachent toutes les "gueules cassées" de la première guerre mondiale.
 
Le huis clos dans lequel se retrouvent, pendant trois jours, un homme blessé, mutilé, handicapé, avec une bonniche comme elle s'appelle elle-même, une jeune femme que les épreuves de la vie ont façonnée, est absolument jubilatoire.
 
L'écrivaine cadence les événements pour progressivement en faire croître l'intensité. Le suspense est à son comble à trois pages de la fin. Juste vertigineux.
 
Et puis, Bérénice PICHAT ponctue les 267 pages de moments d'une pure beauté, des moments de grâce absolument sublimes.
 
La plume éminemment descriptive de Bérénice PICHAT se prêterait parfaitement au 7e art, les images, je les ai vues passer sous mes yeux. Le décor de cette maison, les scènes de grande proximité, de complicité aussi, je les ai à l'esprit. Elles sont ancrées (encrées aussi) dans ma mémoire.
 
Vous l'aurez compris, il y est question de la condition des femmes, modestes, au service des bourgeois, exposées aux risques des plus forts, dans leur vie privée aussi parce que femmes. Il y est évoqué aussi le sort de ces hommes qui sont allés au front pour sauver leur patrie. Ils sont rentrés des tranchées, mutilés. Rien, pas même les médailles, ne saurait leur rendre leur statut d'avant. Et, cerise sur le gâteau, il y est abordé le pouvoir et la puissance de la musique.
 
Ce livre est une lecture coup de poing. J'en sors K.O.. Je suis littéralement tombée sous le charme. Chapeau Madame PICHAT pour ce chef d'œuvre.
 
Je ne suis pas la seule à le dire. Les libraires l'ont couronné de leur prix en 2025, comme le furent précédemment Eric CHACOUR pour "Ce que je sais de toi", Gilles MARCHAND pour "Le soldat désaccordé", Marie VINGTRAS pour "Blizzard", Miguel BONNEFOY pour "Héritage", Franck BOUYSSE pour "Né d'aucune femme", Gaëlle NOHANT pour "Légende d'un dormeur éveillé"... et bien d'autres encore. Quelle plus belle récompense pour ce premier roman !
 
Enfin, un petit mot du bandeau du roman édité chez Les Avrils. Il montre le visage d'une femme, de profil, les yeux clos, une main tenant son front. Il s'agit d'une oeuvre d'Aristide MAILLOL qui orne aussi la version publiée par Le Livre de Poche, en librairie depuis le 2 janvier 2026. A offrir sans modération. 

 

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2026-01-05T12:35:00+01:00

Belle année 2026

Publié par Tlivres
Belle année 2026

Quelle plus belle manière que de retenir l'affiche signée de Niki DE SAINT PHALLE de l'exposition organisée en 1992 par son ami Pontus HULTEN en ouverture de l'institution, la Kunst-und-Austellungshalle der Bundesrepublik Deutschland de Bonn, pour vous souhaiter une très belle année 2026 !

D'abord, sur cette affiche, il y a ce coeur, une forme régulièrement explorée par l'artiste franco-américaine que j'adore, vous le savez pour celles et ceux qui me suivent depuis quelques temps déjà. Le coeur, c'est le symbole de l'amour, je vous souhaite qu'il soit passionné.

Et puis, à l'intérieur de ce coeur, il y a des représentations chères à la créatrice. C'est un coeur foisonnant avec une "Nana", et pas n'importe laquelle, "Miss Black Power" de 1968. Il y a encore la référence à ses tirs sur des ballons remplis de peinture pour colorer ses toiles et autres collages, blancs. Il y aussi la mention de son "Tarot Garden", le jardin italien dans lequel sont installées des structures monumentales et que je rêve de visiter. Il y cette tête en bas du "Pendu" et de "L'Upside down Nana". Il y a "L'homme sage". Bref, Niki DE SAINT-PHALLE nous offre un panel de son registre artistique donnant à la vie une diversité de postures, d'approches et de regards. Je vous souhaite une année riche de petits plaisirs et de grands bonheurs.

Il y a encore les contours du coeur, joliment dessinés, comme ce que l'on suppose être des veines et des artères pour irriguer l'ensemble. Parce qu'un coeur, a besoin de sang, son carburant, son énergie. Je vous souhaite qu'il batte à plein régime en 2026.

Enfin, ce coeur est un magnifique cadeau fait par l'artiste à l'un de ses plus proches amis, Pontus HULTEN. Une splendide exposition temporaire était d'ailleurs installée au Grand Palais en l'honneur de ces deux compères avec, en plus, Jean TINGUELY, une exposition que j'ai eu la chance de visiter en charmante compagnie. Il est dédicacé par Niki DE SAINT PHALLE. Comme lui, je vous souhaite de recevoir tout au long de cette année des présents d'être chers à votre coeur.

