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Articles avec #mes bd catégorie

2018-02-28T20:54:23+01:00

Les crocodiles de Thomas MATHIEU

Publié par Tlivres
Les crocodiles de Thomas MATHIEU

Editions Le Lombard
 

Aujourd’hui est un jour un peu particulier. Nous sommes le 28 février 2018, une centaine de femmes du cinéma français appelle aux dons pour soutenir les associations investies en faveur des victimes d’agressions sexuelles et de viols. C’est aussi aujourd’hui qu’est rendu public un rapport remis au Gouvernement par cinq parlementaires proposant une amende pour « outrage sexiste et sexuel ».


Les médias se déchaînent régulièrement sur des affaires. Une tribune publiée dans le Journal Le Monde il y a un peu plus d’un mois a généré une polémique entre passionné(e)s.


Certes, il y a encore à travailler à la libération de la parole des femmes, mais aujourd’hui est venu le temps de définir un cadre juridique pour envisager des sanctions en cas de non-respect.
L’#HDR ou harcèlement de rue est régulièrement évoqué. Mais de quoi s’agit-il vraiment ? Plus encore, qu’est-ce que le sexisme ordinaire ?

Les crocodiles de Thomas MATHIEU

Et bien, il y a quelques années, Thomas MATHIEU s’est posé la question. Pour y répondre, il a lancé sur internet le Projet crocodiles. Sa vocation : collecter des témoignages dans la perspective de les dessiner. Quelle idée lumineuse il a eu ! Ainsi est née une BD : « Les crocodiles ».


Thomas MATHIEU a pris le parti de représenter les hommes sous les traits de crocodiles. Il souhaite ainsi mettre le doigt sur un problème qu’il juge de société.


Outre des saynètes de la vie quotidienne qui permettent d’illustrer les faits et d’en mesurer les effets sur les individus, en l’occurrence, les femmes, Thomas MATHIEU donne la parole à 4 personnes en postface : Lauren PLUME, Irène ZEILINGER impliquée de longue date dans la lutte contre les violences faites aux femmes, Anne-Charlotte HUSSON et enfin le collectif Stop harcèlement de rue. Son propos est participatif et mérite, ne serait-ce qu’à ce titre, d’être remarqué !


Cette BD est un véritable outil pédagogique. Objectif de l’auteur atteint !


Il donne effectivement à voir la diversité des situations en prenant le soin d’aborder tant l’intimité privée que l’espace public, et force est de constater qu’elles sont nombreuses. Certaines planches résonnent plus avec nos propres réalités et viennent ainsi nous questionner sur notre degré de jugement. A partir de quand et dans quelles conditions est-ce que je me sens agressée ? Qu’est-ce qui relève de l’acceptable et qu’est-ce qui ne l’est pas ?
 

Les crocodiles de Thomas MATHIEU

Thomas MATHIEU va encore plus loin en offrant un panel de comportements en réponse, élargissant ainsi le champ des possibles. Alors que la pudeur et la honte pourraient pousser certaines femmes à s’isoler et à se taire, l’illustrateur représente des femmes qui s’indignent, se révoltent, mettent des mots sur des faits, des émotions, des sentiments, et s’affirment en tant que femme. Je crois fondamentalement en la prévention et à ce titre, il me semble que cet album soit précieux pour la dimension éducative qu’il revêt. Pour permettre une évolution culturelle de notre société, il y a certainement mille et une manières d’agir mais celle de savoir de quoi on parle me paraît être un préalable.
 

Les crocodiles de Thomas MATHIEU

Avec cet album, Thomas MATHIEU nous offre la possibilité de poursuivre le débat sur un sujet sensible qui demande à être dépassionné.


Bien sûr, le graphisme est en harmonie avec le sujet, le coup de crayon noir est agressif et violent comme le sont les scènes abordées. Pour certains, il peut paraître désagréable, pour moi, il est nécessaire. S’agissant de la couleur accordée exclusivement aux crocodiles, le procédé est audacieux mais contribue largement à la prise de conscience du phénomène. Ne nous voilons pas le face, le sujet est grave et la menace omniprésente.


