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2015-02-28T22:12:42+01:00

La bibliothèque des coeurs cabossés de Katarina BIVALD

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Je vous emmène en Suède où Sara travaille dans une librairie depuis une dizaine d'années. Malheureusement, la librairie ferme, Sara perd son emploi. Elle décide de partir en voyage. Sa destination : l'Iowa aux Etats-Unis. Elle entretient une correspondance depuis deux ans avec une vieille dame qui vit là bas. Au gré de leurs échanges épistolaires, elles partagent leur passion pour les livres. Mais voilà, quand Sara atterrit aux Etats-Unis, Amy vient juste de décéder. Les voisins et amis de cette vieille dame vont prendre en charge Sara, lui confier la maison d'Amy dont elle va partir à la découverte. Après quelques hésitations, et quelques verres d'alcool, elle décide de franchir le seuil de la chambre de la vieille dame, et là, "my god", elle découvre une foultitude de livres. Une fois la surprise digérée, elle monte le projet d'ouvrir une librairie dans l'une des nombreuses boutiques du village laissées à l'abandon. Elle va vivre un élan de solidarité. Commence alors pour elle une nouvelle aventure... peut-être une nouvelle vie ?


Je sors de cette lecture avec un avis en demi-teinte.


Certes, il y a le monde des livres et là, pour nous lecteur trice s, impossible de ne pas se laisser séduire par autant de voyages qu'il y a d'ouvrages ! Quelques très belles citations témoignent du pouvoir des livres.

Ensemble, nous allons diffuser des livres et des histoires dans Broken Wheel. P. 146

Il y a aussi un très beau passage qui ressemble de beaucoup à la citation de Sénèque de l'en tête de "T Livres ? T Arts ?" et qui donne du sens aux blogs et autres pages facebook dont nous nous enivrons tous ensemble 

 

Les livres sont fantastiques et prennent sans doute toute leur valeur dans un chalet au fond de la forêt, mais quel plaisir y a-t-il à lire un livre merveilleux, si on ne peut pas le signaler à d'autres personnes, en parler et le crier à tout bout de champ ? P. 189

C'est aussi un roman qui dissèque la vie de quelques uns des habitants de ce village qui étaient des amis d'Amy, ces "coeurs cabossés" que Sara va rencontrer.

 

Ce roman est un petit bonbon sucré qu'on laisse fondre sous la langue MAIS voilà, je reste sur ma faim !


En fait, je pense que l'erreur vient de s'être rassasiée de romans historiques qui m'ont plongée dans des univers méconnus dont j'ai beaucoup appris, de romans policiers qui m'ont fait tourner les pages à vitesse grand V et vivre des moments haletants. "La bibliothèque des coeurs cabossés" est un roman qui utilise comme ingrédients seulement les bons sentiments, et là, la saveur est un peu fade. Je suis assez fière de moi, c'est bien dit !


Pour celles et ceux qui lisent peu, ce roman peut offrir un très bon moment de lecture. Alors, laissez vous tenter...


Pour les autres, maintenant que vous connaissez mes goûts, j'attends vos références !!!

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2015-02-25T12:36:15+01:00

L'oeil du prince de Frédérique DEGHELT

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Quand j'accumule les coups de coeur comme en ce début d'année, je crains toujours la lecture qui va me faire retomber... dans un environnement plus ordinaire, plus fade, moins grisant, moins pétillant. C'est ce qui s'est produit avec le tout dernier roman de Frédérique DEGHELT.


Je croyais bien connaître cette écrivaine pour avoir lu "La brume des apparences", "La nonne et le brigand", "La grand mère de Jade", "La vie d'une autre"... et pourtant, la lecture de son dernier roman n'a pas été à la hauteur du plaisir passé.


4 histoires se succèdent : celle de Mélodie, une adolescente cannoise ; celle de Yann, un Français expatrié aux Etats Unis et frappé par un profond chagrin ; celle de Benoît dont le couple part à la dérive ; celle enfin d'Alceste et Agnès bâtie sur des correspondances clandestines. A chacune est dédiée un chapitre, le 5ème étant censé dévoiler les secrets d'une famille et les liens entre tous ces personnages.


