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2017-01-28T15:08:27+01:00

Le 8000ème visiteur est passé !

Publié par Tlivres
Le 8000ème visiteur est passé !

Le 8000ème visiteur ou la 8000ème visiteuse est passé.e, oui, quel immense plaisir de vous voir parcourir mes chroniques et laisser une marque de votre passage.

Ce blog ne serait rien sans vous bien sûr.

Un immense MERCI.

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2017-01-28T14:17:12+01:00

La rentrée n'aura pas lieu de Stéphane BENHAMOU

Publié par Tlivres

Editions Don Quichotte


Roman sélectionné par les 68 premières fois dans l'édition 2016.


Voilà un roman loufoque comme je les aime.


Vous pensiez qu'il n'était pas possible de réduire un message à moins de 144 caractères, et bien l'Etat l'a fait ! Les messages des panneaux lumineux d'autoroute n'en font que 64 ! Michel Chabon, employé du Ministère des Transports et de l'Aménagement du Territoire, est le fonctionnaire qui a la lourde charge de leur rédaction. Il est dans les starting blocks.  Nous sommes le 27 août, la rentrée des Aoûtiens est imminente avec son lot d'embouteillages. 11 millions de voyageurs attendus sur les routes de France, de quoi donner quelques sueurs froide à l'Etat. Mais voilà, les jours passent et aucune surchauffe n'est constatée. Personne sur les routes. Où sont les Aoûtiens ? Que font ils ? Pourquoi ne rentrent-ils pas ? Et bien, tout simplement parce que les Aoûtiens refusent de retomber dans le rythme infernal de leur univers professionnel qui les oppresse. Là commence alors une toute nouvelle histoire !


Qui n'a pas rêvé, au mois d'août, de ne pas rentrer ? de faire durer encore ses vacances ? de ne pas succomber, tout simplement, aux désagréments de la nouvelle année à venir, scolaire sous-entendue ? Construire un roman sur cette base, voilà une idée ingénieuse de Stéphane BENHAMOU ! Et plus encore, il en a fait une oeuvre truculente, voire désopilante.


Ce roman est une satire de l'organisation de l'Etat de ses services. Sur la base d'un événement prévisible, tout est orchestré comme il se doit, les congés des salariés de l'Institution ont été adaptés pour pallier des comportements de masse dont les effets sont décuplés.  Mais voilà, un aléa et tous les rouages s'enrayent. L'imprévisible déstabilise l'Etat et ses services qui se retrouvent totalement démunis. On n'a jamais imaginé que Aoûtiens et Septembristes puissent se cotoyer, c'est pourtant là une réalité. Au programme : surpopulation dans les campings, amoncellement de déchets en l'absence de collecte des ordures ménagères... 
Une fiction qui pourrait trouver sa place dans l'actualité. D'ailleurs, entre nous soit dit, je pense que ce roman pourrait être bien utile aux futurs candidats aux élections présidentielles pour proposer d'éventuelles évolutions dans les services ! 


Mais, attention, ce roman n'est pas seulement dédié à l'incapacité de l'Etat à s'adapter à des événements imprévisibles. Comment alors le distinguer des médias qui font de ce type de sujet leur choux gras. 


Dans ce 1er roman de Stéphane BENHAMOU se cache un tout autre sujet : le mal être des Français au travail. Après avoir adopté un léger rictus au coin des lèves, voire s'être livré à un bel éclat de rire, une toute autre émotion vous envahit. 


Très vite, se pose la question de la réelle motivation de ce non-retour des Aoûtiens ?

 


Les Aoûtiens ne cherchaient pas un rab de vacances. Ils avaient voulu suspendre ce temps qui les dépassait. P. 156

Le temps, cette valeur qui semble glisser des doigts de chacun dans son organisation professionnelle au point de générer stress, voire burn-out. Stéphane BENHAMOU nous livre d'ailleurs une très belle définition de cet état de rupture :


Sous la tension produite par la vie dans notre monde complexe, disait l'expert, les ressources de chacun en venaient à se consumer comme sous l'action des flammes, ne laissant qu'un vide immense, à l'intérieur, même si l'enveloppe externe pouvait sembler intacte. P. 39-40

Une nouvelle question émerge bien sûr :


Finalement, le burn-out n'était-il pas le symptôme d'une crise de foi d'un autre genre, la manifestation contemporaine du désespoir et de l'épuisement de ceux qui avaient espéré s'épanouir aux heures de bureau ? P. 115

Et quand le monde s'immobilise, que la foule devient lymphatique, il convient de s'organiser. Toute société a besoin de repères. Il en est un qui m'a particulièrement touché. Vous qui êtes des passionné.e.s de littérature, je pense qu'il va aussi résonner auprès de vous :


Ils revinrent sur leurs pas et Martine proposa de se rendre à la veillée. Chacun y faisait la lecture de son choix. Un homme d'une cinquantaine d'années disait qu'il parlait pour la première fois en public autrement que pour lire un rapport d'activité où il y avait plus de chiffres que de lettres. P. 120

Et puis, enfin, Stéphane BENHAMOU imagine un remède pour soigner ce mal sociétal : la CNV, la communication non violente, quelque chose qui ressemblerait à de la bienveillance : 


Authenticité, respect, interdépendance, coopération au service d'une société plus juste. P. 167

Un très beau programme, non ?

