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2016-04-30T15:06:08+02:00

L'homme de Lewis

Publié par Tlivres

Traduit de l'anglais par Jean-René DASTUGUE

 

L'homme de Lewis

2ème tome d'une trilogie, après "L'île des chasseurs d'oiseaux"


Peter MAY, je l'ai rencontré sur le Salon du Livre de Paris 2015. L'homme est quelqu'un de singulier, un visage dont on se souvient à jamais, un timbre de voix reconnaissable entre tous... et ses livres, et bien, ils sont à son image !


Dans ce 2ème tome, Macleod prend sa retraite. Il est tout juste divorcé. Il retrouve sa terre natale, son île, pour commencer une nouvelle vie. Il envisage de restaurer la vieille bâtisse abandonnée de ses parents. Mais à peine vient-il de quitter la police qu'elle se rappelle à lui. Un cadavre est retrouvé dans la tourbière, le corps incroyablement préservé des marques du temps. Son ADN conduit directement les enquêteurs à la famille de Marsaili, son amour de jeunesse, et plus précisément à son père qui souffre de la maladie d'Alzheimer et dont l'épouse ne supporte plus la présence à domicile. Marsaili va devoir affronter des réalités qu'elle ne soupçonne pas encore. Macleod va la guider sur cette voie !


C'est de nouveau un très bon roman policier où le suspense vous prend à la gorge dès le prologue.


L'espace d'un instant, elle se retrouve égarée dans une mer d'incompréhension, puis la réalité la submerge et son cri est emporté par le vent qui fouette le visage. P. 9

J'ai adoré partir sur les traces de cet homme mystérieux, le père de Marsaili dont la fille croyait tout savoir. Concours de circonstances, les évènements se produisent justement à un moment où la mémoire se fragilise, les souvenirs s'envolent un à un, laissant les proches devant un vide abyssal que peut-être personne n'arrivera jamais à combler... Qui était cet homme ? Quel a été sa vie ? son enfance ? sa jeunesse ?


La maladie d'Alzheimer est particulièrement bien abordée avec ces moments de grand désarroi devant l'oubli et ces sursauts de grande lucidité. La plume de Peter MAY sur le sujet peut être très poétique :


Il était difficile de savoir ce qu'il pensait, ou ressentait, ou à quel point il était conscient de ce qui se passait autour de lui. Il était perdu quelque part dans un brouillard qui occupait son esprit. Peut-être, certaines fois, ce brouillard s'éclaircicait-il un peu, mais Fin savait qu'il y aurait aussi des moments où il retomberait comme une brume d'été et obscurcirait toute clarté et toute raison. P. 57

Je suis personnellement très sensible aux parfums et à la réminiscence des souvenirs qu'ils engendrent. J'ai été troublée à la lecture de ce passage :


Au moment où il était entré dans la maison , il avait été saisi par ce parfum de roses qui avait toujours accompagné la mère de Marsaili. Cela fit surgir en lui un flot de souvenirs. P. 108

C'est un très beau roman sur la vieillesse aussi et le temps qui passe :


Lorsqu'on est jeune, une année vous semble être une partie importante de votre vie et on a l'impression qu'elle dure éternellement. Quand on est âgé, il y en a tant qui sont passées que celles qui restent défilent trop vite. P. 70

Enfin, j'ai beaucoup aimé me retrouver en territoire insulaire. Là où le climat est hostile, là où les hommes et les femmes partagent une communauté comme nulle part ailleurs... Cette lecture m'a rappelé "Pour l'amour d'une île" de Armelle GUILCHER, "La mémoire des embruns" de Karen VIGGERS, "Une vie entre deux océans" de M.L. STEDMAN, "Churchill m'a menti" de Caroline GRIMM... tous des coups de coeur !


Je me plongerai avec plaisir dans le 3ème et dernier tome de la trilogie écossaise : "Le braconnier du lac perdu".

