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2017-03-29T13:04:13+02:00

B comme... BERTHOLON !

Publié par Tlivres

Je poursuis l'abécédaire des auteurs avec la lettre B.

Impossible de passer à côté du talent de Delphine BERTHOLON bien sûr avec

L'effet larsen

Grâce

Les corps inutiles

et son tout dernier roman,

immense Coup de Coeur pour

Coeur-Naufrage

 

 

 

 

 

 

 

mais aussi

Elisabeth BADINTER Le conflit, la femme et la mère

Pénélope BAGIEU, cette Culottée !

Muriel BARBERRY Une gourmandise

Sebastian BARRY Le testament caché

Jean-Dominique BAUBY Le scaphandre et le papillon

Henry BAUCHAU Le boulevard périphérique

Guy BEDOS Le jour et l'heure

Frédéric BEIGBEDER Un roman français

Malika BELLARIBI Les sandales blanches

Tonino BENACQUISTA Le serrurier volant

Jeanne BENAMEUR Otages intimes, Profanes, Les Insurrections singulières, Laver les ombres, Un jour, mes princes sont venus, La Boutique jaune, ça t'apprendra à vivre

Alan BENNETT La reine des lectrices

Juliette BENZONI Un homme pour le roi et la messe rouge

Nina BERBEROVA De cape et de larmes

Philippe BESSON : La trahison de Tomas SPENCER, L'arrière saison

Olivier BLEYS Semper Augustus

Jean-Philippe BLONDEL : Le baby-sitter, Un minuscule inventaire, Mariages de saison, G229

Robert BOBER On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux

Dominique BONA Clara Malraux

Dominique BOURGON Un sens à la vie

Anne BRAGANCE Une succulente au fond de l'impasse

Michel BUSSI : Un avion sans elle, Les nymphéas noirs, Ne lâche pas ma main, N'oublier jamais

 

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2017-03-27T22:04:57+02:00

Les parapluies d'Erik SATIE de Stéphanie KALFON

Publié par Tlivres
Les parapluies d'Erik SATIE de Stéphanie KALFON

Editions Joëlle Losfeld


Ce 1er roman fait partie de la sélection des 68 premières fois pour son édition 2017.


C'est avec plaisir que je suis partie à la découverte d'Erik SATIE, ce compositeur né à la fin du XIXème siècle, sous la plume d'une toute jeune écrivaine, Stéphanie KALFON.

Erik SATIE fait partie de ces enfants que l'on qualifierait aujourd'hui de différents. Pas dans le rythme, un comble pour un futur musicien. Il n'a que 5 ans lorsque sa petite soeur Diane décède, il va vivre toute sa vie dans une profonde tristesse. Son frère Conrad ne suffira pas à lui faire oublier sa peine. Du Conservatoire, il sera rejeté. Engagé dans l'Armée, il ne tiendra pas plus de 6 mois. La seule lueur d'espoir viendra de sa relation d'amitié entretenue avec Claude DEBUSSY. Saura-t-elle lui faire oublier sa condition ? Rien n'est moins sûr !


La lecture de ce roman m'a profondément attristée. 


Tout d'abord, je crois que ce qui a suscité mon empathie, c'est l'immense solitude et l'état de dépression dans lequel on le découvre en 1901, il n'a alors que 35 ans, il vit à Arcueil, rue Cauchy. C'est l'expression de ce mal-être, de cette incompréhension du monde qui m'a troublée. Claude DEBUSSY avait su repérer chez lui son incapacité à s'intégrer dans la société qui était la sienne, il disait de lui qu’il était :

 


Un égaré dans ce siècle

C'est aussi le profond isolement dans lequel sombre cet homme dont le talent sera reconnu bien après sa mort qui m'a fait réfléchir à la condition humaine et aux conséquences d'une mise à l'écart, d'une exclusion !


Quand les gens vous oublient sans raison, c’est indescriptible. Cela devrait être interdit par la démocratie. Ils vous laissent une fuite dans le coeur, comme un sifflement. On appelle ça les acouphènes. Pour les musiciens, ce n’est pas de chance. P. 110

L'immense chagrin qui envahit Erik SATIE trouve sa source dès les premières années de son enfance avec le décès de sa petite soeur. Mais très vite, ce sont aussi sa mère et sa grand-mère qui décéderont. La vie du compositeur sera marquée par toutes ces femmes sorties de sa vie familiale prématurément et qui ne cesseront de le hanter plus tard. 