Je ressorts de ce livre, un peu comme de "Jupe et pantalon" de Julie MOULIN, totalement chaos. Cette lecture fait partie de ma catégorie "Coup de poing", de celles qui démarrent sur un fond de fantaisie et qui rapidement sombrent dans la gravité.

Les quelques chroniques que j'avais pu lire n'étaient pas pour me mettre en confiance, et pourtant, mission accomplie, je me suis laissée portée au point d'en ressortir scotchée.

Voilà ce que j'aime dans la littérature, et vous ?

La rentrée n'aura pas lieu de Stéphane BENHAMOU

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2017-01-26T07:22:16+01:00

La société du mystère de Dominique FERNANDEZ

Publié par Tlivres
La société du mystère de Dominique FERNANDEZ

Editions Grasset


Je ne connaissais pas encore la plume de Dominique FERNANDEZ. Le partenariat Netgalley/Editions Grasset m'a permis de gommer cette imperfection avec la mise à disposition de son tout dernier roman en version e-book, et je les en remercie.


Tout commence avec cette citation de Stendhal extraite de son "Journal" du 18 septembre 1811 dans l'Eglise Santa Croce à Florence : "On m'avait dit que ce tableau était du Guerchin : j'adorais ce peintre au fond du coeur. Point du tout ; on me dit deux heures après qu'il était d'Agnolo Bronzino, nom inconnu pour moi." En ouvrant ce roman, j'étais comme Stendhal, je ne connaissais pas Agnolo BRONZINO, ce peintre florentin !


J'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir sa vie. Et comme "Les plus belles découvertes cesseraient de me plaire si je devais les garder pour moi, je vous emmène avec moi en Italie. Nous allons remonter le temps et partir à la découverte du XVIème siècle, celui-là même qui a donné lieu à la production de nombreuses oeuvres de peintres d'un immense talent.


Le petit Agnolo BRONZINO est né d'un père boucher à Monticelli et d'une mère aide-bouchère mais aussi brodeuse la nuit au service de Julien de Médicis. Depuis sa plus tendre enfance, il a reçu une éducation du beau, de l'art, et c'est dans cette voie qu'il va envisager son avenir. Sur son chemin, il va rencontrer Jacopo PONTORMO, ce peintre florentin, très tôt orphelin de parents emportés par la peste. L'apprenti va partager sa vie avec son maître et l'accompagnera avec fidélité jusqu'à ses funérailles.


Ce roman historique est tout simplement une pépite.


Particulièrement fouillé, il fait référence à de nombreux événements ayant ponctué l'Histoire  de l'Italie. Le dernier roman de Dominique FERNANDEZ nous permet d'aborder toute une page du passé de ce territoire. j'ai beaucoup appris à sa lecture !


C'est en prenant appui sur ce contexte historique et notamment le régime de l'Inquisition que l'auteur du roman nous fait prendre conscience de l'incontournable liberté pour permettre à l'artiste de s'exprimer et être à son apogée.

 


Nul ne peut devenir un grand artiste s'il n'est pas d'abord un homme libre. P. 132


Côté artistique, ce roman constitue un véritable catalogue d'oeuvres réalisées au XVIème siècle, depuis "L'Assomption de la Vierge" de Rosso ou bien de Titien jusqu'à "David" ou "Judith" de Donatello, en passant par "Sacra Conversazione" de Jacopo PONTORMO... 


Dominique FERNANDEZ va plus loin en nous exposant les rivalités entretenues entres les différentes villes d'Italie, chacune ayant son genre. Alors que les peintres florentins s'évertuaient à représenter des hommes avec des visages tristes, voire blafards, les peintres vénitieux, quant à eux, se focalisaient sur des femmes bien en chair, gaies, radieuses, qu'ils dénudaient à l'envi. 

 


Leurs modèles sont presque tous féminins. [...] En outre, ils ne craignent pas de les montrer toutes nues et de face. Très peu d'hommes, et jamais d'hommes nus. P. 44


Les échanges entre clans et la compréhension mutuelle ne semblent pas de mise.

 


La vision équilibrée, robuste, optimiste des Vénitiens, leur manière de peindre des visages invariablement sereins, invariablement lumineux, non seulement lui étaient étrangères, mais encore lui répugnaient. P. 46


Il ne me reste plus qu'à aller les voir en vrai, mon sac à dos est prêt pour le mois de juin, la vie est bien faite, non ?


