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2017-07-30T18:19:25+02:00

Le tour du monde du roi Zibeline

Publié par Tlivres
Le tour du monde du roi Zibeline

Gallimard éditions


Retrouver la plume de Jean-Christophe RUFIN est toujours un plaisir. Il faut dire que j'en suis une inconditionnelle même si l'auteur a plus d'une corde à son arc et qu'il est difficile de miser sur un genre en particulier quand il est question d'aborder le tout dernier livre sorti. Jean-Christophe RUFIN écrit aussi bien des romans historiques comme Le collier rouge, L'Abyssin, Rouge Brésil...que des romans sur des sujets de société (Parfum d'AdamKatibaLes causes perdues...) mais aussi des récits de vie comme Immortelle randonnée, ou bien des essais.


Mais chaque fois, aborder un écrit de cet auteur, c'est assurément embarquer pour une aventure singulière servie dans une prose exceptionnelle faite de surprise, de rebondissements...


Son tour dernier roman "Le tour du monde du Roi Zibeline" est fidèle en tout point à cette description. Attention, c'est parti pour un voyage à travers le monde et l'histoire.


Maurice Auguste Beniowski est né à la fin du XVIIIème siècle en Pologne. Orphelin de mère à l'âge de 9 ans, il a reçu très tôt les soins d'un précepteur, Bachelet, qui lui a notamment enseigné le français. Un peu plus tard, il lui a transmis son savoir en matière d'armée. Devenu adolescent, et comme les hommes de son âge, il fut happé par la guerre. 2 fois prisonnier, il réussit pourtant à s'évader. Chaque fois, il convenait de partir plus loin pour s'assurer la liberté. C'est ainsi qu'il croisa le chemin d'Aphanasie, la fille d'un Suédois exilé en Sibérie, d'à peine 18 ans. Follement amoureux, ils négocièrent auprès des parents de la demoiselle la possibilité de partir vivre tous les 2 leur amour. C'est ainsi qu'ils se retrouvèrent sur une embarcation qui les emmena depuis l'Alaska jusqu'à Madagascar en passant par le Japon et Macao.


Je ne vais pas vous en dire beaucoup plus, simplement que leur périple fut semé d'embuches, qu'ils furent exposés aux guerres, aux aléas climatiques, aux épidémies... tout ce qui faisait le charme de la vie d'explorateurs de l'époque. 


Assez naturellement, Jean-Christophe RUFIN a convoqué le couple Beniowski auprès de Benjamin Franklin, le rédacteur de la Déclaration d'Indépendance américaine et le créateur du service postal du même pays. Le roman s'inscrit ainsi dans une conversation au cours de laquelle Monsieur et Madame Beniowski content leurs aventures à un homme conquis par leurs découvertes. Le lecteur se retrouve ainsi aux côtés d'hommes et de femmes qui ont eu un rôle tout à fait particulier dans l'histoire et s'approprie, au fil de l'échange, l'ensemble des anecdotes ayant ponctué leur itinéraire.


L'auteur aurait pu se contenter de ne donner qu'une version du récit, mais cela aurait été vraisemblablement trop simple. Aussi, s'amuse-t-il à alterner la narration entre Monsieur et Madame. Il nous offre ainsi un regard croisé sur des mêmes évenements, Monsieur ayant plutôt une approche professionnelle et militaire, Madame se réservant le champ des émotions, des sentiments. 


J'ai pris beaucoup de plaisir à vivre ces aventures ponctuées d'approches philosophiques. L'académicien ne pouvait pas écrire sans faire de référence aux philosophes qui en France occupaient le devant de la scène. Ainsi, je me suis plue à retrouver Rousseau, Voltaire, Hobbes, Diderot... notamment à propos de la condition d'indigène. Souvenons-nous, la vague de colonisation était à l'oeuvre et cette question occupait nombre de discussions avec des enjeux politiques, économiques, sociaux... déterminants pour la haute sphère de la société française.
J'ai aussi apprécié de découvrir le passé de l'île de Madagascar, un territoire qui fut longtemps sous protectorat français, dont on connaît peu de choses mais qui pourtant fait partie de notre Histoire !  


Jean-Christophe RUFIN nous propose de nouveau un très beau roman avec des aventures romanesques à suspense. Peut-être aurait-il toutefois pû réduire celui-ci de quelques pages... 

 

Merci à celles et ceux qui ont eu la délicate attention de me l'offrir pour mon anniversaire !

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2017-07-29T16:21:17+02:00

Les passants de Lisbonne de Philippe BESSON

Publié par Tlivres
Les passants de Lisbonne de Philippe BESSON
Philippe BESSON a une écriture remarquable et surtout une sensibilité singulière pour aborder la solitude et l'émergence d'une relation à deux, pourtant improbable. Je me souvenais de la lecture il y a quelques années de son roman : "Une bonne raison de se tuer". Si comme moi, vous l'avez aimé, vous apprécierez de découvrir "Les passants de Lisbonne". Pour les autres, laissez-vous porter par le charme d'une immersion dans la capitale portugaise... allez, en route ! 
 
