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2022-03-04T22:19:19+01:00

Mars au féminin, tapis rouge pour Marie CHARREL

Publié par Tlivres
Mars au féminin, tapis rouge pour Marie CHARREL

Grâce à l’opération #marsaufeminin, j’ai le plaisir d’honorer la plume éblouissante d’une jeune écrivaine découverte en 2021. Elle n’était pas à son coup d’essai, j’étais pourtant passée à côté jusque-là. « Les danseurs de l’aube » de Marie CHARREL publiés aux éditions de L’Observatoire furent pour moi une révélation, un immense coup de ❤️

Tout commence dans le chaos. Le quartier de Schanzenviertel de Hambourg en Allemagne connaît une nouvelle vague de rébellion, cette fois orientée contre le G20. Le théâtre Rote Flora est squatté, fief d'une communauté anarchiste de longue date. Chaos toujours, les événements se passent en Hongrie. Les Roms sont expulsés, ils doivent libérer les logements qu’ils habitent pour les laisser à d’autres. Iva fait partie de ces populations mises de force sur les route. Elle arrive à Hambourg, tout comme trois amis, trois garçons, trois berlinois, tout juste bacheliers. Lukus, Nazir et Carl vont commencer des études universitaires d’informatique. Ils s’offrent une escapade estivale à Hambourg. Pendant que Nazir et Carl fréquentent les clubs de strip-tease, Lukus, lui, le jeune homme efféminé, part sur les traces d’un danseur de flamenco, juif et travesti, Sylvin RUBINSTEIN qui est décédé en 2011. Cet artiste, c’est sa professeure de danse classique qui l’a mis sur la voie. Il n’avait alors que 12 ans. Il deviendra son icône. C’est dans cette ville allemande, en juillet 2017, que Iva et Lukus vont se croiser. Leur photographie d’un couple sorti mystérieusement des brumes de la ville incendiée sera diffusée à travers le monde entier. Elle marque le début d’une épopée éminemment romanesque.

Ce roman, c’est un jubilé de tout ce que j’aime, la grande Histoire, l’art, ici le flamenco.

La lecture est jubilatoire. Dans une plume haute en couleurs et en intensité, "Les danseurs de l'aube" deviennent des personnages héroïques. Entre passé et présent, réalité et fiction, mon coeur s'est laissé porter par la fougue d'êtres hors du commun, des hommes et des femmes, indignés, qui, de gré ou de force, choisissent la voie de la liberté, à la vie, à la mort. Marie CHARREL restitue tout en beauté d'innombrables recherches réalisées pour être au plus près de l'actualité comme de l'Histoire. Elle nous livre un roman d'une richesse éblouissante.

Peut-être aviez vous lu ses livres antérieurs… j’aimerais bien avec votre avis 😉

Cette publication est l'occasion d'un petit clin d'oeil à Moonpalaace et ses #FemmesDeLettresÀL'Honneur 😉 

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2022-03-04T07:10:42+01:00

La fille de la grêle de Delphine SAUBABER

Publié par Tlivres
La fille de la grêle de Delphine SAUBABER

Vous savez comme j’aime lire des premiers romans, parfois guidée par les 68 Premières fois, parfois seule à sortir des sentiers battus, à tendre vers l’inconnu. C’est ainsi que j’ai découvert la plume de Delphine SAUBABER. Je me suis délectée de « La fille de la grêle » publié chez Lattès.

 

Marie a 80 ans. C’est décidé. Pour elle, il n’y aura pas une année de plus. Elle est une vieille femme et n’a d’autre espoir que de partir pour renaître. Avant de tout quitter, elle écrit à fille, Adèle, elle-même mère d’un petit Raphaël. Elle lui dévoile son enfance à la ferme des Glycines, élevée par des paysans dont le seul dessein de toute une vie reposait dans le labeur, acharnés qu’ils étaient à se confronter chaque jour aux aléas de Dame Nature. Et puis, il y a eu un frère, Jean, né deux ans après elle, un enfant différent, un enfant sourd, diagnostiqué tard. Avec elle qui perdait son temps à lire des livres et lui qui ne comprenait rien, Joseph et Madeleine n’étaient pas aidés ! 

 

Ce premier roman, c’est une lecture coup de poing, un livre qui résonne d’une puissante justesse avec la vie d’agriculteurs qui pourraient avoir 80 ans aujourd’hui.

 

Il y a ce rapport au travail, jour et nuit, ils ne font qu’un avec leur vie professionnelle. Leur maison même est nichée au cœur des bâtiments de la ferme, impossible de ne pas se lever le matin sans s’y consacrer. Cette vie-là a ses codes, ses références, son univers, ses exigences, dont les loisirs et les vacances sont exclus, à moins que ça ne soit les hommes !

 


Mes parents n’avaient pas le même rapport au désir - ce mot de toute façon imprononçable, ou alors à voix basse. P. 91/92

Ils se nourrissent des fruits de leur terre, d’un bouillon de légumes qu’ils égaient de quelques vermicelles ! Il y a ces flashs tellement vrais, tellement humains. Delphine SAUBABER honore le monde paysan, pauvre et précaire, dans une société où la rupture entre les CSP est fracassante. 


Avec quelle liberté, quelle légèreté les riches parlaient, vivaient, devisaient sur l’état du monde, se moquaient, étaient ce qu’ils étaient ! P. 91

Et puis, il y a le rapport au handicap, un enfant né dans un monde qui n’a pas de temps à lui consacrer, des gens qui sont éloignés et ignorent les services de santé, une mère désarmée quand un père laisse sa colère s’exprimer. Là, la force de la fratrie m’a bouleversée, l’immense amour qu’offre cette sœur à son frère est profondément émouvante.

 

Dans le registre des émotions, il y a aussi le parcours de Marie, devenue grande, devenue mère. Là, c’est une longue confession. Au fil des mots, elle délivre ce qu’elle avait caché, les secrets d’une vie, les sacrifices, les erreurs aussi, et demande à sa fille de lui pardonner.


Alors la seule chose que je demande est que l’on respecte, que tu respectes, mon dernier acte de liberté. Qui sera sans doute le seul de toute ma vie. P. 177

J’ai été touchée par ce qui pourrait être, un jour, légalisé en France, le suicide assisté pour les personnes âgées, celles dont la vie a été longue et qui redoutent l’année de trop qui leur fera perdre la raison. Ce premier roman aide à avancer dans ses réflexions personnelles sur le sujet. 

 

A méditer aussi pour notre rapport à la nature. Là, elle est décrite dans son éblouissante beauté, mais aussi ses grandes colères. Si nous avions cru, nous les hommes modernes, pouvoir un jour la maîtriser, il n’en est rien !

 

La plume de Delphine SAUBABER oscille entre la poésie d’une formidable lettre d’amour d’une mère à sa fille et la justesse d’un foudroyant manifeste.

 

Ce premier roman, ce ne sont que quelques 200 pages, et pourtant il m’en reste encore tant à dire !

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2022-03-03T20:52:01+01:00

La belle lumière de Angélique VILLENEUVE

Publié par Tlivres
La belle lumière de Angélique VILLENEUVE
C’est aujourd’hui la journée mondiale de l’audition, impossible de ne pas penser au destin exceptionnel de cette femme, Helen KELLER (1880-1868), américaine, première femme handicapée diplômée de l’université, écrivaine, essayiste, militante politique investie notamment en faveur du droit de vote des femmes. Je saisis l’opportunité de la #citationdujeudi pour revenir sur cette lecture... inoubliable des Editions le Passage.
 
