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2016-07-27T08:28:46+02:00

Les brasseurs de la ville de Evains WECHE

Publié par Tlivres
Les brasseurs de la ville de Evains WECHE

1er roman faisant partie de la sélection des 68 premières fois


Ce roman, c'est le portrait type des inégalités sociales.


Nous partons pour Port au Prince en Haïti. A priori, la destination pourrait paraître séduisante mais c'est dans l'univers de la pauvreté que décide de nous plonger Evains WECHE. Un maître-pelle sur les chantiers et une couturière tentent de donner un avenir à leurs 5 enfants. Mais la vie est dure dans le bidonville. Le logement est trop petit pour loger chacun décemment, alors on oublie l'intimité. Les ventres sont vides, impossible que chacun puisse manger à sa faim. Et puis, il y a la ville avec les bruits incessants et tous ces brasseurs :


Celles des bus d'écoliers jaunes, fourre-tout où se jettent les passagers qui n'ont pas toujours de quoi payer le trajet ; des petits bus blancs ou gris où montent les fonctionnaires des bureaux et leurs enfants des beaux collèges ; des camionnettes, sortes d'anciens pick-up recréés par des fabricants de carrosseries en bois peint ; des tap-taps, version bus des camions Daihatsu, décorés par nos artistes fous de portraits de stars, et à bord desquels montent les jeunes désoeuvrés sans destination fixe, rêve d'être Messi, Sweet Micky, Shakira... P. 11

Mais plus que tout, il y manque d'air.


Notre monnaie d'échange à Port-au-Prince, c'est l'air. Plus on en a, plus on est riche. P. 11

Alors, le destin des filles, des femmes, dans tout ça ? Quand il n'y a pas assez d'argent, la prostitution devient la solution, une fois de temps en temps ou bien à l'année pour satisfaire les désirs d'hommes riches qui consomment les filles comme des denrées périssables. Babette, l'aînée, mineure, va séduire un homme de cette trempe-là, pour le meilleur de la famille, ou pour le pire...


Ce roman est très dur, qu'on se le dise. Le quotidien d'une famille pauvre y est décrit sans fioriture à l'image d'un récit de vie. C'est d'ailleurs peut-être ce qui lui donne cette puissance. Entre le roman et le récit de vie, mon coeur balance... et dans les 2 cas, il en ressort meurtri. Comment imaginer que cette vie soit possible ? que des femmes, des enfants, puissent vivre dans un tel environnement ? que les filles, les femmes soient à ce point maltraitées ? que les corps en soient réduits à un bien de consommation ?


Quand ce ne sont pas les hommes, le sexe fort dans toute sa splendeur, qui sont le fléau, ce sont les femmes, elles-mêmes, à l'image de la Miss de l'hôpital, sans enfant, qui adopterait bien Lizzie. Mais la mère se défend :


Les enfants sont notre bien. C'est l'avenir de la famille. On ne les donne pas comme ça. P. 58

Comme s'il n'était pas suffisant de culpabiliser sur l'état de santé pitoyable de son enfant, cette mère doit en plus se battre pour le garder à ses côtés vaille que vaille et conserver un peu de sa dignité, aussi fragile soit-elle.


Comment imaginer le futur dans ces conditions ? Les parents misent sur l'instruction de leurs enfants, le seul moyen selon eux de se sortir de la misère. Mais, rien n'est encore acquis !


Il y a toujours la naissance. De quel côté de la vie as-tu poussé ton premier cri ? Voilà la différence. On n'a pas eu la chance d'avoir le CEP, toi et moi, on est logiquement pauvres. P. 151

Tout dans ce roman nourrit un sentiment de colère. Les inégalités sociales y sont si criantes !


Alors, quand je lis une phrase un brin humoristique :


T'as peur de l'altitude, c'est peut-être pour cela que nous sommes encore au bas de l'échelle sociale. P. 155

je me laisse aller à un faible rictus.


Il faut dire que des phrases comme ça, il n'y en a pas des dizaines, je crois même que c'est la seule, alors, savourez-la à sa juste valeur !


Un roman puissant !

