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2022-06-11T06:00:00+02:00

Debout dans l’eau de Zoé DERLEYN

Publié par Tlivres
Debout dans l’eau de Zoé DERLEYN
Le bal des 68 Premières fois se poursuit.

"Les envolés" d'Etienne KERN,

"Blizzard" de Marie VINGTRAS,

"Saint Jacques" de Bénédicte BELPOIS

 "Les confluents" de Anne-Lise AVRIL

"Le parfum des cendres" de Marie MANGEZ

place au premier roman de Zoé DERLEYN, « Debout dans leau » aux éditions La brune du rouergue.

Nous sommes en Belgique. La narratrice, une jeune fille de 11 et demi vit chez sa grand-mère. Elle aime l’étang qui borde la maison. Elle s’y baigne. Elle y navigue. Il lui offre la possibilité de s’extraire de la tension qui règne sous le toit familial. Sa mère l’a abandonnée quand elle avait 3 ans., et son grand-père se meurt à l’étage. Les journées sont rythmées par le passage de l’infirmière, Inge, et de la femme de ménage, Magda. Pas une pointe de fantaisie dans un quotidien plombé par des réalités tragiques.
 
Dans ce premier roman, j’ai été saisie par la scène d’entrée. Le corps de la jeune fille est figé dans leau, les jambes immobilisées dans la vase de l’étang qui, au fil des pages, devient un personnage à part entière. Si la famille donne plutôt l’impression de cohabiter dans les mêmes murs, la narratrice et l’étang ne font qu’un. Il y a une sorte d’interaction charnelle entre eux.
 
C’est aussi un roman contemplatif. Les premières lignes donnent le ton avec cette jeune fille qui reste là sans bouger à attendre que les poissons viennent l’effleurer.
 
Le rythme est lent, les personnages taiseux, la vie est terrifiante avec l’absence d’origine (le mystère de sa mère pèse sur la famille) et l’absence d’avenir (la mort imminente du grand-père). C’est un peu comme si la jeune fille était en transition, dans un hall de gare, en attendant de monter dans un train, celui de la vie.
 
J’ai aimé les convoitises de la jeune fille autour du livre que prend systématiquement sa grand-mère pour aller à l’église, un livre rouge foncé à l’écriture calligraphié, les premières lettres enluminées. C’est avec cet épisode que l’on mesure la dimension du roman initiatique.


Le livre est rangé dans le dernier tiroir de la table de nuit. […] Il m’a fallu du temps pour l’ouvrir, au hasard. Et j’ai lu. Des mots qui m’ont donné chaud. Des mots qui parlaient d’un corps adorable, de s’abandonner dans ses bras ; des demandes répétées que l’autre prenne pitié ; d’un amour débordant, excessif, supplié et suppliant. Je n’avais jamais lu ni entendu de phrases comme celles-là et je n’en ai jamais lu ou entendu ailleurs que dans ce livre. P. 35

Dans une narration à la première personne du singulier, Zoé DERLEYN nous livre un premier roman éminemment sensoriel dans lequel elle envisage une fusion du vivant. La plume, descriptive, est presque cinématographique. L'autrice avait précédemment écrit un recueil de nouvelles publié aux éditions Quatrature : "Le goût de la limace". 

Impossible de vous quitter sans quelques notes de musique. J'ai choisi le titre "Résiste" de France GALL, un texte qui correspond bien au combat que mené chaque jour.

http://tlivrestarts.over-blog.com/2022/06/resiste-de-france-gall.html

http://tlivrestarts.over-blog.com/2022/06/resiste-de-france-gall.html

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2022-06-10T08:28:45+02:00

D’audace et de liberté d’Akli TADJER

Publié par Tlivres
D’audace et de liberté d’Akli TADJER

Ma #vendredilecture, c’est le tout dernier roman de Akli TADJER, « D’audace et de liberté » aux éditions Les Escales.

 

 

Ce roman, c’est d’abord une invitation, celle de la maison d’édition à réaliser une lecture commune du livre, une lecture rythmée comme il se doit, 3, 4 chapitres maximum à la fois, une lecture cadencée, une lecture accordée avec l’histoire rocambolesque.

 

Tout commence avec les funérailles de Tante Safia, la sœur du père d’Adam Aït Amar, Algérien, kabyle, le narrateur. C’est le retour au pays, au village Bousoulem, aux sources, les parfums enivrants font resurgir les souvenirs qu’il croyait à jamais enfoui au fond de son cœur. L’amour de Zina, son amour de jeunesse, lui saute à la figure. Et puis, ll est parti à la guerre, comme son père l’avait fait, à Verdun lui. La guerre détruit tout, même l’amour. En 1942, il était à Paris. C’est là que Samuel a été raflé pendant que son autre copain, Tarik, adule le Führer. Dès lors, leurs vies à tous les trois n’auront plus la même destinée…

 

Ce roman, c’est un récit éminemment sensoriel. Les descriptions sont belles, tellement évocatrices de tout ce qui rend humain.