 


Tous, nous avons tous une signature de vie. C’est elle qui vous rend singulier, à cause d’elle que les choses arrivent d’une certaine manière, et se répètent ou se déroulent selon une musique spéciale, identifiable, différente. P. 93

Outre ces deuils successifs que l'enfant va avoir à surmonter, c'est aussi une forme d'éducation qui va contribuer à sa destruction. A cette époque-là, les enfants sont traités sans ménagement et les humiliations qu'il va vivre laisseront une empreinte indélébile au plus profond de son âme. 


Les vexations furent si injustes dans son coeur d’enfant qu’elles continuent de le menacer le long des âges. Ils ont fait de lui un être défait, un être de ruine. P. 131

En terminant ce roman, je ressens comme un sentiment de colère face à ce gâchis, gâchis humain bien sûr, aucun être ne mérite de vivre sa vie dans ces conditions, gâchis artistique aussi. Quand j'écoute Allegro, sa toute 1ère oeuvre, ou bien Valse-Ballet ou encore Fantaisie-Ballet, je ne peux me résigner au fait qu'il ait pu être blâmé pour sa virtuosité. 

Stéphanie KALFON nous livre une biographie particulièrement teintée par la mélancolie du personnage, de celle qui ne permet pas à un artiste d'exprimer sa propre personnalité :

 


La tristesse, souvent, fait de vous un être faux, une caricature. P. 158

Pour m'aider à refermer ce roman avec un brin de légèreté, j'aime à m'interroger sur la vie d'Erik SATIE s'il était né à l'aube du XXIème siècle...

Principe de suspension de Vanessa Bamberger *****

Presque ensemble de Marjorie Philibert ***

Ne parle pas aux inconnus de Sandra Reinflet *****

La téméraire de Marine Westphal *****

La sonate oubliée de Christiana Moreau ****

Cette lecture participe au Challenge de

la Rentrée Littéraire MicMelo de janvier 2017 ! 

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2017-03-19T21:12:20+01:00

Vous êtes 9000 à avoir visité au moins une fois T Livres ? T Arts ?

Publié par Tlivres
Vous êtes 9000 à avoir visité au moins une fois T Livres ? T Arts ?

Parce que je voulais vous remercier de façon originale, je vous offre cette oeuvre participative réalisée au Foyer Marguerite d'Anjou à l'initiative d'un jeune artiste, ClémentL qui prépare le concours d'entrée des Beaux Arts.

Elle est intitulée

InHumanity

et représente


L'unicité de différentes personnes qui, rassemblées, ne forment qu'une société homogène. La mixité de ces personnes, forcément différentes, ne forment pour finir qu'un seul visage.

Cette mosaïque est composée de 250 visages.
 
Je trouvais que cette oeuvre était tout à fait adaptée pour représenter notre communauté.
 
 
MERCI !

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2017-03-18T14:45:01+01:00

Coeur-Naufrage de Delphine BERTHOLON

Publié par Tlivres
Coeur-Naufrage de Delphine BERTHOLON

Hasard du calendrier, le 18 mars 2016, je publiais une chronique sur "Grâce" de Delphine BERTHOLON. Un an plus tard, je reviens sur la toile avec le tout dernier roman de cette écrivaine hors pair : "Coeur naufrage", une petite bombe.


"Coeur-Naufrage", c'est le titre donné par Lyla à un poème qu'elle a écrit à l'attention d'un garçon, Hervé, son 1er petit amoureux. Mais là, elle a 17 ans, c'est l'été, elle est en vacances, elle prend son vélo et part seule en direction de l'océan. Il fait très chaud, elle est insouciante et se laisse porter par un vent de liberté. Et puis, il y a une chute, la chaîne qui saute et son incapacité à la remettre. Elle décide de marcher à côté de sa bicyclette. Elle se souvient d'un endroit fréquenté par des surfeurs et un bar ambulant. Elle y trouvera bien de l'aide. Fatiguée, elle laisse son vélo sur le bord de la route et continue son chemin à pied. A son arrivée près du van, et voyant des garçons plus âgés qu'elle, Lysa se demande si elle a fait le bon choix. Elle mesure maintenant sa prise de risque. La jeunesse aidant, elle décide de la jouer familière, elle fume avec eux, elle boit avec eux. L'heure passe, la nuit tombe, il va bien falloir penser à rentrer. Mais, son vélo, qui va le retrouver pour le réparer ? Et elle, qui va la ramener ? Joris, l'un des 3 surfeurs, décide de faire un effort, il part avec elle, et là commence une toute nouvelle histoire !    