Les brasseurs de la ville de Evains WECHE

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2016-07-21T08:02:01+02:00

Le monde entier de François BUGEON

Publié par Tlivres
Le monde entier de François BUGEON

1er roman faisant partie de la sélection des 68 premières fois


Ce roman, je le qualifierai de "bienveillant" !


Je vous explique :


Chevalier travaille à l'usine, ses loisirs tournent autour du jardinage et de la pêche. Chevauchant sa mobylette avec un casque orange sans visière, il est toujours célibataire. Il côtoie les hommes du village avec qui il partage un verre au café du coin. Alors que sa vie ronronne, il se retrouve le 1er sur le lieu d'un accident de la route. Ni une, ni deux, il se lance dans l'aventure pour extraire les corps inanimés de 3 passagers, le conducteur et 2 femmes. Il mène à bien l'opération, les secours viennent prendre le relais. Après ? Chevalier a un blanc ! Que s'est-il passé ? Il se retrouve lui-même à l'hôpital, soigné pour des blessures au crâne et au bras. Il faut dire qu'il s'est donné de la peine pour secourir les blessés et qu'il y a laissé lui-même un peu de sa personne. Ce n'est que le début d'aventures peu ordinaires et de rencontres inattendues !


Ce 1er roman baigne le lecteur dans un océan de tendresse, de bons sentiments et d'attentions délicates.


Il est fait de tout petits riens :


- de ces moments d'amitié partagés avec Flavio, issu de l'immigration italienne, qu'il retrouve au jardin ; amis depuis leur tendre enfance, ils se rendent service, arrosent les légumes en cas d'absence... leurs échanges sont faits de moments de silence, les mots sont rares, les 2 hommes ne s'embarrassent pas de discours inutiles !

- de la gentillesse comme d'un art de vivre :


Mais Flavio se fichait pas mal de ce que l'on pensait de sa gentillesse, il ne se sentait pas gentil, il ne faisait pas d'efforts particuliers pour l'être et supposait donc que celui ci ne lui donnait aucun mérite. P. 83

- de ces clichés qui stigmatisent tantôt les étrangers, tantôt les noirs, ou bien encore les femmes.


Mes parents aussi sont noirs. Chevalier allait répondre quil s'en doutait, mais la fille continua sans lui prêter attention. Elle préférait les prévenir avant de leur dire qu'ils étaient pharmaciens dans la ville d'à côté. Il lui semblait toujours que ses interlocuteurs réagissaient d'une façon bizarre lorsqu'elle parlait de ses parents pour la première fois, comme si le fait que des pharmaciens soient noirs ne pouvait pas venir aisément à l'esprit. P. 95

Ce roman met en scène des personnages altruistes, chacun dans son style porte un regard bienveillant sur l'autre pour créer une petite communauté où la solidarité est le maître mot.
L'écriture de François BUGEON m'a fait penser à celle de Barbara CONSTANTINE avec A Mélie sans Mélo.

Après un coup de coeur, il est toujours difficile de rebondir. Chevalier m'a offert un moment de lecture tout doux mais dont je crains qu'il ne me laissera pas un souvenir impérissable !

Le monde entier de François BUGEON

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2016-07-17T12:25:31+02:00

En attendant Bojangles d'Olivier BOURDEAUT

Publié par Tlivres
En attendant Bojangles d'Olivier BOURDEAUT

Ce 1er roman fait partie de la sélection des 68 premières fois. Je ne vais pas vous cacher plus longtemps qu'il se hisse dans la catégorie des Coups de coeur.


C'est dimanche, il fait grand soleil, je vous offre ce petit cadeau !


Pour bien le savourer, quelques préambules :


- installez-vous à l'ombre de votre arbre préféré
- allongez-vous dans votre transat favori
- cliquez sur ce lien pour avoir un petit fond musical


et maintenant, lâchez prise...

"Certains ne deviennent jamais fou... Leurs vies doivent être bien ennuyeuses." C'est ainsi que s'ouvre le roman d'Olivier BOURDEAUT, avec une citation de Charles BUKOWSKI.

Un jeune garçon relate sa vie au sein d'une famille peu ordinaire !