Ce coeur, il viendra orner toutes ces oeuvres EXTRAordinaires que je partagerai avec vous en 2026, des livres en particulier. A chaque année son image, souvenez-vous des éditions précédentes : 

Le coeur végétal du Clos Lucé d'Amboise en 2025

Cristina SAMPAIO en 2024

Aleksandra SOBOL en 2023

Botero Pop en 2022

Marie MONRIBOT en 2021

Banksy en 2020

Nicolas PICHON en 2019...

Mon petit doigt me dit qu'il pourrait revenir très vite dans les publications... On se dit à bientôt alors !

 

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2025-12-31T07:00:00+01:00

Plus loin qu'ailleurs de Chabouté

Publié par Tlivres
Plus loin qu'ailleurs de Chabouté
Éditions Vents d'Ouest
 
Première référence du Café littéraire de la bibliothèque Saint-Eloi, bonne pioche avec la dernière BD de Chabouté, "Plus loin qu'ailleurs". Et dernière publication de l'année !
 
Alexandre Bouillot travaille de nuit. Il assure la sécurité d'un parking souterrain depuis 28 ans. Il n'a jamais pris de vacances. Mais là, c'est décidé, il part pour l'Alaska, il prend l'avion pour Anchorage et part ensuite faire un trek avec une agence de voyage. Enfin, ça c'était ce qui était prévu. En arrivant à l'aéroport, il découvre que la compagnie qui lui a vendu les billets d'avion a fait faillite. Plus aucun avion n'a le droit de voler En prenant l'escalator du retour, il trébuche et se blesse. Transporté à l'hôpital, il en ressort avec des béquilles. Il prend un taxi et au lieu de s'arrêter devant chez lui comme il l'avait prévu, il demande au conducteur de faire quelques mètres supplémentaires pour le déposer à l'hôtel. Là, il demande une chambre où il va séjourner le temps de sa convalescence. Dès lors, c'est un tout nouveau voyage qui commence !
 
Alexandre va s'approprier progressivement son environnement, celui qu'il n'a jamais vu que la nuit.
 
Il va aussi prendre son temps pour regarder les femmes, les hommes et les enfants qui font société autour de lui.
 
Il va s'essayer à entrer en contact avec eux.
 
Chabouté nous livre une BD documentaire, un album qui rend compte de notre vie d'aujourd'hui. C'est à la fois profondément touchant mais aussi tellement terrifiant.
 
Heureusement, le dessinateur choisit d'y mettre un peu de couleur, avec parcimonie, juste là où il faut et avec les formes qu'il faut. 
Plus loin qu'ailleurs de Chabouté
Quel talent !
 
J'ai été profondément sensible à la beauté de cet album. Quelle plus jolie manière de clôturer 2025 ! 

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2025-12-29T17:46:21+01:00

Frida KAHLO illustrée par Benjamin LACOMBE

Publié par Tlivres
Frida KAHLO illustrée par Benjamin LACOMBE

De Benjamin LACOMBE, je ne connaissais rien avant cette exposition, "Songes de papier", à la Collégiale Saint-Martin. Je suis sortie de cette visite émerveillée par son registre artistique.

Revisitant tout à tour les contes de Disney, il donne des personnages une représentation hors du commun.

Personnellement, ma toile favorite est ce portrait de Frida KAHLO, sublime, grand format, bénéficiant de la hauteur de plafond et de l'architecture d'un bras du transept. 

Il est coloré et fleuri comme l'est l'univers de l'artiste peintre mexicaine. Benjamin LACOMBE ne manque de faire référence aussi aux blessures de Frida KAHLO liées à ce terrible accident de bus dont elle fut victime.

Cette création est l'occasion d'honorer son travail et de se remémorer "Rien n'est noir" de Claire BEREST, un coup de ❤️

Ce portrait est ma #lundioeuvredart.

Si vous êtes sur Angers avec enfants et/ou petits-enfants, faites le détour 😀

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2025-12-26T19:09:21+01:00

Quatre jours sans ma mère de Ramsès KEFI

Publié par Tlivres
Quatre jours sans ma mère de Ramsès KEFI
 
Nouvelle pépite du Book club : "Quatre jours sans ma mère" de Ramsès KEFI
 
Dans ce premier roman, Ramsès KEFI nous entraîne dans La Caverne, un quartier populaire en périphérie de Paris. C'est là que vit Salmane, un homme de 36 ans. Un master d'histoire ancienne en poche, il travaille le jour dans un fast-food. Il occupe ses nuits avec les copains de la cité, notamment Archie, un pote de longue date. Hédi Gammoudi, son père, et Amani, sa mère, sont tous les deux des orphelins. Ils sont arrivés de Tunisie. Ils ont bâti cette vie jusqu'au jour où Amani disparaît. Là, le vernis craquelle !
 
