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Articles avec #premier roman catégorie

2022-06-25T06:00:00+02:00

La fille que ma mère imaginait de Isabelle BOISSARD

Publié par Tlivres
La fille que ma mère imaginait de Isabelle BOISSARD

Le bal des 68 Premières fois se poursuit. 

Après :

"Aux amours" de Loïc DEMEY

 "Les nuits bleues" de Anne-Fleur MURTON

"Les maisons vides" de Laurine THIZY,

"Furies" de Julie RIOCCO,

"Ubasute" d’Isabel GUTIERREZ,

"Les envolés" d'Etienne KERN,

"Blizzard" de Marie VINGTRAS,

"Saint Jacques" de Bénédicte BELPOIS

 "Les confluents" de Anne-Lise AVRIL

"Le parfum des cendres" de Marie MANGEZ

"Jour bleu" de Aurélia RINGARD

"Debout dans l'eau" de Zoé DERLEYN

place au premier roman de Isabelle BOISSARD : "La fille que ma mère imaginait" chez Les Avrils.

Il y a cet anniversaire avec un cadeau original, un atelier d’écriture, et puis un nouveau grand départ, le lot commun des expatriés, toujours entre deux avions. Après Limoges, en guise d’amuse-bouche, l’étranger, le grand saut. Après la Suède, l’Italie, place à Taïwan, l’Asie, changement d’environnement, de climat, de cuisine… une sacrée épreuve pour une conjointe-suiveuse, c’est comme ça qu’est appelée celle qui suit son mari qui travaille, celui qui entretient sa famille, mais tout ça ne serait rien encore sans un appel téléphonique des plus alarmants…
 
Au rythme d’un journal intime, alimenté au gré des émotions de la narratrice dont on devine qu’elles sont largement inspirées du parcours personnel de la primo-écrivaine, le roman dévoile le quotidien d’une femme en mal du pays, mal-être, mal tout court. 
 
Vendu comme ça, ce premier roman pourrait être un brin dissuasif mais surtout, ne reculez pas, non, ce roman c’est un ton, humoristique, caustique, vous allez rire, jaune !
 
La jeune femme, mère de deux enfants, mariée avec Pierre, sœur de deux garçons, fille d’un père décédé d’un cancer quand elle n’avait que 10 ans, et d’une mère… dont je vais taire le sort, elle a beaucoup de choses à dire sur sa vie… plurielle ! Ne vous attendez pas à de la bienveillance, non, la narratrice vous sert le tout à bâton rompu, en toute franchise, à bas le conformisme et autres arrangements raisonnables. Toutes vérités ne seraient pas bonne à dire, là, le venin est craché pleine figure !
 
Vous allez être poussé dans le mur. A vous de voir si vous avez envie d’être l’avocat du diable et l’inviter à modérer le propos…
 
Outre le fait de découvrir ce territoire méconnu qu’est Taïwan, ses tribulations politiques depuis la fin de l’occupation japonaise, j’ai beaucoup aimé l’humour qui traverse l’ensemble du roman


J’aimerais que le corps soit une chose extérieure que l’on puisse déposer devant soi. On pourrait passer son corps à la machine, le faire sécher, le recoudre, et pourquoi pas une fois trop usé, le jeter. Il suffirait alors de s’en acheter un nouveau. Neuf ou bien d’occasion, si on est écolo. Puisque tout le monde semble avoir un complexe, je suis convaincue qu’il aurait un marché incroyable pour troquer ou vendre son corps. www.leboncorps.com. P. 33

Et puis, il y a l’approche de la langue, cette partie visible de l’iceberg de ce qu’est chacun…


Le problème n’est pas d’appendre la langue, mais de comprendre toute une conception du monde. Il n’y a pas un filtre, mais de multiples interprétations. P. 71

Un élément incontournable de l’interculturalité. J’ai beaucoup pensé au père de l’ethnopsychiatrie, Tobie NATHAN, qui dit la même chose en d’autres mots.
 
Il y a encore cette analyse de ce que peut être une mère…


Une vraie mère courage. De celles qui se surpassent, qui se dépassent même. Mais se dépasser, c’est aussi prendre le risque de passer à côté de soi. P. 134

Il y a son regard sur ce qu’elle vit de sa relation avec ses filles et celui, surtout, posé sur celui de sa propre mère. 
 
Ce premier roman est très réussi, d’abord parce qu’il m’a fait rire. C’est suffisamment rare pour le préciser ! Je vais pouvoir préparer mon calendrier de l’ #Aventlitteraire sereinement ! Il est singulier aussi dans le regard posé sur le monde, cynique. A méditer sans modération !
 
Impossible de vous quitter sans quelques notes de musique. J’invite Rihanna à chanter son titre « Farewell »… savourez 🎶 
http://tlivrestarts.over-blog.com/2022/06/farewell-de-rihanna.html

http://tlivrestarts.over-blog.com/2022/06/farewell-de-rihanna.html

#68premieresfois #68premieresfoisetplussiaffinité #68premieresfois2022 #litteraturefrancaise #premierroman #68unjour68toujours #bookstagram #jamaissansmon68 #selection2022 #premierroman #7anscasefete #onnarretepasles68 #un68sinonrien #touchepasamon68 #jepensedoncje68 #Lafillequemamereimaginait #Isabelleboissard

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2022-06-23T06:00:00+02:00

Ubasute de Isabel GUTIERREZ

Publié par Tlivres
Ubasute de Isabel GUTIERREZ

Ma #citationdujeudi est l'occasion de revenir sur un coup de coeur, un premier roman sélectionné par les fées des 68, un roman inoubliable, un roman qui me fait frissonner rien que de l'évoquer. Il s'agit de "Ubasute" de Isabel GUTIERREZ aux éditions La fosse aux ours.

Marie s’apprête à réaliser son dernier voyage. Elle est malade. Elle va mourir, elle le sait. Sa dernière volonté, que son fils la porte jusqu'au Grand Rocher. D’ici là, lui va fabriquer la chaise dans laquelle elle s'installera, elle va préparer les quelques effets personnels qu'elle emmènera, un bol qu'elle a tourné elle-même, une natte, une couverture. Seule la date reste à fixer. Un jour, Marie téléphone à son fils. C’est le moment de partir.

Il y a tout un tas de manières d’imaginer sa fin de vie.

Aux Etats-Unis, les gens font appel à une doula, cette personne qui va tout prendre en charge, se substituant aux enfants souvent occupés à vivre leur vie, loin, comme l'évoque si tendrement Jodi PICOULT dans son dernier roman, "Le Livre des deux chemins". Cette pratique arrive depuis peu en France.

Au Japon, il y aurait une tradition, l'ubasute, qui consisterait à demander à quelqu’un de nous porter sur son dos pour l'ascension d’une montagne, là où l’on rendrait notre dernier souffle.

S’il est question de faire de la mort son alliée, ce roman n’en est pas moins profondément lumineux. Le portrait de femme de Marie est fascinant. En attendant le grand jour, Marie revisite sa vie et, dans une narration qui alterne la première et la troisième personnes du singulier, elle nous livre ses confidences. Outre cette décision, tellement courageuse, du choix du moment et des modalités de sa fin de vie, elle est en quête d’une paix intérieure, une libération, une certaine forme de pardon.