Mon père m'avait dit qu'avant ma naissance, son métier c'était de chasser les mouches avec un harpon. Il m'avait montré le harpon et une mouche écrasée. "J'ai arrêté car c'était très difficile et très mal payé", m'avait il affirmé en rangeant son ancien matériel de travail dans un coffret laqué. P. 7

Quant à sa mère :


[...] elle s'extasiait sur tout, trouvait follement divertissant l'avancement du monde et l'accompagnait en sautillant gaiement. Elle ne me traitait ni en adulte, ni en enfant mais plutôt comme un personnage de roman. Un roman qu'elle aimait beaucoup et tendrement et dans lequel elle se plongeait à tout instant. P. 14


Ses parents s'aimaient beaucoup. Ils rythmaient leur vie du doux chant de Nina SIMONE et de quelques pas de danse sur "Mister Bojangles", l'essence même de leur passion.


Bien sûr, la vie était parfois difficile pour le jeune garçon, tantôt plongé dans la réalité, tantôt immergé dans un univers de douce folie. Ses parents ont rapidement pris le parti d'assurer sa scolarité à domicile et de lui offrir toute la fantaisie possible à l'étranger, dans une maison de vacances, leur château en Espagne !


La danse, les cocktails, les soirées entre amis constituaient son quotidien. Mais c'était sans compter sur une place de plus en plus grande accaparée par la maladie. Son père disait d'elle :


Son comportement extravagant avait rempli toute ma vie, il était venu se nicher dans chaque recoin, il occupait tout le cadran de l'horloge, y dévorant chaque instant. Cette folie, je l'avais accueillie les bras ouverts, puis je les avais refermés pour la serrer fort et m'en imprégner, mais je craignais qu'une telle folie douce ne soit pas éternelle. P. 55

En attendant Bojangles d'Olivier BOURDEAUT

C'est un magnifique roman, de ces coups de coeur qui vous emportent et que vous redoutez de terminer, de ces moments de lecture qui vous font oublier la réalité pour vous faire vivre une aventure délirante.

J'avoue que je craignais presque d'aborder ce 1er roman d'Olivier BOURDEAUT. J'avais lu et entendu que certains l'avaient aimé : pas du tout ou passionnément. Il ne laissait pas indifférent. La ressemblance souvent citée avec Boris VIAN n'était pas pour me rassurer, la lecture de "L'écume des jours" au Lycée ne m'avait pas laissé un très bon souvenir !


Mais, une nouvelle fois, grâce aux 68 premières fois, cette lecture s'est imposée à moi, impossible de reculer, et heureusement.


Je suis sous le charme de l'histoire de cette famille, de la psychologie de la mère, l'amour fou voué par le père, la vie baignée de tendresse de cet enfant, tout ça relaté avec une plume d'une très grande fluidité, toute en pudeur et en émotion.


Les ponctuations dans la narration avec les passages en italique extraits du carnet secret dans lequel le père écrivait ses notes est d'une très grande ingénuosité. Elles offrent des respirations dans un roman lu en apnée totale.

Surtout, ne passez pas à côté !

En attendant Bojangles d'Olivier BOURDEAUT

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2016-07-16T23:05:49+02:00

Etta et Otto (et Russell et James) de Emma HOOPER

Publié par Tlivres
Etta et Otto (et Russell et James) de Emma HOOPER

Traduit de l'anglais par Carole HANNA

Il s'agit là d'un 1er roman qui ne fait toutefois pas partie de la sélection 2016 des 68 premières fois, mais faute avouée à demi pardonnée !


Tout commence ainsi :


"Otto,
Débutait la lettre, encre bleue.
Je suis partie. Je n'ai jamais vu l'eau, alors je suis partie là-bas. Rassure-toi, je t'ai laissé le pick-up. Je peux marcher. J'essaierai de ne pas oublier de rentrer.
A toi (toujours),
Etta.

Sous la lettre, elle avait laissé une pile de recettes de cuisine. Toutes celles qu'elle faisait depuis toujours. A l'encre bleue, aussi. Pour qu'il sache comment et de quoi se nourrir pendant son absence." P. 9


L'histoire se passe au Canada. Etta a 83 ans. Elle décide de partir à la découverte de l'océan. Elle a vécu toute sa vie avec Otto, son mari, qu'elle a rencontré quand elle était une toute jeune femme, parachutée dans le village d'Otto en tant qu'enseignante. Lui n'était encore qu'un élève mais à son départ pour la guerre, il décide de passer un contrat avec elle. Il lui écrira régulièrement et elle lui répondra en corrigeant ses fautes d'orthographe et de grammaire pour qu'il continue de s'améliorer loin de l'école. C'est ainsi que naîtra leur histoire d'amour qui durera toute une vie. Mais il n'y a pas de vie sans aléas, des moments de bonheur et des moments de peine aussi. Lentement, le fil de toute une vie se tisse !


