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Articles avec #mes lectures catégorie

2017-06-24T15:47:20+02:00

Les contes défaits de Oscar LALO

Publié par Tlivres
Les contes défaits de Oscar LALO

Editions Belfond


Quand je suis allée aux Journées nationales du livre et du vin de Saumur le 13 mars dernier, j'avais un objectif bien précis : faire la rencontre de Mathieu MENEGAUX. J'avais tellement lu de chroniques exaltées par la qualité et la puissance de son écriture, il m'était devenu impossible de le laisser passer à quelques dizaines de kilomètres de chez moi.


Il y a eu un premier passage devant sa table, personne, puis un deuxième, toujours personne. Je me suis dit qu'il arriverait plus tard et me suis laissée porter par le flux des visiteurs au Dome. Le pas un brin lymphatique (oui, ça peut m'arriver !), les yeux survolant les tables l'espace, le regard fixe quand même sur les couvertures des livres, leurs titres et les noms des auteurs (je ne suis quand même pas tout à fait déconnectée !), je me laisse interpeller par une femme qui me vante succinctement la prose de l'auteur d'un premier roman, Oscar LALO. Depuis que vous me suivez, vous savez certainement que les premiers romans me fascinent, n'est-ce pas les 68 premières fois ? Elle m'évoque un itinéraire douloureux et la voie de la  résilience. Là, ça y est, je suis prise au piège, je le sens. Je suis consentante et me laisse séduire !


"Les contes défaits", c'est le titre du roman.


Le narrateur et son frère prennent le train. La séparation avec les parents est traumatisante. Le coeur serré, ils s'en vont vers le home d'enfants. Pendant tout l'été, ils vont y passer leurs vacances. Les parents leur vantent le mérite qu'ils ont, eux, de pouvoir faire leurs valises et s'offrir de nouveaux horizons. Mais les enfants, eux, savent ce qu'ils vont y vivre. Tous les ans, ils s'y retrouvent, et tous les ans, ce sont les mêmes actes terribles qu'ils y subissent. Bienvenue au camp des menaces et "baisers trompettes".


Oscar LALO, pour un premier roman, n'a pas choisi un sujet simple, c'est certain. Mais il a su mettre les mots sur des actes ignobles qui marqueront à jamais la vie de jeunes garçons.  


Il décrit la vie quotidienne au home d'enfants qui aurait pu être un petit coin de paradis mais se révèle, en réalité, être un lieu d'enfermement où les prédateurs ont leurs proies à leur merci. Sous couvert de payer cher ces vacances, Madame la Directrice et son mari mettent en place une stratégie machiavélique et aveuglent les familles. 

 


Le home nous apprit très tôt que si l'argent ne fait pas le bonheur, il étouffe le malheur. P. 47

Oscar LALO use de phrases courtes mais ô combien percutantes. Elles sont cinglantes comme le fouet et permettent en quelques mots de prendre conscience de la gravité des faits.


Oscar LALO, c'est un magicien des mots, il arrive à décrire des silences, exprimer un profond sentiment de solitude et traduire des moments d'errements aussi. Il instille une tension extrême avec la description minutieuses des instants qui précèdent le passage à l'acte, l'installation de l'homme sur le lit et son étalement progressif pour maîtriser parfaitement sa victime. 


Mais plus que tout encore, c'est cette description de l'état suivant de l'enfant de déconnexion totale avec son environnement extérieur qui m'a bouleversée.

 


Quand un enfant avait les yeux dans le vide, c'est que l'homme était passé par lui. P. 82

Le poids des mots aurait pu devenir insoutenable et rendre la lecture totalement inabordable mais là encore, c'est sans compter le talent de l'auteur. Oscar LALO use d'une plume poétique à l'envi pour évoquer l'indicible. Il donne quelques respirations pour rythmer le roman :


Ils ressemblaient tous à des nuages. Mais des nuages d'un genre particulier. De ceux qui ne pleuvent jamais. P. 83

Comment surmonter de tels sévices ? Comment imaginer un avenir serein à des enfants maltraités à ce point ?


Et bien le narrateur, lui, se ressourcera dans la voie de l'écriture. C'est en écrivant que les vannes s'ouvriront et que le flot d'amerture, de haine, de rancoeur s'évacuera. Là aussi, avec les mots de Oscar LALO, il est aisé de mesurer à quel point elle va permettre au narrateur de se libérer :


Réflexe oblige, ma première pensée fut d'effeuiller ce bloc et d'en faire des avions. Puis mon regard arrêté sur la plume comprit qu'elle seule m'aiderait à prendre mon envol. Et c'est ainsi qu'en calligraphiant la laideur, j'ai tracé des lignes de vie que je ne connaissais pas. P. 190

De nombreux romans parlent de la résilience, de cette capacité de l'individu à surmonter un terrible traumatisme, tracer une voie pour continuer son chemin. Mais Oscar LALO a sa manière à lui, toute singulière :


[...] je réalise que réparer mon monde, ce n'est ni plus ni moins qu'apprendre à vivre. P. 198

Avec ce roman, l'auteur nous offre une magnifique leçon de vie, il met un peu de lumière dans ce qui n'est qu'horreur, souffrance et douleur. Sa plume est remarquable et la voie des contes pour enfants, pris pour cible, est une idée ingénieuse pour montrer à quel point une enfance peut être bafouée.


Juste sublime !


Quelle belle idée Mathieu MENEGAUX a eu d'arriver plus tard à son stand de dédicace !

 

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2017-06-22T11:00:00+02:00

Femme absolument de Adeline FLEURY

Publié par Tlivres
Femme absolument de Adeline FLEURY

Parce que, comme le disait Simone de Beauvoir : "[...] il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question."


Parce que quelqu'un, ou plutôt quelqu'une, qui se reconnaîtra j'en suis sûre, a assuré mon "éducation" au féminisme et que j'ai fait mienne cette cause universelle,


Parce que je suis maman d'une fille et que je suis attentionnée à son avenir,


Parce que le monde change, qui aurait pensé qu'à l'Assemblée Nationale nous passerions de 155 à 223 femmes députées ?


Parce que la jeune génération porte un regard nouveau sur la vie en société, la condition féminine en particulier,


Parce que Adeline FLEURY a sû me séduire avec "Rien que des mots", son 1er roman découvert dans le cadre des 68 premières fois, publié aux éditions François BOURIN 

je me suis laissée séduire par "Femme absolument", son essai publié aux éditions Lattès et que j'avais rapporté du Salon du Livre de Paris, mais attention, c'est du sérieux, et là il s'agit de choisir le moment.


Dimanche dernier, il m'a fait de l'oeil, j'ai répondu à son invitation et j'ai bien fait.


Pour faire court, je suis plutôt réfractaire à la catégorisation des publics, aux entrées un peu trop ciblées qui passent finalement à côté des réalités, et bien là, aucun risque, l'écrivaine le dit très humblement, elle a puisé dans son intimité pour en extraire peut-être quelque chose de plus universel, elle ne détient pas la vérité, mais une vérité.


Adeline FLEURY est une jeune femme de 38 ans, maman, divorcée, je ne vous en dis pas plus, ce portrait rapidement brossé dévoile quelques traits de caractères de la famille d'aujourd'hui, le modèle "papa maman et les enfants" a largement explosé pour donner naissance à de tous nouveaux schémas.


