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2019-03-31T08:39:47+02:00

Quand un mois laisse sa place à un autre...

Publié par Tlivres

Comme une brassée de fleurs de printemps 💐 , les découvertes du mois de mars ont été colorées, toniques et enivrantes, comme une invitation à la renaissance 🤩 Retrouvez toutes mes chroniques sur le blog, y compris l’interview de libraires passionnés 🤗 Très beau dimanche 🌷 

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2019-03-29T07:00:00+01:00

Quand des libraires vous ouvrent leur portes... interview de Marie et Antoine !

Publié par Tlivres
Quand des libraires vous ouvrent leur portes... interview de Marie et Antoine !

Le Renard qui lit, je vous en ai déjà parlé à plusieurs reprises. Ma première visite remonte au 2 septembre 2017. Depuis, il y a eu des rencontres avec les Cholecteurs, une soirée dédicace avec Gilles MARCHAND... et plein d'autres choses encore.

Alors, pour poursuivre la danse des interviews en partenariat avec Page des Libraires, Marie et Antoine sont naturellement devenus des incontournables. A eux deux, ils forment un couple de professionnels du livre tout à fait remarquable, ils ont accepté de répondre à quelques unes de mes questions :

"Le Renard qui lit" est la librairie de Chalonnes-sur-Loire, racontez-nous son histoire ? 

La librairie est installée place de l’Hôtel de Ville, elle a succédé à un magasin de vêtements. Elle a ouvert le 29 septembre 2016. Pour moi (Marie), c’était un peu un retour aux sources, j'ai passé, enfant, à Chalonnes-sur-Loire, toutes mes vacances, c'est là que sont nés mon grand-père, mon père... inutile de vous dire que lorsque j'ai annoncé ce projet à mon père, il a eu des étincelles plein les yeux !

Nous y recevons régulièrement des parents (30/40 ans) et leurs enfants, de jeunes retraités actifs culturellement, Chalonnes-sur-Loire bénéficie d’associations très actives.

En aparté, outre l’oeil malicieux et le sourire jusqu’aux oreilles de Marie, l’enthousiasme et la verve d’Antoine, vous y trouverez de la BD adulte, le rayon qui fonctionne le mieux, la BD documentaire, les Tardi, sans compter "L’arabe du futur" de Riad SATTOUF, Blake et Mortimer de Edgar P. JACOBS, "Les vieux fourneaux" de Paul CAUUET et Lupano WILFRID... qui ont dépassé les ventes du Prix Goncourt ! Il y a aussi des tas de romans, de livres jeunesse...

Et puis Marie et Antoine s'autorisent aujourd'hui à sortir de leurs murs. Peut-être les croiserez-vous ailleurs qu'à la librairie. Ils étaient présents par exemple sur le "Salon du bien-être", le "Festival 360",  le "City Truck Festival",  le Festival BD de Chalonnes-sur-Loire bien sûr avec ses 4000 visiteurs.

Pourquoi « Le Renard qui lit » d’ailleurs ?

Là, c’est une référence au renard de Saint-Exupéry dont je (Marie) fais la collection et puis, un petit clin d’oeil au chanteur Renaud, "Docteur Renaud, Mister Renard".

Comment êtes-vous devenue libraire Marie ? 

J’ai fait des études dans le domaine et puis j’ai travaillé 13 ans en librairie dans le secteur jeunesse. En janvier 2015 est né le projet. L’idée a fait son chemin, les conseils de la C.C.I. ont permis de réorienter le concept d’une librairie ambulante vers une boutique. Il y a eu la recherche de financements et le recours à un crowdfunding qui a permis de concrétiser un rêve. 300 donateurs ont participé à l’opération dont les 2/3 étaient des Chalonnais. 

L’aventure aurait été impossible sans le soutien d’Antoine qui a crû dur comme fer au projet et qui y a largement contribué en prenant en charge la vie de famille.

La librairie c’est aujourd’hui une histoire de couple, comment vous est venue cette idée ?

Dès l’origine, nous avions imaginé une expérience ensemble mais nous l'avions pensée pour plus tard. Finalement, Antoine est arrivé le 13 mars 2018, ça fait tout juste un an.

Bon anniversaire !

Comment ça se passe au quotidien ? 

Très bien en fait. Quand je (Marie) me suis lancée, j'étais seule. La librairie, c'était donc un peu mon bébé mais le partage s’est bien passé, assez naturellement. Chacun a son registre, les polars plutôt pour moi, les BD pour Antoine. Et puis, il y a aussi une qualité de vie géniale, le confort de pouvoir maintenant se relayer. Quand l’un veut terminer sa lecture, il peut se délecter sans complexe, pendant que l’autre assure l’ouverture de la librairie !