 

La prose est tendre et délicate, les mots sont beaux. « Ubasute », c’est un voyage intérieur, une quête spirituelle, une expérience humaine portée par l’espoir. Ce roman je l'ai aimé, passionnément, à la folie !

Et pour que ce moment s'achève tout en beauté, vous prendrez bien quelques notes de musique... aussi ! "Sublime et silence" de Julien DORE.

http://tlivrestarts.over-blog.com/2022/03/sublime-et-silence-de-julien-dore.html

http://tlivrestarts.over-blog.com/2022/03/sublime-et-silence-de-julien-dore.html

Retrouvez mes lectures de cette #selection2022 :

"Aux amours" de Loïc DEMEY

 "Les nuits bleues" de Anne-Fleur MURTON

"Les maisons vides" de Laurine THIZY,

"Furies" de Julie RIOCCO,

"Ubasute" d’Isabel GUTIERREZ,

"Les envolés" d'Etienne KERN,

"Blizzard" de Marie VINGTRAS,

 

"Saint Jacques" de Bénédicte BELPOIS

 "Les confluents" de Anne-Lise AVRIL

"Le parfum des cendres" de Marie MANGEZ

 

"Jour bleu" de Aurélia RINGARD

"Debout dans l'eau" de Zoé DERLEYN

#68premieresfois #68premieresfoisetplussiaffinité #68premieresfois2022 #litteraturefrancaise #premiersromans #68unjour68toujours
#bookstagram #jamaissansmon68 #selection2022 #premierroman #7anscasefete #onnarretepasles68 #un68sinonrien #touchepasamon68 #jepensedoncje68  #ubasute #isabelgutierrez

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2022-06-11T06:00:00+02:00

Debout dans l’eau de Zoé DERLEYN

Publié par Tlivres
Debout dans l’eau de Zoé DERLEYN
Le bal des 68 Premières fois se poursuit.

"Les envolés" d'Etienne KERN,

"Blizzard" de Marie VINGTRAS,

"Saint Jacques" de Bénédicte BELPOIS

 "Les confluents" de Anne-Lise AVRIL

"Le parfum des cendres" de Marie MANGEZ

place au premier roman de Zoé DERLEYN, « Debout dans leau » aux éditions La brune du rouergue.

Nous sommes en Belgique. La narratrice, une jeune fille de 11 et demi vit chez sa grand-mère. Elle aime l’étang qui borde la maison. Elle s’y baigne. Elle y navigue. Il lui offre la possibilité de s’extraire de la tension qui règne sous le toit familial. Sa mère l’a abandonnée quand elle avait 3 ans., et son grand-père se meurt à l’étage. Les journées sont rythmées par le passage de l’infirmière, Inge, et de la femme de ménage, Magda. Pas une pointe de fantaisie dans un quotidien plombé par des réalités tragiques.
 
Dans ce premier roman, j’ai été saisie par la scène d’entrée. Le corps de la jeune fille est figé dans leau, les jambes immobilisées dans la vase de l’étang qui, au fil des pages, devient un personnage à part entière. Si la famille donne plutôt l’impression de cohabiter dans les mêmes murs, la narratrice et l’étang ne font qu’un. Il y a une sorte d’interaction charnelle entre eux.
 
C’est aussi un roman contemplatif. Les premières lignes donnent le ton avec cette jeune fille qui reste là sans bouger à attendre que les poissons viennent l’effleurer.
 
Le rythme est lent, les personnages taiseux, la vie est terrifiante avec l’absence d’origine (le mystère de sa mère pèse sur la famille) et l’absence d’avenir (la mort imminente du grand-père). C’est un peu comme si la jeune fille était en transition, dans un hall de gare, en attendant de monter dans un train, celui de la vie.
 
J’ai aimé les convoitises de la jeune fille autour du livre que prend systématiquement sa grand-mère pour aller à l’église, un livre rouge foncé à l’écriture calligraphié, les premières lettres enluminées. C’est avec cet épisode que l’on mesure la dimension du roman initiatique.


Le livre est rangé dans le dernier tiroir de la table de nuit. […] Il m’a fallu du temps pour l’ouvrir, au hasard. Et j’ai lu. Des mots qui m’ont donné chaud. Des mots qui parlaient d’un corps adorable, de s’abandonner dans ses bras ; des demandes répétées que l’autre prenne pitié ; d’un amour débordant, excessif, supplié et suppliant. Je n’avais jamais lu ni entendu de phrases comme celles-là et je n’en ai jamais lu ou entendu ailleurs que dans ce livre. P. 35

Dans une narration à la première personne du singulier, Zoé DERLEYN nous livre un premier roman éminemment sensoriel dans lequel elle envisage une fusion du vivant. La plume, descriptive, est presque cinématographique. L'autrice avait précédemment écrit un recueil de nouvelles publié aux éditions Quatrature : "Le goût de la limace". 

Impossible de vous quitter sans quelques notes de musique. J'ai choisi le titre "Résiste" de France GALL, un texte qui correspond bien au combat que mené chaque jour.

http://tlivrestarts.over-blog.com/2022/06/resiste-de-france-gall.html

http://tlivrestarts.over-blog.com/2022/06/resiste-de-france-gall.html

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2022-06-09T06:00:00+02:00

Furies de Julie RUOCCO

Publié par Tlivres
Furies de Julie RUOCCO

Il y a des romans qui laissent des traces indélébiles dans votre esprit.

"Furies" de Julie RUOCCO chez Actes Sud conseillé par Gwen du Book Club et dans la #selection2022 des 68 Premières fois fait assurément partie de ceux-là. Ma #citationdujeudi est l'opportunité de le remettre sous les projecteurs.

Bérénice est archéologue de formation. Elle part en mission. Elle a pris l’habitude de faire l’aller-retour. Elle recèle des antiquités. Mais arrivée à Kilis, une ville turque à la frontière avec la Syrie, au moment où elle doit choisir les bijoux qu’elle rapportera en France, une voiture explose. C’est un attentat suicide. Sonnée, elle s’enfuie avec le sac ensanglanté. Elle trouve refuge chez sa logeuse. Lors d’une sortie, près du grillage de la frontière, une mère lui confie son enfant. Une petite fille. Bérénice dont la vie est en danger assume cette nouvelle responsabilité. Elle doit rentrer en France avec elle mais pour ça, un passeport est nécessaire. Elle s’adresse à un homme qui fait de faux papiers. Il fait revivre tous ceux de son village, assassinés, en transmettant leurs noms à ceux qui cherchent encore à sauver leur vie. Avec lui et l’enfant, Bérénice va laisser s’étirer le temps, à la vie, à la mort.

Ce roman, c’est une claque, un roman puissant qui parle de la guerre. Alors que celle de l’Ukraine fait couler l'encre des médias, qu’elle détruit tout sur son passage, qu’elle pousse les femmes et les enfants hors des frontières, qu’elle garde en son sein des hommes condamnés à mourir… au nom de la démocratie, comment rester indifférent à la guerre en Syrie, une guerre civile engagée depuis 2011. Souvenez-vous, soufflait alors l’élan du Printemps arabe !

