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2017-03-19T21:12:20+01:00

Vous êtes 9000 à avoir visité au moins une fois T Livres ? T Arts ?

Publié par Tlivres
Vous êtes 9000 à avoir visité au moins une fois T Livres ? T Arts ?

Parce que je voulais vous remercier de façon originale, je vous offre cette oeuvre participative réalisée au Foyer Marguerite d'Anjou à l'initiative d'un jeune artiste, ClémentL qui prépare le concours d'entrée des Beaux Arts.

Elle est intitulée

InHumanity

et représente


L'unicité de différentes personnes qui, rassemblées, ne forment qu'une société homogène. La mixité de ces personnes, forcément différentes, ne forment pour finir qu'un seul visage.

Cette mosaïque est composée de 250 visages.
 
Je trouvais que cette oeuvre était tout à fait adaptée pour représenter notre communauté.
 
 
MERCI !

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2017-03-18T14:45:01+01:00

Coeur-Naufrage de Delphine BERTHOLON

Publié par Tlivres
Coeur-Naufrage de Delphine BERTHOLON

Hasard du calendrier, le 18 mars 2016, je publiais une chronique sur "Grâce" de Delphine BERTHOLON. Un an plus tard, je reviens sur la toile avec le tout dernier roman de cette écrivaine hors pair : "Coeur naufrage", une petite bombe.


"Coeur-Naufrage", c'est le titre donné par Lyla à un poème qu'elle a écrit à l'attention d'un garçon, Hervé, son 1er petit amoureux. Mais là, elle a 17 ans, c'est l'été, elle est en vacances, elle prend son vélo et part seule en direction de l'océan. Il fait très chaud, elle est insouciante et se laisse porter par un vent de liberté. Et puis, il y a une chute, la chaîne qui saute et son incapacité à la remettre. Elle décide de marcher à côté de sa bicyclette. Elle se souvient d'un endroit fréquenté par des surfeurs et un bar ambulant. Elle y trouvera bien de l'aide. Fatiguée, elle laisse son vélo sur le bord de la route et continue son chemin à pied. A son arrivée près du van, et voyant des garçons plus âgés qu'elle, Lysa se demande si elle a fait le bon choix. Elle mesure maintenant sa prise de risque. La jeunesse aidant, elle décide de la jouer familière, elle fume avec eux, elle boit avec eux. L'heure passe, la nuit tombe, il va bien falloir penser à rentrer. Mais, son vélo, qui va le retrouver pour le réparer ? Et elle, qui va la ramener ? Joris, l'un des 3 surfeurs, décide de faire un effort, il part avec elle, et là commence une toute nouvelle histoire !    


Avec Delphine BERTHOLON, je suis habituée aux lectures Coup de poing, il y avait eu "L'effet larsen" et puis "Les corps inutiles". Tantôt je fuie les coups, tantôt je les recherche, tantôt je les esquive, tantôt je les prends pleine figure. Avec la sortie de son tout dernier roman, impossible de reculer. Il faut se lancer et je sais déjà que ça va faire mal. Le livre à peine ouvert, je découvre la citation de Jonathan TROPPER extraite du  roman "Le livre de Joe", elle n'est pas faite pour me rassurer :


Une ancienne petite amie, c'est un flingue planté dans votre estomac.

Avec Delphine BERTHOLON, c'est de l'émotion assurée et des effets décuplés. Le livre que j'ai refermé samedi dernier, je ne m'en suis encore pas remise ! Je vous explique.


Il y a le parcours de Lyla, et puis celui de Joris. Ces deux-là sont jeunes. On pourrait dire qu'il ont toute la vie devant eux. D'ailleurs, ils le savent, ils se sentent invincibles, rien ne peut leur arriver. Sauf que malheureusement, les individus ne sont pas à égalité. 


Toujours aux femmes d'interdire, de vérifier, d'être sérieuses. Toujours ! Quoi qu'on en pense, l'insouciance des filles n'est pas celle des garçons. Quoi qu'on en pense, nous ne serons jamais égaux. P. 293

Dès les premières pages, la tension a peine créée ne va faire que se renforcer. Le jeu est déséquilibré. Lyla portera l'empreinte de cet été-là toute sa vie. Comme tous les portraits de femme brossés par Delphine BERTHOLON, celui de Lyla est écorché, son âme est marquée, comme son corps à l'image des bras de Joris nervurés par les traces d'un acte qui aurait pu être irréparable. Mais Lyla, elle, c'est son intimité qui est touchée et la vie sera faite d'autant d'opportunités pour le lui rappeler :


Les souvenirs sont des fragments qui apparaissent tantôt ici et tantôt là, au passé, au présent, n'importe comment. Des images, des sensations, des bribes, des flashs. P. 195

Il en est d'autres dont la fulgurance est d'une violence sans merci.


