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2019-11-09T07:00:00+01:00

Un été à l’Islette de Géraldine JEFFROY

Publié par Tlivres

 


 

Arléa

Avec ce premier roman, Géraldine JEFFROY remonte le fil du temps. Nous sommes en 1892. Eugénie, fille unique d’artisans-commerçants, sans distinction particulière au grand damne de sa mère, part passer l’été au service de Madame Courcelle, une châtelaine, veuve, qui agit en maître sur le château de l’Islette. Nous sommes dans la vallée de l’Indre. Là, Marguerite, passe l’été chez sa grand-mère. Elle n’a que 6 ans. Et puis, arrivent dans les lieux, deux artistes, RODIN et Camille CLAUDEL qui y installent depuis plusieurs années leur atelier d'été. C’est là que prirent forme La Valse et La Petite Châtelaine de Camille CLAUDEL. C’est aussi là que RODIN esquissa Balzac. C’est cet été-là enfin que Claude DEBUSSY composa L’Après-midi d’un faune, le musicien  et ami avec qui Camille CLAUDEL entretient un échange épistolaire.

Ce roman est narré par la voix de la jeune femme, tout émerveillée de découvrir non seulement une famille mais aussi de côtoyer l’art dans ce qu’il a de plus majestueux. C'est dans ce Château qu'elle aura la chance, le jour, de s'introduire avec la petite Marguerite dans l'atelier de Camille CLAUDEL, elle entendra aussi, la nuit, tout un tas de bruits liés, soit à la sculpture, soit aux colères et autres scènes de ménage entretenues avec RODIN.

Géraldine JEFFROY fait toucher du doigt les exigences de la création artistique et nous livre un passage d'une profonde sensualité dans le rapport établi entre Camille CLAUDEL et la matière :


Elle semblait vouloir prolonger la joie tactile des premières caresses, elle était avec sa terre comme une mère réanimant son petit frigorifié. Les narines palpitantes, elle la reniflait comme on renifle une peau aimée, l’odeur de lait du nourrisson, puis elle s’éloignait, étourdie, elle ouvrait grand la fenêtre et respirait l’air pur le visage tourné vers les arbres. P. 77

Si Géraldine JEFFROY relate une histoire d’amour tumultueuse entre Camille CLAUDEL et RODIN, j’ai personnellement beaucoup apprécié les lettres échangées entre la sculptrice et le musicien, une correspondance où le naturel reprend ses droits. Sur le ton de la confession, Camille CLAUDEL lui livre ses doutes, ses états d'âme :


Ici, ma Valse mûrit doucement à force de recherches, d’essais heureux ou malheureux. Le drapé sur les jambes de ma danseuse a fini par trouver sa forme et le haut des corps m’a donné quelques peines. Le mouvement des bras, l’impression de leur courbe, l’opposition des mains, l’inclinaison des têtes, l’expression des visages, tout cela fut soumis à de longues réflexions qui m’ont laissée exsangue. P. 80/81

Un été à l’Islette de Géraldine JEFFROY

Souvenons-nous qu'à cette époque, Camille CLAUDEL n'a pas trente ans.

Inspiré de l'histoire vraie de Camille CLAUDEL, le propos est éminemment romanesque. La plume est belle et délicate, le jeu narratif intéressant mais il en faudrait bien plus que 119 pages pour me satisfaire. Géraldine JEFFROY a tout juste réussi à m'ouvrir un immense appétit. Si d'aventure vous connaissez d'autres romans autour de l'artiste Camille CLAUDEL, c'est avec un très grand plaisir que je m'y plongerai.

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commentaires

F
Lu cette nuit. Fan de Camille Claude j ai aimé ce livre qui m a fait découvrir un moment de la vie de cette artiste et un moment très particulier. Une belle découverte ce livre.
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T
Tout à fait, une belle découverte, un joli premier roman, prometteur !
M
Un roman tentant que je lirai avec grand plaisir...Tu me fais découvrir de beaux auteurs ! Merci
Répondre
T
Oooohhhhh merci Manou

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