Nous sommes en 1886, aux Etats-Unis, à Tuscumbia, dans les bois. Kate KELLER, la mère, est toute attentionnée à l’itinéraire de sa fille, Helen, que l’on soupçonne... différente. Elle est en réalité aveugle, sourde et muette. Kate a épousé un homme, Arthur, à la tête d’un journal, âgé de 20 ans de plus qu’elle. L’enfant naît 2 ans après leur mariage. Tout se passe « normalement » (si normalité il y a), jusqu’à ses 19 mois. Là, elle est prise de fortes fièvres. Sa mort est annoncée. Le bébé survit pourtant mais avec des séquelles profondes. Si les apprentissages de la vie quotidienne de l’enfant sont difficiles, il est un champ dans lequel Helen évolue en s’affranchissant de toute forme de handicap, c’est celui des fleurs, des roses très précisément. A sa naissance, un premier rosier, « Pâquerette », créé par une roseraie lyonnaise, avait été offert à Kate, celui-là ne supportera pas les différences de températures entre la France et les Etats-Unis mais il sera le point de départ d’une collection tout à fait exceptionnelle au sein de laquelle Helen « s’épanouira comme une fleur » ! Mère et fille évoluent dans une famille élargie. Il y a la soeur d’Arthur, il y a deux fils d’un premier mariage, il y a une nièce orpheline et, pour les servir, des hommes et des femmes, noirs. Virginia s’occupe de la maison, Yates du jardin, Hilliott des chevaux. C’est dans cet environnement interculturel que Kate va mener son plus grand combat, celui de l’éducation de sa fille par la voie d’un apprentissage « adapté », mais là commence une toute nouvelle histoire.
 
Sans nier des passages d’une intense gravité, Angélique VILLENEUVE magnifie l’itinéraire de Kate et Helen KELLER dans une plume d’une extrême sensibilité. 
 
Dans une écriture presque cinématographique, l’écrivaine brosse le portrait détaillé d’une époque, de la vie d’une famille américaine, d’un environnement naturel aussi. Il y a des descriptions de paysages tout à fait exceptionnelles avec l’éveil des sens, vous les verrez, vous les entendrez, vous les sentirez ! 
 
De cette lecture, je suis sortie « illuminée » par la beauté des mots.
 
Parce que Helen KELLER était une enfant porteuse d’un handicap, parce qu’une femme, Anne SULLIVAN, lui a appris à communiquer, à lire et écrire, et parce que Angélique VILLENEUVE honore la mère d’Helen sans qui rien n’aurait été possible, je ne peux que vous inviter ardemment à découvrir ce roman.
 
Vous pouvez retrouver la chronique complète de « La belle lumière » en version audio/vidéo
De la même autrice, vous aimerez peut-être aussi « Maria » ! En 2018, j'écrivais qu'il s'agissait d'un bijou, je crois qu'il brille encore plus aujourd'hui.

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2022-03-03T17:58:10+01:00

Mars au féminin, tapis rouge pour Constance RIVIÈRE

Publié par Tlivres
Mars au féminin, tapis rouge pour Constance RIVIÈRE

L’opération #marsaufeminin est l’opportunité de mettre en lumière des écrivaines talentueuses. Place aujourd’hui à Constance RIVIÈRE.

Il y a eu un premier roman, « Une fille sans histoire », glaçant et tout à fait fascinant, l’occasion d’un petit clin d’œil aux 68 Premières fois.

Mars au féminin, tapis rouge pour Constance RIVIÈRE

Tout commence avec une scène de tribunal, le jugement est sur le point de tomber. Adèle est prisonnière de son corps qui ne réussit pas à expulser le mot qui ferait toute la différence, celui qui lui offrirait la voie de la résilience, à elle et aux personnes qu'elle a trompées, abusées, manipulées. Les premiers faits remontent au 13 novembre 2015, le jour des attentats du Bataclan à Paris. Adèle habite au-dessus de la salle de spectacles. Adèle dort le jour, vit la nuit. Du bord de sa fenêtre, elle observe les hommes, les femmes, ceux qui sont à l'extérieur. Elle s'imagine une vie à travers eux. Alors, quand elle allume son poste de télévision pour comprendre le pourquoi des voitures de police, d'ambulances au bas de chez elle, qu'elle découvre le portrait d'une femme brandissant une photo de son fils, disparu, Matteo, le jeune homme qu'Adèle connaît, elle sort de chez elle et se rend à l'Ecole militaire, là où des équipes s'affairent à accueillir les proches des victimes dans l'attente de nouvelles. C'est à cet endroit qu'Adèle commence à semer les premières graines de ce qui sera bien plus qu'une affaire d'usurpation d'identité !

J'ai été littéralement happée par le personnage d'Adèle, subjuguée par une construction qui, dès la naissance, tournait autour du sujet de l'identité. Et puis, avec l'âge, les conséquences des traumatismes n'ont fait que s'accentuer jusqu'à autoriser une jeune femme à se mettre dans la peau d'une autre pour EXISTER. Ce roman choral est tellement éclairant sur un sujet jamais traité je crois en littérature.

Et puis, il y a eu un second roman, « La maison des solitudes », un autre tour de force.

Mars au féminin, tapis rouge pour Constance RIVIÈRE

Elisabeth, la narratrice, est la fille de Anne, comédienne, en rupture avec ses parents. Sa grand-mère maternelle est accueillie à l’hôpital dans un état critique, son mari est décédé 9 mois plus tôt. En plein confinement, Elisabeth réussit à rester en salle d’attente. En 1995, les grands-parents s’étaient installés dans une maison familiale. C’est là qu’Elisabeth a passé de nombreuses vacances. Des souvenirs, elle en a plein la tête, y compris ses tentatives d’en découdre avec des secrets trop bien gardés.
 

L’écrivaine creuse le sillon de l’exploration des traumatismes psychologiques. Si je ne peux pas vous en dire beaucoup plus sans déflorer l’histoire, je peux toutefois évoquer le fait que Constance RIVIÈRE prenne, une nouvelle fois, appui sur un fait de société pour s’élancer. Hier les attentats du Bataclan, aujourd’hui le confinement lié au Covid avec les drames humains générés chez les proches dans l’incapacité de se porter au chevet des malades hospitalisés. C’est un peu comme si chacun avait besoin d’un événement, un uppercut, pour ouvrir les vannes et libérer la pression qui l’assaille.

Les deux romans, publiés aux Éditions Stock, sont écrits par une plume ciselée où chaque mot est savamment pesé, une prouesse littéraire.

Cette publication est l'occasion d'un petit clin d'oeil à Moonpalaace, #FemmesDeLettresÀL'Honneur 😉 

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2022-03-02T18:07:18+01:00

Mars au féminin, tapis rouge pour Anne BEREST

Publié par Tlivres
Mars au féminin, tapis rouge pour Anne BEREST

Il y a des plumes d’une sensibilité incroyable, à l’image de celle de Anne BEREST.

Vous vous souvenez peut-être de « La carte postale », un coup de ❤️
 

 

Tout commence au petit matin. La neige a tombé dans la nuit. La mère de Anne BEREST, Lélia, va, en chaussons, cigarette à la bouche, faire le relevé du courrier. L'année 2003 commence tout juste. Au pied de la boîte aux lettres toute disloquée, parmi les cartes de voeux, gît une carte postale avec, au recto, une photographie de l'Opéra Garnier, au verso, quatre prénoms : 
Ephraïm
Emma
Noémie
Jacques
Aussi obscure et impénétrable soit-elle avec ces seuls prénoms comme repères, ceux des grands-parents, oncle et tante de Lélia, "La carte postale" a été rangée au fond d'un tiroir après avoir suscité quelques brefs échanges lors du repas familial. Une bonne dizaine d'années plus tard, alors que Anne BEREST est enceinte et doit se reposer pour sa fin de grossesse, elle prend le chemin de la maison familiale et demande à Lélia de lui raconter la vie de ses ancêtres. Là commence toute l'histoire... ou presque. Si Lélia a fait beaucoup de recherches pour remonter le fil de l'existence des Rabinovitch, "La carte postale", elle, reste une énigme. Quelques années plus tard, elle deviendra une obsession. 
 
L’écrivaine embrasse avec brio une multitude de registres littéraires, l’enquête, le roman historique, le récit de vie, l’essai…
 
Le talent de Anne BEREST, je l’avais découvert avec "Gabriële", un roman co-signé avec sa soeur, Claire, j'étais déjà tombée sous le charme.
 