Je crois toutefois que nous vivons actuellement une formidable étape en matière de féminisme, de celles qui permettent de penser qu’un jour, hommes et femmes seront véritablement égaux.
 

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2018-02-21T07:00:00+01:00

La légèreté de Catherine MEURISSE

Publié par Tlivres

 

Dargaud éditions
 

Il y a des BD que l'on choisit pour leur graphisme, d'autres pour leur titre ou leur 1ère de couverture, d'autres encore pour les illustrateurs et/ou la maison d'édition, d'autres enfin pour le message qu'elles véhiculent.


Cet album, je l'ai choisi (une fois n'est pas coutume) en mon âme et conscience.
Catherine MEURISSE, la scénariste et illustratrice, faisait partie de l'équipe de Charlie Hebdo. Dessinatrice de presse, elle est l'une des rescapés des attentats du 7 janvier 2015. Une panne de réveil pour le meilleur... ou pour le pire. Dans cette tragédie, elle a perdu des collègues mais aussi des amis, des compères avec lesquels elle partageait un état d'esprit, la LIBERTE.

Cette BD qui évoque la perte d’êtres chers donne réserve à l'être endeuillé un tout petit format, montrant ainsi sa difficulté à occuper une place dans un environnement social, urbain... qui paraît surdimensionné. Ces images témoignent de l'incapacité de l’individu à y prendre prise, un peu comme une marionnette dont subitement une partie des fils auraient été coupés, ceux-là mêmes qui assuraient le lien au monde.


Ce qui m’y a fait d’autant plus penser, c’est que le corps tout entier, avachi, avec des épaules basses, porte les traces des événements.


Et puis, c’est aussi l’effroyable solitude qui m’a profondément marquée. Il y a cette femme, et si peu d’humains autour. Il faut dire que Catherine Meurisse dévoile une histoire d’amour compliquée, elle est la maîtresse d’un homme marié avec enfants qui renonce à quitter sa femme pour vivre pleinement cette relation. 


Elle se retrouve seule pour surmonter un traumatisme incommensurable qui, de surcroît, va mobiliser les foules. Il y a quelque chose de profondément troublant dans le paradoxe de la situation. La société française et étrangère s'est accaparée ces assassinats pour en faire un drame collectif. Il suffit de regarder les Chefs d'Etats réunis le dimanche suivant et tous ces citoyens, anonymes, dans les rues des grandes villes de France pour témoigner de leur colère. Mais Catherine MEURISSE, elle, vivait une relation professionnelle, intime, avec celles et ceux qui sont tombé(e)s sous les balles des terroristes, en rupture totale avec l'image publique des victimes. 


C’est à ce raccordement que la personne touchée dans son âme et son corps va devoir « travailler » pour progressivement reprendre pied dans une réalité quotidienne. Catherine Meurisse s’appuie sur des êtres en tout peut nombre, ses parents, des amis qui lentement vont lui offrir un soutien individualisé.

 
Le chemin est long et semble presque irréalisable tellement le vide est béant, d'autant plus qu'il n'y a pas de mots pour qualifier l'ignominie de tels actes.

 

Alors que les événements se succèdent et se ressemblent malheureusement, à l'image de ceux du Bataclan le 13 novembre de la même année, cette femme tente, tant bien que mal, de vivre, ou plutôt de survivre. 

 

Pour Catherine MEURISSE, qui vit un drame intime, singulier, profond, intérieur, l'instinct de survie repose sur la beauté. Elle en fait sa quête personnelle, quotidienne. Elle va se mettre à rêver du "syndrome de Stendhal".

