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Articles avec #mes citations catégorie

2021-10-07T16:11:28+02:00

Le Monde qui reste de Pierre VERGELY

Publié par Tlivres
Le Monde qui reste de Pierre VERGELY

Ma #citationdujeudi est l'occasion de revenir sur premier coup de coeur de cette rentrée littéraire de septembre 2021 : "Le Monde qui reste" de Pierre VERGELY aux éditions Héloïse d'Ormesson.

Nous sommes au début de la seconde guerre mondiale, le 10 mars 1941. Tout commence avec cette arrestation. Charles Vergely, surnommé « Finch », a 18 ans. Il se rend pour épargner ses parents. Suivront des interrogatoires musclés. Il est transféré au Cherche Midi, puis au Fresne. Son quotidien est rythmé par les actes de torture mais il ne lâchera rien. Non, l'ennemi n'obtiendra pas le nom de celui qui a commandité cette lettre à partir pour Londres. Ni Charles VERGELY ne cèdera, pas même les autres prisonniers de son réseau. Les 17 accusés pour espionnage, aide à l’ennemi, opinions gaullistes… seront condamnés à mort par le tribunal militaire installé à proximité du Crillon à Paris. Dès lors, la vie prend une toute nouvelle dimension.

Dans ce premier roman, fort, troublant, j'ai profondément aimé le ton tendre et délicat, poétique, éminemment humain, en opposition aux mauvais traitements que subi Charles VERGELY, un homme que l'on pourrait qualifier d'ordinaire, devenu sous la plume de son fils, un personnage de roman.

Et puis, vous connaissez mon goût pour l'Histoire, celle que l'on n'apprend pas sur les bancs de l'école, non, celle que l'on découvre grâce à la littérature. Pierre VERGELY dresse le portrait d’un résistant et assure la mémoire de celles et ceux qui ont donné leur vie pour leur pays. A 18 ans, il fait preuve d'une maturité assez incroyable.

Pierre VERGELY fait ses premiers pas en littérature avec "Le Monde qui reste" en lice pour le Prix des Talents Cultura 2021. Je croise les doigts pour lui !

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2021-09-30T16:40:00+02:00

La femme et l'oiseau de Isabelle SORENTE

Publié par Tlivres
La femme et l'oiseau de Isabelle SORENTE

Ma #citationdujeudi, je l'extrais d'un roman découvert très récemment, celui de Isabelle SORENTE, "La femme et l'oiseau" aux éditions Lattès.

Thomas a 91 ans. Il vit dans les Vosges dont le quotidien s’organise autour de sa randonnée matinale, là haut dans la colline, son rendez-vous avec les oiseaux. Il leur parlerait, depuis son retour du camp de Tambov en Russie où il a été emprisonné pendant 2 ans après avoir été enrôlé de force dans l’armée allemande. Il était là bas avec son frère, Alex, lui n’en reviendra pas. Le vieil homme est hanté par ces fantômes et lutte contre ses démons par des voies mystérieuses. Mona lui fait ses courses, entretient la maison et lui prépare les repas. C’est alors qu’il reçoit un appel téléphonique de sa petite nièce, Elisabeth, Directrice d’une société cinématographique. Elle lui demande de l’accueillir avec sa fille, Vina, qui a agressé un jeune homme et qui est exclu de son établissement scolaire. Là commence une toute nouvelle histoire…

Ce qui m'a beaucoup séduit dans ce roman, c'est l'itinéraire parcouru par chacun. Peu importe l'âge, nous sommes tous en devenir ! 

Ce roman, servi par une plume un brin mystique, est profondément lumineux, je vous le conseille !

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2021-09-16T12:10:00+02:00

Saint Phalle Monter en enfance de Gwenaëlle AUBRY

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Saint Phalle Monter en enfance de Gwenaëlle AUBRY

Ma #citationdujeudi est l'opportunité de revenir sur une lecture récente, c'est un livre de la rentrée littéraire : "Saint Phalle Monter en enfance" de Gwenaëlle AUBRY édité chez Stock, un essai tout à fait original sur l'artiste.

L'oeuvre de sa vie, c'est le Jardin des Tarots de la colline de Garavicchio en Toscane. L'écrivaine, au gré d'une douzaine de cartes, assure la médiation des créations monumentales de Niki DE SAINT PHALLE réalisées avec Jean TINGUELY. A eux deux, ils vivront un rêve, iront jusqu'au bout pour donner une certaine forme de matérialité à leurs pensées les plus folles.

Ces deux êtres meurtris dans leur plus tendre enfance feront une force de la violence dont ils ont été victimes. 

Dans une narration à la première personne du singulier, Gwenaëlle AUBRY prête sa plume tantôt à la voix de Niki de SAINT PHALLE, tantôt à sa démarche personnelle. J’ai beaucoup aimé le croisement des trajectoires et le concept de « Monter en enfance ».

Cet essai fait partie de la première sélection du Prix Renaudot. Bravo !

Vous préférez découvrir cette grande Dame de l'art à travers un roman ? Qu'à cela ne tienne, je vous propose « Trencadis » de Caroline DEYNS chez Quidam éditeur, un coup de coeur.

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2021-09-09T21:28:10+02:00

Gabriële de Anne et Claire BEREST

Publié par Tlivres
Gabriële de Anne et Claire BEREST

Alors que je m'apprête à me lancer dans la découverte du tout nouveau roman de Claire BEREST "Artifices", je me plais à réévoquer "Gabriële", un roman écrit à quatre mains par deux soeurs, écrivaines, au talent incroyable

Publié initialement chez Stock éditions, il est aujourd'hui disponible chez Le livre de poche.