Avec Delphine BERTHOLON, je suis habituée aux lectures Coup de poing, il y avait eu "L'effet larsen" et puis "Les corps inutiles". Tantôt je fuie les coups, tantôt je les recherche, tantôt je les esquive, tantôt je les prends pleine figure. Avec la sortie de son tout dernier roman, impossible de reculer. Il faut se lancer et je sais déjà que ça va faire mal. Le livre à peine ouvert, je découvre la citation de Jonathan TROPPER extraite du  roman "Le livre de Joe", elle n'est pas faite pour me rassurer :


Une ancienne petite amie, c'est un flingue planté dans votre estomac.

Avec Delphine BERTHOLON, c'est de l'émotion assurée et des effets décuplés. Le livre que j'ai refermé samedi dernier, je ne m'en suis encore pas remise ! Je vous explique.


Il y a le parcours de Lyla, et puis celui de Joris. Ces deux-là sont jeunes. On pourrait dire qu'il ont toute la vie devant eux. D'ailleurs, ils le savent, ils se sentent invincibles, rien ne peut leur arriver. Sauf que malheureusement, les individus ne sont pas à égalité. 


Toujours aux femmes d'interdire, de vérifier, d'être sérieuses. Toujours ! Quoi qu'on en pense, l'insouciance des filles n'est pas celle des garçons. Quoi qu'on en pense, nous ne serons jamais égaux. P. 293

Dès les premières pages, la tension a peine créée ne va faire que se renforcer. Le jeu est déséquilibré. Lyla portera l'empreinte de cet été-là toute sa vie. Comme tous les portraits de femme brossés par Delphine BERTHOLON, celui de Lyla est écorché, son âme est marquée, comme son corps à l'image des bras de Joris nervurés par les traces d'un acte qui aurait pu être irréparable. Mais Lyla, elle, c'est son intimité qui est touchée et la vie sera faite d'autant d'opportunités pour le lui rappeler :


Les souvenirs sont des fragments qui apparaissent tantôt ici et tantôt là, au passé, au présent, n'importe comment. Des images, des sensations, des bribes, des flashs. P. 195

Il en est d'autres dont la fulgurance est d'une violence sans merci.


Je croyais l'avoir oubliée, mais les parfums réactivent la mémoire mieux que n'importe quoi d'autre et, à peine monté dans le véhicule, ma jeunesse tout entière me sauta à la gorge. P. 147

De leur jeunesse, Lyla et Joris en garderont la mémoire, notamment celle d'une redoutable haine portée à leurs parents. J'ai été bouleversée par celle que la jeune fille voue à sa mère, tout comme celle de Joris à son père. Sous la plume de Delphine BERTHOLON, il y a d'ailleurs cette fusion, ce mot composé comme si l'un n'allait pas sans l'autre et vice-versa :


Je pense à ma haine-père qui rejoignait, à l'époque, Lyla et sa haine-mère. P. 75

C'est peut-être d'ailleurs ce point commun qui éveillera la sensibilité de Joris pour Lyla, et inversement, comme quelque chose à partager pour susciter la compréhension.


Mais ce que j'aime plus encore chez Delphine BERTHOLON, c'est la puissance de la personnalité des femmes. A l'image de Clémence dans "Les corps inutiles", Nola dans "L'effet larsen", Lyla prend son destin en main, décide d'assumer ses actes et trace son chemin. Bien sûr, il y a des fragilités, des moments où les vannes sont ouvertes et les larmes coulent à flot, mais il y a aussi cette force intérieure qui permet d'avancer, d'afficher à l'extérieur une certaine dimension et sous le regard des autres de prendre de la hauteur.