J'ai beaucoup apprécié aussi d'aborder le travail de l'artiste et tout particulièrement le lent cheminement qui mène de la création à la réalisation :   

 


Tout peintre est à la fois esprit - par le regard pensif qui médite, en retrait - et matière - par la main qui exécute. D'abord la contemplation, longue, attentive, réfléchie, qui se fait à distance, puis le geste, rapide, immédiat, rapproché. P. 140


C'est aussi la portée de l'art en général qui m'a transportée, le pouvoir des oeuvres d'offrir de nouveaux horizons :

 


A quoi bon les artistes, s'ils cessaient de fournir par des sensations agréables un contrepoids aux misères de la vie ? P. 51


Mais, sujet plus singulier, Dominique FERNANDEZ va nous faire découvrir l'intimité des peintres, la face cachée de leur existence. Et là, j'avoue avoir également eu quelques surprises. J'étais loin de soupçonner effectivement que les Maîtres abusaient sexuellement de leurs Apprentis et que les hommes forniquaient ensemble à n'en plus finir. Les oeuvres de Jacopo PONTORMO se voulaient représentatives de ces mœurs perverses au risque de déplaire au régime en place et de mourir dans la plus grande solitude. Michel-Ange, lui, auraient eu quelques soutiens pour ne pas entacher sa notoriété...


C'est un magnifique roman historique sur l'art. Il m'a rappelé avec beaucoup de plaisir "Le Turquetto" de Metin ARDITI.

Impossible de vous quitter sans faire l'éloge de ma liseuse. Et oui, elle a réussi à remplacer un pavé de 555 pages par quelques centaines de grammes, une vraie prouesse. Je crains fort que cette petite chose-là soit un peu addictive ! 

 

Cette lecture participe au Challenge de

la Rentrée Littéraire MicMelo de janvier 2017 ! 

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2017-01-22T19:51:43+01:00

Celui-là est mon frère de Marie BARTHELET

Publié par Tlivres
Celui-là est mon frère de Marie BARTHELET

Editions BUCHET CHASTEL


Prix du Jeune Ecrivain


Ce 1er roman fait partie de la sélection des 68 premières fois éditions 2016.


Ce roman est une fable, un conte...


Deux garçons vivent dans un palais. Leur mère est décédée d'un cancer. Devenus grands, la succession à la tête du pouvoir est assurée par le narrateur, le frère aîné. Le cadet, auteur d'un meurtre d'un policier, a pris la fuite. Quand il revient, il se fait le porte-parole d'une classe sociale défavorisée. La rupture entre les 2 garçons fait son chemin, aux risques et périls de tout un peuple.


En lisant de roman, je me suis dit qu'il pourrait trouver toute sa place dans la catégorie de ces oeuvres "Passerelles" mise en place par les Bibliothèques d'Angers. Il s'agit de romans pouvant créer des ponts entre lecteurs.rices jeunesse et adultes.


Ce roman a pour axe majeur une relation familiale entre 2 frères. Mais, comme toujours, "le diable se cache dans les détails", une faille dans les fondations va bientôt faire s'écrouler l'édifice. Bien sûr, je ne vous en dirai rien, histoire d'en préserver le secret !


A l'image de la rupture consommée entre les 2 garçons, 2 classes sociales s'affrontent dans ce pays imaginaire. Il y a ceux qui ont le pouvoir, qui disposent des richesses, et puis les opposants, les pauvres, ceux qui vivent dans la misère et qui mènent la rébellion. Ils vont trouver dans le frère cadet un leader à la hauteur de la mission. 


L'écrivaine met le doigt sur  la fragilité d'un principe édicté par notre Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 : "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits". 

 


Qamar, s'il était né dans la rue, aurait pu être à la place du petit mourant. La naissance, cette roulette russe... P. 83


J'ai particulièrement aimé les passages consacrés à l'art et à la nécessité de sa reconnaissance pour lui donner toute sa dimension :

 


Ton art, comme tout art, n'a d'existence que reconnu. Sans l'intelligence d'un spectateur, quelle valeur tes actes revêtiraient-ils ? P. 89


Cette phrase parle tout particulièrement aux membres des 68 premières fois qui ont choisi de promouvoir des premiers romans qui, à défaut d'être médiatisés et relayés sur les réseaux sociaux, n'auraient qu'une existence limitée !