Vous savez de quoi il s'agit ? Un jour, alors que Stendhal voyageait en Italie, il s'est évanoui. La cause de son tourment, l'excès de beauté. Il avait été sublimé par le ravissement des oeuvres d'art qui s'offraient à ses yeux.

 

Elle a perdu la mémoire, elle cherche la guérison. Elle a connu le chaos, elle cherche la beauté. C'est terriblement fort.

Catherine MEURISSE empreinte le chemin de la résilience. Elle est accueillie à Rome, un mois, à la Villa Médicis, lieu de création artistique par excellence, protégée par des jardins, des murs d'enceinte, tenue à distance de la vie en société, des agressions de l'environnement.
 

 

Cet album, j'avais très envie de le découvrir même s'il est toujours délicat d'entrer dans l'intimité d'un homme ou d'une femme qui a vécu l'innommable. 


Il y a quelques temps, j'avais lu "Catharsis" de Luz. J'avais été profondément émue par Ginette et par la re-naissance de l'humoriste par la voie du dessin. Retrouver sa capacité à tenir un crayon et à tracer un trait avait permis à Luz de se dire qu'un grand pas venait d'être franchi et qu'il allait pouvoir envisager un avenir. Pour Catherine MEURISSE, les choses sont plus complexes, moins linéaires. Il suffit de regarder le panel de couleurs pour se rendre compte que les humeurs sont instables, qu'il y a des élans de sérénité et des bouffées de colère sourde, les planches se suivent et ne se ressemblent pas. 


La calligraphie elle-même témoigne de l'état dans lequel est plongée l'auteure de l'album, tantôt ronde et fluide, tantôt hachée, saccadée.


J'ai beaucoup aimé ces planches qui, dans une très grande sobriété, expriment l'essentiel, les valeurs refuges de l'être humain...

 

J'ai adoré la dernière (que je ne vous dévoilerai pas bien sûr !) mais qui est une vraie leçon de vie, de celles qu'il convient de garder en mémoire pour continuer d'avancer.

Le sujet est grave bien sûr, mais la manière de le traiter est tout à fait exceptionnelle.

Chapeau Madame MEURISSE, que votre vie soit belle, elle sera légère, c'est tout ce que je peux vous souhaiter.

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2018-02-14T07:33:38+01:00

Le jour où elle a pris son envol de BeKa, Marko et Maëlla COSON

Publié par Tlivres
Le jour où elle a pris son envol de BeKa, Marko et Maëlla COSON

Bamboo éditions 
 

Il y a des semaines qui sont sous le signe du bien-être, de l’optimisme, la vie est belle quoi !


J’ai commencé avec « La petite châtelaine » de Camille Claudel et me suis rendue compte que vous  étiez, vous aussi, très sensibles. J’ai poursuivi avec un feel good book : « L’Attrape-souci » de Catherine FAYE, un premier roman qui vient tout juste d’entrer dans la sélection des 68 Premières fois. Il ne manquait plus qu’une BD dans le genre et le hasard me l’a mise dans les mains.


Vous connaissez maintenant ma façon singulière de choisir les BD... celle-là était bien en vue, au rayon « Nouveauté », je ne pouvais pas passer à côté ! Et c’était une sacrée bonne idée que de la sélectionner.


« Le jour où elle a décidé de prendre son envol » présente Clémentine, une jeune femme, plutôt dans une phase prometteuse côté travail mais qui cherche un sens à sa vie. Elle commence par mettre son petit ami à la porte, lui qui passe ses journées au lit ou à jouer. Mais elle va aller plus loin. L’idée va lui prendre d’aller voir un vieil ami, Antoine, qui pourra sûrement la mettre sur la voie. En réalité, ce n’est pas Antoine qu’elle va rencontrer mais un certain Simon. Antoine réalise l’un de ses rêves, il lui a laissé la maison, Simon a pris la relève de sa sage-épicerie et passe son temps à faire des expériences, il travaille loin de la foule. C’est lui qui va aider Clémentine à prendre son destin en main, elle va s’envoler pour Berlin, puis les îles Lofoten en Norvège... et va se retrouver à faire le tour du monde, au gré de rencontres qui vont lui ouvrir un miraculeux champ des possibles.

