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2017-09-26T06:14:52+02:00

Arbres de Marion LE PENNEC et Patrick GILLET

Publié par Tlivres
Arbres de Marion LE PENNEC et Patrick GILLET

Editions du Petit Véhicule

Il y a des romans dont on sait que l'histoire va nous transporter et/ou que la plume de l'auteur(e) va, une nouvelle fois, nous charmer, il y a ceux dont on ne connait rien mais qui promettent une belle aventure,

Il y a des BD dont on apprécie le graphisme, la couleur et/ou le monochrome, la sensibilité,

Il y a des essais qui vont nous permettre d'explorer un sujet, de le disséquer jusqu'à en conserver la substantifique moelle, 

et puis, il a des livres qui relèvent presque de l'inclassable.

"Arbres" fait partie de ceux-là !

Avant même de l'ouvrir, sa présentation inspire du respect, une couverture en noir et blanc surélevée d'un liseré rouge, le raffinement à l'état pur. Et puis, il y a une image, la reproduction d'une encre qui a elle-seule nécessite qu'on s'y attarde, sublime.

Ce livre est assurément un très bel objet, de ceux que l'on aimerait encadrer !

Mais il ne faudrait pas en rester là, non. Il faut l'ouvrir aussi...

Et là, vous découvrez que ce livre entre dans le registre  de la poésie, il est composé d'haïkus, ces petits poèmes courts d'origine japonaise, ces "sushis littéraires" ! Ils sont écrits par Patrick GILLET, lauréat de quelques prix dans le domaine comme le 1er prix Haikouest !

Enseignant en écologie, c'est assez naturellement qu'il s'est intéressé aux arbres pour les sublimer par de biens belles phrases. Courtes, elles sont à la fois concises et sources de réflexion. Un haïku, vous pouvez le lire quand vous avez quelques minutes à vous et vous laisser transporter par ce qu'il dégage.

La phrase d'introduction est déjà tout un roman, que dis-je, tout un poème.


Remonter à la racine du visible pour rencontrer l'invisible.

Ce recueil de haïkus est d'une sensibilité extraordinaire. Là, ce n'est pas un livre dont on tourne les pages avec frénésie pour connaître le fin mot de l'histoire, non, là, il s'agit de laisser le charme agir, de s'imprégner lentement de la beauté du propos.


Le chant des cigales
Et le bruissement des branches
Partagent le silence

Et ce n'est pas tout ! Patrick GILLET aime s'associer à d'autres artistes et à co-produire. Pour "Arbres", c'est Marion LE PENNEC, Artiste peintre, qui s'est lancée dans l'aventure et qui, pour chaque haïku, propose une illustration réalisée à l'encre s'il vous plaît.

Je parlais de la couverture tout à l'heure qui pouvait composer à elle-seule un tableau. Et bien, c'est aussi le pouvoir de chaque page que de vous séduire et de retenir votre regard, longtemps, longtemps. Le monochrome sait être puissant, et Marion LE PENNEC nous en donne une nouvelle preuve s'il en était encore nécessaire !

 

Arbres de Marion LE PENNEC et Patrick GILLET

Et la cerise sur le gâteau, c'est la collaboration avec Hideko TROCHET qui a permis à ce recueil d'haïkus de boucler la boucle en offrant la traduction des poèmes en japonais. Les sinogrammes  offrent une nouvelle expression graphique du texte, juste magnifique.

Arbres de Marion LE PENNEC et Patrick GILLET

Ce recueil de poèmes, vous l'aurez compris, c'est un bijou, le raffinement à l'état pur. Je vous le conseille pour la beauté de l'objet et des sensations.

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2017-09-22T20:23:36+02:00

Luwak de Pierre DERBRE

Publié par Tlivres
Luwak de Pierre DERBRE

Alma éditeur


Comme vous le savez, je suis en sevrage des 68 premières fois mais parfois je rechute, nul n'est parfait ! L'un des 18 premiers romans sélectionnés par les fées sur les 581 publiés à la rentrée littéraire de septembre 2017 vient de croiser mon chemin et c'est un coup de coeur. Boum comme qui dirait...


Igor Kahn vient de déménager. Kristal, sa voisine, lui passe une barquette de fraises par-dessus la haie en guise de bienvenue. Igor vient d'emménager dans une maison d'artiste au bord de la Gironde. Il est à un tournant de sa vie. Il a longtemps travaillé dans une entreprise de sanitaires où il était affecté à la chaîne de production de bidets. Il menait alors une vie paisible très bien organisée. Il partageait son temps de loisirs entre ses constructions de maquettes d'avion, l'entretien de ses bonsaïs et sa passion pour l'art. Un jour, il apprend qu'il est muté à la production des baignoires à débordement permanent. L'entreprise s'adapte aux besoins de sa clientèle. Mais voilà, un jour, l'annonce du rachat de l'entreprise par une multinationale tombe, Igor Kahn aussi. Il est licencié. Le proverbe dit qu'un malheur ne vient jamais seul mais là, il est démenti. Dans les jours qui suivent, Igor Kahn gagne au loto la modique somme de 850 000 euros. Une toute nouvelle vie commence pour lui...


Dès les premières pages, je suis tombée sous le charme de Igor Kahn. Il faut dire qu'il est très séduisant. 


D'abord, c'est un homme passionné d'art, toutes les disciplines l'intéressent avec une place de choix laissée à la peinture toutefois. Un homme qui finit sa journée de si belle manière, avouez qu'il a du charme, non ? 


Le soir, il aimait s'endormir sur la vision d'une toile de maître ou l'oeuvre d'un illustre inconnu révélé par quelque revue avant-gardiste. P. 22

Comme moi, je suis persuadée que les fées des 68 premières fois se sont fait harponnées elles aussi à ce moment-là. Sortir des sentiers battus, ça leur parle, non ? Etre avant-gardistes en dénichant des pépites qui n'ont pas encore été révélées, c'est ce qu'elles font aussi non ? Bref, j'y ai décelé un brin de similitude qui m'a parlé et j'ai poursuivi ma lecture avec avidité. 