Je croyais l'avoir oubliée, mais les parfums réactivent la mémoire mieux que n'importe quoi d'autre et, à peine monté dans le véhicule, ma jeunesse tout entière me sauta à la gorge. P. 147

De leur jeunesse, Lyla et Joris en garderont la mémoire, notamment celle d'une redoutable haine portée à leurs parents. J'ai été bouleversée par celle que la jeune fille voue à sa mère, tout comme celle de Joris à son père. Sous la plume de Delphine BERTHOLON, il y a d'ailleurs cette fusion, ce mot composé comme si l'un n'allait pas sans l'autre et vice-versa :


Je pense à ma haine-père qui rejoignait, à l'époque, Lyla et sa haine-mère. P. 75

C'est peut-être d'ailleurs ce point commun qui éveillera la sensibilité de Joris pour Lyla, et inversement, comme quelque chose à partager pour susciter la compréhension.


Mais ce que j'aime plus encore chez Delphine BERTHOLON, c'est la puissance de la personnalité des femmes. A l'image de Clémence dans "Les corps inutiles", Nola dans "L'effet larsen", Lyla prend son destin en main, décide d'assumer ses actes et trace son chemin. Bien sûr, il y a des fragilités, des moments où les vannes sont ouvertes et les larmes coulent à flot, mais il y a aussi cette force intérieure qui permet d'avancer, d'afficher à l'extérieur une certaine dimension et sous le regard des autres de prendre de la hauteur.


Et ce n'est pas parce que Lyla, traductrice de manuscrits, est une femme de l'ombre qu'elle vit sa vie par procuration. Je saisis d'ailleurs cette opportunité qui m'est donnée de saluer le formidable travail des traducteur.rice.s qui sont des professionnel.le.s souvent oublié.e.s mais dont le talent est à remarquer. La qualité des oeuvres de Tracy CHEVALIER et Angela HUTH, Arnaldur INDRIDASEN, LEIF DAVIDSEN, pour ne citer qu'eux, ne serait rien sans l'activité réalisée respectivement par Anouk NEUHOFF, Eric BOURY,  Monique CHRISTIANSEN.
Dans ce roman, on y parle de littérature, on y parle aussi photographie. J'aime beaucoup explorer un champ artistique au gré d'un roman, cette façon qu'a Elaine de faire des clichés de sa fille et de manipuler son image m'a totalement fascinée.  


La composition de ce cliché est extraordinaire. Il y a tout. La solitude, la détresse, le secret, le déni, la honte. Sur ce cliché, il y a tout sauf moi. P. 69

Je ne pourrais achever ce billet sans évoquer la narration de ce roman, une lecture à deux voix, celle de Lyla et celle de Joris, un formidable regard croisé sur les événements, un procédé ingénieux, audacieux diront certains, mais parfaitement maîtrisé par une écrivaine à la plume remarquable et totalement addictive. "Coeur-Naufrage", je l'ai fermé le week-end dernier et j'en ressens déjà le manque !

Cette lecture participe au Challenge de

la Rentrée Littéraire MicMelo de janvier 2017 ! 

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2017-03-18T08:27:39+01:00

32ème salon des Artistes pour la liberté

Publié par Tlivres

Il est des expositions qui, outre la promotion de l'art, sont des actes militants en soi et celles‐là méritent que l'on s'y attarde un peu.


Le 32ème salon des Artistes agit en faveur de la Liberté dans le monde en partenariat avec Amnesty International.


A Angers, et jusqu'à demain, dimanche 19 mars, 18h, 95 artistes exposent pas moins de 167 œuvres en tous genres : peinture, gravure, sculpture, photographie... 

 


L'art est un moyen d'exprimer librement ce que l'on ressent. L'art c'est un acte de jouissance. Au‐delà du plaisir physique c'est avant tout un plaisir intellectuel et moral que procure la création libre. Jouissance de l'âme, de la conscience et de l'esprit.

Voilà le propos que tiennent les artistes qui exposent.