Le jour où elle a pris son envol de BeKa, Marko et Maëlla COSON

Cette BD est particulièrement belle du fait du message qu’elle véhicule. Éminemment philosophique, le propos porte sur la quête du bonheur, un désir universel (qui ne court pas après ?) et offre une version très enthousiasmante. Si on le trouvait dans les relations humaines...

Le jour où elle a pris son envol de BeKa, Marko et Maëlla COSON

À chacun de construire le sien notamment en transigeant les limites, en s’émancipant de tout ce qui peut brider notre imaginaire, en allant jusqu’au bout de ses rêves. Une bien belle manière de voir la vie, c’est une pensée positive, de celles qui permettent de s’épanouir et se développer personnellement. Elle nous emmène sur le chemin de la sagesse.

Le jour où elle a pris son envol de BeKa, Marko et Maëlla COSON

Cette BD est aussi très jolie à regarder, le graphisme est fin et subtil, les traits des visages et les émotions y sont délicatement représentés, les couleurs sont lumineuses.


Cette BD, enfin, fait la part belle aux livres, et là, vous comprendrez que j’ai succombé !

Le jour où elle a pris son envol de BeKa, Marko et Maëlla COSON

D’ailleurs, je crois que je vais replonger. Il s’agit du tome 2. Vous, vous avez lu « Le jour où le bus est parti sans elle » ? 
 

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2018-01-31T07:00:00+01:00

La différence invisible de Mademoiselle Caroline et Julie Dachez

Publié par Tlivres
La différence invisible de Mademoiselle Caroline et Julie Dachez

Editions Delcourt Mirages


Cette BD, ça faisait bien longtemps que je voulais vous la présenter et puis voilà... d'autres étaient passées devant ! A l'image de Marguerite, cette jeune femme de 27 ans, de celles qui se cacheraient dans un trou de souris si elles le pouvaient. Les sens de Marguerite sont sur développées, générant chez elle une hypersensibilité au bruit, aux odeurs, aux mouvements... Angoissée à l'extrême, Marguerite souffre très vite de la relation aux autres, qu'il s'agisse de l'environnement familial ou professionnel (imaginez un peu la souffrance de Marguerite dans un openspace, c'est pourtant ce qu'elle a à supporter chaque jour !). Pour manger, c'est aussi toute une histoire, Marguerite suit un régime alimentaire imposé par son corps. Tout est source d'exclusion. Son compagnon le lui reproche. Ses amies aussi. Alors quand un jour elle découvre que ses comportements pourraient être liés au syndrome d'Asperger, elle revit, elle retrouve le goût à la vie, elle fait le tri dans ses relations pour ne plus retenir que celles qui la comprennent, c'est une révélation !

 

Cette BD, c'est son titre qui m'a attirée. Le sujet de la différence m'a toujours interpellée, et je crois bien qu'il va encore grandissant avec l'âge, à moins que ça ne soit lié à notre société et à ce qu'elle me renvoie.

 

Alors même que chacun(e) est différent(e) des autres et qu'on est tous et toutes l'handicapé(e) d'un(e) autre, je comprends tout à fait le désarroi de Marguerite devant ce qui pourrait relever de la normalité.

 

Mademoiselle Caroline et Julie Dachez brossent un tableau satirique du monde professionnel, à commencer par la référence au dresscode, cette volonté grandissante de voir les salariés habillés tous de la même manière, soit par la voie d'un uniforme, soit par celle des accessoires clés. La BD interroge sur l'intrusion de cette nouvelle exigence. En quoi porter tel ou tel vêtement ou accessoire réduirait ou développerait les compétences au service de l'entreprise ? A moins que l'objectif ne soit autre et qu'il s'agisse finalement, par ce port-là, d'adhérer à l'image de la société et d'en devenir l'ambassadeur !