Ce roman, c'est un hymne à la contemplation. Il montre tous les bienfaits de l'observation, de la pensée, de la méditation. Et dans ce domaine, il faut bien dire que l'art y est propice :
 


Ne rien faire d'autre que laisser le cours de ses idées et de sa sensibilité l'emmener vers des chemins inconnus sur lesquels il laisserait ses propres traces. P. 51

Et Igor Kahn va plus loin. Il se focalise sur la finalité de l'art. Qu'apporte-t-il de plus, de différent ? Pierre DERBRE nous en propose une bien belle définition :
 


L'enjeu était là, tout simplement là : proposer une représentation personnelle et novatrice capable de susciter l'émerveillement, au moins le questionnement du public, un objet artistiquement intrinsèquement inédit, refusant par essence toute forme de mimétisme et ne cherchant en rien à se fondre dans des concepts établis. P. 70

Je crois que je ne l'aurais pas mieux formulé ! Les mots sont justes. L'art permet de transcender les limites, d'aller plus loin, d'imaginer autre chose, d'innover, d'inventer... bref, il y a un peu de tout ça dans la vocation artistique !


Mais la vie de Igor Kahn ne saurait être réduite à l'art. En fait, cet homme cultive une certaine philosophie de vie. Il puise dans la beauté de la nature quelque chose pour se ressourcer. Il fait l'éloge des rives de la Gironde qui offrent un panorama exceptionnel dans lequel il ira puiser bien sûr son inspiration pour peindre.  Mais il adore aussi la pêche, cette idée de rester des heures à attendre que le poisson s'intéresse à son hameçon colle très bien au personnage qui prend le temps de vivre.


Il savoure l'instant présent dans l'attente de son hapax existentiel, entendez par-là 
 


[...] une occurrence qui ne se produit qu'une seule fois, cette expérience unique et insolite qui partage de manière irrémédiable l'existence de celui qui l'éprouve entre un avant et un après." P. 90

Vous connaissiez cette notion ? Moi pas, mais j'avoue qu'elle m'intéresse tout particulièrement !


Je ne vais pas tourner bien longtemps autour du pot, je suis tombée amoureuse du personnage de Igor Kahn. Il a tout pour plaire, voire plus encore. Il faut dire qu'il est porté par une plume sublime, je ne la connaissais pas encore, et pour cause, il s'agit d'un premier roman, mais j'ai été subjuguée par son charme. Pierre DERBRE écrit magnifiquement bien. Il m'a rappelé celle de Cécile BALAVOINE avec son Maestro, c'est dire. Et quand vous découvrez dans son auto-portrait que


[...] l'écriture est un besoin vital, un refuge, une nécessité. P. 207

Vous avez juste envie de lui dire de ne surtout pas se retenir, qu'il laisse sa passion s'assouvir à l'envi, pour notre plus grand plaisir.

Cette lecture s'inscrit dans le cadre du Challenge 1% Rentrée littéraire organisé par Délivrer des livres après :

Luwak de Pierre Derbré ***** Coup de coeur

Les Peaux rouges de Emmanuel BRAULT ****

Le grand amour de la pieuvre de Marie BERNE ***

Mina Loy, éperdument de Mathieu TERENCE ****

Minuit, Montmartre de Julien DELMAIRE *****

Le jour d'avant de Sorj CHALANDON *****

Un funambule sur le sable de Gilles MARCHAND ***** Coup de coeur

Un dimanche de révolution de Wendy GUERRA ****

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2017-09-21T19:43:57+02:00

Quatorze appartements de Agnès KARINTHI

Publié par Tlivres
Quatorze appartements de Agnès KARINTHI

L'Astre bleu éditions


Après avoir dévoré goulûment le roman de Martine MAGNIN "Qu'importe le chemin...", un immense coup de coeur, j'ai souhaité creuser un peu plus le sillon de la maison d'édition L'Astre bleu (que je remercie vivement pour cette nouvelle lecture !) et c'est ainsi que j'ai découvert un roman susceptible de m'intéresser "Quatorze appartements" de Agnès KARINTHI.


Passionnée d'urbanisme, j'aime explorer l'hypothèse d'un éventuel conditionnement des comportements sociaux par les formes urbaines d'habitat. C'est donc assez naturellement que je me suis lancée dans cette lecture et une nouvelle fois, j'ai bien fait ! 


La narratrice est mère de famille, elle a 3 enfants. Elle partage sa vie avec Damien, son mari, qui un jour lui annonce un projet de mutation professionnelle. Rapidement, la décision est prise, la famille le suit, la narratrice cherchera un nouvel emploi là-bas. La ville de Lyon remplace celle de Nantes. La famille emménage dans un petit immeuble de 14 appartements. Une fois passées les préoccupations d'aménagement du nouveau nid familial, les premiers signes d'ennui font leur apparition. La narratrice commence à imaginer une voie d'intégration dans ce nouvel environnement via des relations de voisinage. C'est ainsi qu'elle va commencer à repérer les heures d'entrée et sortie de chacun, trouver un moyen de sortir elle aussi sur le créneau horaire convoité pour forcer un peu les choses. Mais 13 familles, ça fait beaucoup. Alors, elle va ouvrir un petit carnet, à l'image d'un journal intime, et prendre des notes sur chacun, qui vit avec qui ? etc. Si certains accueillent assez naturellement cette nouvelle relation, d'autres au contraire vont la fuir. C'est une toute nouvelle vie qui commence pour la narratrice, pour le meilleur et pour le pire !


