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2016-12-29T13:26:01+01:00

Soyez imprudents les enfants de Véronique OVALDE

Publié par Tlivres
Soyez imprudents les enfants de Véronique OVALDE

Editions Flammarion

Ouvrir un roman de Véronique OVALDE, c’est toujours une promesse pour un long voyage, à travers les siècles, à travers les territoires.

Véronique OVALDE, c’est une romancière qui invente des histoires.

Après, "Les hommes en général me plaisent beaucoup", "Des vies d’oiseaux" et "Ce que je sais de Vera Candida", je rechute avec son tout dernier roman sorti en 2016 : « Soyez imprudents les enfants ».

Tout commence avec le suicide d’une jeune fille de 13 ans, Matilda. En 1974, elle n’avait alors que 13 ans. Vous n’en découvrirez les raisons que dans les toutes dernières pages de ce roman foisonnant !

Et puis, il y a Atanasia Bartolome, du même âge que Matilda, qui, sur proposition de son professeur d’Histoire de l’Art, Mademoiselle Fabregat, une femme éprise de liberté, va visiter la grande Exposition de 1983 au Musée d’Art et du Patrimoine de Bilbao. Intitulée « Mon corps mis à nu », cette exposition a tout d’une provocation alors même que l’Espagne sort tout juste du Franquisme. Pour la jeune Atanasia, cette exposition est tout simplement une révélation. Et quand elle tombe devant une toile de Roberto Diaz Uribe, commence pour elle une toute nouvelle histoire...

« Soyez imprudents les enfants » est tout simplement le meilleur de Véronique OVALDE qui puisse exister, à ce jour bien sûr ! Avec chaque roman, l’écrivaine va plus loin dans l’expression de son art, j’adore.

Si vous connaissez déjà l’univers de Véronique OVALDE, vous ne serez pas surpris de trouver des histoires de femmes, encore des femmes et toujours des femmes, celles sans qui le monde cesserait de tourner, non ? On y retrouve ce lien mère/filles et cette éducation si particulière qui leur est donnée :


[...] les mères mettent trop en garde leurs filles, à trop leur répéter qu’elles sont vulnérables les filles finissent par le croire et se comportent comme telles [...]. P. 179

Ce bagage culturel pourrait être un frein dans leur évolution, à moins qu’elles ne décident de s’en émanciper pour devenir ce qu’elles sont...


Les femmes sont plus raisonnables et plus laborieuses. Moins susceptibles de se laisser aller. Et moins imaginatives quand il s’agit de trouver le chemin menant à leur propre perte. J’ai toujours pensé que les femmes sont le moteur fondamental de tout changement social. P. 251

Le personnage d’Atanasia a tout pour me plaire, les tripes de ces femmes qui ne vont pas se satisfaire d’un quotidien banal mais partir en quête. Elle, son fil rouge, c’est le personnage de Roberto Diaz Uribe, ce peintre, cet artiste dont l’oeuvre la fascine. C’est non seulement le fil rouge d’Atanasia mais celui aussi de tout de roman de Véronique OVALDE. Cet objectif va permettre à Atanasia de rencontrer de nouvelles personnes à l’image de Veledine, un personnage avec lequel elle va se mettre parfois en danger mais qui va lui apprendre beaucoup sur sa capacité à elle à rebondir.

Il y a un bien beau parallèle entre la frénésie mise par Atanasia dans ses recherches et le plaisir assouvi par le lecteur. Je ne résiste pas à le partager avec vous !


J’avais voulu insister, j’étais si pleine de ferveur, encore. J’étais ce genre de fille qui abordait sa passion pour Diaz Uribe comme un lecteur qui adopte la lecture comme mode de vie, qui lit à tout moment, qui lit Philippe K. Dick ou Cortazar ou Baudelaire pendant son cours de maths, pendant qu’il se douche, pendant qu’il fait la guerre et attend dans les tranchées, un lecteur (une lectrice) qui se choisit un auteur pour l’aider à cartographier son monde, un lecteur (une lectrice) qui dialogue à jamais de manière insupportable, inefficace et nécessaire avec un écrivain. P. 87

Tiens, vous avez remarqué cette manière qu’a Véronique OVALDE de faire la part belle aux femmes avec ce recours au féminin entre parenthèse, une signature que je reconnais bien là d’une écrivaine qui n’entend pas de sitôt laisser sa place aux hommes, non mais !