Hélène Villedieu vient de perdre son mari dans un séisme. Perdu, le terme souvent utilisé pour évoquer la mort sans avoir à prononcer le mot, trop cru, trop froid, trop brusque, est particulièrement adapté à sa situation. En effet, comment retrouver un corps dans une ville ravagée par un raz de marée qui a fait de nombreuses victimes ? C'est la douloureuse réalité à laquelle cette  femme est confrontée. Son mari était architecte, il travaillait beaucoup aux États-Unis, il faisait de nombreux voyages d'affaires et séjournait régulièrement à San Francisco où il construisait des immeubles. Elle a quitté Paris où tout lui rappelle l'absence de son mari pour s'installer dans un hôtel portugais. Elle y apprend à vivre seule, tente d'apprivoiser le temps. Elle reste assise des heures dans le patio sans bouger.
 
Mathieu Belcour, lui, aussi réside momentanément dans cet hôtel. Après quelques années de vie en couple sur Lisbonne, Diego, son compagnon, a subitement décidé de le quitter. Sans crier gare, il ne lui a laissé qu'une lettre sur la table de cuisine d'un logement laissé vide. D'abord sonné par l'incompréhension de cette rupture, il chercher aujourd'hui à surmonter la souffrance de l'absence.
 
Philippe  BESSON va lentement tisser sa toile autour de ces deux êtres malmenés par la vie et les faire se croiser. C'est Mathieu qui fera le premier pas vers Hélène, alors commence une toute nouvelle histoire...


Alors, d'un coup, ils ont le même regard, exactement, celui des abandonnés. Ils sont ceux qu'on a jetés dans le délaissement et qui tentent de s'en débrouiller, et qui sauvent la face. P. 32 chapitre 7

Les deux personnages vont accepter progressivement de se dévoiler, d'expliquer le pourquoi de leur présence dans cet hôtel, un lieu anonyme s'il en est. Que cherchent-ils au fond ? Pourquoi ce besoin irrépressible de changer d'environnement ?


C'est curieux comme on compte sur les exils pour régler nos névroses et comme on doit convenir rapidement qu'ils ne règlent rien. Au mieux, ils apaisent des névralgies. Mais on part quand même, on repart quand même. Dans les lieux neufs, les visages du passé n'ont pas les mêmes contours, ils ne sont plus aussi précis. Et on ne se cogne pas contre les moments insignifiants, vécus ensemble. P. 18/19 chapitre 3

Au gré de leurs confidences, ils vont aborder la relation de couple, son évolution dans le temps avec ses beaux moments et puis ses petits riens qui vont lentement s'immiscer, prendre leur place, parasiter la relation à deux, voire la mettre en péril...


Et dans ce décalage entre deux êtres, même infime, dans cette asymétrie, même légère, on loge des désastres. P. 24 chapitre 7

Avec cette femme, cet homme, Philippe BESSON va s'interroger sur les conséquences de l'absence sur celui qui reste. Entre la mort et la rupture amoureuse, y a-t-il une différence ? Y aurait-il une hiérarchie dans la douleur ? Par la voie d'Hélène, il va tenter d'y apporter son interprétation...


Vous savez ce que je crois ? Il y a des degrés dans la souffrance, mais pas de concurrence entre les souffrances. P. 30 chapitre 7

J'ai beaucoup aimé retrouver la plume de Philippe BESSON et son approche de la vulnérabilité de l'être humain.
 
Avec ces deux personnages plongés dans un huit clos quasi permanent avec, comme seule toile de fond, le patio d'un hôtel, l'écrivain propose une autre voie que les larmes. Il met des mots avec pudeur, justesse et sensibilité, sur des états d'âme. Il sait mettre un peu de lumière là où elle semblait ne plus pouvoir exister. Quel talent !

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2017-07-26T22:06:43+02:00

C comme... CHEVALIER

Publié par Tlivres

Tracy CHEVALIER

 

bien sûr, j'adore sa plume ! 

La jeune fille à la perleLa dame à la licorne, La dernière fugitive 

et plus récemment A l'orée du verger

 

 

mais aussi...

Noëlle CHATELET Le baiser d'Isabelle

Sandra CISNEROS Caramelo

Stephen CLARKE God save la France

Jean-Philippe CLAUDEL Le rapport de Brodeck, La petite fille de Monsieur Linh

Laëtitia COLOMBANI La tresse

Paulo COELHO Le Zahir, L'alchimiste

Jodi COMPTON La 37ème heure

Dominique COSTERMANS Outre-mère

Chloé CRUCHAUDET Ida

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2017-07-26T09:18:24+02:00

Qu'importe le chemin de Martine MAGNIN

Publié par Tlivres
Qu'importe le chemin de Martine MAGNIN

L'Astre bleu éditions
 

Il est des lectures qui se suivent et qui se ressemblent, enfin, qui ne tiennent qu'à un fil serait plus juste. Après avoir quitté l'univers de Claire GONDOR et "Le cœur à l'aiguille", je me suis plongée dans l'univers de Martine MAGNIN et son roman "Qu'importe le chemin" que Joëlle m'a si gentiment prêté (une délicate attention, merci à toi).

En ouvrant ce livre, oh surprise, tout commence avec une citation d'Antigone "Moi, j'ai toujours l'amour cousu dans mes entrailles". Avouez que le hasard fait bien les choses, non ?