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ? 

Vivre au milieu des livres bien sûr, échanger avec les clients, se laisser porter par des conseils de lectures... c’est comme ça que j'ai découvert Olivier NOREK par exemple.

Quel est LE livre qui a modifié votre vie ?

Antoine : Moi, j'ai grandi au milieu des livres, alors, enfant, c'était « Vingt mille lieues sous les mers », puis au collège les Rougon Macquart, et à l’adolescence, la découverte de "Dune" de Frank HERBERT.

Marie : c’est "Shining" de Stephen KING à 17 ans et plus récemment, "Une bouche sans personne" de Gilles MARCHAND qui a coïncidé avec l’ouverture de la librairie, tout un symbole. C’est aujourd’hui notre meilleure vente ! Je le propose avec la mention « Satisfait ou remboursé » ! L’occasion de faire un petit clin d’oeil à Violaine, blogueuse, et de se souvenir d’une très belle soirée passée avec l’auteur !

Nous sommes en mars, la rentrée littéraire de janvier est encore récente. Quels sont pour vous les livres marquants ? 

Marie : Dans tout ce qui sort et une fois passé l’effet « wouaou », ce sont les romans de Caroline CAUGANT « Les heures solaires » et de Franck BOUYSSE « Né d’aucune femme » qui sortent du lot.

 

Antoine : Parmi toutes les BD qui sont inspirées de romans, très à la mode, c'est "Noire" d’Emilie PLATEAU que je retiens parce qu'elle dévoile l’histoire de Claudette Colvin qui aurait pu être connue à la place de Rosa Parks et que l’adaptation est très bien réussie, une vraie découverte dans la catégorie des romans graphiques.

Je n'ai pas résisté, je reviendrai vous en parler prochainement !

Que lisez-vous actuellement ? 

Marie : "Les gratitudes" de Delphine de VIGAN, le suivant sera le thriller de Xavier de MOULINS. 

Antoine, c’est "Nous sommes Bob" de Dennis E. TAYLOR, le dernier tome d'une trilogie bourrée de références des années 1980. Le suivant sera le roman de Jean-Christophe RUFIN "Les sept mariages d’Edgar et Ludmilla".

Vous êtes une toute nouvelle librairie du réseau Page des Libraires. Qu’est-ce qui vous a séduit dans cette aventure ?

Page, c’est une vieille histoire. Quand j'étais môme (Antoine), je fréquentais la librairie Contact dans mon quartier, j'y récupérais mon exemplaire ! Marie, elle, travaillait à la SADEL, elle le recevait sur des palettes entières ! 

C’est donc une nouvelle histoire qui va s’écrire.

Ça sera l’occasion de lire les avis de collègues libraires et puis une très belle idée cadeau pour des clients de la librairie.

Il y a aussi le site, très bien fait. Dans un premier temps, nous allons nous familiariser avec les livres « lus » et « aimés » et puis, sonnera l’heure de la première chronique... et là, surprise ! Nous en reparlerons c'est certain.

J'aurais bien continué à papoter toujours et encore avec Marie et Antoine mais il faut parfois se faire une raison. Si vous aussi, vous avez envie de découvrir ce couple de libraires hors du commun, je vous invite à pousser la porte de la librairie "Le Renard qui lit", vous ne serez pas déçus.

Un très grand merci à Marie et Antoine. Au plaisir de vous revoir ! 

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2019-03-26T22:34:43+01:00

Lenka HORNAKOVA-CIVADE lauréate du Prix littéraire Richelieu de la Francophonie 2019

Publié par Tlivres
Lenka HORNAKOVA-CIVADE lauréate du Prix littéraire Richelieu de la Francophonie 2019

Immense joie de découvrir aujourd'hui que Lenka HORNAKOVA-CIVADE est lauréate du

Prix littéraire Richelieu de la Francophonie 2019

avec son second roman : "Une verrière sous le ciel" publié chez Alma éditeur.

La plume de cette écrivaine, je l'ai découverte avec les 68 Premières fois, son premier roman était intitulé "Giboulées de soleil", je l'avais adoré.

"Une verrière sous le ciel" est un petit bijou littéraire écrit dans une plume poétique et romantique à l'envi. C'est mon #mardiconseil !