Justement, parlons des hommes, et des femmes aussi ! Comment peuvent-ils en ce bas monde s’unir et construire ensemble ? Véronique OVALDE nous offre une voie à méditer :


[...] il faudrait créer des liens de dépendance – des liens basés sur l’amour et l’amitié et non sur la peur. L’amitié et l’amour sont constitutifs de l’ordre social. Ne perdons jamais de vue que l’homme est un animal grégaire, éducateur, collaboratif et inventif. P. 156

Le tout dernier roman de Véronique OVALDE, c’est un peu tout ça, et puis, plein d’autres choses encore. A travers les siècles, ce sont surtout des personnages hauts en couleur, qui ont décidé un jour de prendre leur destin en main et de changer le monde, d’où cette incitation de l’auteure à oser : « Soyez imprudents les enfants ». Dans le contexte morose que nous traversons, l’imprudence pourrait-elle devenir la clé de notre liberté ? Si vous n’en êtes pas persuadé(e), lisez le très bel entretien de Nathalie IRIS et Véronique OVALDE dans le n° 179 de Page, moi, j’adhère, tout simplement !

Soyez imprudents les enfants de Véronique OVALDE

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2016-12-28T12:52:13+01:00

La sonate oubliée de Christiana MOREAU

Publié par Tlivres
La sonate oubliée de Christiana MOREAU

Editions Préludes

Alors que l'année 2016 s'achève à peine, la rentrée littéraire de janvier commence à susciter bien des convoitises et c'est tout à fait légitime pour les passionné(e)s de littérature que nous sommes.
 
Il y aura les énièmes romans de tel ou tel et là nous sommes dans les starting blocks bien sûr.
 
Mais il y aura aussi de toutes nouvelles plumes pour lesquelles il s'agira d'une 1ère fois.
 
Et pour MA 1ère fois, j'ai eu le plaisir d'en découvrir une avant l'heure. Je remercie d'ailleurs très sincèrement les éditions Préludes de m'avoir permis ce coup d'essai avec "La sonate oubliée" de Christiana MOREAU, un magnifique roman.
 
Tout commence en Belgique dans la région de Liège avec la complicité de deux adolescents, Kévin et Lionella. Amis de longue date, ils entretiennent cette relation malgré la pression sociale de leur environnement. Kévin vit avec sa mère et son frère dans un quartier populaire. Il est fasciné par les bâtiments industriels laissés à l'abandon dans lesquels il se plaît à déambuler pendant que Lionella, elle, fille de musiciens, s'entraîne au violoncelle pour le concours Arpège. Elle doit trouver un morceau original pour marquer sa singularité. C'est Kévin qui va le lui offrir avec une bien belle découverte au marché aux puces du village, une partition et quelques objets personnels datant du XVIIIème siècle. Là commence alors une toute nouvelle histoire...
 
Christiana MOREAU va guider son lecteur à travers les siècles et les territoires avec beaucoup de talent tout au long de ce roman. Tantôt aux côtés de Kévin et Lionella, c'est l'histoire contemporaine de la Belgique qui se dévoile, tantôt au sein de la Santa Maria della Pieta, c'est l'univers de Vivaldi, rien que lui, et d'une jeune femme, Ada dal violoncello, qui se découvrent. Cette alternance est particulièrement ingénieuse, 1ère qualité de ce roman.
 
Ensuite, vient le charme de Venise présentée en pleine effervescence artistique. La musique, la peinture, l'architecture, la mode aussi, sont autant de domaines dans lesquels la création est reine dans les années 1700. 


C'était également la fête de la mode et de l'élégance. Sur le Grand Canal, on voyait de belles dames s'engouffrer dans les somptueuses demeures. Leurs costumes brillaient sous les bougies allumées des grands lustres qui faisaient étinceler leurs joyaux. J'étais émerveillée. P. 106

La vie de la cité est très joliment décrite par Christiana MOREAU. Il me semble bien entendre le clapotis de l'eau dans les ruelles de la Ville et sentir les parfums du chocolat chaud du Caffe Florian ! Les festivités du Carnaval ne sont pas en reste. C'est d'ailleurs dans cette période un peu mystérieuse où chacun cache ses yeux derrière un masque que l'écrivaine engage une épopée romanesque entre Ada dal violoncello et l'un de ses admirateurs.


Nous étions comme avides de graver dans nos esprits les traits aimés pour les emporter plus tard dans le secret de nos rêves. Car je l'aimais, j'en étais à présent sûre, et je crois qu'il m'aimait aussi. P. 93

Mais revenons au compositeur italien, Vivaldi, dont je ne connaissais pratiquement rien en dehors de quelques unes de ces symphonies, "Les quatre saisons" notamment. Je ne soupçonnais pas effectivement qu'il fut prêtre, surnommé il Prete rosso en lien avec sa chevelure rousse, et qu'il apprenne la musique à des jeunes filles abandonnées par leurs familles et accueillies par des religieuses. De nombreuses références sont citées par l'auteure qui ainsi donnent un caractère historique à ce roman.
 