Alors, être femme aujourd'hui, c'est quoi ? Adeline FLEURY lui attribue quelques qualificatifs : 


Séductrice, maladroite, ambitieuse, bûcheuse, oisive, insolente, fragile, forte, drôle, mélancolique, capricieuse, colérique, ultrasensible, tout ça dans la même personne. Complexe et singulière." P. 12

Cette approche de l'humain finalement, le multifacettes, a tout pour me plaîre. J'aime à penser qu'un individu, femme ou homme d'ailleurs, puisse avoir différents visages selon les émotions, les circonstances de la vie... et accepter qu'une personne puisse être tout ça à la fois, c'est déjà un grand pas vers l'interculturalité, enfin je crois.


J'ai beaucoup apprécié l'approche de l'auteure au gré des grandes périodes de la vie : l'enfance, l'adolescence, la jeunesse, la maternité, la renaissance, la maturité.  


Si chacune d'entre nous, peu importe l'âge, peut assurément se retrouver dans les anecdotes enfantines de Adeline FLEURY, il en est d'autres qui résonneront peut-être un peu moins. Personnellement, et malgré une dizaine d'années de plus que l'auteure, je ne vous cache pas que je me suis délectée à retrouver Vic de "La Boum" et plus encore Valentine de "L'Etudiante" formidablement interprétée par Sophie Marceau aux côtés de Vincent Lindon, toute une époque n'est-ce pas ? "J’ai envie d’un vrai baiser de cinéma ici dans la voiture, tout de suite." vous vous en souvenez ? non ?


Plus sérieusement, et plus gravement aussi, l'écrivaine aborde une épreuve de sa vie, aucun intérêt de vous la dévoiler maintenant mais si vous avez lu "Les corps fragiles" de Delphine BERTHOLON, vous en aurez sûrement une petite idée ! Le traumatisme qu'elle a vécu, c'est celui que redoute toute mère quand elle voit sa fille lentement s'émanciper, vivre cette période de la vie où l'insouciance et la soif de liberté sont les fils conducteurs de l'existence. 
 
Mais là, il ne s'agit pas d'une fiction, non, il s'agit d'un fait réel qui marquera à jamais le corps de l'écrivaine. Ce corps justement qu'elle habite pleinement et qui fait d'elle ce qu'elle est, ce corps qu'elle a appris avec l'âge à aimer. Bien sûr, il y a eu la maternité qui l'a fait brusquement évolué mais il y a eu aussi, après, cette période de plénitude qu'elle a savouré avec gourmandise.


La sexualité est un sujet largement abordé dans cet essai. Il donne à voir les différentes expériences qui s'offrent à la génération du XXIème siècle, la quête d'une certaine identité. J'avoue avoir été très sensible à sa définition du désir. Mais oui, qu'est-ce que le désir ? Un beau sujet de philosophie, non ? 

 


Le désir s'appréhende d'abord au creux de soi, se construit lentement dans l'exploration, l'écoute et la reconnaissance que l'on s'accorde, puis vient le plaisir et enfin l'acceptation de sa condition de femme désirante et jouissante." P. 149

Là, il s'agit du regard porté par une femme mâture, de celles qui ont une certaine expérience de la vie, un brin de recul pour se recentrer sur soi et identifier ses propres sources de plaisir. Nul doute que les femmes de mon âge, et plus, se retrouveront dans le propos !


Ce qui m'a aussi intéressée dans cet essai, c'est l'approche d'un phénomène qui, s'il n'est pas nouveau, est de plus en plus dévoilé par les femmes et donne à voir une réalité juste insupportable. HDR, ça vous dit quelque chose ? Le harcèlement de rue, peut-être un peu plus ? Les hommes semblent pouvoir aborder les femmes dans la rue comme une simple marchandise et avec des propos on ne peut plus abjectes. C'est un fléau qui entrave la liberté des femmes et contre lequel il nous faut absolument lutter.


Adeline FLEURY tire une conclusion qui résonne totalement avec mes impressions :


Une femme n'est jamais totalement sereine. Sa vie est un tourbillon perpétuel. P. 158

Tiraillée entre ses différents statuts, elle peine à trouver l'apaisement.


Le livre à peine refermé, je suis tombée de ma chaise quand, au lendemain des élections législatives, j'ai entendu à la radio un député sortant doutant que la femme qui allait lui succéder ait "le temps de faire sa lessive et d'emmener ses enfants à l'école". Quelle vision réductrice du rôle de la femme dans la société et de ses aspirations !

 

Nul doute qu'il soit encore nécessaire d'écrire sur le sujet pour continuer d'avancer !

 

S'appuyant sur de très nombreuses références, Adeline FLEURY permet au singulier d'évoluer vers le collectif et ainsi de dresser le portrait du féminisme du XXIème siècle. Avec "Femme absolument", l'écrivaine réalise un acte militant, elle participe à l'écriture d'une nouvelle page de l'Histoire de la condition féminine française, c'est peut-être notre Elisabeth BADINTER de demain !

 

Pour qu'une cause soit audible toutefois, il convient de la diffuser. Et là, la balle est dans notre camp. Si l'on veut faire évoluer les perceptions, rompre avec le sexisme, il serait très intéressant, je crois, de mettre cet essai dans toutes les mains, qu'elles soient jeunes et moins jeunes (nous avons aujourd'hui la chance d'avoir une espérance de vie de 4 générations, c'est dire la résonance possible !), féminines et masculines bien sûr, et d'en échanger pour confronter les points de vue et tendre vers une vision universelle de la chose !

 

1, 2, 3, partez ! 

 

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2017-05-25T17:43:27+02:00

La tresse de Laëtitia COLOMBANI

Publié par Tlivres
La tresse de Laëtitia COLOMBANI

Editions Grasset


Ce roman fait partie de la sélection des 68 premières fois pour son édition 2017, il clôture cette rentrée littéraire de janvier 2017 et je crois bien pouvoir dire qu'il le fait en beauté.


Je vous explique.


Smita vit en Inde. Mariée, elle a une fille Lalita. Elle fait partie des Intouchables, de ces êtres qui ne sont bons qu'à ramasser les excréments des autres, sa mère le faisait avant elle, chaque jour elle prend son panier de jonc pur débarrasser les riches de ces matières pestilentielles dont l'odeur s'incruste jusque dans les pores de sa peau. Non, Lalita ne fera pas ce métier. Elle l'a décidé et va commencer par envoyer sa fille à l'école. Giulia, elle, a une vingtaine d'années. Sicilienne, elle travaille dans l'atelier de son père à la fabrication de postiches. Passionnée de littérature, elle rêve d'épouser par amour. Non, Giulia n'épousera pas un homme choisi par ses parents. Sarah, enfin, vit à Montréal. Avocate, elle est carriériste, elle vise le sommet. Elle a déjà divorcée deux fois. Elle a 3 enfants qu'elle dont elle n'assure la garde que le week-end. Non, elle ne se laissera pas abattre.