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2019-03-22T07:00:00+01:00

Edmonde de Dominique de SAINT PERN

Publié par Tlivres
Edmonde de Dominique de SAINT PERN

Stock

 

Ce roman est consacré à Edmonde CHARLES-ROUX, écrivaine lauréate du Prix Goncourt en 1966 pour « Oublier Palerme ». Il commence par une scène absolument remarquable. La femme de 93 ans a chuté, elle se retrouve le visage collé sur le tapis, en lutte avec une croûte de pain, incapable de se relever. Elle passera une partie de la nuit à s’assoir et se mettre dans une posture convenable pour l’arrivée de son homme de compagnie. Cette femme, si elle ressemble à Madame tout le monde arrivée dans le grand âge, n’en demeure pas moins une femme de personnalité à qui personne ne saurait dicter ses faits et gestes.

 

Avec cette chute, Edmonde prend la mesure de sa vulnérabilité et décide de faire remonter de la cave des cartons qui renferment l’histoire familiale. Ainsi commence le premier tome...

 

Edmonde est la fille de François et Sabine CHARLES-ROUX, lui était ambassadeur. Sa famille changeait de pays au gré des mutations diplomatiques. Sabine, elle, se délectait des festivités organisées pour les femmes de son rang. 

 

La guerre touche de plein fouet le destin familial. Edmonde qui était promise à un avenir de duchesse voit son fiancé mourir sur le front albanais. Sa sœur Cyprienne, elle, épouse Marcello del Drago qui évolue dans le cercle rapproché de Mussolini. Quant à Jean, il est interpellé avec des faux-papiers. Il prendra la voie de l’Afrique du Nord. Au lendemain de l’accolade de Hitler et Pétain, leur père décide de démissionner de ses fonctions.

 

Dominique de SAINT-PERN fait d’Edmonde un personnage de roman. Femme sensuelle, amoureuse, elle est aussi foncièrement rebelle, libre, affranchie.


Le mariage lui apparaissait comme un lieu de confinement. P. 311

Elle s’engage, comme sa mère plus tôt, en tant qu’infirmière pour la Croix-Rouge. Elle est affectée à Verdun. 

 

Plus tard, elle rend visite à sa sœur alors qu’elle est prise en otage et menacée des camps de concentration.

 

Edmonde est assurément une femme au caractère bien trempé, de celles qui agissent pour sauver leur pays de l’occupant. Elle se partage entre Marseille et Paris.

 

J’ai beaucoup aimé le passage sur ses activités artistiques, le chant qu’elle n’abandonnerait pour rien au monde, pas même en temps de guerre, les défilés de mode aussi auxquels elle emmène son amie Nadia, des fantaisies qui sont autant de parenthèses dans un quotidien douloureux et un avenir incertain.

 

Dominique de SAINT PERN nous livre un roman historique foisonnant au rythme haletant. Si le roman fait d’Edmonde le personnage principal, c’est bien le fil de la vie de toute la famille qui est déroulé. L’auteure en fait une véritable épopée qui croise la grande Histoire à ses risques et périls, elle incarne à elle seule les deux camps et nous éclaire sur des destins profondément humains. La plume est belle, dynamique, énergique... à l'image d'Edmonde quoi !

 

Je participe au 

orchestrée de jolie manière par notre amie Joëlle, retrouvez mes lectures

La mer monte de Aude LE CORFF

Les miroirs de Suzanne de Sophie LEMP

Edmonde de Dominique DE SAINT PERN

D'origine italienne de Anne PLANTAGENET

Anatomie d'un scandale de Sarah VAUGHAN

Vigile de Haym ZAYTOUN

Nous aurons été vivants de Laurence TARDIEU

Médée chérie de Yasmine CHAMI

Personne n'a peur des gens qui sourient de Véronique OVALDE

Le rituel des dunes de Jean Marie BLAS DE ROBLES

Celle qui marche la nuit de Delphine BERTHOLON

La nuit se lève d'Elisabeth QUIN

Ce qui nous revient de Corinne ROYER

Les heures solaires de Caroline CAUGANT Coup de coeur

Etat de nature de Jean-Baptiste de FROMENT

Piano ostinato de Ségolène DARGNIES

et plein d'autres encore !

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2019-03-19T07:00:00+01:00

D'origine italienne de Anne PLANTAGENET

Publié par Tlivres
D'origine italienne de Anne PLANTAGENET

Editions Stock

La plume de Anne PLANTAGENET, je l'aime beaucoup. Il y a eu "Nation Pigalle", "Appelez-moi Lorca Horowitz", et puis "Trois jours à Oran". 

Le titre du tout dernier roman de l'écrivaine annonce le sujet. Une nouvelle fois, nous allons partir à la découverte de ses origines, celles-là sont maternelles.