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2016-04-26T21:15:19+02:00

Temple GRANDIN, croquée par Pénélope BAGIEU

Publié par Tlivres
Temple GRANDIN, croquée par Pénélope BAGIEU

Vous commencez à avoir l'habitude de ce rendez-vous hebdomadaire avec Pénélope BAGIEU, cette illustratrice hors du commun.

Nous en sommes au 16ème portrait de femme sur les 25 annoncés sur le blog "Les Culottées" !

Cette fois-ci, il s'agit de Temple GRANDIN, cette Américaine qui, sans la ténacité de sa mère, aurait vraisemblablement été internée à vie.

Elle a aussi eu la chance de croiser sur son chemin un professeur Xavier... "Vous n'êtes pas ici à cause de vos faiblesses mais grâce à vos capacités", dit-il. Je vous laisse méditer !

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2016-04-23T08:06:24+02:00

Journal d'un vampire en pyjama de Mathias MALZIEU

Publié par Tlivres

"Me faire sauver la vie est l'aventure la plus extraordinaire que j'aie jamais vécue". Voici la 4ème de couverture ! Une seule phrase, simple, concise, qui en dit long sur le récit de Mathias MALZIEU, le chanteur du groupe Dionysos.

Mathias MALZIEU a bien failli perdre la vie :

"Je viens de traverser l'enfer en stop. Le véritable enfer. Pas celui avec du feu et des types à cornes qui écoutent du heavy metal, non, celui où tu ne sais plus si ta vie va continuer". P. 11

Je me souvenais de la lecture de "Métamorphose en bord de ciel", on s'envolait alors pour le paradis !

 

Là, voici le diagnostic : "Panne sèche de moelle osseuse. Bug biologique, risque de crash imminent." C'est lui qui en parle le mieux !

Ce récit relate son parcours, depuis le 6 novembre 2013 jusqu'au 24 décembre 2014, cette parenthèse dans sa vie d'artiste alors même que la sortie du film d'animation qu'il réalise "Jack et la mécanique du coeur" est annoncée pour le 5 février 2016, l'aboutissement de 6 ans de travail !

Je ne vais pas vous cacher que ce récit est triste, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps à sa lecture ! Emotions garanties dans des moments de doute mais aussi et certains, dans des moments d'immense bonheur.

C'est un MAGNIFIQUE récit d'une expérience peu ordinaire vécue par un homme extraordinaire. Il porte sur la vie ce regard malicieux qu'il arborait lors de sa séance dédicaces sur le Salon du Livre de Paris en mars dernier.

Il joue avec les mots pour rendre le récit poétique à l'image de ce "marteau-pique-coeur". La mort prend tout de suite une autre dimension sous sa plume. Elle devient "Dame Oclès". Impressionnante certes, mais tellement plus imagée !

Ce récit est une ode au monde médical :


Ils pilotent des canots de sauvetage avec de tout petits gouvernails dans des tempêtes de détresse. P. 79

Et quand malgré tout ça, Mathias MALZIEU doute de sa capacité à sur-vivre, il s'accroche à l'écriture :


L'urgence fait pousser des graines de livres en moi. Je les arrose toutes et m'applique à penser que je vais trouver mon haricot magique pour crever le plafond de l'hôpital. P. 99

Ce récit, c'est un formidable hymne à la vie. Apprécions tous les plaisirs du quotidien qui deviennent si précieux quand nous en sommes privés :


Savourer les sensations minuscules avec l'appétit épique d'une traversée du Grand Canyon. P. 221

Mathias MALZIEU est un rêveur et s'il sait que tous n'ont pas ce gène, il sait aussi qu'il est un élément indispensable pour relever de très grands défis :


Bien sûr, on en trouvera toujours pour venir s'essuyer les pieds sur vos rêves [...]. C'est d'ailleurs exactement parce qu'ils ont raison qu'ils ne prennent pas en compte la passion. P. 146

Ce récit est écrit pour tous, enfants et adolescents (il suffit de regarder les files d'attente aux dédicaces pour s'en convaincre !), adultes, en bonne et moins bonne santé. C'est un petit jubilé de tendresse qui pourrait être d'un très grand réconfort.