La différence invisible de Mademoiselle Caroline et Julie Dachez

Julie Dachez aborde aussi le sujet récemment  traité par Alain Kokor dans "Supplément d'âme", celui de la volonté et de la nécessité de chacun(e) de s'isoler pour se ressourcer

Dans "La différence invisible" comme dans "Supplément d'âme", le personnage principal choisit le moment du déjeuner pour s'offrir une pause loin des autres. Or, ce comportement est aujourd'hui suspect, voire punissable. Non seulement, vous devez être un(e) salarié(e) compétent(e), mais encore faut-il être intégré(e) socialement dans l'entreprise et le moment du déjeuner, qui incarne la convivialité par excellence, devient éminemment stratégique. Pour Marguerite, chaque midi devient une réel supplice.

La différence invisible de Mademoiselle Caroline et Julie Dachez

Personnellement, j'ai été profondément touchée par la présence du rouge dans les premières pages de l'album, cette couleur qui évoque, pour moi, le sang, la douleur, la souffrance. Dans la circulation routière, c'est aussi la couleur des panneaux de signalisation pour informer les usagers d'un danger. C'est enfin la couleur qu'utilisaient nos enseignants pour corriger nos erreurs quand nous étions scolarisés. Pour peu que la note soit basse, l'annotation devenait une véritable agression. Cette couleur est ingénieusement choisie pour caractériser l'oppression que vit Marguerite au quotidien et j'y ai été singulièrement sensible.

J'ai beaucoup apprécié le graphisme de cette BD avec des contours noirs, très précis, sur du papier brillant, avec des nuances monochromes (noir, gris...) en début d'ouvrage et puis l'arrivée progressive de jolies couleurs (rose, vert...).

La différence invisible de Mademoiselle Caroline et Julie Dachez

Ce roman graphique met en lumière la nécessité de pairs pour restaurer l'estime de soi, un climat de confiance. Il y a comme un vent d'allégresse qui souffle sur l'existence de Marguerite quand elle découvre qu'elle n'est pas seule à vivre cette situation. Un réseau d'échanges et de savoirs se met rapidement en place avec des bienfaits incontestables.
 

La différence invisible de Mademoiselle Caroline et Julie Dachez

Cette BD est aussi un formidable outil pédagogique pour celles et ceux qui sont confronté(e)s de près ou de loin au syndrome d'Asperger reconnu aujourd'hui nationalement. La journée du 18 février lui est d'ailleurs dédié. Pouvoir mettre des mots sur des émotions est, à n'en pas douter, le premier pas vers l'acceptation de soi. C'est d'ailleurs ce que montre très bien le scénario de ce roman graphique qui, pour celles et ceux qui voudront aller encore plus loin, pourront terminer par un kézako sur le sujet.

 

Tout est conçu pour faciliter la compréhension, à l'image de ces ponctuations données par des phrases qui pourraient être prononcées par un observateur, un oeil extérieur, pour décrire ce que vit le personnage principal et replacer l'histoire dans son contexte.

 

En parcourant cette BD, je n'ai pas pu m'empêcher de penser au livre de Gilles Marchand "Un funambule sur le sable" et plus précisément à Stradi né avec un violon dans la tête. Bien sûr, dans ce roman, le personnage est créé de toute pièce par l'imagination de l'écrivain, mais il représente à la perfection cette différence intérieure que connaît Marguerite, une différence qui ne se repère pas au premier coup d'oeil, une différence qui peine à dire son nom mais qui pourtant conditionne la vie de celles et ceux qui en sont marqué(e)s.

 

C'est une BD très didactique que l'on devrait mettre dans toutes les mains. Je suis sûre que petits et grands auraient beaucoup à apprendre de l'itinéraire de Marguerite tant pour celles et ceux qui souffrent au quotidien d'une différence que pour celles et ceux qui regardent les autres comme s'ils étaient différents. Différents par rapport à quoi ? C'est peut‐être la question qu'il est urgent de se poser !