Dans cette histoire, une fiction, Ramsès KEFI explore les relations familiales établies de longue date autour de ce trio d'adultes. J'ai été profondément touchée par cette citation :


Ni ancêtres, ni tombes à fleurir, ni maison, ni grands récits pousse-aux-larmiches : nous sommes les trois premières feuilles d'un arbre généalogique qui a repoussé au milieu de sept tours. P. 87

Elle donne à voir cette nouvelle vie que doivent commencer les immigrés, loin de chez eux, de leurs parents/tantes et oncles/cousines et cousins, une vie dont toutes les fondations sont à construire. Hédi et Amani ne pouvaient compter que sur eux. Comme j'ai aimé leurs moments de complicité sur le toit des barres d'immeubles à boire leur café, tous les deux seuls au monde, seuls au-dessus du monde. L'image est saisssante.
 
Chez Hédi et Amani, installés depuis longtemps, ayant travaillé toute leur vie, on aurait pu imaginer qu'ils allaient se la couler douce à la retraite. C'est pourtant une toute autre trajectoire que va prendre la famille, vertigineuse.
 
Le roman est haletant. Non seulement le suspense de la disparition de la mère crée un climat de tension, mais en plus, ce sont les comportements du père, bouleversants, qui vont faire monter crescendo la pression.
 
Et puis, il y a la révélation d'un secret. Souvent amenée par les autrices et les auteurs comme la chute, en fin de roman, là elle arrive beaucoup plus tôt et donne le temps d'analyser les impacts, d'en ressentir tous les soubresauts, d'en mesurer les effets sur des individus que l'on croyait connaître et qui se dévoilent sous un autre jour, le côté face après le côté pile.
 
Excellent premier roman, la plume est prometteuse. Je ne suis d'ailleurs pas la seule à le dire. Ramsès KEFI est lauréat du Prix Première Plume 2025 justement , comme le furent Éric CHACOUR pour "Ce que je sais de toi", Anthony PASSERON pour "Les enfants endormis", Victoria MAS pour "Le bal des folles", Adeline DIEUDONNÉ pour "La vraie vie", Caroline LAURENT et Evelyne PISIER pour "Et soudain la liberté"... 

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2025-12-15T07:00:00+01:00

Passeport d'Alexis MICHALIK

Publié par Tlivres
Crédit Photo : Alejandro GUERRERO

Crédit Photo : Alejandro GUERRERO

Ma #lundioeuvredart, je l'ai choisie dans les arts vivants. Il s'agit de la pièce de théâtre d'Alexis MICHALIK, "Passeport", jouée au Théâtre d'Angers.
 
Je vous livre quelques éléments du scénario : "Issa, jeune Érythréen, laissé pour mort dans la « jungle » de Calais, a perdu la mémoire. Alors que le seul élément tangible de son passé est son passeport, il entame une longue quête semée d’embûches afin d’obtenir un titre de séjour, entouré de compagnons d’infortune."
 
Vous vous souvenez de ce camp et des bidonvilles de Calais, accueillant des réfugiés, des migrants venus d'ailleurs, arrivés dans le nord de la France avec pour seul espoir de se rendre en Angleterre, à la vie à la mort.
 
Alexis MICHALIK en a fait un spectacle composé de mille et un tableaux se succédant à un rythme fou, des tableaux interprétés par d'extraordinaires comédiens. Ils sont 9 sur scène à  cumuler les rôles. Il ne leur faut qu'une fraction de secondes pour changer de costume et se retrouver à jouer un autre personnage. 
 
Tous les clichés sont revisités, de quoi questionner, interroger, faire réfléchir sur ces petites phrases assassines au service d'une idéologie populiste. 
 
Si Alexis MICHALIK se défend de proposer un spectacle militant, il n'en demeure pas moins l'auteur d'un acte politique, un acte posé pour ne pas oublier que tous étaient des femmes et des hommes. Qu'il s'agisse des bénévoles assurant la cantine ou l'aide administrative sur le camp, des policiers assurant l'ordre public en frontière, des parents de Lucas, tous ont fait société. Alexis MICHALIK se fait le porteur d'un propos optimiste. 
 
J'ai été profondément touchée par la portée des mots, des saynètes, de la mise en scène. C'est un spectacle époustouflant, une véritable prouesse artistique. Bravo !

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2025-12-12T07:00:00+01:00

Là où je me terre de Caroline DAWSON

Publié par Tlivres
Là où je me terre de Caroline DAWSON
Caroline DAWSON est décédée en 2024 à l'âge de 45 ans. "Là où je me terre" est publié en France en mars 2025 par les éditions de L'Olivier. D'origine chilienne, dans une auto fiction, elle retrace sa vie depuis sa plus tendre enfance jusqu'à la trentaine, devenue sociologue, mère un fils d'un papa suédois, enceinte d'une petite fille.
 