Quelques mots de l'histoire :

Gabriële, née BUFFET, grandit au côté de femmes inspirantes, sa grand-mère, Laure de JUSSIEU, essayiste, sa tante, Alphonsine, peintre, formée avec Berthe MORISOT auprès de Charles CHAPLIN. En 1898, elle tente le concours d’entrée au Conservatoire national de musique de Paris. Elle échoue, mais, acharnée, elle sera la première femme à accéder à la classe composition de La Schola Cantorum. Elle part pour Berlin contre l’accord de ses parents. Là-bas, elle gagne sa vie pour payer ses cours après de Ferruccio BUSONI, auteur du manifeste « Esquisse d’une nouvelle esthétique de la musique », l’homme cultive le terreau déjà bien fertile chez Gabriële, il transmet à ses élèves l’envie de créer. Il dit lui-même « Qui est né pour créer devra préalablement accepter la grande responsabilité de se débarrasser de tout ce qu’il a appris. » Gabriële se délecte des plaisirs qu’offre Berlin, la capitale européenne porteuse de modernité. Elle y poursuit ses études de musique. Lors de l’un de ses séjours en famille, son frère, Jean, peintre, qui a élu domicile à Moret-sur-Loing dans les pas de l’impressionniste Alfred SISLEY, lui présente Francis PICABIA. Là commence une toute nouvelle histoire !

Cette histoire d’amour entre deux monstres de l'art, Gabriële BUFFET et Francis PICABIA, relève de la passion vertigineuse, de celles qui vous font tout abandonner sur le champ. Anne et Claire BEREST nous livrent un roman rythmé, euphorique, juste jubilatoire. Un cadeau à offrir sans modération !

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2021-09-02T12:00:00+02:00

La beauté des jours de Claudie GALLAY

Publié par Tlivres
La beauté des jours de Claudie GALLAY

La nouvelle performance de l'artiste Marina ABRAMOVIC à l'Opéra National de Paris pour le spectacle-opéra "7 Deaths of Maria Callas" est l'occasion de revenir sur le roman de Claudie GALLAY : "La beauté des jours" chez Actes Sud, un coup de coeur.

Je vous dis quelques mots de l'histoire.

Jeanne et Rémy s’aiment profondément. Ils sont mariés depuis une vingtaine d'années, ils ont deux filles, jumelles, étudiantes, Chloé et Elsa. Leur vie est on ne peut plus rangée. Elle travaille à la Poste, lui chez Auchan, leur vie est réglée comme du papier à musique.  Mais si Rémy peut se contenter d'entretenir le jardin, réaliser des travaux dans la maison et entraîner les jeunes du village au football, Jeanne, elle, court après quelque chose qui vienne pimenter son existence, lui donner un peu de fantaisie et lui procurer des surprises. Le temps du déjeuner, elle se laisse porter, parfois, par les pas d'un homme, d'une femme, qui la guident dans la cité, quelques instants. Elle imagine leur vie, se plait à écrire une page de leur destin, jusqu'au jour où le soi-disant inconnu se retourne et l'appelle par son prénom. Là commence une toute nouvelle histoire !

Le personnage de Jeanne est absolument fascinant. Outre toutes ses qualités personnelles remarquables, elle voue, depuis son adolescence, une passion à Marina ABRAMOVIC, une artiste contemporaine qui a puisé son inspiration dans ses peurs personnelles.

Elle s’est singularisée avec des performances physiques et mentales. Elle s’est inscrite dans le mouvement de l’art corporel et a fait, de son propre corps, un champ d’expérimentation. Personnellement je ne la connaissais pas avant la lecture de ce roman mais grâce aux ponctuations données avec ses citations régulièrement recopiées par Jeanne dans son carnet qui fait office de journal intime, je me suis familiarisée avec l’univers de cette artiste. Sous la plume de Claudie GALLAY, le portrait brossé de l’artiste prend une dimension tout à fait particulière. Elle enrichit ainsi les soirées de Jeanne passées sur l’ordinateur avec toutes ces citations minutieusement recopiées dans son carnet qui fait office de journal intime et rend un très bel hommage à une femme qui n’a pas hésité à mettre sa vie en danger pour réaliser ses projets artistiques. J’ai été personnellement très touchée par la puissance libératrice de l'art qui permet, tant à celui qui crée, qu'à celui qui admire, de s'émanciper, repousser les limites et ouvrir le champ des possibles. 

Il n'y avait donc qu'un pas à franchir pour extraire de ce très beau roman ma #citationdujeudi.

C'est aussi l'occasion d'un petit clin d'oeil à l'équipe de mon Book Club. "La beauté des jours" de Claudie GALLAY est en circulation !

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2021-08-26T06:00:00+02:00

L'amour au temps des éléphants de Ariane BOIS

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L'amour au temps des éléphants de Ariane BOIS

Ma #citationdujeudi est l'occasion de revenir sur un roman d'aventure, "L'amour au temps des éléphants" de Ariane BOIS aux éditions Belfond.