Gabriële, née BUFFET, grandit au côté de femmes inspirantes, sa grand-mère, Laure de JUSSIEU, essayiste, sa tante, Alphonsine, peintre, formée avec Berthe MORISOT auprès de Charles CHAPLIN. En 1898, elle tente le concours d’entrée au Conservatoire national de musique de Paris. Elle échoue, mais, acharnée, elle sera la première femme à accéder à la classe composition de La Schola Cantorum. Elle part pour Berlin contre l’accord de ses parents. Là-bas, elle gagne sa vie pour payer ses cours après de Ferruccio BUSONI, auteur du manifeste « Esquisse d’une nouvelle esthétique de la musique », l’homme cultive le terreau déjà bien fertile chez Gabriële, il transmet à ses élèves l’envie de créer. Il dit lui-même « Qui est né pour créer devra préalablement accepter la grande responsabilité de se débarrasser de tout ce qu’il a appris. » Gabriële se délecte des plaisirs qu’offre Berlin, la capitale européenne porteuse de modernité. Elle y poursuit ses études de musique. Lors de l’un de ses séjours en famille, son frère, Jean, peintre, qui a élu domicile à Moret-sur-Loing dans les pas de l’impressionniste Alfred SISLEY, lui présente Francis PICABIA. Là commence une toute nouvelle histoire !

Ce roman c’est une histoire d’amour, d’abord, entre Gabriële et Francis PICABIA, une passion vertigineuse, de celles qui vous font tout abandonner sur le champ.

 

Anne BEREST était interviewée par l'équipe de VLEEL (Varions les éditions en live)

jeudi 28 octobre 2021

Retrouvez l’émission 😉

Cette publication est l'occasion d'un petit clin d'oeil à Moonpalaace, #FemmesDeLettresÀL'Honneur 😉

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2022-03-01T21:24:51+01:00

Voyage thérapeutique de Armand CABASSON

Publié par Tlivres
Voyage thérapeutique de Armand CABASSON

Il y a des opportunités qu'il ne faut pas laisser passer, comme une proposition de Babelio de découvrir un roman de l'auteur Armand CABASSON, "Voyage thérapeutique" aux éditions Librinova.

Sven, un tireur d'élite, est en mission commando au Mexique avec son binôme Thomas. S'ils ont fait ensemble les 400 coups et qu'ils sont reconnus pour leur force de caractère, leur courage, leur ténacité, là, il faut bien l'avouer, tuer l’Écorché, Xipe Totec, relève peut-être de celle de trop. Autre lieu, autre situation, May se retrouve à bord d'une Alfa Roméo avec Suzie, Olivier et Paul. Une course poursuite s'engage. La voiture roule à vive allure sur le Pont de Normandie. Un simple impact, elle s'envole. Séverine et Marc sont eux surpris dans leur sommeil. Des cambrioleurs pénètrent dans leur appartement, ils se présentent dans l'encadrement de la porte. Alors que la jeune femme est menacée, lui ne bouge pas... le petit doigt.

En lisant les premiers chapitres, je ne voyais pas bien ce que ces trois situations pouvaient avoir en commun, mais c'était sans compter sur la capacité de l'auteur à réaliser un tour de force qui, au fil des pages, va s'intensifier.

Vous voilà prévenus, Armand CABASSON nous embarque dans un thriller psychologique absolument redoutable.

L’auteur est psychiatre. Il va puiser dans son expertise  professionnelle pour nourrir un roman empreint de justesse dans l’approche psychologique de traumatismes. Les personnages sont chacun profondément attachants dans leurs fragilités.

J'ai beaucoup aimé faire ce "Voyage thérapeutique", explorer les blessures et décrypter les mécanismes du cerveau... lui, toujours lui qui peut n'en faire qu'à sa tête, au risque de vous faire perdre la vôtre.


[…] c’est en phase de sommeil paradoxal que le cerveau organise et consolide les souvenirs. C’est aussi durant cette phase que l’on rêve. Mémoriser et rêver : les deux processus sont liés. P. 207


J'étais sortie peu de temps auparavant de la lecture du dernier roman de Jeanne BENAMEUR, "La patience des traces", qui m'avait mise sur la voie d'un certain jeu d'équilibre... 


Je ne te parle pas d’un voyage classique, mais d’un voyage thérapeutique. […] Donc, la stratégie, c’est ce carré d’as : mots, émotions, comportements, sensoriel. P. 204/205

J’aime la littérature pour ce qu'elle donne à voir de la grande Histoire, j'avoue que l’exploration des tréfonds de l'âme me passionne aussi quand elle est savamment menée.

Ce roman est haletant, le rythme va croissant pour finir avec une véritable tornade.

La plume est puissante, elle est électrique, elle est foudroyante...


L’attente l’impatiente. Enfin, la lumière de la chambre blanchit avant de pâlir aussitôt. On dirait que l’ampoule du plafonnier a tenté de brûler l’énergie de sa vie entière en une seule brève incandescence. P. 179

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2022-03-01T21:10:57+01:00

Mars au féminin, tapis rouge pour Anaïs LLOBET

Publié par Tlivres
Mars au féminin, tapis rouge pour Anaïs LLOBET

Comme chaque année, je décline #marsaufeminin et mets en lumière des écrivaines dont le talent m'a émerveillée.

Je voudrais commencer aujourd'hui avec une toute jeune femme dont je ne connaissais pas encore les qualités de la plume, une découverte récente, il s'agit de Anaïs LLOBET qui m'a transportée avec "Au café de la ville perdue" aux éditions de l'Observatoire, un coup de coeur, mon #Mardiconseil !

Une jeune journaliste française installée à une table du café Tis Khamenis Polis suscite bien des convoitises. Il y a Giorgos qui égrène ses souvenirs de Varosha, sa vie là-bas, son hôtel Seaside. Et puis, il y a Ariana, serveuse, qui vient passer ses pauses avec elle et lui raconte l’histoire de sa famille : son père Andreas, élevé par sa tante Eleni récemment décédée. Ses parents à lui se sont évaporés, sa mère, Aridné, était une chypriote turque. Elle serait partie avec un soldat. Lui, rongé par le chagrin, aurait pris la mer, sans jamais revenir. Ariana est habitée par cette filiation. Elle est aussi hantée par cette maison de Varosha dont l'adresse,14, ados Ilios, tournoie autour de son bras. Cette maison, c'est celle que ses grands-parents ont dû abandonner au moment du coup d’Etat de 1974. C’est là que la grande Histoire s’invite à la table des deux jeunes femmes pour ne plus la quitter.

Ce roman, c’est un roman dans un roman, un exercice littéraire parfaitement réussi.
 
Anaïs LLOBET joue avec les temporalités, deuxième prouesse. Elle arrive à conjuguer deux périodes au présent, celle de 1974 avec le coup d'Etat, et celle d'aujourd'hui. 
 
A travers les différentes générations, depuis celle de Ioannis et Aridné jusqu’à Ariana, il se passe une quarantaine d’années, quelques décennies qui ont nourri des relations de haine entre les peuples, des traumatismes qui sont transmis des parents aux enfants avec ce qu'ils ont de plus dramatiques. J'ai beaucoup aimé la référence au tatouage d'Ariana comme l'empreinte laissée par une maison dans laquelle elle n'a jamais vécu mais qui l'habite pourtant dans sa chair. Il y a cette adresse, il y a aussi ce figuier.
 
La chute est prodigieuse, bravo !
 
Vous connaissiez peut-être "Des hommes couleur de ciel" ? Je ne l'ai pas encore lu et m'en réjouis.
 
Cette publication est l'occasion d'un petit clin d'oeil à Moonpalaace, #FemmesDeLettresÀL'Honneur.

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2022-02-28T20:14:55+01:00

Hommage à l'Ukraine par Seth

Publié par Tlivres
©Facebook / Jérôme Coumet

©Facebook / Jérôme Coumet

A chacun ses armes devant un dictateur. Seth, le street-artiste parisien utilise, lui, ses bombes de peinture et les met au service d'un message militant éminemment poétique.

Dans le 13ème arrondissement de Paris, Seth n'a pas mis longtemps à se mobiliser pour rendre hommage au peuple ukrainien.