C'est en 1923 que la famille Moreselli du Frioul-Vénétie julienne à une cinquantaine de kilomètres de Trieste franchit les Alpes. Son grand-père, Alfredo Placido, n'a alors que 12 ans quand ses parents décident de quitter leur terre pour s'établir en France comme beaucoup d'autres compatriotes. Les Italiens sont nombreux à tenter l'aventure. Très vite, les procédures administratives sont engagées, quatre ans plus tard, ils obtiennent la naturalisation. Avec elle, de nouveaux prénoms, une nouvelle identité, une nouvelle vie aussi !

J'avais été profondément touchée par le voyage de l'auteure avec son père comme un retour aux sources dans son Algérie natale. L'Histoire de ce territoire, comme celle des hommes, me fascine, une Histoire pourtant largement méconnue alors qu'elle est une partie de notre propre Histoire à nous aussi, une Histoire que beaucoup aimeraient oublier mais qui nécessite d'être transmise aux jeunes générations pour savoir d'où elles viennent.

Là, la migration est organisée dans un tout autre contexte, économique celui-là. Anne PLANTAGENET le précise dès les premières pages, elle ne laissera pas les mêmes traces dans les esprits des descendants.

J'ai été profondément attendrie par les relations qui l'unissent à sa mère. Une grande partie du roman est dédiée à cette femme, largement occupée par les tâches ménagères, un moyen peut-être de fuir la réalité. Laver les légumes, cuisiner... permet de tourner le dos à sa propre fille si curieuse de connaître son passé.

Mais cette femme, qu'on le veuille ou non, est impactée par l'histoire familiale, un cocon exilé, déraciné, qui a fait sienne la culture française. Les Italiens, à leur arrivée, avaient tous décidé d'apprendre la langue, reniant de fait la leur, tirant un trait sur l'italien maternel, une volonté affichée jusque dans leurs prénoms francisés.


La France les aspire, les absorbe, les avale. P. 51

Ce roman est aussi l'occasion de parler des souvenirs, ceux-là mêmes qui s'inscrivent dans notre mémoire, formatés par un inconscient qui travaille à leur redimensionnement.


Les lieux qu'on a connus enfant semblent toujours sacrément rétrécis le jour où, des années plus tard, on décide de les revoir. P. 179

Une nouvelle fois, je suis tombée sous le charme de la plume de Anne PLANTAGENET, empreinte de tendresse, de bienveillance et d'amour à l'égard de ses parents. Elle sait mettre les mots sur une relation qui malheureusement s'éteindra avec leur génération et qui rend précieux chaque instant partagé.

Sa voix résonne en moi. J'éprouve toujours une profonde sensibilité à lire l'histoire de sa famille et découvrir la sienne comme autant de parenthèses qui donnent au propos un caractère universel. C'est mon #mardiconseil.

Je participe au 

orchestrée de jolie manière par notre amie Joëlle, retrouvez mes lectures

La mer monte de Aude LE CORFF

Les miroirs de Suzanne de Sophie LEMP

Edmonde de Dominique DE SAINT PERN

D'origine italienne de Anne PLANTAGENET

Anatomie d'un scandale de Sarah VAUGHAN

Vigile de Haym ZAYTOUN

Nous aurons été vivants de Laurence TARDIEU

Médée chérie de Yasmine CHAMI

Personne n'a peur des gens qui sourient de Véronique OVALDE

Le rituel des dunes de Jean Marie BLAS DE ROBLES

Celle qui marche la nuit de Delphine BERTHOLON

La nuit se lève d'Elisabeth QUIN

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2019-03-17T07:00:00+01:00

Le Chant des revenants de Jesmyn WARD

Publié par Tlivres
Le Chant des revenants de Jesmyn WARD

Belfond

Traduit de l'américain par Charles RECOURSÉ

Et de 3 !

Après "Anatomie d'un scandale" de Sarah VAUGHAN et "Pirate N° 7" d'Elise ARFI, voici le dernier de la sélection du mois, "Le Chant des revenants" de Jesmyn WARD dans la catégorie des romans en lice pour le #GrandPrixdesLectricesElle2019.

Jojo a treize ans aujourd'hui. Il vit avec sa petite soeur, Kayla, chez ses grands-parents. Ils y savourent les plaisirs de la nature, s'occupent des animaux de la ferme, évoluent dans un cocon bienveillant. Leur vie pourrait être paisible mais c'est sans compter sur les turbulences occasionnées par Leonie, leur mère, droguée, qui fuit le chagrin de la mort de son frère intervenue alors qu'il n'était qu'un adolescent. Les enfants préfèrent l'appeler par son prénom plutôt que de lui dire maman. Leur père, Mickaël, lui, est en prison. Quand Leonie apprend qu'il est sur le point de sortir, elle fait monter les enfants dans sa voiture et les embarque dans un voyage à hauts risques.