 

Julie RUOCCO revisite les événements à travers des personnages de fiction.

Il y a cette femme, Bérénice, cette étrangère qui se retrouve en terre inconnue, en guerre.

Et puis, il y a Asim, un homme né en Syrie. Il y avait sa famille, connaissait ses voisins, il les a tous vus mourir. Dans les ruines des bâtiments et la fosse commune, il continue à chercher ce qu’il y a encore de vivant. Mais autour de lui, tout n’est que décombre et désolation.

Ces deux-là vont pourtant partager un pan de leur vie, des instants d'immense frayeur, des moments de grâce aussi.

Ce roman, "Furies" de Julie RUOCCO, est lauréat des 

Prix Envoyé par La Poste 2021

Prix Saint-Georges du premier roman de la librairie Gibier de Pithiviers 2022

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2022-06-04T21:18:53+02:00

Jour bleu de Aurélia RINGARD

Publié par Tlivres
Jour bleu de Aurélia RINGARD

Le bal des 68 Premières fois se poursuit.

Après :

 "Les nuits bleues" de Anne-Fleur MURTON

"Les maisons vides" de Laurine THIZY,

"Furies" de Julie RIOCCO,

"Ubasute" d’Isabel GUTIERREZ,

"Les envolés" d'Etienne KERN,

"Blizzard" de Marie VINGTRAS,

"Saint Jacques" de Bénédicte BELPOIS

 "Les confluents" de Anne-Lise AVRIL

"Le parfum des cendres" de Marie MANGEZ

place au premier roman de Aurélia RINGARD « Jour bleu », Éditions Frison Roche.

Il y a eu cette soirée de vernissage d’une exposition, cet échange entre elle et lui, et puis ce rendez-vous trois mois plus tard, gare de Lyon. Elle habite Paris. Lui arrivera avec le train venant d’Annecy à 13h. Arrivée tôt le matin, pour être à l’heure, elle se remémore les trains du vendredi soir, ceux qui l’emmenaient elle et son frère passer le week-end chez leur père. Leurs parents étaient divorcés. Quel déchirement de devoir la quitter, elle. Le temps de l’attente est l’opportunité pour les souvenirs d’affluer, de retisser le fil de la vie de celle qui a trente-cinq ans. C’est aussi celle de nourrir le désir…
 
Aurélia RINGARD nous livre un premier roman ou l’introspection d’une jeune femme dans un lieu public les quelques heures précédant les retrouvailles avec son amant.
 
Elle observe celles et ceux qui l’entourent, la société en transit qui, dans un café de gare, vit un sas entre deux existences comme autant de prétextes à inventer les vies, heureuses ou bafouées, lire les émotions qui s’expriment sur les visages et agitent les corps, trouver les mots pour traduire les ressentis…


Je gratte mes souvenirs comme on écorche la roche lors de fouilles archéologiques. P. 104

La jeune femme a besoin d’un ancrage, de valeurs sur lesquelles compter, de faire le point sur ses propres intentions à elle, avant de les diluer avec celles d’un autre. Elle sait à quel point ces retrouvailles peuvent constituer le point de rupture avec sa vie d’avant. Elle assouvit cette quête de soi, une focale sur sa personnalité à elle…


J’abrite un goût prononcé pour la désobéissance et une faim encore plus grande pour la liberté qui contrastent, de façon éclatante, avec les traits lisses de mon visage. P. 112

Elle prend le temps nécessaire pour une parfaite maîtrise de soi. C'est cet exercice qui a capté mon attention.


Le désir est toujours tapi quelque part, prêt à bondir. Quand il surgit, nous voilà de nouveau frais et brillants, lavés de tout ce qui a pu nous abîmer, nous amoindrir, aptes à accueillir avec avidité le chapitre qui se présente. C’est étonnant, cette capacité à se renouveler. A faire table rase. P. 116

Il y a chez la jeune femme une furieuse envie de se laisser emporter par l’ivresse et pourtant, elle joue de ses sentiments pour que l’extase de la rencontre fantasmée n’en soit que plus grande.
 
Ce roman est transcendé par la couleur bleue :
 
Jour bleu
Au Train bleu
La moquette bleue
Bleu du ciel
Ciel bleu
Chaos […] de bleu
Rideaux bleus
Les yeux bleu-vert
Coton bleu clair
Doudounes bleu ciel
Du bleu et du vert
Son bleu éternel
Un bleu de noblesse
 
cette couleur qui fait penser au ciel et à l’océan, une invitation vers d’autres horizons, c’est aussi la couleur de la sagesse et de la vérité, une couleur primaire qui offre le calme intérieur, un sentiment de "Plénitude", c’est encore la couleur de l’imaginaire et des rêves.
 
Aurélia RINGARD joue sur les registres du regard, l’un porté sur l’extérieur avec ce qu’il a de profondément troublant et l’autre porté sur l’intérieur, un brin spirituel, qui cherche la confiance en soi.
 
Dans une narration qui alterne le voyage intérieur avec le je et le survol d’une scène de genre avec la troisième personne du singulier, Aurélia RINGARD nous offre un roman singulier, très actuel, qui interroge sur le chemin restant à parcourir pour chacun.
 
Parce qu’il n’y a pas de bal sans musique, je vous propose de rester dans le ton avec « Blue Train » de John COLTRANE.
http://tlivrestarts.over-blog.com/2022/05/blue-train-de-john-coltrane.html

http://tlivrestarts.over-blog.com/2022/05/blue-train-de-john-coltrane.html

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#bookstagram #jamaissansmon68 #selection2022 #premierroman #7anscasefete #onnarretepasles68 #un68sinonrien #touchepasamon68 #jepensedoncje68 #jourbleu #aureliaringard

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2022-05-07T12:20:45+02:00

Le parfum des cendres de Marie MANGEZ

Publié par Tlivres
Le parfum des cendres de Marie MANGEZ

Éditions Finitude

Le bal des 68 Premières fois se poursuit.

Après :

 "Les nuits bleues" de Anne-Fleur MURTON

"Les maisons vides" de Laurine THIZY,

"Furies" de Julie RIOCCO,

"Ubasute" d’Isabel GUTIERREZ,

"Les envolés" d'Etienne KERN,

"Blizzard" de Marie VINGTRAS,

"Saint Jacques" de Bénédicte BELPOIS

 "Les confluents" de Anne-Lise AVRIL

place au premier roman de Marie MANGEZ « Le parfum des cendres », une immersion dans les profondeurs de l’âme.

Tout commence avec une scène aussi éblouissante que saisissante. Bernadette est sur son lit de mort. Sylvain, 37 ans, thanatopracteur depuis 9 ans, lui apporte les derniers soins, sous les yeux d’Alice, anthropologue, observatrice, qui prépare une thèse sur le sujet. La Grande Faucheuse est passée par là. Sylvain réalise les dernières volontés des défunts. Il donne la touche finale, éminemment gracieuse, à des corps apaisés sur qui le rideau du théâtre est tombé. Mais lui, Sylvain, comment en est-il arrivé là… un choix ou une pure foudroyante tragédie ?

