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2020-02-22T07:00:00+01:00

Il est juste que les forts soient frappés de Thibault BERARD

Publié par Tlivres
Il est juste que les forts soient frappés de Thibault BERARD

Roulement de tambour s'il vous plaît pour mon 3ème coup de coeur de l'année. Après

"Rivage de la colère" de Caroline LAURENT

"Murène" de Valentine GOBY

voici venu

"Il est juste que les forts soient frappés" de Thibault BERARD,

un primo-romancier au talent fou repéré par l'équipe des éditions de l'Observatoire !

Il y a des romans qui vous prennent à la gorge dès les premières lignes, assurément, celui de Thibault BERARD fait partie de ceux-là. 

Sarah, la narratrice, est morte à l’âge de 42 ans. Elle se remémore son adolescence, sa première histoire d’amour avec un homme de 15 ans de plus qu’elle, ses actes de bravoure à l’encontre de la grande faucheuse. Si elle ne l’a pas emmenée lorsqu’elle avait vingt ans, Sarah était persuadée qu’elle viendrait la chercher avant la quarantaine. Elle l’a toujours dit à Théo, son amour, son lutin. Elle n’était donc pas surprise quand, à 38 ans, alors qu’elle est enceinte de 7 mois de son deuxième enfant, un garçon, le couperet tombe avec l’annonce d’une tumeur cancéreuse très mal placée la menaçant de mort imminente. Théo s’est battu comme un fou pour sauver son moineau mais il n’était pas de taille, les dés étaient jetés, les jours comptés, impossible de reculer.
 
Ce roman, je vous vois déjà vous dire, il n’est pas pour moi, et pourtant ! Thibault BERARD, éditeur chez Sarbacane, nous livre un hymne à la vie. Largement inspiré de son histoire personnelle, le propos de ce livre ô combien audacieux est un petit bijou de la littérature. Thibault BERARD aurait pu en faire un essai à l’image de ce qu’a livré Mathias MALZIEU dans son "Journal d'un vampire en pyjama", il a décidé d’en faire une fiction et c’est somptueusement réussi.
 
En ouvrant ce livre, vous acceptez de monter dans l’ascenseur émotionnel parfaitement maîtrisé par l’écrivain, vous allez vivre d’intenses moments de bonheur, vous envoler très haut, et puis, vous allez vivre des moments de grand désespoir, tomber très bas. 
 
Comme le disait très bien Thibault BERARD dans l’émission de Laurent Ruquier « On n’est pas couché » diffusée le vendredi 15 février, « nous sommes tous mortels, il n’y a de secret pour personne, alors vivons chaque instant de la vie comme un instant volé à la mort ». Je trouve que sa philosophie de vie est d’une effroyable justesse, nul doute qu’il a dû lui-même passer par mille et une épreuves pour pouvoir tenir aujourd’hui ce si beau discours.
 
Loin du pathos que j’avais soupçonné, l’écrivain surfe sur les références musicales et cinématographiques pour ponctuer le roman de formidables bouffées d’air. Les respirations artistiques comme cette citation « Welcome home, Mister Bailey. » extraite du film de Frank CAPRA « La vie est belle », sont autant de moyens de quitter cette réalité qui les assaille.
 
Et puis, il y a ce brin de fantaisie, cette fraîcheur d’esprit, tout ce qu’un jeune couple peut vivre d’original, de drôle, de fantasque, se retrouve dans la plume de ce primo-romancier. 


J’ai eu le temps de m’imaginer en cellule humanoïde fonçant à travers les artères de mon propre corps, butant sur cette immense masse noire gélatineuse qui m’aplatissait un poumon et ma veine la plus vitale, celle qui pompait le sang jusqu’à mon cœur... P. 95

Les mots sont beaux, les phrases délicates et sensuelles, les métaphores joueuses, les personnages sublimés, les sentiments magnifiés, le livre profondément touchant.
 
Ce roman, c’est une magnifique histoire d’amour entre un homme et une femme, une complicité sans faille qui agit comme un cocon protecteur du monde :
 
 


Nos esprits dévastés se braillaient l’un à l’autre la même phrase par le canal du regard, en boucle, nous rendant sourds à tout ce qui nous entourait. P. 93

Théo, le lutin, et Sarah, le moineau, sont attendrissants à l’envie. Ils sont éminemment romantiques et ne peuvent que nous transporter avec l’euphorie, la fougue et l’énergie, qui les animent. Le premier chapitre s’intitule « VLOUSH ! », mais je ne vous ai encore presque rien dit !
 
Ce roman, c’est aussi un hymne à l’amitié. Le réseau d’amis proche résiste à tout, y compris la maladie. Il y a toute une galerie de personnages autour du couple, ils aident Sarah à vivre les événements, ils aident Théo à les surmonter.


« Vivre libre », ça n’existe pas, c’est du vent - le premier mot tue le second comme une plante grimpante en étouffe une autre. P. 183

Ce roman est d’une luminosité incroyable, il est porteur d’espoir dans tout ce qu’il a de plus beau.

Quand j'ai choisi le graffiti de Banksy pour orner mes coups de coeur de 2020, je ne savais pas qu'il illustrerait à merveille celui-là aussi. Un sans faute depuis le début de l'année !

Mais pour que cette chronique soit complète, impossible de vous quitter sans partager avec vous « I Don’t Want To Miss A thing » par Aerosmith, l’une des nombreuses références de Théo, enfin, Thibault BERARD, quoi ! Elle risque de vous faire craquer...

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commentaires

krol 24/02/2020 10:56

Je l'ai acheté au vu de toutes les excellentes critiques que je lisais... J'ai craqué ! Est-ce que je me trompe qui je dis qu'il fait penser au roman de Odile d'Oultremont Les déraisons ? Bon, j'en saurai plus quand je l'aurai lu.

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