Ce roman pose très rapidement la question de l'identité des territoires (ses codes, ses références, ses traditions...) :


Adieu bigorneaux, soles, crabes, plateaux de fruits de mer, mâche, Muscadet sur lie, hortensias, jonquilles et muguets de premier mai. Bonjour cochonailles, quenelles, tripes, cervelles de canut, Côtes du Rhône, pichets de Beaujolais, saucissons à cuire, grattons de toutes sortes. P. 37

Les plats régionaux comme les vins sont autant d'éléments culturels qui constituent le patrimoine des habitants d'un terroir. Autant ils relèvent de l'évidence quand on y baigne, autant ils peuvent paraître inaccessibles quand il s'agit de les faire siens. Un simple déménagement d'une région à une autre montre les fragilités de l'individu et sa perte de repères, on ose à peine imaginer les conséquences d'un exil, d'un déracinement quand les frontières d'un pays sont franchies. 


Ce roman pose aussi la question de l'intégration. Qu'est-ce qu'être intégré ? Si elle est régulièrement abordée aujourd'hui dans les médias à propos des migrants, ce roman, lui, parle d'une autre dimension de la migration, tout aussi traumatisante pour ceux qui la vivent. Pour la surmonter, le travail et la scolarité des enfants constituent de véritables leviers comme autant d'opportunités pour se lier à d'autres. 


Pour celles et ceux qui n'ont pas cette chance, les choses sont plus compliquées, à l'image du personnage d'Odile, cette S.D.F. qui va élire domicile quelques heures dans l'entrée de l'immeuble. Le logement, il y a celles et ceux qui en ont un permanent et d'autres qui n'ont que des solutions temporaires, les exposant à des cohabitations pleines de risques. C'est aussi l'un des visages de notre société d'aujourd'hui !


Le roman de Agnès KARINTHI se focalise sur les relations humaines et leurs subtilités, sur l'interculturalité aussi. 


Je n'avais plus qu'à ranger ma superbe, m'affaisser à mon tour et me laisser entraîner par sa douleur. Un peu d'empathie après l'indifférence. Je devais paraître incohérente en passant ainsi d'un extrême à l'autre. P. 185

Il montre avec quelles facilités elles peuvent parfois s'établir et avec quelles souffrances elles peuvent aussi se rompre. Il y a les relations de voisinage bien sûr, mais aussi les relations familiales, amicales, amoureuses... bref, tout ce qui lit les êtres humains entre eux, avec des bases plus ou moins bienveillantes, l'individu peut-être pervers aussi !


J'ai découvert avec beaucoup de plaisir la plume de Agnès KARINTHI, mais pas que. En fait, cette auteure est également une lectrice, et plus encore, une blogueuse. Je vous invite à lire ses chroniques, nul doute que vous y trouverez quelques références de lectures à venir.
 

Cette lecture participe aussi au Challenge de la Rentrée Littéraire MicMelo de janvier 2017 ! 

 

Quatorze appartements de Agnès KARINTHI ****

Les vérités provisoires de Arnaud Dudek ****

Un fils parfait de Mathieu Menegaux ***** Coup de coeur

Marx et la poupée de Maryam Madjidi ****

Elle voulait juster marcher tout droit de Sarah Barukh ****

Outre-mère de Dominique Costermans ****

Vermeer, entre deux songes de Gaëlle Josse *****

Maestro de Cécile Balavoine ***** Coup de coeur

Marguerite de Jacky Durand *****

Les indésirables de Diane Ducret ***** Coup de coeur

Mon ciel et ma terre de Aure Atika *****

Nous, les passeurs de Marie Barraud *****

Pour que rien ne s'efface de Catherine LOCANDRO *****

Principe de suspension de Vanessa BAMBERGER ****

Les parapluies d'Erik Satie de Stéphanie KALFON ****

Coeur-Naufrage de Delphine BERTHOLON ***** Coup de coeur

Presque ensemble de Marjorie PHILIBERT ***

La baleine thébaïde de Pierre RAUFAST ****

L'article 353 du code pénal de Tanguy VIEL ****

Ne parle pas aux inconnus de Sandra REINFLET ****

La téméraire de Marine WESTPHAL *****

Par amour de Valérie TONG CUONG ***** Coup de coeur

La société du mystère de Dominique FERNANDEZ ****

L'abandon des prétentions de Blandine RINKEL ****

La sonate oubliée de Christiana MOREAU ****

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2017-09-19T06:58:49+02:00

Les Peaux rouges de Emmanuel BRAULT

Publié par Tlivres
Les Peaux rouges de Emmanuel BRAULT

Editions Grasset 

Comme vous le savez, j'ai laissé passer le train des 68 Premières fois pour la rentrée littéraire de septembre 2017 et voilà que je rechute pourtant avec un premier roman, à croire que j'y prends goût !

En fait, ce roman, c'est son titre qui m'a intriguée. Les Peaux rouges, ça m'a rappelé les westerns de mon enfance, ces Indiens qui se peignaient le visage et le corps et que les blancs avaient ainsi dénommés.  J'ai eu envie de creuser un peu le sujet et j'ai bien fait. 
Amédée Gourd est raciste, il ne s'en cache pas, lui. Je vous cite les premières lignes du roman pour vous en convaincre :
 


Les rouges. Tout un poème mais à l'envers. Je peux vous en parler, moi. Vous en faire un roman. Je sais pas d'où ils viennent. Leur dieu s'est tapé un délire en les peignant en rouge un soir de beuverie. Ou c'est leur Eve qui a mal tourné, elle a attrapé un truc louche et shplaf deux jumeaux rouges qu'elle a cachés dans la montagne. Et ils se sont reproduits, treize à la douzaine, vu que les mômes ça leur fait pas peur. Enfin, je sais pas trop, tout ce que je sais, c'est qu'ils sont nombreux dans les rues autour, partout, et qu'ils ont pas fini de nous faire chier. P. 9

Le ton est donné. Amédée travaille dans une usine, il est cariste chez Vinoveritas et travaille sur les quais de train de fret. Il vit avec sa grand-mère qui l'a élevé. Sa mère était alcoolique, elle a quitté le foyer quand il n'avait que 6 ans. Aujourd'hui, c'est lui qui s'occupe de sa Mémé, il fait les courses, prépare le repas et la couche le soir. Un matin, en allant au travail, il renverse une femme sur le trottoir, une Peau rouge avec ses enfants, elle hurle, il l'insulte au moment où une femme passe et voit la scène. A partir de ce jour-là, la vie d'Amédée va basculer.