Coup de coeur pour ce récit déjà sacré Prix Essais France Télévision

Et Caro, tant pis pour la dédicace, Mathias MALZIEU est bien en vie ! Il ne va pas manquer de nous combler encore longtemps, j'en suis persuadée !

Et pour poursuivre ce très beau moment de complicité avec lui tout au long de son récit de vie, quoi de mieux que d'écouter son dernier album au titre éponyme.

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2016-04-22T11:49:31+02:00

De ce pas de Caroline BROUÉ

Publié par Tlivres
De ce pas de Caroline BROUÉ

C'est le 1er d'une longue série de 1ers romans mais il pourrait s'agir de 1ers romans sortis il y a quelques années, découverts récemment comme...

Balzac et la petite tailleuse chinoise ou bien Pour l'amour d'une île...


Non, là, il s'agit de 1ers romans exceptionnels.


D'abord, ils font partie des 68 premières fois, ce collectif créé à l'initiative de Charlotte MILANDRI qui donne déjà lieu, après quelques jours seulement, à une frénésie folle sur la toile !


Ensuite, il s'agit de 1ers romans tout juste sortis des presses pour la rentrée littéraire d'hiver et qui attendent encore leurs heures de gloire pour ceux qui bénéficieront des honneurs de la rentrée littéraire de septembre 2016. C'est donc de l'actu, rien que de l'actu !


Enfin, parce qu'il s'agit de 1ers romans qui seraient sans doute passés inaperçus sans le coup de pouce de l'Insatiable et des 75 doux.ces et dingues lancé.e.s dans l'aventure !


Alors, quand je me surprends à aller faire le relevé du courrier (j'en avais perdu l'habitude devant le si peu d'objets osant encore reposer dans ma boîte aux lettres !), et que je découvre une enveloppe légèrement gonflée par le volume du livre et adressée à mon nom, je saute au plafond ! Et ce n'est encore rien...


Maintenant, à livre exceptionnel, moment exceptionnel.


Dimanche soir, je m'isole pour une parenthèse de 2h30 rien qu'à moi, un plaid, une théière pleine de son meilleur crû, Le Thé Rose Congou n° 23, blottie dans mon fauteuil préféré, je me lance...

De ce pas de Caroline BROUÉ

De ce pas, c'est le titre du 1er roman de Caroline BROUÉ.


Autant vous le dire tout de suite, je vais passer 2h30 en apnée totale et ce n'est pas peu dire à la lecture des 1ères lignes :


Afrique du Sud, au large de Gansbaaï, juin 2005, Marjorie est enceinte de six mois. Elle nage avec masque, palmes et tuba, à quelques dizaines de mètres du bateau quand, tout d'un coup, il lui semble voir une masse qui se rapproche. Tout va très vite dans sa tête, la Shark Alley, ce couloir marin connu dans le monde entier pour sa concentration de grands requins blancs [...].


Marjorie est une jeune femme. Sa mère est décédée l'année dernière d'un cancer foudroyant. Son père est disparu depuis longtemps. Elle vit avec Paul et porte son enfant. Elle se souvient de son parcours, son exil, sa migration. Elle a quitté le Cambodge avec sa mère en 1975. Son père a organisé ce départ dans la précipitation alors que les victimes du génocide ne se comptent déjà plus. Elle arrive en France et intègre l'Ecole de Danse de l'Opéra.


Ce roman est construit comme un puzzle. Il apparaît dans sa version achevée dans les premières pages et puis progressivement, chaque pièce va se détacher pour devenir une entité à part entière que Caroline BROUÉ va nous faire explorer dans les moindres détails.

"Prodigieux" comme le dit elle-même l'écrivaine P. 93.

J'ai été subjuguée par la grâce, le raffinement de la danse. Il y a des paragraphes entiers dédiés à ces pas qui, guidés par des danseurs étoiles, deviennent des oeuvres artistiques à part entière et d'une beauté extraordinaire.


