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Articles avec #mes bd catégorie

2021-06-02T20:42:10+02:00

Il fallait que je vous le dise de Aude MERMILLIOD

Publié par Tlivres
Il fallait que je vous le dise de Aude MERMILLIOD

Il y a des sujets éminemment sensibles à aborder. Celui de l'avortement en est un que Aude MERMILLIOD se propose d'explorer dans une BD éditée chez Casterman : "Il fallait que je vous le dise".

La scénariste et illustratrice s'inspire de son expérience personnelle. Elle a 24 ans quand elle découvre qu'elle enceinte. Elle décide d'avorter. C'est son choix. Elle ne l'a jamais regretté mais elle fait part de sa grande solitude face aux émotions à ce moment précis de sa vie. Il y avait comme une incompréhension avec son entourage, ses ami.e.s, dont les réflexions lui paraissaient totalement décalées avec ce qu'elle vivait.

Sa volonté : témoigner pour être utile et rassurer celles qui ont à vivre cette douloureuse expérience. 

Le coup de crayon de la jeune femme, je ne le connaissais pas. Il est très expressif. Les planches sont réalisées dans un nuancier de couleurs pastel, plutôt chaleureuses, qui donnent un caractère profondément humain au sujet. Il s'en dégage un côté bienveillant et soutenant. C'est frais et naturel, clair et sincère.

Il fallait que je vous le dise de Aude MERMILLIOD

Et puis, il y a l'histoire, enfin, les histoires. Aude MERMILLIOD a ce coup de génie de faire se croiser deux itinéraires, le sien, en tant que femme, enceinte, inscrite dans une démarche d'interruption volontaire de grossesse, et puis, celui de Martin WINCKLER, médecin, auteur du livre "Le choeur des femmes".

Il fallait que je vous le dise de Aude MERMILLIOD

Son père, à lui, pratiquait des I.V.G. clandestines. Il a donc été bercé par la démarche. Pour autant, lorsqu'il a été amené à remplacer une amie au Planning familial, il a mesuré tout le travail à réaliser pour accompagner dignement les femmes dans ce qu'elles vivaient de terrifiant. L'homme qui, aujourd'hui, a 66 ans, est humble et modeste. ll revient sur son itinéraire avec une profonde humilité. Il a pourtant fait de l'écoute des femmes, et des hommes aussi, une pratique quotidienne au point d'en nourrir le coeur de ses écrits. L'homme est bon et généreux. Il est dans la compréhension de chaque situation.

Le procédé est judicieux et parfaitement réussi. Le regard croisé est très éclairant. Le propos est délicat et sonne juste. J'aime quand l'artiste dit :


Essayer de mettre des mots dessus, et si ça ne peut pas se dire, peut-être que ça peut se dessiner.

Bravo à Aude MERMILLIOD pour cet acte qui, s'il n'est pas militant, contribue à lever l'omerta sur l'avortement et à nourrir le pouvoir d'émancipation des femmes.

Merci à Laëtitia du book club. Cette BD est une pépite !

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2021-01-13T18:00:00+01:00

La vie mystérieuse, insolente et héroïque du Dr James BARRY de Isabelle BAUTHIAN et Agnès MAUPRÉ

Publié par Tlivres
La vie mystérieuse, insolente et héroïque du Dr James BARRY de Isabelle BAUTHIAN et Agnès MAUPRÉ

Editions Steinkis

J’aime beaucoup les BD même si je n’en lis pas beaucoup mais je saisis toujours l’opportunité de découvrir de nouveaux talents, a fortiori quand l’album arrive jusqu’à moi, merci Petit Papa Noël.

Vous vous souvenez certainement des Culottées de Pénélope BAGIEU, ces BD qui avaient pour vocation d’honorer la mémoire de femmes EXTRAordinaires, pourtant méconnues du grand public.

La démarche d’Isabelle BAUTHIAN, scénariste, et d'Agnès MAUPRÉ, dessinatrice, s'inscrit dans la même veine en se focalisant sur un personnage de l’histoire, un médecin militaire, Dr James Barry, d’origine irlandaise, dont la féminité sera cachée toute son existence et dévoilée seulement au moment de sa mort.

Nous sommes au XIXème siècle. Les femmes ne sont pas invitées à suivre des études supérieures mais affectées, de fait, au rôle de bonnes épouses. Quant à imaginer devenir médecin, il y a un pas totalement infranchissable sauf à duper son public. C'est ce que réussira pourtant Margaret Ann BULKLEY.

Des vêtements cintrés, un peu trop près du corps, éveillent bien la curiosité de certains  hommes, mais la poitrine savamment bandée de Margaret BULKLEY réussira à tromper l'ennemi tout au long de sa carrière dans l'Armée.

Le Dr BARRY, beaucoup s'en souviennent, notamment pour ses prises de position avant-gardistes et décalées. Elle s'indigne devant le sort des indigènes, mais aussi l'incompétence de certains médecins négligents, voire incompétents.

Elle, sait et fait. Nous lui devons la première césarienne réalisée sur une femme, en Afrique.

Si le scénario relève beaucoup de l’imaginaire des autrices, la principale intéressée n’ayant pas laissé d’archives, il n’en demeure pas moins qu’avec cette  BD, sa mémoire est restaurée et l'oubli éloigné des esprits.

Le graphisme est beau, raffiné et délicat. La végétation est très présente dans des planches absolument magnifiques qui ne manqueront pas de nourrir mes dessins à venir !

Les couleurs sont chaleureuses. Choisies dans un nuancier de rose et de marron, elles témoignent de cet élan de protection largement déployé par Margaret BULKLEY auprès des plus fragiles.

Cette BD, sortie en 2020, est un très joli cadeau. Je vous la conseille absolument.

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2020-11-25T18:25:00+01:00

Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes

Publié par Tlivres
Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes

Quel plus bel ambassadeur que Botero Pop pour cette "Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes" ?

Sur Angers, si vous déambulez en centre-ville, peut-être admirerez vous le collage de "Nous toutes" réalisé sur le féminicide.

 Le créateur de ce petit personnage, que l'on voit maintenant un peu partout, en France et à l'étranger, a beaucoup de choses à dire et il ne manque pas de nous proposer, si ce n'est chaque jour, très régulièrement, un Botero Pop aux couleurs du jour.

Celui-là date un peu mais je l'ai choisi pour ce qu'il évoque et puis, aussi, pour le support qui l'accueille. Les traces des agressions laissées (par le temps mais pas que !) sur le mur sont à l'image de ce que peuvent porter les femmes aujourd'hui.

Plus que jamais, soyons uni(e)s pour lutter contre cette violence inacceptable et rappeler le 3919 (service d'écoute, d'information, d'orientation) et le SMS au 114 (quand il y a impossibilité de parler).

Je profite de cette journée pour remettre sous les projecteurs le roman de Louise MEY : "La deuxième femme", un livre nécessaire pour apprendre à décrypter le phénomène de l'emprise.

Impossible de vous quitter sans évoquer également cette BD de Thomas MATHIEU "Les crocodiles" aux éditions Le Lombard, une BD pour évoquer le harcèlement de rue. C'est ma #mercrediBD.