Malheureusement, l'alchimie ne s'est pas faite, la magie n'a pas opéré !


Il y avait pourtant de bons ingrédients qui auraient pu, à eux seuls, faire l'objet d'un roman. Je pense à la résilience de Yann, à la liaison extraordinaire d'Alceste et Agnès dans un environnement ô combien hostile... J'aurais aimé, je crois, partager plus longuement leur quotidien.

 

Dommage !

 

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2015-02-24T21:11:03+01:00

Le singe de Hartlepool de Wilfrid LUPANO et Jérémie MOREAU

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Je vous propose de commencer la semaine avec une BD, éditée par Delcourt et lauréate du Prix des Libraires 2012. J'étais passée à côté !


Mais dans le contexte actuel, impossible de ne pas la lire.


Cette BD est inspirée d'une légende qui date maintenant, l'époque napoléoniènne, vous voyez un peu... et pourtant, elle demeure intacte encore aujourd'hui : les habitants de Hartlepool sont toujours surnommés les "monkeys hangers", en français "les pendeurs de singe" ; c'est aussi le surnom du club de supporters de l'équipe de football... Plus encore, en 2002, un homme candidat aux élections municipales s'est présenté en costume de singe et il a été élu, puis réélu en 2005 et 2009 !


Cette légende prend sa source dans le naufrage d'un navire français au large des côtes anglaises. Il n'y aura qu'un seul survivant : un singe que les Anglais prendront pour un Français, de quoi ridiculiser ces ignorants.


L'erreur est grossière et prête à rire mais parfois, le diable se cache dans les détails...


Jérémie MOREAU met son talent à la disposition de cette histoire avec une palette de couleurs variées entre les nuances de marron et de rouge.


C'est un très bel album qui peut se révéler être un très bon support pédagogique pour susciter des débats sur la différence, la portée de notre regard sur l'Autre... cet inconnu qui fait peur et inspire tous les fantasmes, l'ennemi idéal !


C'est en luttant contre l'ignorance que nous vaincrons ce climat d'intolérance, j'en suis persuadée. Saluons le travail des artistes qui y contribuent ! 

 

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2015-02-18T19:16:09+01:00

Les femmes sont belles... selon Mihaela NOROC

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Les femmes sont belles,nous le savons toutes ! Encore faut-il le montrer...

et le faire reconnaître !

C'est ce que fait Mihaela NOROC, une femme bien sûr, mais pas que !


Mihaela, âgée seulement de 29 ans, a parcouru le monde, armée de son appareil photo. Elle nous livre aujourd'hui "L'Atlas de la beauté".

Tout d'abord, je souhaiterais valoriser cette femme, Mihaela NOROC, pour son formidable travail artistique. J'ai été sensible à la composition de ses clichés, à l'ingéniosité de ses plans, à l'importance consacrée à la lumière... Ces photographies sont magnifiques !

Les femmes sont belles... selon Mihaela NOROC
Les femmes sont belles... selon Mihaela NOROC
Les femmes sont belles... selon Mihaela NOROC
Les femmes sont belles... selon Mihaela NOROC

Ce qui m'importe aussi, c'est la démarche innovante de cette femme qui vise à montrer à quel point les femmes sont belles quand elles sont elle-même, de quoi nous inciter à nous émanciper de tous artifices, non ? 


D'autant que la beauté ne répond pas à un seul modèle,


LES  FEMMES SONT BELLES

DANS LEUR DIVERSITE !


Seule une femme pouvait y penser, non ?