Aux premières lueurs du jour, Beyrouth avait retrouvé son tohu-bohu, ses couleurs d’ocre et d’argent, et ses vendeurs ambulants semant la pagaille sur le boulevard de mer pour vous vendre leurs falafels ou leurs thés à la menthe. P. 50

Ce roman, c’est une formidable fresque historique qui, à travers l’itinéraire de gens ordinaires, donne à voir des causes nationales, voire plus encore. Il concourt à la mémoire de ceux qui se sont battus pour la France, au risque d’y laisser leur peau.


On nous avait triés : les Français de souche européenne d’un côté, nous les soldats des colonies. P. 41

Ce roman, c’est aussi celui des communautés, religieuses, du pays d’origine, familiales aussi, des gens entre pairs.


C’est avec moi qu’il veut rester parce qu’il peut s’épancher sans retenue quand il a le mal du pays. Je suis le seul à pouvoir le comprendre. P. 30

Les personnages de fiction d’Adam, Zina et Elvire sont profondément marqués par des trajectoires écrites pour eux. Pour les femmes, impossible de se défaire du père, la figure de proue des navires familiaux.

 

Personnellement, j’ai particulièrement aimé le personnage de Nour, tellement inspirant.

 

L’histoire est rythmée par des nouvelles qui résonnent comme les déflagrations des bombes. La vie est loin d’être un long fleuve tranquille, le tout servi par une plume romantique. Une belle prouesse littéraire !

 

Impossible de vous quitter sans évoquer le clou de cette lecture commune, une rencontre des lectrices avec l’écrivain, Akli TADJER, un homme profondément humaniste. Un grand moment ! Merci une nouvelle fois aux éditions Les Escales qui fêtent leurs 10 ans. Bel anniversaire 🎂 

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2022-06-10T07:49:48+02:00

Fallait pas le dire ! de Salomé LELOUCH avec Evelyne BOUIX et Pierre ARDITI

Publié par Tlivres
Fallait pas le dire ! de Salomé LELOUCH avec Evelyne BOUIX et Pierre ARDITI

Les trois coups du Festival d’Anjou ont résonné dans la cour du Château du Plessis-Macé

 

C’est parti pour l’édition 2022.

 

Première pièce et pas des moindres, « Fallait pas le dire », écrite et mise en scène par Salomé LELOUCH et Ludivine DE CHASTENET interprétée par Pierre ARDITI et Evelyne BOUIX. 

 

Cette pièce, c’est une série de saynètes inspirées de scènes du quotidien, qui, chacune, focalise sur un sujet, mais qui, au final, structurent le propos. Tantôt à la sortie d’un repas dominical chez Belle-Maman , tantôt au coucher, ou bien encore lors de l’intervention d’un plombier, elles sont toutes un prétexte à discussion, dire, se contredire. 

 

Mari et femme se querellent incessamment autour de ce qui peut être dit, ce qui ne peut pas l’être avec n’importe qui. Bref, un dialogue sans fin, à la limite de la mauvaise foi pour sortir la tête haute surtout en l’absence d’arguments, à moins de trouver le contre argument !

 

Cette pièce, c’est l’art de débattre de tout, sur tout, avec des dialogues intelligents, subtils, mais aussi rusés et astucieux, de quoi nous faire méditer sur de nombreux sujets de société.

 

Le jeu des comédiens est excellent. 

 

Il y a des parenthèses musicales, juste ce qu’il faut pour rythmer une pièce dynamique.

 

Le décor est minimaliste mais bluffant dans ce qu’il offre de polyvalence. Sobre mais tellement ingénieux.

 

Bref, la barre est haute.

 

Rendez-vous lundi pour découvrir une œuvre de Shakespeare, toujours dans ce lieu, grandiose !

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2022-06-09T06:00:00+02:00

Furies de Julie RUOCCO

Publié par Tlivres
Furies de Julie RUOCCO

Il y a des romans qui laissent des traces indélébiles dans votre esprit.

"Furies" de Julie RUOCCO chez Actes Sud conseillé par Gwen du Book Club et dans la #selection2022 des 68 Premières fois fait assurément partie de ceux-là. Ma #citationdujeudi est l'opportunité de le remettre sous les projecteurs.

Bérénice est archéologue de formation. Elle part en mission. Elle a pris l’habitude de faire l’aller-retour. Elle recèle des antiquités. Mais arrivée à Kilis, une ville turque à la frontière avec la Syrie, au moment où elle doit choisir les bijoux qu’elle rapportera en France, une voiture explose. C’est un attentat suicide. Sonnée, elle s’enfuie avec le sac ensanglanté. Elle trouve refuge chez sa logeuse. Lors d’une sortie, près du grillage de la frontière, une mère lui confie son enfant. Une petite fille. Bérénice dont la vie est en danger assume cette nouvelle responsabilité. Elle doit rentrer en France avec elle mais pour ça, un passeport est nécessaire. Elle s’adresse à un homme qui fait de faux papiers. Il fait revivre tous ceux de son village, assassinés, en transmettant leurs noms à ceux qui cherchent encore à sauver leur vie. Avec lui et l’enfant, Bérénice va laisser s’étirer le temps, à la vie, à la mort.