Ce roman m'a profondément troublée dans ce qu'il décrit de la grand-parentalité. La littérature fait de plus en plus la part belle à cette relation qui unit deux générations liées l'une à l'autre. Dans un roman choral à plusieurs voix, l'auteure porte un regard différent selon l'angle porté. Ainsi, il y a l'adolescent qui, bien malgré lui, est sollicité pour jouer le rôle de père auprès de sa petite soeur, traumatisée par une mère inconstante. Il est aussi celui sur qui s'appuie un grand-père vieillissant dont les forces physiques vont en diminuant et qui transmet son savoir avant qu'il ne soit trop tard. Leonie regarde d'un autre oeil, elle, cette complicité qui la dérange.

J'ai été touchée aussi par les liens de la fratrie. Jojo, très instinctivement, offre à sa petite soeur l'amour dont elle a besoin pour prendre confiance en elle et affronter la fougue d'une mère que la maternité a fait grandir précocement. Il y a beaucoup de tendresse dans l'attention portée par le garçon, j'ai beaucoup aimé les descriptions de ces petits gestes qui sont pour sa soeur autant de fondations qui seront nécessaires à la construction de sa vie.

Jesmyn WARD saisit l'opportunité du voyage rendu nécessaire par la libération du père pour brosser une fresque d'une Amérique dévastée, rongée par la misère et le racisme. Les paysages comme les hommes sont désolants, le tableau est profondément sombre.

Le #GrandPrixdesLectricesElle2019 me permet de découvrir des auteurs étrangers, c'est une vraie chance j'en ai conscience. Après la plume de Sarah VAUGHAN, c'est celle de Jesmyn WARD que je lis pour la première fois. Et même si ce roman, relativement lent, n'a pas été transcendant, je crois que je prendrais plaisir à aller plus loin avec "Bois sauvage", "Ligne de fracture" ou bien "Les Moissons funèbres". Qu'est-ce que vous me conseillez ?

Je participe au 

orchestrée de jolie manière par notre amie Joëlle, retrouvez mes lectures

Anatomie d'un scandale de Sarah VAUGHAN

Vigile de Haym ZAYTOUN

Nous aurons été vivants de Laurence TARDIEU

Médée chérie de Yasmine CHAMI

Le rituel des dunes de Jean Marie BLAS DE ROBLES

Celle qui marche la nuit de Delphine BERTHOLON

La nuit se lève d'Elisabeth QUIN

Ce qui nous revient de Corinne ROYER

Les heures solaires de Caroline CAUGANT Coup de coeur

Etat de nature de Jean-Baptiste de FROMENT

Piano ostinato de Ségolène DARGNIES

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2019-03-16T07:00:00+01:00

Anatomie d'un scandale de Sarah VAUGHAN

Publié par Tlivres
Anatomie d'un scandale de Sarah VAUGHAN

Préludes

Traduit de l'anglais par Alice DELARBRE

Le dernier roman de Sarah VAUGHAN fait partie des romans en lice pour le #GrandPrixdesLectricesElle2019 dans la catégorie des policiers. J'avoue que je n'avais rien lu d'elle avant, je remercie donc tout particulièrement le jury des lectrices Elle d'avoir retenu "Anatomie d'un scandale".

La première scène du livre surprend Kate en pleine décompression. Nous sommes en décembre 2016. L'avocate pénaliste depuis 19 ans sort d'une plaidoirie difficile, elle a échoué dans la défense d'une femme violée par son mari. Elle s'est spécialisée depuis plusieurs années dans ce genre d'affaires. La perruque enlevée, les pieds déchaussés, elle reprend ses esprits dans son bureau en sirotant un whisky. Elle se laisse bercer par des pensées qu'elle ne peut avoir que dans l'intimité de son bureau. C'est le moment que choisit son clerc pour lui proposer le dossier de sa vie. Il n'en faut pas plus pour que la professionnelle, carriériste, passionnée, se remette au travail. Elle ne sait pas encore que l'affaire qui oppose Olivia Lytton, assistante parlementaire, à James Whitehouse, sous-secrétaire d'Etat, son patron, va lui donner du fil à retordre et faire resurgir du passé de douloureux souvenirs.

Avec ce roman, Sarah VAUGHAN nous immerge dans des décors britanniques d'aujourd'hui et des années 1990. J'ai pris beaucoup de plaisir à lire toutes les descriptions de ces colleges. J'ai retrouvé l'ambiance de celui de Benjamin WOOD : "Le complexe d'Eden Bellwether", un coup de coeur, l'occasion de faire un petit clin d'oeil aux éditions Zulma.