 

Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes

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2020-08-26T18:01:27+02:00

En attendant Bojangles d’Ingrid CHABBERT et Carole MAUREL

Publié par Tlivres
En attendant Bojangles d’Ingrid CHABBERT et Carole MAUREL
« En attendant Bojangles », c’est d’abord un premier roman découvert en 2016 (déjà !) avec les 68 Premières fois, l'occasion d'un petit clin d'oeil à toute l'équipe. Ce roman, ce fut un énorme coup de coeur pour moi.


Certains ne deviennent jamais fou... Leurs vies doivent être bien ennuyeuses.

C'est ainsi que s'ouvrait le roman d'Olivier BOURDEAUT, avec une citation de Charles BUKOWSKI, tout un programme !

 

La première planche de BD, elle, fait la place belle à la musique.

En attendant Bojangles d’Ingrid CHABBERT et Carole MAUREL

C’est dans une maison rythmée par les titres de Nina SIMONE que vit une famille pleine de fantaisie, un brin fantasque, parfois totalement déjantée. Monsieur et Madame sont amoureux fous. Ils ont un petit garçon et un animal de compagnie  d’un genre plutôt insolite, un volatile, Madame Superfétatoire !

 

Le quotidien de cette famille n’est qu’ivresse.

En attendant Bojangles d’Ingrid CHABBERT et Carole MAUREL

Leur petit chérubin ne saurait respecter les règles imposées par l’école. Papa et Maman prendront donc le relais de l’éducation de leur fils entre la maison et leur résidence secondaire, leur Château en Espagne, rien de moins !

 

La danse, les cocktails, les soirées entre amis, la folie douce de la mère, la passion dévorante de ce couple EXTRAordinaire, le désarroi du garçon, la maladie aussi, tout y est parfaitement restitué dans des illustrations lumineuses et colorées, pleines d’énergie. Il y a une effervescence et une espièglerie incroyables dans les planches dessinées par Carole MAUREL, rencontrée sur le Salon du Livre de Paris, nous avions alors échangé sur « Collaboration horizontale ».

 

Je ne connaissais pas encore le talent d’Ingrid CHABBERT. Le duo est brillant, bravo Mesdames. Votre album est un jubilé d'émotions, de tendresse et de romantisme, c’est ma #MercrediBD !

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2020-06-17T06:52:48+02:00

Noire d'Emilie PLATEAU

Publié par Tlivres
Noire d'Emilie PLATEAU
 
Ma #mercrediBD est l'occasion de revenir sur un roman graphique éclairant une page de l'Histoire et de saluer aussi Antoine (et Marie !) du Renard qui lit de Chalonnes-sur-Loire pour son judicieux conseil.
 
Avec ce roman graphique, Émilie PLATEAU vous lance une invitation au voyage.
 
Un voyage à travers le monde, destination L’Alabama aux États-Unis. Un voyage dans le temps aussi, l’histoire se passe en 1950. Un voyage sous l’angle du genre, vous êtes une femme. Voyage interculturel enfin, vous êtes noire.
 
Vous êtes maintenant prête à vous laisser conter une histoire, vraie !
 
Claudette est née en 1939, elle est élevée avec sa sœur Delphine par une grand-tante et un grand-oncle. Sa sœur meurt enfant de la polio. À 15 ans, alors que Claudette rentre de l’école, elle refuse de céder sa place à une femme blanche dans le bus. Le conducteur intervient dans le respect des règles ségrégationnistes qui sévissent. Claudette est interpellée par la police. Rosa Parks vivra la même fâcheuse aventure, c’est d'ailleurs l'histoire de cette dernière qui sera médiatisée à travers le monde alors que le premier acte de bravoure et de courage relevait d’une adolescente.
 
Avec ce roman graphique, Émile PLATEAU restaure la dignité de Claudette COLVIN. Elle assure la mémoire d’une femme qui, alors qu’elle était toute jeune, a manifesté sa rébellion à l’égard d’un régime qu’elle désavouait, d'une inégalité de traitement qui la révoltait. L'action de Claudette COLVIN est suffisamment remarquable pour que l'on en parle. Effectivement, son geste ne relevait pas d'un collectif mais bien d'une intention personnelle. 
 

Ce roman graphique est profondément militant. Il oeuvre en faveur de l'égalité des hommes et des femmes et prend, dans la reconnaissance de la cause noire, le relais de Tatia DE MONTAIGNE, auteure de l'essai : "Noire", publié en 2015 chez Grasset dans la collection "Nos héroïnes". Parce que oui, Claudette COLVIN est bien une héroïne. Après une adaptation à la scène au Centre National de Création d'Orléans en 2016, Emilie PLATEAU propose donc une version illustrée à mettre dans toutes les mains, grandes et petites.

Parce qu'il faut savoir d'où l'on vient pour savoir qui l'on est, je voudrais remercier Emilie PLATEAU de nous proposer un formidable outil pédagogique.

Il relate la grande Histoire à travers des mouvements de défense des droits des noirs, de la contre-attaque blanche. Les "Notices historiques" sont là pour vous donner toutes les clés de lecture, une pépite sur fond d'une actualité ô combien sensible.

Outre le contenu, la forme est aussi à relever.

Le graphisme est un brin naïf et saura séduire les plus jeunes, la police de caractères des bulles est très facile à décrypter, les couleurs dans les nuances de marron sont chaleureuses et attendrissantes.

Ce roman graphique est un bijou, un cadeau à offrir sans modération !

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2020-04-15T11:33:57+02:00

Mauvais genre de Chloé CRUCHAUDET

Publié par Tlivres
Mauvais genre de Chloé CRUCHAUDET

Parce que c’est le printemps et que nous sommes en confinement, mais que les idées continuent de germer pour se « culturer », le blog s’associe avec Page des Libraires, chaque jour du mois d’avril, pour mettre au devant de la scène un livre et une librairie.

Au hasard, chaque jour, sur les étagères de ma bibliothèque, je prendrai un numéro du magazine de ces dernières années (j’en ai toute une collection !) dans lequel je choisirai un livre que j’ai aimé.

Après 

le numéro 181 avec "Charlotte" de David FOENKINOS

le numéro 190 et « Chanson douce » de Leïla SLIMANI

le numéro 194 et « Nous aurons été vivants » de Laurence TARDIEU

le numéro 184 avec « Le coeur à l’aiguille » de Claire GONDOR

le numéro 197 avec "La Symphonie du Nouveau Monde" de Lenka HORNAKOVA CIVADE 

le numéro 188 et « Bénédict » de Cécile LADJALI,

le numéro 195 et « Juste après la vague » de Sandrine COLLETTE, 

le numéro 182 et "Collaboration horizontale" de NAVIE et Carole MAUREL,

le numéro 191 et "Chien-loup" de Serge JONCOUR,

le numéro 169 avec "Bérénice 34-44" d'Isabelle STIBBE,

le numéro 166 et "Profanes" de Jeanne BENAMEUR,

le numéro 196 et "Le cahier de recettes" de Jacky DURAND

le numéro 199 et "Par les routes" de Sylvain PRUDHOMME,

place au numéro 162 et « Mauvais genre » de Chloé CRUCHAUDET, ma #mercrediBd, chez Delcourt, lue et conseillée par les Librairies Contact d’Angers (j’en profite pour saluer l’équipe), Rabelais de Tours, Maupetit de Marseille et Gibert Joseph de Dijon.