C'est un balloté. Un saut d'un pied sur l'autre, d'avant en arrière. Ou plutôt, un dérivé de ballotté. Deux mouvements lancinants s'affrontaient et se répondaient en même temps : d'un côté l'hésitation, de l'autre la stabilité. L'homme et la femme commençaient par balancer les bras, poignets joints, paumes ouvertes vers le sol, genoux fléchis, en quatrième position, tête droite, avant de se relever en développé." P. 18

La danse ne serait rien sans le corps bien sûr, mais plus subtil, il ne serait rien sans la pensée, les 2 intimement liés dans la réalisation d'une chorégraphie :


Qu'est-ce qui fait bouger le squelette ? Les muscles. Et qu'est-ce qui active les muscles ? La pensée. Vous n'arriverez à rien en danse sans la pensée." P. 19


Caroline BROUÉ ne va pas se contenter d'aborder l'art par la seule voie de la danse, elle va aussi emprunter celle de la peinture et là, c'est encore tout un spectacle !


J'ai été profondément émue par l'itinéraire de cette jeune femme sur le chemin de la résilience, une jeune femme marquée par son propre déracinement, l'absence de son père, la souffrance liée à la mort de sa mère, et puis sa douleur devant un corps qu'elle ne maîtrise plus.


J'ai été frappée par la manière de Caroline BROUÉ de ponctuer ce roman par un terme de façon récurrente : "construire". Tantôt décliné seul...


Construire, c'est aller des fondations au dernier étage de la maison. C'est à la fois bâtir en partant de rien, fixer ensemble les différentes parties d'un objet, élaborer quelque chose, et disposer dans un certain ordre." P. 29

Tantôt pronominal : "se construire" P. 74, il s'offre parfois une 2ème chance : "se reconstruire" P. 72.


Mais il arrive qu'il soit aussi plongé dans le chaos et là, il devient nom : "destruction" P. 118 !


J'ai mesuré le poids et l'énergie des souvenirs dans cette façon qu'à l'être humain d'avancer :


Les souvenirs ne sont pas prophètes. Ils disent l'époque révolue, celle qui s'est pour toujours éteinte, et qu'une mélodie ou la sérénité d'un feu de cheminée ravivent un bref instant." P. 57

De ce pas de Caroline BROUÉ

Pour moi, un roman est complet lorsqu'il flirte avec l'Histoire. Et là, avec le personnage de Justine, je suis comblée.


En fait, à bien y regarder : l'art, la psychologie et l'Histoire s'y retrouvent mêlés sous une plume parfaitement maîtrisée. Ce roman porte très bien le costume d'un coup de coeur !

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2016-04-17T16:00:13+02:00

Balzac et la Petite Tailleuse chinoise de Dai SIJIE

Publié par Tlivres
Balzac et la Petite Tailleuse chinoise de Dai SIJIE

Encore un 1er roman, mais toujours pas dans la série des 68 ! Celui-ci date de 2000 et m'a été conseillé par ma fille, un très bon choix (elle me connaît bien !).


Nous sommes à la fin de l'année 1968, la révolution culturelle est engagée en Chine. Les enfants des intellectuels sont envoyés à la campagne pour une "rééducation". Le narrateur a 17 ans, ses parents sont médecins. Il est accompagné de Luo, 18 ans, fils d'un dentiste qualifié "ennemi du peuple". Tous les 2, ils vont arriver dans la montagne du Phénix du Ciel. Ils vont être logés dans une maison sur pilotis et cohabiter avec les truies. Ils vont travailler avec les paysans et assurer le transport des engrais vers les sommets, là où les prés sont cultivés. Cette activité quotidienne va bientôt être bouleversée par une visite faite au tailleur et la rencontre avec sa fille, cette beauté ingénue. Sur le chemin du retour, ils vont porter assistance à une jeune "binoclard", un autre adolescent en rééducation qui doit mener un buffle dont le coup de queue vient de faire voler les lunettes dans la boue. Ils ne savent pas encore qu'il sera la source de magnifiques découvertes littéraires.