3 femmes, 3 pays, 3 trajectoires distinctes et pourtant un point commun, leur condition de femme. Chacune va, sous la plume d'une écrivaine de talent, trouver la force de dire "non", de lutter contre sa condition, cette prédisposition à un avenir écrit d'avance, par des hommes bien sûr. Outre le fait de partager des prénoms qui se terminent tous par la lettre A (tiens, étrange, celui de l'auteure aussi se termine par un A, Laïtitia !), toutes ces femmes vont un jour trouver quelque chose qui va les raccrocher à la vie, qui va les alléger et les porter pour un nouvel avenir qu'elles vont décider de construire, elles-mêmes, en phase avec leur propre personnalité. 


Le procédé est ingénieux, audacieux même. Laëtitia COLOMBANI va créer un lien entre Smita, Giulia et Sara, un lien ténu aussi fin qu'un cheveu. Le roman est ainsi ponctué d'un texte en italique, rédigé comme un poème avec une narration à la 1ère personne du singulier. On comprend que cette 4ème femme travaille à la réalisation d'un ouvrage. Je ne vous en dirai pas plus, c'est là l'un des charmes de ce roman... mais je vais toutefois partager avec vous quelles lignes qui me paraissent d'une grande sensibilité :

 


Parfois, mon esprit s'échappe de cet atelier,
Et m'entraîne
Vers des contrées lointaines,
Vers des vies inconnues,
Dont les voix me parviennent
Comme un écho ténu,
Et se mêlent à la mienne.
P. 63

Bien sûr, il y a de la fragilité, il y a des périodes de doute, de crainte, mais il y a surtout de l'optimisme, une force incroyable, une puissance qui se dégage de ces pages, comme un hymne au pouvoir des femmes. A l'image de la couverture de ce roman teintée d'un jaune ô combien lumineux, c'est toute la condition féminine qui rayonne avec ce livre. 


Je me souviens très bien encore de la lecture de l'essai de Nathalie LOISEAU "Choisissez tout", le propos est là sensiblement le même mais transposé dans une fiction très bien menée et par qui, dites moi, une femme bien sûr !


Bravo à Laëtitia COLOMBANI pour ce très beau 1er roman, c'est certain, cette écrivaine est promise à un très bel avenir.

 

Celle lecture s'inscrit dans le cadre de la sélection des 68 premières fois pour son édition 2017 :

La tresse de Laëtitia Colombani *****

Marx et la poupée de Maryam Madjidi *****

Elle voulait juster marcher tout droit de Sarah Barukh ****

Outre-mère de Dominique Costermans ****

Maestro de Cécile Balavoine *****

Marguerite de Jacky Durand *****

La plume de Virginie Roels ****

Mon ciel et ma terre de Aure Atika *****

Nous, les passeurs de Marie Barraud *****

Principe de suspension de Vanessa Bamberger *****

Les parapluies d'Erik Satie de Stéphanie Kalfon ****

Presque ensemble de Marjorie Philibert ***

Ne parle pas aux inconnus de Sandra Reinflet *****

La téméraire de Marine Westphal *****

La sonate oubliée de Christiana Moreau ****

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2017-05-20T21:02:34+02:00

Un fils parfait de Mathieu MENEGAUX

Publié par Tlivres
Un fils parfait de Mathieu MENEGAUX

Editions Grasset

Une fois n'est pas coutume, il ne s'agit pas d'un 1er roman mais du 2ème de Mathieu MENEGAUX que j'ai eu la chance de rencontrer sur les Journées Nationales du Livre et du Vin de Saumur.


En fait, il y a des romans du Salon du Livre de Paris qui attendent encore leur heure. Je ne sais pas pourquoi, celui-là m'attirait tout particulièrement, il leur a volé la place ! Ce  roman, c'est juste un page-turner, un thriller psychologique qui vous prend à la gorge dans les toutes premières pages et vous tiendra captivé(e) jusqu'à la dernière. Je vous explique.


Nous assistons à la cérémonie du mariage de Daphnée, la narratrice, avec Maxime. Diplômée de l'ESSEC et lui de Polytechnique, ce sont deux personnes cultivées qui s'engagent pour le meilleur et pour le pire. Très vite, quelques allusions au passé montrent que le couple n'a pas résisté à la vie en famille. Deux filles sont nées de cette union, Claire, hypocondriaque, dont la petite enfance a été particulièrement chahutée par ses névroses, et Lucie, beaucoup plus facile à élever. Après la naissance des petites, Daphnée a repris son activité professionnelle. Elle a un poste à responsabilité qui l'oblige à  de fréquents déplacements, elle est absente 3 à 4 nuits par semaine. C'est Maxime qui prend alors le relais dans l'éducation des enfants. Mais, voilà, un jour, l'une des filles laisse échapper une phrase qui sème le doute dans l'esprit de Daphnée. Et si Maxime abusait de ses filles en son absence ?


La petite bombe explose à la page 57 du roman. Ensuite, tout n'est que précipice. C'est une spirale infernale qui emmène Daphnée vers les tréfonds de sa personnalité. Face à la déclaration de sa  fille,  comment va-t-elle surmonter la foudre qui vient de s'abattre sur elle ? Parler à Maxime ? Quitter le foyer ? Trouver une amie à qui se confier ? C'est peut-être un peu de tout ça et bien d'autres choses encore que vous êtes loin d'imaginer, Mathieu MENEGAUX maîtrise parfaitement l'intrigue !


Je me suis retrouvée au coeur de cette famille en fusion, en perte de repères aussi. J'ai lu ce roman en apnée totale. Quand on est mère, c'est l'un des pires scénarios qui puissent exister, des abus sexuels au sein même de la famille, ce cocon sensé protéger chacun de l'extérieur, et pourtant. Quant au personnage du père, il rivalise d'ingéniosité pour sauver sa peau, machiavélique à l'envi.


Ce roman est parfaitement construit. Il se présente comme une lettre adressée par la narratrice à sa belle-mère pour lui donner SA version des faits. Le procédé est ingénieux et totalement réussi.


Mathieu MENEGAUX traite ainsi d'un fléau qui ronge notre société en l'explorant de l'intérieur avec le témoignage de cette mère tout en le ponctuant de statistiques nationales pour lui donner une résonnance collective. Il se sert également de faits largement médiatisés pour montrer les failles de notre système judiciaire et ainsi dénoncer les travers d'une organisation qui protège plus l'auteur des faits que ses victimes. 


Un exercice périlleux mais parfaitement mené dans une plume agréable à lire, un livre parfait, oh, pardon, c'est "Un fils parfait" !


J'ai maintenant très envie de découvrir "Je me suis tue", le tout premier roman de Mathieu MENEGAUX, dont les critiques sont toutes élogieuses. 

 

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2017-05-20T13:56:38+02:00

Marx et la poupée de Maryam MADJIDI

Publié par Tlivres
Marx et la poupée de Maryam MADJIDI

Editions Le Nouvel Attila


Ce roman de Maryam MADJIDI, je l'attendais avec impatience, d'abord parce que le collectif des 68 premières fois l'encense, pour beaucoup, il est LE coup de coeur de cette édition 2017, et puis parce que j'ai eu la chance aux côtés de Sabine et de Delphine de rencontrer l'écrivaine sur le Salon du Livre de Paris, une jeune femme ravissante pleine de fougue, d'enthousiasme, à la voix qui porte annonciatrice d'une femme qui sait où elle va, remarquable par sa personnalité. Elle fait partie de celles qui me fascinent.