Et ce n'est pas parce que Lyla, traductrice de manuscrits, est une femme de l'ombre qu'elle vit sa vie par procuration. Je saisis d'ailleurs cette opportunité qui m'est donnée de saluer le formidable travail des traducteur.rice.s qui sont des professionnel.le.s souvent oublié.e.s mais dont le talent est à remarquer. La qualité des oeuvres de Tracy CHEVALIER et Angela HUTH, Arnaldur INDRIDASEN, LEIF DAVIDSEN, pour ne citer qu'eux, ne serait rien sans l'activité réalisée respectivement par Anouk NEUHOFF, Eric BOURY,  Monique CHRISTIANSEN.
Dans ce roman, on y parle de littérature, on y parle aussi photographie. J'aime beaucoup explorer un champ artistique au gré d'un roman, cette façon qu'a Elaine de faire des clichés de sa fille et de manipuler son image m'a totalement fascinée.  


La composition de ce cliché est extraordinaire. Il y a tout. La solitude, la détresse, le secret, le déni, la honte. Sur ce cliché, il y a tout sauf moi. P. 69

Je ne pourrais achever ce billet sans évoquer la narration de ce roman, une lecture à deux voix, celle de Lyla et celle de Joris, un formidable regard croisé sur les événements, un procédé ingénieux, audacieux diront certains, mais parfaitement maîtrisé par une écrivaine à la plume remarquable et totalement addictive. "Coeur-Naufrage", je l'ai fermé le week-end dernier et j'en ressens déjà le manque !

Cette lecture participe au Challenge de

la Rentrée Littéraire MicMelo de janvier 2017 ! 

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2017-03-18T08:27:39+01:00

32ème salon des Artistes pour la liberté

Publié par Tlivres

Il est des expositions qui, outre la promotion de l'art, sont des actes militants en soi et celles‐là méritent que l'on s'y attarde un peu.


Le 32ème salon des Artistes agit en faveur de la Liberté dans le monde en partenariat avec Amnesty International.


A Angers, et jusqu'à demain, dimanche 19 mars, 18h, 95 artistes exposent pas moins de 167 œuvres en tous genres : peinture, gravure, sculpture, photographie... 

 


L'art est un moyen d'exprimer librement ce que l'on ressent. L'art c'est un acte de jouissance. Au‐delà du plaisir physique c'est avant tout un plaisir intellectuel et moral que procure la création libre. Jouissance de l'âme, de la conscience et de l'esprit.

Voilà le propos que tiennent les artistes qui exposent.


Et comme chacun fait un acte formidable au nom de l'intérêt général, j'ai décide de tous les citer : 


A. BOURG  -  ACKANE  -  ARNO-AA  -  Elisabeth AUER  -  Marie  AURIO  -  Clémence BANVILLET  -  Robert BAUDIN  - 
Jean-Claude BELLANGER  -  Jack BERGERON  -  Paul BERTÉ  -  Aurore BESSON  -  Jean-Michel BLANCHARD  -  Antoine BLOC  -  
Noël BOCCACIO  -  Alain BOISDON  -  Pascale BOUCAULT-LEBOT  -  Donatien BOURCERET  -  BRONDEX  -  Pierre BRUNELLIÈRE  -  Christian CARDIN  -  Jacqueline CHASSERANT  -  Richard CHESTER  -  CHEVY  -  Véronique CORNET  -  Josette DE.BORD  - 
Gérard DERUELLE  -  Bruno DESVAUX  -  Jacques DORIENT  -  Roselyne DUPETITPRÉ  -  Marc d’EAUBONNE  -  Marie-Claude EMAURY  -  Eric FONTES  -  Béatrice FORTIN  -  Patrice GALLARD  -  Monique  GERVAIS  -  Bruno GUIARD  -  Claire GUILLEMET  -  Anne GUILLOT  -  Hélène HIRIBARNE  -  INAYAT -  Annie JEULIN  -  Emma KAYA  -  Josefa LABORDERIE  -  Daniel LACROIX  -  Vincent LAMBERT  - 
Josseline LAMBERT VERHAQUE  -  Gilles LAMOUR  -  Maryline LANGLAIS  -  Vincent LANGLOIS  -  Marcel LARCHER  -  Alain LASSERRE  -   Renée LAURENT  -  LÉNA  -  Marie Hélène LENTGE  -  Michèle LEPEINTRE  -  Guy LHEUREUX  -  MAB  -  Brigitte MAHY  - 
Evelyne MARATIER  -  Claude MARCHAND  -  Louis MARCHAND  -  Jacques MARY  -  MAURI 7  -  MOGRALL  -  Séverine MOISY  - 
Brigitte MONNIER  -  NICOLE  -  Jean-Charles NOGUÈS  -  OLIVIA  -  Marie Carmen ORTEGA-MARTINEZ  -  Marie Hélène OSTA  - 
Cécile PAJÈS  -  Alain PIHOUÉ  -  Daniel PIOLET  -  Claude POIRET  -  Geneviève PONS-VATEL  -  Claude PROULT  -  R. FAM  -  REV  - 
Astrid ROCHE  -  Véronique RONCIN  -  Marie-Annick ROUSSELOT  -  SABRINA B  -  Vincent.TÉTU  -  Christian THARRAULT  -  Frédéric TOTH  -  Nadine TOUZÉ  -  Annette  TROST  -  Josette TULASNE  -  Ana URIBE-BÉCOT  -  Maribé VIAU  -  Jean-Charles VIOLET  -  Aube VRBICA  -  Gérard WEISS  -  Douglas WONG-AGUIRRE


