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"Les plus belles découvertes cesseraient de me plaire si je devais les garder pour moi." Sénèque
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2026-01-06T07:00:00+01:00
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2025-08-20T10:59:40+02:00
[...] il lui avait beaucoup appris sur le métier qu'elle voulait exercer, notamment qu'il ne fallait pas attendre de la thérapie qu'elle fasse disparaître vos problèmes - seulement de les comprendre et d'apprendre à vivre avec. P. 170
2025-07-25T06:00:00+02:00
Et de 4 dans le bal 2025 des 68 Premières fois avec "Camera obscura" de Gwenaëlle LENOIR, un premier roman.
Tu prends les terroristes en photo. Tu es le gardien des preuves. P. 151
Il s'agit pour le président de conserver des preuves de ce que les terroristes commettent pour faire tomber son régime, un moyen de se justifier des exactions réalisées par sa milice.
Mais la mission d'un photographe dans un pays en guerre relève d'autres ambitions, notamment celle de partager au monde entier des faits, témoigner de réalités, en laisser une trace pour les générations à venir.
Si ce dessein n'est pas apparu immédiatement comme un besoin irrépressible chez le narrateur, il l'est devenu. Gwenaëlle LENOIR retrace l'itinéraire d'un homme ordinaire devenu, au fil de ses journées de travail, un résistant.
Le président pouvait tuer la moitié de son peuple, il n'empêcherait pas l'autre moitié de faire semblant de lui obéir pour mieux tromper ses sbires. P. 160
Alors, chaque matin, le narrateur part travailler, incarner son "rôle de composition" avec le risque de tomber sous le joug des "pantalons de tergal et cheveux gominés", les miliciens du régime.
J'ai été profondément touchée par les descriptions des corps bien sûr, on le serait à moins, mais aussi par le cheminement psychologique du narrateur.
Avec ce roman, je comprends mieux aujourd'hui ce que l'on entend, à qui veut bien prêter l'oreille, des iraniens privés de cette capacité à faire tomber le régime par l'opération américaine « Midnight Hammer » en Iran dans la nuit du 21 au 22 juin 2025. Si l'objectif de tous reste le même, les moyens sont différents. Les insurgés ont un besoin irrépressible de se libérer de leurs bourreaux à la force de leurs armes, là la photographie. Le propos prend un caractère universel et intemporel.
Ce roman rend hommage à celui dont le nom de code est César. Peut-être serait-il tombé dans l'oubli, ou pire encore, n'aurait jamais été cité. Avec ce roman, Gwenaëlle LENOIR assure sa postérité.
C'est une lecture coup de poing, une lecture nécessaire, saluée par le Prix Relay des voyageurs 2024 qui vient notamment honorer les qualités de la plume de Gwenaëlle LENOIR. Il est sorti en poche aux éditions Pocket.
Bien sûr j'aurais pu trouver dans le hard rock une chanson associée pour poursuivre le bal 2025 mais j'ai choisi celle de France GALL, sortie en 1981, "Résiste". Vous pourrez danser sur ses notes de musique, vous pourrez aussi lever un poing serré 
Retrouvez toutes les références de ce bal 2025 des 68 Premières fois, édition 2025 :
Je suis fait de leur absence de Tim DUP
2025-05-09T13:17:20+02:00
Retrouvez toutes les références de ce bal 2025 des 68 Premières fois, édition 2025 :
2025-04-04T07:34:00+02:00
Et de 2... dans ce bal 2025 des 68 Premières fois.
Vous prendriez bien quelques notes de rock... country comme vous y invite la première de couverture du roman de Fabrice MELQUIOT "Écouter les sirènes".
Le premier roman de Fabrice MELQUIOT chez Actes Sud nous emmène aux États-Unis.
Jodie Casterman habite Portland. Elle a la trentaine. Elle vit de petits boulots (dog-sitter, serveuse dans un bar...) et pratique le théâtre. Son père se sait condamné par un cancer. La maladie ne devait lui laisser que 4 mois à vivre, ça fait 12 mois qu'il attend la mort dans un refuge, une cabane en forêt. John va se confier à Jodie, sa fille adoptive, il va lui dévoiler le secret de son existence. Dès lors, Jodie n'aura plus qu'une idée en tête !
Ce roman, c'est une revue complète des références musicales, cinématographiques, artistiques des années 1960 à aujourd'hui, au risque de me lasser, j'avoue. Il y en a beaucoup, beaucoup... même un peu trop.
Mais dans ce roman, librement inspiré du personnage de Suzanne VERDAL à qui Leonard COHEN a dédié l'une de ses chansons, "Écouter les sirènes", titre éponyme du roman, il y a l'histoire d'une jeune femme, l'histoire d'une enfance revisitée au moment du grand départ de son père adoptif.
La littérature se prête parfaitement à l'exercice de ce genre de révélations au crépuscule d'une vie, un peu comme si l'être humain avait besoin de se délester des secrets pour mieux tourner la page de sa vie sur terre.
De cette lecture il me restera quelques fulgurances, des passages profondément émouvants, des phrases qui vous rappellent ô combien l'humain peut être complexe.