Marx et la poupée était bien en vu dans ma PAL. Mais je voulais lui faire une place de choix, lui offrir un moment privilégié pour une lecture que j'imaginais un peu spéciale. Après coup, je confirme qu'elle est bien : spéciale !


C'est l'histoire d'une famille iranienne. Tout commence en 1980. Elle vit à Téhéran. C'est la révolution. La femme a 20 ans. Elle est enceinte de 7 mois. Elle décide de prendre part à la manifestation qui gronde dans la rue. Rien ne peut l'arrêter. Elle se retrouve pourtant dans les murs de l'Université, découvre sous ses yeux le viol d'une jeune fille. Elle prend peur. Poursuivie elle-même, elle se retrouve devant une fenêtre et décide de sauter, du 2ème étage !


Voilà, vous vous retrouvez de plein fouet parachuté dans un pays qui vit une révolution aux côtés de cette femme. Peu importe son avenir personnel, celui de son bébé, ce qui la guide à l'instant présent, c'est d'être là, de participer à une action d'intérêt général.
 

 


Elle se rassure : je combats pour ces femmes, pour qu'elles puissent avoir des droits, oui, pour qu'elles soient libres, fortes, je lutte pour elles, pour leur vie, tant pis pour moi, moi c'est rien, ça ne compte plus. P. 39

Que va-t-elle devenir ? et le bébé ? C'est ce que vous allez découvrir tout au long de cette lecture.


De ce roman, il n'en est pas en réalité. Enfin, peut-être, pendant quelques pages. En réalité, c'est un livre qui sort systématiquement du cadre, il est tantôt un conte qui commence comme le veut la tradition par "Il était une fois", tantôt il revêt le costume d'un récit de vie, tantôt il est donc autobiographique, le bébé n'est autre que Maryam MADJIDI. Bref, c'est un jubilé de différents genres littéraires, un peu à l'image de l'écrivaine elle-même, cette femme née à Téhéran qui a passé sa jeunesse en France et puis, a pris l'habitude de s'expatrier, 2 ans en Chine, ou ailleurs... c'est le portrait d'une femme que l'on pourrait dire multiculturelle dans le sens où elle a beaucoup voyagé, par choix ou par obligation, et qui aujourd'hui ne serait pas ce qu'elle est sans toutes ses aventures vécues à travers le monde.


J'ai été profondément touchée par l'exil de cette famille d'intellectuels qui a décidé de fuir son pays malgré tout l'attachement qu'elle lui voue et leur idéologie. Les parents de Maryam MADJIDI ont quitté l'Iran en 1986 pour la France où ils obtiendront le statut de réfugiés politiques. Ils vivront à Paris dans le XVIIIème arrondissement. Cette terre qu'ils chérissaient ne leur offrait pas d'autres choix que celui de partir. Cette histoire donne à voir ce que vivent aujourd'hui de nombreux migrants, déchirés par l'abandon de leurs origines.


Parmi tout ce qu'ils doivent quitter, il y a cette parenthèse sur les livres qui en dit long sur l'état d'oppression que vivaient au quotidien les Iraniens :


Vas-y, apporte les livres, moi je creuse le trou.
Et la mère dépose dans ce trou Marx, Engels, Lénine, Makarenko, Che Guevara et tous les autres ; le père les recouvre de terre humide.
La petite fille est là. Elle les observe debout sur le perron. Elle se dit que ce jardin contient désormais beaucoup de choses : ses jouets à elle, et maintenant les livres interdits de son père. P. 43

C'est joliment dit mais ô combien révélateur de la dictature et de ses codes habituels. Pour brider l'émancipation du peuple, il faut lui interdire l'accès à la culture, à d'autres horizons possibles, les livres sont les premiers à être combattus. 


Les parents de Maryam MADJIDI prendront une nouvelle voie, celle de l'exil. Ce roman explore le statut d'étranger dans le pays où il arrive. J'ai tout particulièrement aimé ce passage où elle et sa mère s'assoient sur un banc et regardent ce nouvel univers  sous leurs yeux, quant à s'y intégrer, c'est autre chose...


Contempler le monde qui nous entoure. C'est toi qui m'a appris ça. Les heures que nous avons passées dans ce square, puis plus tard dans les cafés parisiens où on fumait un paquet de clopes, assises sur des bouts de trottoirs, sur des bancs dans les parcs, sur des bords de hutongs à Pékin, sur les rives du Bosphore, dans les allées sinueuses du grand bazar de Téhéran, juste ça, regarder et commenter ce qui nous entoure : les gens, les attitudes, les démarches, les allures et les silhouettes, les chiens, les chats et les oiseaux, le végétal, les immeubles, les objets derrière les vitrines, les enseignes, les engins roulants, tout passait dans notre grand laboratoire-observatoire de la vie. P. 101

Maryam MADJIDI essaie de comprendre son père. Ainsi, l'histoire de ce petit déjeuner en dit long sur la volonté qu'il avait de s'approprier les traditions françaises...


Je regarde ces croissants posés tristement sur la table, vierges de souvenir, sans saveur familière, que ma mère et moi boudons obstinément. P. 97

mais sur la difficulté aussi pour des étrangers de s'accommoder dès l'arrivée dans le pays de toutes ces habitudes qui ne sont pas encore les leurs, et qui le ne le seront peut-être jamais. Et puis, ce sursaut, incompréhensible pour la petite fille qu'est Maryam quand il lui impose des cours de persan comme la préservation du dernier fil qui lie encore sa fille à son pays d'origine.

J'ai été profondément touchée par le portrait dressé de sa mère, cette femme qui a déjà dû abandonner son pays où elle menait le combat de la liberté et qui ne trouve pas tout à fait sa place dans celui d'adoption.


Déjà en Iran, les rêves de la mère disparaissaient peu à peu. En France, le peu qu'il restait tombait évanoui, un par un, sur la moquette de la chambre, juste en dessous de sa chaise. P. 103

Enfin, ce roman en dit long sur l'histoire de la langue. La partie qui lui est dédiée est tellement belle. Construite comme un conte, elle use de métaphores pour illustrer à quel point il est difficile de passer de l'une à l'autre et vice-et-versa.


Le persan, assis un peu à l'écart sur un banc, les regarde s'éloigner. Vieille femme pensive, encerclée d'une épaisse solitude, balayant du bout de sa canne quelques feuilles et déchets et les vieux rêves du passé. P. 142

Alors, quand Maryam MADJIDI évoque l'apprentissage de la langue, le français pour des non-francophones, le ton de la colère nous imprègne. Elle dénonce ces classes spéciales qui l'ont accueillies un temps mais qui la révulsaient. Pourquoi ne pas permettre à ces enfants d'être accueillis dans des classes ordinaires ? Pour faciliter leur intégration ? L'Education Nationale aurait sûrement beaucoup à apprendre de ce témoignage, peut-être que les institutions, dans un souci d'agir, le font maladroitement, voire inefficacement... faisant subir à ces enfants de nouvelles souffrances. 