En partie basse du mur, des chars de guerre pour représenter les russes qui sont entrés sur le territoire ukrainien à partir du jeudi  24 février 2022.

Pour les arrêter dans leur élan, pas de soldats, non, une fillette qui brandit un drapeau et piétine les armes de guerre du Président Poutine.

Seth aurait pu choisir un garçon pour représenter tous les hommes de plus de 18 ans investis pour porter les armes et protéger leur nation, à l'image du plus jeune député ukrainien mobilisé pour sauver sa démocratie. 

Mais Seth a choisi une fillette. Dans tous conflits armés, les femmes constituent les premières armes de guerre, violées, torturées, pour faire plier les hommes, les soldats. Là, en Ukraine, les femmes résistent à l'image de cette femme dont une vidéo a été largement diffusée sur les réseaux sociaux, cette femme qui invite les soldats russes à mettre des graines de tournesol dans leurs poches pour, une fois morts, fleurir l'Ukraine.

La petite fille brandit un drapeau ukrainien. Un drapeau, ce n'est pas n'importe quel objet, c'est un symbole de l'Etat, il véhicule une large charge émotionnelle dans les contextes dans lesquels il est brandi. Il matérialise la résistance du peuple fasse à l'assaillant.

Parce qu'il faut garder un brin de candeur devant l'horreur, Seth l'a fait, bravo. Cette fresque est ma #lundioeuvredart, ma manière à moi de soutenir le peuple ukrainien.

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2022-02-21T21:12:50+01:00

Introspection de Luca IZZO

Publié par Tlivres
Introspection de Luca IZZO

Ma #lundioeuvredart, je l'ai découverte une nouvelle fois sur le site Kazoart que je vous recommande sans modération.

De plus en plus attirée par la sculpture, je me suis émerveillée de la création "Introspection" de Luca IZZO, cet artiste italien qui vit et travaille en France depuis une dizaine d'années maintenant.

Elle est en résine.

Avec le roman de Jeanne BENAMEUR, "La patience des traces", et ma lecture du moment, "Voyage thérapeutique", impossible de passer à côté de cette interprétation artistique de la démarche psychologique d'observation et d'analyse de soi, de l'esprit critique porté sur ses propres forces et faiblesses.

Avouons que se regarder en face de cette manière ne peut qu'être source de révélations !

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2022-02-20T22:58:18+01:00

Lili Marlene par Mathias MALZIEU

Publié par Tlivres
Lili Marlene par Mathias MALZIEU

Ma #chansondudimanche est une jolie manière de célébrer le talent de Mathias MALZIEU, chanteur du groupe Dionysos. 

 

Vendredi dernier, dans le cadre des Entretiens Littéraires organisés par le Conseil Départemental de Maine-et-Loire,

 


Il a, avec son ami fidèle, Michaël PONTON, envoûté le public présent.

 

Dès les premières minutes du spectacle, quelques notes de guitare résonnent dans la Collégiale Saint-Martin. Et puis, au détour d’un pilier, surgit l’artiste, jouant de l’harmonica. Le ton est donné, la soirée promet d’être belle. 

 

Mathias MALZIEU a écrit quelques romans, « La Mécanique du cœur », "Métamorphose en bord de ciel", « Une sirène à Paris »… l’essai « Journal d’un vampire en pyjama », lauréat du 48ème Grand Prix des Lectrices Elle, et dans lequel il nous lance une merveilleuse invitation…

 

 


Savourer les sensations minuscules avec l'appétit épique d'une traversée du Grand Canyon. P. 221

Il a animé la soirée de ses mots, des extraits de son dernier roman : « Le guerrier de porcelaine », l’histoire de son père sur fond de seconde guerre mondiale.

 

Et puis, il y a eu ce moment hors du temps. Il a « fait son Brassens » pour interpréter Lili Marlene, une chanson d’amour inspirée du poème de l’allemand Hans LEIP. Il faut dire qu’il entretient avec le peuple allemand une relation toute particulière. Ses parents ont vécu dans une région tantôt française tantôt allemande. Et puis il y a eu cette guérison grâce au sang de deux femmes allemandes, de quoi largement justifier que son cœur balancé entre Lili et Marlene !

 

Émouvant, drôle, sympathique, l’écrivain s’est plié au jeu des questions d’Antoine BOUSSIN avant de consacrer à chacun, chacune, un regard appuyé, une attention délicate, avant de signer une dédicace personnalisée.

 

Une soirée fabuleuse. Maintenant, musique 🎶

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2022-02-17T07:00:00+01:00

La patience des traces de Jeanne BENAMEUR

Publié par Tlivres
La patience des traces de Jeanne BENAMEUR

Ma #citationdujeudi est l'occasion de revenir sur un roman qui continue de m'habiter quelques semaines après sa lecture : "La patience des traces" de Jeanne BENAMEUR" chez Actes Sud.

Tout commence avec la chute de ce bol bleu, un matin. Ce bol, il accompagnait Simon dans sa vie depuis longtemps, c’était un cadeau précieux. C’était avec lui qu’il commençait sa journée, avec lui qu’il buvait le premier café avant de se consacrer à ses patients. Simon est psychanalyste. Il habite en bord de mer. Il vit seul. Il sent que ce bol brisé est bien plus que deux morceaux de porcelaine séparés, il est la révélation d’un appel vers le lointain, un dépaysement pour mieux se retrouver.
 
Jeanne BENAMEUR a cette capacité, en quelques phrases, à planter le décor, focaliser son objectif sur son personnage, inviter à la concentration.
 
Le personnage principal de ce roman, un homme, est psychanalyste. Si l'on imagine qu'il est en fin d'activité, avec lui, Jeanne BENAMEUR va explorer son registre d'expertise. Pour coller au plus près de la réalité, l'écrivaine s'est inspirée de sa propre expérience et de celle de professionnels remerciés à la fin du roman.
 
J'ai personnellement beaucoup appris des questionnements autour des postures professionnelles, c'est subtil, tellement humain.
 
De Jeanne BENAMEUR je n'ai pas encore tout lu. Vous vous souvenez peut-être de
 
« Profanes »
 
Avec "La patience des traces", j'ai une nouvelle fois succombé au charme de la plume, la puissance des mots. C'est un excellent roman de cette rentrée littéraire d'hiver 2022.

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2022-02-16T21:33:09+01:00

Une jeune fille qui va bien de Sandrine KIBERLAIN

Publié par Tlivres
Une jeune fille qui va bien de Sandrine KIBERLAIN
Après
 
Place à Sandrine KIBERLAIN pour une première expérience derrière la caméra. Elle nous offre un long métrage :
"Une jeune fille qui va bien"
 
Irène, jeune fille juive, vit l'élan de ses 19 ans à Paris, l'été 1942. Sa famille la regarde découvrir le monde, ses amitiés, son nouvel amour, sa passion du théâtre… Irène veut devenir actrice et ses journées s'enchaînent dans l'insouciance de sa jeunesse.
 
Dans ce premier film, Sandrine KIBERLAIN a mis beaucoup d'elle. Il y a d'abord sa passion pour le théâtre
 


En faisant du théâtre, j'ai découvert ma vie qui commençait, j'ai compris qui je voulais être, ce que j'aimais, ce qui m'intéressait. Je me suis trouvée.

Boomerang sur France Inter, interrogée par Augustin TRAPENARD le 14 juin 2021

Le personnage d'Irène est parfaitement incarné par Rebecca MARDER de la Comédie Française, une jeune femme pétillante qui voue sa vie au théâtre. Elle prépare le concours pour le Conservatoire et nous fait toucher du doigt les exigences de l'interprétation.

Et puis, il y a le scénario, largement inspiré de la vie personnelle de la réalisatrice, jeune fille juive d'origine polonaise...


Je suis passée derrière la caméra parce que je ressentais un besoin vital de m'exprimer autrement, de diriger l'affaire. Mais je ne me sentais légitime à le faire qu'en racontant ma propre histoire, celle de ma famille

Boomerang sur France Inter, interrogée par Augustin TRAPENARD le 14 juin 2021

Avec ce premier film, Sandrine KIBERLAIN concourt à la mémoire de la grande Histoire venue détruire des destins personnels. C'est une démarche qu'elle revendique, un acte militant.