Dai SIJIE décrit avec beaucoup de pudeur les conditions de vie de ces jeunes plongés dans un tout nouvel univers. Il nous fait voyager à leurs côtés. Ce ne sont pas des délinquants, leur seul défaut est d'être né dans un environnement familial de bourgeois. Le choc des cultures est joliement décrit. J'ai beaucoup aimé cette scène de la découverte du violon du narrateur à leur arrivée par l'ensemble du village, moment traité avec beaucoup d'humour.


Bien sûr, la vie est difficile, les jeunes garçons vivent dans la pauvreté. Mais, heureusement, ils ont des livres ! C'est en toute clandestiné bien sûr, c'est ce qui fait le charme de toute cette histoire !


C'est un très beau roman sur le pouvoir de la littérature, cette capacité à entraîner les lecteurs vers d'autres horizons porteurs d'espoir d'une autre vie possible. Le passage sur les nouvelles est excellent :



[...] les recueils de nouvelles, qui vous racontent une histoire bien ficelée, avec des idées brillantes, quelquefois amusantes ou à vous couper le souffle, des histoires qui vous accompagnent toute votre vie. P. 136

Je trouve que c'est particulièrement bien résumé !


Et puis, dans ce village, il y a de très beaux moments de bonheur, celui du séjour du tailleur et du peuple en liesse est assez exceptionnel :



Les cris des enfants qui couraient derrière lui, les rires des femmes qui sortaient leurs tissus, prêts depuis des mois, l'explosion de quelques pétards, les grognements des cochons, tout cela créait une ambiance de fête. P. 151

Balzac et la Petite Tailleuse chinoise de Dai SIJIE

A côté des personnages des garçons, il y a aussi une fille, la petite tailleuse chinoise. Alors que l'année 2016 célèbre le 60ème anniversaire du Planning Familial en France, son itinéraire permet de se remémorer les conditions de vie de femmes, certes du siècle dernier, mais c'était encore hier... Elle a bien mérité, elle aussi, de faire partie des "Simone" !

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2016-04-16T06:00:09+02:00

Pour l'amour d'une île de Armelle GUILCHER

Publié par Tlivres
Pour l'amour d'une île de Armelle GUILCHER

Un petit bijou, ce roman, et une nouvelle fois, conseillé par Gérard COLLARD de la Griffe Noire, encore lui !


C'est un 1er roman mais pas dans la collection des 68 !!! Je suis en rodage avec celui de Armelle GUILCHER, sorti en 2014 !


Marine et Yves, son frère aîné, vivent avec leur grand-père. Leurs parents sont décédés quand ils étaient encore enfants. Nous sommes en 1960, le 25 décembre. Les jeunes se retrouvent pour fêter Noël ensemble. Une bouteille de whisky circule, Marie-Anne à l'air sainte-nitouche est mise au défi de goûter, elle boit à pleines gorgées et répond aux provocations du groupe sur l'existence d'un "amant". Un nom est rapidement prononcé, celui de l'Abbé Jaouenn. La nouvelle se répand dès le lendemain dans tout le village qui s'offusque du comportement de la jeune fille. Marie-Anne est l'amie de Marine, elle va être mise en quarantaine par ses parents le temps des vacances et reprendra l'école sous le poids de la honte. Marine, jeune fille désinvolte souhaite vivre son adolescence en toute indépendance, mais c'est sans compter sur la présence du Docteur Jaouenn, le médecin du village et frère de l'Abbé, qui semble accorder une importance capitale au sort de Marine qui n'a qu'une idée en tête, retrouver la terre de ses origines, cette île bretonne sur laquelle elle a vécu sa plus tendre enfance jusqu'à la mort de ses parents.


C'est un formidable roman construit sur un secret de famille que la jeune fille va découvrir malgré elle. Marine va mener son enquête sur les traces de la mort de son père d'abord, de sa mère ensuite. J'ai été très émue par sa quête et son parcours, un très beau portrait de femme !



Oublier c'était renier les raisons qui lui avaient permis de grandir, de s'aguerrir, de se façonner dans les deuils, les chagrins, pour finalement renaître, reconstruite, fortifiée, apaisée. P. 394

C'est aussi un très beau roman sur la vieillesse et sur ce que peuvent apporter les grands-parents et plus largement les anciens aux jeunes générations. La personnalité du grand père est particulièrement attachante, tout comme celle de la tante Lucie.