Et comme chacun fait un acte formidable au nom de l'intérêt général, j'ai décide de tous les citer : 


A. BOURG  -  ACKANE  -  ARNO-AA  -  Elisabeth AUER  -  Marie  AURIO  -  Clémence BANVILLET  -  Robert BAUDIN  - 
Jean-Claude BELLANGER  -  Jack BERGERON  -  Paul BERTÉ  -  Aurore BESSON  -  Jean-Michel BLANCHARD  -  Antoine BLOC  -  
Noël BOCCACIO  -  Alain BOISDON  -  Pascale BOUCAULT-LEBOT  -  Donatien BOURCERET  -  BRONDEX  -  Pierre BRUNELLIÈRE  -  Christian CARDIN  -  Jacqueline CHASSERANT  -  Richard CHESTER  -  CHEVY  -  Véronique CORNET  -  Josette DE.BORD  - 
Gérard DERUELLE  -  Bruno DESVAUX  -  Jacques DORIENT  -  Roselyne DUPETITPRÉ  -  Marc d’EAUBONNE  -  Marie-Claude EMAURY  -  Eric FONTES  -  Béatrice FORTIN  -  Patrice GALLARD  -  Monique  GERVAIS  -  Bruno GUIARD  -  Claire GUILLEMET  -  Anne GUILLOT  -  Hélène HIRIBARNE  -  INAYAT -  Annie JEULIN  -  Emma KAYA  -  Josefa LABORDERIE  -  Daniel LACROIX  -  Vincent LAMBERT  - 
Josseline LAMBERT VERHAQUE  -  Gilles LAMOUR  -  Maryline LANGLAIS  -  Vincent LANGLOIS  -  Marcel LARCHER  -  Alain LASSERRE  -   Renée LAURENT  -  LÉNA  -  Marie Hélène LENTGE  -  Michèle LEPEINTRE  -  Guy LHEUREUX  -  MAB  -  Brigitte MAHY  - 
Evelyne MARATIER  -  Claude MARCHAND  -  Louis MARCHAND  -  Jacques MARY  -  MAURI 7  -  MOGRALL  -  Séverine MOISY  - 
Brigitte MONNIER  -  NICOLE  -  Jean-Charles NOGUÈS  -  OLIVIA  -  Marie Carmen ORTEGA-MARTINEZ  -  Marie Hélène OSTA  - 
Cécile PAJÈS  -  Alain PIHOUÉ  -  Daniel PIOLET  -  Claude POIRET  -  Geneviève PONS-VATEL  -  Claude PROULT  -  R. FAM  -  REV  - 
Astrid ROCHE  -  Véronique RONCIN  -  Marie-Annick ROUSSELOT  -  SABRINA B  -  Vincent.TÉTU  -  Christian THARRAULT  -  Frédéric TOTH  -  Nadine TOUZÉ  -  Annette  TROST  -  Josette TULASNE  -  Ana URIBE-BÉCOT  -  Maribé VIAU  -  Jean-Charles VIOLET  -  Aube VRBICA  -  Gérard WEISS  -  Douglas WONG-AGUIRRE


Peut‐être en connaissez‐vous ?


Personnellement, j'affectionne tout particulièrement le travail réalisé par Pierre BUNELLIERE, un artiste peintre installé sur Angers. Ses personnages créés à partir de collages me touchent tout particulièrement, leur mouvement, leur forme corporelle, l'atmosphère de leur environnement... C'est lui qui a d'ailleurs réalisé l'affiche de cette 32ème édition : 

 

32ème salon des Artistes pour la liberté

J'y ai retrouvé également les sculptures de Bruno GUIARD, cet artiste dont j'avais découvert le talent dans le cadre de l'opération "L'art à 2 pas". Il allie 2 matériaux que sont la pierre et le mortier pour donner un effet à l'ensemble tout à fait extraordinaire. Le côté lisse de la pierre fait front à celui ridé, tortueux, du mortier, j'adore. Ce que j'aime aussi beaucoup dans son travail, c'est la sérénité et le calme qu'inspirent le visage du personnage, un idéal en soi !

D'ailleurs, cette sculpture est intitulé "Le temps suspendu", tout un programme en ce début de week‐end...

32ème salon des Artistes pour la liberté

Avec ce salon, j'ai fait une découverte, le travail de Jean‐Charles NOGUES. "La femme" et "Danseuse" qui sont exposées en bois sont d'une très grande beauté, leur mouvement là aussi m'impressionne et puis, il y a la beauté naturelle du matériau décuplée avec le travail de l'artiste, une réussite :

 

32ème salon des Artistes pour la liberté

En arrière‐plan des sculptures, il y a des toiles exposées, les 2 femmes qui se font face sont de Aube VRBICA, là aussi, c'est dune découverte.