 

Il y a des métiers plus que d’autres qui suscitent la curiosité, à moins que ça ne soit de la répugnance. La pratique de la thanatopraxie nécessite une expertise technique, la profession d’embaumeur depuis la nuit des temps requiert de la précision, de la minutie, dans les soins apportés aux défunts, de ceux qui redonnent au corps un semblant de vie. 
 

Ce premier roman de Marie MANGEZ, « Le parfum des cendres », c’est une lecture coup de poing.

 

Dès les premières lignes, avec les soins apportés au corps de Bernadette, j’ai été happée par le caractère solennel de la cérémonie à laquelle Sylvain se prête, comme un rituel ponctué par l’évocation d’arômes subtiles. Là :


Groseille, oui. C’était bien ça. Cette fragrance piquante et fruitée. Une ville écarlate qui éclate en jus acide, très acide sous ses dehors pimpants, pas du genre à enrober le palais de douceur sucrée, la groseille, plutôt du genre à le picoter délicatement - avec, de temps à autre, l’éclair d’amertume des minuscules grains qui cèdent sous la dent… P. 8

Il y a dans la scène le paradoxe de la mort, froide, blafarde, le corps sans vie, et les tableaux brossés de couleurs vives nourris par une vive gourmandise suscitant l’évocation des sens, tout ce qui fait le sel de la vie comme le disait si bien Françoise HÉRITIER.

 

Comme elle, Alice est anthropologue. Elle explore ce champ d’activités avec curiosité. 

 

Comme j’ai aimé le contraste des personnalités. Alice est aussi pétulante et dynamique que Sylvain est calme et abattu.

 

Et puis, derrière les corps dans vie, il y a des familles meurtries, le deuil, la douleur qui ne réduit pas le temps, les tripes qui vrillent, le cœur qui s’emballe, l’air qui manque jusqu’à l’asphyxie. J’ai tressailli avec Sylvain, suis sortie KO de ses combats.

 

Et puis, les parenthèses offertes par la musique, une playlist de folie, aussi éclectique que les corps à embaumer sont divers et variés. Comme j’ai aimé saisir l’opportunité de morceaux proposés par Alice comme autant d’opportunités de se ressourcer, se ressaisir pour se reconstruire, au bout du tunnel peut-être la voie de la résilience…

 

Ce roman est éminemment sensoriel, du tactile, en passant par le visuel et l’olfactif, jusqu’au gustatif, comme autant d’opportunités de vibrer. Je ne suis pas prête d’oublier l’uppercut. La plume est glaçante comme les macchabés, éminemment poétique comme peut l’être un dernier souffle de vie, profondément lumineuse aussi.

 

Impossible de ne pas terminer en musique 🎶 je vous propose «  Gone with the wind » 

http://tlivrestarts.over-blog.com/2022/05/gone-with-the-wind-de-axel-rudi-pell.html

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2022-04-30T06:00:00+02:00

Les confluents de Anne-Lise AVRIL

Publié par Tlivres
Le bal des 68 Premières fois se poursuit.

Après :

 "Les nuits bleues" de Anne-Fleur MURTON

"Les maisons vides" de Laurine THIZY,

"Furies" de Julie RIOCCO,

"Ubasute" d’Isabel GUTIERREZ,

"Les envolés" d'Etienne KERN,

"Blizzard" de Marie VINGTRAS,

"Saint Jacques" de Bénédicte BELPOIS

place au premier roman de Anne-Lise AVRIL "Les confluents" aux éditions Julliard, une invitation au voyage.

Jaya quitte son île indonésienne. Nous sommes en 2040. Il souffle un air d’apocalypse sur ce petit coin de paradis. Les tortues qui nageaient au pied des pilotis des maisons ont disparu. L’océan continue d’envahir les terres. La température est caniculaire. Jaya quitte aussi son frère, Aslam, qui, lui, continue d’avoir la foi en son territoire, sa planète. Il plante incessamment des palétuviers dans la mangrove. Liouba et Talal, eux, embarquaient, s’envolaient, quittaient leur terre pour le travail. Nous sommes en 2009. Elle est née à Moscou d’un père français, botaniste, et d’une mère de Sibérie, journaliste, tous deux récemment disparus. Elle, dans les pas de sa mère, se destine à l’écriture. Elle a choisi de parler d’un homme qui plante des arbres pour reconstituer une forêt native dans le désert. Elle voudrait faire rayonner la technique zaï venue du Sahel et qui permet aux végétaux de pousser grâce à l’action des termites. Lui vit à Berlin et parcourt le monde. Il est photographe. Un jour, ils se croisent, se parlent, c’est là que leur histoire commence… et que tous les destins vont se croiser !
 
Ce roman, c’est celui du mouvement, celui de la terre qui tourne sur elle-même, celui de la terre qui tourne autour du soleil. A l'image de cette forme de révolution, des êtres sont sur le départ. Ils quittent leur pays, par la voie de l’eau ou des airs, en quête d'une terre d'asile.


L’être humain a toujours été une espèce migratrice, mais ce mouvement s’accentue aujourd’hui au fil des changements climatiques, de la montée des eaux, des conflits croissants. P. 43

Il y a la menace des grands mouvements de populations, ceux guidés par le besoin irrépressible de sauver sa vie contre vents et marées, ce proverbe n'a jamais été aussi vrai. Il y a là un réflexe presque animal, un instinct de survie qui poussent les réfugiés climatiques à partir.

Si Anne-Lise AVRIL porte un regard désenchanté sur cette réalité, le compte à rebours de la destruction de l'environnement définitivement lancé, il n'en demeure pas moins qu'elle donne à voir le sursaut de certains hommes. Il y a urgence à agir, là contre la fin des espèces, là contre la disparition de la biodiversité. Quel plus bel acte de rébellion que celui d'Aslam. Avec ce personnage de fiction, l'autrice donne de l'espoir, celui de croire en un possible renouveau, une résurrection.

Ce roman, c’est aussi celui de rencontres, d’une certaine forme de fraternité…


Ils souriaient, liés par cette intimité qui ne peut se créer qu’en voyage, cette communion de deux êtres éloignés de chez eux, liés par l’illusion d’un présent éternel. P. 80

qui naît quand les êtres sont un brin vulnérables, fragilisés par une certaine forme de solitude, et qui trouvent là comme une évidence de se lier.
 
Outre les relations d'amitié qui peuvent trouver naissance là où on les imaginait perdues, il y a aussi d'autres sentiments qui peuvent voir le jour, des sentiments plus forts, des sentiments qui pourraient faire changer la trajectoire du monde.
 
Ce roman c’est celui du désir ardent, celui d’une passion amoureuse, celui de l’attirance des corps, celui des pulsions charnelles. 