C'est un très beau roman signé d'une belle plume et aussi très bien traduit. N'oublions pas de citer les traducteurs qui font un travail incroyable pour rendre les subtilités de l'émotion dans une autre langue que celle de la plume originelle.


C'est un roman sur la mémoire, les souvenirs, et puis cette incroyable volonté, avant de mourir, de faire quelque chose souhaité de longue date, toujours remis à plus tard. C'est un peu comme réaliser ses dernières volontés par soi-même pour se libérer d'un poids devenu insupportable. Cette vieille femme, elle, est prête à parcourir plus de 1 300 kilomètres à pied pour découvrir la mer. Partie seule, elle va mener une véritable aventure !


C'est un roman aussi sur l'amour, les sentiments, et à l'image des petits gestes attentionnés d'introduction, le roman est ponctué de moments forts, de moments où la vie aurait pu prendre un autre chemin...


C'est un roman sur le respect de l 'autre. Otto qui a partagé la vie de cette femme n'essaie pas d'aller la retrouver, de la ramener à la maison, de la dissuader de réaliser ce rêve qui sera peut-être le dernier...


C'est un roman aussi sur le deuil. On ne passe malheureusement pas une vie sans être confronté à celui d'un proche et là, ce sont les mots qui manquent :


Il leur fallut plus longtemps, une semaine environ, pour remarquer le trou dans leur langage que ce nouveau mot (toxémie) avait fait. Pour saisir qu'il n'y avait pas de mot pour désigner un parent sans enfant, une soeur sans soeur. P. 54

Les mots, toujours les mots :


Les mots sont forts. Plus forts que tout. Pire que des bleus sur le gravier. P. 115

J'ai passé un très beau moment en compagnie d'Emma !

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2016-07-15T09:47:27+02:00

Catharsis de LUZ

Publié par Tlivres
Catharsis de LUZ

Quand je suis passée dans le rayon BD de ma Bibliothèque préférée, et que j'ai remarqué la couverture de Catharsis de LUZ, je ne croyais vraiment pas que ce serait de circonstance... malheureusement !


Et pour autant, quand un acte terroriste plonge des dizaines de familles dans le deuil avec la disparition, dans des conditions inqualifiables, d'êtres chers, je m'interroge toujours sur le lendemain... comment faire en sorte que la vie continue ?


C'est ce que décrit cette magnifique BD signée de LUZ, ce dessinateur de l'équipe de Charlie Hebdo tombée sous les balles le 7 janvier 2015. Lui fait partie des survivants !


J'ai été profondément émue par le message d'introduction de LUZ et ses retrouvailles avec le dessin, son plus fidèle ami :

Catharsis de LUZ

et puis par quelques planches comme celle de la peur au ventre, la fameuse Ginette :

Catharsis de LUZ

Mais il y a aussi "La veille chez le psy", un grand moment. On y découvre que LUZ est né un 7 janvier, le jour des attentats était donc aussi le jour de son anniversaire !

Rire de ça est encore possible, incroyable !


Parce qu'un homme reste lui-même et qu'un caricaturiste, quand il a retrouvé la voie du dessin, ne peut résister à l'envie de tourner en dérision ce qu'il voit, ce qu'il fait...


Le passage des crayons est truculent, et là, il se moque bien de toutes les formes d'hommages que nous avons pu faire aux dessinateurs avec nos crayons de bois...


Sa visite à CHARB, "Faut que je te raconte" au cimetière est aussi très drôle.


Quant à cette planche "Une forte envie de chier", un petit bonheur ! Vous vous souvenez peut-être de ce moment grave, hautement cérémonial, où Patrick PELLOUX est pris d'un fou rire quand il embrasse le Président de la République alors même que plus d'une quarantaine de Chefs d'Etat sont sur une même ligne, prêts à commencer la marche républicaine du 11 janvier 2015 qui unira à Paris plus d'1,5 million de personnes...