J'ai été frappée par la solitude d'Irène. Quand elle est dans l'espace public, elle est seule. En famille, elle dénote, son énergie débordante, sa fougue... font d'elle un être à part. Quand elle est au théâtre, elle est de nouveau seule... avec son étoile jaune cousue sur sa veste.

Mais rien ne saurait la freiner dans son projet. Son insouciance, sa candeur, sa fraîcheur... sont autant de qualités qui l'aident à poursuivre son chemin. Elle lutte, elle RESISTE.

Plus encore, j'ai vu dans la manière de tourner la marque personnelle de Sandrine KIBERLAIN, celle qu'elle incarne régulièrement dans des films réalisés notamment par Stéphane BRIZE, "Mademoiselle Chambon", . Il y a ces gros plans sur le visage. Il y a aussi la place donnée au non verbal, l'expression des yeux, de la bouche... par laquelle transparaissent les émotions, il y a aussi ces silences assourdissants.

C'est un film au sujet grave parfaitement traité, un beau film. Quant à la dernière image... 

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2022-02-13T07:00:00+01:00

The Way That I Love You de Passenger

Publié par Tlivres
The Way That I Love You de Passenger

A la veille de la Saint-Valentin, impossible de ne pas faire de l'amour la une du blog !

Ma #Chansondudimanche, c'est un titre de Passenger : "The Way That I Love You", des paroles qui invitent à la confiance en soi, être soi même et croire en les autres.

En plus, la vidéo tournée dans les lieux typiques de Paris n'est pas pour me déplaire.

Quant aux notes de musique, tout en douceur, qu'il est bon de se laisser bercer par le jeu du guitariste.

La voix de l'auteur, compositeur, interprète folk britannique, que l'on pourrait confondre allègrement avec celle de James BLUNT est envoûtante, tout ce qu'il faut pour se délecter. Allez, musique !

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2022-02-12T19:57:22+01:00

Histoires de la nuit de Laurent MAUVIGNIER

Publié par Tlivres
Histoires de la nuit de Laurent MAUVIGNIER

La rentrée littéraire d'hiver se passe aussi en poche, l'occasion de revenir sur des romans qui m'ont troublée.

Après

Ces orages-là de Sandrine COLLETTE

Nature humaine de Serge JONCOUR

place à

Histoires de la nuit de Laurent MAUVIGNIER

aujourd'hui disponible dans la collection Minuit Double.

Tout commence avec un passage à la gendarmerie. Patrice a emmené sa voisine faire une déposition. Depuis quelques jours, elle reçoit des lettres anonymes, la dernière avec menace. Christine, d’origine parisienne, peintre à la retraite, a choisi de quitter la ville pour la campagne. Elle vit dans le hameau de La Brassée. Il y a trois maisons. Celle de Patrice, fermier, qui vit avec sa femme Marion et leur fille Ida. Celle de Christine. Elle y vit seule avec son chien Radjah. La troisième est vide, elle est en vente. C’est d’ailleurs la brèche qu’utilise un visiteur un peu trop curieux pour être honnête quand il se présente dans la cour du hameau. Comme fait exprès, l’homme choisit le jour de l’anniversaire de Marion. Alors que Patrice passe tout son temps à la ferme, aujourd’hui, il n’est pas là. Il est parti en ville acheter son cadeau. Avant de partir, il a pris le temps de servir la table et décorer la maison. Christine est chargée de réaliser les gâteaux. Mais rien ne va finalement se passer comme prévu.

J’avais lu « Continuer » de Laurent MAUVIGNIER, un roman d’une très grande puissance. La relation d’une force inouïe entre une mère et son fils était sublimée par les grands espaces du Kirghizistan.
 
Là, l’espace y est contraint. Tout va se jouer entre quelques maisons isolées en rase campagne.
 
Le temps y est aussi compté. Vous ne vivrez à La Brassée que 24 heures.
 
La tension exercée est pourtant terrifiante. Âmes sensibles, s’abstenir.
 
Le coup de maître repose dans la peur que l’écrivain va réussir à transmettre au lecteur. Une fois, la graine semée, à l’image d’un fervent jardinier, il va l’arroser. Petit à petit, le plant va grandir jusqu’à envahir vos jours, et puis, vos nuits. Défi relevé !
 
Dans des phrases étirées à l’envi, l’auteur exerce une tension haletante. Le talent de Laurent MAUVIGNIER est terriblement sensationnel.

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2022-02-12T07:00:00+01:00

Quand une écrivaine se livre... Portrait d'Alexandra KOSZELYK

Publié par Tlivres
©Patrice Normand/Robert Laffont

©Patrice Normand/Robert Laffont

Chère Alexandra, merci infiniment d’avoir accepté de répondre à mes questions. Après la lecture de ton troisième roman, "Le sanctuaire d'Emona", cet entretien s’est imposé de lui même. Mais revenons à nos débuts, ils datent maintenant !

Tout a commencé, enfin l’écriture je veux dire, avec un blog de chroniques littéraires, Bric à book, tiens, tiens, tu nous racontes ?

Oui ! Certains diraient que c'était il y a fort fort longtemps... Nous étions en 2006, je venais d'arriver en région parisienne. Je ne connaissais alors personne ou presque, je lisais énormément, sans pouvoir partager cette passion avec mon entourage... 
Après une virée en librairie, je me suis rendue compte que j'avais envie de garder une trace de mes lectures. Je me suis lancée dans la création d'un blog, rapidement aidée par mon frère (qui s'y connaît bien mieux que moi.) L'aventure venait de débuter ! Je ne connaissais rien à cet univers. Très rapidement, c'est devenu une passion, j'y ai connu des personnes qui sont devenus des amis. C'est tellement galvanisant de pouvoir partager sa passion avec d'autres ! 

Puis, j'ai ouvert un atelier d'écriture, toujours sur ce blog, cela doit faire plus de dix ans maintenant. Il s'agissait d'écrire un texte court à partir d'une photo. C'est grâce à ce média que j'ai osé me lancer un jour dans l'écriture d'un roman. 


J’ai toujours été une grande fan de tes publications, au point de lancer L’Antre des Mots et depuis 2015, T Livres ? T Arts ? D’ailleurs, tu te souviens de cette aventure ensemble, le Prix France Bleu Page des Libraires ?

Mais bien entendu ! Quel plaisir encore une fois de lire une sélection de livres, puis d'échanger avec d'autres membres du jury...


Et puis, il y a eu les 68 Premières fois, nos lectures communes de premiers romans, de nouvelles rencontres en chair et en os, jusqu’à ce que ça soit toi qui décide d’écrire un premier roman. Tu nous racontes ?

C'est l'atelier d'écriture qui m'a permis de "faire mes armes". L'écriture est comme d'autres arts, elle s'affine avec le temps, j’ai ainsi pu trouver ma voix et ma voie, de mieux connaître les thèmes qui m’étaient chers. 

Je crois que tout est lié : à mes yeux, il serait étrange d'écrire sans aimer lire. Nous écrivons sous le regard des auteurs qui nous ont précédés, nous en sommes imprégnés, que ce soit de façon consciente ou non. Quand j'écris, je lis beaucoup de poésie, j'en picore : c'est un genre qui me nourrit, par ses images, et les émotions qu'il véhicule. 


Alors, comment as-tu franchis le cap ? Ce roman « À crier dans les ruines », il représente quoi pour toi ?

Avec le temps, je me rends compte que ce premier roman était un cri du coeur, ce n'est pas un hasard si le titre contient ce nom. Un cri, car c'était avant tout un hommage à la terre de mes ancêtres, souvent bafouée et outragée par l'Histoire. Encore actuellement, c'est un pays de cicatrices. 

Il représente cette place que j'ai osé prendre un jour, celle qui est la mienne. J'ai cessé d'être un derviche tourneur. 