Ce roman, c’est une claque, un roman puissant qui parle de la guerre. Alors que celle de l’Ukraine fait couler l'encre des médias, qu’elle détruit tout sur son passage, qu’elle pousse les femmes et les enfants hors des frontières, qu’elle garde en son sein des hommes condamnés à mourir… au nom de la démocratie, comment rester indifférent à la guerre en Syrie, une guerre civile engagée depuis 2011. Souvenez-vous, soufflait alors l’élan du Printemps arabe !

 

Julie RUOCCO revisite les événements à travers des personnages de fiction.

Il y a cette femme, Bérénice, cette étrangère qui se retrouve en terre inconnue, en guerre.

Et puis, il y a Asim, un homme né en Syrie. Il y avait sa famille, connaissait ses voisins, il les a tous vus mourir. Dans les ruines des bâtiments et la fosse commune, il continue à chercher ce qu’il y a encore de vivant. Mais autour de lui, tout n’est que décombre et désolation.

Ces deux-là vont pourtant partager un pan de leur vie, des instants d'immense frayeur, des moments de grâce aussi.

Ce roman, "Furies" de Julie RUOCCO, est lauréat des 

Prix Envoyé par La Poste 2021

Prix Saint-Georges du premier roman de la librairie Gibier de Pithiviers 2022

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2022-06-08T11:43:53+02:00

Malgré tout de Jordi LAFEBRE

Publié par Tlivres
Malgré tout de Jordi LAFEBRE

Ma #mercrediBD, c’est une nouvelle référence du Book Club !

 

Si vous cherchez une histoire d’amour tendre et délicate, un brin fantasque, je crois que l’œuvre de l’auteur espagnol, Jordi LAFEBRE, « Malgré Tout » aux éditions Dargaud, pourrait vous plaire.

 

La première originalité repose dans le scénario qui commence par la fin, la fin de quoi, de la vie d’Ana et Zeno.
 

C’est deux là s’aiment depuis leur jeunesse mais les événements de la vie les ont séparés.

 

Elle s’est mariée, elle a eu une fille, elle est aujourd’hui grand-mère.

 

Elle a été maire de sa commune aussi, un mandat pendant lequel son amour des autres, son altruisme, ont été rongés jusqu’à l’os.

 

Lui a été libraire. Il va bientôt faire valoir ses droits à la retraite et baisser le rideau sur sa boutique. 

 

Jordi LAFEBRE déroule le fil d’une vie pas comme les autres. Accompagné par Clémence SAPIN pour la couleur (cinquante nuances de rose), Jordi LAFEBRE nous livre un album qui diffuse du bonheur à celles et ceux qui veulent bien s’en saisir. Même le mari d’Ana, Giuseppe (pour qui j'avoue avoir un petit faible !) a choisi de le savourer, son bonheur !

 

J’ai aimé la pluralité du personnage d’Ana, le fait de reconnaître qu’une femme ne puisse être réduite à une seule de ses dimensions.

Malgré tout de Jordi LAFEBRE

Et puis, il y a le ton, charmant, en plus du graphisme, émouvant.

 

Cette BD a remporté le Prix Uderzo, l’une des plus prestigieuses distinctions du genre. Laissez-vous séduire !

Du Book club, vous aimerez peut-être aussi :

"Sidérations" de Richard POWERS

"Hamnet" de Maggie O'FARRELL

 

"Les enfants sont rois" de Delphine DE VIGAN

"Au-delà de la mer" de David LYNCH

"Le messager" de Andrée CHEDID

"L’ami" de Tiffany TAVERNIER

"Il n’est pire aveugle" de John BOYNE,

"Les mouches bleues"» de Jean-Michel RIOU,

"Il fallait que je vous le dise" de Aude MERMILLIOD, une BD,

"Le roi disait que j'étais diable" et "La révolte" de Clara DUPONT-MONOD, 

"Un jour ce sera vide" de Hugo LINDENBERG

"Viendra le temps du feu" de Wendy DELORME,

"Il n'est pire aveugle" de John BOYNE...

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2022-06-07T09:43:08+02:00

Des auteurs et des livres... comme s'il en pleuvait !

Publié par Tlivres

ALIKAVOZOVIC Jakuta : Comme un ciel en nous

AUBRY Gwenaëlle : Saint Phalle Monter en enfanceLa Folie ElisaLe diable détacheurPersonnePartages

AVRIL Anne-Lise : Les confluents

BAGIEU Pénélope : Les stratesLes culottées ICalifornia Dream'in

BELPOIS Bénédicte : Saint-Jacques

BENAMEUR Jeanne : La patience des traces

BEREST Anne : La carte postaleGabriële

BEREST Claire: ArtificesGabriële

BIRMANT Julie et Catherine MEURISSE : Drôles de femmes

BIVALD Katarina : La bibliothèque des coeurs cabossés

BOIS Ariane : L'amour au temps des éléphants

BONAFOUS-MURAT Hélène : Le jeune homme au bras fantôme

BRET Stéphane : Séduisantes chimères

BUSSI Michel : Nymphéas noirsNe lâche pas ma mainN'oublier jamaisUn avion sans elle

