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2021-01-22T08:11:55+01:00

Apeirogon Colum McCANN

Publié par Tlivres
Apeirogon Colum McCANN

Si d’aventure Nicole et Delphine envisagent en décembre prochain de relancer leur #Aventlitteraire, je pourrais cocher la case de l’O.V.N.I..

Apeirogon de Colum McCANN, traduit de l’anglais par Clément BAUDE, et édité chez Belfond, remplit toutes les conditions.

L’histoire d’abord.
 
Si vous avez déjà lu des romans sur le conflit Israélo-palestinien, peut-être ne l’avez-vous jamais abordé de cette manière.
 
Rami ELHANAN, Israélien, Juif, Dessinateur, est marié et père de 5 enfants. Sa fille, Smadar, a été tuée à l’âge de 14 ans dans un attentat suicide en 1997. Il partage la même douleur du deuil d’un enfant que Bassam ARAMIN, Palestinien, ancien prisonnier, marié, et dont Abir a été tuée à l’âge de 10 ans par une balle en caoutchouc tirée en 2007 par un garde-frontière. Alors que rien ne les destinait à oeuvrer ensemble au quotidien, l’assassinat de leurs deux filles les a mis tous les deux sur la voie d’un groupe de parole, le Cercle des parents créé en 1995 par Yitzhak FRANKENTHAL comme un prétexte à nouvel élan vers la paix


« [...] c’était la première fois que je rencontrais des Palestiniens en tant qu’êtres humains. » P. 251

J’ai été troublée par la manière de ces pères de « faire leur deuil », d’affronter leur tragédie familiale et d’en faire une opportunité de pardon entre deux peuples en guerre.

Et puis, qu’on se le dise, ces hommes, s’ils deviennent des personnages de roman sous la plume de Colum McCANN, n’en sont pas moins ancrés dans la réalité. Rami ELHANAN et Bassam ARAMIN sont des êtres comme vous et moi, des hommes, quoi !

La forme ensuite.

Ce roman pourrait bien rester sur votre table de salon pour capter votre attention, 5 minutes, 15, 30, voire plus... les chapitres vont de quelques lignes à plusieurs pages. Ils peuvent être lus d’une traite collectivement ou bien individuellement, du début vers la fin ou bien à reculons. Ils sont numérotés de 1 à 1001 comme un clin d’œil au conte oriental, Les Nuits arabes ou Les Mille et Une Nuits, traduites par Sir Richard BURTON, un explorateur du XIXè et fauconnier. Même la numérotation fait un pas de côté avec la norme, croissante jusqu’à 1001, décroissante ensuite, une façon de mettre à égalité les deux camps.

Ce roman est composé d’événements, d’images, de métaphores, de tout un tas de choses, comme autant d’invitations à s’interroger sur notre propre rapport au conflit. Personnellement je me suis arrêtée un temps sur sa résonance en Irlande avec l’opposition des Loyalistes de l’Irlande du Nord, pro-Israel, et des Républicains, pro-Palestine.

Devant les côtés EXTRAordinaires du livre, vous comprendrez que ma chronique ne respecte pas le canon habituel !

Le message enfin.

Ce roman fait de deux hommes, que la politique et la guerre ne pouvaient qu'opposer, que l'esprit de vengeance ne pouvait qu'animer, des alliés en faveur de la paix. Leur  fraternité par la non-violence est un modèle en soi, un message d'espoir pour l'humanité.

Un roman puissant.

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commentaires

K
J'attends ce livre. Je l'ai réservé à la bibliothèque !
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T
Belle lecture alors Krol
D
Tu enfonces le clou, Annie ! Il semble à tout point de vue extrêmement intéressant, ce livre.
(Et pour le calendrier, je pense donc à prévoir un item ovni ;-) )
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T
Ahahaha, c'est vrai que tu hésitais encore Delphine... maintenant, je crois qu'il faut que tu plonges. Rdv en décembre alors...

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