Ce roman est une satire de notre société, de celle qui a mis les violences verbales et les actes à connotation racistes au sommet de la hiérarchie des délits. Alors qu'Amédée pensait que les choses allaient en rester là, il s'est très rapidement retrouvé, à son tour, stigmatisé par ses collègues. La nouvelle s'est rapidement répandue dans l'entreprise et Amédée est devenu persona non grata. Amédée a franchi la limite, ça ne se fait pas, il paiera pour son abus de faiblesse.


Ce qui m'a intéressé dans ce roman, ça a été de me mettre dans la peau (entendez par-là la tête) d'un homme raciste et de découvrir le pourquoi des choses. 


Emmanuel BRAULT dresse le portrait d'une population baignée dans l'ignorance et la peur de l'autre. Les comportements répondent à des sursauts d'angoissés.


Nous sommes dans un milieu ouvrier, masculin, faiblement rémunéré, un brin caricatural je vous l'accorde. Mais le plus intéressant finalement c'est la narration à la première personne. Amédée porte un regard sur lui, il explique lui-même pourquoi il en est arrivé là.
 


J'ai toujours été un faible. P. 18

Amédée, enfant, a eu une vie de famille chahutée, cabossée pourrait-on dire pour rester dans le registre du roman. Il a été élevé par sa grand-mère. Elle lui a transmis ce qu'elle pouvait mais en matière de règles de vie, il faut bien dire qu'Amédée manque un peu de repères, alors c'est la société qui va lui donner.


Côté vocabulaire, là aussi, il y a quelques soucis. Amédée prend un mot pour un autre, résultats, de nombreuses expressions revues et corrigées qui prêtent à rire bien sûr.
 


[...] t'es bête qu'elle dit en riant avec son petit ficus qui lui fait des fossettes dans ses joues ridées comme du papier chiffonné. P. 21

On imagine assez bien un Amédée isolé quand il était petit garçon, du côté de ceux qui n'ont rien ou qui sont les boucs émissaires et comme l'humain a un besoin irréspressible de trouver plus faible que soi, et bien Amédée a trouvé !


Derrière ces parenthèses qui donnent un peu de légèreté à un propos grave (la situation des Peaux rouges, les Indiens cette fois,  n'est toujours pas réglée, entre génocide et ethnocide, le coeur des anthropologues balance), il y a l'itinéraire d'un homme dont l'affaire va l'amener à côtoyer l'univers de la justice. Et là, c'est le choc des cultures, la lutte des classes éclabousse le visage d'Amédée. Lui se revoit petit garçon devant toutes les femmes qui vont croiser son chemin, elles, sont toutes des maîtresses d'école. Entre la juge qui va le responsabiliser pour ses faits et la psychologue qui va le contraindre à mettre des mots dessus, Amédée ne sait plus bien qui il est, il se sent étranger dans sa vie.


Je regarde les rues qui défilent comme un étranger. Ils sont dans leur vie tous ces gens et bientôt je serai de retour parmi eux, les blancs et les rouges, les gros et les maigres, les cons aussi. P. 121

La tendresse transmise par la grand-mère à son petit-fils n'y suffira pas, le fossé est trop grand pour être franchi par Amédée. Le regard porté sur notre société est noir. Mais c'est avec des romans comme ceux-là qu'il est possible d'avancer, encore faut-il être prêt à l'accepter ! Les éditions Grasset, que je remercie vivement pour cet envoi, en ont pris le pari, il est ambitieux mais mérite d'être relevé à l'heure où de nombreux migrants quittent leur pays d'origine pour un eldorado plus qu'incertain. Assurément, ce roman donne à réfléchir !
 

Cette lecture s'inscrit dans le cadre du Challenge 1% Rentrée littéraire organisé par Délivrer des livres après :

Les Peaux rouges de Emmanuel BRAULT ****

Le grand amour de la pieuvre de Marie BERNE ***

Mina Loy, éperdument de Mathieu TERENCE ****

Minuit, Montmartre de Julien DELMAIRE *****

Le jour d'avant de Sorj CHALANDON *****

Un funambule sur le sable de Gilles MARCHAND ***** Coup de coeur

Un dimanche de révolution de Wendy GUERRA ****

 

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2017-09-14T11:23:54+02:00

Les Accroche-coeurs 2017, un jubilé d'émotions et un album plein de souvenirs !

Publié par Tlivres

J'ai aimé...

un peu,

beaucoup,

passionnément,

à la folie !

Cette édition 2017 a été un bon crû et pourtant, les choses avaient bien mal commencé avec un temps "so british" particulièrement présent en terres angevines.

La pluie ne cessait de tomber à l'heure du lancement des festivités vendredi 8 septembre dernier, mais elle n'aura pas eu raison de ma volonté de participer. Direction le centre-ville ! Arrivée place Sainte-Croix, quelques notes de musiques résonnent. Je me laisse porter et j'arrive, un peu comme par magie, devinez où, à la Librairie Richer. Incredible non ?

Les Bums s'affairent à animer la soirée, un véritable rayon de soleil. Aux sons d'instruments atypiques, les deux musiciens réussissent à nous faire oublier la pluie pour nous concentrer sur des mélodies, tantôt douces, tantôt entraînantes. Un beau moment, j'aime un peu !