L'auteure ne manque pas de brosser le portrait d'une génération d'étudiants portés par l'invincibilité de la jeunesse qui, éloignés de leurs parents, profitent de leur liberté tout juste acquise pour repousser indéfiniment les limites. C'est aussi à ce moment-là que nombre d'étudiantes trouvent leur prince charmant. Sophie n'est pas très intéressée par les études, elle se repose sur le travail de Holly, une jeune fille d'origine modeste un peu perdue dans cet univers social richissime. Elle préfère se consacrer à la quête du chevalier qui lui assurera une vie de princesse. James Whitehouse semble le candidat tout trouvé. Les années ont passé, il a gravi les échelons de la société jusqu'à devenir un homme hautement convoité à qui rien ni personne ne résiste à moins que...

Ce roman, c'est l'histoire du procès d'une femme contre un homme, de la maîtresse bafouée par son amant et qui, avec l'aide d'une amie, pose le mot viol sur leur dernière relation sexuelle menée à la hâte dans un ascenseur minuscule de Westminster. Pour couronner le tout, l'affaire est dévoilée dans la presse, le scandale éclabousse James Whitehouse mais aussi sa famille, sa femme, ses enfants. Il menace aussi le Premier Ministre, un ami avec qui il a fait les 400 coups.

Sarah VAUGHAN sème autant de petites graines dans l'esprit du lecteur qu'il est nécessaire pour le happer et le tenir en haleine jusqu'à la toute dernière page. Véritable thriller psychologique, ce livre se lit quasiment d'une traite. J'ai été personnellement captivée par le destin de ces femmes blessées par des hommes peu scrupuleux de leurs désirs. L'écrivaine décrit un monde politique hanté par la presse, instrumentalisé par le pouvoir. Il n'en est que plus humain et se risque à jouer avec le feu !

La plume est fluide et dense, elle fait de ce roman un très bon livre.

Et si, comme moi, vous ne connaissiez pas encore Sarah VAUGHAN, nul doute que vous aviez déjà lu une traduction d'Alice DELARBRE. Elle a notamment traduit l'intégralité de l'oeuvre de Victoria HISLOP, ça vous donne une petite idée de son talent.

Maintenant, à vous de jouer !

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La mer monte de Aude LE CORFF

Les miroirs de Suzanne de Sophie LEMP

Edmonde de Dominique DE SAINT PERN

D'origine italienne de Anne PLANTAGENET

Anatomie d'un scandale de Sarah VAUGHAN

Vigile de Haym ZAYTOUN

Nous aurons été vivants de Laurence TARDIEU

Médée chérie de Yasmine CHAMI

Personne n'a peur des gens qui sourient de Véronique OVALDE

Le rituel des dunes de Jean Marie BLAS DE ROBLES

Celle qui marche la nuit de Delphine BERTHOLON

La nuit se lève d'Elisabeth QUIN

Ce qui nous revient de Corinne ROYER

Les heures solaires de Caroline CAUGANT Coup de coeur

Etat de nature de Jean-Baptiste de FROMENT

Piano ostinato de Ségolène DARGNIES

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2019-03-15T07:00:00+01:00

Pirate N°7 d'Elise ARFI

Publié par Tlivres
Pirate N°7 d'Elise ARFI

Editions Anne Carrière

"Pirate n° 7" fait partie des documents en lice pour le #GrandPrixdesLectricesElle2019.

Elise ARFI est avocate. Elle revient sur une affaire peu ordinaire à laquelle elle a consacré quelques années de sa vie, professionnelle et personnelle. Le 20 septembre 2011, elle est l'avocate commise d'office pour défendre X SD, un jeune Somalien expatrié de la Corne d'Afrique où il sévissait avec d'autres pirates. Un couple de Français s'est aventuré en eaux troubles. A bord de leur catamaran, ils sont attaqués, l'homme est assassiné sous les yeux de son épouse, prise en otage puis libérée. Fahran Abchir Mohamoud a tenté le coup pour une centaine de dollars. Le voilà parachuté à l'autre bout de la planète pour être jugé. Commence alors le parcours du combattant d'Elise ARFI. Fahran n'a pas de papier, il ne peut attester de son identité ni, plus grave encore, de sa date de naissance. Sur la base des tests osseux, la justice le considérera comme majeur et lui imposera donc le système carcéral des plus de 18 ans. Elise ARFI a perdu son premier combat, elle en perdra d'autres au péril de la vie de son protégé. Elle le retrouvera à l'hôpital, là, un poumon vient de lui être retiré. Fahran criera au scandale, il pensera être victime d'un trafic d'organes. Il ne tardera pas à sombrer dans la folie et commettre plusieurs tentatives de suicides. Elise ARFI ira pourtant jusqu'au bout !