Et puis, il y a de très belles pages dédiées au pouvoir de la musique :

 


Les notes, les accords, la mélodie ne sont que détails. Une corde pincée, un coup de phalange sur la caisse, des effleurements suffisent à exprimer une joie, une colère, une incertitude. P. 80

Enfin, et là, je sais pouvoir toucher la corde sensible des lecteurs.rices qui visitent le blog, l'écrivaine fait la part belle à la puissance des mots :

 


Les mots d'abord s'égouttent lentement, car je n'ai plus de salive. Puis ils gagnent en nombre, en assurance, en précision. Mes mots ne sont plus des enfants qui apprennent, ils savent, ils professent, ils sont justes, c'est-à-dire au plus près de ce que j'ai vu et que je nomme ma Vérité. Je n'ai pas à les penser ; d'eux-mêmes ils viennent au monde. P. 157

Ce premier roman est servi par une plume concise et agréable à lire. Cette jeune écrivaine de 28 ans a du talent assurément, qu'on se souvienne de son nom : Marie BARTHELET.

 

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2017-01-17T22:26:52+01:00

Une vie entière de Robert SEETHALER

Publié par Tlivres
Une vie entière de Robert SEETHALER

Sabine Wespieser Eds


Traduit de l'allemand par Elisabeth LANDES


Ce roman fait partie de la sélection 2017 du Prix CEZAM.


Comme tous les romans qui en font partie, j'ai emprunté "Une vie entière" sans lire la 4ème de couverture. Aucun a priori, je ne connaissais même pas l'auteur !


Malheureusement, je suis passée à côté, au point même de ne pas bien trouver les mots pour en raconter l'histoire. Une fois n'est pas coutume, je vous relaie ce que l'éditeur en dit :


Héros du Tabac Tresniek, le jeune Franz Huchel débarquait de ses montagnes et venait apprendre la vie dans la Vienne des années trente. Andreas Egger, le personnage principal du nouveau roman de Robert Seethaler, effectue le parcours inverse : c'est de la ville qu'il est amené, enfant, dans ces montagnes où il va passer "une vie entière". Aucun adulte bienveillant pour lui expliquer le monde. Il est recueilli par une brute qui l'estropie, et se constitue seul son éthique personnelle. Quand il se soustrait enfin à la tyrannie de son patron, ce n'est pas pour travailler comme lui la terre, les yeux baissés : "Un homme doit vivre la tête haute", déclare-t-il à Marie, la jeune fille dont il est amoureux. Aussi prend-il part à l'aventure des téléphériques, qui vont ouvrir sa vallée à la modernité, avant d'être envoyé en 1942 sur le front de l'Est, dans les montagnes du Caucase. A son retour, "les géraniums ont remplacé les croix gammées aux fenêtres du village" et les étables vidées de leurs bêtes abritent les skis des touristes...


Je suis pourtant passionnée par l'Histoire et fait partie, certainement, de ce public plus ou moins acquis à la cause.


Mais, l'alchimie n'a pas fait son travail.


Dommage.


Pour le moment, ce sont donc "Désorientale" de Négar DJAVADI et "Giboulées de soleil" de Lenka HORNAKOVA-CIVADE, 2 découvertes réalisées dans le cadre des 68 premières fois, qui restent ex aequo en 1ère position. Ce sont littéralement 2 coups de coeur 2016 !


Je vais pour autant poursuivre l'aventure de la session 2017...

 

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2017-01-14T17:44:33+01:00

Joséphine BAKER par CATEL et BOCQUET

Publié par Tlivres
Joséphine BAKER par CATEL et BOCQUET

Autant vous le dire tout de suite, c'est un coup de coeur. Je suis tombée sous le charme de ce roman graphique qui honore une femme noire américaine aux nombreux combats.

 

Le 8 mars 2016 (tiens, la journée internationale des droits des femmes, coïncidence ou choix délibéré ?), Pénélope BAGIEU brossait un très beau portrait de cette femme mythique dans le blog "Les Culottées".

 

Depuis, elle a pris place dans la BD du même nom qui vient de sortir !

Cette fois, c'est une biographie complète qui lui est consacrée dans le cadre d'un roman graphique édité par Casterman écritures, signé de Catel Muller et José−Louis Bocquet. Merci à ma grande fille de me l'avoir fait découvrir !


Joséphine BAKER naît le 3 juin 1906 sous le nom de Freda Joséphine McDonald à Saint−Louis dans le Missouri aux Etats−Unis. Son enfance est chahutée par la vie de couple tumultueuse de ses parents. Elle est élevée par sa grand−mère et sa tante Elvara. Elle rejoindra sa mère qui s'est remariée, retrouvera son frère Richard et fera connaissance avec ses 2 nouveaux enfants. Lors des visites du zoo, Joséphine se faisait remarquer pour son imitation des singes, ce qui lui valait des réprimandes systématiques. Et puis, adolescente, elle aide sa mère financièrement à nourrir la famille grâce à un emploi de femme de maison chez une patronne qui la maltraite. Elle se marie à l'âge de 13 ans. Lors d'une altercation, elle se défend en cassant une bouteille sur le crâne de son mari. Ce mariage ne sera que le 1er d'une longue série et Joséphine ne manquera jamais une occasion de se défendre bec et ongles toute sa vie durant. A partir de 1919, elle se produit en spectacles au Booker T. Washington Theater. Son début de carrière est fulgurant, malheureusement, elle se heurte à la ségrégation noire. 