Comme vous le savez, je ne lis plus les 4èmes de couverture, je ne savais donc pas à quoi m'attendre et c'était beaucoup mieux ainsi, j'ai vécu un véritable ascenseur émotionnel. Je vous explique :


La narratrice était mariée depuis une douzaine d'années, elle est aujourd'hui séparée et vit au rythme des gardes alternées de ses deux enfants, Alex, 8 ans, et Lola, 2 ans 1/2. Elle travaille avec 2 amies, elles ont créé toutes les 3 l'Atelier Maison, un magasin de couture et de décoration d'intérieure. Elle se prépare à partir en vacances avec ses enfants. Elle doit rejoindre Lola, déjà partie chez sa grand-mère maternelle, avec Alex, lui rentre d'un voyage en Afrique avec son père, urbaniste, qui a des attaches professionnelles sur ce continent. Mais voilà, alors que tout allait bien le soir du retour, au réveil, le lendemain matin, elle le  découvre pris de violentes secousses, les yeux révulsés. Elle téléphone au médecin qui se déplace et prend très au sérieux les premiers symptômes d'Alex. Il doit entrer de toute urgence à l'hôpital des enfants de Paris, c'est une toute nouvelle histoire qui commence.


Vous voilà harponné(e) par le destin de cet enfant et Martine MAGNIN ne vous lâchera plus jusqu'à la toute dernière page. Vous allez vivre en apnée totale les 188 pages, vous voilà prévenu(e).


Ce livre, qui n'est pas un roman, est un vibrant témoignage d'une mère face à la maladie de son fils. Propulsée malgré elle dans le monde de l'hôpital, elle va côtoyer des professionnels dont les doutes ne feront qu'accroître ses angoisses. Elle va vivre au rythme des examens, des résultats qui, déclarés insuffisants, en appelleront d'autres.


Elle va vivre l'arrivée de cette maladie comme une profonde injustice. Dès les premières lignes, elle nous explique à quel point il lui paraît antinomique de juxtaposer "enfants" et "malades", et pourtant.


Elle va plonger le.a lecteur.rice dans un univers singulier dont le patient comme l'entourage familial vont devoir s'approprier les codes. La vie prend soudainement une toute autre dimension :


Tous nos rituels habituels, nos repères les plus évidents et les plus naturels explosent, réduits à néant. On tâtonne, on s'égare, on ne reconnaît plus rien. On ne reconnaît plus sa propre vie. P. 15

Ce qui m'a passionnée dans ce livre, c'est de découvrir Alex grandir avec la maladie, voir comment un adolescent apprend à prendre son destin en main :
 


Pour la première fois, Alexandre devenait acteur de sa propre santé. P. 71

Mais pour la narratrice, sa mère, c'est là aussi un nouvel apprentissage qui commence, la nécessité pour elle de trouver sa place pour le bonheur de son enfant, enfin, pour accepter la voie dans laquelle il s'engouffre. Je ne vous en dirais pas plus bien sûr, au risque de vous dévoiler plus encore ce qui fait le charme de cette histoire.


Ce que je peux vous dire, par contre, c'est ô combien je suis en admiration devant l'abnégation de cette mère, son courage, sa force de vivre, et aussi son ingéniosité pour préserver le peu de complicité qu'il lui est encore possible de partager avec son fils. C'est aussi sa profonde humanité qui m'a émue aux larmes, cette mère qui se dit imparfaite, je crois que chacune d'entre nous voudrait être à sa hauteur, un portrait de femme absolument somptueux qui insuffle un profond optimisme dans une langue où la sincérité fait vibrer chaque ligne du récit.


Ce qui m'a profondément troublée aussi, c'est la capacité d'une mère à s'adapter, évoluer au rythme du fruit de sa chair, douter, se questionner, en un mot, avancer ! 
 


Peu importe, les choses sont rarement carrées et bien nettes, tout comme nos enfants, tout comme nous mêmes et c'est certainement notre part d'ombre qui permet la lumière. P. 111

Quelle distance, quel recul il faut prendre pour accepter l'autre dans toutes ses dimensions.

 

Mais au bout du compte : "Qu'importe le chemin", le titre a lui seul traduit la démarche de cette mère, cette quête de tous les jours dans un environnement mutant, impacté par la maladie et ses conséquences sur la vie quotidienne.

 

Quant à la toute dernière ligne de ce récit de vie, je crois qu'elle résume tout en beauté sa sage philosophie :


On récolte toujours ce que l'on S'AIME. P. 188

Je ne peux décemment vous quitter sans parler un peu couture, ce dénominateur commun avec "Le coeur à l'aiguille". J'ai pris un immense plaisir à m'immerger dans l'univers de cette femme et ses deux amies, unies par une activité artistique, et bien plus encore... 


Coudre, conjuguer les textures, détourner les usages, confronter les couleurs, jouer avec les galons anciens, chercher une idée, la peaufiner,, tailler, épingler, piquer, repasser... P. 57

J'ai retrouvé la beauté du geste de Leïla, la passion pour une activité manuelle, artisanale, la satisfaction du travail bien fait :
 


La couture, ce n'est pas uniquement une histoire de fils et d'aiguilles, mais aussi de couleurs, de formes, de sensations, de tendresse, d'imagination, d'aspirateur et de fer à repasser... mais c'est si bon de fabriquer quelque chose de tout son coeur avec ses propres mains et la couleur de ce tissu est splendide. P. 79/80

Outre cette dimension, la couture permet aussi de panser ses plaies. Quand la couture devient une thérapie...
 