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2018-01-24T07:00:00+01:00

Supplément d'âme d'Alain KOKOR

Publié par Tlivres
Supplément d'âme d'Alain KOKOR

Editions Futuropolis
 

Vous connaissez désormais ma technique lorsque je vais à la bibliothèque au rayon BD.

Je déambule, je regarde celles qui sont en façade, je n'ai aucune prétention et me laisse séduire de façon totalement aléatoire.

C'est ainsi que j'ai découvert "Prévert, inventeur" de Christian CAILLEAUX et Hervé BOURHIS, un très bon choix. C'est aussi de cette manière que j'ai mis la main sur un très joli roman graphique : "Supplément d'âme".

La couleur sepia de la couverture, cet oiseau assis sur le parapet, regardant au loin alors qu'une foule s'agglutine à l'arrière plan, m'ont interpellée et j'ai bien fait.


Dès l'ouverture de l'album, je mesure la sensibilité de l'illustrateur, Alain KOKOR. Cette BD est en réalité dédiée à sa mère, Noëlla, décédée en 2011. Il évoque les belles âmes rencontrées et qu'il a envie de remercier pour leur soutien :


Vraiment cette liste serait très grande et à l'imaginer, très colorée par toutes les sonorités des noms rencontrés pendant ce voyage.

L'histoire se passe à Dublin. Un homme, récemment recruté, prend ses repères. Il aime, sur le temps du déjeuner, s'isoler, partir se ressourcer au bord du quai, regarder l'horizon. Tous l'observent, écrivent leur scénario d'un film dont ils n'ont pas la maîtrise. Certains l'imaginent muet, d'autres écrivain. Willie, artiste, le voit homme-oiseau. Chacun, consciemment ou non, se règle finalement sur ses horaires alors quand il disparaît... là commence une nouvelle histoire, pour le meilleur comme pour le pire !

Supplément d'âme d'Alain KOKOR

Chacun, consciemment ou non, se règle finalement sur ses horaires alors quand il disparaît... là commence une nouvelle histoire, pour le meilleur comme pour le pire !

Ce récit est romantique à l'envi. Il suscite la tendresse, la douceur, éveille les sentiments, incite à la rêverie, la mélancolie. Avec ces nuances de marron, l'album prend une dimension chaleureuse. Le sepia rappelle les aquarelles et inspire une atmosphère sereine, bienveillante, délicate. Le côté onirique des premières pages avec ce rêve de voler ne fait que renforcer la poésie de l'album et pourtant...
 

Supplément d'âme d'Alain KOKOR

Ce roman graphique met le doigt sur un sujet de société, l'isolement, ou plutôt la solitude. Certains la subissent, d'autres en rêvent. Là, un homme qui apprécie de s'isoler devient immédiatement suspect. Il suscite les interprétations de ses congénères. Par cet acte volontaire, parfaitement assumé, cet homme devient différent, celui qui ne fait pas comme tout le monde, celui qui fuit le monde. Le scénariste et illustrateur nous interroge ainsi sur ce que l'on souhaite, nous, faire dans cette société, quelle place on souhaite y occuper. 

Cette BD va plus loin. C'est une satire des réseaux sociaux dans tout ce qu'ils ont de plus pervers, annihilant toute singularité. Alors, bien sûr, aujourd'hui, nous pensons aux réseaux de la toile avec tous ces amis virtuels. Mais depuis la nuit des temps, les hommes se sont intéressés à ce que faisaient les autres, calquant pour le plus grand nombre leurs comportements sur ceux des voisins. Le sepia une nouvelle fois prend tout son sens en donnant un côté rétro à l'album, qu'il s'agisse de l'actualité ou de faits de longue date, finalement, rien n'a changé ! Vous connaissez l'histoire rabelaisienne des moutons de Panurge, et bien Alain KOKOR nous en livre une jolie représentation.