La cerise sur le gâteau repose sur l'intrigue que Christiana MOREAU va magnifiquement mettre en place autour de la partition jouée par Lionella au concours Arpège et de la véritable identité de son auteur. Il pourrait être assez naturel de l'attribuer au grand compositeur mais qu'en est-il en réalité ? A vous de le découvrir...
 
Cette lecture m'a littéralement transportée, j'ai adoré. Je crois que je m'en souviendrais longtemps. Pour la petite histoire, il s'agit de ma 1ère lecture en version numérique grâce à Netgalley 
 
Alors rendez-vous dans votre librairie préférée le 4 janvier prochain !

 

 

Cette lecture participe au Challenge de

la Rentrée Littéraire MicMelo de janvier 2017 ! 

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2016-12-27T11:44:02+01:00

Avant que naisse la forêt de Jérôme CHANTREAU

Publié par Tlivres
Avant que naisse la forêt de Jérôme CHANTREAU

Editeur : Les Escales

 

Ce roman fait partie de la sélection des 68 premières fois

 

Albert a une quarantaine d’années, il est marié et père d’une fille. Sa mère décède d’un cancer. Il doit préparer les funérailles. Il va s’installer quelques jours dans la maison dans laquelle sa mère avait choisi de vivre ses dernières années. Cette maison se trouve en plein coeur d’une forêt de 1000 hectares dont elle a hérité de ses parents. A l’époque, personne ne s’y intéressait. Albert va profiter de cette retraite forcée, seul, pour partir à la découverte du passé de cette femme. Bientôt les souvenirs vont refluer. Pour panser ses plaies, il va privilégier le contact à la nature.

 

Ce roman, c’est l’histoire d’un deuil, de l’itinéraire pris par un fils à la disparition de sa mère. Cet homme d’âge mûr, bouleversé par ce décès, va perdre tous ses repères. Il va se raccrocher à cette maison dont les bruits le hantent, il va tenter de les décrypter, les comprendre. Entre sol et plafond, il va la mettre sens dessus dessous et essayer, derrière chaque objet, de s’approprier une certaine réalité.

 

Sa mère vivait seule, son mari l’avait abandonnée il y a bien longtemps. Se pose la question de l’avenir de cette maison et de tout ce qui l’occupe. Le narrateur va choisir de les réduire lentement en cendres, il va alimenter progressivement tout au long du roman un brasier qui ne trouvera son issue que dans les toutes dernières pages, à l’image de la vie de sa mère finalement dont les dernières traces reposent dans cette urne qu’il chérit.

 

Jérôme CHANTREAU dans ce 1er roman réserve à la forêt une place de choix. Il va l’aborder comme un lieu de paix dans lequel le narrateur va chercher un refuge, loin des hommes, loin des préoccupations quotidiennes. Mais, cet univers régit par des codes particuliers ne saurait se laisser apprivoiser par le premier venu :


Il faut du temps pour revenir en forêt. Il ne s’agit pas simplement de poser ses valises. Toute personne qui veut ressentir la puissance des bois profonds, et son effet bénéfique sur l’âme et le corps, doit prendre patience. Et marcher, sans autre but que celui d’attraper les idées au vol et de les laisser s’évaporer avec la transpiration des sous-bois. P. 103

En ce sens, ce roman m’a beaucoup rappelé celui de Jeanne BENAMEUR : « Otages intimes » dans lequel un photographe, ex-otage, va se reconstruire au contact de la forêt, de sa faune et de sa flore.

 

Mais plus généralement, c’est toute la nature qui va occuper une place prépondérante dans ce roman. Jacques CHANTREAU la peint avec beaucoup de charme et une plume particulièrement poétique :


Si les oiseaux chantent, moi aussi je vibre, et mon crâne leur fait une caisse de résonnance. Ils prêtent leur bonheur aux arbres, aux feuilles gorgées de sève, ils sont la voix des fleurs. P. 131

L’environnement naturel et le narrateur ne vont bientôt plus faire qu’un, en osmose complète, avec le risque de faire perdre à cet être sa dimension humaine. Ce roman permet d’explorer la part de sauvage qui demeure en nous et saisit chaque opportunité pour s’exprimer.

 

J’ai aimé ce roman pour son rythme, lent et reposant, tout à fait adapté, me semble-t-il, pour apprendre à vivre avec le manque et le surmonter.

 

Je ne l’aurais sans doute pas choisi en librairie ou bibliothèque mais c’est bien là tout le charme de cette aventure des 68 premières fois !