Tous ces gestes avaient pour moi le bénéfice d'un travail lucratif, d'un rituel bienfaisant et d'un dérivatif efficace. P. 57

Comme Leïla, la narratrice trouve dans la couture une bien belle manière de s'évader, s'offrir de nouveaux horizons... le temps d'une création.


Ce livre, c'est un coup de coeur.

Encore une fois, Joëlle a visé juste. Ça devient une habitude chez toi, pour mon plus grand plaisir bien sûr ! 

Les 68 premières fois prennent décidément une très grande place dans ma vie, entre ma chère Joëlle et Martine maintenant. Je ne vous l'ai pas encore dit ? Martine fait partie de la joyeuse bande de lecteurs.rices mais là, dans un tout autre rôle, celui d'écrivaine. Chapeau bas.


 

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2017-07-13T11:00:00+02:00

Simone, éternelle rebelle de Sarah BRIAND

Publié par Tlivres
Simone, éternelle rebelle de Sarah BRIAND

Nous sommes le 13 juillet 2017, aujourd'hui Simone VEIL aurait eu 90 ans.

Elle est à la une de tous les magazines, elle s'est éteinte le 30 juin dernier.

Simone, éternelle rebelle de Sarah BRIAND

Parce qu'il s'agit d'une grande Dame, j'ai souhaité l'honorer comme il se doit. J'ai suivi les conseils de Valérie et je me suis lancée dans sa biographie écrite par Sarah BRIAND, journaliste et réalisatrice de documentaires. Une pure merveille.

Tout commence avec l'extrait du discours de réception de Simone VEIL à l'Académie Française prononcé par Jean d'Ormesson, nous sommes en 2010, mais ce moment de consécration ne saurait cacher son passé douloureux dont elle s'est attachée à assurer la mémoire. Le numéro 78651 figure sur son bras à l'encre bleue, il fut longtemps sa seule identité. Déportée alors qu'elle n'avait que 16 ans, Simone VEIL a survécu à la Shoah.

Le 22 décembre 2004, par un froid glacial, elle retrouve le camp d'Auschwitz Birkenau, elle est accompagnée de ses enfants et petits-enfants, un moment d'une très grande intensité.

Simone a toujours été rebelle, c'est peut être ce qui lui a permis de survivre à l'indicible et à mener une existence toute entière dédiée à la défense de causes d'intérêt général.

Elève brillante, Simone va suivre les conseils de sa mère :
 


Faire des études pour pouvoir travailler et être indépendante financièrement. P. 61

Elle ne sait pas encore que l'homme qu'elle épouse en 1946 s'opposera à sa volonté, mais c'est son compter sur la personnalité de Simone, rebelle, elle l'est, y compris dans son propre foyer.

En 1957, elle entre au Ministère de la Justice, elle est magistrate. Elle travaille à la direction de l'Administration pénitentiaire, elle doit inspecter les prisons françaises. Son indignation devant l'état des geôles va la pousser à faire valoir les droits des prisonniers notamment en matière de santé. C'est d'ailleurs pour ce ministère qu'en 1974 le tout nouveau Premier Ministre Jacques Chirac la nommera.

Sa carrière politique ne fera que commencer, elle sera sur le devant de la scène le 26 novembre de la même année pour prononcer son discours en faveur de la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse, l'un des engagements de campagne pris par le Président de la République, Valéry Giscard d'Estaing.

Ces éléments biographiques sont largement relatés depuis une quinzaine de jours dans les médias, mais ce qui m'a beaucoup intéressée dans cette version de Sarah BRIAND, c'est le côté profondément humain de cette femme qui avait un charisme à toute épreuve. Simone était une épouse, elle fut également une mère, une grand-mère et même une arrière-grand-mère. J'ai adoré les passages sur sa tribu et notamment l'imaginer préparer le déjeuner du samedi devenu un rituel.

Cette femme n'a pas été épargnée par les épreuves de la vie, il y a eu des décès d'êtres chers. Depuis le tout dernier,  celui de son mari, elle ne sortait plus pour des événements publics.

Sarah BRIAND a su montrer une femme "ordinaire" avec ses forces, elle en avait beaucoup, et ses faiblesses.

J'ai adoré les passages sur sa complicité avec Marceline LORIDAN et Paul SCHAFFER, ses deux amis connus en déportation avec lesquels elle entretiendra une relation incommensurable.

C'est un portrait pluriel que nous brosse Sarah BRIAND :


L'adolescente qui aimait lire, la jeune déportée qui n'a cessé de lutter, l'épouse, la mère, la grand mère, l'amie, la ministre, la présidente du Parlement européen, la discrète, la combattante, la passionnée, l'éternelle rebelle, est accueillie sous la Coupole. P. 167

Elle évoquait bien sûr celle de l'Académie française. Une autre coupole lui est aujourd'hui acquise, à elle et son mari, Antoine, celle du Panthéon, une consécration pour une femme EXTRA-ordinaire.