Si vous êtes sur Angers ce week‐end, passez Salons Curnonsky, je suis persuadée que vous aussi vous trouverez des oeuvres qui vous ferons vibrer ! 

 

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2017-03-15T21:38:23+01:00

La baleine thébaïde de Pierre RAUFAST

Publié par Tlivres
La baleine thébaïde de Pierre RAUFAST

Terminer ses études et s'offrir un vent de liberté, quel.le adolescent.e n'a pas fait ce rêve ? Il y a ceux qui y pensent et ceux qui passent à l'acte. Richeville fait partie de ceux-là. Il a attendu d'être diplômé de l'ESSEC, une école de commerce, pour mettre les voiles. Son père est décédé dans un accident quand il n'avait que 2 ans. Elevé par une mère remariée avec un quinquagénaire fortuné avec qui elle a eu des jumeaux qui lui ont rapidement volé sa place, Richeville a essayé de construire sa vie comme il a pu. Livré à lui même, c'est sans crier gare qu'il a répondu à une annonce publiée par un laboratoire scientifique :


"Elle appelle dans un sempiternel silence. Baleinier recherche matelot pour expédition scientifique dans l'océan Pacifique nord. Débutant aimant thébaïde bienvenu." 


Il a embarqué sur l'Hirundo avec 3 autres hommes. Une mission : repérer la baleine thébaïde dite également la baleine "52", lui placer un traceur  sous-cutané pour avoir connaissance de son parcours. Direction l'Alaska !


Après m'être délectée avec la lecture du 1er roman de Catherine POULAIN en 2016 "Le grand marin", il me tardait de repartir naviguer. C'est donc avec plaisir que je me suis laissée embarquée à destination de l'Alaska avec ce roman d'aventure.

J'ai aimé accompagner ces hommes dans leur cohabitation dans un espace contraint il faut bien le dire, mais ce qui m'a le plus fascinée, c'est le parcours initiatique de ce jeune homme de 23 ans, un peu naïf, confronté à des "loups de mer". Ses compagnons de fortune ont vécu des expériences différentes. A leur contact, il va découvrir à quel point la nature humaine peut être machiavélique mais ça, c'est déjà une autre histoire.


Une nouvelle fois, un roman revient, s'il en était nécessaire, sur une jeunesse désabusée qui suit un parcours universitaire sans véritable motivation.


J'avais intégré cet établissement par le hasard des concours, après deux classes de préparatoires intenses. Ce n'était pas par vocation : j'ai autant la fibre commerciale qu'une sardine a la passion de l'alpinisme. P. 12

Pour autant, ce qui m'a paru intéressant dans ce roman c'est sa dimension optimiste. Pierre RAUFAST prend le parti d'une jeunesse qui mise sur sa capacité à prendre son destin en main dès lors qu'elle en mesure l'enjeu. Tout comme Camille dans le 1er roman de Sandra REINFLET "Ne parle pas aux inconnus", Richeville suit sa voie, celle qu'il s'est dessinée. Je  trouve ce filon particulièrement précieux dans un monde contemporain plutôt morose.
 

 


Comme beaucoup de jeunes hommes idéalistes, je voulais donner du sens à mon travail et à ma vie. P. 18

C'est assez rassurant finalement de voir qu'un idéal donne encore suffisamment de force à des jeunes pour oser se mettre en danger. Et les voyages ont, en  ce sens, une bien belle vocation :


Voyager, c'est aussi cela : constater que le monde est plein de mystères et que l'homme n'a pas réponse à tout. P. 38

J'ai été troublée par une enfance sacrifiée. Pierre RAUFAST donne à voir une réalité que vivent certainement de nombreux enfants aujourd'hui dans des familles recomposées où ils peinent à trouver leur place. Le sentiment d'isolement est assez terrifiant mais là encore, l'auteur décide de faire une force d'une fragilité.


Ma solitude diurne me condamnait à l'autonomie, ma solitude nocturne aux plus grandes frayeurs. P. 149

J'ai beaucoup aimé le ton de ce livre, un ton pluriel : humoristique, léger, sensible, grave... mis à la disposition d'un roman qui aurait aussi pu entrer dans la catégorie des nouvelles vu la chute, totalement inattendue et qui vient vous gifler en pleine euphorie.