Arabella Cox, rebelle, insoumise depuis sa plus tendre enfance, bercée par les histoires de sa grand-mère inspirées de sa propre expérience de missionnaire adventiste en Afrique australe, est fascinée par le cirque. Elle assiste, indignée, à l’effroyable spectacle, la mort d’un éléphant par pendaison. Nous sommes dans le Tennessee en 1916. Tous les journalistes sont là pour couvrir l’événement. Lors de la parade du cirque, la veille, dans les rues de Kingsport, l’éléphante Mary a tué son dresseur devant une foule apeurée. Arabella a profondément été affectée par l’assassinat du pachyderme. Elle poursuit sa vie d’adolescente sous le regard exigeant de son père, adventiste du 7ème jour. Et puis, il y aura une histoire de jeunesse, dénoncée par son frère. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase, Arabella est renvoyée de la famille par son père. Elle part pour New-York où elle suit une formation d’infirmière, mais là ne sera qu’une première étape de son itinéraire à travers le monde.

L'histoire d'Arabella, personnage de fiction, est éminemment romanesque et permet d'aborder la grande Histoire, celle de la communauté noire américaine, celle de la vie parisienne des années 1930, celle de la seconde guerre mondiale aussi.

J’ai adoré accompagner Arabella dans sa vie de femme impétueuse et passionnée. Ce roman de Ariane BOIS est palpitant, les événements se succèdent à un rythme fou, nous transportant à travers les continents et les époques. 

C'était aussi l'occasion pour moi de découvrir une nouvelle plume, me voilà comblée.

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2021-08-19T18:19:10+02:00

Ma double vie avec Chagall de Caroline GRIMM

Publié par Tlivres
Ma double vie avec Chagall de Caroline GRIMM

Ma #citationdujeudi est l'occasion de revenir sur l'un de mes récents coups de coeur, "Ma double vie avec Chagall" de Caroline GRIMM aux Editions Héloïse d’Ormesson.

Ce roman est une pépite, un bijou.

Chagall, c’est le peintre du plafond de l’Opéra Garnier, une commande qui lui est confiée par Malraux, Ministre de la culture. Il y rend hommage à quatorze compositeurs. Chagall a alors 77 ans. Il travaille gratuitement comme un cadeau fait à la France qui lui a tout donné. C’est le pays qui l’a accueilli, lui, Moïche Zakharovitch Chagalov, quand il a quitté son shtetl, son petit village biélorusse de Vitebsk pour se vouer à la peinture, faire fortune et rentrer demander la main de Bella ROSENFELD, la femme dont il est fou amoureux. Quand il arrive dans la capitale, il est accueilli par Victor MEKLER. Il a tout à apprendre. Il trouve de nouveaux maîtres, John SINGER SARGENT et Ignacio ZULOAGA. Il se nourrit des richesses parisiennes. Il s’installe dans un atelier rue de Vaugirard, la Ruche. Il se lie d’amitié avec Blaise CENDRARS sur fond de cubisme. Si les Français ne montrent pas d’intérêt particulier pour son art, les Allemands, eux, y sont sensibles. Il rentre chez lui, retrouve ses racines et Bella, elle qui croît en sa réussite et impose le mariage à sa famille bourgeoise. Malheureusement, leur vie amoureuse commence avec la guerre. Les frontières se ferment. Ainsi commence la vie de l’artiste qui va cumuler les rendez-vous manqués, avec le public, avec son pays...

L'autrice nous propose un voyage dans le temps et à travers les continents, le tout servi par une plume exaltante et un rythme endiablé.

Ce roman est jubilatoire.

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2021-08-12T06:00:00+02:00

Les monstres de Charles ROUX

Publié par Tlivres
Les monstres de Charles ROUX

Ma #citationdujeudi est l'occasion de revenir sur "Les monstres" de Charles ROUX aux éditions Rivages, un roman, une prouesse littéraire en réalité.

Je vous présente David, un homme, un mari, un père de famille, un businessman à qui tout réussit. Il vit dans le luxe, il brille, il rayonne. Il s’offre des orgies la nuit, fume, boit, se drogue et trompe sa femme, bref, il brûle la chandelle par les deux bouts, au risque de se brûler les doigts ! Et puis, il y a Alice, une femme ordinaire, célibataire endurcie, professeure d’histoire, qui mène une vie fade, sans excès, sans fioriture. Elle craint la nuit plus que tout. Au coucher du soleil, elle baisse les volets et ferme les rideaux. Elle vit recluse. Tout juste si elle s’offre une petite fantaisie, celle d’essayer de donner corps à une boule d’argile. Ses premières créations sont ramassées dans une boîte. Alice l’avoue, elle n’a pas de talent. Et pourtant... Enfin, il y a Dominique, un homme le jour, une femme la nuit. Dominique joue avec les codes, les apparences. La réussite est venue à lui, il est aujourd’hui propriétaire d’un cabinet de curiosités, il est à la tête de tout un tas de collections aussi hétéroclites qu’extravagantes. Il gère un restaurant d’une douzaine de couverts. Allez, à table !

Charles ROUX nous a cuisiné un festin.

En amuse-bouche, le jeu de l’écriture.  L’écrivain, par un stratagème tout à fait EXTRAordinaire et un peu de poudre de Perlimpinpin, va rebattre l’ensemble des cartes. Je ne vous en dis pas plus sauf que les petits fours sont succulents.

J’ai beaucoup aimé (entre autres) le rapport au temps, nos souvenirs, notre mémoire et la longue réflexion autour de l’avenir des cabinets de curiosités, ces témoins de temps révolus. La page 121 (notamment) est remarquable. On pourrait élargir le sujet aux musées, bref, à tout ce qui raconte notre Histoire. À une autre échelle, il y a ce rapport qu'entretient l'individu au matériel. Les objets, les vêtements, les meubles de décoration... Charles ROUX nous offre de quoi méditer sur les reliques de nos petites histoires.