Avant que naisse la forêt de Jérôme CHANTREAU

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2016-12-26T07:30:00+01:00

Culottées, tome 1, de Pénélope BAGIEU

Publié par Tlivres
Culottées, tome 1, de Pénélope BAGIEU

Editeur : Gallimard Jeunesse (22 septembre 2016)


Quel plus bel honneur aux femmes que celui réalisé par Pénélope BAGIEU, cette jeune illustratrice bourrée de talent !

Elle a choisi de croquer des femmes ayant de la personnalité, celles que rien ne saurait arrêter et qui "ne font que ce qu'elles veulent", des "Culottées" quoi  !


Ce nom est celui retenu pour un blog hébergé tout au long de 2016 par le Journal "Le Monde" et dont je vous ai relayé quelques portraits cette année...
 

 

Culottées, tome 1, de Pénélope BAGIEU
Culottées, tome 1, de Pénélope BAGIEU

Et puis c'est désormais le titre d'une magnifique BD éditée en septembre 2016 et qui reprend 15 portraits de ces femmes hors du commun. 

 

Pénélope BAGIEU nous transporte dans un voyage dans le passé, en passant par les 5 continents et à travers de nombreux domaines d'activités. Et oui, les femmes sont toutes là, encore faut-il que les hommes les reconnaissent !


Personnellement, j'ai beaucoup aimé les pages dédiées à Joséphine BAKER...

 

Culottées, tome 1, de Pénélope BAGIEU

Le graphisme y est ciselé, les couleurs chatoyantes et les expressions des personnages bien représentées.

 

C'est une très belle BD et le tome 2 sortira en janvier 2017, qu'on se le dise !

 

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2016-12-24T13:51:22+01:00

J-1, une très belle preuve d'amour avec "Journal d'un vampire en pyjama" de Mathias MALZIEU

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J-1, une très belle preuve d'amour avec "Journal d'un vampire en pyjama" de Mathias MALZIEU

Aujourd'hui est un jour un peu spécial... il s'agit du dernier jour pour trouver LE cadeau qui fera la différence, celui qui fera craquer celui ou celle que vous aimez !

Et quand on parle d'amour, difficile de passer à côté d'un récit de vie qui arbore le petit coeur rouge sur sa couverture... tiens, celui-là même que porte aussi son auteur sur son chapeau !

Je parle du "Journal d'un vampire en pyjama" bien sûr, c'est mon chouchou de l'année 2016 ! Il vient de recevoir le Prix Littéraire Paroles et Talents de Patients pour sa 9ème édition, une récompense tout à fait méritée.

Mathias MALZIEU est un poète, sa plume est hors du commun, elle vous fera rire, rêver, pleurer aussi.

Si vous aimez les émotions fortes,

Si vous avez envie de partager les journées d'un malade E X T R A O R D I N A I R E ,

Si l'espoir vous fait vivre,

ce livre est pour vous !

C'est un bijou, tout simplement.

 

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2016-12-23T11:05:36+01:00

J-2, un livre original : "Avec cette tête-là" de François FOLL

Publié par Tlivres
J-2, un livre original : "Avec cette tête-là" de François FOLL

A jour exceptionnel, livre exceptionnel !

Nous sommes à J-2, je vous propose un petit jubilé d'interculturalité :

"Avec cette tête-là" de François FOLL

Il nous renvoie à la figure des jugements hâtifs, des 1ères impressions qui auraient à coup sûr raison... il fait la place belle à la différence, à des êtres singuliers !

Si vous aimez l'art, notamment la littérature et la musique,

Si vous appréciez les livres qui explorent le regard sur l'Autre et les relations humaines,

Si vous êtes sensible.s au parcours de chacun,

Assurément ce livre est fait pour vous !

C'est une pépite, un coup de coeur du tout début de l'année 2016 !

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2016-12-22T16:06:43+01:00

J-3, optez pour "L'ombre de nos nuits" de Gaëlle JOSSE

Publié par Tlivres
J-3, optez pour "L'ombre de nos nuits" de Gaëlle JOSSE

Noël approche et il vous reste quelques cadeaux à faire... Ne vous éparpillez plus, il s'agit de miser sur des valeurs sûres, et là, j'ai quelque chose pour vous !

En 2016, est sorti L'ombre de nos nuits de Gaëlle JOSSE, un immense coup de coeur.

Si vous aimez naviguer entre aujourd'hui et des temps plus anciens,

Si vous appréciez l'art, et plus particulièrement la peinture,

Si vous êtes sensible à une certaine qualité de l'écriture,

je crois bien que ce livre est pour vous !

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