 

Mais à la sortie de la librairie, là, c'est le déluge. L'application Angers Agenda ne cesse de résonner pour informer le public de l'annulation des spectacles les uns après les autres. Impossible de déambuler, ni même savourer un dîner en amoureux place Freppel où les associations nous attendent pourtant.

Le lendemain matin, je n'ose à peine ouvrir les volets et pourtant, le soleil est là. Il ne faut plus perdre une minute !

1er spectacle au Jardin des Beaux Arts avec la découverte d'un spectacle dans une langue des signes peu ordinaire. La comédienne est juste exceptionnelle, à pouffer de rire ! J'aime beaucoup !

 

Je poursuis ma déambulation et là, arrêt en musique Place Freppel avec une fanfare venue tout droit d'Espagne, c'est la Always drinking Marching Band qui joue "Street is ours". Il est là le soleil ! Les musiciens sont vêtus de jaune et ont une pêche d'enfer. Jouant avec le public sur des airs ô combien dansants, les mains montent haut, les hanches se dandinent, les pieds tapotent le sol, tout va très bien. J'aime beaucoup !

Ensuite, rdv au Jardin de l'Hôtel Joubert, là, la jauge est restreinte, il convient donc de prendre de l'avance. Quand j'arrive, je ne suis pas seule mais ça devrait le faire. A l'ouverture des grilles, c'est le stress, mais non, tout va très bien, je me retrouve même installée assise en tailleur en première place, c'est de bon augure. La compagnie du Trépied nous livre un spectacle tout en beauté. Chant, musique et arts du cirque sont convoqués par 3 jeunes filles au talent fou. Leur spectacle : "Trois, Partition pour cordes en La Majeur" est d'un raffinement et d'une poésie... Elles nous apprendrons une fois l'oeuvre achevée qu'il s'agissait de leur première représentation, surtout, ne changez rien, tout est parfait ! J'aime passionnément !

Les Accroche-coeurs 2017, un jubilé d'émotions et un album plein de souvenirs !

Il est toujours difficile de poursuivre ses découvertes après un moment d'émerveillement de cette nature mais le temps est compté, impossible de s'arrêter en si bon chemin. Direction la Place Saint-Eloi où doit être joué "Out". En fait, nous allons devoir attendre un peu, à quelques minutes de la représentation s'invite une très belle averse. Parapluies et autres capes font leur apparition sur une place dallée comble. Finalement, le spectacle commence mais je ne sais pas si c'est à cause de la pluie, le coeur n'y est pas et quand le chaos envahit l'espace, l'humeur n'y est plus du tout. Les enfants regardent médusés, il faut dire que le scénario est angoissant. Quant à changer de camp pour choisir son leader, là c'est encore une autre affaire. J'abandonne, j'ai besoin d'un break !

Petite pause et hop, c'est reparti pour un spectacle plein de dynamisme et de surprise. Je m'offre un "Tea time" avec la Compagnie Les Mobilettes, c'est jubilatoire. J'aime beaucoup ! 

Les Accroche-coeurs 2017, un jubilé d'émotions et un album plein de souvenirs !

Le lendemain, l'aventure se poursuit, le ciel est clément, en route.

Là, je file découvrir une chorégraphie un peu particulière avec des caddies de supermarché, le spectacle s'appelle "Trolleys" et il est interprété par la Compagnie C-12. C'est très bien vu, on y découvre l'individualisme de chacun et puis le rapport à la différence, là, émotion garantie !

J'aime beaucoup.

Les Accroche-coeurs 2017, un jubilé d'émotions et un album plein de souvenirs !

Histoire de se remettre dans l'ambiance, direction place Freppel pour y découvrir (en fait re-découvrir) le talent des Lions pour des Lions, un trio plein d'énergie, et c'est peu dire !

J'aime beaucoup.

Le spectacle est à peine terminé que de drôles de créatures envahissent l'espace. Amazing !

J'aime beaucoup.

Les Accroche-coeurs 2017, un jubilé d'émotions et un album plein de souvenirs !

Et puis, et puis, il y a eu LE spectacle, celui dont je vais me souvenir très très longtemps assurément. Sol bémol, c'est le nom. Interprétée par la Compagnie d'irque et fien, cette représentation est un petit bijou.

Quelque chose de

poétique

magique

accrobatique

insolite

féérique

tout en musique

bref, c'est mon coup de coeur du week-end.

Je l'aime à la folie.

Les Accroche-coeurs 2017, un jubilé d'émotions et un album plein de souvenirs !

Un nouveau passage s'impose au Jardin des Beaux Arts, la décoration inspirée du conte "Alice au Pays des Merveilles" de Lewis Carroll m'émerveille !

Les Accroche-coeurs 2017, un jubilé d'émotions et un album plein de souvenirs !

Vivement l'édition 2018 !

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2017-09-12T18:54:14+02:00

Le grand amour de la pieuvre de Marie BERNE

Publié par Tlivres
Le grand amour de la pieuvre de Marie BERNE

L'arbre Vengeur


Ce roman, je suis allée le chercher dans un lieu insolite, une librairie pas ordinaire. Elle s'appelle Myriagone et est tenue par un jeune homme qui "explore les creux", j'adore cette expression.


En gros, il va là où les autres ne vont pas. Il est curieux, c'est une affaire de famille et de culture m'a-t-il dit.


Alors que je lui évoquais les 68 premières fois, il m'a mis dans les mains un 1er roman justement, celui de Marie BERNE.


Je me suis laissée séduire !

Je vous en dis quelques mots :


Nous voilà plongé(e)s dans un aquarium en compagnie d'un céphalopode, entendez par-là une pieuvre. Elle voue un amour inconditionnel à un homme, un cinéaste qui a lui-même a dédié sa vie et son art au monde marin, Jean PAINLEVE. Il réalisait des films documentaires, des films scientifiques. Alors quand un mollusque doté de 3 coeurs, 8 bras et 9 cerveaux, est passionné, vous imaginez bien que le résultat est extra-ordinaire.