Je suis tombée sous le charme de ce très bel album et du graphisme d'Alain KOKOR. Je pourrais bien retenir son nom. Vous en pensez quoi, vous ?
 

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2018-01-17T07:00:00+01:00

Prévert, inventeur de Christian CAILLEAUX et Hervé BOURHIS

Publié par Tlivres
Prévert, inventeur de Christian CAILLEAUX et Hervé BOURHIS

Editions Dupuis, collection Aire libre

 

Trouver une BD dans une bibliothèque est toujours un exercice difficile pour moi, allez savoir pourquoi ?

Impossible de trouver un(e) auteur(e), un titre. Alors, maintenant, j'ai trouvé la solution, ne pas avoir de références en tête, déambuler dans les rayonnages et se laisser happer par une BD qui dépasse, une qui est rangée différemment, une qui s'offre à moi tout simplement.

Et samedi, la magie a opéré ! J'ai découvert la BD "Prévert, inventeur" dessinée par Christian CAILLEAUX et dont le scénario a été monté par Hervé BOURHIS. Une pépite !

Consacrer une BD à Jacques PREVERT, avouons que l'objet est de prédilection. Il s'agit du tome 1, qui retrace la vie du poète de 1921 à 1930.

Tout commence à Constantinople, en 1921. Il n'a alors que 21 ans. Il réalise en Turquie son service militaire.

A son retour sur Paris, il fréquente la librairie d'Adrienne Monnier. Tiens, tiens, celle-là même que fréquentait Edmond Charlot. Vous vous souvenez ? Kaouther ADMINI lui consacre son roman : "Nos richesses", Prix Renaudot et Prix du Style 2017.

Il côtoie André BRETON, Louis ARAGON, Robert DESNOS, tous ces intellectuels aux discussions animées et soirées enivrées. Nous sommes en pleine période du surréalisme.

Prévert, inventeur de Christian CAILLEAUX et Hervé BOURHIS

Le café de Flore y accueille tous ces passionnés de cinéma, théâtre, littérature. Ils partagent un esprit "indéfinissable" !

Prévert, inventeur de Christian CAILLEAUX et Hervé BOURHIS

Jacques PREVERT, comme les autres artistes, créent, expérimentent... c'est ainsi qu'ils inventent le cadavre exquis !

On le quitte quand il publie "Dîner de têtes" dans la revue "Commerce" de Gallimard. Nous sommes alors en 1931. Jacques PREVERT se revendique cinéaste.

 

Prévert, inventeur de Christian CAILLEAUX et Hervé BOURHIS

Cette BD est splendide.

Outre le fait qu'elle dresse la biographie d'un personnage hors du commun dans une période où le vent de l'avant-garde donne un nouveau souffle à des hommes qui imaginent un monde différent, elle est particulièrement séduisante à regarder.

Le graphisme est élégant, coloré, il évoque une époque où le raffinement flirte avec l'excentricité, où la fête et les soirées mondaines sont le quotidien des artistes.

Elle révèle un univers parisien à la pointe du changement dans un scénario qui m'a largement rappelé, dans un autre registre, le roman de Gaëlle NOHANT "Légende d'un dormeur éveillé". J'ai pris plaisir à retrouver la trace de Robert DESNOS. 

J'ai déjà hâte de lire le 2ème tome. J'ose espérer pouvoir le trouver dans les méandres de ma bibliothèque préférée !

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2018-01-10T07:00:00+01:00

Une soeur de Bastien VIVES

Publié par Tlivres
Une soeur de Bastien VIVES

Casterman

"Une soeur" est le dernier album de Bastien VIVES sorti en mais 2017. J'avais découvert le graphisme de cet auteur avec Polina, à l'époque, je n'avais pas rédigé de chronique. Alors, je me lance !