 

 

Joséphine BAKER par CATEL et BOCQUET

C'est là qu'elle croise le chemin de Caroline Dudley qui lui propose un spectacle avec des noirs américains en France, à Paris. L'aventure internationale commence. Nous sommes en 1925, Joséphine BAKER se fait connaître des français avec cette danse animale, primitive, du Théâtre des Champs Elysées. Après une escapade à Berlin, elle revient à Paris où elle intègre les Folies−Bergère.


La femme artiste est largement honorée par ce très beau roman graphique mais il y a un autre portrait de cette femme qui est brossé et sur lequel je voudrais insister.


Alors que la 2ème guerre mondiale s'invite en France, Joséphine BAKER va s'expatrier pour transmettre des documents secrets vers Londres à partir de l'Afrique du Nord. C'est sur ce territoire que les Américains débarqueront en premier, dès 1942. Elle accompagnera la libération de spectacles donnés à titre gracieux pour célébrer l'action des soldats. Elle se produira en 1943 devant des G.I. noirs américains.

 

Joséphine BAKER par CATEL et BOCQUET

C'est également en Afrique du Nord qu'elle tombera malade, elle passera de nombreux mois alitée et perdra sa capacité d'enfanter.


A son retour du Japon où elle rencontre son amie Miki, elle décide d'adopter des enfants orphelins de pays en guerre, elle crée la tribu arc en ciel. Non seulement, ces enfants auront toutes les couleurs de peau, mais ils seront également de toutes les religions, de quoi nous donner à méditer....

 

Joséphine BAKER par CATEL et BOCQUET

Joséphine BAKER n'oubliera pas son pays d'origine et la condition noire. Elle sera aux côtés de Martin Luther King le 28 août 1963 pour cette marche sur Washington. Elle tiendra ce discours :

 


Vous savez, mes amis, que je ne mens pas quand je vous raconte que je suis entrée dans les palaces de rois et de reines, dans les maisons de présidents. Et bien plus encore. Mais je ne pouvais pas entrer dans un hôtel en Amérique et boire une tasse de café. Et cela m'a rendue furieuse.


C'est là que lui tiendra ce propos "I have a dream" qui résonne tellement avec l'actualité américaine.

 

Joséphine BAKER par CATEL et BOCQUET

Après avoir élevé seule ses 12 enfants et avoir retrouvé la scène parisienne avec un succès inoubliable 50 ans après son 1er spectacle, Joséphine BAKER s'éteint d'une hémorragie cérébrale, elle est inhumée à Monte Carle.


Joséphine BAKER est pour moi une grande femme, de celles qui ont su se battre pour leur destin mais aussi pour celui des autres, de celles qui nous ont laissé une marque de leur philosophie, et qu'on aimerait tellement voir aujourd'hui. C'est un immense plaisir de partager avec vous ce roman graphique à la hauteur de ce personnage hors du commun, que dis−je, de cette FEMME extraordinaire.


Un mot avant de vous quitter du graphisme de ce roman. Un bijou tout simplement. En version monochrome, c'est peut−être là que le talent des illustrateurs s'exprime le mieux. CATEL et BOCQUET ont allègrement relevé le défi avec brio. Quant à la police de caractères, que les Editions Casterman écritures ne changent rien, tout est parfait !

 

Impossible de se quitter sans écouter

"J'ai deux amours",

souvenez-vous, c'était en 1968.

La voix à Joséphine BAKER en personne !

 

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2017-01-10T07:28:57+01:00

Le blog fête ses 2 ans !

Publié par Tlivres
Le blog fête ses 2 ans !

Aujourd'hui, c'est la fête !

Et oui,  T Livres ? T Arts ? a 2 ans. Il est né le 10 janvier 2015. On se souvient tous de cette période qui, malheureusement, endeuillait la France. Mais, c'était aussi une période de solidarité, de fraternité, rappelons-nous de ce grand mouvement du 11 janvier qui, dans toutes les villes du pays, a réuni des Français au nom de la Liberté.

Alors, qu'un blog, qui est un moyen d'expression, puise ses racines dans ce terreau, c'est plutôt de bon augure pour qu'il devienne grand, à condition d'arroser la plante bien sûr ! Et là, j'avoue que vous avez été au top !

Vous êtes effectivement nombreux désormais à venir jeter un oeil sur le blog, régulièrement ou ponctuellement, comme vous le souhaitez. Certaines empreintes y sont laissées, j'apprécie toujours.
 