Et puis, il y a l'approche de la mort. Comment l'aborder quand elle rôde autour d'êtres chers, comment l'apprivoiser ? Fabrice MELQUIOT, par la voix de Jodie, nous propose une formule empreinte de silence, comme si, être là était déjà beaucoup.
Sous sa couverture de laine épaisse, le silence fait son poids, ni plus, ni moins. Je continue de le chérir, il est une autre parole entre nous, un autre espace entre John et moi, un refuge après la pluie. P. 68
2024-12-20T07:00:00+01:00
OKA'poche Uppercut
Ce roman, offert par la maison d'édition, que je remercie, est une belle découverte.
Découverte d'une plume d'abord. Je ne connaissais pas l'écriture de Stéphanie GLASSEY, c'est chose faite avec un roman court, savoureux... comme un "Smoothie" mais ne vous y trompez pas, derrière le breuvage sirupeux se cachent quelques gouttes d'acidité.
La narratrice vivait depuis 8 ans avec Adrian. Il vient de la quitter. Comme un instinct de survie, elle se connecte sur Tinder, le site de rencontre à la mode. Premier rendez-vous organisé dans un bar à smoothie. Rien ne va se passer comme prévu, enfin, la rencontre si, mais elle sera de courte durée et sans lendemain. Lui voue à son corps un culte sans faille, tout est paramétré, orchestré, performé, alors qu'elle souhaite se laisser aller. Sa vie va prendre un tout autre chemin...
Ce roman c'est d'abord un portrait de notre société du XXIème siècle. C'est amusant, caustique aussi. Vous allez rire... jaune !
C'est encore la quête d'une jeune femme du bien-être, d'un épanouissement personnel. Comme j'ai aimé l'accompagner dans cette découverte du yoga, d'une certaine forme de yoga, celle qui lui convient.
On pourrait presque parler d'un roman d'apprentissage. Si la narratrice est à l'âge adulte, il n'en demeure pas moins qu'il s'agit d'un cheminement vers quelque chose de spirituel.
Découverte d'une nouvelle collection aussi. Ma rencontre avec les éditions Okawa remontent au roman de Catherine ROLLAND, "La dormeuse", un bijou.
Là il s'agit du nouveau format poche avec une charte graphique distincte sur fond blanc. Je souhaite que de bonnes fées se penchent sur son berceau. Ce premier roman est prometteur !
2024-04-05T06:00:00+02:00
J’aime faire confiance aux premiers romans, par principe. Vous vous souvenez bien sûr de toutes ces années de lectures partagées avec les 68 Premières fois.
De passage à la Librairie L’étincelle d’Angers, dans la rentrée littéraire de septembre 2023, j’avais choisi « Ce que je sais de toi » d’Eric CHACOUR, bonne pioche, et « La Colère et l’Envie » d’Alice RENARD, un roman qui m’a émue aux larmes. Je vous explique.
Dans un couple naît une enfant, Isor, dont les comportements semblent… différents. Si les parents ont tout d’abord pensé à une surdité l’empêchant d’entendre son environnement et d’interagir avec lui, ils se sont rapidement rendus compte que leur fille souffrait de quelque chose de plus complexe que les médecins ne réussissaient d’ailleurs pas à identifier. Paradoxalement, Isor les surprenait avec des réalisations tout à fait inattendues. Ils décidèrent de rompre avec le système et de la prendre exclusivement en charge. Mais c’était sans compter sur ce dégât des eaux les obligeant à confier Isor à Lucien, leur voisin, une homme de plus de 70 ans. C’est là que commence, pour tous, une nouvelle vie.
J’ai été émue aux larmes par cette histoire écrite par une toute jeune femme, Alice RENARD. Souvenez-vous bien de son nom, elle va faire un tabac.
D’abord, il y a la narration, un exercice parfaitement réussi. Le roman est pour partie choral, pour partie construit comme une discussion, pour partie comme le récit à la première personne du singulier, pour partie encore sous forme de correspondance. Bref, le procédé est audacieux et montre à quel point Alice RENARD a talent.
Et puis, il y a l’histoire, faite d’intrigues. Les personnages d’Isor et Lucien recèlent à eux deux de profonds mystères qui rendent le roman haletant.
J’ai été happée par la complicité de deux êtres que les générations séparent mais que la solitude unie. Il y a des moments de pure complicité si beaux.
J’aimerais tout posséder pour pouvoir tout t’offrir.
Je dis ça alors que rien ne nous manque. Ou peut-être un orchestre privé ? Un tapis plus moelleux ? Ta tête sculptée huit fois en guise de pion sur un plateau de petits chevaux ? Un théâtre dans l’arrière-jardin avec des chaises à fleurs et à paillettes ? Des journées faites seulement d’après-midis et aucune nuit pour les séparer ? Que je sois un adolescent, pour qu’on ait un futur plus long que notre présent, et que je sois tout frêle et tout chétif, pour qu’à ton tour tu me prennes sur les genoux. Que l’on m’accorde un vœu pour souhaiter que tous les tiens se réalisent. Que tu aies des chaussures à grelots et que la maison soit pleine de couloirs pour étirer ces moments où je t’entends venir vers moi. P. 81
La relation établie entre Isor et Lucien repose sur des choses simples, tellement naturelles et spontanées. C’est beau et puissant.