À la fois roman d'apprentissage et récit d'une histoire vraie, Caroline DAWSON illustre le rapport au territoire. Résonnent alors les propos du podcast "La suite dans les idées" de France Culture du 23 octobre 2025 dans lequel Caroline IBOS, sociologue du politique et du genre, explique l'illusion de la neutralité, toute posture, tout avis, tout jugement étant situés, c'est-à-dire conditionnés par le territoire, ancrés dans une terre. Je m'émerveille toujours de la synchronicité, quel plus bel exemple encore que de voir un podcast profondément en lien avec le livre que je lis...
 
Caroline DAWSON avait 7 ans quand sa famille a fui la dictature de Pinochet, un départ du pays d'origine comme un instinct de survie, un départ dont les conséquences irrigueront l'existence de toute une famille, à la vie à la mort.


Je n'avais que mes frères, mon père et ma mère. Je savais la douleur de de mes parents d'être loin des leurs, je savais ce que c'était que de grandir sans grand-mères, ni grand-pères, tantes et cousins parce que nous avions été déracinés. P. 121

Devenue adulte, femme, mère, sociologue, écrivaine, épouse d'un homme suédois, au fil d'anecdotes, elle nous raconte son rapport à la société en tant qu'immigrante. Ce mot utilisé au Canada pour nommer les personnes exilées représente la politique d'intégration québécoise. Il n'a rien à voir avec celui d'immigré utilisé en France et pourtant... je crains que cet écart entre les deux cultures ne soit universel.
 
Mais là où Caroline DAWSON me bouleverse, c'est quand elle raconte à quel point le transfuge de classe n'est rien à côté d'une couleur de peau "basanée" dans un monde peuplé de bancs.
 
J'ai aussi été profondément troublée par ce qu'elle dit de la langue...


Nous n'avons jamais cessé de parler notre langue maternelle à la maison, mais avec le temps, elle est devenue intime, reléguée au domaine familial. Mes parents voulaient que leurs enfants s'intègrent. Ils désiraient un meilleur avenir pour nous, et ça passait nécessairement par un détachement de nos racines, par une atténuation de ce que nous étions. Nous ne renierions jamais nos origines, mais nous avons appris à les garder dans le domaine privé, dans le tiroir folklorique secret, au fin fond de la sphère domestique. P. 206

au point où, devenue mère, elle se retrouve confrontée à chanter l'alphabet à son enfant, par oubli des berceuses chantées en chilien par sa propre mère.
 
Derrière ses racines, son statut, elle choisit son combat, celui des invisibles, des dominés. Elle écrit : "Là où je me terre", cette phrase devenue le titre du roman.
 
Ce livre c'est une lecture coup de poing. Une nouvelle référence du Book club, j'adore.

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2025-12-05T18:57:36+01:00

Pause concert de l'ONPL

Publié par Tlivres
Pause concert de l'ONPL

Parce que l'on a tous besoin d'une pause pour déjeuner ou s'aérer les neurones avec une activité sportive ou culturelle le midi, l'ONPL a créé la Pause Concert, quelle plus belle idée !

45 minutes, de 12h30 à 13h15.

Jeudi 4 décembre, ils étaient 9, puis 10, musiciennes et musiciens, chacune, chacun avec son instrument à vent (une flûte, une clarinette, un hautbois, un basson ou un cor) pour interpréter des oeuvres de Charles GOUNOD et André CAPLET, compositeurs français tous deux lauréats de la plus haute distinction en matière de composition, le prestigieux Grand Prix de Rome.

Ces morceaux font partie du registre de la musique de chambre. 

Les deux hommes ont souhaité mettre à l'honneur les instruments à vent.

J'avoue avoir eu une petite préférence pour les interprétations des compositions de Charles GOUNOD, il y a un brin de fantaisie, de légèreté, de rythme, on se croirait en pleine campagne, au milieu d'un champ de fleurs, avec abeilles et papillons à voler gaiement. D'ailleurs, je vous propose d'écouter sa "Petite symphonie", une pépite. Envoûtement garanti.

Le final, prodigieux, a été consacré à une composition de Franz SCHUBERT, "La marche militaire", histoire de revigorer le public et le laisser repartir avec énergie.

Bravo aux artistes : 

Gilles Bréda et Amélie Feihl, flûtes
Seong Young Yun et Jean-Philippe Marteau, hautbois
Sabrina Moulaï et Enzo Ferrarato, clarinettes
Gaëlle habert et Jean Detraz, bassons
Nicolas Gaignard et Florian Reffay, cors

Si vous êtes sur Angers ou Nantes et que le coeur vous en dit, la prochaine Pause concert sera programmée du 10 au 12 février 2026.

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2025-12-02T18:11:06+01:00

La maison vide de Laurent MAUVIGNIER

Publié par Tlivres
La maison vide de Laurent MAUVIGNIER
 
S'engager dans la lecture d'un roman de Laurent MAUVIGNIER c'est assurément embarquer pour quelques heures (que dis-je, quelques dizaines d'heures), s'immerger dans la vie quotidienne de personnages dont les sentiments et les émotions sont savamment détaillés, se laisser porter par des phrases fleuves, se faire percuter par des événements dont la portée rayonne au-delà de ce que l'on est prêt à lire.
 