Peut‐être en connaissez‐vous ?


Personnellement, j'affectionne tout particulièrement le travail réalisé par Pierre BUNELLIERE, un artiste peintre installé sur Angers. Ses personnages créés à partir de collages me touchent tout particulièrement, leur mouvement, leur forme corporelle, l'atmosphère de leur environnement... C'est lui qui a d'ailleurs réalisé l'affiche de cette 32ème édition : 

 

32ème salon des Artistes pour la liberté

J'y ai retrouvé également les sculptures de Bruno GUIARD, cet artiste dont j'avais découvert le talent dans le cadre de l'opération "L'art à 2 pas". Il allie 2 matériaux que sont la pierre et le mortier pour donner un effet à l'ensemble tout à fait extraordinaire. Le côté lisse de la pierre fait front à celui ridé, tortueux, du mortier, j'adore. Ce que j'aime aussi beaucoup dans son travail, c'est la sérénité et le calme qu'inspirent le visage du personnage, un idéal en soi !

D'ailleurs, cette sculpture est intitulé "Le temps suspendu", tout un programme en ce début de week‐end...

32ème salon des Artistes pour la liberté

Avec ce salon, j'ai fait une découverte, le travail de Jean‐Charles NOGUES. "La femme" et "Danseuse" qui sont exposées en bois sont d'une très grande beauté, leur mouvement là aussi m'impressionne et puis, il y a la beauté naturelle du matériau décuplée avec le travail de l'artiste, une réussite :

 

32ème salon des Artistes pour la liberté

En arrière‐plan des sculptures, il y a des toiles exposées, les 2 femmes qui se font face sont de Aube VRBICA, là aussi, c'est dune découverte.


Si vous êtes sur Angers ce week‐end, passez Salons Curnonsky, je suis persuadée que vous aussi vous trouverez des oeuvres qui vous ferons vibrer ! 

 

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2017-03-15T21:38:23+01:00

La baleine thébaïde de Pierre RAUFAST

Publié par Tlivres
La baleine thébaïde de Pierre RAUFAST

Terminer ses études et s'offrir un vent de liberté, quel.le adolescent.e n'a pas fait ce rêve ? Il y a ceux qui y pensent et ceux qui passent à l'acte. Richeville fait partie de ceux-là. Il a attendu d'être diplômé de l'ESSEC, une école de commerce, pour mettre les voiles. Son père est décédé dans un accident quand il n'avait que 2 ans. Elevé par une mère remariée avec un quinquagénaire fortuné avec qui elle a eu des jumeaux qui lui ont rapidement volé sa place, Richeville a essayé de construire sa vie comme il a pu. Livré à lui même, c'est sans crier gare qu'il a répondu à une annonce publiée par un laboratoire scientifique :


"Elle appelle dans un sempiternel silence. Baleinier recherche matelot pour expédition scientifique dans l'océan Pacifique nord. Débutant aimant thébaïde bienvenu." 