En un an, vous avez été plus de 5000 visiteurs uniques. Et c'est plus de 8400 pages qui ont été vues. Vous êtes incroyables, un peu dingues aussi non ? Mon petit doigt me dit que vous pourriez ressembler à la mère de Cassiopée, extraite du roman de Garance MEILLON "Une famille normale". Je me trompe ?


Maman aimait beaucoup lire. Elle accumulait les livres, et elle en possédait tellement à la fin de sa vie qu'elle avait renoncé à les ranger correctement. Ils étaient empilés dans tous les sens, et ils avaient tous été lus. Ce n'était pas la bibliothèque proprette d'une érudite mais celle d'une passionnée, d'une folle, d'une femme qui n'avait pas voulu s'arrêter. P. 58

http://tlivrestarts.over-blog.com/2016/05/une-famille-normale-de-garance-meillon.html

Il faut bien le dire, quoi de plus enrichissant que de partager autour des livres, toutes ces portes ouvertes sur le monde !

Cette année, nous avons beaucoup voyagé. Nous avons visité le Burundi avec "Petit Pays" de Gaël FAYE, l'Iran avec "Désorientale" de Négar DJAVADI, la République Tchèque avec "Giboulées de soleil" de Lenka HORNAKA-CIVADE, la Tunisie avec "Ahlam" de Marc TREVIDIC.

Nous avons fait 2 pas de danse avec "De ce pas" de Caroline BROUE.

Nous avons fait un arrêt sur image sur notre société d'aujourd'hui avec "L'abandon des prétentions" de Blandine RINKEL, "Lithium" de Aurélien GOUGAUD, "Jupe et pantalon" de Julie MOULIN, "Une bouche sans personne" de Gilles MARCHAND, "A la fin le silence" de Laurence TARDIEU, "Les grandes et les petites choses" de Rachel KHAN.

Nous avons fait plusieurs sauts dans le passé en revisitant notre Histoire avec "Le carré des Allemands" de Jacques RICHARD, "De nos frères blessés" de Joseph ANDRAS. Nous sommes mêmes allés à la découverte des siècles derniers avec "L'ombre de nos nuits" de Gaëlle JOSSE, "La sonate oubliée" de Christiana MOREAU, "Ida" de Chloé CRUCHAUDET. 

La vie n'étant pas toujours un long fleuve tranquille, nous avons exploré les méandres de la maladie avec "Journal d'un vampire en pyjama" de Mathias MALZIEU, et focalisé sur la maladie mentale avec "En attendant Bojangles" de Olivier BOURDEAUT, "Branques" de Alexandra FRITZ, "Bianca" de Loulou ROBERT, "Treize" de Aurore BEGUE, "L'heure bleue" de Elsa VASSEUR.

Et parce que la vie mérite d'être croquée à pleine dents, il y a toujours le chemin de la résilience avec "Les arbres voyagent la nuit" de Aude LE CORFF. Rien n'est jamais perdu, tout reste toujours à construire...

Heureusement, dans notre aventure, nous sommes bien accompagné.e.s avec les femmes "Culottées" de Pénélope BAGIEU. Il ne nous manquait plus qu'un slogan, Véronique OVALDE plus engagée que jamais l'a trouvé : "Soyez imprudents les enfants" !

T Livres ? T Arts ? version 2016, c'est un peu tout ça, et un peu plus encore... mais là, je laisse les curieux le découvrir !

T Livres ? T Arts ? a profité de cette année pour se faire une place sur les réseaux sociaux. Il a sa page facebook bien sûr, il est visible maintenant sur Instagram, et puis encore sur Tweeter @tlivres_tarts

Il faut souligner aussi que T Livres ? T Arts ? a pris un nouvel élan en 2016 grâce à une communauté de lecteurs. Il s'agit de la formidable aventure, les 68 premières fois. Je voudrais d'ailleurs saluer les 3 fées qui agissent au quotidien pour nous permettre de lire des premiers romans de la rentrée littéraire certes, mais plus encore, de lier des relations d'amitié avec d'autres lecteurs passionnés et là, c'est un véritable vent de folie. De doux, certains sont devenus dingues, c'est dire ! 

Le blog fête ses 2 ans !

Si je viens de passer aux livres numériques, c'est bien aussi grâce à la force de conviction de quelques femmes (et oui, elles, encore !), totalement folles de littérature (elles ont besoin de 500 livres avec elles chaque fois qu'elles se déplacent, c'est dire !) qui ont su me persuader de l'utilité d'une liseuse. Et là, une nouvelle porte s'est ouverte avec Netgalley.

La frénésie est sans fin et c'est ça que j'adore !