Tout commence avec cette commode située dans la maison familiale dont un angle est brisé. Étrange cette marque d'un passé inconnu ! Le narrateur, qui n'est rien d'autre que Laurent MAUVIGNIER lui-même, ne peut toutefois pas interroger son père. Il s'est suicidé d'une balle dans la tête quand son fils avait 16 ans. Il n'en faut pas plus pour un auteur de cette dimension pour se lancer dans l'écriture d'un pavé, 750 pages s'il vous plaît, pour rétracer l'histoire de quatre générations.


C'est parce que je ne sais rien ou presque rien de mon histoire familiale que j'ai besoin d'en écrire une sur mesure, à partir de faits vérifiés, de gens ayant existé, mais dont les histoires sont tellement lacunaires et impossibles à reconstituer qu'il faut leur créer un monde dans lequel, même fictif, ils auront eu chacun une existence. P. 616

Tout est axé autour des femmes. Il y a Ernestine dont une partie de l'enfance se passe au couvent. Il s'agit de bien l'éduquer pour lui assurer un bon mariage avec un riche notable ! C'est là qu'elle va apprendre à jouer du piano et poursuivre ses apprentissages auprès de Florentin dont elle va tomber éperdument amoureuse. Sa passion relève pourtant de l'interdit, il est déjà marié. La vie de Marie-Ernestine sera marquée à jamais par cette déception amoureuse, la sienne ainsi que celle de sa descendante : Marguerite, la grand-mère de l'auteur.
 
Ce roman aurait pu en être quatre, un pour décrire chacune des quatre générations dont l'histoire devient à elle-seule un roman social. Laurent MAUVIGNIER sait, comme personne d'autre, décrire une époque dans un foisonnement de détails tout en mettant du rythme pour ne pas ennuyer son lecteur.
 
Avec, en toile de fond la grande Histoire, notamment deux guerres mondiales, l'auteur confronte les destins de gens ordinaires aux conditions de vie du moment, les us et coutumes, le contexte économique, politique....
 
La condition des femmes est minutieusement traitée dans cette saga familiale pour donner à voir son évolution au fil du XXe siècle et en mesurer les impacts sur les enfants, petits-enfants, arrières petits-enfants... dont lui-même, Laurent MAUVIGNIER, cherche à libérer la parole, dévoiler des secrets dans ce qu'il y a de plus intime.
 
Comme j'ai aimé ces personnages grandissant dans l'univers de cette maison. J'ai entendu le silence, j'ai respiré la poussière des vieilleries. J'étais dedans, prise au collet par une plume éminemment brillante. Rien de compliqué ou d'élitiste, non, juste des mots qui vous vont droit au cœur, des mots qui nourrissent un récit, des mots qui resteront gravés à jamais dans ma mémoire.
 
Bravo Monsieur MAUVIGNIER pour le #PrixGoncourt qui vient honorer la qualité de votre écriture, ce roman et les autres. C'est aussi l'occasion d'un petit clin d'oeil à La Cohue et l'association Les Bouillons de Cube.

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2025-12-01T17:45:00+01:00

Ganesh II de Niki DE SAINT-PHALLE

Publié par Tlivres
Ganesh II de Niki DE SAINT-PHALLE

Si découvrir le salon du livre jeunesse de Montreuil avec ma fille et mon petit-fils était pour moi un immense bonheur, que dis-je, un privilège, la cerise sur le gâteau fut la visite de l'exposition temporaire consacrée au trio d'artistes - Niki DE SAINT-PHALLE, Jean TINGUELY et Pontus HULTEN - au Grand Palais.

Vous connaissez ma passion pour la femme, l'artiste peintre, sculptrice, plasticienne... Niki DE SAINT-PHALLE, franco-américaine. Vous vous souvenez bien sûr de quelques unes de ses oeuvres mises à l'honneur : 

L'Arbre-serpents installé sur Angers,  

Vive l'amour

Les Trois Grâces

Joie de vivre...

et de ses biographies : 

Saint Phalle, monter en enfance de Gwenaëlle AUBRY

Trencadis de Caroline DEYNS

dans lesquelles Jean TINGUELY occupe une place toute particulière.

Ce qui l'était moins, c'était l'amitié incommensurable qui les liait, tous les deux, à Pontus HULTEN, notamment Impasse Ronsin, cette venelle parisienne animée par une effervescence créative et mise en images par Céline SALLETTE, réalisatrice du film "Niki DE SAINT PHALLE" en 2024.

Pontus HULTEN, donc, était conservateur de musée. Il était suédois. Il fut associé dès 1974 à la création du Musée national d'art moderne du Centre Pompidou. Il en sera le premier directeur de 1977 à 1981. Il consacrera d'ailleurs une exposition à Niki de SAINT PHALLE pendant l'été 1980, ma première rencontre avec le lieu et l'artiste !