 

Ce roman, c'est un véritable tour de force, bravo.

 

Cette lecture participe au Challenge de

la Rentrée Littéraire MicMelo de janvier 2017 ! 

 

 

 

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2017-03-12T10:00:00+01:00

A comme...

Publié par Tlivres

Olivier ADAM bien sûr... avec

Le coeur régulier,

A l'abri de rien,

Des vents contraires,

Les lisières,

Peine perdue...

mais A aussi comme

Marisa ACOCELLA avec Cancer in the city

Aravind ADIGA avec Le tigre blanc

Milena AGUS avec Mal de Pierre

AJAR avec Vivre près des tilleuls 

Mohammed AISSAOUI avec L'affaire de l'esclave Furcy

Ayaan Irsi ALI avec Ma vie rebelle

Joseph ANDRAS avec De nos frères blessés

Antonio Lobo ANTUNES avec Le cul de Judas

Natacha APPANAH avec Le dernier frère Tropique de la violence

Metin ARDITI avec Le Turquetto Prince d'orchestre L'imprévisible

Tatiana ARFEL avec L'attente du soir

Paul ARGONNE avec Colette

Kate ATKINSON avec Dans les coulisses du musée

El Alaa ASWANY avec L'immeuble Yacoubian

Gwénaëlle AUBRY avec Le diable détacheur, Personne, Partages

Paul AUSTER avec Brooklyn Folies

Saphia AZZEDINE avec Confidences à Allah, Mon père est femme de ménage

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2017-03-09T07:15:31+01:00

Presque ensemble de Marjorie PHILIBERT

Publié par Tlivres
Presque ensemble de Marjorie PHILIBERT

Une déception pour ce roman qui fait partie de la sélection des 68 premières fois. Il y a des coups de coeur, il y a des lectures coups de poing, et puis, il y a des lectures banales qui s'en iront comme elles sont venues, ça fait partie du jeu !


Pourtant, les 1ères lignes étaient assez séduisantes, je dois bien le dire.


Nous voilà en pleine euphorie de la coupe du monde 98, tout le monde s'en souvient n'est ce pas ? Les français sont derrière les bleus, ils les soutiennent, en semaine, le week end, ils se retrouvent dans les bars, vibrent au rythme des buts, font la fête. Bref, la vie est belle, les parisiens vivent des instants de communion, ils n'est même plus pesant de se retrouver avec ses pairs dans les galeries de métro, c'est dire ! Nicolas habite un appartement en face de la Gare d'Austerlitz, il se rend au Long Hop pour voir le match, et là, dans un moment de communion des clients, il se retrouve dans une proximité avec Victoire qui relèverait d'une situation incongrue dans la vraie vie. Ils rentrent ensemble chez lui. Commence alors une histoire d'amour.


Jusque là, tout va bien, l'histoire est dynamique, il y a l'insouciance de la jeunesse, la découverte pour l'un comme pour l'autre de l'amour. Et puis, il y a une page tournée avec l'histoire familiale de ces deux là, l'une conçue l'été des 18 ans partis en voyage le bac en poche pour fuir les parents et cette famille qui étouffe, c'est bien connu, et puis l'autre arrivé non désiré dans un mariage qui bat de l'aile. Aïe, je sens que ça se gâte ! Et ensuite, comme s'il s'agissait d'une bonne excuse, le jeune couple va lentement sombrer dans une vie de couple tout à fait ordinaire, sans élan émotionnel, sans émotion... sans amour quoi !


Parfois, tout de même, ils connaissaient des instants de joie pure, qui surgissaient dans leur vie de façon impromptue, comme un poisson fait surface en crevant la vase. P. 234

Les pages vont se tourner et malheureusement pour moi, toutes se ressembler au point qu'à l'amorce de la 3ème partie (j'aurais tenu jusqu'à la page 364), le livre va me tomber des mains.


Je n'ai rien à reprocher à l'écriture de Marjorie PHILIBERT, qu'on se le dise. Elle est fluide, fait parfois sourire. C'est plutôt la manière de traiter le sujet qui ne m'a pas séduite. J'ai eu l'impression de sombrer dans ce marasme ambiant sans fantaisie et j'aurais apprécié un petit point lumineux de temps en temps, une éclaircie. Je la trouverai par ailleurs. Tant pis !

Presque ensemble de Marjorie PHILIBERT

Cette lecture participe au Challenge de

la Rentrée Littéraire MicMelo de janvier 2017 ! 