J'ai trouvé ce roman original. La narration à la 1ère personne donnant la voix à un mollusque marin est peu ordinaire, je crois que c'est le premier me concernant. Se retrouver dans la peau d'une telle bête enfermée dans un aquarium parce qu'elle est la protégée du cinéaste, avouez qu'il s'agit d'une situation insolite.


J'ai beaucoup aimé aussi le fait que ça soit l'animal auquel le cinéaste a consacré sa vie qui prenne la parole pour lui rendre hommage, fasse la part belle à l'oeuvre d'un homme qui avait choisi sa voie, celle des fonds marins. Comme vous peut-être, je suis un bébé des émissions de télévision de Cousteau, ça n'a jamais été ma tasse de thé, et pourtant, cet univers méconnu me fascine par la beauté des spécimens. Et puis, quand le 7ème art est vénéré par un mollusque doté de 7 tentacules, on se dit que la boucle est bouclé, non ?  


Ce roman est bien écrit, il joue avec les mots. La citation de Gaston BACHELARD en introduction représente bien la qualité de la plume je trouve : "Imaginer, c'est hausser le réel d'un ton". 


En plus, c'est un bel objet, il est illustré par François AYROLES qui lui donne une touche de fantaisie avec une faune marine dessinée au début et à la fin de l'ouvrage, le petit plus !


J'ai passé un bon moment à lire ce 1er roman. Promis, je retournerai chez Myriagone.

Cette lecture s'inscrit dans le cadre du Challenge 1% Rentrée littéraire organisé par Délivrer des livres après :

Le grand amour de la pieuvre de Marie BERNE ***

Mina Loy, éperdument de Mathieu TERENCE ****

Minuit, Montmartre de Julien DELMAIRE *****

Le jour d'avant de Sorj CHALANDON *****

Un funambule sur le sable de Gilles MARCHAND ***** Coup de coeur

Un dimanche de révolution de Wendy GUERRA ****

 

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2017-09-09T08:19:58+02:00

Quand un mois laisse sa place à un autre...

Publié par Tlivres
Quand un mois laisse sa place à un autre...

Il fait gris dehors et je me surprends, devant ma tasse de thé, à rêvasser, à me "souvenir des belles choses" ! Le mois d'août en a été particulièrement riche, je vous offre un petit retour en images !

Au mois d'août, il y a eu des lectures extraordinaires, des coups de coeur d'une intensité toute particulière, à commencer par "Un funambule sur le sable" de Gilles MARCHAND. Vous vous souvenez peut-être de son 1er roman "Une bouche sans personne" qui m'avait littéralement transportée l'année dernière. Et bien, nous sommes dans la même veine, que dis-je, la même force. J'ai découvert cette plume formidable avec les 68 Premières fois, une très belle épopée que je ne suis pas prête d'oublier !

Ce roman fait partie de la rentrée littéraire, tout comme "Le jour d'avant" de Sorj CHALANDON, là aussi, une lecture de très haut vol qui m'a fait retrouver le chemin du bassin houiller mais dans un tout nouveau genre dont seul l'auteur a le secret. Un thriller psychologique très bien maîtrisé. C'est aussi une valeur sûre !

Et puis, il y a eu "Minuit, Montmartre" de Julien DELMAIRE. Très belle surprise de cette rentrée littéraire aussi. Je ne connaissais pas la plume, j'ai dès les premières pages été séduite. Ce roman dresse le portrait d'un quartier parisien du début du XXème siècle et nous fait entrer dans l'atelier de Théophile Alexandre STEINEN, un pur bonheur.

Je me suis aussi laissée porter par celle de Frédérique DEGHELT, là, pas de surprise en termes de qualité, j'en suis une inconditionnelle, je l'avoue ! Mais le registre était un peu différent, l'écrivaine a répondu à l'exercice littéraire qui lui était proposé par la collection "Miroir". Elle s'est attachée à imaginer la dizaine de jours que la reine du polar a passé recluse dans un hôtel loin de son mari qui venait de lui apprendre qu'il la quittait. "Agatha", une belle réussite. 

Deux autres romans m'ont fait passer un bon moment, "Un dimanche de révolution" de Wendy GUERRA, direction Cuba, vous découvrirez une île rongée par les restes de la dictature, et puis "Les vérités provisoires" de Arnaud DUDEK, le temps d'un livre vous partagerez le quotidien d'un jeune homme hanté par la disparition de sa soeur.

6 romans à mon actif, 4 de la rentrée littéraire de septembre 2017 et 2 parus cette année tout de même, un beau panel de livres à découvrir, à commencer par mon coup de coeur bien sûr.

Un petit clin d'oeil aussi aux maisons d'édition qui font un travail formidable, elles sont 5 ce mois-ci : Les forges de Vulcain, Plon, Buchet Chastel, Alma éditeur et Grasset.

 

 

 

Quand un mois laisse sa place à un autre...

Mais le mois d'août ne serait rien sans ses parcours urbains artistiques, c'est très à la mode, et que de belles découvertes encore cette année !

Le concept est simple, ponctuer une promenade dans des espaces extérieurs de la présence d'oeuvres d'art.

Certains se sont lancés dans l'aventure il y a bien longtemps mais n'ont pas pris une ride. Je pense à Nov'Art, il s'agissait cette année de la 35ème édition, le petit village de Villevêque n'a pas à rougir de son succès. Les oeuvres qui me restent les plus en mémoire sont celles de Bertrand BATAILLE, des toiles d'une émotion intense.