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2015-02-17T07:37:09+01:00

Sauf quand on les aime de Frédérique MARTIN

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Sauf quand on les aime de Frédérique MARTIN

Tout commence avec l'agression de Tisha, une jeune femme noire, dans un train, l'homme n'acceptant pas qu'elle refuse de lui communiquer son numéro de téléphone portable. Alors, fusent les propos coléreux et racistes. Les voyageurs restent médusés devant ce déferlement de violence à l'exception d'une femme d'âge mûr qui prend l'initiative d'inviter la victime à venir s'asseoir à ses côtés, utilisant son corps à elle comme d'un bouclier. Elle engage la conversation avec cet homme pour faire diversion. Elle poursuit cet échange à l'arrivée en gare pour permettre à Tisha de se sauver. Claire, restée tétanisée pendant l'agression, décide de suivre Tisha pour vérifier qu'elle est bien en sécurité. Elle se retrouve nez à nez avec la jeune femme qui lui avoue ses déboires et ne pas avoir de toit pour la nuit. Claire propose de l'accueillir. Elle impose sa présence à ses colocataires, Juliette et Kader. Commence alors pour chacun une nouvelle vie...


Frédérique MARTIN se penche de nouveau au chevet de notre société du XXIème siècle pour en explorer les tréfonds. Après avoir abordé la situation des personnes âgées dans "Le vase où meurt cette verveine", elle consacre son tout nouveau roman, très réussi, à la jeunesse désenchantée d'aujourd'hui et à toutes les formes de violence qui l'affectent.


Elle frappe très fort dès les premières lignes avec ce fait qui pourrait être classé dans la catégorie du harcèlement de rue, nouveau phénomène de société qui commence à être dénoncé par les femmes qui ne peuvent plus se déplacer sans se faire siffler, insulter, et se faire demander leur 06. Quand les femmes refusent, elles s'exposent à ce type de comportement et je crois que c'est important de mettre le doigt sur ce nouveau fléau qui entrave la liberté des femmes en particulier.


Elle poursuit en explorant la colocation, cette nouvelle forme de logement qui s'impose aujourd'hui comme une évidence, les jeunes ne pouvant assumer seul financièrement le paiement d'un loyer. Frédérique MARTIN dénonce le profond isolement de chacun, éloigné de ses parents vivant parfois à l'étranger. Cette cohabitation dans un même appartement ne saurait cacher cette solitude dans laquelle sombre la jeunesse, finalement pas si éloignée de celle que vivent les personnes âgées isolées, à l'image de ce Monsieur Brehel.


Le monde professionnel ne saurait être non plus source d'épanouissement. Petits boulots et activités sans grand intérêt représentent le lot quotidien de cette jeunesse en mal de reconnaissance.


Quant à l'amour, le monde des sentiments comme les voies de la sexualités sont autant d'apprentissages qui peuvent se révélés douloureux.


Après un début un peu difficile, déstabilisée moi-même par le vocabulaire et le ton du roman, je me suis finalement beaucoup attachée à ces jeunes aux parcours chaotiques au risque d'atteindre un trop plein d'émotion et de fondre littéralement en larmes devant le destin de Tisha et Kader. Comment avons-nous fait pour engendrer un tel monde et oser le léguer à nos enfants ?

Sauf quand on les aime de Frédérique MARTIN

J'avoue, je les cumule depuis le début de cette année, mais je suis bien obligée de le dire : "Sauf quand on les aime" est un coup de coeur !

Dernier clin d'oeil à Frédérique MARTIN qui a eu la formidable idée de reconstituer l'univers sonore de la création de son dernier roman. Ingénieux ! Il ne vous reste plus qu'à écouter...


Personnellement, j'aime beaucoup Zoe KEATING jouant "Optimist". Je ne pouvais décemment pas vous abandonner sans une petite touche "optimiste" !

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2015-02-12T07:23:45+01:00

Lingerie pour femmes, Bonnets A et B, Ysé y a pensé !

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Deux jeunes femmes, Clara BLOCMAN et Bérengère LEHEMBRE, sont à l'origine de la création d'une entreprise qui pense aux femmes, et pas à n'importe quelles femmes, non, à celles qui ont une petite poitrine.