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2017-03-08T07:38:00+01:00

Quand Sonia RYKIEL illustre un abécédaire...

Publié par Tlivres
Quand Sonia RYKIEL illustre un abécédaire...

Il y a quelques temps déjà, j'ai découvert Le Dictionnaire universel des Créatrices, réalisé par des femmes  (bien sûr !) : Béatrice DIDIER, Antoinette FOUQUE et Mireille CALLE-GRUBER. 

 


Toutes les disciplines y sont abordées : les arts, la littérature, la politique, les sciences humaines, le sport... A croire que les femmes s'autorisent désormais tout, qu'on se le dise !

 

D'ailleurs, ça ne serait pas d'aujourd'hui puisque l'ouvrage met en lumière des créatrices sur 40 siècles, rien que ça. Il est composé de 3 volumes de 1600 pages, de quoi accorder à chacune une place à la hauteur de sa contribution pour la civilisation !


Mais, qui dit dictionnaire, dit abécédaire. Et là, c'est une artiste connue pour sa grande couture et son design qui s'est livrée à l'exercice avec une réalisation que je trouve personnellement très réussie.


Sonia RYKIEL, qui est décédée elle aussi l'année dernière, a illustré ces lettrines avec un immense talent. Chaque lettre a son identité propre. Je suis frappée par leur caractère suggestif alors même qu'il ne s'agit que de petits formats. Incroyable !


Je voulais lui faire ce petit clin d'oeil, et je me suis dit que le 8 mars était certainement une date appropriée, non ?

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2017-03-08T07:30:00+01:00

Ainsi soit-elle de Benoîte GROULT

Publié par Tlivres
Ainsi soit-elle de Benoîte GROULT

Après avoir récemment brossé le portrait de Joséphine BAKER et Olympe de GOUGES au gré de leurs biographies rédigées et illustrées par CATEL et BOCQUET, et parce qu'il convient de célébrer dignement la journée internationale en faveur des droits des femmes, j'ai choisi en ce 8 mars 2017 de vous parler d'une grande Dame du féminisme : Benoîte GROULT.

 

Elle s'est éteinte l'année dernière à l'âge de 96 ans. 

 

Depuis, ma fille m'a confié "Ainsi soit-elle" en m'invitant avec insistance à le lire (comme c'est bon de se faire conseiller de pareille manière, peut-être une affaire d'éducation !). Je m'étais promise de lire cet essai en mars, c'est chose faite, et je vous invite, vous aussi, à vous y plonger.

 


D'abord, il faut savoir que Benoîte GROULT avait beaucoup d'humour. J'ai ri à la lecture de cet essai qui donne à voir une femme de personnalité capable d'user de la dérision dans le propos, histoire de répondre aux hommes avec tact et finesse. C'était certainement là une de ses très grandes forces. J'ai beaucoup aimé sa réponse à Freud qui parle "d'insuffisance génitale" lorsqu'il évoque les femmes :

 


Parler d'insuffisance génitale à propos d'un être qui possède deux organes de plaisir sexuel, plus un appareil reproducteur, me paraît, soit dit en passant, d'une suffisance... P. 132

Ensuite, parce que Benoîte GROULT avait cette capacité à nous faire déculpabiliser d'être femme, faisant sauter ainsi tous les verrous culturels et psychologiques. Il suffit de suivre les actualités pour se convaincre de la fragilité de la condition féminine encore aujourd'hui, au XXIème siècle. Se remémorer cette sage philosophie devient juste une évidence : 

 


Il faut enfin guérir d'être femme. Non pas d'être née femme, mais d'avoir été élevée femme dans un univers d'hommes, d'avoir vécu chaque étape et chaque acte de notre vie avec les yeux des hommes, selon les critères des hommes. P. 34

Mais aussi, parce que Benoîte GROULT respectait ses adversaires, les hommes. Alors même qu'elle relate des propos odieux tenus par certains d'entre eux traitant les femmes tantôt de singes (Stephen HECQUET en 1960), tantôt de légumes Le Père Lelong en 1972), elle continue de porter un discours avec déférence.