"Les monstres" est un roman qui interroge notre rapport à la norme. Il nous propose de faire le pas de côté. C’est de la magie, du surnaturel, appelez ça comme vous voulez, mais moi, j’ai succombé.

Et puis, l'écrivain explore le mensonge et là, l'approche est remarquable. 

Dans une plume foisonnante, Charles ROUX invite ses personnages à porter leurs plus beaux habits. Il nous offre, à nous, un repas fastueux. 

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2021-08-05T17:00:00+02:00

Batailles de Alexia STRESI

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Batailles de Alexia STRESI

Ma #citationdujeudi est l'occasion de revenir sur un coup de coeur, "Batailles", le second roman de Alexia STRESI. 

Rose est sage-femme. Un jour, elle va rendre visite à sa mère et là, oh surprise. Elle découvre qu'elle n'habite plus dans son logement. Elle va voir la gardienne de la résidence qui lui remet une enveloppe laissée à son nom. Nous sommes en 2003. Sa mère est partie et souhaite que sa fille ne la recherche pas. Elle lui annonce qu'elle reviendra vite. Sous le choc, Rose tente de poursuivre sa vie mais il devient rapidement impossible pour elle de continuer à donner naissance à des bébés, et de nouveaux parents. Elle se réorientera professionnellement et deviendra cuisinière. Elle rencontrera Rémi. Ensemble, ils auront deux filles, Asia et India. Et puis, dix ans après, elle est interpellée par la mort d'un enfant de 15 à 18 mois de type africain, découvert mort sur la place de Berck sur Mer. Elle se joint à la marche funèbre. Cet événement va réveiller l'envie irrépressible de Rose de connaître ses origines. Là commence une toute nouvelle histoire...

Ce roman, c'est une bombe... à retardements.

Outre le sujet (impossible de vous en dire plus au risque de spolier le livre tout entier), c'est la manière de l'écrire qui fait boum, boum, boum, et boum. Alexia STRESI orchestre d'une main de maître l'intrigue, le tout dans une plume profondément humaine. J'en ai la chair de poule rien que d'y penser.

Ce roman, ne passez pas à côté.

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2021-07-29T17:00:00+02:00

Le sanctuaire de Laurine ROUX

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Le sanctuaire de Laurine ROUX

Il y a des romans des 68 Premières fois qui vous marquent les uns plus que les autres. "Le sanctuaire", le second roman de Laurine ROUX publié chez Les éditions du Sonneur, fait partie de ceux-là.

Nous sommes bercés par les médias qui nous annoncent que bon nombre d'entre nous optent, cette année plus que d'autres, pour des vacances au vert. Mais il est aussi des modes de vie, réels ou de fiction, qui choisissent de se nicher dans la nature pour y vivre reclus, loin des autres, loin des bactéries, loin de la société.

Et puis, nous sommes le "jour du dépassement". Aujourd'hui, jeudi 29 juillet, l'humanité a consommé les ressources planétaires dont elle disposait pour l'année toute entière.

Il n'en fallait pas plus pour que je décide de remettre en lumière "Le sanctuaire" et d'y puiser ma #citationdujeudi !

Ce roman, c'est un conte des temps modernes. Il y est question d’un virus transmis à l’homme par l’animal, de confinement, d’instinct de survie, de besoins primaires et de biens essentiels. 

Mais, plus que tout, ce que je souhaiterais mettre sous les projecteurs, c'est la qualité de la plume de Laurine ROUX. L'écrivaine joue avec les atmosphères, tantôt pesantes, tantôt légères, à l'image de cette citation qui donne à voir un avenir un brin enchanté.

Alors, puisque cette lecture est un moment hors du temps. Rêvons un peu...

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2021-06-03T20:08:37+02:00

Dahlia de Delphine BERTHOLON

Publié par Tlivres
Dahlia de Delphine BERTHOLON

Ma #citationdujeudi est l'occasion de revenir sur le tout dernier de Delphine BERTHOLON qui fait son entrée chez Flammarion.

Après

"Coeur Naufrage",

"Grâce",

"Celle qui marche la nuit",

"Les corps inutiles" et

"L'effet larsen",

place à

"Dahlia".

Laetitia, Lettie pour les intimes, est une jeune maman. Sa fille de trois ans, Mina, est partie en vacances avec son papa au Botswana en Afrique. Elle se souvient de ses années collèges. Elle vivait alors dans un mobile home avec sa mère, infirmière à domicile. En 1989, elle était en 5ème. Elle était dans la classe de Dahlia, une élève originale arrivée du Havre, surnommée par la bande de copains copines Ortie Gazoil. Son père était chauffeur routier. Lettie aimait beaucoup sa mère Francesca. Et puis, Dahlia avait deux frères, des jumeaux, Gianni et Angelo. Elle se plaignait beaucoup de sa famille qu'elle jugeait trop envahissante et enviait terriblement celle de Lettie. Elles passaient du temps ensemble jusqu'au jour où Dahlia confia un secret à Lettie, un secret qui fait chavirer les existences des deux adolescentes, mais là commence une nouvelle histoire !

Une nouvelle fois, Delphine BERTHOLON confirme son terrain de jeu, celui de l'adolescence, cette période à hauts risques qui marque parfois de son empreinte toute une vie.

Dans ce roman et comme chaque fois avec l'écrivaine, je peux bien l'avouer, la magie a opéré. Je me suis laissée prendre au garrot et puis ma gorge s'est serrée, mon pouls accéléré, jusqu'à la révélation...

Coup de maître !