Mais Alice RENARD ne saurait s’en contenter. Elle donne un ton lyrique à son histoire, de quoi vous transporter et vous étreindre le coeur.
Sans oublier la place faite à la musique…
Je me crée des listes de morceaux à écouter pour toutes les occasions. Par exemple « c’est le premier jour de l’hiver et il fait froid », ou bien encore « je perds mes clefs et j’ai besoin de me calmer ». Ce sont des listes au cas où, pour être consolé. Oui, très exactement, des lettres de consolation que je m’écris à l’avance. Un filet de sécurité. Et puis il y a les « listes mémoire », qui engravent mon souvenir d’un événement, d’une période, d’une année. P. 88-89
C’est juste éblouissant.
Tout au long de cette lecture j’ai pensé à cet album jeunesse « Nous, les émotions » de Tina OZIEWICZ et Aleksandra ZAJAC, tellement à propos.
Bravo à Alice RENARD pour le Prix Méduse 2023, nul doute qu'elle sera honorée d'autres récompenses pour son magnifique premier roman.
2024-03-12T07:00:00+01:00
Éditions Philippe REY
Les premiers romans sont comme autant d’espoirs de renouveau. C’est un peu comme le printemps et toutes ses promesses… de beaux jours, de belles fleurs, de beaux fruits, de beaux arbres…
Dès sa sortie en librairie en septembre 2023, « Ce que je sais de toi » d’Eric CHACOUR fut plébiscité. Il n’aura fallu qu’un passage à la Librairie L’Étincelle pour qu’il rejoigne ma PAL.
Nous partons pour Le Caire. Nous sommes en 1961. Deux enfants, un garçon de 12 ans. Tarek, une fille de 2 ans de moins, Nesrine, se promènent en ville en famille. Il y a un premier échange autour d’une voiture, puis d’un métier. Assez naturellement, l’aîné qui porte les mêmes initiales que son père, sera médecin comme lui. D’une banale discussion se concrétise un destin au sein de cette famille levantine, elle fait partie de la communauté des Chawams, des Chrétiens, des hommes et des femmes occidentalisés, des francophones. C’est dans ce microcosme égyptien que se construit Tarek. À la mort de son père en 1974, il a 25 ans. Il prend e relève de son père dans sa clinique. Mais ça ne saurait lui suffire.
Ce roman m’a happée dès les premières pages. C’est un excellent premier roman, j’ai vibré. Je ne suis d’ailleurs pas la seule puisqu’il a été honoré de très beaux prix littéraires, le Prix Première Plume (après Anthony PASSERON pour « Les enfants endormis », Victoria MAS pour « Le bal des folles », Adeline DIEUDENNE de pour « La vraie vie », Caroline LAURENT et Evelyne PISIER pour « Et soudain, la liberté ») et le Prix Femina des Lycéens. Qui disait que les jeunes ne lisent plus et qu’ils n’ont pas de goût ?
Dans ce roman, il y a le portrait dressé d’une Egypte plurielle, celle de cette communauté levantine, celle des bidonvilles (l’occasion d’un petit clin d’œil à Soeur Emmanuelle qui s’était installée là-bas et a beaucoup apporté à la population du Moqattam), celle encore d’un pays dont le déclin est annoncé. Nombreux seront ceux à quitter le territoire notamment pour le Canada. Eric CHACOUR a puisé dans son histoire personnelle pour en dessiner les contours.
Comme j’ai aimé le traitement de la langue et ce qu’elle véhicule avec elle.
Ce langage semblait appartenir au monde des adultes, un continent lointain qu’il te restait à découvrir. Tu ignorais si l’on y échouait un jour, sans s’en apercevoir, pour trop avoir laissé l’enfance dériver, ou s’il s’agissait de terres qui se conquièrent dans la souffrance. P. 16
Et puis, il y a l’amour, lui aussi pluriel. Il y a celui, conventionnel, de Tarek avec Mira, une jeune femme avec qui il a passé de nombreuses années, cette histoire était écrite. Et puis, il en est une autre qui va faire exploser tous les carcans, celui des classes sociales, celui de la sexualité. A l’heure où Eric DUPONT-MORETTI présente les excuses de la France auprès des homosexuels discriminés de 1942 à 1982, il est d’autres territoires dans lesquels l’homosexualité est interdite.
Enfin, il y a la narration, parfaitement maîtrisée. Tout commence avec la 2ème personne du singulier, de quoi interpeller le lecteur, le prendre à témoin, le questionner. Lui, qu’en aurait-il pensé ? Comment aurait-il agit ? Pour la suite, vous comprendrez que sa lecture s’impose…
La plume d’Eric CHACOUR est absolument magnifique, à la fois grave et poétique, tellement captivante. J’ai savouré ce roman qui va rester longtemps gravé dans ma mémoire, comme ce chocolat, une délicate attention de petit Papa Noël. Je ne connaissais pas le concept « Le chocolat de poche ». L’essayer c’est l’adopter 😉
2024-01-03T07:00:00+01:00
Je vous avais prévenus, la création de Cristina SAMPAIO est déjà à l'honneur.
Nous sommes le 3 janvier, jour de sortie en librairie de ce premier roman de Claire DEYA, « Un monde à refaire » aux Éditions de L’Observatoire, c'est un coup de
de cette rentrée littéraire de janvier 2024.