Magnifique biographie.

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2017-07-11T21:15:07+02:00

Le coeur à l'aiguille de Claire GONDOR

Publié par Tlivres
Le coeur à l'aiguille de Claire GONDOR

Editions Buchet et Chastel


Ce roman-là, j'aurais bien pu passer à côté, moi qui avais remercié les fées des 68 Premières fois en croyant que l'édition hiver 2017 était achevée, sacrilège !


Les premières pages s'ouvrent avec une prise de vue sur une femme, une mariée. Le photographe cherche l'angle parfait, la  qualité de la lumière et l'harmonie des couleurs dans un décor choisi avec goût pour donner au cliché la dimension de l'exceptionnel. Et puis, subitement, ses yeux, rivés sur lui dans l'attente de son assentiment, donnent à son regard une puissance incommensurable, une scène d'une profonde intensité, d'une très grande sensualité. "La photo serait belle, assurément." Qu'en est-il du fiancé ? Invisible à cet instant, et plus encore... Leïla, c'est le prénom de la femme photographiée, elle va se lancer dans la réalisation d'une création, elle cout, non pas du tissu, mais  une cinquantaine de morceux de papier sur lesquels sont écrits des mots, signés de lui, comme autant de preuves de l'amour qu'il lui voue. Ce chantier, c'est un peu comme une thérapie pour panser ses plaies.


Dans la sélection des 68 Premières fois cette année, je dois bien avouer que les portraits de femmes sont hauts en couleur. Il y eu Sali au chevet de Lo Meo dans "La téméraire" de Marine WESTPHAL, , il y a désormais Leïla sous l'emprise de l'absence de Dan dont elle est profondément amoureuse.


Toutes les deux m'impressionnent par leur abnégation et la fantaisie de leurs projets pour s'offrir un moment de répit alors même qu'elles sombrent dans une profonde douleur. Quel courage, je suis ébahie. Là, la jeune femme, couturière, prend appui sur la technique qu'elle maîtrise depuis sa tendre enfance pour sortir la tête de l'eau et bénéficier d'une respiration. Elle se lance dans une formidable aventure, tout en beauté, un chantier qu'elle a mûri, pensé avant de le réaliser, impossible pour elle de se mettre en échec. La création, véritable instinct de survie !


Le grand projet de sa vie de femme, passé au filtre de ces heures, de ces jours, de ces mois en suspens, avait longtemps infusé en elle, avait poussé comme l'ancolie au milieu de la friche. En pareilles circonstances, elle n'avait pas le droit à l'erreur. On ne se lance pas à l'improviste dans un tel projet, c'était le chef-d'oeuvre de sa vie, le parachèvement de ses talents de couturière. P. 15

Alors qu'elle s'attache à localiser avec soin chaque petit morceau de papier qui la lie encore à son amoureux, Leïla se souvient de tous ces moments de passion partagés avec Dan. Tous les sens sont convoqués, le regard, le toucher, l'odorat aussi avec une intensité décuplée la faisant tressaillir jusque dans son intimité la plus profonde :
 


Elle n'avait jamais imaginé qu'un parfum pût l'émouvoir à ce point, qu'il pût l'appeler tout entière, la mettre en mouvement, faire tressaillir son ventre. Son odeur comme un coup de sifflet la convoquant sur-le-champ. P. 48

J'ai été très sensible à la qualité des silences et leur pouvoir fusionnel entre les êtres. Il y a bien sûr ceux venant ponctuer la relation de Leïla et Dan, mais il y a aussi et surtout ceux entretenus par Fawzia avec sa nièce.


Mais plus encore, ce qui m'a beaucoup émue, c'est l'expression de l'exil et de tout ce qu'il peut recouvrir comme douleur liée au déracinement. Celles et ceux qui me connaissent de près savent à quel point je suis sensible à l'itinéraire des hommes et des femmes contraints de quitter leur pays pour sauver leur peau. Alors, quand le prénom de Fawzia apparaît simultanément dans le livre et sur mon téléphone avec le même pays d'origine, l'Afghanistan, l'émotion est à son comble. Touchée je le suis par leur force mais aussi par l'amour qu'ils portent à un territoire, celui qui les a vus naître et qui gardera toujours dans leur coeur la première place :


Ces fêtes improvisées étaient surtout l'occasion pour la petite communauté d'exilés de renouer avec le fil de leur histoire interrompue. Tous avaient fui, les familles s'étaient dispersées en Allemagne, au Danemark, aux Etats-Unis, les parents et les tantes de Leïla avaient atterri en France, mais tous gardaient au coeur la nostalgie de ce bleu éternel. [...] qu'il vente ou qu'il neige, il faisait toujours beau, disaient-ils. Le ciel bleu éclairait les vergers, illuminaient les avenues. Dans les jardins, dans les cours sombres, pas un recoin qui n'échappe à ce bleu. L'été, ciel d'azur. Par -20°C, bleu encore. P. 59

La qualité de cette écriture, je ne suis pas prête de l'oublier. Elle me rappelle beaucoup celle de Cécile BALAVOINE dans "Maestro", une plume délicate d'un charme envoûtant que l'on ne voudrait jamais quitter. Je suis tombée sous le charme de la prose de Claire GONDOR, son écriture est d'une telle poésie, gracieuse à l'envi et ô combien artistique, de la très grande littérature je vous l'assure, qui plus est dans un roman très court, moins de 95 pages auront suffi à me conquérir.