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2021-05-06T17:11:41+02:00

Les heures solaires de Caroline CAUGANT

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Les heures solaires de Caroline CAUGANT

Ma #citationdujeudi est extraite de "Les heures solaires", le roman de Caroline CAUGANT publié chez Stock dans la collection Arpège (l'occasion d'un petit clin d'oeil à Caroline LAURENT, son éditrice).

Vous me direz, cette lecture date un peu. C'est vrai, c'est une lecture de janvier 2019 mais qui ne prend pas une ride avec le temps. Il faut dire que c'était un coup de coeur ce roman.

Et puis, ce qui m'a (re)mise sur la voie, c'est l'initiative de Luciole et Feu Follet.

Cette femme, je l'admire depuis des années.

Elle écrit des nouvelles extraordinaires, je vous invite à lire "Fuite(s)" ou bien encore "A la noce", "En parallèle", "Résistance"...

Et puis, elle dessine, sur des carnets, des collections de carnets...

Elle est aussi art-thérapeute. Et depuis la semaine dernière, elle nous invite à des séances de "coaching créatif". Chaque dimanche, nous recevons une lettre d'infos avec le programme de la semaine à venir. Pour notre semaine #1 du #carnettherapie, nous réalisons un portrait chinois. 

A la question : "Si j'étais un personnage de fiction, je serais...", j'ai choisi Billie, l'héroïne du roman de Caroline CAUGANT. Je vous dis quelques mots de l'histoire...

Un appel téléphonique vient perturber le quotidien de Billie. La trentaine, elle habite Paris. De son appartement, elle surplombe le cimetière du Père-Lachaise. Elle est artiste, elle dessine. Elle prépare une exposition et travaille avec acharnement, le calendrier est serré. Dans son univers, la portée des vues, l'intensité de la lumière, la présence des ombres sont autant d'éléments qui la font vibrer. Mais là, subitement, son tremblement  trouve sa cause ailleurs que dans sa passion. La Directrice de la résidence des Oliviers vient de lui apprendre la mort de sa mère, Louise, cette femme qu'elle n'a pas vue depuis des années. Avec ce décès, le passé, qu'elle s'était efforcée d'oublier, resurgit. Billie ne peut plus reculer, elle va retrouver V., le village de son enfance. Elle sait déjà que son château de cartes risque de s'écrouler, plus rien ne sera comme avant.

C'est un roman foisonnant avec des portraits de femmes hauts en couleur marqués par la grande Histoire à jamais.

La plume est prodigieuse, la construction savoureuse et la chute, juste éblouissante. 

Il aurait été dommage de passer à côté... de quoi ? Du roman, bien sûr ! Mais aussi du coaching créatif... nous n'en sommes qu'à la première semaine, alors, vous nous rejoignez ?

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2021-04-29T19:27:44+02:00

Pour quand tu seras grande de Véronique GALLO

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Pour quand tu seras grande de Véronique GALLO

Ma #citationdujeudi est l'occasion de revenir sur un roman sorti à l'automne dernier, "Pour quand tu seras grande" de Véronique GALLO publié aux Editions Héloïse d'Ormesson.

Marie est une jeune femme. Elle partage sa vie avec Antoine. C'est la mère de Tom, Jean et Léna de 4 mois. Elle enseigne en collège. Leur couple vit une période difficile depuis le début de cette troisième grossesse. Antoine est distant, il est moins attentionné, rentre de plus en plus tard le soir, s’endort dans la foulée. Les griefs vont aussi bon train quand le matin, il doit assurer la prise en charge de Léna, culpabilisant Marie de tâches domestiques non réalisées. Marie est dépassée par les événements. Elle doit en plus subir les remarques indélicates de sa mère qui lui renvoie qu’à son époque à elle, ça ne serait pas passé comme ça. Marie est la fille de Jacques, médecin à la retraite, qui vient de se suicider. Il s’est pendu sans laisser de mot pour expliquer son geste. Marie est rongée par le mystère qui entoure ce suicide, par des personnes inconnues et très peinées le jour des obsèques. Et puis, un jour, tout bascule.

Le personnage de Marie est particulièrement attachant. J'ai beaucoup aimé l'accompagner dans sa "transfiguration".

Ce roman est troublant et le scénario parfaitement maîtrisé. Je vous le conseille !

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2021-04-22T06:00:00+02:00

Le Stradivarius de Goebbels de Yoann IACONO

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Le Stradivarius de Goebbels de Yoann IACONO

Ma #jeudicitation est l'occasion de revenir sur mon premier coup de coeur de l'année, "Le Stradivarius de Goebbels" de Yoann IACONO publié aux éditions Slatkine et Compagnie.

Ce premier roman est absolument passionnant.

Je vous dis quelques mots de l'histoire :

Felix Sitterlin, le narrateur, est Trompettiste classique. Il fut formé au Conservatoire de Paris. À partir de 1938, il intègre la brigade de musique des gardiens de la paix et prendra part à l’insurrection populaire pour reprendre la Préfecture de Police de Paris. Le 12 janvier 1945, il est chargé par le Préfet Luizet de retrouver le Stradivarius du neveu de Monsieur Braun, Juif, ami du Général De Gaulle. Et s’il s’agissait de celui offert par Goebbels le 22 février 1943 à la jeune Nejiko SUWA, prodige japonaise, comme un acte politique pour sceller l’union du régime nazi avec le Japon, les premiers exterminant les Juifs, les seconds les Chinois. Après un enseignement reçu auprès de sa tante Anna, arrivée de Russie, Nejiko évolue auprès de grands maîtres mais son Stradivarius lui résiste. D’où peut bien venir son incapacité à maîtriser parfaitement l’instrument. Certains luthiers affirment que les violons ont de la mémoire ? Et si Nejiko avait intérêt à connaître l’histoire du sien...