Cette BD m’avait profondément touchée à sa sortie. Elle aborde les traumatismes de guerre, le genre, l’homosexualité, le travestissement, les violences conjugales… des sujets graves dans un graphisme délicat.

C’est l’œuvre d’une illustratrice dont j’apprécie particulièrement le talent. Retrouvez le portrait de Chloé CRUCHAUDET brossé dans le cadre de l’action #marsauféminin !

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2020-04-08T07:00:00+02:00

Collaboration horizontale de NAVIE et Carole MAUREL

Publié par Tlivres
Collaboration horizontale de NAVIE et Carole MAUREL

Parce que c’est le printemps et que nous sommes en confinement, mais que les idées continuent de germer pour se « culturer », le blog s’associe avec Page des Libraires, chaque jour du mois d’avril, pour mettre au devant de la scène un livre et une librairie.

Au hasard, chaque jour, sur les étagères de ma bibliothèque, je prendrai un numéro du magazine de ces dernières années (j’en ai toute une collection !) dans lequel je choisirai un livre que j’ai aimé.

Après 

le numéro 181 avec "Charlotte" de David FOENKINOS

le numéro 190 et « Chanson douce » de Leïla SLIMANI

le numéro 194 et « Nous aurons été vivants » de Laurence TARDIEU

le numéro 184 avec « Le coeur à l’aiguille » de Claire GONDOR

le numéro 197 avec "La Symphonie du Nouveau Monde" de Lenka HORNAKOVA CIVADE 

le numéro 188 et « Bénédict » de Cécile LADJALI,

le numéro 195 et « Juste après la vague » de Sandrine COLLETTE, 

place au numéro 182 et "Collaboration horizontale" de NAVIE et Carole MAUREL,

une BD présentée par Marianne KMIECIK de la Librairie Les Lisières de Roubaix, l'occasion d'un petit clin d'oeil aux librairies de La Mude de Bessines et Maupetit de Marseille.

Dans cette période de confinement, et même si nous ne savons plus vraiment quel jour on est, il y a des rituels à ne pas négliger. Aujourd'hui, donc, place à la #mercredi BD !

Celle-ci est sur les étagères de ma bibliothèque. Je l'ai achetée lors d'un salon du livre de Paris et, avec ma fille, nous avions eu la chance de rencontrer les illustratrices.

La gravité du sujet est parfaitement rendue dans le graphisme et le scénario, je vous la conseille absolument !

 

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2020-04-02T16:40:00+02:00

Le jour où elle a pris son envol de BeKa, Marko et Maëlla COSON

Publié par Tlivres
Le jour où elle a pris son envol de BeKa, Marko et Maëlla COSON

Une fois n'est pas coutume (confinée, je repousse les limites !), j'extrais ma #citationdujeudi d'une BD, "Le jour où elle a pris son envol" !

Cet album est absolument magnifique et donne du baume au coeur.

Il y est question de joie, de bonheur, d'émancipation, de liberté (notre plus grand rêve du moment !), de sagesse aussi... n'hésitez pas à vous y plonger ! 

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2020-03-18T18:05:12+01:00

Nymphéas noirs de CASSEGRAIN, DUVAL et BUSSI

Publié par Tlivres
Nymphéas noirs de CASSEGRAIN, DUVAL et BUSSI

Collection Aire Libre des éditions DUPUIS

Vous vous souvenez certainement du roman "Nymphéas noirs" de Michel BUSSI. Perso, je l'ai lu il y a très longtemps maintenant, je n'en ai d'ailleurs retrouvé aucune chronique !

Frédéric DUVAL a eu la très belle idée de le scénariser et de le confier à Didier CASSEGRAIN, dessinateur, pour en faire un BD.

Le résultat est fascinant.

Direction Giverny, la cité des Impressionnistes, de Monet en particulier. Mais, c'est là aussi qu'est retrouvé mort Jérôme Morval, le crâne défoncé, une plaie en plein coeur et le corps plongé dans l'eau. Commence alors une enquête policière, confiée à l'Inspecteur Laurenc Sérénac, pour découvrir l'auteur du meurtre. 

On navigue entre les enfants, cette petite Fanette, passionnée de dessin, en lice pour le concours de la Fondation Robinson, et ses amoureux. 

Nymphéas noirs de CASSEGRAIN, DUVAL et BUSSI

Et puis, il y la personnage de la maîtresse d'école qui va semer la confusion... des sentiments.

Enfin, vous retrouverez avec plaisir la vieille dame, celle qui voit tout et menace de nouvelles victimes...

Nymphéas noirs de CASSEGRAIN, DUVAL et BUSSI

Cet album est très réussi, les couleurs sont agréables, le graphisme plaisant et l'intrigue parfaitement reconstituée. 

Il fait d'ailleurs partie de la sélection du Prix Cezam 2020.

 

 

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2020-03-11T18:34:15+01:00

Cent mille journées de prières de Loo Hui Phang et Mickaël Sterckeman

Publié par Tlivres
Cent mille journées de prières de Loo Hui Phang et Mickaël Sterckeman

Ma #mercrediBD est un album qui assure la mémoire des exactions des Khmers rouges dont Douch, Directeur du centre de torture S-21 a piloté l’exécution de 16000 à 20000 personnes. Les faits remontent aux années 1976-1979. La famille de Loo Hui Phang a elle-même été touchée. C’est en découvrant un jour ce secret très bien gardé que Loo Hui Phang a eu envie d’en faire une BD.

Louis est un jeune garçon élevé par sa mère dans les années 1980. Ils habitent en France, dans le Nord. L’enfant de huit ans passe de nombreuses heures seul. Sa mère lui offre un canari pour le distraire. L’oiseau va l’accompagner dans ses questionnements personnels. 

Cent mille journées de prières de Loo Hui Phang et Mickaël Sterckeman

L’enfant a beau interroger sa mère, elle reste muette sur le destin de son père. Louis est torturé par cette absence, le jour, la nuit.

Les teintes grisées, noires et blanches des illustrations, plantent rapidement le décor d’une histoire profondément grave. Le lecteur mesure bien l’état psychique dans lequel s’enferme le jeune garçon. Les textes sont succincts, ils suffisent à mesurer le poids qui pèse sur les épaules de Louis.

Cent mille journées de prières de Loo Hui Phang et Mickaël Sterckeman

Et puis, un jour, rendez-vous est pris avec une famille, dont les origines laissent à penser que le mystère sera bientôt élucidé...

Cent mille journées de prières de Loo Hui Phang et Mickaël Sterckeman

Il ne s’agit que du tome 1. À bientôt pour découvrir la suite de l’histoire...

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2020-03-08T07:00:00+01:00

Le problème avec les femmes de Jacky FLEMING

Publié par Tlivres
Le problème avec les femmes de Jacky FLEMING

Il y a plusieurs manières d'honorer les femmes, le 8 mars en particulier.

Personnellement, j'ai choisi le registre de l'humour.

J'ai découvert avec ma fille "Le problème avec les femmes" de Jacky FLEMING, traduit de l'anglais par Nora BOUAZZOUNI, publié aux éditions Dargaud

C'est un petit jubilé d'illustrations, accompagnées de quelques textes, pour expliquer, finalement, pourquoi des femmes remarquables se sont retrouvées confinées dans la "Poubelle de l'Histoire".