A distance, ils avaient continué à s’envoyer des messages qui ne contenaient que des chansons. C’était leur façon de faire l’amour, au sens littéral de le créer, de le bâtir, de le consumer. P. 114

Il y a cette relation entretenue par des instants éphémères, aussi précieux qu’ils sont rares. Quelle plus belle image que celle de la retenue, à moins que ça ne soit simplement de la tenue !

Anne-Lise AVRIL nous livre un premier roman envoûtant dans un climat de fin du monde. Elle laisse une trace dans la littérature contemporaine de la jeune génération, celle qui a 20 ans en 2020, qui ne se fait plus aucune illusion sur l’avenir de l’humanité mais elle ne saurait se résigner pour autant à mourir. Il y a ici ou là des hommes et des femmes assez fous pour rêver encore, RESISTER.

Anne-Lise AVRIL nous livre un premier roman d'une très grande maîtrise où les métaphores riment avec la couleur des sentiments. Les mots sont tendres et déchirants, la plume rythmée par les événements, le propos militant.

Impossible de vous abandonner sans quelques notes de musique. Calogero, lui aussi, parle de "La Fin de la fin du monde".

http://tlivrestarts.over-blog.com/2022/04/la-fin-de-la-fin-du-monde-de-calogero.html

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2022-04-16T06:00:00+02:00

Blizzard de Marie VINGTRAS

Publié par Tlivres

Le bal des 68 Premières fois se poursuit.

Après :

 

"Les nuits bleues" de Anne-Fleur MURTON

"Les maisons vides" de Laurine THIZY,

"Furies" de Julie RIOCCO,

"Ubasute" d’Isabel GUTIERREZ,

"Les envolés" d'Etienne KERN,

 

place à "Blizzard" de Marie VINGTRAS, un roman choral poignant.

 

Les premières lignes sont saisissantes...

 

 

Blizzard de Marie VINGTRAS


Je l'ai perdu. J'ai lâché sa main pour refaire mes lacets et je l'ai perdu.

Dès lors, tout peut arriver. Dans un climat hostile, deux êtres, dont on ne sait rien, qui, il y a encore une seconde, étaient solidaires dans leur destinée, se retrouvent seuls. Bess, une femme raconte son effroi, la culpabilité qui la tenaille déjà. Et puis, vient Benedict, un homme. Quand il découvre la maison ouverte et personne à l'intérieur, il s'inquiète, il peste. Lui sait que dans son pays, le simple fait de lâcher une main se fait au péril de la vie. Il est né là, en Alaska. Et encore, Freeman, un retraité noir. Et enfin, Cole. Dans la situation présente, il y a urgence à agir, à la vie à la mort.

Marie VINGTRAS nous livre un thriller psychologique haletant. Je peux bien l'avouer, une fois commencé, je n'ai pas pu le lâcher, moi !

Il y a d'abord les personnages qui un à un se saisissent d'une réalité et improvisent dans la prise de décision. L'autrice nous livre une galerie aussi mystérieuse qu'hétéroclite. Tous, dans leurs conditions, ne sont pas armés à égalité. Quand un homme ou une femme est exposé.e à des conditions climatiques extrêmes, il y a des choses à faire (ou ne pas faire), il y a des réflexes à adopter, mais encore faut-il les avoir appris, les maîtriser aussi.


C’est quelque chose qui ne s’invente pas, savoir survivre. P. 16

En parlant de personnages, il en est qui n'a pas de chapitres à son nom mais tout le titre du roman. Le "blizzard" transcende le roman. Il est celui qui confronte, celui qui épuise, celui qui rend fragile et vulnérable, celui qui donne du sens à la vie, celui qui teste les capacités à résister. Le phénomène météorologique joue avec la ténacité des êtres, il se lie aux paysages et les rend hostiles. 

Dans l'adversité, il y a des moments de désolation, de ceux que l'on redoute pour leur gravité, des moments que l'on sait fragiles, une seule seconde et tout peut basculer.


Il vaudrait mieux rester à cet instant précis, juste avant de savoir, lorsque l’on est encore dans l’ignorance, même si tout cela n’est qu’une illusion. P. 82

Comme j'ai aimé ce roman pour ce qu'il véhicule de puissance, pour ce qu'il génère chez les êtres humains qui imaginent la fin de leur vie imminente et ont cette envie irrésistible d'en dérouler le fil.

Comme j'ai aimé passer des moments d'intimité avec des personnages en introspection, seuls avec eux-mêmes, seuls confrontés à leur propre sort.

Comme j'ai aimé la narration, arriver à chaque fin de chapitre, court pour donner encore plus de vitalité au propos, et découvrir la petite phrase qui va encore faire monter d'un cran l'intensité.

Comme j'ai aimé la chute, prodigieuse. 

Comme j'ai aimé ce premier roman exceptionnel dans une plume presque cinématographique. Je crois que je vais garder très longtemps en mémoire les images que Marie VINGTRAS a fait naître dans mon esprit.

Pour rester dans le ton, je vous propose de danser maintenant...

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2022-04-09T06:00:00+02:00

Les envolés de Étienne KERN

Publié par Tlivres
Les envolés de Étienne KERN

Editions Gallimard

Nouvelle lecture des 68 Premières fois, un roman historique éblouissant
 
Franz REICHELT est originaire de Prague. Son père le destinait à la relève de l’entreprise de cordonnier familiale, il choisira pourtant la mode. Ce destin le guidera jusqu’à Paris où, après quelques expériences professionnelles, il créera son atelier. Nous sommes dans les toutes premières années du XXeme siècle, les années folles, celles des inventions, des pionniers de l’aviation. L’homme rêve alors de voler… à ses risques et périls.
 
Dès les premières pages, je me suis laisser envoûter par la plume d’Etienne KERN, une plume éminemment romanesque qui décrit à l’envi le Paris de la création. Quelles plus jolies pages que celles dédiées à la Tour Eiffel ! Et puis, on y parle de couture, de mode, de tissus, de broderies, de chapeaux, rien n’est trop beau pour briller dans les salons.
 
Et puis, il y a le mystère de cette robe exposée dont l’origine sera progressivement dévoilée, de quoi aiguiser la curiosité et donner le ton de la prose.
 
Le roman historique devient roman d’aventure quand il relate le destin d’hommes portés par la fougue de l’invention, celui des femmes souvent moins séduisant, veuves prématurément. Comme j’ai aimé découvrir la quête de Franz REICHELT, l’histoire vraie de cet homme à la démarche si humaniste de sauver ses compatriotes lors d’un vol hasardeux, ou totalement fou.


Cette vérité si troublante : l’expérience du vertige n’est pas la peur de tomber mais le désir de sauter. P. 59

Les instants de vol, de lâcher prise, deviennent à s’y méprendre les affres folle de la passion amoureuse, des moments d'ivresse.


Et en pensant à elle, il revivait l’instant, cet abandon total, ce moment à nul autre pareil durant lequel il s’était senti à mi-chemin du ciel et de la terre. P. 92

Et puis, il y a la narration, l’alternance de chapitres, ceux en lettres romaines pour relater l’histoire des pionniers de l’aviation, ceux en lettres italiques pour évoquer le destin d’une disparue de 33 ans, Muriel BASSOU. Le roman « Les envolés » lui rend hommage. Muriel BASSOU était écrivaine. Elle était l’autrice du livre « Devenir Stendhal, Amitié et formation littéraire » aux éditions Classiques Garnier.