Vous savez que le musée du Centre Pompidou se refait une beauté sur 5 années. L'exposition du Grand Palais est réalisée en lien étroit avec l'édifice qui s'offre en France et à travers le monde une Constellation, rien de moins, le moyen de faire rayonner son esprit et nous mettre des étoiles plein les yeux.

Parce que choisir, c'est renoncer, j'ai retenu parmi toutes les découvertes d'hier ma #lundioeuvredart parmi les créations de Niki DE SAINT PHALLE, une oeuvre qui permet d'illustrer ce que les deux hommes lui ont apporté de plus beau. 

"Ganesh II", c'est l'illustration parfaite du mouvement. Cette réalisation, qui date de 1992, est composée de 5 morceaux, à l'image des 5 continents du monde. Sur un fond fuchsia, Niki de SAINT PHALLE, initiée aux machines et leurs rouages par Jean TINGUELY (décédé l'année précédente), anime son oeuvre avec un jeu de déplacement savamment orchestré, chaque morceau ayant sa propre trajectoire pour venir composer un ensemble des plus flamboyants.

Fidèle à elle-même, Niki DE SAINT PHALLE mixe les matériaux : la peinture, le bois et le métal. Elle varie les couleurs aussi, chatoyantes toujours.

Cette oeuvre fait référence à la mythologie hindoue. Ganesh, ou Ganesha, est l'un des dieux les plus populaires en Inde. Il est représenté avec une tête d'éléphant. Il symbolise la prospérité, la sagesse et la maîtrise des obstacles. 

A l'image des morceaux qui sortent du cadre, j'y vois aussi la représentation du rôle de l'artiste, de celui qui s'affranchit des limites.

Vous l'aurez compris, cette création a capté mon attention. Et je n'ai pas été la seule !

Si vous avez envie de la voir, rendez-vous au Grand Palais. Le 5 janvier, il sera trop tard.

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2025-11-12T18:00:00+01:00

Là où tu vas d'Etienne DAVODEAU

Publié par Tlivres
Là où tu vas d'Etienne DAVODEAU
 
Vous aviez entendu parler de la sortie de la dernière BD d'Etienne DAVODEAU ?
 
Moi pas. Bien m'en a pris de passer à La Cohue et de m'intéresser à cette BD surplombant les romans de la rentrée littéraire. J'ai reconnu immédiatement le style du scénariste et de l'illustrateur.
 
Vous vous souvenez peut-être de "Lulu, femme nue", "Les Mauvaises Gens, une histoire de militants", "Les ignorants", "Le droit du sol, Journal d'un vertige"... et bien d'autres encore.
 
L'auteur de BD s'intéresse profondément aux métiers des autres. Il l'avait prouvé avec "Les ignorants". Mais si son ami, vigneron, Richard LEROY, avait rapidement accepté de relever le défi d'une initiation croisée, avec son épouse, Françoise, les négociations ont été plus difficiles.
 
Pour la deuxième fois dans leur vie, elle lui a finalement dit oui !
 
Étienne DAVODEAU, à travers différents portraits, explique ce qu'apporte Françoise aux personnes touchées par des pathologies neuro-dégénératives. Elle les accompagne dans leur vie quotidienne, partage avec eux des activités et nous initie aux termes de vocabulaires et aux pratiques professionnelles.
 
Et puis vient le moment où la BD devient militante. Souvenez-vous de cette BD "Le droit du sol, Journal d'un vertige", Étienne DAVODEAU n'avait pas hésité à mettre son talent au service de la défense de la planète. Là, il s'agit de porter à la connaissance des femmes et des hommes les pathologies dont nos congénères sont porteurs.
 
Si les personnages inspirés de ceux réellement rencontrés par Françoise sont profondément émouvants, celui de Cédric m'a fait franchir un palier. Les témoignages se multiplient pour montrer, chacun, le besoin de se rapprocher des structures adaptées et profiter de l'instant présent.
 
Avec la maison Carpe Diem au Québec, la méthode Montessori déclinée par Cameron CAMP pour les personnes âgées, la BD devient instructive en déployant le champ
de possibles en matière d'accompagnement. 
 
Le graphisme est délicat. Décliné dans des nuances de gris, il donne une dimension très humaine aux parcours de vie.
 
Si la maladie nous effraie, en clôturant le récit, j'ai l'impression d'être un peu moins démunie. J'ai dans tous les cas, passé un excellent moment de lecture.
 
Cette BD est une très belle idée de cadeau pour cette fin d'année.

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2025-10-17T17:15:00+02:00

Lumière ! de Stéphane LANDOWSKI et Maxence GAILLARD

Publié par Tlivres
c. Frédérique TOULET

c. Frédérique TOULET

Il y a différentes manières artistiques de revisiter l'histoire.
 
Il y a la littérature bien sûr à l'image du roman de Frédéric COUDERC "Les secondes chances", découvert récemment.
 