Il a embarqué sur l'Hirundo avec 3 autres hommes. Une mission : repérer la baleine thébaïde dite également la baleine "52", lui placer un traceur  sous-cutané pour avoir connaissance de son parcours. Direction l'Alaska !


Après m'être délectée avec la lecture du 1er roman de Catherine POULAIN en 2016 "Le grand marin", il me tardait de repartir naviguer. C'est donc avec plaisir que je me suis laissée embarquée à destination de l'Alaska avec ce roman d'aventure.

J'ai aimé accompagner ces hommes dans leur cohabitation dans un espace contraint il faut bien le dire, mais ce qui m'a le plus fascinée, c'est le parcours initiatique de ce jeune homme de 23 ans, un peu naïf, confronté à des "loups de mer". Ses compagnons de fortune ont vécu des expériences différentes. A leur contact, il va découvrir à quel point la nature humaine peut être machiavélique mais ça, c'est déjà une autre histoire.


Une nouvelle fois, un roman revient, s'il en était nécessaire, sur une jeunesse désabusée qui suit un parcours universitaire sans véritable motivation.


J'avais intégré cet établissement par le hasard des concours, après deux classes de préparatoires intenses. Ce n'était pas par vocation : j'ai autant la fibre commerciale qu'une sardine a la passion de l'alpinisme. P. 12

Pour autant, ce qui m'a paru intéressant dans ce roman c'est sa dimension optimiste. Pierre RAUFAST prend le parti d'une jeunesse qui mise sur sa capacité à prendre son destin en main dès lors qu'elle en mesure l'enjeu. Tout comme Camille dans le 1er roman de Sandra REINFLET "Ne parle pas aux inconnus", Richeville suit sa voie, celle qu'il s'est dessinée. Je  trouve ce filon particulièrement précieux dans un monde contemporain plutôt morose.
 

 


Comme beaucoup de jeunes hommes idéalistes, je voulais donner du sens à mon travail et à ma vie. P. 18

C'est assez rassurant finalement de voir qu'un idéal donne encore suffisamment de force à des jeunes pour oser se mettre en danger. Et les voyages ont, en  ce sens, une bien belle vocation :


Voyager, c'est aussi cela : constater que le monde est plein de mystères et que l'homme n'a pas réponse à tout. P. 38

J'ai été troublée par une enfance sacrifiée. Pierre RAUFAST donne à voir une réalité que vivent certainement de nombreux enfants aujourd'hui dans des familles recomposées où ils peinent à trouver leur place. Le sentiment d'isolement est assez terrifiant mais là encore, l'auteur décide de faire une force d'une fragilité.


Ma solitude diurne me condamnait à l'autonomie, ma solitude nocturne aux plus grandes frayeurs. P. 149

J'ai beaucoup aimé le ton de ce livre, un ton pluriel : humoristique, léger, sensible, grave... mis à la disposition d'un roman qui aurait aussi pu entrer dans la catégorie des nouvelles vu la chute, totalement inattendue et qui vient vous gifler en pleine euphorie.

 

Ce roman, c'est un véritable tour de force, bravo.

 

Cette lecture participe au Challenge de

la Rentrée Littéraire MicMelo de janvier 2017 ! 

 

 

 

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2017-03-12T10:00:00+01:00

A comme...

Publié par Tlivres

Olivier ADAM bien sûr... avec

Le coeur régulier,

A l'abri de rien,

Des vents contraires,

Les lisières,

Peine perdue...