Il suffit de regarder la taille de leur cerveau !

à moins que ça ne soit à cause de leur robe...

 

 

Vous comprendrez mieux ainsi pourquoi les femmes étaient condamnées à rester à la maison.

Cette compilation d'illustrations permet de prendre une certaine distance avec les propos d'hommes de pouvoir considérés alors comme des génies. Ce cher Darwin, comme Freud, Jean-Jacques ROUSSEAU, SCHOPENHAUER, Henry MAUDSLEY... sont ridiculisés.

Jacky FLEMING réussit ainsi à honorer des femmes comme Annie OAKLEY, Gabrielle Emilie LE TONNELIER DE BRETEUIL, James Miranda STUART BARRY, Eliza GRIER, Sarah FORBES BONETTA, Nan ASPINWALL, Hildegarde DE BINGEN, Anne Marie DE SCHURMAN, Phillis WHEATLEY, Marianne NORTH, Mary BALL, Emmy NOETHER, Louise Augustine GLEIZES, Margaret BULKLEY.

Elle permet que justice soit faite !

"Le problème avec les femmes" est drôle, plein d'ironie, mais que c'est bon.

Bien sûr, vous l'aurez compris, ce petit album est à mettre dans toutes les mains à une condition toutefois, préciser qu'il s'agit du 2ème degré !!!

Messieurs, âmes sensibles, s'abstenir !

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2020-03-04T07:38:41+01:00

L’adoption - La Garúa de ZIDROU et Arno MONIN

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L’adoption - La Garúa de ZIDROU et Arno MONIN
 
Ma #mercrediBD est le tome 2 de « L’adoption ».
 
La semaine dernière, je vous racontais l’histoire de cette petite péruvienne, Qinaya, arrivée en France suite au terrible séisme qui avait frappé son pays en 2001, adoptée par un couple de quadras français, et qui avait fait découvrir à Gabriel la grand-paternité. L’histoire ne tenait pas, en fait, Qinaya avait fait l’objet d’un rapt. Elle est donc repartie dans son pays, escortée par les services de Police. 18 mois après, Gabriel prend l’avion sur les traces de cette petite-fille, éphémère.
 
J’ai beaucoup aimé cet album. J’avoue que le personnage de Gabriel me fascine. Il y a dans ce grand-père un côté très attachant. Tout en pudeur mais profondément humain, il décide de surmonter son chagrin, non pas comme sa femme, en se recroquevillant sur lui-même, mais en s’ouvrant sur le monde. Il n’y a pas d’âge pour un parcours initiatique. Là, Gabriel découvre un autre pays, une autre terre, un autre climat, une autre culture, et puis, une petite fille qui a grandi. Et si ce voyage lui permettait de mieux apprécier les siens, à commencer par son fils qui croupit en prison depuis son jugement pour enlèvement...


Parce que je suis un vieil imbécile qui croit encore Aux contes de fées, alors que la vie se comporte plus souvent qu’à son tour comme une méchante sorcière.

Cette BD, elle m’a beaucoup plu aussi pour le graphisme, les couleurs. Je prends goût au binôme ZIDROU/Arno MONIN. Je trouve que leur collaboration est tout fait pertinente et que la qualité du rendu est remarquable.
 
 
Et puis, j’avoue qu’elle m’a rappelé de très beaux souvenirs, ceux de deux voyages au Pérou, avec notamment l’atmosphère de la Garúa, cette bruine permanente sur les côtes de Lima, cette ambiance nuageuse qui est le fruit du contact de l’humidité de l’océan avec la chaleur des terres de la capitale.
 

Mais, ne vous y méprenez pas, la canicule d’Arequipa y est aussi parfaitement restituée !

Bref, ce tome 2 est tout aussi séduisant que le premier. Gabriel gagne vraiment à être connu !

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2020-02-26T13:27:14+01:00

L’adoption - Qinaya de ZIDROU et Arno MONIN

Publié par Tlivres
L’adoption - Qinaya de ZIDROU et Arno MONIN
 
Ma #mercrediBD est un album profondément attendrissant. Son titre "L'adoption, Qinaya". C'est l'oeuvre de ZIDROU et Arno MONIN.
 
Qinaya est une enfant péruvienne de 4 ans, adoptée par un couple de Français suite au séisme de magnitude 8.4 sur l'échelle de Richter et qui, en 2001,a touché plus de 35 000 personnes dans la région d'Arequipa, dont 75 mortellement. Commence alors une nouvelle vie pour toute la famille, en particulier Gabriel qui va faire l'apprentissage de la grand-paternité.
 

Cet album, je dois bien l'avouer, m'a saisie dès la première page. Arequipa, c'est une ville que nous avons eu la chance de visiter en 2017, une ville absolument magnifique avec des points de vue sur le volcan Misti, juste magiques.

Bref, tout commence avec l'arrivée de l'enfant en France et son adoption par une famille que l'on pourrait qualifier d'ordinaire, ça pourrait être vous, ça pourrait être moi. Quoi de plus naturel quand vous n'avez pas la chance de pouvoir procréer que de vous orienter vers l'adoption, notamment d'enfants venus de l'étranger, des enfants marqués par un terrible destin. Je ne saurais ce qui a inspiré ZIDROU, scénariste, l'adoption d'enfants péruviens restant très à la marge des grands mouvements d'adoption internationaux, notamment d'Asie, mais toujours est-il que j'y ai cru.
 
L'originalité de cette BD, il faut bien le dire, réside dans l'angle d'approche, celui du grand-père. Un homme retraité, qui a été boucher plus de 50 ans, qui s'est peu occupé de ses enfants, et qui se retrouve confronté à cette petite fille qui vient bouleverser son quotidien. Gabriel aime cultiver son jardin et passer du bon temps avec ses copains, les Gégés, avec lesquels il s'offre de belles bosses de rire.
 

Avec l'arrivée de Qinaya, non seulement les habitudes changent, mais aussi le comportement de son épouse qui, elle, dès les premières heures, s'attendrit sur le sort de la petite péruvienne. Pour Gabriel, "L'adoption" est plus lente mais ô combien chaleureuse et attendrissante. Le graphisme restitue parfaitement la pudeur du vieil homme, un rapport au corps que l'enfant va venir chambouler, celui des sentiments aussi.


L'amour ne se vole pas. L'amour ne s'achète pas. L'amour se mérite.

Le scénario tel qu'imaginé par ZIDROU de cette génération d'hommes (peut-être son père) qui ont consacré leur vie au travail pendant que leurs épouses la maison, assuraient les tâches ménagères et, surtout, l'éducation des enfants, et qui, avec les petits-enfants doivent apprendre à s'amuser, s'attendrir, s'émouvoir, bref, laisser leurs sentiments s'exprimer, dur métier quand on ne l'a jamais fait et que votre propre éducation vous a formaté à être un mâle, le sexe fort, un chef de famille, quoi !
 