Vous l'aurez compris, ce roman relève du coup de coeur, quelque chose d'indéfinissable mais qui fait de lui l'un des meilleurs de ces derniers temps. 

 

Merci encore une fois les fées pour cette très belle sélection 2017 !

 

Le coeur à l'aiguille de Claire GONDOR

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2017-07-09T19:54:48+02:00

Je me suis tue de Mathieu MENEGAUX

Publié par Tlivres
Je me suis tue de Mathieu MENEGAUX

Découvrir l'univers littéraire de Mathieu MENEGAUX, c'est l'adopter et en redemander.


A l'image de la plume de Delphine BERTHOLON, celle de Mathieu MENEGAUX fait partie de celles que l'on n'oublie pas. Dans un cas comme dans l'autre, je sors de mes lectures complètement sonnée, tant par l'histoire dont l'intrigue est parfaitement maîtrisée, que par les itinéraires des protagonistes, ponctués de choix, qui, une fois pris, prennent un caractère irréversible dans une spirale devenue infernale. Avec ces deux auteurs, il y a la forme et le fond ! Leurs thrillers psychologiques font subitement irruption dans nos vies et les marquent à jamais.

 

Pour "Je me suis tue", le 1er roman de Mathieu MENEGAUX, je vais essayer de vous donner l'envie de le lire mais sans trop vous en dire pour préserver le secret qui entoure toute cette histoire.


Claire est incarcérée à la maison d'arrêt des femmes à Fresnes. A l'origine, c'était une femme "sans histoire", une femme qui vivait en couple depuis plusieurs années. Elle avait tout pour être heureuse, un mari avec lequel elle vivait le grand amour, un travail épanouissant comme elle l'avait souhaité, un très bel appartement parisien qui suscitait l'envie de leurs amis... Mais, derrière les apparences se cachait une profonde douleur. Claire et Antoine ne pouvaient avoir d'enfant. Lui souffrait d'une pathologie, l'asthénospermie, ses spermatozoïdes n'étaient pas suffisamment vigoureux pour permettre une éventuelle fécondation. Elle, était rongée par ses 40 ans, elle voyait son horloge biologique s'accélérer et son ventre resté "sec". Un soir, ils sont invités à dîner par une famille avec enfants, comme elles le sont presque toutes dans leurs connaissances. Cette soirée est un passage obligé pour la carrière d'Antoine, elle s'y soumet. Après quelques heures passées autour d'un repas, fatiguée, Claire propose à Antoine de rester, elle va rentrer seule, elle va prendre un taxi. C'est cette soirée-là que sa vie à elle, à lui aussi, va basculer !  


Ce roman m'a pris à la gorge dès les premières pages, peut-être à cause de l'enfermement de cette femme dans une cellule qui l'oppresse, peut-être aussi parce qu'il s'agit du 2ème roman de Mathieu MENEGAUX que je lis (vous vous souvenez de "Un fils parfait") et que je reconnais, dès les premières lignes, cette manière à lui, bien singulière, de serrer, serrer, serrer encore l'étau qui se referme sur sa victime.


Très vite, le.a lecteur.rice prend connaissance de la démarche de la narratrice. Emprisonnée, elle décide d'écrire, c'est donc sa prose à elle qui va composer ce roman. Claire va lentement dérouler le fil de son existence 


L'écriture est la dernière étape de mon chemin de croix. P. 6

J'écris pour moi, pour m'évader, non pas en paix, ce serait impossible, mais soulagée du poids de mon silence. P. 7

et nous donner sa version à elle des faits. Mais pourquoi cette démarche ? Et bien, parce que là aussi, dès les premières pages, elle nous dit à quel point elle savait qu'elle ne serait pas écoutée :
 


Tout ce beau monde, face à moi, m'a condamnée dès que je me suis installée dans le box, avant même la lecture de l'acte d'accusation. Je suis entrée dans ce procès sans aucune chance d'en sortir libre. P. 4

Les premières pierres de l'édifice sont posées, il ne reste plus qu'à se laisser porter.


Bien sûr, il s'agit d'une affaire de femme, là, pas de suspense. Elle est incarcérée et parle à la 1ère personne. Mais plus encore, le sujet va tourner autour de la féminité, de la maternité aussi. Elle évoque la pression sociale qui pèse sur les femmes françaises aujourd'hui. Par choix ou par défaut, celles qui n'ont pas d'enfant à 40 ans sont regardées de façon particulière.
 