Plus fort encore est le propos de la double culture. Il est de bon ton aujourd'hui de parler des apports de deux pays. Maryam MADJIDI, elle, en souffre. C'est une charge, très voire trop, lourde. Elle est prête à nous la donner...


Tu sais ce que ça fait d'être nulle part chez soi ? En France, on me dit que je suis iranienne. En Iran, on me dit que je suis française. Tu la veux ma double culture ? Je te la donne, va vivre avec et tu viendras me dire si c'est une "belle richesse" ou pas. P. 156

Ce livre, ce sont les prémices d'une longue, très longue, conversation que j'aimerais avoir avec l'écrivaine pour aller plus loin encore dans tout ce qu'elle a à nous apprendre. C'est un écrit formidable pour découvrir par la voix de celle qui l'a vécu ce qu'est l'exil, le déracinement, le retour au pays... à l'image des 3 naissances qui le structurent.


Marx et la poupée vient d'être couronné par le Prix Goncourt du Premier roman, ce n'est pas celui que je lui aurais décerné pour tenir compte de la navigation de l'écriture entre différents registres, mais à bien y réfléchir, je n'en ai pas d'autres à lui offrir, alors bravo Maryam MADJIDI.

Celle lecture s'inscrit dans le cadre de la sélection des 68 premières fois pour son édition 2017 :

Elle voulait juster marcher tout droit de Sarah Barukh ****

Outre-mère de Dominique Costermans ****

Maestro de Cécile Balavoine *****

Marguerite de Jacky Durand *****

La plume de Virginie Roels ****

Mon ciel et ma terre de Aure Atika *****

Nous, les passeurs de Marie Barraud *****

Principe de suspension de Vanessa Bamberger *****

Les parapluies d'Erik Satie de Stéphanie Kalfon ****

Presque ensemble de Marjorie Philibert ***

Ne parle pas aux inconnus de Sandra Reinflet *****

La téméraire de Marine Westphal *****

La sonate oubliée de Christiana Moreau ****

Cette lecture participe aussi au Challenge de la Rentrée Littéraire MicMelo de janvier 2017 ! 

Elle voulait juster marcher tout droit de Sarah Barukh ****

Outre-mère de Dominique Costermans ****

Vermeer, entre deux songes de Gaëlle Josse *****

Maestro de Cécile Balavoine ***** Coup de coeur

Marguerite de Jacky Durand *****

Les indésirables de Diane Ducret ***** Coup de coeur

Mon ciel et ma terre de Aure Atika *****

Nous, les passeurs de Marie Barraud *****

Pour que rien ne s'efface de Catherine LOCANDRO *****

Principe de suspension de Vanessa BAMBERGER ****

Les parapluies d'Erik Satie de Stéphanie KALFON ****

Coeur-Naufrage de Delphine BERTHOLON ***** Coup de coeur

Presque ensemble de Marjorie PHILIBERT ***

La baleine thébaïde de Pierre RAUFAST ****

L'article 353 du code pénal de Tanguy VIEL ****

Ne parle pas aux inconnus de Sandra REINFLET ****

La téméraire de Marine WESTPHAL *****

Par amour de Valérie TONG CUONG ***** Coup de coeur

La société du mystère de Dominique FERNANDEZ ****

L'abandon des prétentions de Blandine RINKEL ****

La sonate oubliée de Christiana MOREAU ****

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2017-05-12T16:45:00+02:00

Collaboration horizontale de Navie et Carole Maurel

Publié par Tlivres
Collaboration horizontale de Navie et Carole Maurel

Editions Delcourt/Mirages


Collaboration horizontale est un roman graphique. Il ne s'agit pas d'un registre que je lis régulièrement, et pourtant, chaque fois, l'émotion est là. Il faut dire que j'ai une très bonne conseillère, ma fille. Ensemble sur le Salon du Livre de Paris, nous avons réalisé quelques achats que l'on va lire sur les mois à venir pour faire durer le plaisir bien sûr !

Je ne rédige pas de chroniques de BD régulièrement, je suis persuadée que vous excuserez mon manque de structuration. Mais, l'essentiel pour moi est de partager !

Donc, quand je m'apprête à lire une BD, tous les détails sont importants, en commençant par la couverture.

J'observe un arrière-fond de couleur kaki qui laisse à penser à une façade d'immeuble avec quelques fenêtre disséminées.

Mais ce qui retient mon regard, c'est le premier plan, la silhouette d'une femme aux contours noirs, sa tête et le haut de son buste. Dans cette couleur noire se révèlent, par transparence, des fenêtres dévoilant l'intimité individuelle, celle de chacun dans son logement.

Se détachent de ce plan deux éléments en rouge :

- une bouche, celle d'une femme, symbole de la sensualité, l'amour et le sexe,

- un  cœur avec les vaisseaux sanguins qui en partent et qui progressivement s'affinent en direction du cerveau. Cet organe, qui assure la vie du corps humain, ne semble pouvoir fonctionner pleinement, une médaille militaire allemande y est épinglée !

Le décor est planté !

En première page, les personnages entrent dans la lumière, de plus en plus de détails s'éclairent...

 

Collaboration horizontale de Navie et Carole Maurel

Ce roman graphique, vous l'aurez compris, parle d'amour.

Il se focalise sur un amour interdit, celui de Rose, une femme française, et de Frank, un soldat allemand. La grande Histoire s'invite dans l'histoire d'hommes et de femmes, décidant de vie et de mort sur eux.

J'ai été profondément touchée par le scénario écrit par Navie et mis en images par Carole Maurel.

J'ai beaucoup aimé son graphisme. Que d'émotions devant certaines planches, à commencer par celle qui illustre une parole d'enfants devant la haine des Allemands à l'égard des juifs. 

Collaboration horizontale de Navie et Carole Maurel

Mais, s'agissant d'amour, ce roman va bien au-delà. Il donne d'une manière générale du sens à l'amour, sa force et sa puissance.

Collaboration horizontale de Navie et Carole Maurel

Et puis, il aborde celui d'homosexuels, celui qu'une femme porte à une autre. Là aussi, les images remplacent tous les discours !

Enfin, ce roman, et le fait qu'il s'agisse de deux femmes, scénariste et illustratrice, n'est sans doute pas un hasard, fait la part belle à la condition féminine en donnant à voir plusieurs manières de se comporter et de s'affranchir du pouvoir des hommes.

Collaboration horizontale de Navie et Carole Maurel

Cette BD est tout simplement magnifique. J'ai adoré, tant l'histoire que les représentations graphiques. Je ne peux que vous conseiller de la découvrir de toute urgence !

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2017-05-09T20:45:56+02:00

Elle voulait juste marcher tout droit de Sarah BARUKH

Publié par Tlivres
Elle voulait juste marcher tout droit de Sarah BARUKH

Editions Albin Michel


La seconde guerre mondiale s'invite une nouvelle fois dans cette rentrée littéraire de janvier 2017 et elle n'a pas manqué de retenir l'attention de nos fées des 68 premières fois.