 

Forte d’un très grand succès, un énorme coup de ❤️ pour moi, tu as poursuivis avec « La dixième Muse ». Quelle relation entretiens-tu avec Guillaume APOLLINAIRE ?

Ha ! Guillaume... plus je me documentais sur lui, plus je l'aimais. Il y a dans l'enfance de son poète une absence qu'il a comblée grâce à son art. 

Au départ, je voulais écrire un portrait inversé d’Apollinaire. A la manière du roman Les dix amours de Nishino où un homme est vu par les femmes qui ont marqué sa vie, sans que lui soit narrateur. Puis, après avoir corrigé mon premier roman "A crier dans les ruines", j’ai eu envie de continuer de parler de la Nature, c’était une sorte d’appel. Apollinaire a eu une première partie de son oeuvre où elle avait une place prépondérante… J’avais mon sujet pour mon deuxième livre ! 


Ces deux romans ont été publiés Aux Forges de Vulcain, l’occasion d’un petit clin d’œil à David 😉 Comment s’est passée la rencontre avec cet éditeur ?

Nous avons d'abord échangé par mail, puis, David a voulu me rencontrer pour faire plus ample connaissance. C'est un moment primordial : le texte a besoin d'une bonne entente entre un écrivain et son éditeur. Ecrire est un acte intime, on s'y dévoile souvent, on s'y met à nu, aussi sans une véritable confiance, le texte pourrait en pâtir. 

J'ai la chance d'avoir rencontré deux éditeurs avec lesquels cette confiance existe, l’un pour les parutions « adultes » aux Forges, l’autre pour la jeunesse, dans la Collection R chez Robert Laffont. Nous partageons des références communes, des univers semblables. C'est un terreau pour déployer mes ramifications. 


Aujourd’hui, avec ce troisième roman, « Le sanctuaire d’Emona », changement de maison, il est donc édité chez Robert Laffont, pourquoi ?

Là aussi, c'est une rencontre entre Elsa (mon éditrice) et moi : elle venait de lire "A crier dans les ruines", et trouvait que j'avais parlé avec justesse des adolescents. Elle m'a envoyé un mail pour savoir si je souhaitais écrire pour cette tranche d’âge. Je n'y avais pas pensé, mais l'idée me séduisait. J'en ai parlé à David, qui ne publie pas de jeunesse, puis j'ai rencontré Elsa. 

Très vite, je lui ai proposé un synopsis qui lui a plu, c'était parti pour une nouvelle aventure. Je ne pensais pas que cette écriture m'emporterait ainsi. En fait, je côtoie tous les jours des adolescents : à l'origine, c'est un public que j'adore, pour son authenticité, sa façon d'être enthousiaste. Ecrire pour eux a été une véritable révélation : pour eux, j'ai eu envie de me dépasser. 


Alors, là, oui, changement de registre, tu t’improvises dans le roman jeunesse. Tu nous dis quelques mots de l’histoire ?

Il est question de magie, de coïncidences qui n'en sont pas, d'amitié qui renverse tout sur son passage et fait devenir meilleur, mais aussi de quête des origines, de civilisations perdues... 


Pourquoi cette histoire ?

Pour l'imaginer, je me suis replongée quelques années en arrière. Quelle histoire aurais-je voulu lire à cette époque ? Quel message aurais-je voulu entendre ? Ecrire pour la jeunesse est une façon d'écrire à l'adolescente que j'étais...


Séléné comme Irina sont en quête de leurs origines, leurs racines. Je crois que ton propre regard est porté par l’Est. Cette quête là n’est-elle pas aussi un peu la tienne ?

Je crois bien qu'il me serait difficile d'écrire sur un thème qui ne me plairait pas. Nous restons des mois, voire des années avec nos personnages, leurs joies comme leurs tristesses. Sans que mes personnages soient un miroir de moi-même, il y a des thématiques que je creuse. Et je pense vraiment que je ne pourrais pas écrire un roman qui ne se passe pas à l'Est. C'est un territoire tellement riche... Et je trouve qu’on n’en parle pas assez en littérature française. 


Pourquoi un roman jeunesse alors ?

Parce que c'est une histoire que j'ai imaginée pour eux, qu'écrire pour eux se rapproche aussi de ce que je fais tous les jours avec eux : les guider vers l'âge adulte. Il y avait une sorte de défi que je me devais de relever tant l'estime que j'ai pour eux est grande. 


Moi qui suis totalement tombée sous le charme de ce conte fantastique (il faut dire que mon adolescence date seulement d’hier.. enfin avant-hier ! Vous pouvez donc toutes et tous en déduire que ce livre est aussi pour vous 😉), j’ai eu l’immense joie de découvrir en 4ème de couverture qu’il s’agit d’une saga. Pourquoi ?

Oh, d'emblée, quand j'ai vu mon éditrice, elle m'a dit que c'était une saga, j'ai donc construit aussi mon synopsis selon cette donnée. Et c'est très grisant de ne pas terminer une histoire une fois le premier livre terminé, je vais pouvoir faire évoluer mes personnages, les faire grandir, c'est tout simplement génial ! Elles ne me quittent pas, mais restent encore un peu, comme ces élèves que je vois de la 6e aux études supérieures. Je les regarde toujours avec un regard attendri. C'est ça aussi le métier de professeur : voir deux ou trois générations défiler, apprendre quelles études puis quels métiers ils font, savoir qu’ils sont devenus parents.  


Combien de tomes prévois-tu ?

Plusieurs ! 😊


Je suppose que le public jeunesse va aussi modifier ta tournée des libraires plus orientée vers les lycées, non ?

Je ne sais pas vraiment, car j'ai déjà énormément vu des lycéens avec mon premier roman. Il a été sélectionné sur de nombreux prix de lycées. C'est un peu pareil pour la « La dixième Muse » : certains professeurs le conseillent à leurs classes de Première. Avec "Le sanctuaire d'Emona", ce sera sans doute une continuité de ce qui a été amorcé. 


Tu abandonnes les adultes un temps ou bien nous prépares-tu aussi un roman à venir ?

Oh non, je n'abandonne personne ! J'ai déjà réfléchi à mon prochain roman aux Forges, je l'ai commencé lui aussi. J'ai toujours été hyperactive et boulimique : l'écriture est un trésor dans lequel je nage sans éprouver de fatigue. 

Je ne voudrais pas te mettre la pression mais je suis déjà en sevrage de ta plume et je ne sais pas comment je vais pouvoir tenir !!! Mais oublions-ça, pour le moment, tapis rouge à ce dernier roman sorti il y a quelques semaines seulement. Je te souhaite un immense succès. Que la jeunesse te rende bien tout l’amour que tu lui donnes !

Hahaha ! Merci ! A très vite pour la suite des aventures, alors ! 

 

Vous avez envie de lire d'autres interviews ? Retrouvez 

Jean-Luc MANIOULOUX

Catherine ROLLAND

Sandrine COLLETTE

 

Mathieu MENEGAUX

 

Gilles MARCHAND

 

Lenka HORNAKOVA CIVADE

 

Anne DE ROCHAS

 

Alexandre SEURAT

 

Valérie TONG CUONG

 

Alain JASPARD

 

Caroline CAUGANT

 

Caroline LAURENT écrivaine et éditrice

 

Jean-Maurice MONTREMY éditeur

 

Marie et Antoine de la Librairie Le Renard qui lit
 

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2022-02-11T08:25:16+01:00

La patience des traces de Jeanne BENAMEUR

Publié par Tlivres
La patience des traces de Jeanne BENAMEUR
 
Il y a des rdv avec des écrivains qui sont un peu comme des rencontres avec des amis. A chaque lecture de Jeanne BENAMEUR, c’est un peu comme retrouver un univers littéraire, un registre artistique et puis toujours,  le pouvoir des mots… pour le plus grand des plaisirs.
 
Vous vous souvenez peut-être de
 
 
Dans cette rentrée littéraire de janvier 2022, place à "La patience des traces".
 