En restant dans les petits villages, j'ai découvert cette année celui d'Oudon et son symposium de sculpture monumentale. C'était la 16ème édition et que d'oeuvres. Pas un recoin du village n'est ornementé d'une sculpture d'une édition passée. J'y ai réalisé de très belles rencontres, notamment celle de Jonathan BERNARD, sculpteur, qui faisait partie des 4 artistes retenus cette année pour une création en résidence sur une quinzaine de jours en pleine période estivale.

Et puis, il y a eu les grandes Villes, Angers avec ses "Echappées d'art", l'oeuvre sublime de Vihls complétée par celle d'AL1, et "Voyage à Nantes".

Le mois d'août 2017 a assurément été très beau, pourvu que celui de septembre soit à la hauteur !

Quand un mois laisse sa place à un autre...

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2017-09-04T21:15:54+02:00

Mina Loy, éperdument de Mathieu TERENCE

Publié par Tlivres
Mina Loy, éperdument de Mathieu TERENCE

Editions Grasset


Quand la rentrée littéraire fait son apparition, il y a des livres qu'on attend de longue date comme "Un funambule sur le sable"  de Gilles MARCHAND, et puis, il y a ceux qui viennent à vous, comme "Mina Loy, éperdument". Je tiens à remercier les éditions Grasset de m'avoir offert ce moment d'évasion aux côtés d'une femme hors du commun.

 

Mina Loy, vous la connaissiez ? Moi, j'avoue que non mais j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir son itinéraire.


Tout commence en Angleterre dans la période victorienne. Mina naît à Londres d'une mère tyrannique. Très vite, elle va affirmer sa personnalité et revendiquer le droit d'aller étudier à l'étranger. Elle partira pour Munich, puis Paris, Florence, New-York. La vie amoureuse de Mina sera chahutée avec une grossesse non désirée et un enfant élevé par un homme qui n'en est pas le père. Malheureusement, la petite Olga décédera avant de souffler sa première bougie d'une méningite. Deux autres enfants suivront, Joëlla et Giles, mais l'univers de Mina est ailleurs. Elle abandonne ses enfants et part à la découverte du monde, des artistes en particulier. Elle va côtoyer des intellectuels, prendre la défense de la condition des femmes, s'émanciper par l'écriture. Elle ne sera toutefois que très peu éditée de son vivant. Elle va vivre une passion amoureuse avec Arthur Cravan, le "poète-boxeur", de courte durée toutefois, lui disparaîtra dans l'océan pacifique. Toute sa vie, elle se battra pour survivre. Elle s'éteindra à l'âge de 84 ans.


Ce destin de femme est tout à fait exceptionnel. Il est marqué par un besoin irrépressible de liberté qui lui offrira la possibilité de visiter le monde entier. Nous ne sommes qu'au tout début du XXème siècle. Si aujourd'hui, les grands voyages sont facilités par les nouvelles technologies, vous savez à l'avance de quelle couleur sera la lampe de chevet de votre chambre à coucher, on peut assez aisément imaginer qu'au tout début des années 1900, partir était beaucoup plus risqué. Seuls les aventuriers acceptaient de remettre en question leur zone de confort, portés par cet élan de la découverte. Je suis toujours époustouflée par la volonté de certaines femmes de marquer leur époque, transcender les limites. Mina Loy faisait partie de celles que rien n'arrêtait.


Plus encore, outre son combat pour assurer sa survie personnelle, elle a sombré dans une profonde misère dans l'attente de son amoureux, elle s'est battue pour une cause collective. Elle est l'auteure d'un manifeste "Psychodémocratie internationale", un texte qui lui vaudra plus tard de travailler pour la ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté en Suisse. C'est la fin de la 1ère guerre mondiale, elle croit en "une humanité juste et harmonieuse" :
 


Il est temps d'envisager un pacifisme constructif, de donner du pouvoir à l'imagination, seule façon de rendre de l'enthousiasme à l'action politique. P. 150

La littérature offrira de nouveaux horizons à Mina Loy. Dès son plus jeune âge, elle se réfugiera dans les livres :
 


ces petites portes qu'on ouvre sur l'infini. P. 30

Elle-même écrira, elle s'inscrira dans le registre de la poésie avec son recueil "Le Baedecker lunaire". Gertrude Stein, avec qui elle partagera une intense complicité, lui permettra d'être publiée aux Etats-Unis.


Artiste dans l'âme, elle se vouera aussi à la peinture, à la couture et à mille autres activités créatrices. Un brin fantasque, cette femme affichera son originalité jusqu'à sa mort :


Ce jour-là, elle porte des escarpins qu'elle a dorés elle-même. P. 23

Mina Loy fait partie de ces femmes éprises d'originalité, elle en mesurera toutes les limites : 


En société cela tourne au numéro de cirque, en vêtement au déguisement et au concours Lépine en art. P. 202

Mathieu TERENCE dont je ne connaissais pas la plume rend un vibrant hommage à cette femme exceptionnelle, de celles dont on on a envie, à la clôture de notre lecture, de découvrir l'oeuvre. Pari gagné ! 

Cette lecture s'inscrit dans le cadre du Challenge 1% Rentrée littéraire organisé par Délivrer des livres après :

- Minuit, Montmartre de Julien DELMAIRE *****

- Le jour d'avant de Sorj CHALANDON *****

- Un funambule sur le sable de Gilles MARCHAND ***** Coup de coeur

- Un dimanche de révolution de Wendy GUERRA ****

 

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2017-09-04T06:41:57+02:00

D comme... DEGHELT

Publié par Tlivres

J'aime beaucoup la plume de Frédérique DEGHELT, j'en suis une inconditionnelle, ma toute dernière lecture est récente : Agatha

et puis avant, il y avait eu :

La grand mère de Jade La nonne et le brigand Les brumes de l'apparence La vie d'une autre

mais la lettre D correspond aussi à :