CABASSON Armand : Voyage thérapeutique

CHALANDON Sorj : Enfant de salaudUne joie féroceLe quatrième murLe jour d'avant

CHAUVEL-LEVY Léa : Simone

CLOAREC Françoise : De père légalement inconnu

 
DE KERANGAL Maylis : Un monde à portée de main

DEL-AMO Jean-Baptiste : Le fils de l'hommeUne éducation libertine

DENFELD René : En ce lieu enchanté

DE VIGAN Delphine : Les enfants sont  roisUn soir de décembre No et moiLes heures souterraines

DIDIERLAURENT Jean-Paul : Le liseur du 6h27

Diglee : Je serai le feu

DOERR Anthony : Toute la lumière que nous ne pouvons voir

DUCRET Diane : Le Maître de l'OcéanLes indésirablesLa meilleure façon de marcher est celle du flamant rose

DUPONT-MONOD Clara : S'adapterLe roi disait que j'étais diable

FERNANDEL Vincent : Au coeur de la fougère

FOENKINOS David : CharlotteJe vais mieuxLa délicatesseLes souvenirs

GARCIN Jérôme : Le voyantOlivier
 
GARY Romain : La promesse de l'aube

GOBY Valentine : MurèneUn bateau dans les arbresKinderzimmerLe cahier de LeïlaLe rêve de Jacek

GUENASSIA Jean-Michel : Trompe la mort
 
 
GUTIERREZ Isabel : Ubasute

 

KOSZELIK Alexandra : Le sanctuaire d'Emona, La dixième Muse, À crier dans les ruines

LAMAZOU Titouan : Escales en Polynésie

LECOQ Titiou : Les grandes oubliées

LESBRE Michèle : Chemins, Sur le sable, Le canapé rouge, La petite trotteuses, BoléroChère brigande

LINDENBERG Hugo : Un jour ce sera vide

LOISEAU Nathalie : Choisissez tout

LYNCH Paul : Au-delà de la mer

MALZIEU Mathias : Une sirène à Paris

MANGEZ Marie : Le parfum des cendres

MARTIN Frédérique : Sauf quand on les aime, Le vase où meurt cette verveine

MAZZUCCO G. Melania : La longue attente de l'ange

MEURISSE Catherine et Julie BIRMANT : Drôles de femmes

MODIANO Patrick : Pour que tu ne te perdes pas dans le quartierDora Bruder

MULTON Anne-Fleur : Les nuits bleues

OATES Joyce Carol : MudwomanCarthageLa fille du fossoyeurLes chutes

O'FARRELL Maggie : HamnetEn cas de forte chaleur

PADURA Leonardo : Hérétiques

PARIS Gilles : Le bal des cendres, Certains coeurs lâchent pour trois fois rien

PETITMANGIN Laurent : Ainsi BerlinCe qu'il faut de nuit

PICOULT Jodi : Le Livre des deux cheminsMille petits rien

 
POWERS Richard : Sidérations
 
POULAIN Véronique : Les mots qu'on ne me dit pas
 
RECONDO Leonor de : Pietra vivaAmour
 
RINGARD Aurélia : Jour bleu
 
 

RUOCCO Julie : Furies

SANJUAN Agathe : La maison enchantée

SAUBABER Delphine : La fille de la grêle

SELASIE Taiye : Le ravissement des innocents

SIZUN Marie : La Maison-GuerreJeux croisésLa femme de l'AllemandPlageUn léger déplacement

SORENTE Isabelle : La femme et l'oiseau

STIBBE Isabelle : Bérénice 34-44

THIZY Laurine : Les chambres vides

TUIL Karine : La décision

VERGELY Pierre : Le Monde qui reste

VINGTRAS Marie : Blizzard

WOOD Benjamin : Le complexe d'Eden Bellwether

ZENATTI Valérie : Jacob JacobLes âmes soeurs 

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2022-06-07T06:00:00+02:00

Celle qui fut moi de Frédérique DEGHELT

Publié par Tlivres
Celle qui fut moi de Frédérique DEGHELT

Editions de L'Observatoire

A celles et ceux qui cherchent toujours à savoir si un roman est inspiré d’une histoire vraie, là, pas de mystère. Tout est dit, ou presque !
 
Frédérique DEGHELT, une autrice dont j’admire la plume, se met, le temps d’un livre, à la disposition d’une femme, Sophia L (nom d’emprunt pour assurer son anonymat), que l’on devine actrice, pour relater un moment de sa vie… son autre vie serait sans doute plus adapté.
 