Ce texte court de 181 pages est d'une violence effroyable.

Bien sûr, les faits sont rappelés dans leur ensemble mais ce n'est pas là qu'est le coeur du livre. Non, le projet d'Elise ARFI est ailleurs. Il porte un regard critique sur la justice française, le régime carcéral qui déshumanise les individus, leur fait perdre leur dignité, les rend fous.

Elise ARFI n'a que 10 ans quand l'affaire Malik OUSSEKINE se produit. C'est pourtant là qu'elle va puiser sa vocation. Elle a toujours su qu'elle était faite pour le pénal, son combat à elle, c'est de sauver la dignité des hommes et des femmes qu'elle défend. Elle déroule le fil de son existence et nous fait part de ses convictions personnelles, de sa foi dans la justice. 


Il faut tout donner, puiser au fond de soi pour accéder à sa liberté de ton, se dégager enfin du regard des autres. P. 11

Elle ne sait pas encore à quel point elle sera exposée dans l'affaire de Fahran.

A la lecture du document, j'ai eu l'impression que tout était perdu d'avance. Il faut dire que Fahran cumule beaucoup de handicaps. Il est soupçonné d'... mais, tiens donc, voilà que je me surprends à tirer les conclusions d'un discours tenu par une professionnelle du barreau. En France, ne sommes-nous pas présumés innocents ? La question est fondée, à moins que la subtilité du sujet ne repose sur le fait qu'il s'agisse d'étrangers ! Fahran ne maîtrise pas la langue française, il est à plus de 4 500 kilomètres de chez lui, il est séparé de sa famille, sa mère lui manque terriblement. En plus de l'exil, du déracinement, du choc culturel, Fahran est maltraité par le système, par les autres détenus aussi. Son corps en porte les traces à chaque visite de son avocate avec qui s'établit progressivement une relation singulière, comme une complicité, la seule peut-être à le considérer comme un être humain, à communiquer avec lui avec bienveillance.

"Pirate N° 7", c'est un peu comme le combat de la dernière chance d'Elise ARFI. Torturée par la culpabilité de ne pas avoir été à la hauteur dans la défense de Fahran, c'est un peu comme si l'écrivaine voulait se racheter en alertant l'opinion publique, écrire un livre pour se libérer du terrible poids qui pèse sur ses épaules.

Nul doute qu'elle doit jubiler en ce moment. Hasard du calendrier, nous sommes le vendredi 15 mars 2019, il y a quelques jours que le Conseil Constitutionnel planche sur une question de constitutionnalité : "le recours aux tests osseux pour définir l'âge de mineurs isolés étrangers est-il constitutionnel ?" Si le cas d'école présenté aux Sages concerne le régime social auquel un jeune Guinéen peut prétendre, il en va de même pour ceux qui tombent sous le coup de la justice. La décision pourrait avoir de lourdes conséquences sur les affaires en cours. Le sujet est passionné et passionnant, associations, professionnels de la santé sont en lutte contre un système dont la fiabilité est mise en cause, des radiographies de la main et du poignet ne sauraient déterminer l'âge d'un individu notamment parce que les tables de référence ont été établies en 1930 sur des populations nord-américaines qui n'ont rien à avoir avec celles sur lesquelles les tests sont aujourd'hui appliqués. L'avenir nous dira si Elise ARFI a bien fait d'aller sur ce terrain-là même si l'histoire ne se réécrit pas bien sûr. Peut-être trouvera-t-elle enfin le moyen de tranquilliser sa conscience.

La littérature invite à une mise à distance nécessaire pour aborder des sujets aussi complexes et dans lesquels il est question de vie ou de mort.

Dans une plume fluide et percutante, Elise ARFI nous confronte à la violence de notre société et nous dévoile les rouages d'un système pénitentiaire archaïque à cent mille lieues des droits de l'Homme, un éclairage particulièrement utile pour décrypter l'actualité et se construire sa propre opinion.

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2019-03-12T13:00:00+01:00

Arrête avec tes mensonges de Philippe BESSON

Publié par Tlivres
Arrête avec tes mensonges de Philippe BESSON

Editions Julliard

Lire un roman de Philippe BESSON, c'est assurément plonger au coeur des sentiments.