Si je ne connaissais pas le travail de ZIDROU, je ne connaissais pas plus celui d'Arno MONIN, son cadet d'une vingtaine d'années, dessinateur et illustrateur, qui a parfaitement rendu l'ambiance d'une famille aimante autour de cette enfant venue d'ailleurs. Les dessins sont tout en rondeur, les couleurs chaleureuses, on entre avec plaisir dans cette maison avec jardin, on en mesure toute la sensibilité aussi. 

J'ai eu le coeur gros en refermant cet album, mais là commence une nouvelle histoire. Et oui, il y a un tome 2. Rendez-vous la semaine prochaine.  
L’adoption - Qinaya de ZIDROU et Arno MONIN

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2019-04-03T17:23:23+02:00

Noire d'Emilie PLATEAU

Publié par Tlivres
Noire d'Emilie PLATEAU
 
Ou « La vie méconnue de Claudette COLVIN »
d’après Tania de MONTAIGNE
 
Aujourd’hui, place à la #mercrediBD. J’avoue ne pas être fidèle de cette rubrique et pourtant... régulièrement je tombe sous le charme !
 
Là, coup de ❤️, vous avez reconnu le timbre signé Nicolas PICHON !
 
Merci à Antoine du Renard qui lit de Chalonnes-sur-Loire pour ses conseils.
 
Avec ce roman graphique, Émilie PLATEAU vous lance une invitation au voyage.
 
Un voyage à travers le monde, destination L’Alabama aux États-Unis. Un voyage dans le temps aussi, l’histoire se passe en 1950. Un voyage sous l’angle du genre, vous êtes une femme. Voyage interculturel enfin, vous êtes noire.
 
Vous êtes maintenant prête à vous laisser conter une histoire, vraie !
 
Claudette est née en 1939, elle est élevée avec sa sœur Delphine par une grand-tante et un grand-oncle. Sa sœur meurt enfant de la polio. À 15 ans, alors que Claudette rentre de l’école, elle refuse de céder sa place à une femme blanche dans le bus. Le conducteur intervient dans le respect des règles ségrégationnistes qui sévissent. Claudette est interpellée par la police. Rosa Parks vivra la même fâcheuse aventure, c’est d'ailleurs l'histoire de cette dernière qui sera médiatisée à travers le monde alors que le premier acte de bravoure et de courage relevait d’une adolescente.
 
Avec ce roman graphique, Émile PLATEAU restaure la dignité de Claudette COLVIN. Elle assure la mémoire d’une femme qui, alors qu’elle était toute jeune, a manifesté sa rébellion à l’égard d’un régime qu’elle désavouait, d'une inégalité de traitement qui la révoltait. L'action de Claudette COLVIN est suffisamment remarquable pour que l'on en parle. Effectivement, son geste ne relevait pas d'un collectif mais bien d'une intention personnelle. Chapeau !
Noire d'Emilie PLATEAU

Ce roman graphique est profondément militant. Il oeuvre en faveur de l'égalité des hommes et des femmes et prend, dans la reconnaissance de la cause noire, le relais de Tatia DE MONTAIGNE, auteure de l'essai : "Noire", publié en 2015 chez Grasset dans la collection "Nos héroïnes". Parce que oui, Claudette COLVIN est bien une héroïne. Après une adaptation à la scène au Centre National de Création d'Orléans en 2016, Emilie PLATEAU propose donc une version illustrée à mettre dans toutes les mains, grandes et petites.

Parce qu'il faut savoir d'où l'on vient pour savoir qui l'on est, je voudrais remercier Emilie PLATEAU de nous proposer un formidable outil pédagogique.

Il relate la grande Histoire à travers des mouvements de défense des droits des noirs, de la contre-attaque blanche. Les "Notices historiques" sont là pour vous donner toutes les clés de lecture !

Vous n'aurez bientôt plus aucune excuse de parler de l'action de Claudette COLVIN et des grands mouvements révolutionnaires noir-américains. Au lendemain de l'ouverture de la 17ème édition du Festival Cinémas d'Afrique à Angers et à la veille de l'anniversaire de la mort de Martin LUTHER KING, c'était il y a 51 ans, avouons que cette découverte tombe à point nommé !

Outre le contenu, la forme est aussi à relever.

Le graphisme est un brin naïf et saura séduire les plus jeunes, la police de caractères des bulles est très facile à décrypter, les couleurs dans les nuances de marron sont chaleureuses et attendrissantes.

Ce roman graphique est un bijou, un cadeau à offrir sans modération !

 

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2018-03-07T07:42:54+01:00

Ida de Chloé CRUCHAUDET

Publié par Tlivres
Ida de Chloé CRUCHAUDET

Ma #MercrediBD, c'est "Ida" de Chloé CRUCHAUDET publiée chez Delcourt.

Cette scénariste et illustratrice, je l'avais découverte avec "Mauvais genre", un album qui avait été couronné de nombreux prix : Prix du public Cultura du Festival d’Angoulême, Grand Prix de la Critique ACBD, prix du magazine Lire de la Meilleure bande dessinée et le prix Landernau BD.


"Ida", c'est une trilogie :
- Grandeur et humiliation,
- Candeur et abomination, 
- Stupeur et révélation.


Le scénario est construit autour du parcours initiatique d'une jeune fille, Ida Von Erkentrud qui vit à Bâle en Suisse dans un milieu favorisé. Ida souffre d'un mal que les médecins n'arrivent pas à soigner, l'idée germe alors d'un voyage autour du monde. Son itinéraire est ponctué de rencontres, de découvertes... quand l'Autre offre la voie de la guérison.


Le graphisme est somptueux, un brin féerique, empreint de poésie et ô combien raffiné, une petite merveille !

Ida de Chloé CRUCHAUDET

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2018-02-28T20:54:23+01:00

Les crocodiles de Thomas MATHIEU

Publié par Tlivres
Les crocodiles de Thomas MATHIEU

Editions Le Lombard
 

Aujourd’hui est un jour un peu particulier. Nous sommes le 28 février 2018, une centaine de femmes du cinéma français appelle aux dons pour soutenir les associations investies en faveur des victimes d’agressions sexuelles et de viols. C’est aussi aujourd’hui qu’est rendu public un rapport remis au Gouvernement par cinq parlementaires proposant une amende pour « outrage sexiste et sexuel ».


Les médias se déchaînent régulièrement sur des affaires. Une tribune publiée dans le Journal Le Monde il y a un peu plus d’un mois a généré une polémique entre passionné(e)s.


Certes, il y a encore à travailler à la libération de la parole des femmes, mais aujourd’hui est venu le temps de définir un cadre juridique pour envisager des sanctions en cas de non-respect.
L’#HDR ou harcèlement de rue est régulièrement évoqué. Mais de quoi s’agit-il vraiment ? Plus encore, qu’est-ce que le sexisme ordinaire ?

Les crocodiles de Thomas MATHIEU

Et bien, il y a quelques années, Thomas MATHIEU s’est posé la question. Pour y répondre, il a lancé sur internet le Projet crocodiles. Sa vocation : collecter des témoignages dans la perspective de les dessiner. Quelle idée lumineuse il a eu ! Ainsi est née une BD : « Les crocodiles ».


Thomas MATHIEU a pris le parti de représenter les hommes sous les traits de crocodiles. Il souhaite ainsi mettre le doigt sur un problème qu’il juge de société.