Alors, que la vie continue, que cette nouvelle année nous permette d'enrichir nos échanges, de découvrir de petites perles littéraires et de partager nos avis, bref, on ne change rien et on se retrouve le 10 janvier 2018 pour fêter les 3 ans.

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2017-01-08T11:33:20+01:00

Des Angevins en Résistance par l'Association des Amis des Archives d’Anjou

Publié par Tlivres
Des Angevins en Résistance par l'Association des Amis des Archives d’Anjou

J'ai entre les mains un livre qui vient de sortir : "Des Angevins en Résistance", il s'agit là d'Études d’histoire angevines sur les années 1940-1945.

De nombreuses pages me rappellent les propos de Aude LE CORFF dans son roman coup de coeur "L'importun" et le récit de vie de Jeanne HEON-CANNONE "Les Hommes Blessés à Mort crient" qu'elle m'avait incité à lire.

Une pensée pour tous ces combattants, ces Résistants qui ont, un jour, choisi leur camp, au péril de leur vie bien souvent. 

Des Angevins en Résistance par l'Association des Amis des Archives d’Anjou


Je prends conscience que, moi aussi, je me fabrique un refuge, un coin de paradis qui saura embellir mon existence, et peut-être noiera l'angoisse. P. 191 de L'importun

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2017-01-05T22:09:39+01:00

L'abandon des prétentions de Blandine RINKEL

Publié par Tlivres
L'abandon des prétentions de Blandine RINKEL

Je me rends compte que je prends goût aux 1ers romans... d'autant qu'il s'agit du dernier crû, de celui de 2017 qui n'est même pas encore sorti en librairie, l'aventure a quelque chose de grisant je l'avoue. Un grand merci aux Editions Fayard et à Netgalley !

 

 

Jeanine est retraitée de l'enseignement, elle est séparée de son mari. Elle fait partie de ces femmes actives, toujours en route, en train de faire quelque chose, et qui passe sa vie à aider, soutenir, accueillir, réchauffer les autres. Elle vit seule dans une grande maison, dans un lotissement de Rezé, une bourgade de Loire Atlantique. C'est dans sa cuisine aux  teintes fuchsia qu'elle partage régulièrement des crêpes et un verre de cidre avec des personnes isolées, fragiles, exclues, invisibles... Quand elle était en activité, elle profitait de ses vacances pour parcourir le monde. Depuis qu'elle est à la retraite, ce sont les autres qui la font voyager.

 

Ce roman est un magnifique portrait brossé par une fille de sa mère, portrait empreint de tendresse et d'amour. Adulte, la narratrice a choisi de laisser une trace de l'action de cette mère attentionnée qui croit profondément en l'humain et qui se nourrit des différences des autres.

 


Or nulle autre raison, derrière ces explorations linguistiques, que la volonté de rencontrer des êtres toujours plus différents, toujours plus lointains, nulle autre envie que celle de se confronter à l'hétéroclite en vue d'élargir le spectre des possibles existentiels.


Jeanine a bien compris ce que peuvent lui apporter Moussa, Hortense et les autres. Bien sûr, les parcours sont chahutés, les relations souvent éphémères, les prises de  risques importantes surtout quand Jeanine offre son toit. Des aventures, elle en a vécu, au risque de se froisser avec ses voisins qui ne voient pas d'un très bon oeil arriver ces migrants et autres marginaux dans leur quartier résidentiel. Mais chaque fois, Jeanine sait prendre les choses en main et s'en sortir sans dommage. 


Mais plus que ça, Jeanine a soif d'utilité, comme peut-être de nombreux bénévoles aujourd'hui qui trouvent dans leurs activités associatives un moyen de vérifier qu'ils ont encore un rôle à jouer dans la société.

 


A présent persuadée de sa vanité fondamentale, Jeanine aime qu'on lui redonne, pour un temps, un sentiment d'utilité.


Et quand vient la fin de la journée, que Jeanine se retrouve seule et qu'elle mesure le chemin parcouru, elle ressent un sentiment de complétude :


[...] mais ce soir-là elle se sentira pleine, remplie de vies et de mémoires, d'histoires, de sentiments, et marchant près de sa grande maison vide, enivrée de tous ces visages croisés, elle pensera à demain [...], et son attente croît, brille, et comme tous les jours la nuit tombe, et comme tous les jours il y aura un ciel.


Jeanine se fait du bien,  c'est indéniable. Mais elle fait du bien aux autres aussi. Grâce à ce climat de confiance qu'elle instaure, grâce à cette reconnaissance qu'elle accorde, Jeanine permet aux êtres humains qu'elle croise sur son chemin de prendre toute leur place. 

 


L'indifférence, quand elle se fait sport d'endurance, peut devenir une véritable arme de destitution des prétentions.

Un petit clin d'oeil au titre du roman !