Ne pas avoir d'enfant, à quarante ans, c'est contraire à un certain nombre de Commandements tacites ou explicites de notre société moderne. Alors à quarante ans, sans enfant, dans le regard des Autres, on est une sorte de demi-femme, on vit une misérable vie sans accomplissement, sans héritage, sans autre perspective que la triste certitude de retourner en poussière. P. 28

J'ai l'impression de relire l'essai d'Elisabeth BADINTER "Le conflit, la femme et la mère" et de découvrir une illustration parfaite du propos tenu. Est-ce qu'un jour notre société s'émancipera de ses sacro-saints principes ? Si elle ne le fait pas naturellement en prenant en compte l'évolution du féminisme de ces dernières années (petit clin d'oeil à Adeline FLEURY et son "Femme absolument"), qu'elle le fasse en mesurant la gravité immense des conséquences qu'elle induit.


Et puis, tout à coup, un flash ! Alors même que tous les médias sont rivés sur elle, que sa voix résonne sur toutes les radios, que des documentaires envahissent la télévision, que la presse écrite retrace son parcours, Claire nous parle aussi d'elle :
 


Et je me disais que nous n'avions pas rendu suffisamment hommage à Simone Veil, qui avait porté quasiment seule cette loi. Il lui en avait fallu de la détermination. Dans notre pays, l'avortement a été considéré comme criminel dans la période qui a suivi la Première Guerre mondiale, parce qu'il fallait repeupler la France. Ensuite il a été qualifié de "crime contre l'Etat français" par Vichy, en 1942, et passible de la peine capitale. Peine que le Maréchal n'hésita pas à faire appliquer à Marie-Louise GIRAUD, la plus célèbre "faiseuse d'anges", décapitée en 1943, pour l'exemple. P. 40

Simone VEIL bien sûr ! Je suis toujours surprise par les concours de circonstances, celui-là est de taille et l'effet est encore décuplé. 


Comme quoi, le féminisme est un combat qui commence à dater et qui a encore de beaux jours devant lui. Impossible de rester insensible devant l'affaire de Claire et se dire que tout est acquis, que le droit français a déjà fait beaucoup et qu'il ne peut pas encore évoluer. Le combat ne cible pas les mêmes objets mais il tourne toujours autour de ce que la femme a de plus que les hommes, le pouvoir de donner la vie. 


Vous l'aurez compris, l'atmosphère est lourde, l'ambiance oppressante, mais c'est sans compter sur le talent de Mathieu MENEGAUX pour offrir quelques ponctuations source de légèreté. Il égrène effectivement tout au long du récit de cette femme des titres et extraits de chansons. Claire s'en souvient, ils lui permettent de pallier la solitude dans laquelle elle est plongée, le.a lecteur.rice s'en souvient aussi, et là, une prise de conscience, Claire est humaine, elle pourrait être moi, ou bien une copine, une voisine, une relation, bref, cette affaire, nous aurions chacune pu la vivre aussi !


Ce roman, un seul conseil, ne passez pas à côté. Il est écrit par un homme qui a tout compris des femmes, voire plus encore...


 

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2017-07-06T22:00:37+02:00

Tea Time à New Delhi de Jean-Pol HECQ

Publié par Tlivres
Tea Time à New Delhi de Jean-Pol HECQ

Editions Luce Wilquin


Une fois n'est pas coutume ces derniers temps, je viens de me délecter avec un second roman, celui de Jean-Pol HECQ, journaliste et responsable du Centre d'Action Laïque de Bruxelles.


C'est Babelio qui m'a mis sur la voie avec sa dernière Masse Critique.


Je profite toujours de ces événements pour me laisser guider vers des lectures que je n'aurais peut être pas choisies autrement. Là, c'est la couverture qui m'a tout de suite interpellée, le très médiatique Che Guevara, révolutionnaire cubain, coiffé de son incontournable béret, barbe de quelques jours, associé à une femme indienne que je soupçonne être Indira Gandhi. Plus encore, le titre : "Tea time à New Delhi". Imaginer Che Guevara en tenue de militaire à boire un thé, avouez que la situation pourrait relever de l'insolite, non ? Passionnée par les romans historiques, je me suis laissée tentée et j'ai très bien fait. Merci Babelio !


Ernesto Guevara de la Serna, dit le Che, d'origine argentine et naturalisé cubain, atterrit à New Delhi le 30 juin 1959. Nehru est au pouvoir depuis une douzaine d'années, il a 70 ans et occupe le poste de 1er Ministre. Le contexte politique est à haut risque, la décolonisation de l'Occident est en marche et le bloc communiste menace d'une guerre nucléaire. Le Che est en mission, il est venu négocier l'achat de sucre de canne pour permettre à Cuba de s'émanciper de l'emprise américaine. Mais c'est sans compter sur la rencontre avec Indira, la fille unique de Nehru qui assure, elle, la Présidence du Congrès. 


Ce livre entre tout naturellement dans la catégorie des exofictions, ces récits inspirés de personnages et faits historiques réels et nourris de l'imaginaire de l'auteur(e) pour la dimension romanesque.


Jean-Pol HECQ nous offre une magnifique fresque historique et politique. J'ai particulièrement aimé me retrouver en Inde dans les années 1950 alors même qu'elle cherche sa voie de développement. L'épisode de la vache, animal sacré, couchée sur la voie ferrée, immobilisant l'ensemble de la ville en interdisant la circulation du tramway a quelque chose de pittoresque.