Outre des saynètes de la vie quotidienne qui permettent d’illustrer les faits et d’en mesurer les effets sur les individus, en l’occurrence, les femmes, Thomas MATHIEU donne la parole à 4 personnes en postface : Lauren PLUME, Irène ZEILINGER impliquée de longue date dans la lutte contre les violences faites aux femmes, Anne-Charlotte HUSSON et enfin le collectif Stop harcèlement de rue. Son propos est participatif et mérite, ne serait-ce qu’à ce titre, d’être remarqué !


Cette BD est un véritable outil pédagogique. Objectif de l’auteur atteint !


Il donne effectivement à voir la diversité des situations en prenant le soin d’aborder tant l’intimité privée que l’espace public, et force est de constater qu’elles sont nombreuses. Certaines planches résonnent plus avec nos propres réalités et viennent ainsi nous questionner sur notre degré de jugement. A partir de quand et dans quelles conditions est-ce que je me sens agressée ? Qu’est-ce qui relève de l’acceptable et qu’est-ce qui ne l’est pas ?
 

Les crocodiles de Thomas MATHIEU

Thomas MATHIEU va encore plus loin en offrant un panel de comportements en réponse, élargissant ainsi le champ des possibles. Alors que la pudeur et la honte pourraient pousser certaines femmes à s’isoler et à se taire, l’illustrateur représente des femmes qui s’indignent, se révoltent, mettent des mots sur des faits, des émotions, des sentiments, et s’affirment en tant que femme. Je crois fondamentalement en la prévention et à ce titre, il me semble que cet album soit précieux pour la dimension éducative qu’il revêt. Pour permettre une évolution culturelle de notre société, il y a certainement mille et une manières d’agir mais celle de savoir de quoi on parle me paraît être un préalable.
 

Les crocodiles de Thomas MATHIEU

Avec cet album, Thomas MATHIEU nous offre la possibilité de poursuivre le débat sur un sujet sensible qui demande à être dépassionné.


Bien sûr, le graphisme est en harmonie avec le sujet, le coup de crayon noir est agressif et violent comme le sont les scènes abordées. Pour certains, il peut paraître désagréable, pour moi, il est nécessaire. S’agissant de la couleur accordée exclusivement aux crocodiles, le procédé est audacieux mais contribue largement à la prise de conscience du phénomène. Ne nous voilons pas le face, le sujet est grave et la menace omniprésente.


Je crois toutefois que nous vivons actuellement une formidable étape en matière de féminisme, de celles qui permettent de penser qu’un jour, hommes et femmes seront véritablement égaux.
 

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2018-02-21T07:00:00+01:00

La légèreté de Catherine MEURISSE

Publié par Tlivres

 

Dargaud éditions
 

Il y a des BD que l'on choisit pour leur graphisme, d'autres pour leur titre ou leur 1ère de couverture, d'autres encore pour les illustrateurs et/ou la maison d'édition, d'autres enfin pour le message qu'elles véhiculent.


Cet album, je l'ai choisi (une fois n'est pas coutume) en mon âme et conscience.
Catherine MEURISSE, la scénariste et illustratrice, faisait partie de l'équipe de Charlie Hebdo. Dessinatrice de presse, elle est l'une des rescapés des attentats du 7 janvier 2015. Une panne de réveil pour le meilleur... ou pour le pire. Dans cette tragédie, elle a perdu des collègues mais aussi des amis, des compères avec lesquels elle partageait un état d'esprit, la LIBERTE.

Cette BD qui évoque la perte d’êtres chers donne réserve à l'être endeuillé un tout petit format, montrant ainsi sa difficulté à occuper une place dans un environnement social, urbain... qui paraît surdimensionné. Ces images témoignent de l'incapacité de l’individu à y prendre prise, un peu comme une marionnette dont subitement une partie des fils auraient été coupés, ceux-là mêmes qui assuraient le lien au monde.


Ce qui m’y a fait d’autant plus penser, c’est que le corps tout entier, avachi, avec des épaules basses, porte les traces des événements.


Et puis, c’est aussi l’effroyable solitude qui m’a profondément marquée. Il y a cette femme, et si peu d’humains autour. Il faut dire que Catherine Meurisse dévoile une histoire d’amour compliquée, elle est la maîtresse d’un homme marié avec enfants qui renonce à quitter sa femme pour vivre pleinement cette relation. 


Elle se retrouve seule pour surmonter un traumatisme incommensurable qui, de surcroît, va mobiliser les foules. Il y a quelque chose de profondément troublant dans le paradoxe de la situation. La société française et étrangère s'est accaparée ces assassinats pour en faire un drame collectif. Il suffit de regarder les Chefs d'Etats réunis le dimanche suivant et tous ces citoyens, anonymes, dans les rues des grandes villes de France pour témoigner de leur colère. Mais Catherine MEURISSE, elle, vivait une relation professionnelle, intime, avec celles et ceux qui sont tombé(e)s sous les balles des terroristes, en rupture totale avec l'image publique des victimes. 


C’est à ce raccordement que la personne touchée dans son âme et son corps va devoir « travailler » pour progressivement reprendre pied dans une réalité quotidienne. Catherine Meurisse s’appuie sur des êtres en tout peut nombre, ses parents, des amis qui lentement vont lui offrir un soutien individualisé.

 
Le chemin est long et semble presque irréalisable tellement le vide est béant, d'autant plus qu'il n'y a pas de mots pour qualifier l'ignominie de tels actes.

 

Alors que les événements se succèdent et se ressemblent malheureusement, à l'image de ceux du Bataclan le 13 novembre de la même année, cette femme tente, tant bien que mal, de vivre, ou plutôt de survivre. 

 

Pour Catherine MEURISSE, qui vit un drame intime, singulier, profond, intérieur, l'instinct de survie repose sur la beauté. Elle en fait sa quête personnelle, quotidienne. Elle va se mettre à rêver du "syndrome de Stendhal".

Vous savez de quoi il s'agit ? Un jour, alors que Stendhal voyageait en Italie, il s'est évanoui. La cause de son tourment, l'excès de beauté. Il avait été sublimé par le ravissement des oeuvres d'art qui s'offraient à ses yeux.

 

Elle a perdu la mémoire, elle cherche la guérison. Elle a connu le chaos, elle cherche la beauté. C'est terriblement fort.

Catherine MEURISSE empreinte le chemin de la résilience. Elle est accueillie à Rome, un mois, à la Villa Médicis, lieu de création artistique par excellence, protégée par des jardins, des murs d'enceinte, tenue à distance de la vie en société, des agressions de l'environnement.
 

 

Cet album, j'avais très envie de le découvrir même s'il est toujours délicat d'entrer dans l'intimité d'un homme ou d'une femme qui a vécu l'innommable. 


Il y a quelques temps, j'avais lu "Catharsis" de Luz. J'avais été profondément émue par Ginette et par la re-naissance de l'humoriste par la voie du dessin. Retrouver sa capacité à tenir un crayon et à tracer un trait avait permis à Luz de se dire qu'un grand pas venait d'être franchi et qu'il allait pouvoir envisager un avenir. Pour Catherine MEURISSE, les choses sont plus complexes, moins linéaires. Il suffit de regarder le panel de couleurs pour se rendre compte que les humeurs sont instables, qu'il y a des élans de sérénité et des bouffées de colère sourde, les planches se suivent et ne se ressemblent pas. 