Antoine B. DANIEL Inca

Alexis DAVID-MARIE #Martyrsfrancais

Leif DAVIDSEN A la recherche d'Hemingway, Le gardien de mon frère, L'épouse inconnue

Kéthévane DAVRICHEWY La mer noire

Erri DE LUCA Le jour avant le bonheur, Le poids du papillon

Jean-Baptiste DEL AMO Une éducation libertine

Grégoire DELACOURT La liste de mes envies

Philippe DELERM Le trottoir au soleil, La première petite gorgée de bière

Julien DELMAIRE Minuit, Montmartre

René DENFELD En ce lieu enchanté

Joël DICKER Le livre des Baltimore, La vérité sur l'affaire Harry Queber

Jean-Paul DIDIERLAURENT Le liseur de 6h27

Chahdortt DJAVANN Bas les voiles, La muette

Philippe DJIAN Incidences, Impardonnables

Anthony DOERR Toute la lumière que nous ne pouvons voir

Eugen DREWERMANN L'essentiel est invisible - Une lecture psychanalytique du Petit Prince

Jean-Paul DUBOIS Le cas Sneijder, Les accommodements raisonnables

Diane DUCRET Les indésirables

Arnaud DUDEK Les vérités provisoires

Jacky DURAND Marguerite

Dominique DYENS Intuitions

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2017-09-02T11:50:39+02:00

Le renard qui lit, petit passage en librairie !

Publié par Tlivres

Côté météo, les samedis se suivent et ne se ressemblent pas et c'est tant mieux. Aujourd'hui grand soleil sur l'Anjou alors qu'il y a quelques semaines, c'était pluie battante.

Comme beaucoup sur les réseaux sociaux, j'avais le moral dans les chaussettes (ce samedi-là il faisait froid, nous étions au mois d'août et pourtant j'en avais !). Impossible pour moi de m'installer sous un plaid avec un thé et un livre (même en mettant l'adjectif "bon" devant chacun de ses objets, ça ne le faisait pas, je sais qu'il n'y a plus de saison, mais quand même !).

Alors, sur les conseils de Violaine, j'ai pris le chemin de Chalonnes-sur-Loire et je suis partie à la découverte d'une librairie "Le renard qui lit".

Je n'ai même pas pris le temps de faire une photo de la vitrine tellement il pleuvait, c'est dire !

J'y suis entrée, et là, je suis tombée sur un brin de soleil !

Une voix chaleureuse accueille chaque client(e) d'un bonjour jovial, souriant, dynamique. Je me suis immédiatement dit que j'avais bien fait !

Marie explique à une mamie et sa petite fille les tribulations d'une ado, ça a l'air truculent. Je n'ai plus l'âge, mais je me serai presque laissée tenter.

Il faut dire que Marie, non seulement, elle a une voix agréable et joyeuse, mais elle a aussi des yeux dans lesquels brille l'étincelle de l'enthousiasme. Il suffit de la regarder pour se dire qu'elle a pris elle-même plaisir à lire le livre qu'elle vous présente.

Moi, j'en ai profité pour faire un petit tour, regarder, et là, devinez quoi, le livre de Gilles MARCHAND "Une bouche sans personne" trône sur le présentoir, c'est l'un de ses coups de coeur. Avouez que les choses commençaient plutôt bien !

Le renard qui lit, petit passage en librairie !

J'ai poursuivi ma déambulation où les mamies et les petits enfants faisaient leur marché, il faut dire que le temps ne se prêtait pas du tout aux activités extérieures habituellement pratiquées lors des vacances d'été !

Les enfants faisaient leur choix, pour eux, et aussi pour leurs frères et soeurs. Un vrai bonheur !

Quand on entend que les enfants ne lisent plus, ça me fait doucement rire, n'est-ce pas Eglantine ?

Le renard qui lit, petit passage en librairie !

Et bien sûr, j'ai commencé à jeter mon dévolu sur quelques ouvrages. Là j'ai pensé à vous, mes ami(e)s de la blogosphère et j'ai choisi...

Aujourd'hui, je peux me permettre de les mettre dans l'herbe !

Aujourd'hui, je peux me permettre de les mettre dans l'herbe !

Et puis, je me suis mise en quête de l'objet original, d'une petite fantaisie qui me permettrait régulièrement de me souvenir de cette 1ère visite (nul doute qu'elle en appellera d'autres !). Et là, bien sûr, j'ai demandé les conseils de la maîtresse des lieux qui m'a mise sur la voie...

Le renard qui lit, petit passage en librairie !

Vous ne savez pas encore de quoi il s'agit ?

Normal, c'est un O.L.P., entendez par-là, un Objet Littéraire Postal. Ingénieux, non ?

L'Association Aé édite ainsi des nouvelles inédites dans un format livre miniature qui, par un coup de baguette magique, prend subitement la forme d'un pli postal. Vous n'aurez plus qu'à y coller un timbre et compléter l'adresse du destinataire pour faire un(e) heureux(se).

Et en plus, c'est du local ! L'association est domiciliée à Beaufort-en-Vallée. Laure, tu l'a connais peut-être...

Je suis donc repartie avec 2 cadeaux pour moi et 3 pour vous, équitable, non ?

Il faut dire que je me suis retenue, la rentrée littéraire de septembre n'avait jamais été aussi prêt. Marie en trépignait d'envie et voilà ce que ça donne aujourd'hui... 

Mon petit doigt me dit que Gilles MARCHAND va y trouver sa place... tenez, justement, il y est annoncé le 8 décembre prochain ! Si j'étais vous, je réserverai déjà ma date.

Enfin, en attendant, si vous n'avez rien de prévu cet après-midi, vous pouvez toujours aller saluer Marie (elle se cache parmi les livres !)

et faire votre rentrée (les enfants ont bien leurs cartables et leurs fournitures, pourquoi nous n'aurions pas droit à nos livres, nous, c'est vrai, quoi !)

 

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