Il y a aussi les arts vivants. La pièce de théâtre d'ouverture de la saison 2025/2026 promet de belles perspectives. Elle est interprétée par Lauriane LACAZE, Lou LEFEVRE, Maxime GAILLARD, Guillaume D'HARCOURT, Mathias MARTY, Ethan OLIEL et Romain AR'AUD-KNEISKI.
 
Là, c'est l'histoire de l'ampoule électrique qui est au cœur du spectacle, à moins que ça ne soit les rivalités entre Thomas EDISON et George WESTINGHOUSE, deux ingénieurs en quête de conquérir le monde. Nous sommes aux Etats-Unis en 1878.
 
Cette pièce est particulièrement instructive sur une page de l'Histoire qui n'avait pas retenu mon attention par le passé, j'avoue. Mais sous la plume de Stéphane LANDOWSKI et dans une mise en scène de Maxence GAILLARD, cette invention prend une toute autre dimension.
 
Ce que j'ai beaucoup aimé, d'abord, c'est la reconnaissance du rôle des deux épouses dans la vie des deux hommes, en particulier Mary EDISON qui apparaît là comme formant un duo avec son mari dans l'invention de l'ampoule, le phonographe...
 
Elle mène aussi des combats, dans la rue et à l'intérieur de son foyer. Cette femme engagée milite contre la peine de mort. Allez voir ce spectacle quelques jours après la panthéonisation de Robert BADINTER relève d'une parfaite synchronisation !
 
Ce spectacle ne serait rien sans un brin de fantaisie et d'humour apportés par le personnage de Nikola TESLA, un inventeur d'origine serbe. Excentrique, lui veut "changer" le monde ! Jusqu'où iront-ils ?
 
Personnellement, je me suis fait cueillir par la deuxième partie du propos, je ne l'avais pas vu venir. C'est lumineux et tellement éclairant sur la nature humaine !
 
Bref, c'était un très bon spectacle, le ton est donné !

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2025-10-15T06:00:00+02:00

Les secondes chances de Frédéric COUDERC

Publié par Tlivres
Les secondes chances de Frédéric COUDERC
 
Quel plaisir de retrouver la plume de Frédéric COUDERC avec ce tout nouveau roman, historique : "Les secondes chances".
 
Tout commence avec le tableau d'un peintre italien, "Judith" de Giorgione, un peintre de la Renaissance qui ne signait pas ses tableaux et dont la grande partie de son œuvre a aujourd'hui disparu. Imaginez. Chez Blanche Simoni, repose ce qui pourrait être une copie de cette œuvre d'art. Elle ne sait pas bien d'où elle vient. C'est un mystère entretenu par sa mère, Madeleine. Blanche habite Buenos Aires où elle est psychanalyste. Un jour, un certain Monsieur Lachance vient la consulter. Il lui relate son histoire familiale, notamment en Algérie l'année 1962, l'année de l'indépendance. De là à voir la grande Histoire se faire une place dans cette consultation, il n'y a qu'un pas !
 
Vous vous souvenez peut-être de "Hors d'atteinte" et plus tôt, de "Yonah ou le chant de la mer"... Tous ses romans ont un point commun, ils sont historiques. Et j'avoue que Frédéric COUDERC a un talent tout particulier dans le genre.
 
L'auteur prend appui sur des personnages de fiction, des gens ordinaires devenus des héros malgré eux. Comme j'ai aimé partager, le temps de cette lecture, la vie de Madeleine, restauratrice au musée des Beaux-Arts d'Alger.


Progressivement, elle faisait entrer la lumière, déchirait le voile sombre qui obscurcissait la toile, couche après couche. Elle "allégeait" les vernis, s'attardait sur les crêtes aussi bien que les creux, cherchait à diminuer la surface et le temps de contact entre les solvants et la peinture par essuyages successifs, usant de papiers absorbants sur la partie ramollie. P. 46-47

Madeleine c'est aussi une résistante, l'une de ces femmes qui se sont opposées à l'autorité patriarcale pour mener leur vie en toute liberté, mais à quel prix ? Frédéric COUDERC décrit une lignée de femmes puissantes.
 
Et puis, il y a l'histoire du rapatriement en métropole d'oeuvres d'art. Nous sommes à quelques semaines de l'indépendance de l'Algérie. Pour pouvoir exposer au Louvre des œuvres conservées en terres colonisées, le temps est compté. Dès lors, le roman prend la dimension d'un page-turner. Madeleine saura-t-elle mener à bien leur inventaire ?
 
Cette sombre histoire résonne précisément avec un récent podcast des Matins de France Inter dédié à la spoliation des peuples colonisés de leur patrimoine, l'occasion d'un petit clin d'œil à Constance RIVIÈRE et le Palais de la Porte Dorée. Plus largement, ce roman fait état de ce qu'une colonisation induit comme conséquences, sur les hommes et les femmes bien sûr, mais aussi sur les terres.