mais A aussi comme

Marisa ACOCELLA avec Cancer in the city

Aravind ADIGA avec Le tigre blanc

Milena AGUS avec Mal de Pierre

AJAR avec Vivre près des tilleuls 

Mohammed AISSAOUI avec L'affaire de l'esclave Furcy

Ayaan Irsi ALI avec Ma vie rebelle

Joseph ANDRAS avec De nos frères blessés

Antonio Lobo ANTUNES avec Le cul de Judas

Natacha APPANAH avec Le dernier frère Tropique de la violence

Metin ARDITI avec Le Turquetto Prince d'orchestre L'imprévisible

Tatiana ARFEL avec L'attente du soir

Paul ARGONNE avec Colette

Kate ATKINSON avec Dans les coulisses du musée

El Alaa ASWANY avec L'immeuble Yacoubian

Gwénaëlle AUBRY avec Le diable détacheur, Personne, Partages

Paul AUSTER avec Brooklyn Folies

Saphia AZZEDINE avec Confidences à Allah, Mon père est femme de ménage

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2017-03-09T07:15:31+01:00

Presque ensemble de Marjorie PHILIBERT

Publié par Tlivres
Presque ensemble de Marjorie PHILIBERT

Une déception pour ce roman qui fait partie de la sélection des 68 premières fois. Il y a des coups de coeur, il y a des lectures coups de poing, et puis, il y a des lectures banales qui s'en iront comme elles sont venues, ça fait partie du jeu !


Pourtant, les 1ères lignes étaient assez séduisantes, je dois bien le dire.


Nous voilà en pleine euphorie de la coupe du monde 98, tout le monde s'en souvient n'est ce pas ? Les français sont derrière les bleus, ils les soutiennent, en semaine, le week end, ils se retrouvent dans les bars, vibrent au rythme des buts, font la fête. Bref, la vie est belle, les parisiens vivent des instants de communion, ils n'est même plus pesant de se retrouver avec ses pairs dans les galeries de métro, c'est dire ! Nicolas habite un appartement en face de la Gare d'Austerlitz, il se rend au Long Hop pour voir le match, et là, dans un moment de communion des clients, il se retrouve dans une proximité avec Victoire qui relèverait d'une situation incongrue dans la vraie vie. Ils rentrent ensemble chez lui. Commence alors une histoire d'amour.


Jusque là, tout va bien, l'histoire est dynamique, il y a l'insouciance de la jeunesse, la découverte pour l'un comme pour l'autre de l'amour. Et puis, il y a une page tournée avec l'histoire familiale de ces deux là, l'une conçue l'été des 18 ans partis en voyage le bac en poche pour fuir les parents et cette famille qui étouffe, c'est bien connu, et puis l'autre arrivé non désiré dans un mariage qui bat de l'aile. Aïe, je sens que ça se gâte ! Et ensuite, comme s'il s'agissait d'une bonne excuse, le jeune couple va lentement sombrer dans une vie de couple tout à fait ordinaire, sans élan émotionnel, sans émotion... sans amour quoi !


Parfois, tout de même, ils connaissaient des instants de joie pure, qui surgissaient dans leur vie de façon impromptue, comme un poisson fait surface en crevant la vase. P. 234

Les pages vont se tourner et malheureusement pour moi, toutes se ressembler au point qu'à l'amorce de la 3ème partie (j'aurais tenu jusqu'à la page 364), le livre va me tomber des mains.


Je n'ai rien à reprocher à l'écriture de Marjorie PHILIBERT, qu'on se le dise. Elle est fluide, fait parfois sourire. C'est plutôt la manière de traiter le sujet qui ne m'a pas séduite. J'ai eu l'impression de sombrer dans ce marasme ambiant sans fantaisie et j'aurais apprécié un petit point lumineux de temps en temps, une éclaircie. Je la trouverai par ailleurs. Tant pis !

Principe de suspension de Vanessa Bamberger *****

Les parapluies d'Erik Satie de Stéphanie Kalfon ****

Ne parle pas aux inconnus de Sandra Reinflet *****

La téméraire de Marine Westphal *****

La sonate oubliée de Christiana Moreau ****

Cette lecture participe au Challenge de

la Rentrée Littéraire MicMelo de janvier 2017 ! 

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2017-03-08T07:38:00+01:00

Quand Sonia RYKIEL illustre un abécédaire...

Publié par Tlivres
Quand Sonia RYKIEL illustre un abécédaire...

Il y a quelques temps déjà, j'ai découvert Le Dictionnaire universel des Créatrices, réalisé par des femmes  (bien sûr !) : Béatrice DIDIER, Antoinette FOUQUE et Mireille CALLE-GRUBER. 

 


Toutes les disciplines y sont abordées : les arts, la littérature, la politique, les sciences humaines, le sport... A croire que les femmes s'autorisent désormais tout, qu'on se le dise !