Sophia L traverse une période difficile de son existence. Elle a récemment divorcé et subit de sa mère, malade d’Alzheimer depuis deux années, son agressivité grandissante, un symptôme bien connu de la pathologie. Perdue dans ses pensées, elle confie à sa propre fille qu’elle appelle « Mademoiselle », ses tourments. Elle se souvient de sa fille évoquant dans sa plus tendre enfance son autre maman, "une belle et grande femme aux yeux verts", vivant dans un pays exotique. Ses dessins étaient inspirés de décors insulaires un brin tropicaux, tout en couleurs. Si les propos de l’enfant avaient à l’époque le don de la mettre en colère, remettant chaque jour en question sa filiation maternelle, il semble que cette histoire lui devienne aujourd’hui insupportable. Il faut dire que cette femme avait choisi d’abandonner sa famille bourgeoise et une carrière promise aux plus riches pour vivre une histoire d’amour avec un modeste fils d’immigré italien, une histoire aussi improbable que rocambolesque. La maternité lui avait longtemps résisté au point d’imaginer recourir à l’adoption. Et puis, il y avait eu deux naissances, à un an d’intervalle, une fille d’abord, l’ingrate, un garçon ensuite, le préféré des deux, vivant désormais en Australie et se contentant de subvenir financièrement aux besoins de sa mère. Alors que Sophia L prend de plus en plus en charge sa mère, elle ressent un besoin irrépressible d’en découdre avec son passé, l’histoire de sa vie, à moins que ça ne soit de celle d’avant…
 
Une nouvelle fois, Frédérique DEGHELT m’a captivée de bout en bout avec ce roman aux portes de la religion et du mysticisme. 
 
Comme dans "Sankhara", l’avant-dernier roman publié que vous pouvez trouver en version poche dans la collection Babel, il y a dans le parcours de Sophia L la croisée des chemins, la nécessité de sauver sa vie et trouver une forme d’équilibre…


Les temps s’annonçaient donc plus durs. Malgré tout, se faire du bien quand la vie vous fait du mal est une balance nécessaire qui calfeutre l’écrin du quotidien. P. 14

Comme j’ai aimé suivre au bras de Sophia L cette (en)quête d’identité à travers les continents. Frédérique DEGHELT invite au voyage, à la découverte des traditions, à vivre les émotions en levant le voile de ce qui nous construit en terme de culture. J'ai une appétence toute particulière pour les questions d'origines, inutile de vous dire que là, j'ai été gâtée !
 
A travers l’image du kintsugi, l’art japonais de réparer les céramiques cassées avec laque et poudre d’or, Frédérique DEGHELT explore les failles de l’intime comme autant de richesses humaines…


J’ai compris qu’au-delà des résiliences qu’engendrent nos faux pas, l’or de notre vie et son apparence si peu fluide disent encore autre chose. Nos manques, nos désirs évanouis ne sont pas seulement des forces vives qui alimentent notre expérience ; ils engendrent aussi notre acceptation de l’imperfection. P. 99

Cet art est purement et simplement sublimé par les gestes de Seiji, affairé à réparer une urne funéraire. J'ai succombé devant le charme de la scène et les descriptions qui en sont faites de l'écrivaine, mais aussi la sensibilité qui s'en dégage. Un pur bonheur littéraire.
 
Le roman prend la dimension d’un thriller psychologique au fil des évocations aux lisières de la magie et du spiritisme. Confrontée à la réalité de certaines images longtemps apparues sans explication dans son esprit, Sophia L éprouve la sensation oppressante de toucher du doigt sa vie d’avant. Et  Frédérique DEGHELT de poser incessamment la question : « Qu’est-ce qu’un être humain ? ». De tout temps, l’Homme s’est interrogé sur une vie après la mort. Dans ce roman, il est question d’incarnation et de réincarnation.
 
Je suis sortie de ma lecture une nouvelle fois subjuguée par la beauté de la prose de l’autrice et envoûtée par le sens des mots. Combien de fois me suis-je interrogée moi-même sur l’existence du destin ? Ce roman a fait résonner ma profonde sensibilité.
 
Impossible de vous quitter sans un petit mot sur la première de couverture d’un raffinement extraordinaire. Les livres des éditions de L’Observatoire sont assurément de beaux objets. C’est ici la création de Harshad MARATHE, illustrateur. Frédérique DEGHELT le dit elle-même : "Cette image, c’est exactement mon livre". Je confirme en tous points !

De cette écrivaine, vous aimerez peut-être aussi... 

La grand-mère  de Jade "

La vie d'une autre "

La nonne et le brigand "

Les brumes de l'apparence "

"Agatha"

"L'oeil du prince"

"Sanhkara".

Les éditions de L'Observatoire, je les aime tout particulièrement, elles m'ont fait vivre tellement de coups de coeur...

"Au café de la ville perdue" de Anaïs LLOBET

"Les nuits bleues" de Anne-Fleur BURTON

"Il est juste que les forts soient frappés" et "Les enfants véritables" de Thibault BERARD

"Simone" de Léa CHAUVEL-LEVY

"Les danseurs de l'aube" de Marie CHARREL

"Le poids de la neige" de Christian GUAY-POLIQUIN

"Juste une orangeade" de Caroline PASCAL

"Les déraisons" d'Odile D'OULTREMONT

"L'âge de la lumière" de Whitney SHARER

"Ces rêves qu'on piétine" de Sébastien SPITZER

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2022-06-06T18:40:01+02:00

Soeur Emmanuelle par C215

Publié par Tlivres
Soeur Emmanuelle par C215

Flâner dans le 13ème  arrondissement de Paris et tout à coup, croiser son regard !