Après "Les passants de Lisbonne" et "Une bonne raison de se tuer", les lecteurs.com, que je remercie, m'ont offert la lecture de l'avant-dernier roman en librairie : "Arrête tes mensonges", un livre tout à fait singulier.

Nous sommes en 1984, le narrateur est en terminale C du lycée Elie-Vinet de Barbezieux. Avec l'adolescence, il découvre son homosexualité. Difficile pourtant de mettre des mots sur une évidence. Et puis sa mère, dès qu'il y fait allusion, lui répète à l'envi : "Arrête tes mensonges", elle voulait dire "Arrête tes histoires". Mais avec Thomas Andrieu, c'est autre chose, un émoi jamais ressenti jusqu'à présent, il découvre l'amour avec un grand A. Celui qui vous porte, qui rend fou, là commence une autre vie...

Je ne vais pas vous en dire beaucoup plus parce que les romans de Philippe BESSON sont à lire tout simplement. Ils ont cette particularité d'explorer jusque dans leurs tréfonds les vagues à l'âme. 

C'est par la voie d'un roman d'apprentissage que l'auteur nous invite à découvrir les affres de l'amour entre garçons, entre hommes aussi.

L'amour c'est à coup sûr des émotions incommensurables, c'est aussi l'expression d'un corps qui se révèle, un corps qui est sous emprise, qui s’affranchit de tout ce qui est rationnel et qui répond à des besoins instinctifs, un corps qui vit avec fougue, ardeur et sensualité, un corps soumis au... désir !

 

 


"Et puis le désir ne s’éteint pas comme une allumette sur laquelle on souffle, il se consume. P. 147

Mais un roman de Philippe BESSON ne peut se résumer qu'à cela.

C'est aussi une histoire, celle d'un être  que l'on va accompagner sur plusieurs générations. Au  fur et à mesure que le temps passe, le rythme s'accélère. La narration, parfaitement maîtrisée, cadence le propos. Le premier chapitre consacré à l’adolescence s'égrène sur un peu plus d'une centaine de page, les deux suivants sur une trentaine chacun. Les instants deviennent fugaces, ont-ils seulement existé ?

Quant à savoir si le roman est autobiographique, certains vous diront que oui. D'ailleurs, la 4ème de couverture ne laisse aucun doute, Philippe BESSON obéit à sa mère : "Je dis la vérité".

Personnellement, ce n'est pas ce que j'ai cherché et ce n'est pas ce qui m'a intéressée.

J'ai préféré me laisser porter par la fibre éminemment romanesque du livre, retrouver la signature d'un auteur qui sait mettre les mots justes sur des sujets encore trop souvent tabous.

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2019-03-11T19:30:04+01:00

Immortels d'Alain BASHUNG

Publié par Tlivres

Ma #lundioeuvredart, une fois n’est pas coutume, est musicale.

À quelques jours des 10 ans de la disparition d’Alain BASHUNG j’ai eu envie de vous mettre sur la voie des « Immortels ».

Cette chanson fait partie de l’album « En amont » réalisé à titre posthume et sorti le 23 novembre 2018.

Écrite et composée par Dominique A, elle n’avait pas été retenue par l’artiste pour l’album « Bleu pétrole » en 2008. Une fois disparu, et un mois tout juste après la mort du chanteur,  Dominique A, en personne, l’interprète. Elle saura attendre son heure mais puisque nous sommes « Immortels », à quoi bon parler du temps qui passe !

Une histoire singulière pour une chanson dont les paroles me touchent, une occasion de revenir sur l’œuvre tout entière d’Alain BASHUNG, un artiste dont la voix est reconnaissable entre toutes.

Bon début de semaine à vous.

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2019-03-03T07:00:00+01:00

Quand un mois laisse sa place à un autre...

Publié par Tlivres

Nous voilà au mois de mars. C'est le moment de regarder dans le rétroviseur et de se souvenir de très bons moments passés, à lire, à regarder, à échanger. 

Il y a eu des livres de la rentrée littéraire de janvier dont l'immense coup de coeur pour le roman de Laurence TARDIEU "Nous aurons été vivants", des lectures dans le cadre du #GrandPrixdesLectricesElle2019 aussi.

Et puis, il y a eu des oeuvres d'art qui nous ont fait voyager, prendre de la hauteur pour regarder notre condition humaine du XXIème siècle.

Enfin, il y a eu cette interview de Caroline CAUGANT, une écrivaine formidable qui m'a transportée avec "Les heures solaires", mon premier coup de coeur de l'année, je ne suis pas prête de l'oublier !

Bref, ce mois de février restera, comme tant d'autres, gravé dans ma mémoire.

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