Si vous vous en souvenez, j'en suis persuadée, vous en avez encore le sourire aux lèvres.


Si vous étiez passé(e) à côté, impossible de vous laisser dans l'ignorance plus longtemps...

Catharsis de LUZ

A ceux qui se posent encore la question de savoir comment LUZ peut continuer d'avancer, voici la dernière phrase de l'album qui en dit long sur le pouvoir de l'amour :

Catharsis de LUZ

C'est une très belle BD avec un graphisme tout en noir, ponctué parfois de rouge, mais finalement haut en couleur...

C'est un message d'espoir. Quel talent !

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2016-07-13T06:39:36+02:00

Comme neige de Colombe BONCENNE

Publié par Tlivres
Comme neige de Colombe BONCENNE

Ce 1er roman fait partie de la sélection des 68 premières fois.


Encore une très belle découverte, un moment d'évasion au pays de la littérature...


Constantin Caillaud est comptable dans une imprimerie. Il vit depuis une vingtaine d'années avec Suzanne, bibliothécaire. Leur couple sombre dans la monotonie et l'habitude. Jusque là, rien de bien transcendant. Mais, c'est sans compter sur une petite escapade à Crux-la-Ville pour un week-end et sur le passage de Constantin dans une librairie pour trouver un livre à lire... et là, oh, surprise, il dégote au fond d'un carton, un roman de son auteur favori : Neige noire d'Emilien Petit. Commence alors une grande histoire...


Ce roman traite d'un sujet que l'on aime passionnément, nous l'équipe de doux.ces et dingues qui composons les 68 premières fois : la littérature !


On s'y délecte avec le pouvoir des livres et leur capacité à nous offrir d'autres horizons :


[...] je lui avais confié comment les livres que je chapardais à la bibliothèque municipale avaient constitué pour moi une extension du monde dans lequel j'avais grandi - échappées belles, portes qui s'ouvrent dans une jeunesse de fils d'ostréïculteur en Charante-Maritime. P. 17

ou bien encore avec le plaisir incommensurable de lire un énième roman d'un auteur que l'on affectionne tout particulièrement :


En refermant Neige noire, j'éprouvais le sentiment de satisfaction du lecteur fidèle qui retrouve dans le nouveau texte d'un écrivain qu'il aime son style, et, dans le cas précis d'Emilien Petit, ses personnages (Marc, Edith, Rose apparaissaient dans d'autres romans). P. 46

Là où réside la pépite, c'est quand lentement mais sûrement, réalité et fiction se confondent, quand la vie du lecteur et celle d'un personnage du roman fusionnent, quand ils ne font plus qu'un...




Un peu à l'image du narrateur de Neige noire, qui cherche à comprendre comment il en est arrivé là, je repensai [...] P. 17

alors, le lecteur ne répond plus de ses actes !


C'est là que le talent de Colombe BONCENNE fait son oeuvre, au pays du fantasme ! Vérification faite dans le Larousse, le fantasme relève d'une "représentation imaginaire traduisant des désirs plus ou moins conscients spécialement en psychanalyse, scénario de l'accomplissement du désir inconscient. (Les fantasmes peuvent être conscients [rêveries diurnes, projets] ou inconscients [rêves, symptômes névrotiques].)" C'est bien ce que j'ai ressenti sous la plume de cette jeune écrivaine, je ne rêve pas !!!


Entre illusion, divagation, hallucination... comme Constantin Caillaud, le lecteur est pris dans le tourbillon !

Quand vous lisez un livre qui parle d'un livre et que vous vivez, dans la vraie vie, une double vie, avouez qu'il est possible d'y perdre son latin !

C'est ce que l'auteure s'amuse à faire dans son roman "Comme neige" (tiens, celui d'Emilien Petit s'intitule Neige noire !). Elle joue avec le lecteur, cette fois-ci nous, et ne lui rend sa liberté qu'au point final.


Vous me suivez toujours ? Non, et bien, lisez ce 1er roman et vous verrez à quel point il est fascinant de se laisser porter par la magie de la création le temps d'une lecture !