Il semble que la seule notion de liberté féminine dans quelque domaine que ce soit, ait eu le don de rendre enragés, au point d'oblitérer en eux tout jugement, des hommes qui passent par ailleurs pour extrêmement intelligents. P. 55

Enfin, parce que sa définition du féminisme me parle et qu'elle semble toujours être au goût du jour :


Car le féminisme ne se résume pas à une revendication de justice, parfois rageuse, ni à telle ou telle manifestation scandaleuse ; c'est aussi la promesse, ou du moins l'espoir, d'un monde différent et qui pourrait être meilleur. P. 73

Cet essai date de 2006, et pourtant il ne semble pas avoir pris une ride, comme Benoîte GROULT qui restera à jamais une grande Femme. 

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2017-03-04T18:43:31+01:00

Mes coups de coeur 2016

Publié par Tlivres

Parce que je me plais à partager mes coups de coeur, j'ai décidé de leur réserver un traitement particulier, une chronique dédiée, année par année.

C'est parti pour 2016 !

Journal d'un vampire en pyjama de Mathias MALZIEU

 

Avec cette tête-là de François FOLL

 

L'ombre de nos nuits de Gaëlle JOSSE

 

Les arbres voyagent la nuit de Aude LE CORFF

 

Dans les prairies étoilées de Marie Sabine ROGER

 

Jupe et pantalon de Julie MOULIN

 

Désorientale de Négar DJAVADI 

 

De ce pas de Caroline BROUE

 

Giboulées de soleil de Lenka HORNAKOVA-CIVADE

 

En attandant Bojangles de Olivier BOURDEAUT

 

Une bouche sans personne de Gilles MARCHAND

 

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2017-03-03T12:13:07+01:00

Un paquebot dans les arbres de Valentine GOBY

Publié par Tlivres
Un paquebot dans les arbres de Valentine GOBY

Je consulte ma PAL et constate qu'un livre attend toujours que je lui consacre un peu de mon temps... je ne cesse de reculer sa lecture, il s'agit du roman de Valentine GOBY  : Un paquebot dans les arbres !


Vous ne tarissez pas d'éloges pour ce roman et pourtant... je suis restée sur cet échec de "Kinderzimmer" dont la lecture m'a été insoutenable et que je n'ai pas pu terminer.


Mais là, impossible de reculer, je me lance et me voilà sur le chemin d'un coup de coeur, je vous explique :


Nous sommes le 1er juillet 1962, Mathilde Blanc est de retour au sanatorium d'Aincourt où son père s'est éteint, jour pour jour, cinquante ans plus tôt. Devant le champ de ruines qu'elle a sous les yeux, elle se remémore l'allégresse autour de cette prouesse architecturale dessinée par Crevel et Decaux dont la construction a mobilisé 7000 ouvriers dans les années 1930. Ce sanatorium pouvait accueillir jusqu'à 500 patients. Son père y a été accueilli et soigné. Les souvenirs affluent, elle déroule le fil de sa vie.

 

Dès les premières lignes de ce roman, je me suis sentie happée par le destin de cette femme, elle-même âgée aujourd'hui, et la puissance de son acte. Revenir sur un lieu qui a marqué sa mémoire personnelle mais aussi la mémoire collective d'une population contaminée par la tuberculose n'est pas quelque chose d'anodin. Que de réflexions ont dû concourir à sa venue, précisément ce jour-là, en hommage à son père bien sûr. J'imagine assez facilement cette envie devenue irrépressible qui s'est imposée à elle mais ô combien douloureuse à la vue de ce bâtiment ravagé. Ce qui m'a profondément touchée dans la toute première page, c'est le parallèle entre l'état physique de Mathilde que l'arthrose empêche de se mouvoir avec fluidité et l'état de délabrement dans lequel gît un bâtiment qui n'a pas encore un siècle.    

 


Elle a voulu ce pèlerinage dans le théâtre de la maladie, et aussi du plus grand amour ; mais du sanatorium d'Aincourt il ne reste rien. P. 7

J'étais touchée, incapable de lâcher ce roman d'une puissance rare.


D'abord, ce roman concourt à préserver la mémoire collective d'un lieu qui sera bientôt remplacé par un nouvel urbanisme, contemporain celui-là, avec des routes, des maisons... Quelques coups de pelleteuse en finiront avec les dernières traces de cette construction à qui Valentine GOBY dédie le titre de son livre. Le paquebot, c'était le sanatorium. En réalité, ils étaient 3, 3 bâtiments :

 


[...] trois paquebots de béton couleur neige, jaillis d'un océan de verdure de soixante-treize hectares. P. 10

Avec cette déconstruction, c'est toute une page de l'Histoire qui sera effacée. La tuberculose a fait de nombreuses victimes au XXème siècle, c'était hier, et quand on entend aux actualités que quelques foyers de ce virus réapparaissent aujourd'hui, il convient de se souvenir de cette période.