C’est la fin de la seconde guerre mondiale. Nous sommes en 1945 sur la Côte d’Azur. Sur les plages situées entre Hyères et Saint-Tropez, les hommes s’affairent au déminage. Certains sont militaires, des Français, d’autres sont des prisonniers, des Allemands. D’autres encore viennent du camp de Fréjus, des Italiens. A moins d’être volontaire comme Vincent au dessein, un brin mystérieux. C’est à cette période que les survivants de la Shoah sortent des camps de la mort, à l’image de Saskia qui revient seule. Toute sa famille a été exterminée. Quant à sa maison, une autre s’y est installée. Tous se côtoient. Entre eux, se créent des liens, pour le meilleur comme pour le pire.
Ce premier roman est absolument fascinant.
D’abord, il y a cette page de la grande Histoire, méconnue, cette phase de réappropriation du sol, millimètre par millimètre, au péril de la vie de ces hommes mandatés par l’Etat, le Ministère de la Reconstruction sous les ordres du Résistant, Raymond AUBRAC. Les Allemands, voulant empêcher les alliés de débarquer, avaient miné le bord de mer et la plage. Ils avaient alors rivalisé d’ingéniosité dans la création de ces bombes à retardement. Il y en avait des petites et des grandes, la plupart en métal, d’autres en bois, en béton, en verre, en céramique. Toutes avaient pour vocation de tuer.
Et puis, il y a l’histoire de gens, ordinaires, et cette nécessité d’une reconstruction de l’intime quand on a connu l’indicible. Le personnage de Saskia est tout à fait sensationnel dans ce qu’il témoigne du chemin à parcourir pour retrouver la confiance en l'Homme. Il incarne aussi la spoliation des juifs de leurs biens et les démarches à réaliser pour justifier de leur propriété pour imaginer les voir un jour restitués. Ce n'est que le 22 juillet 2023 qu'une loi est promulguée en France pour faire sortir des collections publiques des oeuvres d'art injustement acquises, 82 ans, jour pour jour, après celle qui plaçait sous administration française tous les biens des personnes juives. A l'époque, le texte n'incluait pas la résidence principale. Ce sont des hommes sans foi ni loi qui s'en sont emparée. Claire DEYA va faire de ces faits un terrain de jeu pour porter au grand jour l'ignominie de la guerre.
Mais rien ne serait aussi captivant sans les qualités de la plume de Claire DEYA, nourrie de descriptions, presque cinématographiques. Peut-être le métier de scénariste de Claire DEYA l’a-t-il naturellement incitée à nous livrer 409 pages d’une beauté exceptionnelle.
L'écrivaine joue avec les symboles. Elle les décrypte dans ce qu'ils ont de plus subtil :
Le fruit du désir, sensuel et merveilleux, qui ne se donne pas facilement, qui recèle ses trésors sous son écorce, qui gicle, rassasie, et étanche la soif, c’est la grenade. La couleur du péché n’a jamais été le blanc paille de la pomme, mais le rouge, le rouge vermillon, le rouge passionné presque bleu, rouge et violet comme le sang, le rouge qui jaillit. P. 84
Elle est profondément émouvante dans ce qui relève du sensible avec des personnages très attachants. J’ai adoré accompagner Fabien, le responsable des équipes de déminage sur le terrain, et Saskia. Tous deux mesurent à quel point la vie peut être fragile. C'est profondément sensoriel.
Tout lui revint. […] le parfum c’était autre chose. Elle savait sa puissance. Son alliance secrète avec la mémoire. Sa force protectrice. P. 161/162
Elle est aussi haletante. Ces hommes réussiront ils à déminer le terrain sans y laisser leur vie ? Certains ne jouent-ils pas de double jeu ? Avouez que faire travailler ensemble les ennemis d’hier relève de l’audacieux. A moins que le danger ne vienne d’ailleurs, encore. Qu'en est-il des histoires d'amour à l'épreuve de la guerre ? L’intrigue est parfaitement menée jusqu’à la fin. Les secrets se dévoilent les uns après les autres. Tout est si bien orchestré.
Cerise sur le gâteau, Claire DEYA ponctue son propos de références artistiques comme des sursauts de vie alors que tout est mortifère. Elle convoque la littérature, la musique, la sculpture, la photographie, le cinéma… pour faire de ce premier roman une lecture prodigieuse.
Ce coup de
est une nouvelle fois publié par les éditions de L'Observatoire, souvenez-vous de...
"Humus" de Gaspard KOENIG
"L'Ultime testament" de Giulio CAVALLI
"Pour qui s'avance dans la nuit" de Claire CONRUYT
"Les Mangeurs de nuit" de Marie CHARREL
"Celle qui fut moi" de Frédérique DEGHELT
"Au café de la ville perdue" de Anaïs LLOBET
"Les nuits bleues" de Anne-Fleur BURTON
"Il est juste que les forts soient frappés" et "Les enfants véritables" de Thibault BERARD
"Simone" de Léa CHAUVEL-LEVY
"Les danseurs de l'aube" de Marie CHARREL
"Le poids de la neige" de Christian GUAY-POLIQUIN
"Juste une orangeade" de Caroline PASCAL
"Les déraisons" d'Odile D'OULTREMONT
"L'âge de la lumière" de Whitney SHARER
"Ces rêves qu'on piétine" de Sébastien SPITZER
Publicité, livre offert par la maison d’édition.