Soeur Emmanuelle magnifie l'angle d'un immeuble à la croisée des rues Olivier MESSIAEN (né en 1908 comme elle, compositeur et organiste, à l'origine de l'oeuvre musicale "La Messe de Pentecôte", il n'y a pas de hasard dans la vie !) et Primo LEVI, excusez du peu.

Portrait collé, bleuté, la couleur de la sagesse et du bien-être intérieur, ses yeux attentionnés et son sourire suffisent à me réchauffer le coeur.

Soeur Emmanuelle, l'une des personnalités préférées des Français du début du XXIème siècle, a fait de la cause des déshérités l'objet de son existence. 

Cette fresque, ma #lundioeuvredart, est la création d'un street-artiste français, Christian GUEMY, alias C215, un pochoiriste, un habitué des portraits de grands de ce monde, un artiste qui ne manque pas de mettre son art au profit de grandes causes, un artiste militant, quoi !

Cette oeuvre a été réalisée à la demande de l'association Asmae, l'association créée par Soeur Emmanuelle en faveur des enfants pauvres du monde entier, l'association poursuit les combats qu'elle avait amorcés.

Cette réalisation date de 2018, 10 ans après la disparition de la centenaire, elle n'a pas pris une ride, comme celle qu'elle représente. Qu'elle soit aujourd'hui, une nouvelle fois, honorée !

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2022-06-05T06:00:00+02:00

Résiste de France GALL

Publié par Tlivres
Résiste de France GALL

Le bal des 68 Premières fois se poursuit.

Ma #chansondudimanche date un peu, elle est sortie en 1981, interprétée par France GALL, mais je n'ai rien trouvé de mieux pour accompagner un premier roman dont je vous dirais tout samedi prochain.

Cette chanson, vendue dans sa version single à plus de 500 000 exemplaires, a été un véritable succès.

Elle dit tout de la force qu'il faut pour... rester debout ! Quant à la chanteuse, le poing droit fermé, levé, bougé au rythme des tonalités, elle incarne elle-même  tout ce qu’il faut de volonté pour RÉSISTER. 

Allez, je vous laisse écouter !

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2022-06-04T21:18:53+02:00

Jour bleu de Aurélia RINGARD

Publié par Tlivres
Jour bleu de Aurélia RINGARD

Le bal des 68 Premières fois se poursuit.

Après :

 "Les nuits bleues" de Anne-Fleur MURTON

"Les maisons vides" de Laurine THIZY,

"Furies" de Julie RIOCCO,

"Ubasute" d’Isabel GUTIERREZ,

"Les envolés" d'Etienne KERN,

"Blizzard" de Marie VINGTRAS,

"Saint Jacques" de Bénédicte BELPOIS

 "Les confluents" de Anne-Lise AVRIL

"Le parfum des cendres" de Marie MANGEZ

place au premier roman de Aurélia RINGARD « Jour bleu », Éditions Frison Roche.

Il y a eu cette soirée de vernissage d’une exposition, cet échange entre elle et lui, et puis ce rendez-vous trois mois plus tard, gare de Lyon. Elle habite Paris. Lui arrivera avec le train venant d’Annecy à 13h. Arrivée tôt le matin, pour être à l’heure, elle se remémore les trains du vendredi soir, ceux qui l’emmenaient elle et son frère passer le week-end chez leur père. Leurs parents étaient divorcés. Quel déchirement de devoir la quitter, elle. Le temps de l’attente est l’opportunité pour les souvenirs d’affluer, de retisser le fil de la vie de celle qui a trente-cinq ans. C’est aussi celle de nourrir le désir…
 
Aurélia RINGARD nous livre un premier roman ou l’introspection d’une jeune femme dans un lieu public les quelques heures précédant les retrouvailles avec son amant.
 
Elle observe celles et ceux qui l’entourent, la société en transit qui, dans un café de gare, vit un sas entre deux existences comme autant de prétextes à inventer les vies, heureuses ou bafouées, lire les émotions qui s’expriment sur les visages et agitent les corps, trouver les mots pour traduire les ressentis…


Je gratte mes souvenirs comme on écorche la roche lors de fouilles archéologiques. P. 104

La jeune femme a besoin d’un ancrage, de valeurs sur lesquelles compter, de faire le point sur ses propres intentions à elle, avant de les diluer avec celles d’un autre. Elle sait à quel point ces retrouvailles peuvent constituer le point de rupture avec sa vie d’avant. Elle assouvit cette quête de soi, une focale sur sa personnalité à elle…


J’abrite un goût prononcé pour la désobéissance et une faim encore plus grande pour la liberté qui contrastent, de façon éclatante, avec les traits lisses de mon visage. P. 112

Elle prend le temps nécessaire pour une parfaite maîtrise de soi. C'est cet exercice qui a capté mon attention.