La plume est belle, éminemment romantique, jubilatoire et euphorique. "Les envolés", c'est un magnifique roman. D'ailleurs, l'Académie ne s'y est pas trompée, il est en lice pour le Goncourt du Premier Roman. Souhaitons lui bonne chance !

Je ne peux décemment pas vous quitter sans quelques notes de musique sans quoi le bal ne serait pas un bal. Vous prendrez bien quelques notes de pop rock...

http://tlivrestarts.over-blog.com/voler-de-nuit.html

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2022-04-07T06:00:00+02:00

Ubasute de Isabel GUTIERREZ

Publié par Tlivres
Ubasute de Isabel GUTIERREZ

Ma #citationdujeudi est l'occasion de revenir sur un coup de coeur de la #selection2022 des 68 Premières fois : "Ubasute" d'Isabel GUTIERREZ aux éditions La Fosse aux ours.

Marie s’apprête à réaliser son dernier voyage. Elle est malade. Elle va mourir, elle le sait. Sa dernière volonté, que son fils la porte jusqu'au Grand Rocher. D’ici là, lui va fabriquer la chaise dans laquelle elle s'installera, elle va préparer les quelques effets personnels qu'elle emmènera, un bol qu'elle a tourné elle-même, une natte, une couverture. Seule la date reste à fixer. Un jour, Marie téléphone à son fils. C’est le moment de partir.

Il y a tout un tas de manières d’imaginer sa fin de vie.

Aux Etats-Unis, les gens font appel à une doula, cette personne qui va tout prendre en charge, se substituant aux enfants souvent occupés à vivre leur vie, loin, comme l'évoque si tendrement Jodi PICOULT dans son dernier roman, "Le Livre des deux chemins". Cette pratique arrive depuis peu en France.

Au Japon, il y aurait une tradition, l'ubasute, qui consisterait à demander à quelqu’un de nous porter sur son dos pour l'ascension d’une montagne, là où l’on rendrait notre dernier souffle.

C'est dans cette pratique, ou légende, qu'Isabel GUTIERREZ puise l'inspiration de son premier roman.

S’il est question de faire de la mort son alliée, ce roman n’en est pas moins profondément lumineux. Le portrait de femme de Marie est fascinant. En attendant le grand jour, Marie revisite sa vie et, dans une narration qui alterne la première et la troisième personnes du singulier, elle nous livre ses confidences. Outre cette décision, tellement courageuse, du choix du moment et des modalités de sa fin de vie, elle est en quête d’une paix intérieure, une libération, une certaine forme de pardon.

Ce roman, c’est une ode à la vie. La prose est tendre et délicate, les mots sont beaux. « Ubasute », c’est un voyage intérieur, une quête spirituelle, une expérience humaine portée par l’espoir. Ce roman je l'ai aimé, passionnément, à la folie !

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2022-04-02T06:00:00+02:00

Ubasute de Isabel GUTIERREZ

Publié par Tlivres
Ubasute de Isabel GUTIERREZ

La fosse aux ours

Le bal des 68 se poursuit. Isabel GUTIERREZ nous livre un premier roman éblouissant, "Ubasute".

Marie s’apprête à réaliser son dernier voyage. Elle est malade. Elle va mourir, elle le sait. Sa dernière volonté, que son fils la porte jusqu'au Grand Rocher. D’ici là, lui va fabriquer la chaise dans laquelle elle s'installera, elle va préparer les quelques effets personnels qu'elle emmènera, un bol qu'elle a tourné elle-même, une natte, une couverture. Seule la date reste à fixer. Un jour, Marie téléphone à son fils. C’est le moment de partir.

Il y a tout un tas de manières d’imaginer sa fin de vie.

Aux Etats-Unis, les gens font appel à une doula, cette personne qui va tout prendre en charge, se substituant aux enfants souvent occupés à vivre leur vie, loin, comme l'évoque si tendrement Jodi PICOULT dans son dernier roman, "Le Livre des deux chemins". Cette pratique arrive depuis peu en France.

Au Japon, il y aurait une tradition, l'ubasute, qui consisterait à demander à quelqu’un de nous porter sur son dos pour l'ascension d’une montagne, là où l’on rendrait notre dernier souffle.

C'est dans cette pratique, ou légende, qu'Isabel GUTIERREZ puise l'inspiration de son premier roman, un coup de coeur de cette #selection2022 des 68 Premières fois.

S’il est question de faire de la mort son alliée, ce roman n’en est pas moins profondément lumineux. Le portrait de femme de Marie est fascinant. En attendant le grand jour, Marie revisite sa vie et, dans une narration qui alterne la première et la troisième personnes du singulier, elle nous livre ses confidences. Outre cette décision, tellement courageuse, du choix du moment et des modalités de sa fin de vie, elle est en quête d’une paix intérieure, une libération, une certaine forme de pardon


Se réconcilier avec eux et accueillir leur absence qui l’a finalement sauvée, voilà ce qu’elle décide, avant d’entreprendre la longue marche à dos de fils. P. 24/25

Ce roman, c’est une ode à la vie.

Et puis, il y a cette relation mère/fils, ce dernier moment de complicité, ce sursaut de vie intense avant l’abandon, l’abandon d’un être cher, l’abandon du corps, l’abandon de la vie.


Il reste un moment figé dans la solitude de cet instant et laisse les larmes monter. Il n’a pas froid, il n’a pas peur, il n’est même pas malheureux. Une joie immense le fait pleurer, la joie d’être le dernier présent dans ce monde, le bonheur d’être l’unique passeur vers l’autre monde. P. 98

Il y a encore le rapport au corps et à sa mémoire. J’ai été bouleversée par l’empreinte laissée dans le corps de cette femme des traumatismes comme des jours heureux. Notre corps, c’est le témoin de notre vie, notre plus fidèle compagnon, celui qui sait tout de nous, celui qui décidera aussi du moment du lâcher prise.


Les notes silencieuses se mettent à sonner sur la même partition, corps de femme ou foetus, je n’ai donc rien oublié. P. 55

Il y a enfin cette place laissée au silence. Il est à lui seul un personnage du roman. J’ai adoré son intensité. Si tout au long de la vie, les mots permettent l’expression de nos émotions, dans les derniers instants, les regards, le peau à peau, le corps à corps, le simple fait d’être là, suffisent à combler le vide, donner de la profondeur aux sentiments.

La prose est tendre et délicate, les mots sont beaux. « Ubasute », c’est un voyage intérieur, une quête spirituelle, une expérience humaine portée par l’espoir. Ce roman je l'ai aimé, passionnément, à la folie !