Alice a 8 ans, elle vit des jours heureux chez une nourrice, à la campagne, où elle côtoie les animaux, passe son temps à aller chercher l'eau au puits. Elle vit sa vie de petite fille et puis un jour, surgit une femme qui dit être sa mère. Elle doit quitter son foyer pour une nouvelle famille. Malheureusement, sa mère, qui l'impressionne avec ce tatouage sur le bras, va tomber malade. Elle ne peut plus s'occuper de sa fille. Elle décide de la confier à son père qui vit à New-York aux Etats-Unis. C'est une toute nouvelle aventure qui s'offre à elle en terre inconnue, dans une famille qu'elle ne connaît pas et aux côtés d'un père qui ne lui montre aucun signe d'affection. Elle va sympathiser avec Vadim, un vieux monsieur qui vit là et va s'attacher à reconstituer son passé.


Ce livre, c'est un roman d'aventure, c'est le regard d'une petite fille sur des réalités qui la dépassent, nous sommes à la fin de la seconde guerre mondiale. Je me suis sentie décalée par  rapport à cette histoire et j'ai eu un peu de mal à me retrouver dans cette expression enfantine. Je me disais qu'au collège, j'aurais sûrement aimé ce type de roman qui vous fait voyager entre les continents et découvrir parcimonieusement quelques éléments de la grande Histoire. Il n'est toutefois pas suffisamment fouillé pour revêtir le costume de roman historique.

 

Et puis, le scénario paraît soit trop prévisible (quand les correspondances de la petite fille à sa mère sont retrouvées dans un bac à linge et qu'elles n'ont donc jamais été postées), soit peu vraisemblable (quand elle saute du bateau pour rester avec Vadim). Bref, je suis passée à côté de ce texte. 


Le seul moment où j'ai ressenti une émotion, c'est lors de ce moment de complicité partagé entre Alice et Vadim autour du piano :

 


Il céda quand même. Il lui décrivit la note, au milieu du clavier, juste avant les deux barres noires resserrées. Alice posa le pouce de son oncle dessus, il était juste à côté. De son autre main, Vadim caressa les touches. Les traits de son visage se gonflèrent, ses lèvres s'entrouvrirent, et il resta un moment les doigts collés au clavier. P. 284

Et pourtant, il y avait quelques éléments qui auraient pu me séduire. Le sujet de la photographie, je suis assez sensible à l'art et quand il est associé à une page de l'Histoire, il réussit en général à me faire vibrer mais là, non. Il y aura bien la référence à ce couple, les époux Capa, mais là aussi, de façon trop vague.


J'ai laissé maturer cette lecture quelques temps mais rien n'y a fait.


Il est pourtant bien écrit. Je peux saluer la qualité de la plume de Sarah BARUKH. J'attendrais quand même son 2ème livre pour me prononcer définitivement !

Celle lecture s'inscrit dans le cadre de la sélection des 68 premières fois pour son édition 2017 :

Outre-mère de Dominique Costermans ****

Maestro de Cécile Balavoine *****

Marguerite de Jacky Durand *****

La plume de Virginie Roels ****

Mon ciel et ma terre de Aure Atika *****

Nous, les passeurs de Marie Barraud *****

Principe de suspension de Vanessa Bamberger *****

Les parapluies d'Erik Satie de Stéphanie Kalfon ****

Presque ensemble de Marjorie Philibert ***

Ne parle pas aux inconnus de Sandra Reinflet *****

La téméraire de Marine Westphal *****

La sonate oubliée de Christiana Moreau ****

Cette lecture participe aussi au Challenge de la Rentrée Littéraire MicMelo de janvier 2017 ! 

Outre-mère de Dominique Costermans ****

Vermeer, entre deux songes de Gaëlle Josse *****

Maestro de Cécile Balavoine ***** Coup de coeur

Marguerite de Jacky Durand *****

Les indésirables de Diane Ducret ***** Coup de coeur

Mon ciel et ma terre de Aure Atika *****

Nous, les passeurs de Marie Barraud *****

Pour que rien ne s'efface de Catherine LOCANDRO *****

Principe de suspension de Vanessa BAMBERGER ****

Les parapluies d'Erik Satie de Stéphanie KALFON ****

Coeur-Naufrage de Delphine BERTHOLON ***** Coup de coeur

Presque ensemble de Marjorie PHILIBERT ***

La baleine thébaïde de Pierre RAUFAST ****

L'article 353 du code pénal de Tanguy VIEL ****

Ne parle pas aux inconnus de Sandra REINFLET ****

La téméraire de Marine WESTPHAL *****

Par amour de Valérie TONG CUONG ***** Coup de coeur

La société du mystère de Dominique FERNANDEZ ****

L'abandon des prétentions de Blandine RINKEL ****

La sonate oubliée de Christiana MOREAU ****

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2017-05-07T22:24:30+02:00

Outre-mère de Dominique COSTERMANS

Publié par Tlivres
Outre-mère de Dominique COSTERMANS

Editions Luce Wilquin

Ce roman fait partie de la sélection des 68 premières fois pour l'édition 2017 et pourtant il ne s'agit pas du premier écrit de cette écrivaine connue pour ses nouvelles. Elle a bénéficié de résidences d'auteurs pour le rédiger.


Tout commence avec une citation de François EMMANUEL, "L'oeuvre, une ombre plus fidèle que la biographie." semant le doute entre la fiction et la réalité. Dominique COSTERMANS s'est effectivement inspirée de faits réels pour l'écrire...


Nous sommes en mai 1969, il y a tout juste 48 ans, une petite fille, Lucie, est convoquée par ses parents pour la préparation de sa première communion, cette "première visite de Jésus dans son coeur". Sa mère lui présente une image pieuse servant de modèle. Il s'agit de celle d'Hélène Morgenstern célébrée en mai 1946. Qui est Hélène Morgenstern ? Quels liens avec sa propre famille ? Quelle influence sur sa propre vie ? Lucie, interpellée, va partir en quête du passé de cette enfant dont les premières traces apparaissent il y a une bonne vingtaine d'années. Nous étions à la fin de la seconde guerre mondiale !


Je ne vous en dis pas plus car il s'agit du sujet même de ce roman.


Lucie est la narratrice. Elle explique sa démarche :


Je l'écris pour Hélène. Je l'écrits contre son gré.

J'écris aussi cette histoire pour mes enfants. Je l'écris pour mettre à plat, comprendre, reconstituer, mettre de l'ordre. Pour transmettre. P. 19-20

Vous l'aurez compris, ce roman va alterner les passages dédiés aux recherches menées par Lucie et la vie d'Hélène découverte progressivement au  gré des pièces qui vont lentement trouver leur place dans le grand puzzle familial. Il va y avoir une alternance aussi dans le temps, avec chaque fois une génération d'écart. 


Et puis, il y a un mystère qui éveille tout de suite la curiosité de Lucie enfant, sa propre mère s'appelle Hélène. Y a-t-il un lien entre les deux femmes ? Un secret plutôt ? précieusement gardé ! Pourquoi cette intonation dans la voix de sa mère quand Lucie pose la question de qui est Hélène, ce ton employé comme voulant mettre un point final à l'échange, un ton qui ne semble pas laisser de discussion possible autour d'un passé de longue date resté caché. Il n'en faudra pas plus, bien sûr, pour susciter les convoitises de Lucie, les punitions dans la chambre de ses parents dont toute l'intimité semble servie sur un plateau doré ne feront que renforcer les vélléïtés de l'enfant à découvrir l'histoire d'Hélène.