Parlons de l'écriture de Blandine RINKEL justement. Je l'ai beaucoup aimé. Je me suis laissée porter par sa prose. Et quand elle joue avec les mots, alors là, je craque ! 

 


Car il s'agit de la glycémie de l'amour et bien qu'elle n'y ait elle même que très peu goûté, faute d'opportunités, cette friandise l'attire, réveillant en elle quelque gourmandise secrète dont elle vous montre rapidement, au détour d'un sourire ou d'une intonation rose, la cachette d'espérance, avant d'aussitôt la refermer.

Ce roman, c'est un peu comme un bonbon qu'on laisse fondre tendrement... 


Jeanine nous offre une réponse à la question qui figure sur un post-it collé sur son frigo : "Qu'est ce qu'une vie réussie ?"


Et vous, quelle est la vôtre ?

 

Cette lecture participe au Challenge de

la Rentrée Littéraire MicMelo de janvier 2017 ! 

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2017-01-04T20:28:42+01:00

Petit pays de Gaël FAYE

Publié par Tlivres
Petit pays de Gaël FAYE

Editions GRASSET

Goncourt des Lycéens 2016

 

"Petit pays" fait partie des romans sélectionnés par les 68 premières fois, édition 2016.


La famille de Gabriel montre quelques fragilités. Son père est né en France, sa mère au Rwanda, pays qu'elle a quitté à l'âge de 4 ans. Depuis quelques temps, ils ne semblent plus en parfaite harmonie jusqu'au jour où lors d'un dîner chez un ami la colère éclate. La séparation devient inéluctable. Gabriel et sa soeur, Ana, demeurent au domicile familial avec leur père, enfin, quand il est là. Les enfants sont souvent livrés à eux-mêmes. Ils profitent de leur liberté pour s'amuser, monter des plans avec les copains, vivre leur vie. Et puis, un jour, ce n'est plus seulement la  famille qui se  déconstruit, leur "Petit pays", le Burundi, subit un coup d'Etat. Nous sommes le 21 octobre 1993, le Président Melchior Ndadaye est assassiné. C'est là qu'une toute autre histoire commence !


Ce très beau roman montre à quel point la paix et la cohésion d'un peuple peuvent être fragiles. Les 2 communautés ethniques  cohabitaient en toute harmonie jusqu'au jour où les tensions qui se développaient au Rwanda ont commencé à se répandre dans ce "Petit pays". 


Bientôt, ces petits riens du quotidien prirent une signification toute particulière :

 


Comme un aveugle qui recouvre la vue, j'ai alors commencé à comprendre les gestes et les regards, les non-dits et les manières qui m'échappaient depuis toujours. P. 133


Les enfants eurent à se familiariser avec les codes de la guerre. Ils durent apprendre à vivre dans un climat permanent d'insécurité.

 


L'insécurité était devenue un sensation aussi banale que la faim, la soif ou la chaleur. La fureur et le sang côtoyaient nos gestes quotidiens. P. 173


Choisir son camp est aussi devenu une nécessité :


Hutu ou tutsi. C'était soit l'un soit l'autre. Pile ou face. P. 133

Mais dans un tel contexte, les prises de position peuvent très vite se révéler lourdes de conséquence sur les individus. A la vie, à la mort ! 


C'est un roman terrifiant construit sur fond de génocide.


Heureusement, Gaël FAYE nous offre une parenthèse avec la complicité établie entre Gabriel et Madame Econopoulos autour des livres. Le jeune garçon s'y approvisionne en romans qui lui offrent un moment d'évasion. 

 


Ce sont les grands amours de ma vie. Ils me font rire, pleurer, douter, réfléchir. Ils me permettent de m'échapper. Ils m'ont changée, ont fait de moi une autre personne.
Un livre peut nous changer ?

Bien sûr, un livre peut te changer !

Et même changer ta vie. Comme un coup de foudre. Et on ne peut pas savoir quand la rencontre aura lieu. Il faut se méfier des livres, ce sont des génies endormis. P. 169


On voudrait tous avoir dans notre entourage une Madame Econopoulos, à moins qu'on le soit soi-même ! 


Finir cette chronique sur le pouvoir des livres est particulièrement séduisant. Pour autant, il s'agirait de cacher une actualité qui m'a totalement percutée à la fin de ma lecture : l'assassinat du Ministre de l'Environnement du Burundi tué par balles le dimanche 1er janvier au matin à Bujumbura, cette capitale tellement citée par Gaël FAYE. Entre fiction et réalité, il est parfois difficile de faire la part des choses. Ce "Petit pays" vit une grave crise politique depuis avril 2015 avec au moins 500 personnes tuées et 300 000 exilées.


"Petit pays" m'a permis de porter une attention toute particulière au Burundi et son histoire. C'est une mission que je confie allègrement à la littérature ! 

 

Petit pays de Gaël FAYE

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