Sous la plume de l’écrivain, Nejiko SUWA devient un personnage de roman. Entre sa vie à Paris, son retour à Berlin, son emprisonnement aux Etats-Unis... c’est une épopée tout à fait fascinante que nous relate l’auteur qui ne se contente pas seulement des années 1940 mais nous propose d’accompagner Nejiko Suwa tout au long de sa vie. C’est dans les journaux intimes de la musicienne qu’il va glaner une multitude de détails pour reconstituer le fil de son existence.

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2021-04-15T16:45:00+02:00

Rescapée du goulag chinois de Gulbahar HAITIWAJI et Rozenn MORGAT

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Rescapée du goulag chinois de Gulbahar HAITIWAJI et Rozenn MORGAT

Ma #citationdujeudi est extraite d'un récit de vie, celui de Gulbahar HAITIWAJI, co-écrit avec Rozenn MORGAT, journaliste, intitulé : "Rescapée du goulag chinois".

Gulbahar HAITIWAJI a une cinquantaine d’année. Elle est née au Xinjiang, un territoire qui fait trois fois la France, sous régime chinois. Elle est mariée avec Kerim HAITIWAJI. Elle est mère de deux filles. Mari et femme travaillent pour la Compagnie du pétrole et puis un jour, en 2002, Kerim décide de quitter le pays. Il ne supporte plus les humiliations. Il part seul à destination de Paris. Il y découvre la misère des exilés, la vie des sans papier, les petits boulots, et puis un jour, il obtient le statut de réfugié. Gulbahar et ses filles quittent le pays à leur tour. Nous sommes en 2006. Ils habitent dans un appartement de Boulogne. Lui est taxi chez Über, elle travaille dans une cantine. Un jour, en 2016, elle reçoit un appel téléphonique. Elle doit retourner au Xinjiang pour régler des démarches administratives en lien avec sa retraite. Méfiante, elle redoute d’y retourner. Kerim la rassure, elle fera l’aller-retour, elle en profitera pour voir sa mère, ses soeurs. Quand elle met les pieds sur le tarmac, c’est un tout autre scénario qui se joue. Elle est conduite au commissariat, interrogée, emprisonnée.

 

Si le titre dévoile l’issue, il n’en demeure pas moins que le récit est rythmé et saisissant. Je me suis retrouvée happée par l’autobiographie de cette femme, de cette page de sa vie absolument ahurissante, inimaginable pour un occidental qui jouit des droits de l’Homme reconnus par l’Organisation dés Nations Unies, celle-là même qui a condamné en 2018 les camps de redressement des Ouïghours du Xinjiang.
 
Ce livre est à diffuser sans modération pour que la communauté internationale s’empare du sujet et qu’un jour justice soit faite aux Ouïghours, que leur langue, leurs traditions, leur culture... puissent être protégées et revendiquées pour leur singularité, que ces hommes et ces femmes puissent accéder aux droits fondamentaux, tout simplement !

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2021-04-08T18:08:38+02:00

La dixième muse d'Alexandra KOSZELYK

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La dixième muse d'Alexandra KOSZELYK

Ma #citationdujeudi est l'occasion de revenir sur un très beau roman de la rentrée littéraire de janvier 2021 : "La dixième muse" d'Alexandra KOSZELYK Aux Forges de Vulcain.

Je vous livre quelques mots de l'histoire :

Florent est un jeune homme, amoureux de Louise. Il est appelé par son ami Philippe à l’accompagner dans une mission... un peu spéciale ! Ils arrivent au cimetière du Père Lachaise. Pour Florent, c’est la déferlante de souvenirs douloureux. Son père est décédé il y a six mois. Il se retrouve, un instant, devant la tombe de Guillaume APOLLINAIRE. Il n’en faudra pas plus pour qu’il fasse le lien avec ses études. Il sort d'une Agrégation d’allemand et consacre sa vie à une nouvelle année de formation. Il choisit donc d'explorer la vie du poète, Guillaume APOLLINAIRE, cet écrivain du 20ème siècle, né d'une mère expatriée de Pologne, sans famille, sans argent, contrainte de vendre son corps pour survivre. Cet enfant dont elle ne connaît pas le père lui pose plus de problème qu'il ne lui apporte de plaisir. Guillaume est élevé dans l'absence totale d'amour maternel. Devenu grand, il fréquente des femmes, artistes. On se souvient de Marie LAURENCIN avec qui il partage sa vie cinq années durant. Il vivra aussi quelques années avec son frère, Albert, à Stavelot. Il mourut aux côtés de son dernier amour, Jacqueline Kolb, sa dixième muse. Florent, au fur et à mesure de ses études, s'approprie la vie de l'artiste, l'apprivoise lentement mais sûrement, au point de la faire sienne. Bercé par un souffle d'illusions, il navigue bientôt entre rêve et réalité, c'est une nouvelle page de sa vie, personnelle celle-là, qu'il est en train d'écrire.

Outre le fait de (re)partir sur les traces de Guillaume APOLLINAIRE, le plus intéressant, sincèrement, c'est la construction narrative et l’imbroglio savamment construit par l’écrivaine.

Ce roman, c’est en réalité deux histoires liées l’une à l’autre par le jeu de l’écriture, celle de Florent, celle de Guillaume.