 
Dans un autre registre, la condition féminine et sa relation au pouvoir est abordée :
 


Seule au milieu d'un aréopage d'hommes rompus à toutes les roueries du pouvoir, elle a réussi en peu de temps à se faire un prénom. Très rares sont les femmes qui s'engagent en politique dans ce pays où le simple fait d'en être une est encore une marque d'infamie. P. 20 et 21

Mais, ce qui m'a littéralement transportée, c'est la relation qui s'est  établie entre le Che et Indira Gandhi. Lui était aux côtés de Fidel CASTRO pour mener la révolution cubaine, elle vivait un mariage raté, trompée par son mari, et exerçait le pouvoir dans l'ombre de son père. Ces deux personnages partageaient alors un point commun, celui d'être de second rang, si je peux m'exprimer ainsi. Ils cherchaient leur place, aspiraient à devenir quelqu'un, portés par des espoirs mais conscients aussi de leurs limites.


Plus encore, le Che et Indira GANDHI parlent tous les deux le français et s'intéressaient tout particulièrement à la littérature et plus largement, à l'art. C'est donc cette rencontre entre deux grands de ce monde et les échange en milieu protégé, à l'abri des regards et des oreilles, lui conférant un côté mystérieux, que Jean-Pol HECQ va nous relater avec brio. 


Ce qui est profondément touchant, c'est le côté humain donné à cette conversation entre un homme et une femme autour de sujets empreints de sensibilité. 
 


[...] malgré mon indifférence aux religions dans ce qu'elles ont de plus conventionnel, je reconnais qu'elles véhiculent malgré tout, et parfois malgré elles, une certaine sagesse. En tout cas, une perception du monde qui échappe aux catégories usuelles de la matérialité. C'est ce qu'on peut appeler la spiritualité, je crois. P. 206

Leurs préoccupations autour du système, du pouvoir, et leur quête de vérité m'a beaucoup captivée :
 


L'important est de percevoir ce qui est, sans être prisonnier des entraves du passé, de la pensée et de la causalité. Etant illimitée, inconditionnée, inapprochable par quelque voie que ce soit, la vérité ne peut être organisée. P. 208

C'est un roman historique très fouillé écrit dans une très belle plume, ne passez pas à côté !
 

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2017-07-01T12:11:00+02:00

Quand un mois laisse sa place à un autre...

Publié par Tlivres

Le mois de juin, je le dédie aux femmes, d'abord, parce qu'une icône vient de nous quitter.
Le 30 juin 2017 s'est éteinte Simone VEIL,
 

Quand un mois laisse sa place à un autre...

cette grande Dame, survivante de la Shoah et qui a fait de la cause féminine l'un de ses nombreux combats.


Souvenons-nous de son discours du 26 novembre 1974, elle était alors Ministre de la Santé et prônait la légalisation de l'Interruption Volontaire de la Grossesse (I.V.G.) pour mettre fin aux avortements clandestins.

Souvenons-nous de ce jour où seulement douze femmes étaient alors Députées à l'Assemblée Nationale.


Mais, il serait très réducteur aussi de ne lui rendre hommage que pour cette cause, aussi précieuse soit-elle. Nous-mêmes, les femmes, ne tombons pas dans le piège de ne promouvoir les femmes que lorsqu'elles parlent de questions de femmes.


Non, Simone VEIL a mené d'autres combats politiques, elle a contribué ardemment à la construction européenne, elle était persuadée qu'il s'agissait là de la voie pour éviter une 3ème guerre mondiale, ce qu'elle redoutait le plus au monde.


Souvenons-nous de cette femme Présidente du Parlement Européen, c'était en 1979, elle venait d'être élue et c'était une 1ère qu'une femme puisse accéder à cette fonction dans l'histoire de l'institution !


Enfin, cette femme pour moi, c'est aussi une voix.


Je suis née en 1969, toute mon enfance et ma jeunesse ont été bercées par le ronronnement de la télévision qui venait d'entrer dans nos maisons. Quand j'entends sa voix aujourd'hui, je me souviens de toutes ces années où cette FEMME POLITIQUE prenait la parole pour des causes d'intérêt général. C'est avec un plaisir non dissimulé que je partage avec vous cette interview menée par Isabelle MORIZET et diffusée pour la 1ère fois le 23 avril 2006.

Savourez tout simplement !
 

Quand un mois laisse sa place à un autre...

Et puis, plus modestement, en juin 2017, le blog avait aussi contribué, à sa toute petite dimension, à faire valoir la cause des femmes avec les essais de Adeline FLEURY "Femme absolument" et de Nathalie LOISEAU "Choisissez tout" qui ont donné lieu au plus grand nombre de consultations. C'est donc que le féminisme intéresse toujours et que, même si les voix changent, les débats changent, les sujets changent, les modalités d'intervention changent, il a toujours lieu d'agir !

 

C'est en juin aussi que j'ai fait une très belle découverte avec le 1er roman de Oscal LALO "Les contes défaits" et visité une très belle exposition, celle de Lionel SABATTE au Musée Joseph-Denais de Beaufort-en-Vallée.


Le blog a été peu dynamique ce mois-ci, je vous l'accorde, il faut dire que je me suis offert une escapade en terre italienne pendant une quinzaine de jours, mais le mois de juillet me permettra de me rattraper, je vous le promets ! 
 

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