La calligraphie elle-même témoigne de l'état dans lequel est plongée l'auteure de l'album, tantôt ronde et fluide, tantôt hachée, saccadée.


J'ai beaucoup aimé ces planches qui, dans une très grande sobriété, expriment l'essentiel, les valeurs refuges de l'être humain...

 

J'ai adoré la dernière (que je ne vous dévoilerai pas bien sûr !) mais qui est une vraie leçon de vie, de celles qu'il convient de garder en mémoire pour continuer d'avancer.

Le sujet est grave bien sûr, mais la manière de le traiter est tout à fait exceptionnelle.

Chapeau Madame MEURISSE, que votre vie soit belle, elle sera légère, c'est tout ce que je peux vous souhaiter.

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2018-02-14T07:33:38+01:00

Le jour où elle a pris son envol de BeKa, Marko et Maëlla COSON

Publié par Tlivres
Le jour où elle a pris son envol de BeKa, Marko et Maëlla COSON

Bamboo éditions 
 

Il y a des semaines qui sont sous le signe du bien-être, de l’optimisme, la vie est belle quoi !


J’ai commencé avec « La petite châtelaine » de Camille Claudel et me suis rendue compte que vous  étiez, vous aussi, très sensibles. J’ai poursuivi avec un feel good book : « L’Attrape-souci » de Catherine FAYE, un premier roman qui vient tout juste d’entrer dans la sélection des 68 Premières fois. Il ne manquait plus qu’une BD dans le genre et le hasard me l’a mise dans les mains.


Vous connaissez maintenant ma façon singulière de choisir les BD... celle-là était bien en vue, au rayon « Nouveauté », je ne pouvais pas passer à côté ! Et c’était une sacrée bonne idée que de la sélectionner.


« Le jour où elle a décidé de prendre son envol » présente Clémentine, une jeune femme, plutôt dans une phase prometteuse côté travail mais qui cherche un sens à sa vie. Elle commence par mettre son petit ami à la porte, lui qui passe ses journées au lit ou à jouer. Mais elle va aller plus loin. L’idée va lui prendre d’aller voir un vieil ami, Antoine, qui pourra sûrement la mettre sur la voie. En réalité, ce n’est pas Antoine qu’elle va rencontrer mais un certain Simon. Antoine réalise l’un de ses rêves, il lui a laissé la maison, Simon a pris la relève de sa sage-épicerie et passe son temps à faire des expériences, il travaille loin de la foule. C’est lui qui va aider Clémentine à prendre son destin en main, elle va s’envoler pour Berlin, puis les îles Lofoten en Norvège... et va se retrouver à faire le tour du monde, au gré de rencontres qui vont lui ouvrir un miraculeux champ des possibles.

Le jour où elle a pris son envol de BeKa, Marko et Maëlla COSON

Cette BD est particulièrement belle du fait du message qu’elle véhicule. Éminemment philosophique, le propos porte sur la quête du bonheur, un désir universel (qui ne court pas après ?) et offre une version très enthousiasmante. Si on le trouvait dans les relations humaines...

Le jour où elle a pris son envol de BeKa, Marko et Maëlla COSON

À chacun de construire le sien notamment en transigeant les limites, en s’émancipant de tout ce qui peut brider notre imaginaire, en allant jusqu’au bout de ses rêves. Une bien belle manière de voir la vie, c’est une pensée positive, de celles qui permettent de s’épanouir et se développer personnellement. Elle nous emmène sur le chemin de la sagesse.

Le jour où elle a pris son envol de BeKa, Marko et Maëlla COSON

Cette BD est aussi très jolie à regarder, le graphisme est fin et subtil, les traits des visages et les émotions y sont délicatement représentés, les couleurs sont lumineuses.


Cette BD, enfin, fait la part belle aux livres, et là, vous comprendrez que j’ai succombé !

Le jour où elle a pris son envol de BeKa, Marko et Maëlla COSON

D’ailleurs, je crois que je vais replonger. Il s’agit du tome 2. Vous, vous avez lu « Le jour où le bus est parti sans elle » ? 
 

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2018-01-31T07:00:00+01:00

La différence invisible de Mademoiselle Caroline et Julie Dachez

Publié par Tlivres
La différence invisible de Mademoiselle Caroline et Julie Dachez

Editions Delcourt Mirages


Cette BD, ça faisait bien longtemps que je voulais vous la présenter et puis voilà... d'autres étaient passées devant ! A l'image de Marguerite, cette jeune femme de 27 ans, de celles qui se cacheraient dans un trou de souris si elles le pouvaient. Les sens de Marguerite sont sur développées, générant chez elle une hypersensibilité au bruit, aux odeurs, aux mouvements... Angoissée à l'extrême, Marguerite souffre très vite de la relation aux autres, qu'il s'agisse de l'environnement familial ou professionnel (imaginez un peu la souffrance de Marguerite dans un openspace, c'est pourtant ce qu'elle a à supporter chaque jour !). Pour manger, c'est aussi toute une histoire, Marguerite suit un régime alimentaire imposé par son corps. Tout est source d'exclusion. Son compagnon le lui reproche. Ses amies aussi. Alors quand un jour elle découvre que ses comportements pourraient être liés au syndrome d'Asperger, elle revit, elle retrouve le goût à la vie, elle fait le tri dans ses relations pour ne plus retenir que celles qui la comprennent, c'est une révélation !

 

Cette BD, c'est son titre qui m'a attirée. Le sujet de la différence m'a toujours interpellée, et je crois bien qu'il va encore grandissant avec l'âge, à moins que ça ne soit lié à notre société et à ce qu'elle me renvoie.

 

Alors même que chacun(e) est différent(e) des autres et qu'on est tous et toutes l'handicapé(e) d'un(e) autre, je comprends tout à fait le désarroi de Marguerite devant ce qui pourrait relever de la normalité.

 

Mademoiselle Caroline et Julie Dachez brossent un tableau satirique du monde professionnel, à commencer par la référence au dresscode, cette volonté grandissante de voir les salariés habillés tous de la même manière, soit par la voie d'un uniforme, soit par celle des accessoires clés. La BD interroge sur l'intrusion de cette nouvelle exigence. En quoi porter tel ou tel vêtement ou accessoire réduirait ou développerait les compétences au service de l'entreprise ? A moins que l'objectif ne soit autre et qu'il s'agisse finalement, par ce port-là, d'adhérer à l'image de la société et d'en devenir l'ambassadeur !

La différence invisible de Mademoiselle Caroline et Julie Dachez

Julie Dachez aborde aussi le sujet récemment  traité par Alain Kokor dans "Supplément d'âme", celui de la volonté et de la nécessité de chacun(e) de s'isoler pour se ressourcer

Dans "La différence invisible" comme dans "Supplément d'âme", le personnage principal choisit le moment du déjeuner pour s'offrir une pause loin des autres. Or, ce comportement est aujourd'hui suspect, voire punissable. Non seulement, vous devez être un(e) salarié(e) compétent(e), mais encore faut-il être intégré(e) socialement dans l'entreprise et le moment du déjeuner, qui incarne la convivialité par excellence, devient éminemment stratégique. Pour Marguerite, chaque midi devient une réel supplice.