Elles mettent sur le marché des produits révolutionnaires. Pourquoi révolutionnaires ? Et bien, tout simplement parce que, s'il y a bien un domaine dans lequel les stéréotypes ont la vie dure, c'est bien celui de la lingerie féminine qui a fait des femmes aux poitrines plantureuses le canon de la féminité. Et elles réussissent !


D'où leur est venue cette idée ?


Toutes les 2 frustrées de ne trouver sur le marché que des modèles aux motifs enfantins et sans soutien mais saturées par ceux qui recourent à tous subterfuges, rembourage et autres, pour tromper l'ennemi, elles ont eu l'idée de créer une ligne de sous vêtements pour les femmes qui assument totalement leur bonnet A ou B. Et ça marche !


Les produits sont beaux, séduisants, à tel point qu'ils suscitent de la jalousie de la part des femmes qui portent un bonnet C. Incroyable !


Les ventes se font en ligne et dans quelques boutiques de Paris et Orléans pour la France.

Il fallait oser, Ysé l'a fait !

La contredanse.

Bien vu pour des femmes de caractère !

Cette entreprise commence à faire de l'oeil à l'Asie, un continent sur lequel les femmes aux petites poitrines sont particulièrement représentées.


Mais dites-moi, l'émancipation des femmes ne commence-t-elle par la libre disposition de leur corps ? Cette ligne de lingerie pourrait bien ouvrir de nouvelles perspectives pour toutes celles dont la condition humaine a souvent été malmenée... Bon vent en Asie.

Chapeau Mesdames pour ces bonnets !

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2015-02-11T08:00:37+01:00

Amala DIANOR interprète Man Rec au THV

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Man Rec, ça veut dire "seulement moi" dans la langue du Sénégal dont est originaire Amala DIANOR, normal pour un solo, non ?


En fait, ça va beaucoupo plus loin que ça !


Amala DIANOR interprète ce solo qu'il a lui-même chorégraphié. C'est donc seulement lui qui est à l'origine de ce solo dont il assure une représentation, seul, avec talent.


Dès les premières notes de musique, dès les premiers mouvements, j'ai été sensible à sa sensualité, son rythme, son expression corporelle.


Je me suis délectée.


Et comme j'aime partager mes découvertes, vous pouvez visionner cette vidéo pour vous donner une petite idée...

 

Alors ? Vous aimez ?


Il ne vous reste plus qu'à le trouver près de chez vous...

 

 

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2015-02-10T20:00:18+01:00

Le dernier gardien d'Ellis Island de Gaëlle JOSSE

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Nous sommes en 1954. Dans 9 jours, le centre de l'île d'Ellis Island sera fermé. Le compte à rebours est lancé et le dernier gardien décide de rédiger ses mémoires.


Il se souvient de cette île, située au large de New-Yord, au Sud de Manhattan, qui fut à partir de 1927, le lieu d'accueil incontournable de tous les immigrants venus d'Europe. Pas moins de 12 millions de personnes y ont séjourné après avoir vécu des conditions de navigation parfois miraculeuses. Il restait encore à subir un examen de santé et à répondre aux 29 questions pour oser espérer poser les pieds sur le territoire américain.

 

Les immigrants dans le chaudron d'Ellis, dans ces fonts baptismaux gigantesques, ressortaient sous forme de citoyens américains, libres et égaux, priés de travailler dur, de parler anglais et d'utiliser des dollars en lieu et place de lires, de zlotys ou de roubles. P. 116

Et puis, avec l'évolution des politiques de l'immigration, le centre a été réaffecté, dans un premier temps, en un terrain d'entrainement pour les militaires et enfin, comme ultime lieu de résidence pour les prisonniers politiques avant leur expusion. 7 000 Italiens, Japonais, Allemands y seront accueillis avant d'être réexpédiés vers leur terre d'origine.


Le dernier gardien a passé toute sa carrière à gérer au mieux ce centre. Il y a consacré 45 années de sa vie. Alors, pendant tout ce temps, il a aussi eu le loisir de vivre quelques instants d'humanité. Il y a vécu des moments de bonheur intense, il revient aussi sur ses faiblesses et ses souffrances.

