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2016-08-28T15:47:26+02:00

L’heure bleue d’Elsa VASSEUR

Publié par Tlivres
L’heure bleue d’Elsa VASSEUR

Ce roman fait partie de la sélection des 68 premières fois.

Il reste encore quelques jours avant la rentrée. Il fait chaud. Je vous propose un départ pour l’île de Dolos en Grèce. Vous m’accompagnez ?

Zoé Imbert, 17 ans, le bac en poche, se voit proposer par une fille du lycée un voyage en Grèce. Là-bas, elle séjournerait en famille, tous frais payés. Une seule contrepartie : s’occuper d’un petit garçon de 5 ans. Zoé voit cette proposition de Lise Stein un peu suspecte, elle n’entretient pas de relation particulière avec elle mais, séduite par la destination et la possibilité de pouvoir s’éloigner un peu de son père, elle l’accepte !

« L’heure bleue », c’est un roman sur la jeunesse, sur l’adolescence, sur l’insouciance et la quête d’amour d’une jeune fille ! C’est aussi un roman sur la souffrance d’un passé trop lourd à porter.

Avec le personnage de Zoé, le lecteur part en voyage à la découverte d’un nouveau territoire, la Grèce, d’un nouvel environnement familial, les Stein font partie de ces familles riches qui disposent d’un patrimoine qu’ils font fructifier dans le monde de l’art New-Yorkais. C’est en réalité le parcours initiatique d’une adolescente qui ouvre les yeux sur le monde, sur un autre monde que celui qu’elle côtoie depuis sa tendre enfance. Et si les 2 étaient finalement liés ?

Là où Elsa VASSEUR a du talent, c’est que, de 2 trajectoires, elle arrive à n’en faire plus qu’une. Zoé arrive bien sûr avec ses effets personnels dans sa valise mais aussi son passé, son histoire familiale, ses secrets…

Dès le début du roman, le prologue nous fait part d’une histoire familiale douloureuse. Nous ne savons pas tout bien sûr mais nous soupçonnons une maladie mentale de Giulia, la mère de Zoé, et d’un drame qui a vraisemblablement emmené avec lui Nino, son petit frère. Zoé n’avait alors que 7 ans. En acceptant la proposition de ce séjour sous le soleil, Zoé pouvait-elle imaginer qu’il ferait resurgir de déchirants souvenirs ?

Ce roman aborde le sujet de la construction des jeunes femmes. Une adolescente peut-elle s’émanciper de son passé ? Peut-elle se libérer de ce sentiment de culpabilité qui la hante depuis ce terrible drame ? Peut-elle décider de faire ce qu’elle veut de sa vie ?

Avec le personnage de Zoé, Elsa VASSEUR essaie de répondre à toutes ces questions.

A cet âge-là, l’amour et la sexualité occupent une place toute particulière, faisant des 1ères fois un véritable défi à relever pour pouvoir accéder à une certaine normalité. Zoé est une jeune fille en quête d’une histoire d’amour, une vraie. Alors quand un homme semble lui porter un peu d’attention, semble la comprendre, la tentation est grande. Malheureusement, l’amitié comme l’amour peuvent se révéler bien cruels et bafouer ce qui paraissait être le plus précieux. Sur fond de tromperie et de lâcheté, Zoé va devoir assumer son tout nouveau statut de femme pour peut-être un jour pouvoir dire qu’il s’agissait d’une erreur de jeunesse…

A côté de l’adolescente, il y a un monde d’adultes. Zoé a quitté son père le temps d’une parenthèse estivale. A peine arrivée en Grèce, elle en découvre d’autres. Certains qu’elle apprécie immédiatement, d’autres qu’elle aimerait découvrir (le verbe « aimer » prend ici un sens tout particulier), d’autres encore dont elle reconnaît très vite les symptômes…

La jeune écrivaine aborde effectivement la maladie mentale, celle d’une jeune mère de famille que la vie semble avoir tout donné. Très vite, Zoé repère la singularité de Rose qui apparaît dans l’univers de la jeune fille comme le reflet dans un miroir de l’image de sa mère, Giulia. Personnellement, j’ai été profondément touchée par leur regard vide, cette absence psychique de femmes pourtant présentes, en chair et en os. Malgré des maris attentionnés, de jeunes enfants attachants, l’essentiel semble manquer à leur existence. Si les patientes en connaissent les contours, l’entourage proche, lui, peine à répondre à la question du pourquoi, c’est là sa plus lourde tâche.

J’ai passé un bon moment de lecture avec ce 1er roman d’Elsa VASSEUR.

Dès les premières pages, le suspense est installé, seul l’épilogue en viendra à bout, bravo pour ce coup de maître ! Pour autant, je pense que le roman aurait pu encore gagner en qualité. Explorer la maladie mentale de deux femmes tellement semblables présente un risque élevé de redondance. J’y ai parfois eu l’impression de déjà lu.

Quant à l’écriture, elle est fluide et soignée. Pour autant, quand je consulte les notes prises au fil de la lecture, je me rends compte que je n’ai finalement repéré que 2 citations. Dommage ! Elsa VASSEUR a pourtant du talent, elle sait pouvoir être poétique si j’en crois sa description de la tristesse :


La tristesse a une date de péremption. Comme le bonheur, c’est un sentiment entier, organique, qu’il faut saisir au bon moment afin d’en conserver la fraîcheur intacte. P. 239

Malheureusement, je n’en ai pas relevé assez pour que cette plume reste gravée dans ma mémoire.

J’arrive à la fin de la sélection des 68 premières fois de la rentrée littéraire de janvier. « L’heure bleue » n’entrera donc pas dans le cercle très fermé de mes 3 chouchous !

L’heure bleue d’Elsa VASSEUR

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