2023-04-22T12:50:26+02:00
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2023-02-21T07:00:00+01:00
Les challenges littéraires ont du bon, celui d'aller en librairie en quête de la lecture qui remplira la case convoitée.
Pour le Challenge de l'hiver organisé par l'équipe de Vleel, je suis partie en quête d'un nature writing et j'ai trouvé "Encabanée", le premier roman de Gabrielle FILTEAU-CHIBA, édité initialement chez Gallimard et désormais disponible chez Folio.
Anouk a 25 ans. Après avoir lu "Kamouraska" de Anne HEBERT, elle décide de quitter Montréal pour partir à la découverte de cette région du Bas-Saint Laurent au Québec. Elle choisit de partir en hiver, cette saison si hostile pour se confronter à dame Nature. Son objectif : survivre, seule. Côté solitude, elle n'est pas au bout de ses surprises mais là commence une autre histoire !
« Encabanée », c’est un roman autobiographique de Gabrielle FILTEAU-CHIBA, construit comme un journal intime qui se déroulerait du 2 au 10 janvier. C'était il y a 4 ou 5 ans. Il s’achèvera en apothéose.
Gabrielle FILTEAU-CHIBA nous livre son parcours initiatique dans un environnement enneigé que la température très froide suffit à geler. Dès lors, elle doit faire oeuvre d'ingéniosité pour assurer une chaleur suffisante dans l'antre de bois qui l'accueille. Ses connaissances et ses expériences personnelles deviennent les clés de sa réussite.
J’ai appris à tâtons les secrets des essences. Le bouleau à papier attise les flammes, l’épinette sert de petit bois d’allumage, et l’érable donne de longues bouffées de chaleur qui me font rêver aux sources thermales des Rocheuses. P. 23
Gabrielle FILTEAU-CHIBA nous offre un premier roman comme une bouffée d’air frais vers un avenir meilleur. C'est à 25 ans qu'elle a tout plaqué. Elle incarne donc cette jeune génération qui rêve d'un environnement naturel préservé et d'un mode de vie réduit à l'essentiel. Mais existe-t-il encore aujourd'hui sur la planète un lieu vierge de l'empreinte de l'Homme ?
Et puis, ce roman est fait de toutes ces petites choses qui sont autant de pépites, à l’image des dessins (la jeune femme est aussi illustratrice) et puis, le glossaire d’expressions québécoises dont l’autrice est une fervente défenseuse : une « chaise berceuse » pour dire un fauteuil à bascule, joli, non ? Et puis « cogner des clous » pour piquer du nez, pas mal non plus !
Enfin, celles et ceux qui passent leur journée à écrire des listes s'y retrouveront aussi. Gabrielle FILTEAU-CHIBA nous dévoile quelques un de ces voeux les plus chers, en fonction de ses humeurs.
Les phrases sont courtes, elles témoignent de la vivacité d'esprit de la jeune femme comme autant de pensées brèves et éphémères, la plume est fraîche et inspirante. Me voilà revigorée grâce à l'équipe de Vleel !
Retrouvez les autres livres du #challengedelhiver
Un livre d'un éditeur reçu par Vleel :
Les éditions de l'Observatoire avec "Les Mangeurs de nuit" de Marie CHARREL
Un roman graphique ou BD :
"La dernière reine" de Jean-Marc ROCHETTE
Un auteur reçu par Vleel depuis ses débuts en 2020 :
Anthony PASSERON avec "Les Enfants endormis"
2023-02-04T07:00:00+01:00
Parce que la rentrée littéraire, ça se passe aussi en poche, place aujourd'hui à un premier roman exceptionnel, "Les maisons vides" de Laurine THIZY aux Éditions de L’Olivier.
Le rapport au corps est le fil rouge de ce premier roman orchestré d’une main de maître. Depuis ses premiers jours, Gabrielle a dû apprendre à dompter ce corps, inachevé du prématuré, mal formé par l’infirmité, maîtrisé par la pratique sportive qui ne manque pas de reprendre ses droits dès le premier effort abandonné. C’est le jeu d’équilibre d’une vie qui, chez Gabrielle, prend une dimension toute particulière.
Et puis, il y a ces parenthèses des clowns à l’hôpital, des moments aussi fugaces que bouleversants, aussi rapides que l’éclair, aussi puissants que le tonnerre.
Il y a encore le rapport à la religion. Comme j’ai aimé le parcours initiatique de Gabrielle aux côtés de Maria, la vieille espagnole, celle qui a fuit la guerre civile de son pays, celle qui est arrivée en France en franchissant les montagnes des Pyrénées, celle qui est veuve mais d’une sagacité incroyable, et qui comprend mieux que personne la sensibilité de son arrière-petite-fille.
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Il est lauréat des
2023-01-28T13:53:42+01:00
Parce que je ne lis plus jamais les quatrièmes de couvertures, je vous propose les premières lignes du premier roman d'Anthony PASSERON, "Les Enfants endormis" aux éditions Globe.