Et puis, c’est une alternance entre deux époques, l’une présente, l’autre passée.

Enfin, cerise sur le gâteau, ce roman c’est un voyage entre rêve et réalité. J’avoue que j’ai lâché prise et me suis laissée porter par le doux effet de balancier et la démarche engagée de l’écrivaine.

Chapeau !

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2021-03-11T12:45:00+01:00

Trencadis de Caroline DEYNS

Publié par Tlivres
Trencadis de Caroline DEYNS

Ma #citationdujeudi est l'occasion de revenir sur l'un de mes coups de coeur de ce début d'année. Vous avez peut-être lu "Trencadis" de Caroline DEYNS publié chez Quidam éditeur.

De Niki DE SAINT-PHALLE, je suis totalement fan. Le blog est d’ailleurs à son effigie avec ses trois « Nanas », joyeuses et voluptueuses. L'artiste, je l’ai découverte il y a une bonne trentaine d’années maintenant et suis devenue une inconditionnelle de ses œuvres comme de tout ce qu'elle représente en réalité.

Et quelle plus belle intention pour une femme que la construction de son château.

Niki DE SAINT-PHALLE était une femme ambitieuse, ce n'est pourtant pas que les hommes lui aient facilité les choses ! Et pourtant, elle réussira à concrétiser son rêve avec la création du "Jardin des Tarots" (Giardino dei Tarocchi) à à Garavicchio de Pescia Fiorentina en Toscane.

Au-delà des « Nanas », l’artiste plasticienne du XXÈME siècle a aussi revisité le mythe de la mariée, le culte de la maternité. Niki DE SAINT-PHALLE était une femme révoltée, une féministe à tout crin. C'est peut-être un peu grâce à elle que nous vivons notre condition d'aujourd'hui.

Sous la plume de Caroline DEYNS, l’artiste devient un personnage de roman dans tout ce qu’elle incarne d’EXTRAordinaire. La narration est ingénieuse avec l’invitation à témoigner de personnes qui ont connu Niki DE SAINT-PHALLE de très près comme son psychiatre, Eva AEPPLI, sculptrice et ex-compagne de Jean TINGUELY, Andréas VLIEGHE, forain, Fernande, une voisine de l’installation de Niki et Jean, une faiseuse d’ange, Sophie du Women’s Lib, Emilie, la fille de Léa, la femme de ménage de Soisy, autant de regards croisés portés sur un destin hors du commun, un peu comme si chacun venait poser son petit carreau de mosaïque pour composer le portrait de l'artiste. Un pari ambitieux, parfaitement réussi, bravo !
 
Ce roman est prodigieux.

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2021-03-04T21:09:10+01:00

Colette et les siennes de Dominique BONA

Publié par Tlivres
Colette et les siennes de Dominique BONA

Ma #citationdujeudi est extraite d'un roman de Dominique BONA, un coup de coeur pour "Colette et les siennes".

Colette a 41 ans. Elle est journaliste. Elle vit dans le 16ème arrondissement de Paris, dans le "chalet" de la rue Cortambert. Mariée à l'âge de 20 ans, elle était alors danseuse de music-hall. Depuis, divorcée, elle est aujourd'hui mariée avec le baron Henry de JOUVENEL, rédacteur en chef du journal pour lequel elle travaille. Sa fille, Bel-Gazou, elle l'a confiée à sa belle-mère. Elle vit en Corrèze. C'est la guerre. Henry de JOUVENEL est mobilisé. Colette en  profite pour accueillir trois amies chez elle, trois femmes d'exception avec lesquelles Colette va partager un pan de sa vie. Financièrement privilégiée, évoluant dans une propriété de plus de 3 000 mètres carré, Colette brille dans les salons. De la guerre, elle en mesure le confinement, l'absence de son amoureux, la pénurie de denrées alimentaires. Pour le reste, Colette continue de travailler et de proner haut et fort sa liberté. Elle prendra le risque d'aller jusqu'à Verdun retrouver Henry de JOUVENEL où elle vivra des moments d'une folle passion amoureuse. A la fin de la guerre, malheureusement, l'ardeur du bien aimé se portera pour d'autres femmes, rendant Colette profondément triste. Des aventures, elle en aura, avec plus jeune que soi. Pendant ce temps, Colette écrit. Si les "Claudine" avaient été publiées sous le nom de son premier mari, Henry GAUTHIER-VILLARS dit Willy, elle signe désormais ses romans comme ses chroniques dans la rubrique des Contes des mille et un matins du journal Le Matin. Colette révolutionne le ton.

Dominique BONA nous livre une biographie absolument remarquable de Colette et ses trois amies, toutes des femmes éprises de liberté, insoumises, sensuelles et gourmandes, qui vont nourrir des liens de complicité de soeurs et de solidarité de filles pour lutter contre la solitude. J'ai adoré vivre à leurs côtés leurs moments d'euphorie. En quête d'une identité nouvelle, elles cherchent par tous les moyens à EXISTER. 

Ne sont pas à négliger les qualités de l'écriture de Dominique BONA, élue à l'Académie française en 2013. Elles sont juste parfaites.

Définitivement, "Colette et les siennes" est un bijou désormais disponible chez "Le Livre de poche".

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2021-02-25T18:45:00+01:00

Murène de Valentine GOBY

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Murène de Valentine GOBY

Ma #citationdujeudi est extraite de "Murène", un roman de Valentine GOBY, un coup de coeur.