Et pour que ce moment s'achève tout en beauté, vous prendrez bien quelques notes de musique... aussi ! "Sublime et silence" de Julien DORE.

http://tlivrestarts.over-blog.com/2022/03/sublime-et-silence-de-julien-dore.html

http://tlivrestarts.over-blog.com/2022/03/sublime-et-silence-de-julien-dore.html

#68premieresfois #68premieresfoisetplussiaffinité #68premieresfois2022 #litteraturefrancaise #premiersromans #68unjour68toujours
#bookstagram #jamaissansmon68 #selection2022 #premierroman #7anscasefete #onnarretepasles68 #un68sinonrien #touchepasamon68 #jepensedoncje68  #ubasute #isabelgutierrez

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2022-03-31T17:30:00+02:00

Furies de Julie RUOCCO

Publié par Tlivres
Furies de Julie RUOCCO

Nouvelle lecture coup de poing, un premier roman époustouflant de la #selection2022 des fées des 68 Premières fois, "Furies" de Julie RUOCCO chez Actes Sud.

Bérénice est archéologue de formation. Elle part en mission. Elle a pris l’habitude de faire l’aller-retour. Elle recèle des antiquités. Mais arrivée à Kilis, une ville turque à la frontière avec la Syrie, au moment où elle doit choisir les bijoux qu’elle rapportera en France, une voiture explose. C’est un attentat suicide. Sonnée, elle s’enfuie avec le sac ensanglanté. Elle trouve refuge chez sa logeuse. Lors d’une sortie, près du grillage de la frontière, une mère lui confie son enfant. Une petite fille. Bérénice dont la vie est en danger assume cette nouvelle responsabilité. Elle doit rentrer en France avec elle mais pour ça, un passeport est nécessaire. Elle s’adresse à un homme qui fait de faux papiers. Il fait revivre tous ceux de son village, assassinés, en transmettant leurs noms à ceux qui cherchent encore à sauver leur vie. Avec lui et l’enfant, Bérénice va laisser s’étirer le temps, à la vie, à la mort.

Ce roman, c’est une claque, un roman puissant qui parle de la guerre. Julie RUOCCO revisite les événements à travers des personnages de fiction.

Il y a cette femme, Bérénice, cette française, une occidentale, qui se retrouve étrangère, en terre inconnue, au Moyen-Orient, en Syrie, dans un pays en guerre.

Et puis, il y a Asim, un homme né en Syrie. Il y avait sa famille, connaissait ses voisins, il les a tous vus mourir... ou presque, et tente de faire revivre leurs âmes.

Il y a encore Taym, la sœur d’Asim, une « Furie » en référence aux Erinyes, les filles de Gaïa et Ouranos, qui, dans la mythologie grecque, poursuivaient les criminels. Taym alerte l’opinion internationale. Un temps dans la rue à manifester, maintenant recluse, elle résiste en publiant tout ce qu’elle découvre, un jour justice sera rendue.

Julie RUOCCO fait de la guerre un objet littéraire, une tragédie. Dans un récit rythmé par les explosions, elle a cette capacité à faire émerger de la torpeur et l’hébétude des instants de grâce, des moments aussi précieux que fulgurants comme autant de ponts dressés entre les hommes que plus rien ne retient...

Julie RUOCCO nous livre un roman percutant, c'est de la bombe.

Cette publication est l'occasion d'un petit clin d'oeil à Julien LECLERC qui a eu la chance de s'entretenir avec l'écrivaine dans le cadre de ses "Balades artistiques", un podcast à écouter... absolument !

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2022-03-26T07:00:00+01:00

Furies de Julie RUOCCO

Publié par Tlivres
Furies de Julie RUOCCO

Nouvelle lecture coup de poing, un premier roman époustouflant de la #selection2022 des fées des 68 Premières fois, "Furies" de Julie RUOCCO chez Actes Sud.

Bérénice est archéologue de formation. Elle part en mission. Elle a pris l’habitude de faire l’aller-retour. Elle recèle des antiquités. Mais arrivée à Kilis, une ville turque à la frontière avec la Syrie, au moment où elle doit choisir les bijoux qu’elle rapportera en France, une voiture explose. C’est un attentat suicide. Sonnée, elle s’enfuie avec le sac ensanglanté. Elle trouve refuge chez sa logeuse. Lors d’une sortie, près du grillage de la frontière, une mère lui confie son enfant. Une petite fille. Bérénice dont la vie est en danger assume cette nouvelle responsabilité. Elle doit rentrer en France avec elle mais pour ça, un passeport est nécessaire. Elle s’adresse à un homme qui fait de faux papiers. Il fait revivre tous ceux de son village, assassinés, en transmettant leurs noms à ceux qui cherchent encore à sauver leur vie. Avec lui et l’enfant, Bérénice va laisser s’étirer le temps, à la vie, à la mort.

Ce roman, c’est une claque, un roman puissant qui parle de la guerre. Alors que celle de l’Ukraine a envahi depuis un mois les médias, qu’elle détruit tout sur son passage, qu’elle pousse les femmes et les enfants hors des frontières, qu’elle garde en son sein des hommes condamnés à mourir… au nom de la démocratie, comment rester indifférent à la guerre en Syrie, une guerre civile engagée depuis 2011. Souvenez-vous, soufflait alors l’élan du Printemps arabe !

Julie RUOCCO revisite les événements à travers des personnages de fiction.

Il y a cette femme, Bérénice, cette étrangère qui se retrouve en terre inconnue, en guerre.

Et puis, il y a Asim, un homme né en Syrie. Il y avait sa famille, connaissait ses voisins, il les a tous vus mourir. Dans les ruines des bâtiments et la fosse commune, il continue à chercher ce qu’il y a encore de vivant. Mais autour de lui, tout n’est que décombre et désolation.


La chaîne des générations avait été brisée, sa mémoire s’évaporait par toutes les fenêtres, par tous les pores du pays. À ce rythme, il n’y aurait bientôt plus de vivants sur la terre, à peine des vestiges. P. 125

Il consacre ses journées à donner à chacun un semblant de dignité.

Il y a encore Taym, la sœur d’Asim, une « Furie » en référence aux Erinyes, les filles de Gaïa et Ouranos, qui, dans la mythologie grecque, poursuivaient les criminels. Taym alerte l’opinion internationale. Un temps dans la rue à manifester, maintenant recluse, elle résiste en publiant tout ce qu’elle découvre, un jour justice sera rendue.


Même devant le constat de la défaite imminente, sa détermination restait intacte, comme si son courage s’était mué en quelque chose d’autre, une forme de devoir, une nécessité impérieuse de tirer du sens de toute cette folie pour qu’elle ne se reproduise plus jamais. P. 52

Il en est d’autres, des « Furies », ces femmes qui résistent au joug des hommes, ces femmes guerrières peshmergas.

Julie RUOCCO fait de la guerre un objet littéraire, une tragédie. Dans un récit rythmé par les explosions, elle a cette capacité à faire émerger de la torpeur et l’hébétude des instants de grâce, des moments aussi précieux que fulgurants comme autant de ponts dressés entre les hommes que plus rien ne retient...


À son contact, Bérénice découvrait l’orgueil fou d’être une femme au bord du précipice, la surprise perpétuelle de se relever au-delà du silence et des entraves, même si c’était la dernière chose qu’elle faisait, surtout si c’était la dernière chose qu’elle faisait. P. 225

Julie RUOCCO nous livre un roman percutant, une bombe… à retardement.