Il y a cette famille d’artisans bouchers, de pères en fils, des gens connus de tout le village, des gens qui se tuent au travail. Alors, quand le fils aîné, Désiré, se destine à des études, un nouvel élan souffle sur la lignée. C’est le fils cadet qui, lui, sera soumis à la relève, lui n’aura pas le choix de son avenir professionnel. Mais avec les études, Désiré découvre la vie en ville. Il côtoie des jeunes qui n’ont que faire du modèle ancestral. Ce qu’ils veulent, eux, c’est vivre. Dès lors, ils repoussent les limites, bravent tous les dangers. Désiré lâche l’école. Direction Amsterdam. Quand il en reviendra, plus rien ne sera pareil. La drogue fait partie de sa vie, la drogue dure, l’héroïne. Il se pique, lui et ses amis de l’époque. Ils partagent les mêmes seringues, celles-là mêmes qui véhiculent le VIH. Mais le virus est à cette époque loin d’être maîtrisé. Ce ne sont que les balbutiements de la recherche médicale dans le domaine, le début d’un des plus grands combats scientifiques du XXème siècle.
Le primo-romancier, Anthony PASSERON, a un talent fou.
Il réussit à mêler habilement la fiction et la réalité.
Il nous offre un double regard avec la dimension micro pour l'exploration de l'intimité d'une famille "ordinaire", la sienne, et la dimension macro, celle de l'univers de la recherche en prise avec l'épidémie du sida.
Anthony PASSERON nous livre un roman social, de ceux qui témoignent d'une époque. J'y ai retrouvé mille et un détails de cette période comme autant de souvenirs familiaux, télévisuels aussi. Le témoignage, c'est ce qui explique la démarche de l'écrivain :
Ce livre est l’ultime tentative que quelque chose subsiste. P. 11
Il concourt à la mémoire de son oncle, Désiré, sa femme et sa fille.
Il honore aussi Willy ROZENBAUM, l'épidémiologiste qui a été le premier à faire le rapprochement entre :
une maladie très rare du système pulmonaire survenue chez un sujet jeune, homosexuel, qui n'a aucune raison d'être immunodéprimé. Tout est là, devant ses yeux. C'est la même affection, une maladie quasi éradiquée, qui vient d'être observée chez six patients, cinq Américains et, désormais, un Français. P. 17
Il s'est battu corps et âme pour fédérer des chercheurs, emporter l'adhésion des Américains pour faire cause commune. Il a payé de sa personne, devenu paria de l'hôpital Claude-Bernard comme ses patients. Il est aussi passé à côté du Prix Nobel de Médecine 2008 décerné à Françoise BARRE-SINOUSSI et Luc MONTAGNIER pour "leurs découvertes du virus de l'immunodéficience humaine (VIH)". Non pas qu'eux déméritaient, non. Ils faisaient partie comme Willy ROZENBAUM de celles et ceux qui menaient le combat contre cette terrible maladie depuis l'origine. Simplement, ils auraient pu être trois ! Anthony PASSERON relate son parcours, il célèbre le médecin français, qu'il soit loué pour sa démarche littéraire.
Sa plume est prometteuse. Je ne suis pas la seule à le dire ! Le roman "Les Enfants endormis" est lauréat du Prix Wepler 2022 et du Prix Première Plume 2022.
2023-01-24T07:00:00+01:00
Nouvelle découverte de mes cadeaux de Noël conseillés par l’équipe de la librairie Richer, merci ! Le premier roman d’Anthony PASSERON, « Les Enfants endormis » aux éditions Globe est absolument fascinant.
Il y a cette famille d’artisans bouchers, de pères en fils, des gens connus de tout le village, des gens qui se tuent au travail. Alors, quand le fils aîné, Désiré, se destine à des études, un nouvel élan souffle sur la lignée. C’est le fils cadet qui, lui, sera soumis à la relève, lui n’aura pas le choix de son avenir professionnel. Mais avec les études, Désiré découvre la vie en ville. Il côtoie des jeunes qui n’ont que faire du modèle ancestral. Ce qu’ils veulent, eux, c’est vivre. Dès lors, ils repoussent les limites, bravent tous les dangers. Désiré lâche l’école. Direction Amsterdam. Quand il en reviendra, plus rien ne sera pareil. La drogue fait partie de sa vie, la drogue dure, l’héroïne. Il se pique, lui et ses amis de l’époque. Ils partagent les mêmes seringues, celles-là mêmes qui véhiculent le VIH. Mais le virus est à cette époque loin d’être maîtrisé. Ce ne sont que les balbutiements de la recherche médicale dans le domaine, le début d’un des plus grands combats scientifiques du XXème siècle.
Ce roman, c’est d’abord un roman social, celui d’une époque, les années 1980 à 2000. Il y a la vie du village rythmée par celle des commerces dont le modèle économique se perpétue depuis la nuit des temps, le modèle familial agit, lui, comme un déterminisme sur tous.
C’était souvent le cas dans les fratries de la vallée, le premier des garçons était plus choyé que les autres, il bénéficiait d’un statut à part, comme si l’attention exclusive qu’on lui avait portée avant l’arrivée de ses frères et soeurs ne s’était jamais dissipée. Emile reproduisait simplement le modèle de ses parents. P. 45
La révolte de 68 a pourtant commencé à l’égratigner. Avec les années 1980, le baccalauréat se veut porteur d’espoir, celui d’une nouvelle ascension sociale. Les parents en rêvent mais leurs adolescents peinent à franchir la frontière entre les classes sociales.