Tout commence avec la chute de ce bol bleu, un matin. Ce bol, il accompagnait Simon dans sa vie depuis longtemps, c’était un cadeau précieux. C’était avec lui qu’il commençait sa journée, avec lui qu’il buvait le premier café avant de se consacrer à ses patients. Simon est psychanalyste. Il habite en bord de mer. Il vit seul. Il sent que ce bol brisé est bien plus que deux morceaux de porcelaine séparés, il est la révélation d’un appel vers le lointain, un dépaysement pour mieux se retrouver.
 
Jeanne BENAMEUR a cette capacité, en quelques phrases, à planter le décor, focaliser son objectif sur son personnage, inviter à la concentration. Le rythme est lent, chaque mot pesé. Simon peine à se projeter. Je le ressens dans mon corps, ma sensibilité est éveillée. Partira, partira pas. Il va finir par prendre l’avion pour une destination qu’il a laissé choisir par son ami. Il joue avec Hervé aux échecs. Il est en totale confiance, la confiance que l’écrivaine va explorer sous toutes les coutures et décliner à l’envi.
 
Comme j’ai aimé découvrir la psychanalyse à travers la carrière de Simon, la nécessité d’écouter, une présence pour franchir le cap…


Et même si du divan une voix semblait s’adresser à moi, je sais que je n’étais là que pour le passage des paroles du dedans au dehors. P. 125

Et puis, il y a ce voyage intérieur, celui que Simon s’offre à lui-même, meublé de silences, habité par la solitude, porté vers la contemplation, un voyage pour se débarrasser de ce qui l’entrave, à l’image de ces raies Mantas qui se défont sur les coraux de ce qui les encombrent et s’offrent ensuite le plus beau des vols planés comme un nouveau souffle, un nouvel élan vers autre chose. Quelle plus jolie métaphore.
 
Le voyage de Simon fait ressurgir la douleur de malheureux souvenirs. Il avait bien essayé de panser ses propres plaies mais elles lui résistaient.


Les émotions violentes sont empreintes. On ne peut que les circonscrire pour qu’elles n’envahissent pas tout. P. 123

Chez Akiko et Daisuke Itô, tout est différent. Tout est différent, le cadre de vie, les saveurs culinaires, les tenues vestimentaires, le rapport aux autres. Avec eux se crée une complicité presque naturelle qui va bien au-delà des mots, c'est de leur musicalité dont il est question. Chuintés, simplement murmurés, délicatement prononcés, ils deviennent le baume de toutes les trahisons.


La langue inconnue qui vous enveloppe, se parle juste à côté de vous. Lui y trouve une paix profonde. P. 106

J'ai adoré voir la complicité se nourrir entre les deux hommes, en l'absence même de la traduction des mots. Si l'on peut parfois appréhender de ne pas pouvoir échanger par le biais d'une langue commune, il est en réalité bien d'autres alternatives à la parole pour entrer en communication avec l'autre comme le regard, l'expression du visage, les mouvements des mains, la position du corps, et bien d'autres encore. Simon et Daisuke vont expérimenter le non-verbal dans leurs échanges et nous montrer ô combien il peut être riche... d'humanité.
 
L'art peut-être le prétexte à l'expression d'émotions et devenir la source d'un partage. Si vous êtes une fidèle de Jeanne BENAMEUR, vous savez qu'il occupe toujours une place de choix dans ses romans. Dans "La patience des traces", elle nous propose une plongée dans deux disciplines artistiques, deux pratiques artisanales qui perpétuent la beauté et l’utilité du geste, sa répétition inlassable pour atteindre la perfection. Il y les tissus bingata aux couleurs vives, des couleurs crues, des couleurs pures, qui vous touchent en plein cœur. Il y a aussi la porcelaine avec le kintsugi, cette pratique artistique qui magnifie les brisures des objets avec de la poudre d’or.
 
L’écriture de Jeanne BENAMEUR est éminemment belle et délicate, profondément sensorielle. Ce roman est une nouvelle fois une invitation à arrêter le temps, se poser, toucher, sentir, regarder, écouter, savourer pour S’ÉMERVEILLER.

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2022-02-10T21:35:56+01:00

Au café de la ville perdue de Anaïs LLOBET

Publié par Tlivres
Au café de la ville perdue de Anaïs LLOBET

Ma #citationdujeudi est l'occasion de revenir sur mon premier coup de coeur de l'année 2022 : "Au café de la ville perdue" de Anaïs LLOBET aux éditions de l'Observatoire.

Fidèle à moi-même, il s'agit d'un roman historique.

Je vous propose de vous envoler pour Chypre.

Une jeune journaliste française installée à une table du café Tis Khamenis Polis suscite bien des convoitises. Il y a Giorgos qui égrène ses souvenirs de Varosha, sa vie là-bas, son hôtel Seaside. Et puis, il y a Ariana, serveuse, qui vient passer ses pauses avec elle et lui raconte l’histoire de sa famille : son père Andreas, élevé par sa tante Eleni récemment décédée. Ses parents à lui se sont évaporés, sa mère, Aridné, était une chypriote turque. Elle serait partie avec un soldat. Lui, rongé par le chagrin, aurait pris la mer, sans jamais revenir. Ariana est habitée par cette filiation. Elle est aussi hantée par cette maison de Varosha dont l'adresse,14, ados Ilios, tournoie autour de son bras. Cette maison, c'est celle que ses grands-parents ont dû abandonner au moment du coup d’Etat de 1974. C’est là que la grande Histoire s’invite à la table des deux jeunes femmes pour ne plus la quitter.
 
Ce roman, c’est un roman dans un roman, un exercice littéraire parfaitement réussi.
 
Anaïs LLOBET joue avec les temporalités, deuxième prouesse. Elle arrive à conjuguer deux périodes au présent, celle de 1974 avec le coup d'Etat, et celle d'aujourd'hui. 
 
A travers les différentes générations, depuis celle de Ioannis et Aridné jusqu’à Ariana, il se passe une quarantaine d’années, quelques décennies qui ont nourri des relations de haine entre les peuples, des traumatismes qui sont transmis des parents aux enfants avec ce qu'ils ont de plus dramatiques. J'ai beaucoup aimé la référence au tatouage d'Ariana comme l'empreinte laissée par une maison dans laquelle elle n'a jamais vécu mais qui l'habite pourtant dans sa chair. Il y a cette adresse, il y a aussi ce figuier.
 
Je découvre avec ce roman la plume d'une jeune écrivaine, romanesque à l’envi, sensible, pudique, pleine d’humilité, portée par un profond humanisme. La chute est prodigieuse, bravo !

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2022-02-09T20:48:46+01:00

Presque de Bernard CAMPAN et Alexandre JOLLIEN

Publié par Tlivres
Presque de Bernard CAMPAN et Alexandre JOLLIEN

L'année 2022 promet d'être riche en émotions côté ciné.

Après 

"En attendant Bojangles" de Régis ROINSARD

"Animal" de Cyril DION

place au film "Presque" réalisé et interprété par Bernard CAMPAN et Alexandre JOLLIEN.

Quelques mots du scénario :

Deux hommes prennent la route, de Lausanne vers le sud de la France, dans un corbillard. Ils se connaissent peu, ont peu de choses en commun, du moins le croient-ils…

Il y a des films qui vous donnent envie d'aimer la vie, "Presque" fait partie de ceux-là.

Tout commence avec de très belles notes de musique du tout jeune compositeur Niklas PASCHBURG dont le premier album "Oceanic" est sorti en 2018.

Et puis, il y a cette légèreté un brin insouciante dans les premières images, Alexandre JOLLIEN, atteint d'athétose, sur un vélo, casque sur les oreilles. Il est livreur de produits bio.

Face à lui, la gravité incarnée par Bernard CAMPAN, croque-mort.

Tous deux composent un formidable duo pour aborder des sujets éminemment philosophiques, le terrain de jeu d'Alexandre JOLLIEN dans la vraie vie. Vous vous souvenez peut-être de son premier ouvrage : "Eloge de la faiblesse". La mort, la vie, le plaisir, le désir, le bonheur... sont autant de notions qui vont être traitées avec gourmandise et fantaisie.