 »Furies », c’est aussi l’occasion d’un petit clin d’œil au Book Club, merci Gwen de ce prêt 😉

Parce qu'il n'y a pas de livre sans musique au bal des 68, après 

"Jolene" de Dolly PARTON pour "Les nuits bleues" de Anne-Fleur MURTON

"Fear of the dark" d'Iron Maiden pour "Les maisons vides" de Laurine THIZY,

j'ai choisi un nouveau morceau de hard rock, je vous propose de rester dans le dur, le fort, le puissant avec "Civil War" des Guns N'Roses, le groupe de hard rock américain. Allez, maintenant, musique !

http://tlivrestarts.over-blog.com/2022/03/civil-war-de-slash.html

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2022-03-19T10:20:17+01:00

Les maisons vides de Laurine THIZY

Publié par Tlivres
Les maisons vides de Laurine THIZY

Le bal des 68 continue. Après l'air de country de "Jolene" de Dolly PARTON pour accompagner "Les nuits bleues" de Anne-Fleur MURTON, je vous proposerai tout à l'heure quelques notes pour bercer "Les maisons vides" de Laurine THIZY.

 
Le rapport au corps est le fil rouge de ce premier roman orchestré d’une main de maître. Depuis ses premiers jours, Gabrielle a dû apprendre à dompter ce corps, inachevé du prématuré, mal formé par l’infirmité, maîtrisé par la pratique sportive…


La finesse de sa musculature est redessinée par des courbes qui surgissent en quelques semaines. Tout se passe comme si ses formes adultes, comprimées depuis tant d’années par un travail incessant de domestication sportive, explosaient au grand jour. P. 129

qui ne manque pas de reprendre ses droits dès le premier effort abandonné. C’est le jeu d’équilibre d’une vie qui, chez Gabrielle, prend une dimension toute particulière.
 
Et puis, il y a ces parenthèses des clowns à l’hôpital, des moments aussi fugaces que bouleversants, aussi rapides que l’éclair, aussi puissants que le tonnerre. Au fil des saynètes, les artistes s’approprient chaque situation et proposent au malade de jouer, lui aussi, un rôle dans le spectacle, celui de la spontanéité, la sincérité, le fruit d’un lâcher prise dans sa plus profonde intimité.


Le jeune père ferme les siens. Les larmes qu’il n’a pas pleurées, l’harmonica en fait une cascade de son, qui tinte en gouttelettes langoureuses. P. 152

Il y a encore le rapport à la religion. Comme j’ai aimé le parcours initiatique de Gabrielle aux côtés de Maria, la vieille espagnole, celle qui a fuit la guerre civile de son pays, celle qui est arrivée en France en franchissant les montagnes des Pyrénées, celle qui est veuve mais d’une sagacité incroyable, et qui comprend mieux que personne la sensibilité de son arrière-petite-fille.


C’est son séisme intérieur, sa première explosion, la découverte intime d’une émotion qui n’existe pas ailleurs que dans l’amour. Une foi sauvage, indomptée par les mots, de met à battre contre son cœur. P. 174

Il y a enfin le rapport à la mort, celle-là même qui vous saute à la gorge dès les premières pages et qui ne va pas manquer de vous menacer tout au long du roman. Là aussi, un jeu d’équilibre que Laurine THIZY termine en apothéose.
 
Quelle plume, la main de fer dans un gant de velours, quelle construction narrative, une alternance de chapitres méticuleusement rythmés, quel premier roman, une lecture coup de poing, tout simplement. J'en suis sortie K.O., bravo !
 
Et maintenant, si on dansait.
 
J’aurais pu retenir les quelques notes d’harmonica proposées par Laurine THIZY mais le blues n’aurait pas été à la hauteur de la puissance du propos. Non, je crois que "Fear of the dark" d'Iron Maiden conviendra beaucoup mieux. Allez, maintenant, musique !
http://tlivrestarts.over-blog.com/2022/03/fear-of-the-dark-d-iron-maiden.html

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2022-03-12T07:00:00+01:00

Les nuits bleues de Anne-Fleur MULTON

Publié par Tlivres
Les nuits bleues de Anne-Fleur MULTON
 
Le bal des 68 commence cette année avec de la musique country. Sur l’air de « Jolene » de Dolly PARTON, s’écrit une histoire d’amour, d’une femme avec une femme, une histoire de vie, quotidienne, amoureuse, passionnante, une histoire de tous les jours, de toutes les couleurs, il y a du bleu, du blanc


Blanc, c’est aussi la couleur de nos silences, qu’on peut laisser durer longtemps parce qu’il n’y a pas besoin d’en dire plus. P. 91

du jaune, du rouge, du violet… que j'imagine en référence au drapeau gay, l'étendard de la communauté LGBT.
 
J’avais dit que les fées nous promettaient avec la #selection2022 un programme haut en couleur, je ne m’étais pas trompée.
 
Ce que je ne sais jamais, par contre, c’est là où elles vont nous emmener, l’effet de surprise, je ne m’en lasse pas !
 
Sortir des sentiers battus, se laisser séduire par les mots. Là, la plume a elle seule est un roman, des phrases courtes, des phrases longues, le tout avec un minimum de ponctuation, voire pas


le cœur battant
le cœur remonté dans la gorge
le cœur que nous entendons toutes les deux
le cœur comme des vagues brisées sur la jetée P. 102

en vers, ou pas, laisser rythmer sa lecture, se laisser porter par la cadence, tenter, trébucher, recommencer, épouser… c’est ça danser, non ?
 
Et puis, il y a le rapport au féminin, sa condition, cet espèce de carcan dans lequel les femmes se cantonnent…


Elle constate On se retient toujours quand on est une femme, on a peur de faire des tâches peur d’être vues senties remarquées entendues peur de n’être plus invisibles finalement P. 162

Et puis il y a l’amour, cet état qui rend vulnérables les hommes comme le disait si bien Karine TUIL lors des Entretiens littéraires de La Collégiale Saint-Martin, l’amour qui entraîne « les pertes de contrôle, les pertes de maîtrise ». L’amour, c’est une certaine forme de lâcher prise. Je retiens du roman « Les nuits bleues » qu’il y a cette phase d’apprentissage de l’amour, ce parcours initiatique avec l'autre, jusque dans la sexualité, le chemin du désir…


Quand on pensera à l’amour ce jour-là, on se souviendra du désir qui était presque une troisième personne entre nous. On comprend soudain qu’il est possible d’être physiquement ivre de désir. P. 57

et enfin, la libération !
 
Ce premier roman de Anne-Fleur MULTON est inspiré de son histoire personnelle, quel plus beau sujet que l’amour, quelle plus belle preuve d’amour à Sara.
 
La plume de Anne-Fleur MULTON est poétique. J’ai aimé ses références à Paul ELUARD, John KEATS…
 
Ce premier roman ne pouvait pas ne pas trouver sa place dans le bal des 68 : « premier message », « Les premières filles », « Premier matin », « première année »… comme un clin d’œil aux 68 Premières fois.