La grande Histoire va ponctuer l'itinéraire d'Hélène, voire de Lucie. Elle va laisser des traces plutôt inavouées vous l'aurez compris. Pendant la seconde guerre mondiale qui s'invite régulièrement maintenant dans la littérature contemporaine que l'action d'écrvain.e.s s'évertue à montrer, il y a eu des résistants à l'image de Jeanne Heon-Canone magnifiée sous la plume de Aude Le Corff dans "L'importun", il ya eu des femmes dont l'amour supposé ou assumé pour des Allemands a été rappelé par Jacky DURAND avec "Marguerite", il y en a eu d'autres qui ont mené la vie d'ordinaires français percutée par les événements et le départ au front des maris comme Emélie et Muguette, les héroïnes du dernier roman de Valérie TONG CUONG "Par amour", il y a eu des structures pour emprisonner des êtres humains désignés comme les hommes et les femmes à exterminer comme le Camp de Gurs dénoncé par Diane DUCRET dans "Les indésirables", d'autres pour soigner comme le sanatorium d'Aincourt dont la mémoire est assurée par Valentine GOBY avec "Un paquebot dans les arbres", et puis, il y en a eu qui ont collaboré avec l'ennemi notamment dans le Nationalsozialistiche Kraftfahrkorps (NSKK), une organisation paramilitaire du parti nazi qui n'a pas recruté qu'en terres allemandes mais a aussi accueilli des volontaires étrangers.

 

Certains Belges y ont trouvé leur voie, c'est le cas de Charles Morgenstern. Comme d'autres juifs, il s'y est engagé pour servir l'occupant, celui dont les siens sont pourtant l'une de ses premières cibles. Mais pourquoi ?


Dominique COSTERMANS essaie d'en exposer les motifs :

 


[...] par opportunisme, par naïveté, par jeunesse, pour sauver leur peau, pour manger. P. 66

Quel passé bien lourd à porter pour les générations suivantes, c'est ce que la famille de Lucie essaie de surmonter au quotidien.


Ils savent cependant qu'ils avancent dans le passé comme des démineurs, les bras chargés de grenades dégoupillées. P. 100

La démarche de ce roman est à l'image de celle menée par Marie BARRAUD dans son 1er roman "Nous, les passeurs", publié également lors de cette rentrée littéraire de janvier 2017. 

Il n'en a toutefois pas la même construction. J'avoue avoir été parfois désarçonnée par la multitude de personnages dont les destins individuels sont imbriqués les uns dans les autres. L'arbre généalogique des dernières pages est indispensable pour donner une vision globale de la famille. L'émotion y a été moins forte aussi mais il n'en reste pas moins un roman puissant.


Je voudrais saluer le devoir de mémoire auquel l'écrivaine concourt et pour cette voix donnée à

 


toute une génération après la guerre, celle des rescapés, celle des revenus-de-l'enfer, celle des enfants cachés, celle des survivants. [...] Ils avaient survécu, leur souffrance était inaudible : on les priva de parole. Ou ils se résignèrent d'eux-mêmes au silence. P. 26

Avec ce roman, elle contribue aussi à offrir une certaine émancipation du passé à des générations qui en étaient privées :


Je sais que les secrets de famille se nourrissent dans l'ombre de nos inconscients, restreignant la part de liberté de ceux qui les subissent. P. 110

Quant à la plume, le nombre de citations révèle une grande qualité, des mots justes. Je voudrais maintenant accéder au registre des nouvelles de Dominique COSTERMANS.

Celle lecture s'inscrit dans le cadre de la sélection des 68 premières fois pour son édition 2017 :

Maestro de Cécile Balavoine *****

Marguerite de Jacky Durand *****

La plume de Virginie Roels ****

Mon ciel et ma terre de Aure Atika *****

Nous, les passeurs de Marie Barraud *****

Principe de suspension de Vanessa Bamberger *****

Les parapluies d'Erik Satie de Stéphanie Kalfon ****

Presque ensemble de Marjorie Philibert ***

Ne parle pas aux inconnus de Sandra Reinflet *****

La téméraire de Marine Westphal *****

La sonate oubliée de Christiana Moreau ****

Cette lecture participe aussi au Challenge de la Rentrée Littéraire MicMelo de janvier 2017 ! 

 

Vermeer, entre deux songes de Gaëlle Josse *****

Maestro de Cécile Balavoine ***** Coup de coeur

Marguerite de Jacky Durand *****

Les indésirables de Diane Ducret ***** Coup de coeur

Mon ciel et ma terre de Aure Atika *****

Nous, les passeurs de Marie Barraud *****

Pour que rien ne s'efface de Catherine LOCANDRO *****

Principe de suspension de Vanessa BAMBERGER ****

Les parapluies d'Erik Satie de Stéphanie KALFON ****

Coeur-Naufrage de Delphine BERTHOLON ***** Coup de coeur

Presque ensemble de Marjorie PHILIBERT ***

La baleine thébaïde de Pierre RAUFAST ****

L'article 353 du code pénal de Tanguy VIEL ****

Ne parle pas aux inconnus de Sandra REINFLET ****

La téméraire de Marine WESTPHAL *****

Par amour de Valérie TONG CUONG ***** Coup de coeur

La société du mystère de Dominique FERNANDEZ ****

L'abandon des prétentions de Blandine RINKEL ****

La sonate oubliée de Christiana MOREAU ****

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2017-04-28T21:43:37+02:00

Vermeer, entre deux songes de Gaëlle JOSSE

Publié par Tlivres
Vermeer, entre deux songes de Gaëlle JOSSE

Comme vous le savez, je suis une inconditionnelle de la plume de Gaëlle JOSSE. Il y a les romans bien sûr, et notamment les plus récents dont vous avez certainement entendu parler : Le dernier gardien d'Ellis Island et L'ombre de nos nuits qui sont extraordinaires.

Mais Gaëlle JOSSE est une femme qui expérimente également de nouvelles formes d'écritures. De vives voix par exemple est un essai autour de la voix qu'elle dissèque avec brio.

Cette fois-ci, nous sommes de nouveau sur une forme atypique publiée aux éditions Invenit qui elles ont l'habitude de dédier de petits ouvrages à la perception d'un artiste.

Ainsi, Gaëlle JOSSE, que j'ai eu la chance de rencontrer au Salon du Livre de Paris justement sur le stand de cette maison d'édition, s'est pliée avec plaisir à l'exercice proposé.

Avec ce tout petit ouvrage de seulement 50 pages, elle va nous faire partager ses émotions autour de l'oeuvre énigmatique "La jeune fille assoupie" de Vermeer, ce peinte néerlandais du XVIIème siècle.

Elle se retrouve au Metropolitan Museum de New York face au tableau qu'elle nous décrit dans les moindres détails qui ne manquent pas de susciter des interrogations, des émotions. 

Elle exprime ce que lui évoque l'oeuvre, non pas qu'elle prétende vouloir l'imposer, loin de là. 