Mais cette mémoire est particulièrement fragile puisqu'il semble qu'il ne reste que quelques images et les souvenirs des "vieux". Valentine GOBY s'est inspirée de l'histoire familiale d'Elise BELLION pour écrire ce roman qui prend de ce fait, une dimension encore plus précieuse. Je suis personnellement outrée de découvrir que des exercices de lutte contre l'incendie n'aient pas pris plus de précaution pour sauvegarder ces éléments de patrimoine. A défaut d'historiens, il y aura les romanciers, et la démarche de Valentine GOBY est à ce propos à valoriser. 


Comme je vous le disais, il s'agit donc d'une histoire familiale. Paul et Odile s'aiment, ils se marient. Ils tiennent ensemble le Balto, le bar du village. Paul fait danser les gens avec son harmonica Hohner pendant qu'Odile s'occupe des enfants. Il y a Annie, Pierre, Mathilde et Jacques. Avec sa fille aînée, Paul partage la passion de la danse, que Mathilde observe jalousement. Pierre est décédé avant la naissance de Mathilde, Paul ne s'en remet pas et traite Mathilde comme un garçon, il l'appelle "mon ptit gars" et l'emmène dans la forêt qu'il affectionne tant. Valentine GOBY nous livre en beauté la sensibilité sensorielle de ce territoire : 

 


Dans la forêt le son précède l'image, prépare l'oeil, et Paul et Mathilde s'attendent, ayant identifié l'oiseau, à l'irruption de sa forme et ses couleurs singulières. Parfois ils entendent un grand duc, ses deux notes graves et rondes : lui, ils ne le voient pas. Ils voient les arbres. Ils lèvent la tête vers la canopée où vibre la lumière selon la densité des feuilles, c'est pourquoi ils marchent lentement. P. 28

La vie aurait pu suivre son long fleuve tranquille mais le destin en a décidé autrement. Paul tousse de plus en plus, il s'affaiblit, un jour, il décide de consulter le médecin qui lui prescrit 2 mois de sanatorium. A son retour, le "sana" comme l'appelle les gens du village, ont fait fuir les clients du Balto, le risque de contagion bien sûr. 

 


La tuberculose est une peste, chaque gouttelette de salive suspendue dans l'air contient des dizaines de millions de bacilles de Koch à la prolifération fulgurante. P. 99

Odile n'a rien pu faire. La famille déménage dans une petite maison, à quelques dizaines de mètres de là. Je ne vous raconte pas la suite, je vous laisse découvrir cette intimité, cette histoire de vie de gens ordinaires au gré de cette très belle lecture.


Pendant que la famille Blanc mène un combat contre la maladie, d'autres font la guerre, celle de l'indépendance. Nous sommes à la fin des années 1950. L'Algérie revendique son autonomie et c'est toute la France qui tremble. Les actes terroristes tuent là-bas, le racisme se développe ici avec des actes sanglants. Valentine GOBY n'en a pas assez de l'Histoire d'Aincourt, elle poursuit son travail de mémoire autour de cette page de l'Histoire, celle-là, impossible à tourner. Il me semble avoir récemment entendu parler des piedsnoirs... il semble bien difficile de soigner ses plaies.


Sandra REINFLET évoque la jeunesse d'aujourd'hui dans son roman "Ne parle pas aux inconnus", une jeunesse qui étouffe dans un certain confort de vie. Mathilde, étouffe, elle aussi, mais pour d'autres raisons. Devenue Cheffe de famille bien malgré elle, Mathilde se bat contre les tracas du quotidien pour assurer la survie de ses parents et de son frère. C'est l'époque aussi où Mathilde découvre l'amour.

 


Les bras passés sous le blouson de Mathieu, noués serrés autour de son ventre, Mathilde se dit cette chose bizarre et rassurante : la deuxième maison, c'est lui ; la deuxième famille, c'est lui. P. 111

Tiens, tiens, Sandra REINFLET et Valentine GOBY ne partageraient-elles pas la même approche ? Les sujets ne transcenderaient-ils pas les années, les siècles aussi ?


Je voudrais conclure cette chronique avec la qualité de la plume de Valentine GOBY. Elle fait partie de ces écrivaines dont la beauté de la prose peut permettre d'aborder des sujets graves avec sensibilité. Un immense bravo, "Un paquebot dans les arbres" est une merveille.

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