Notre démarche, nos manières, notre vocabulaire et nos expressions, tout finissait par nous trahir. P. 118
Derrière le rêve, la réalité, le drame humain de cette époque, les années sida. Anthony PASSERON brosse avec sensibilité le portrait de sa famille meurtrie, à jamais hantée par « Les enfants endormis ».
Jeune encore, je me souviendrai toujours de ces visages émaciés sur l’écran de télé, de corps décharnés rongés par le virus.
Anthony PASSERON relate l’histoire contemporaine de la recherche médicale, la concurrence entre les chercheurs, les pays aussi. Il dénonce l’inégalité financière entre les laboratoires. L’auteur rend hommage à Willy ROZENBAUM, infectiologue, qui a fait preuve d’une incroyable ténacité pour sortir de l’approche réductrice des 4 « H », les « héroïnomanes, homosexuels, hémophiles, Haïtiens ».
J’ai été frappée par le parallélisme établi entre cette famille et la recherche, toutes deux confrontées à l’omerta, le regard de la société porté sur les victimes de l’épidémie, des parias.
Que la démarche d’Anthony PASSERON soit louée.
Ce livre est l’ultime tentative que quelque chose subsiste. P. 11
Ce premier roman est on ne peut plus prometteur, la plume est brillante, la construction ingénieuse, le propos puissant.
2022-11-04T07:00:00+01:00
Collection Évasion des éditions Academia distribuée par les éditions L'Harmattan
Les premiers romans, quand ce ne sont pas les 68 Premières fois qui les proposent, ils viennent à moi comme « Mesure 217 » de Françoise LHOIR proposé dans le cadre d’une Masse Critique de Babelio. Une nouvelle fois, bonne pioche !
Marie est violoncelliste dans l’Orchestre National de Belgique. Elle est mariée avec Beaudouin, enseignant, le père de leurs deux enfants, Jérôme et Odile. Marie a une sœur, Béatrice, son aînée de 4 ans, partie vivre aux Etats-Unis. Elle est mariée avec Scott avec qui elle a eu une fille, Morgane, adolescente, dont l’itinéraire personnel est chahuté. Béatrice demande à Marie d’accueillir Morgane chez elle pour lui offrir une pause. C’est aussi à ce moment-là qu’un garçon, Sacha (son nom de scène), prodige, l'un des cinq très jeunes talents, est accueilli par l’Orchestre National de Belgique. Il est aussi « différent ». Il ne manquait plus que Caroline, la grande amie de Marie, un brin fantasque, pour offrir un nouvel horizon à tout ce petit monde.
Françoise LHOIR, autrice belge, nous propose un premier roman trépidant. Le récit est ponctué de péripéties qui donnent du rythme à la narration, un petit bijou.
Je ne vais pas pouvoir vous le cacher bien longtemps, la musique est un personnage à part entière de ce roman délicat et grisant à la fois.
On croirait voir les personnages tourner lentement sur eux-mêmes en se destinant force courbettes, comme dans les boîtes à musique anciennes. Le chef, métamorphosé à son tour en prince des salons galants, choisit de laisser la danse onduler jusqu’au dernier point d’orgue, pour ne pas ternir le bal. P. 41
J’avais eu le nez fin de me lancer dans un Mooc sur L’orchestre, quelle bonne idée ! Je me suis délectée de la plume de Françoise LHOIR pour illustrer l’organisation très structurée et hiérarchisée d’un orchestre. C’est aussi grâce à l’écrivaine que j’ai pu mettre le doigt sur le registre musical et la discipline de travail quotidienne des artistes.
Et puis, il y a aussi et surtout la capacité de la musique à vous embarquer et vous enivrer, en premier lieu les musiciens bien sûr, les hommes et les femmes qui lui vouent leur vie professionnelle, mais aussi le public, vous, moi.
Enfin, il y a le rapport à la musique pour des enfants/ados contraints et forcés par leurs parents à faire de cette discipline leur violon d’Ingres (sans jeu de mot !). Outre le fameux solfège dont beaucoup témoignent de leur martyre dans leurs jeunes années d’apprentissage, là, il y a la musique sclérosée par tout un système, depuis les auditions jusqu’aux prestations, formatées depuis la nuit des temps. Que de frustrations !
Après le premier mouvement, la partition est abandonnée, et les jeunes gens, sans se concerter, poursuivent la même évocation en improvisant, comme de coutume, abandonnant progressivement la gravité du début pour laisser exploser une folle exubérance. P. 184
Mais il n’y a pas que la musique qui soit abordée par ce roman d’une profonde sensibilité. Non, il y a d’abord le rapport des enfants avec leurs parents, et vice et versa, à la période de l’adolescence, et cette incapacité parfois, à échanger sur des sujets qui touchent à l’intimité.