 

Le dernier gardien d'Ellis Island de Gaëlle JOSSE

C'est un véritable coup de coeur pour ce roman court mais où les émotions sont à leur comble. L'écriture est concise, les phrases sont denses.


Elle y parle de l'exil :

Il faut avancer, s'adapter à une autre vie, à une autre langue, à d'autres gestes, à d'autres habitudes, à d'autres nourritures, à un autre climat. Apprendre, apprendre vite et ne pas se retourner. P. 19

Je voudrais également saluer le travail de recherche réalisé par Gaëlle JOSSE et ce devoir de mémoire qu'elle assure avec talent. Outre le fait de nous livrer un roman sur cette page de l'Histoire des Etats Unis, Gaëlle JOSSE va plus loin en mettant en ligne sur internet toute la documentation qu'elle a pu collecter sur le passé de cette terre insulaire. On y trouve des photos, des poèmes, de la musique avec des vidéos... Gaëlle JOSSE a convoqué toutes les formes artistiques, une démarche ingénieuse et remarquable !

 

Sans le Prix littéraire CEZAM 2015,

je serai peut être passé à côté de cette perle.


Ce roman en prend la 1ère place.


Petit récapitulatif de mon classement :


Le complexe d'Eden Bellwether de Benjamin WOOD

occupe la 2ème place,

L'oubli de Emma HEALEY,

la 4ème !



Manifestement, je ne suis pas la seule à l'avoir apprécié... L'oeuvre de Gaëlle JOSSE fait partie  des 3 derniers romans en lice pour le 61ème Prix des Libraires qui sera remis le vendredi 20 mars prochain, au Salon du Livre de Paris. J'y serai !

 

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2015-02-09T08:00:46+01:00

Les mots qu'on ne me dit pas de Véronique POULAIN

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1er livre

 

Ce récit commence ainsi : 

Je suis bilingue. Deux cultures m'habitent. Le jour : le mot, la parole, la musique. Le bruit. Le soir : le signe, la communication non verbale, l'expression corporelle, le regard. Un certain silence. P. 12

Véronique POULAIN a été élevée par des parents sourds-muets.


Avec ce récit, elle nous déroule le fil de sa vie au rythme d'anecdotes, certaines tristes, d'autres drôles, avec des propos, parfois crus, souvent tendres.


J'ai beaucoup appris sur cette communauté...

Les sourds se marient entre eux. Entre sourds, on est assurés de partager le même niveau de communication, de compréhension et de connaissances. On est du même monde. P. 26

Elle explique aussi comment elle a réussi, elle, à construire sa vie. Nathalie LOISEAU parle du mentor, masculin, auquel se raccroche les femmes. Et bien, devinez quoi ? Elle en a un !

Mes grands-parents maternels sont mes idoles. Surtout mon pépé. [...] Du jour de ma naissance au jour de sa mort en 2007, il n'a cessé de me soutenir, de me pousser, de croire en moi sans réserve et en toutes circonstances. P. 36

Elle a puisé aussi dans les livres une force supplémentaire pour tenir :

Ma vie commence à être intéressante. Je vais lire. Je ne vais enfin plus m'ennuyer. [...] Je lis tout. Tout ce qui me tombe sous les yeux. Je dévore les mots qu'on ne me dit pas. P. 45

Elle raconte tout de sa vie quotidienne et notamment du bruit que font les sourds. Un bruit insupportable pour des entendants. Un comble, non ?

Mais c'est la soupe qui a raison de moi, c'est la soupe qui m'a contrainte aux boules Quies dans les oreilles pendant les repas. P. 68

Et pour finir en beauté, je vous livre une réflexion de Véronique POULAIN sur le mime :

L'art du mime sublime son sens de l'observation et de l'imitation. P. 75

Un livre qui montre ô combien chaque communauté a ses codes, ses références, ses modes d'expression. Alors, si l'on veut communiquer tous ensemble, et en lien avec les premières lignes de ce très beau récit, il est urgent d'ajouter un "s" au mot "culture", vous ne croyez pas ?