Une multiplication du sens, des possibles, des ouvertures, sans qu'aucune interprétation puisse prétendre prévaloir sur une autre. P. 12

J'ai beaucoup aimé retrouver la plume de cette écrivaine dont la qualité s'illustre dans des livres courts. Chaque mot est juste, il vient à point nommé et nous transporte.


L'exercice de cette contemplation m'a séduite. C'est un peu comme une parenthèse, courte mais intense, qui rappelle à chacun le pouvoir de l'art. Magique !

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2017-04-28T20:42:59+02:00

Maestro de Cécile BALAVOINE

Publié par Tlivres
Maestro de Cécile BALAVOINE

Editions Mercure de France

 

Maestro, c'est le 1er roman de Cécile BALAVOINE tout juste sorti des presses et immédiatement sélectionné par les fées des 68 premières fois, tout ça est de très bon augure.


Oh, surprise, à la première page, il est écrit : "A vous.". Ce roman m'intrigue, il s'adresse à moi ? lectrice ? Ma curiosité est attisée, je plonge et n'en ressorts qu'en fermant la toute dernière page ! Un roman sublime.


Je vous explique :


Cécile, une femme journaliste, est sur le point de réaliser une interview par téléphone, celle d'un Chef d'Orchestre, reconnu mondialement. Elle est dans une chambre d'hôtel à New–York. Elle finalise ses questions. Le rendez-vous téléphonique est sur le point de se concrétiser. Elle décroche le combiné, compose le numéro, la sonnerie retentit et puis, sa voix, à lui, cette voix qui la renvoie immédiatement dans sa plus tendre enfance, alors même qu'elle chérissait un mort. Mais pas n'importe lequel, non, Mozart. Excusez du peu ! Alors même qu'elle n'était qu'une petite fille, son cocon familial se désagrégea avec l'arrivée d'un bébé. Une petite soeur allait lui voler les attentions et le regard de Papa et Maman. Pour atténuer sa peine, elle hait cette petite soeur a priori, ses parents lui offrent un piano, rien qu'à elle. Il est installé dans sa propre chambre et sera le moyen de nourrir cette passion pour la musique.


Vous l'aurez compris, le "Vous" s'adresse à ce Chef d'Orchestre, cet homme que la narratrice va interviewer et qui va la replonger dans son passé. Cécile BALAVOINE va ainsi alterner les paragraphes dédiés à cet entretien téléphonique et aux flash-backs qui vont permettre progressivement de découvrir d'où remonte cette passion pour un virtuose qui a vécu au XVIIIème siècle.


J'ai beaucoup aimé découvrir comment la musique avait réussi à trouver lentement sa place dans la vie de cette enfant. 


Je sais seulement qu'il y a la partition sur le piano et qu'il suffit de l'ouvrir, de la lire et de bouger les doigts pour que la chambre vibre, danse, pour arriver dans un ailleurs très lointain et faire surgir Volfgangamadéoussemozare. [...] Mes mains apprennent à se placer, se déplacer sur le clavier, elles tracent les notes du plus grand musicien de tous les temps. P. 16

Et mesurer la puissance artistique de la musique sur les mélomanes...


Vos yeux s'animent, dans un mouvement rapide, vos sourcils se relèvent, ils expriment l'intensité et la beauté de la musique. P. 193

J'ai été profondément touchée par le pouvoir du père et cette personnalité qui anéantit toute expression de l'enfant. 


Mais tout à coup, debout devant papa, je me mets à douter. Tout à coup, cela me traverse, c'est fulgurant. ...] Je sens dans ma poitrine la peur de décevoir papa. P. 17

Cette perception, je l'ai récemment lue dans le roman de Marie BARRAUD "Nous, les passeurs". Les deux écrivaines, toutes jeunes, en disent long sur cet ancrage encore très marqué du chef de famille incarné par le père. A croire que nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir pour espérer un jour une égalité hommes/femmes !

 

Ce roman, c'est aussi celui de la vie de Wolfgang Amadeus Mozart, ce musicien au talent incommensurable. Cécile BALAVOINE fait référence à son oeuvre en ponctuant régulièrement le roman de morceaux. L'un résonne d'une tonalité toute singulière tout au long de ce livre : Verklärte Nacht. Je ne résiste pas à vous le faire écouter ! 
 

Mais plus encore, ce roman se concentre sur la passion, celle de la musique bien sûr, on en a parlé, celle d'un musicien mort il y a quelques centaines d'années maintenant et que la narratrice continue de chérir, et puis, enfin, celle qu'elle voue à un homme, fait de chair et d'os, celui-là. Ce livre, c'est la reconnaissance de l'amour dans ses dimensions les plus intenses, Cécile BALAVOINE décrit très bien la violence de la passion et la fulgurance des sentiments qui transcendent toutes les frontières :


Et c'est ainsi que je vivais ces moments avec vous, en me disant qu'il fallait s'engouffrer dans ce temps hors du temps, jouer en virtuoses notre passion. P. 202

J'ai été littéralement subjuguée par la qualité de l'écriture de cette écrivaine dont c'est le premier roman. J'ai lu "Maestro" avec une profonde intensité. Dès les premières lignes, j'ai été séduite par cette plume remarquable, tellement fine, juste, sensible à l'envi. Evoquer l'art avec une telle qualité de français est un immense plaisir, je l'ai savouré sans modération. Le jeu de la construction très réussi n'a fait qu'amplifier mon ardeur. Quant à son bandeau, il ne fait que renforcer encore la beauté du livre, assurément un très bel objet.

 

C'est un coup de coeur ce roman ! 


Indéniablement, pour moi, c'est aujourd'hui l'un des meilleurs de la sélection des  68 premières fois pour son édition 2017 :

 

Marguerite de Jacky Durand *****

La plume de Virginie Roels ****

Mon ciel et ma terre de Aure Atika *****

Nous, les passeurs de Marie Barraud *****

Principe de suspension de Vanessa Bamberger *****

Les parapluies d'Erik Satie de Stéphanie Kalfon ****

Presque ensemble de Marjorie Philibert ***

Ne parle pas aux inconnus de Sandra Reinflet *****

La téméraire de Marine Westphal *****

La sonate oubliée de Christiana Moreau ****

Cette lecture participe aussi au Challenge de la Rentrée Littéraire MicMelo de janvier 2017 ! 

Marguerite de Jacky Durand *****

Les indésirables de Diane Ducret ***** Coup de coeur

Mon ciel et ma terre de Aure Atika *****

Nous, les passeurs de Marie Barraud *****

Pour que rien ne s'efface de Catherine LOCANDRO *****

Principe de suspension de Vanessa BAMBERGER ****

Les parapluies d'Erik Satie de Stéphanie KALFON ****

Coeur-Naufrage de Delphine BERTHOLON ***** Coup de coeur

Presque ensemble de Marjorie PHILIBERT ***

La baleine thébaïde de Pierre RAUFAST ****

L'article 353 du code pénal de Tanguy VIEL ****

Ne parle pas aux inconnus de Sandra REINFLET ****

La téméraire de Marine WESTPHAL *****

Par amour de Valérie TONG CUONG ***** Coup de coeur

La société du mystère de Dominique FERNANDEZ ****

L'abandon des prétentions de Blandine RINKEL ****

La sonate oubliée de Christiana MOREAU ****

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