Il y a bien sûr le handicap et le regard des autres qui sont explorés. J'ai adoré l'absence de tabou et la simplicité des relations pour y pallier. Il y a quelques jolis pieds de nez, histoire de donner à chacun.e l'opportunité de méditer.

Le bout de chemin réalisé par les deux hommes et leur complicité sont une réelle cure de jouvence, un moment hors tout.

Bref, c'est un film à voir absolument. 

Si vous hésitez encore, vous pouvez toujours visualiser la bande annonce...

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2022-02-08T07:00:00+01:00

Le sanctuaire d’Emona de Alexandra KOSZELYK

Publié par Tlivres
Le sanctuaire d’Emona de Alexandra KOSZELYK
Alexandra KOSZELYK nous revient dans cette rentrée littéraire en explorant un nouveau genre, un roman pour jeunes adultes, un roman fantasy, et je dois bien l'avouer, c'est un coup de ❤️ (vous avez bien sûr repéré l'oeuvre de Botero Pop, "Love" !).
 
Séléné a un frère, Antoine. Tous deux ont été adoptés par leurs parents. Séléné est en quête d’identité. Il y a cette empreinte au poignet, une forme lunaire. Il y a ce mystère qui entoure ses origines et la fait la souffrir. Cet été, c’est décidé, elle va prendre de la distance et partir pour l'Australie. Ses plans ne se réaliseront pas tout à fait comme elle le souhaitait mais c’est ça ou rien. Ses parents acceptent qu’elle parte mais avec son frère et sa copine Daria. Plutôt qu’un vol direct, il y aura un itinéraire en voiture pour s’arrêter en Roumanie voir sa mère. Le jour du départ, une nouvelle s’incruste, Irina, la sœur de Daria. Tout ça n’est pas pour plaire à Séléné mais quand l’équipe sera arrêtée en Slovénie, soupçonnée de transporter de la drogue et abandonnée en rase campagne avec une voiture en pièces détachées, Séléné trouvera chez Irina un brin de réconfort. Elle ne sait pas encore que des aventures pour les moins surprenantes les rapprocheront beaucoup plus encore.
 
La plume d’Alexandra KOSZELYK, je la connaissais pour avoir lu ses romans, « À crier dans les ruines » et « La dixième Muse », tous deux publiés Aux Forges de Vulcain. Elle franchit un nouveau cap avec « Le sanctuaire d’Emona » de la Collection R de Robert Laffont.
 
J’ai adoré retrouver la fluidité de la prose au service d’un roman, cette fois d’aventures, vraiment haletant. Il y a ce départ en vacances de Séléné, addict des réseaux sociaux. Alexandra KOSZELYK croque tendrement cette jeunesse en mal d’exister devenue experte dans la technique du recadrage, l’usage des filtres et autres animations pour séduire leurs followers.
 
Si elle prend du plaisir à ancrer le propos dans la réalité de notre XXIème siècle, la tournure des événements va bientôt prendre un tout autre chemin, celui de la mythologie, des contes et légendes, pour nous proposer un récit fantastique guidé par des forces cachées. Séléné et Irina sont attirées par le surnaturel. L’une sculpte des figurines aux pouvoirs obscurs, l’autre laisse son imagination déborder et dessine d’innombrables mangas. J’ai beaucoup aimé tous ces passages où la création artistique des deux adolescentes est l'expression de talents et explorée dans ce qu’elle a de plus impérieux.
 
Et puis, il y a la magie de l’histoire, une ville de Slovénie où les sculptures de dragons sont légions, une maison inquiétante, des apparitions, une grotte comme lieu d'apprentissages... Bref, tout y est pour en faire un roman captivant.
 
Il y a encore le traitement des émotions des deux jeunes filles, un brin lyrique, et la relation d'amitié qu'elles vont tisser ensemble au fil du livre pour se solidariser et affronter les éléments. Elles composent un vrai duo de choc que rien ne saurait arrêter. J'aime ces personnages féminin pleins de fougue et d’ardeur.


Au contraire, au creux de leurs souffles, il y avait l’abandon de soi, le plus inestimable des dons, dans la confiance qu’on remet à l’autre, comme le trésor le plus précieux. P. 185

Enfin, il y a des valeurs. Ce roman, ce sont aussi des messages adressés aux jeunes adultes, une invitation à mesurer le sens de ce qui peut faire société. Le roman devient conte philosophique avec une dimension initiatique. Là aussi, les passages sont prodigieux.
 
Alexandra KOSZELYK nous enchante une nouvelle fois avec une plume éminemment descriptive, presque cinématographique. De là à imaginer que le livre soit un jour exploité par le 7ème art, il n'y a qu'un pas ! 
 
Vous l'aurez compris, Alexandra KOSZELYK embrasse avec talent ce tout nouveau genre littéraire et quelle plus belle surprise que de découvrir qu’il ne s’agit là que du tome 1. Elle nous promet une saga.
 
Je sors émerveillée de ce roman, totalement conquise. Je suis sortie de ma zone de confort pour mon plus grand plaisir, j’ai adoré retrouver mes passions d’adolescente. Je découvre que je n’ai pas pris une ride !!! Si on m'avait dit qu'un jour je craquerai pour un roman fantastique, je ne l'aurais pas cru, c'est pourtant vrai !
 
Impossible de ne pas saluer le traitement esthétique du livre qui fait partie de la collection R de Robert Laffont. Ses couvertures sont illustrées par Laura PEREZ, dessinatrice de BD. La délicatesse du trait des personnages et les reliefs font de lui un sublime objet. Bravo, c’est du grand art !
 

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2022-02-07T07:00:00+01:00

Falling de Ulrica ULLMAN

Publié par Tlivres
Falling de Ulrica ULLMAN

J’aime aller voir une exposition et tomber sous le charme d’une œuvre ou des créations d’un.e artiste. 

C’est exactement ce qui m’est arrivé hier en flânant sur le 28ème Salon de la Doutre qui accueille une cinquantaine d’artistes du grand ouest. Il y a des toiles de toutes les couleurs, des sculptures de toutes les matières… 

Personnellement, j’ai été conquise par les créations de Ulrica  ULLMAN, une très belle découverte d’œuvres réalisées en papier mâché. 

Ce qui m’a plus, c’est d’abord la joie et le brin de fantaisie qui animent les personnages. Ils donnent l’impression de tous bien s’amuser, seul ou en groupe.

Et puis, il y a le mouvement. On dirait un monde enchanté ou un manège merveilleux. Tous semblent en action et s’en délecter.

Il y a encore le message.

Ma #lundioeuvredart, c’est cette création dictée par cette volonté

«  Embarquer par l’idée que rien ne peut nous arriver »,

une sage philosophie pour commencer cette nouvelle semaine qui s’annonce.

Avec l’escalier et un personnage qui semble victorieux sur la plus haute marche, on peut y voir la réussite d’une ascension mais c’est sans compter sur la malice de l’artiste qui a choisi d’y donner le titre : « Falling », la chute, qu’elle décline à travers trois personnages endiablés. J’aime l’humour avec lequel elle traite la situation.

Être sensible devant une œuvre, c’est toujours une perche tendue pour aller découvrir l’univers artistique de son auteur. Si vous aussi avez envie d’en savoir plus sur Ulrica ULLMAN, je vous invite à visiter son site. Elle explique notamment sa démarche avec ces mots :


Je réalise mes sculptures par pulsions. Ce n’est pas l’idée qui guide le processus, mais bien le libre jeu des formes et de la matière. Je suis une «instinctuelle». Le corps humain m’inspire, essentiellement, passionnément. J’aime traduire ses humeurs que je tente d’extérioriser par l’expression du visage, du corps et surtout, par le mouvement.

https://ulrica-sculptures.jimdofree.com/demarche-artistique/

Définitivement, j’adore ❤️

Si vous hésitez encore et que vous êtes dans les environs d'Angers, faites un crochet par le Salon de la Doutre et on reparle 😉

Infos pratiques :

Ouvert du samedi 5 au dimanche 13 février, de 14 h à 19 h ; les dimanches de 11 h à 19 h. À l’hôtel des Pénitentes, boulevard Descazeaux, à Angers. Entrée libre

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