Comme neige de Colombe BONCENNE

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2016-07-11T17:47:34+02:00

Des oeuvres monumentales sur des murs d'Angers...

Publié par Tlivres

En me promenant sur Angers, je suis restée "scotchée" sur cette image à l'angle du boulevard Foch et de la rue Saint-Aubin

Des oeuvres monumentales sur des murs d'Angers...

Et puis une nouvelle à l'angle de la rue de la Préfecture et de l'avenue Denis Papin

Des oeuvres monumentales sur des murs d'Angers...

De retour à la maison, j'ai fait quelques recherches et je viens de trouver la source !

Julien de Casabianca a eu la formidable idée de créer "Outings project", un concept lancé en 2014 notamment à New York et Paris, rien que ça ! Il a plus de 21 500 fans sur facebook dont TlivresTarts bien sûr !

L'objectif est de faire sortir les oeuvres des musées pour en offrir un accès au plus grand nombre. Il prend quelques clichés lors de ses visites, choisit une partie de toile qu'il imprime en grand, voire très grand format, pour ensuite l'afficher sur des murs.

Des pignons de bâtiment dénués de charme particulier se retrouvent embellis par ce coup de baguette, artistique, l'idée est très ingénieuse et les résultats garantis. Les passants font comme moi, s'arrêtent surpris dans leur élan, restent un instant fascinés par la beauté de l'image. Bluffant !

Et cette opération prend son ancrage dans la Ville où elle se développe puisque les tableaux d'origine sont visibles au Musée des Beaux-Arts.

Je n'ai que 2 clichés, je voudrais bien voir les autres... Alors, si vous en trouvez d'autres, je suis preneuse pour compiler l'ensemble de la collection !

L'opération s'appelle "Echappées d'art" et a priori, nous n'en sommes qu'à la saison 1. Nous en reparlerons donc !

Des oeuvres monumentales sur des murs d'Angers...

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2016-07-07T22:33:58+02:00

Le braconnier du lac perdu de Peter MAY

Publié par Tlivres
Le braconnier du lac perdu de Peter MAY

Traduit de l'anglais par Jean-René DASTUGUE


Il s'agit du 3ème et dernier tome de la "Trilogie de Lewis".


Comme d'habitude avec les romans policiers, présenter l'intrigue risque de lui faire perdre un peu de son charme. Pour autant, je m'attache toujours à vous inciter à lire, alors, je me jette à l'eau !


En parlant d'eau, justement, au fond d'un lac, subitement asséché, est repéré l'épave d'un avion disparu depuis 17 ans. En l'approchant, Fin Macleod y découvre un corps, peut-être celui d'un ami d'enfance...


Je ne vous en dit pas plus.


Si vous avez apprécié "L'île des chasseurs d'oiseaux" et "L'homme de Lewis", vous devriez également aimé celui-ci.


Vous prendrez plaisir à retrouver tous les personnages devenus familiers mais aussi ce climat si caractéristique de l'île écossaise des Hébrides et puis le rythme haletant que l'auteur sait parfaitement orchestrer.


Dans ce dernier opus, il y est beaucoup question de la jeunesse, de son invincibilité, de ses prises de risque, de l'expression de son talent aussi, et puis de l'évolution dans le temps des hommes et des femmes aujourd'hui retraités.


Peter MAY aurait pu se passer de quelques dizaines de pages mais il ne savait peut-être pas comment quitter ses lecteurs. Mettre un point final à une trilogie est certainement un exercice littéraire périlleux !


C'est une très belle lecture pour l'été. Vous pourrez l'emmener partout (format poche), vous pourrez la sortir pour ne parcourir que quelques pages, le grand plongeon est toujours assuré. C'est du vécu !

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2016-07-05T06:00:46+02:00

Jupe et pantalon de Julie MOULIN

Publié par Tlivres
Jupe et pantalon de Julie MOULIN

Ce 1er roman fait partie de la sélection des 68 premières fois, et encore une fois, il s'agit d'une petite perle...