 

D'ailleurs, ça ne serait pas d'aujourd'hui puisque l'ouvrage met en lumière des créatrices sur 40 siècles, rien que ça. Il est composé de 3 volumes de 1600 pages, de quoi accorder à chacune une place à la hauteur de sa contribution pour la civilisation !


Mais, qui dit dictionnaire, dit abécédaire. Et là, c'est une artiste connue pour sa grande couture et son design qui s'est livrée à l'exercice avec une réalisation que je trouve personnellement très réussie.


Sonia RYKIEL, qui est décédée elle aussi l'année dernière, a illustré ces lettrines avec un immense talent. Chaque lettre a son identité propre. Je suis frappée par leur caractère suggestif alors même qu'il ne s'agit que de petits formats. Incroyable !


Je voulais lui faire ce petit clin d'oeil, et je me suis dit que le 8 mars était certainement une date appropriée, non ?

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2017-03-08T07:30:00+01:00

Ainsi soit-elle de Benoîte GROULT

Publié par Tlivres
Ainsi soit-elle de Benoîte GROULT

Après avoir récemment brossé le portrait de Joséphine BAKER et Olympe de GOUGES au gré de leurs biographies rédigées et illustrées par CATEL et BOCQUET, et parce qu'il convient de célébrer dignement la journée internationale en faveur des droits des femmes, j'ai choisi en ce 8 mars 2017 de vous parler d'une grande Dame du féminisme : Benoîte GROULT.

 

Elle s'est éteinte l'année dernière à l'âge de 96 ans. 

 

Depuis, ma fille m'a confié "Ainsi soit-elle" en m'invitant avec insistance à le lire (comme c'est bon de se faire conseiller de pareille manière, peut-être une affaire d'éducation !). Je m'étais promise de lire cet essai en mars, c'est chose faite, et je vous invite, vous aussi, à vous y plonger.

 


D'abord, il faut savoir que Benoîte GROULT avait beaucoup d'humour. J'ai ri à la lecture de cet essai qui donne à voir une femme de personnalité capable d'user de la dérision dans le propos, histoire de répondre aux hommes avec tact et finesse. C'était certainement là une de ses très grandes forces. J'ai beaucoup aimé sa réponse à Freud qui parle "d'insuffisance génitale" lorsqu'il évoque les femmes :

 


Parler d'insuffisance génitale à propos d'un être qui possède deux organes de plaisir sexuel, plus un appareil reproducteur, me paraît, soit dit en passant, d'une suffisance... P. 132

Ensuite, parce que Benoîte GROULT avait cette capacité à nous faire déculpabiliser d'être femme, faisant sauter ainsi tous les verrous culturels et psychologiques. Il suffit de suivre les actualités pour se convaincre de la fragilité de la condition féminine encore aujourd'hui, au XXIème siècle. Se remémorer cette sage philosophie devient juste une évidence : 

 


Il faut enfin guérir d'être femme. Non pas d'être née femme, mais d'avoir été élevée femme dans un univers d'hommes, d'avoir vécu chaque étape et chaque acte de notre vie avec les yeux des hommes, selon les critères des hommes. P. 34

Mais aussi, parce que Benoîte GROULT respectait ses adversaires, les hommes. Alors même qu'elle relate des propos odieux tenus par certains d'entre eux traitant les femmes tantôt de singes (Stephen HECQUET en 1960), tantôt de légumes Le Père Lelong en 1972), elle continue de porter un discours avec déférence.


Il semble que la seule notion de liberté féminine dans quelque domaine que ce soit, ait eu le don de rendre enragés, au point d'oblitérer en eux tout jugement, des hommes qui passent par ailleurs pour extrêmement intelligents. P. 55

Enfin, parce que sa définition du féminisme me parle et qu'elle semble toujours être au goût du jour :


Car le féminisme ne se résume pas à une revendication de justice, parfois rageuse, ni à telle ou telle manifestation scandaleuse ; c'est aussi la promesse, ou du moins l'espoir, d'un monde différent et qui pourrait être meilleur. P. 73

Cet essai date de 2006, et pourtant il ne semble pas avoir pris une ride, comme Benoîte GROULT qui restera à jamais une grande Femme. 

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