Je vous dis quelques mots de l'histoire :

Nous sommes dans les années 1950. François a 22 ans. Ses parents sont couturiers, ils tiennent un atelier. Sa mère, Jane, est d’origine anglaise, naturalisée française. Il entretient avec sa sœur Sylvia une relation de complicité. Ce qui n’est plus le cas avec son père, Robert, depuis que le fils a fait voler en éclat la carrière d’ingénieur rêvée par le père pour son fils. François accumule maintenant les petits boulots. Une mission vient de lui être promise dans les Ardennes, la neige est tombée sur la France, réduisant toutes activités. Là-bas, ils ont besoin d’hommes comme lui. Sur le chemin, le camion qui l’emmène tombe en panne. Ils sont en rase campagne, il faut aller chercher des secours. François part à pied vers l’inconnu. Dans un champ de Bayle, il découvre un wagon de train. Il monte au sommet et là, un arc électrique le foudroie, le projetant à terre, brûlé à 30 pour cents. Il serait mort s’il n’y avait eu cette enfant à la recherche de son renard. Sauvé in extremis mais à quel prix ?

Ce roman est prodigieux.

D'abord, parce que Valentine GOBY est une formidable conteuse, elle raconte des histoires avec un immense talent mais plus que ça, ce qui fait son originalité c’est, une nouvelle fois, de s’inspirer d’histoires vraies.

Ensuite, parce que l’écrivaine choisit le domaine de la santé comme territoire d’exploration. Après le traitement des tuberculeux au sanatorium d'Aincourt, elle revisite les progrès de la médecine en matière de prothèses pour les hommes et les femmes amputés. Initialement prévues pour les blessés de guerre, elles sont banalisées pour les civils. 

Mais encore parce que Valentine GOBY fait du handisport la voie de la résilience, celle qui permettra d’espérer un retour à la dignité humaine. Monter sur la plus haute marche d’un podium devient rapidement l’objectif à atteindre. Pourquoi se contenter du plaisir offert par le sport, du bien-être, quand il peut vous apporter une reconnaissance, nationale, internationale, quand il peut vous faire devenir un champion ?

Et toujours, parce que le jeu de l'écriture permet de faire se croiser le destin de François, un personnage de fiction, avec celui de celles et ceux qui se sont battus pour qu’ aujourd’hui les disciplines sportives para-olympiques soient ce qu’elle sont.

Enfin, parce qu'elle consacre des pans entiers à la nature comme la source d'un renouveau, celle qui peut permettre à des hommes et des femmes de se reconstruire, d'y puiser la force, l'énergie, la puissance d'affronter ce qui les assaille. 

Cerise sur le gâteau, le récit est profondément lumineux !

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2021-02-18T07:00:00+01:00

Rien n'est noir de Claire BEREST

Publié par Tlivres
Rien n'est noir de Claire BEREST

Ma #citationdujeudi est extraite du dernier roman de Claire BEREST "Rien n'est noir", initialement publié aux éditions Stock et maintenant disponible chez Le Livre de Poche, énorme coup de coeur pour ce roman notamment lauréat du Grand Prix des Lectrices Elle 2020.

Si d'aventure on s'interrogeait encore sur la vocation du street art, Claire BEREST fait mouche bien sûr. 

Et ce n'est là que la partie visible de l'iceberg.

Avec "Rien n'est noir", l'écrivaine revient sur une partie de la vie de Frida KAHLO, celle de la passion folle amoureuse qu'elle voue à l'artiste Diego RIVERA.

Nous sommes en 1928. Alors que l’artiste Diego RIVERA réalise une fresque murale monumentale pour le Ministère de l'Education, Frida, l’effrontée de 20 ans sa cadette, l’interpelle et lui demande de descendre de son échafaudage pour lui montrer quelque chose. Elle a, avec elle, deux tableaux. Elle veut son avis. Il lui donne rendez-vous le dimanche suivant avec une nouvelle toile. C’est ainsi qu’une relation passionnelle va s’engager entre deux personnages hauts en couleur : Diego RIVERA dont la qualité du travail artistique va grandissante, Frida KAHLO promise dès son plus jeune âge à un parcours atypique (à 15 ans, elle fait partie des premières filles à entrer à la Prépa) et ambitieux (passionnée d’anatomie et de biologie, elle veut être médecin). C’est à 18 ans que Frida KAHLO a un terrible accident de bus avec de multiples blessures qui la clouent à un lit d’hôpital pendant 3 mois et l’obligent à une nouvelle intervention chirurgicale l’année suivante. C’est alors que Frida demande à son père, allemand d’origine, photographe de formation, passionné de piano, de lui apporter un chevalet, des pinceaux et de la peinture. Grâce à l’installation judicieuse d’un miroir au sommet de son lit à baldaquin, Frida commence à peindre, bien qu’alitée. Une nouvelle page de sa vie s’ouvre alors...
 
Avec « Rien n’est noir », vous plongez au coeur de l’Histoire du Mexique. À travers l’itinéraire d’une femme éminemment romanesque,  Claire BEREST égrène, comme autant de bijoux dont se pare Frida KAHLO, des souvenirs historiques qui font que le monde est ce qu’il est aujourd’hui. Vous visitez le monde et côtoyez les hommes, capitalistes, en quête de montrer ô combien leur pouvoir est grand. 
 
Dans une narration foisonnante, Claire BEREST honore une grande Dame de la peinture. Elle réussit la prouesse de maintenir un rythme ahurissant qui donne à cette lecture une vivacité et un dynamisme absolument remarquables. J’en suis sortie envoûtée !

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