Tout commence ainsi :


"Je me prénomme Marguerite. Ma jumelle s'appelle Mirabelle. Drôles de prénoms. D'aucuns verraient dans ces deux grands M une prédestination : deux jambes pour un Même Mouvement." Et ce duo n'est pas seul, il y a aussi Brice et Boris, les bras, Camille, le cerveau, Babette, les fesses et les Mam'zelles, les seins. Marguerite va nous relater sa vie de tous les jours, ses émotions, depuis la naissance de A., ce bébé de sexe féminin né le 4 juin 1976, jusqu'à sa chute...


La fantaisie de ce très bon roman repose assurément dans la narration. Donner la parole à une jambe n'est pas banal. Les premières pages sont très surprenantes, voire déstabilisantes, au point de se poser la question de la finalité de cette mise en scène. Mais très vite, j'ai décidé de lâcher prise, de me laisser porter par l'écriture de cette toute jeune écrivaine et j'ai bien fait. Je me suis prise au jeu au point d'avoir un peu de mal à le quitter à l'aube de la 2ème partie !


Ici le corps est roi. Il vit, il sent, il ressent, il exprime son avis sur les réalités du quotidien, les tensions qui y sont liées. Jamais je crois, je n'avais autant pris conscience de mes pieds et de ce que nous leur faisons endurer chaque jour un peu plus. J'avoue que ces derniers jours, j'ai été particulièrement attentive à leur sort et pour cause...


On dit que la propension au bonheur d'un pied se mesure à l'écartement entre ses orteils. P. 72

Alors même que nous abordons souvent le corps dans son ensemble, Julie MOULIN s'attache à nous montrer à quel point chaque membre a son identité, sa vie, ses agressions et ses propres moyens de les surmonter. L'image des jambes par exemple est on ne peut plus parlante. C'est une dimension très subtile à laquelle je n'avais pas forcément pensé avant mais qui devient une évidence maintenant. Réfléchissez-y !


Une autre originalité de ce roman repose dans le ton employé. Julie MOULIN use de l'humour sans modération. J'ai beaucoup ri à la lecture de "Jupe et pantalon", c'est suffisamment rare pour le remarquer. La séance d'épilation du maillot est croustillante à l'envi, j'ai adoré !
Mais ne vous y trompez pas, l'heure est grave et s'autoriser à rire de quelques scènes ne réussira pas à cacher le sérieux du sujet...


Julie MOULIN nous brosse le portrait de notre société française du XXIème siècle et fait état d'une certaine condition féminine, celle des femmes qui ont des postes à responsabilité, essaient d'être efficaces au travail comme à la maison au risque de survoler l'ensemble et de voir le chateau de cartes lentement s'effondrer. Benoîte GROULT, cette féministe décédée le 21 juin dernier, aurait certainement ri jaune à la lecture de cette satire.

La maternité, l'allaitement, les mutations de la vie de couple dans le temps sont autant de sujets abordés par petites touches :


L'avenir était devant nous. C'était avec le grand carrefour. Avant que l'amant devienne mari, avant que la femme soit mère, avant que l'envie se mue en rancoeur et que l'insomnie détruise les rêves. P. 135

Mais plus encore, entendre aujourd'hui des propos d'hommes du type :


Tu n'as pas une autre jupe ? Ils vont te prendre pour la secrétaire. On croirait que tu pars à la plage. P. 118

l'aurait certainement fait bondir et avec raison.


Pourquoi ? Tout simplement parce ce que les femmes risquent d'y laisser leur peau, de faire ce qui est appelé communément maintenant un burn-out. L'écrivaine en fait le sujet de ce roman et pose une question hautement pertinente :


[...] Compétence et compétition, est-ce la même chose ? P. 38 "

Je crois que je vais vous laisser la méditer !


Personnellement, ce roman m'a bouleversée. J'ai ressenti toute l'intensité du drame et vécu des émotions très fortes. Il s'agit pour moi d'une lecture "Coup de poing", de celles que l'on n'est pas près d'oublier tellement elles nous ont touchés !


A l'issue du roman, Julie MOULIN fait un autoportrait, son itinéraire personnel ayant a priori largement inspiré ce 1er roman. Elle y évoque notamment le statut de business woman, puis de femme au foyer. Pourquoi ne lui offririons-nous pas celui d'écrivaine ?

Jupe et pantalon de Julie MOULIN

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