Il y a encore l’approche de ce que l’on appelle maintenant communément les « enfants différents » sans bien savoir ce que ça peut vouloir dire. Ne sommes-nous pas tous singuliers, donc tous différents ? Bref, à travers deux personnages de fiction, celui de Morgane et celui de Sacha (Jacques dans la vie), Françoise LHOIR montre la difficulté à « s’intégrer » dans une communauté d’âges, en particulier lorsqu’un jeune souffre du syndrome d’Asperger. Le mot est lâché. En plus de lire « La différence invisible », la BD de Mademoiselle Caroline et Julie DACHEZ, je vous conseille absolument de lire ce roman qui explore les comportements qui y sont liés, une acculturation tout en douceur pour des symptômes qui ne le sont pas moins.
Dans une narration s'étalant sur 9 mois, l'écrivaine offre la voie d'une REnaissance. Dans une danse qui pourrait se jouer en 4 mouvements, là, 4 chapitres aux doux titres, depuis le rocambolesque jusqu'au rationnel.
Vous l’avez compris, ce roman m’a fait vibrer. Il est à lire sans modération, par les adultes comme les jeunes, un excellent roman passerelle.
2022-09-20T06:42:55+02:00
2022-09-13T12:31:31+02:00
La rentrée littéraire réserve bien des surprises. Comme j’aime me laisser porter par les conseils d’une libraire (ici Sonia de la Librairie Contact 😉), ajouter un livre dit « À découvrir » à la pile que je viens de choisir 😉 Je parle du premier roman de Corinne MOREL DARLEUX publié par une maison d’édition dédiée aux voix de femmes.
La narratrice a été élevée par sa mère, aujourd’hui décédée. Elle a eu un accident de moto. Elle ouvre les yeux dans une maison forestière. Là, y vivent Stella, souffrant de crises clastiques, et puis Jeanne. Entre hallucinations et réalité, son cœur balance, son corps tout entier aussi !
Ce premier roman pourrait bien faire de l’œil aux fées des 68 Premières fois 🍀
Il y a dans ce conte onirique un rapport au corps tout à fait exceptionnel. Meurtri par l’accident, endolori, ankylosé, il cherche la voie d’une SURvie. On mesure à travers le personnage de fiction de la narratrice dont on ne connaît ni le nom ni les origines qu’un corps, la chair, les organes… ont leur propre rythme, leur propre existence. Ne parlons-nous pas de mort cérébrale ? Ce premier roman, c’est une invitation à faire une pause, se recentrer sur son corps, y puiser la lumière, l’énergie, la vie, quoi !
Et puis, il y a la force de l’environnement, une nature profonde, la forêt, les montagnes, une forme de refuge, autant d’éléments propices à la reconstruction psychique.
Il faut que je sorte. Depuis que je suis ici, le paysage m’a toujours permis de me rincer le regard et l’âme, du vallon à la montagne. La maison est mon abri mais c’est dehors, dans l’air mordant de l’hiver, que mon esprit se désengourdit. Que mes sens s’affûtent, que je me sens résolument en vie. P. 115
Comme j’ai aimé que l’écrivaine aille puiser dans une autre langue que la nôtre pour y trouver un terme tellement approprié pour décrire ce que le vent peut apporter de puissant, de force et d’allégresse, l'effervescence des sens.
Alors que je m’extasiais un jour de grand vent des bourrasques qui manquaient m’envoyer à terre, me coupant le souffle et me gonflant d’allégresse, ces hôtes de passage m’avaient appris, amusés, qu’ils possédaient un terme pour ça : s’enventer, littéralement aller avec le vent. Je m’étais sentie vivifiée jusqu’aux poumons par l’idée qu’il existe un mot pour décrire ce sentiment qui vous fait courir en bord de la mer ou en forêt, vous fondre dans le grand vent qui revigore et apporte la consolation. P. 114
Cet hymne à la nature ne serait rien sans les mots, et le pouvoir de la contemplation.
Enfin, dans ce monde alternatif à l’urbain, il y a aussi les animaux.
Cette petite vie souple qui appuie légèrement contre mes côtes est incroyablement bienfaisante. P. 124
Ce roman, c’est encore une invitation à observer et se nourrir de ce qu’ils peuvent nous apporter de réconfort, une certaine forme de substitut à la frénésie qui nous entoure. Ils ont cette sensibilité qui permet à l’individu de prendre conscience de son humilité. S’il s’agissait là d’une voie pour sauver l’humanité…
Ce premier roman écrit dans une plume poétique, délicate et sensuelle, nous propose de faire corps avec la nature, d’entrer en fusion avec ce qu’elle a de vivant. Le dessin de la première de couverture, sublime, une œuvre d’art réalisée par Pedro TAPA, le dévoile à elle seule.
« La sauvagière » est « À découvrir », je confirme ! C'est une lecture enivrante.
2022-09-07T06:00:00+02:00
Parce que je ne lis plus les quatrièmes de couverture des livres depuis belle lurette, dans le cadre de l'édition #jamaissansmon68, je vous propose de découvrir les premières lignes d'un roman de la #selection2022 des 68 Premières fois : "Jour bleu" d'Aurélia RINGARD aux éditions Frison-Roche.
Si vous optez pour #jamaissansmon68, vous n'aurez que l'embarras du choix !
"Faire corps" de Charlotte PONS
"Aux amours" de Loïc DEMEY,
"Les nuits bleues" de Anne-Fleur MURTON,
"Furies" de Julie RIOCCO,
"Les maisons vides" de Laurine THIZY, découvrez les premières lignes