Le désir est toujours tapi quelque part, prêt à bondir. Quand il surgit, nous voilà de nouveau frais et brillants, lavés de tout ce qui a pu nous abîmer, nous amoindrir, aptes à accueillir avec avidité le chapitre qui se présente. C’est étonnant, cette capacité à se renouveler. A faire table rase. P. 116

Il y a chez la jeune femme une furieuse envie de se laisser emporter par l’ivresse et pourtant, elle joue de ses sentiments pour que l’extase de la rencontre fantasmée n’en soit que plus grande.
 
Ce roman est transcendé par la couleur bleue :
 
Jour bleu
Au Train bleu
La moquette bleue
Bleu du ciel
Ciel bleu
Chaos […] de bleu
Rideaux bleus
Les yeux bleu-vert
Coton bleu clair
Doudounes bleu ciel
Du bleu et du vert
Son bleu éternel
Un bleu de noblesse
 
cette couleur qui fait penser au ciel et à l’océan, une invitation vers d’autres horizons, c’est aussi la couleur de la sagesse et de la vérité, une couleur primaire qui offre le calme intérieur, un sentiment de "Plénitude", c’est encore la couleur de l’imaginaire et des rêves.
 
Aurélia RINGARD joue sur les registres du regard, l’un porté sur l’extérieur avec ce qu’il a de profondément troublant et l’autre porté sur l’intérieur, un brin spirituel, qui cherche la confiance en soi.
 
Dans une narration qui alterne le voyage intérieur avec le je et le survol d’une scène de genre avec la troisième personne du singulier, Aurélia RINGARD nous offre un roman singulier, très actuel, qui interroge sur le chemin restant à parcourir pour chacun.
 
Parce qu’il n’y a pas de bal sans musique, je vous propose de rester dans le ton avec « Blue Train » de John COLTRANE.
http://tlivrestarts.over-blog.com/2022/05/blue-train-de-john-coltrane.html

http://tlivrestarts.over-blog.com/2022/05/blue-train-de-john-coltrane.html

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2022-06-02T05:27:13+02:00

Les rêves échoués de Carine JOAQUIM

Publié par Tlivres
Les rêves échoués de Carine JOAQUIM
Le premier roman de Carine JOAQUIM, "Nos corps étrangers", c’était un coup de maître, je m’en souviens comme à sa première heure, c’était une lecture coup de poing, un roman que l’on n’oublie pas, un de ces premiers romans que les fées des 68 Premières fois avaient sélectionné.
 
Et puis il y a eu cette rencontre à La Collégiale Saint-Martin avec Laurent PETITMANGIN et leur maison d’édition, La Manufacture de livres.
 
Inutile de vous dire que j’attendais avec impatience le second roman. Je l’ai lu. Il sort aujourd’hui en librairie. Carine JOAQUIM confirme son immense talent. Avec le premier, j’avais terminé avec un mal au cœur déchirant, là j’ai fini en larmes… j’aime que la littérature me bouleverse.
 
Tout commence avec une commission éducative qui réunit parents et professeurs sous l’autorité de Madame Salignes et son adjointe pour juger du cas de Clarisse, la jeune adolescente de 13 ans, diagnostiquée élève à haut potentiel. Ses parents sont séparés. Clarisse vit une semaine chez sa mère, une semaine chez son père. Au collège, Clarisse répond aux interpellations par l’agression, elle use d’un vocabulaire vulgaire, insupportable pour le corps enseignant. Tout va de mal en pis. Heureusement, elle entretient sur internet une relation avec un certain Sergio, au scooter rouge, un garçon à qui elle se confie, qui la comprend et avec qui elle a rendez-vous. Elle ne sait pas encore que c’est précisément à ce moment là que sa vie va basculer.
 
Dès les premières lignes, Carine JOAQUIM plante le décor, la commission éducative permet de tendre l’arc pour lequel les flèches ne vont pas manquer. Si l’écrivaine évolue elle-même dans ce cadre professionnel dans lequel elle puise son inspiration, elle sait ô combien une jeune adolescente ne saurait être réduite au statut d’élève et à ce qu’elle donne à voir par ses comportements dans l’établissement dans lequel elle est scolarisée. C’est ainsi qu’elle va, dans une narration ingénieuse, glisser des passages en écriture italique, un livre dans un livre, pour expliquer son histoire, les événements qui font aujourd’hui ce qu’elle est, en tant qu’être humain.
 
Clarisse est mal dans sa peau, tout l’agresse, alors elle répond :


J’entends rugir les mots depuis les profondeurs de ma rage, et c’est par des hurlements qu’ils quittent ce corps trop petit pour de si grandes émotions. P. 41

Comme dans "Nos corps étrangers", le rapport au corps est un fil rouge de ce roman. Il y a des descriptions presque cliniques de ce que Clarisse vit, traverse, exulte. J’ai vibré dès les premières évocations, ressenti moi dans mes tripes de femme, d’épouse, de mère aussi, ce que Carine JOAQUIM décrit. J’ai senti bien sûr la menace poindre, la tension s’établir pour ne plus se relâcher que dans les toutes dernières lignes. Si on a l’habitude de parler de thriller psychologique, là, je parlerai plutôt de thriller charnel, un registre littéraire dans lequel ce qui nous incarne physiquement en tant qu’individu, nos membres, nos organes, nos tissus… dit tout des traces laissées, des blessures, des douleurs.
 