Je l'avoue volontiers. Je me plais en la compagnie des vieillards. Il se dégage d'eux une telle aura due à leur expérience, qu'il ne leur est pas utile de raconter, d'expliquer ou de démontrer, leur présence suffit à nourrir mon imaginaire. P. 75/76


C'est enfin un magnifique roman sur les îles bretonnes, le climat bien trempé de ces territoires où la nature offre un spectacle permanent :


[...] il y avait la mer, le vent, les oiseaux, mouettes et goélands qui criaient à longueur de journée, les bateaux qui quittaient le port ou y entraient. Tout cela lui remplissait la tête et les yeux. Elle avait l'impression d'un tableau en mouvement permanent et son attention était constamment en éveil. P. 246

Le portrait des îliens est non moins négligeable avec ce lien irrépressible à leur terre.



J'aime mon île. Chaque fois que j'y viens, j'éprouve des émotions pures et communie étroitement avec le décor environnant. Ici, je touche du doigt quelque chose qui, partout ailleurs, m'échappe, peut être une intégration totale, physique et intellectuelle, avec ce pays que j'admire par dessus tout. P. 67


La beauté des paysages et la solitude leur offrent un sentiment de plénitude :



Elle marchait sur une bande de terre, avec l'océan de part et d'autre. Et la sérénité qui émanait de ce paysage, simplement rythmé par la marée et le cri des mouettes, apportait au corps un bien-être si intense qu'il en était douloureux. P. 241


Mais n'allez pas croîre que ce sentiment soit à la portée de chacun. Gare à celui dont l'histoire pourrait bien l'en tenir éloigné.


Ce roman vient de sortir en poche, ne vous en privez pas, c'est un excellent choix !

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2016-04-15T10:29:48+02:00

Kinderzimmer de Valentine GOBY

Publié par Tlivres
Kinderzimmer de Valentine GOBY

J'ai rencontré Valentine GOBY l'année dernière au Salon du Livre de Paris. Elle m'avait alors dédicadé "Kinderzimmer". C'était une très belle rencontre avec un échange très spontané, naturel, joyeux.


Pourtant, depuis un an, je passe devant ma bibliothèque sans jamais me décider à me lancer dans ce roman.


Et puis, il y a quelques jours, je me suis dit que c'était son heure !


Nous sommes à la fin de la 2de guerre mondiale. En 1944, Mila, investie dans la Résistance pour le codage des messages via des partitions musicales, est arrêtée. Elle est incarcérée avec d'autres femmes à la Prison de Fresnes. Et puis vient le transfert vers Romainville et ensuite le camp de concentration de Ravensbrück. Aux côtés de sa cousine Lisette, elle découvre un univers où les femmes sont des mortes vivantes, leurs corps sont en lambeaux.


Alors que la vie de ces femmes ne tient qu'à un fil, une formidable envie de vivre les pousse à avancer...



[...] ce n'est pas la peur qu'elle voit, c'est une démente envie de vivre. P. 75



Tu voulais vivre. Tu n'iras pas te jeter contre les barbelés. Mourir maintenant ou plus tard ça ne t'est pas égal. P. 87




Vivre c'est ne pas devancer la mort, à Ravensbrück comme ailleurs. P. 88


Malheureusement, je n'irai pas jusqu'à la fin de ce roman. Les descriptions auront eu raison de moi. Depuis les plaies suintantes en passant par les corps meurtris, purulents, dégoulinant de de tous ce que les organes peuvent produire comme liquides aux odeurs insupportables, j'ai ressenti de telles nausées que je n'ai pas pu aller jusqu'au bout. Les scènes de la Kinderzimmer, cette maternité improvisée, et la mort irréversible de tous les nourissons dans des conditions inimaginables, m'ont fait refermer le livre, le coeur au bord des lèvres.


J'avoue ma faiblesse.


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2016-04-14T21:30:42+02:00

D comme... DEGHELT

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