[...] jardin d'essai. Dans les colonies, c'était généralement comme ça que l'on nommait les parcs botaniques imaginés pour nourrir les Européens, tenter d'acclimater des espèces, exporter des produits tropicaux. C'était bien connu, planter des arbres, par-delà ce plaisir sadique de forcer la nature, c'était prendre possession d'un lieu. P. 43

Il y a enfin l'étau qui se resserre autour des pieds noirs, les rapatriés européens en attente de départ pour la métropole et ailleurs. L'Organisation de l'Armée Secrète sévit. Elle les assassinne. Il est donc question de vie ou de mort. Si les accords d'Evion ont été signés, il n'en demeure pas moins que les dernières semaines sont considérées à haut risque.
 
Une nouvelle fois, Frédéric COUDERC excelle dans sa manière d'entrecroiser petite et grande Histoire. La plume est fluide. Je tiens à remercier les éditions Les Escales pour ce très beau cadeau !

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2025-10-09T06:41:04+02:00

Le goût des secrets de Jodi PICOULT et Jennifer F. BOYLAN

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Le goût des secrets de Jodi PICOULT et Jennifer F. BOYLAN
Traduit de l'anglais par Marie CHABIN
 
De Jodi PICOULT, j'avais déjà lu et adoré "Mille petits riens" et "Le livre des deux chemins". C'est avec un immense plaisir que je me suis procurée à La Cohue "Le goût des secrets", ce roman écrit à 4 mains avec Jennifer F. BOYLAN que je découvre, publié en juin 2025 chez Actes Sud, je l'ai adoré.
 
Nous sommes aux Etats-Unis à Adams dans le New Hampshire. Olivia a repris la ferme de son père, décédé subitement d'une crise cardiaque. Elle s'est improvisée apicultrice pour assurer la survie de ses abeilles et développer la production de miel. Elle vit avec son fils, Asher, en terminale. Il est capitaine de l'équipe de hockey sur glace. Il a une petite amie Lily. Leurs deux familles ont des parcours chahutés. Lily vit avec sa mère, une femme qui travaille pour le service des forêts. Quand une tragédie se produit, les deux familles se retrouvent au tribunal, chacune d'un côté de la barre !
 
Ce roman, comme les précédents, fait 500 pages environ. C'est déjà la garantie de pouvoir, sur un temps long, accompagner les personnages, se nourrir de leur quotidien, mesurer leurs failles et vivre le chaos. Jodi PICOULT a cette capacité à brosser le portrait d'hommes, et surtout de femmes, profondément attachants. Je me suis laissée piéger !
 
L'écrivaine a l'habitude d'explorer des domaines professionnels fascinants, le métier de sage-femme dans "Mille petits riens", celui de douma dans "Le livre des deux chemins" et maintient celui d'apicultrice. Elle nous en livre les moindres détails. Comme j'ai aimé découvrir la vie des abeilles avec Olivia. Les faux bourdons n'ont plus de secret pour moi !
 
Et puis il y a cette confrontation à la justice avec tout ce qu'elle engendre, chez l'être humain comme mécanisme de survie et chez les professionnels du droit comme objets de méprise. J'ai découvert la notion de doute raisonnable, la clé d'un jugement non coupable.
 
Enfin, Jodi PICOULT apprécie de traiter des minorités, là, des personnes trans. Les romans n'ont pas à rougir de ce qu'ils véhiculent comme connaissances. C'est d'abord une affaire de vocabulaire. Les deux écrivaines donnent à ceux qui veulent bien les entendre les clés de compréhension utiles et les avancées médicales dans le domaine. C'est très instructif et de nature à mieux appréhender les transitions. Comme j'ai appris aussi autour de leur harcèlement, leurs mauvais traitements et leurs difficultés à vivre leur vie.
 
Le tout repose sur un fond de violences faites plus généralement aux femmes. Par le biais de ces deux familles monoparentales, matriarcales, exposées à la pression des hommes, Jodi PICOULT met en lumière l'amour maternel et ce que des mères sont prêtes à faire pour leurs enfants, à commencer par les reconnaître dans leur singularité.


Mais ce n'est pas parce que la trajectoire de sa vie va peut-être prendre une autre direction que je cesserai de l'aimer. P. 422

C'est toujours une leçon de vie.
 
Une nouvelle fois, j'ai succombé au charme de la plume de Jodi PICOULT qui a su, là, partager l'écriture avec Jennifer F. BOYLAN..
 
La narration est savamment orchestrée autour de deux personnages principaux, Olivia et Lily, qui chacune, en alternance, va parler à la première personne du singulier. Pour rythmer le propos, l'une part à rebours et nous explique les derniers mois qui ont précédé les événements quand l'autre déroule le fil d'une vie impactée par la tragédie. Le roman est haletant, c'est un page-turner. 
 
Quel accomplissement !
 
Défi relevé comme en son temps les sœurs BEREST l'avaient réalisé avec "Gabriële".

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