Et puis, dans ce roman, il y a l’évasion, cette sortie de soi, sortie de la maison, sortie des frontières, au sens propre comme au figuré. Clarisse va vivre un périple initiatique, des moments de gloire, une véritable renaissance. Carine JOAQUIM choisit le Portugal comme lieu de pérégrinations. Vous allez visiter Sesimbra, Lisbonne, Alcobaça, Nazaré… comme jamais un guide touristique n’aurait pu vous l’offrir. Portée par la complicité d’un homme, sa bienveillance, sa maturité, sa capacité à la comprendre, Clarisse va s’ouvrir au monde avec des moments… de grâce ! Comme j’ai aimé les passages avec la vieille femme, Dona Capitolina, des moments d’apprivoisement empreints d'une profonde humanité.


Ses mots sont pour moi dénués de sens, mais la musique de sa voix enrouée me porte, moi si légère face à ce chant qui dit le poids des ans. P. 105

Mais comme le chantait les Rita MITSOUKO, « Les histoires d’amour finissent mal », les rêves ne peuvent durer une éternité… c'est d'ailleurs ce qu'annonce le titre du roman !


Sans doute, la grâce de ce qui vient d’éclore ne peut finir, tôt ou tard, autrement que piétinée et salie. P. 180

de quoi relancer le rythme du roman, se remettre à haleter !
 
Ce roman, je l’ai lu d’une traite, j’avais envie de savoir ce qui torturait Clarisse et puis, les vannes ont lâché. J’ai terminé ma lecture en pleurs, les larmes ont coulé. Carine JOAQUIM a ce talent fou de vous prendre aux tripes, de vous faire vivre des émotions fortes par le biais d’une fiction, de vous révéler, à vous-même, votre propre part de sensibilité.
 
Du grand art… littéraire ! Pari réussi avec ce second roman, bravo.

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2022-06-01T20:25:42+02:00

Alice MILLIAT, pionnière olympique

Publié par Tlivres
Alice MILLIAT, pionnière olympique

Ma #MercrediBD est engagée. Elle est signée de Chandre, D. Quella-Guyot, L. Lessous et M. Millotte, "Alice Milliat, pionnière olympique aux éditions Petit à Petit. C'est Babelio, que je remercie très sincèrement, qui m’a mise sur la voie de cette militante féministe décédée dans le plus grand anonymat.

Si aux Jeux Olympiques de Paris en 2024, la parité sera respectée, il n’en fut pas toujours le cas. Avec cet album, remontons aux origines.
 
Dans l’Antiquité, seuls les hommes faisaient du sport. C’est à ce moment-là que sont lancés les Jeux Olympiques dans le Péloponnèse. Tous les 4 ans, s’affrontent des hommes dans les disciplines de l'athlétisme, les sports de combat et les courses hippiques. Les femmes ne sont pas même autorisées à être spectatrices, il faut dire qu’ils pratiquent ces activités nus.
 
A Rome, seules les femmes de la haute société peuvent accéder à quelques activités sportives mais seulement de loisirs. Elles ne sont pas admises dans le champ de la compétition.
 
En 394, l’Empereur Théodose 1er interdit les Jeux Olympiques. Ils ne reprendront qu’en 1896 sous la houlette du baron, Pierre de Coubertin.
 
Les femmes devront attendre la première guerre mondiale pour se faire une place dans les entreprises, se découvrir des capacités physiques au travail et s’intéresser au sport. 
 
Alice MILLIAT fait du sport féminin son cheval de bataille. Que de combats contre le Président du Comité d’Organisation des Jeux Olympiques, et les hommes plus généralement, qui ne voyaient dans l’activité sportive des femmes que dépravation.
 
Elle va progressivement réussir à leur faire une place, d'abord à côté des hommes. Ils ne daignent effectivement pas leur offrir l’accès aux équipements sportifs dont ils se réservent l'usage. Les femmes sont ainsi condamnées à s’entraîner sur des sites non homologués.
 
A partir de 1922, et jusqu’en 1934, les Jeux Mondiaux Féminins alterneront avec les JO, tous les deux ans.
 
L’ensemble de l’équipe artistique fait de cette BD l’opportunité d’honorer Alice Milliat bien sûr, mais aussi les pionnières des performances sportives. 
 
A travers différents registres, la bande dessinée, le documentaire, le dessin, les extraits de journaux et les photographies… c'est une galerie foisonnante de personnages qui prend vie et s’ancre dans l’évolution de la condition féminine. Comme j’ai aimé retrouver La Garçonne !
 
Sa couverture est à l’image des albums jeunesse, qu’à cela ne tienne, il est grand temps que les enfants apprennent l’histoire d’Alice Milliat, elle dont le nom commence à s'inscrire sur les frontons des équipements et qui sera dignement honorée en 1924.

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