Vous aimerez peut-être aussi :

Où on va Papa ? de Jean-Louis FOURNIER

 

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2015-02-08T08:00:05+01:00

Choisissez tout de Nathalie LOISEAU

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J'aurais pu classer cet article dans la rubrique "Mes lectures" mais en réalité, c'est bien plus la femme que je souhaite valoriser et son appel à choisir.


Aujourd'hui, Directrice de l'E.N.A., Nathalie LOISEAU a fait son combat de permettre aux femmes d'accroître leur place dans les élèves admis aux concours de cette vieille institution de 70 ans. Leur proportion a atteint dans la promotion 2014-2015 45 %, c'est un record ! L'année précédente avait été un très mauvais résultat : seulement 28,75 % des lauréat-e-s étaient des femmes. Les années d'avant, les résultats oscillaient entre 32 et 38,78 % en 2008.

Et pour atteindre ce résultat, elle n'a pas eu besoin de textes législatifs pour assurer aux femmes une place à coup de ratio et autres quotas. Non ! Elle a observé, écouté, pour mieux comprendre la situation. Elle a ensuite usé de professionnalisme pour y arriver. Une longue expérience en tant que DRH l'a bien aidée à cerner tous les stéréotypes largement véhiculés, y compris dans une institution qui devrait mener les élèves aux plus hauts rangs de la République.

Cette femme croit fondamentalement dans "la compétence, le caractère, l'expérience, la motivation" (P. 93) des femmes. C'est d'ailleurs ce qui l'a poussée à écrire ce livre au titre militant : "Choisissez TOUT". Vous remarquez que TOUT est écrit en majuscules, vous pouvez imaginer maintenant les dimensions de son ambition !!!


"Choisissez TOUT" est aussi une forme impérative et ce n'est pas anodin. Nathalie LOISEAU a un long parcours professionnel, en France mais aussi dans le monde entier, qui lui permet d'avoir un regard objectif sur la condition des femmes aujourd'hui. Et ce n'est pas parce de grands combats ont été menés dans les années 1960, avec des résultats remarquables il faut bien le dire, que la partie est gagnée. Les femmes, comme toutes les autres minorités, doivent revendiquer leur place dans une société "conçue et conduite par des hommes" (P. 113).


Nathalie LOISEAU ne mâche pas ses mots. Elle croit aussi profondément au discours clair, authentique. Ne nous berçons pas d'illusions, regardons les réalités en face, nous saurons un peu mieux les affronter, c'est ce que j'entends de son propos.

Pour ceux qui tâtonnent encore, ne pas leur dire ce qui leur manque, c'est ne pas croire à leurs chances, ne pas vouloir les intégrer vraiment, complètement. P. 202

J'ai noté des dizaines de citations qui font écho à des situations que j'ai pu vivre ou entendre. Je ne manquerai pas de vous en livrer quelques unes dans mes articles à venir, comme une douce voix qui viendrait chuchoter à votre oreille... histoire de vous remémorer qu'une femme a pris sa plume au XXIème siècle pour inciter au sursaut de ses homologues.


Ce livre fait aussi du bien, il permet de croire encore en un avenir meilleur. Et quand c'est votre fille qui vous recommande ce livre, c'est un signe, non ?


Alors pour toutes celles qui sont "chômeuse, ouvrière, caissière..." (P. 172) et à qui la société ne fait pas d'histoire avec la féminisation du statut, courez acheter ce livre, c'est un premier acte en faveur de la cause des femmes...


Vous hésitez encore ? Alors, méditez cette alternative proposée par Nathalie LOISEAU :

Pour faire sa place sans perdre son âme dans un monde construit par d'autres, il y a priori deux options : changer soi-même ou changer le monde. (P. 113)

J'ai choisi !!!

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