La différence invisible de Mademoiselle Caroline et Julie Dachez

Personnellement, j'ai été profondément touchée par la présence du rouge dans les premières pages de l'album, cette couleur qui évoque, pour moi, le sang, la douleur, la souffrance. Dans la circulation routière, c'est aussi la couleur des panneaux de signalisation pour informer les usagers d'un danger. C'est enfin la couleur qu'utilisaient nos enseignants pour corriger nos erreurs quand nous étions scolarisés. Pour peu que la note soit basse, l'annotation devenait une véritable agression. Cette couleur est ingénieusement choisie pour caractériser l'oppression que vit Marguerite au quotidien et j'y ai été singulièrement sensible.

J'ai beaucoup apprécié le graphisme de cette BD avec des contours noirs, très précis, sur du papier brillant, avec des nuances monochromes (noir, gris...) en début d'ouvrage et puis l'arrivée progressive de jolies couleurs (rose, vert...).

La différence invisible de Mademoiselle Caroline et Julie Dachez

Ce roman graphique met en lumière la nécessité de pairs pour restaurer l'estime de soi, un climat de confiance. Il y a comme un vent d'allégresse qui souffle sur l'existence de Marguerite quand elle découvre qu'elle n'est pas seule à vivre cette situation. Un réseau d'échanges et de savoirs se met rapidement en place avec des bienfaits incontestables.
 

La différence invisible de Mademoiselle Caroline et Julie Dachez

Cette BD est aussi un formidable outil pédagogique pour celles et ceux qui sont confronté(e)s de près ou de loin au syndrome d'Asperger reconnu aujourd'hui nationalement. La journée du 18 février lui est d'ailleurs dédié. Pouvoir mettre des mots sur des émotions est, à n'en pas douter, le premier pas vers l'acceptation de soi. C'est d'ailleurs ce que montre très bien le scénario de ce roman graphique qui, pour celles et ceux qui voudront aller encore plus loin, pourront terminer par un kézako sur le sujet.

 

Tout est conçu pour faciliter la compréhension, à l'image de ces ponctuations données par des phrases qui pourraient être prononcées par un observateur, un oeil extérieur, pour décrire ce que vit le personnage principal et replacer l'histoire dans son contexte.

 

En parcourant cette BD, je n'ai pas pu m'empêcher de penser au livre de Gilles Marchand "Un funambule sur le sable" et plus précisément à Stradi né avec un violon dans la tête. Bien sûr, dans ce roman, le personnage est créé de toute pièce par l'imagination de l'écrivain, mais il représente à la perfection cette différence intérieure que connaît Marguerite, une différence qui ne se repère pas au premier coup d'oeil, une différence qui peine à dire son nom mais qui pourtant conditionne la vie de celles et ceux qui en sont marqué(e)s.

 

C'est une BD très didactique que l'on devrait mettre dans toutes les mains. Je suis sûre que petits et grands auraient beaucoup à apprendre de l'itinéraire de Marguerite tant pour celles et ceux qui souffrent au quotidien d'une différence que pour celles et ceux qui regardent les autres comme s'ils étaient différents. Différents par rapport à quoi ? C'est peut‐être la question qu'il est urgent de se poser !

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2018-01-24T07:00:00+01:00

Supplément d'âme d'Alain KOKOR

Publié par Tlivres
Supplément d'âme d'Alain KOKOR

Editions Futuropolis
 

Vous connaissez désormais ma technique lorsque je vais à la bibliothèque au rayon BD.

Je déambule, je regarde celles qui sont en façade, je n'ai aucune prétention et me laisse séduire de façon totalement aléatoire.

C'est ainsi que j'ai découvert "Prévert, inventeur" de Christian CAILLEAUX et Hervé BOURHIS, un très bon choix. C'est aussi de cette manière que j'ai mis la main sur un très joli roman graphique : "Supplément d'âme".

La couleur sepia de la couverture, cet oiseau assis sur le parapet, regardant au loin alors qu'une foule s'agglutine à l'arrière plan, m'ont interpellée et j'ai bien fait.


Dès l'ouverture de l'album, je mesure la sensibilité de l'illustrateur, Alain KOKOR. Cette BD est en réalité dédiée à sa mère, Noëlla, décédée en 2011. Il évoque les belles âmes rencontrées et qu'il a envie de remercier pour leur soutien :


Vraiment cette liste serait très grande et à l'imaginer, très colorée par toutes les sonorités des noms rencontrés pendant ce voyage.

L'histoire se passe à Dublin. Un homme, récemment recruté, prend ses repères. Il aime, sur le temps du déjeuner, s'isoler, partir se ressourcer au bord du quai, regarder l'horizon. Tous l'observent, écrivent leur scénario d'un film dont ils n'ont pas la maîtrise. Certains l'imaginent muet, d'autres écrivain. Willie, artiste, le voit homme-oiseau. Chacun, consciemment ou non, se règle finalement sur ses horaires alors quand il disparaît... là commence une nouvelle histoire, pour le meilleur comme pour le pire !

Supplément d'âme d'Alain KOKOR

Chacun, consciemment ou non, se règle finalement sur ses horaires alors quand il disparaît... là commence une nouvelle histoire, pour le meilleur comme pour le pire !

Ce récit est romantique à l'envi. Il suscite la tendresse, la douceur, éveille les sentiments, incite à la rêverie, la mélancolie. Avec ces nuances de marron, l'album prend une dimension chaleureuse. Le sepia rappelle les aquarelles et inspire une atmosphère sereine, bienveillante, délicate. Le côté onirique des premières pages avec ce rêve de voler ne fait que renforcer la poésie de l'album et pourtant...
 

Supplément d'âme d'Alain KOKOR

Ce roman graphique met le doigt sur un sujet de société, l'isolement, ou plutôt la solitude. Certains la subissent, d'autres en rêvent. Là, un homme qui apprécie de s'isoler devient immédiatement suspect. Il suscite les interprétations de ses congénères. Par cet acte volontaire, parfaitement assumé, cet homme devient différent, celui qui ne fait pas comme tout le monde, celui qui fuit le monde. Le scénariste et illustrateur nous interroge ainsi sur ce que l'on souhaite, nous, faire dans cette société, quelle place on souhaite y occuper. 

Cette BD va plus loin. C'est une satire des réseaux sociaux dans tout ce qu'ils ont de plus pervers, annihilant toute singularité. Alors, bien sûr, aujourd'hui, nous pensons aux réseaux de la toile avec tous ces amis virtuels. Mais depuis la nuit des temps, les hommes se sont intéressés à ce que faisaient les autres, calquant pour le plus grand nombre leurs comportements sur ceux des voisins. Le sepia une nouvelle fois prend tout son sens en donnant un côté rétro à l'album, qu'il s'agisse de l'actualité ou de faits de longue date, finalement, rien n'a changé ! Vous connaissez l'histoire rabelaisienne des moutons de Panurge, et bien Alain KOKOR nous en livre une jolie représentation.

Je suis tombée sous le charme de ce très bel album et du graphisme d'Alain KOKOR. Je pourrais bien retenir son nom. Vous en pensez quoi, vous ?
 

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