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2016-08-30T21:11:18+02:00

Treize d’Aurore BEGUE

Publié par Tlivres
Treize d’Aurore BEGUE

Ce roman fait partie de la sélection des 68 premières fois.

Il y a des lectures qui se suivent et qui se ressemblent. Regardez les couvertures, étranges, non ? Toutes les 2 de bleu vêtues, un titre à l’encre blanche, la mer comme écrin pour une jeune fille à la longue chevelure brune…

Et bien, ce ne sont pas là les seules ressemblances !

Nous sommes toujours en vacances, c’est l’été ! Partons pour la côte méditerranéenne en compagnie d’Alice, la narratrice, Marie, sa sœur aînée, et leurs parents.

Ces vacances estivales, le père, enseignant, en rêve. Depuis plusieurs mois, il ne cesse d’en parler aux filles. Il faut dire que chaque année, la famille prend la route du sud de la France pour aller se ressourcer dans la villa familiale, celle achetée par les grands-parents dans les années 1970. Chaque année, Alice retrouve sa chambre, la chambre bleue. Marie a la rouge et les parents la verte. La blanche est réservée aux invités. Mais comme chaque année, la mère d’Alice et Marie est « fébrile ». Elle redoute les départs, elle n’aime pas faire les valises, elle craint les imprévus, les choses qui ne vont pas comme elle veut. Personne ne sait encore que cette année sera la dernière !

Cette histoire, elle commence avec une affaire de tombe. La narratrice se recueille, elle témoigne de ses états d’âme, ses sensations, ses émotions. Elle se pose une question : « Comment un simple souvenir peut-il faire si mal ? »

Avec ce roman, et à travers les yeux d’Alice, nous allons vivre l’été du drame.

Alice et Marie sont alors deux jeunes filles de 13 et 15 ans. Les vacances d’été, à la mer, dans le sud, c’est la voie de la liberté. A ces âges-là, quand on est une fille, on aspire à des aventures. L’amour est au cœur de toutes les discussions et suscite les premières émotions chez des adolescentes en quête de la 1ère fois. Le jeu, c’est de séduire les garçons. Les filles se font belles, se maquillent, s’habillent de robes légères… C’est là, qu’entre sœurs, va fomenter une pointe de jalousie et de rivalité.


Ma sœur était mon modèle et ma pire ennemie. P. 17

La bataille est rude quand on est 2ème, que l’aînée a une longueur d’avance et vous traite avec dédain. A chacun ses armes, Alice va user de subterfuge pour attirer l’attention d’un homme, d’âge mûr celui-ci. Mais il y a un monde entre les adultes et les adolescents, c’est ce que va apprendre Alice.

Dans ces moments-là, on aurait bien besoin de pouvoir se reposer sur sa mère, mais pour Alice, ce n’est pas possible. Sa mère est bipolaire, tellement instable dans ses humeurs, tellement colérique parfois, qu’elle n’ose pas se confier à cet être fragile qu’un petit rien peut suffire à déstabiliser.


Tous habitués que nous étions, c’était toujours comme un mini tsunami, quelque chose qui arrivait sans que nous comprenions ce qui l’avait déclenché et auquel nous ne pouvions qu’assister, impuissants. P. 29

La relation mère-fille est totalement parasitée par la présence de la maladie. Toute la famille vit au rythme des crises de cette femme que les vacances ne suffisent pas à rassurer. On apprend assez vite le pourquoi de ses maux mais je vous laisse le découvrir au gré de la lecture.

Et puis un jour, ce qui devait arriver arriva, un drame. Là, on ne parle plus d’impuissance mais de culpabilité. La dimension des sentiments est décuplée à l’image de ce que peut éprouver Alice, torturée :


La culpabilité est pernicieuse et ne se laisse pas vraiment apprivoiser : elle ne devient jamais plus légère. Elle est toujours ce tiraillement interne, ce trou béant creusé dans le cœur, ces pensées sans fond s’entremêlant dans le cerveau. P. 61

Comment vivre avec le poids de cette tragédie ? Comment se construire soi-même ? Comment transmettre aux générations suivantes ce patrimoine familial si lourd à porter ?

C’est notamment la question que se pose Alice quand elle porte le regard sur sa propre fille. Doit-elle lui cacher ce passé si douloureux ? Pour la protéger bien sûr !


Lorsqu’elle parle, ensuite, me détaillant sa journée, comment elle a gagné contre les autres filles à la corde à sauter et pourquoi Pablo n’est plus son amoureux, je me dis qu’il y a bien un jour où il faudra que je lui explique.

Qu’elle a le droit d’être au courant, que cela fait partie de son histoire.P. 35

La lecture de « L’heure bleue » puis de « Treize » me laissent sous le choc des effets de la maladie mentale d’une mère sur ses filles, adolescentes. Comment surmonter une jeunesse bafouée et affronter sereinement sa vie d’adulte?

Je suis profondément troublée par le parcours de vie de ces jeunes filles, par ce conflit permanent entre la légèreté de l’adolescence et la violence des effets de la maladie.

Entre Alice de « Treize » et Zoé de « L’heure bleue », il y a tout l’alphabet (je viens de m’en rendre compte !) et pourtant, il semble bien que leur vie tourne autour du M, M comme Maman, M comme Maladie, M comme mentale. Un univers réduit à trois fois rien, une toute petite bulle !

2 romans très émouvants !

Treize d’Aurore BEGUE

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