2 frères se retrouvent à passer leurs vacances d'été en Bretagne dans la maison familiale. Antoine a 13 ans, Titi un peu moins. Au programme, le dessin et les pokemons. Enfin, ça, c'était avant que n'arrive Hélène, la fille d'une amie des parents. Hélène a 16 ans. Commence alors le parcours initiatique d'Antoine sur la voie de l'adolescence.

La première cigarette, la première gorgée (voire un peu plus) de vin, les premiers baisers... du petit garçon timoré, Antoine va évoluer sur le chemin de l'invincibilité. En l'espace d'une semaine, l'adolescent est métamorphosé !

 

Une soeur de Bastien VIVES

La première cigarette, la première gorgée (voire un peu plus) de vin, les premiers baisers... du petit garçon timoré, Antoine va évoluer sur le chemin de l'invincibilité. En l'espace d'une semaine, l'adolescent est métamorphosé !

Une soeur de Bastien VIVES

C'est un bel album au graphisme simplifié à l'envi. Monochrome, les dessins se suffisent à eux-mêmes pour évoquer cette période stratégique qui se joue entre l'enfance et l'adolescence.

Les visages sont tout juste estompés mais ils suffisent à exprimer les émotions. 

Le scénariste et illustrateur (Bastien VIVES fait tout !) focalise sur ces trois personnes, l'environnement familial, amical... vient seulement nourrir quelques pages. Cette manière d'aborder le sujet permet à lui-seul de montrer à quel point les adolescents ont besoin d'être seul (enfin presque) pour vivre l'aventure de grandir.

La calligraphie, en lettres majuscules, est facile à lire.

J'ai passé un bon moment avec ce roman graphique. Et vous, vous l'avez lu ?

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2018-01-03T07:00:00+01:00

Les apprentissages de Colette par Annie GOETZINGER

Publié par Tlivres
Les apprentissages de Colette par Annie GOETZINGER

Editions Dargaud

 

Annie GOETZINGER, illustratrice, s'est éteinte le 20 décembre 2017.

J'avais eu la chance de la rencontrer sur le Salon du Livre de Paris et d'échanger avec elle le temps d'une dédicace. C'est donc assez naturellement que je vous propose de lui consacrer ma 1ère chronique BD 2018.

"Les apprentissages de Colette", c'est son dernier graphique.

Il commence avec le mariage de Sidoine-Gabrielle Colette après deux années de fiançailles avec Willy, journaliste à l'Echo de Paris. Nous sommes en 1893. Elle quitte sa campagne de Chatillon-Coligny pour être introduite dans l'univers mondain du Quartier Latin.

Elle découvre la vie parisienne dans tout ce qu'elle a de plus faste. Elle côtoie les hommes de pouvoir et leurs épouses, elle s'adonne aux activités les plus voluptueuses, comme son mari d'ailleurs. Elle découvre ses infidélités.

Son couple n'y survivra pas. Elle vivra ensuite plusieurs autres histoires d'amour.

Colette est une femme éprise de liberté. Elle se met à la danse, au mime. 

Les apprentissages de Colette par Annie GOETZINGER

Elle se consacre aussi à l'écriture. La série des "Claudine" avait été spoliée par son mari, elle réussira à s'affranchir de sa pression pour publier en son nom. Elle sera l'une des premier(e)s écrivain(e)s à publier des chroniques cinématographiques.

Elle sera mère à 40 ans mais Bel-Gazou ne saura la retenir. Colette est une femme éprise de liberté. Le reste de sa vie sera consacré à la création artistique.

 

Les apprentissages de Colette par Annie GOETZINGER

Le reste de sa vie sera consacré à la création artistique.

L'album s'achève en 1923 quand Colette se sépare de son deuxième mari, Henry de Jouvenel. Elle entretient alors une relation amoureuse avec son fils.

Annie GOETZINGER nous livre un roman graphique au graphisme gracieux, sensuel. Formée à l'Ecole des Arts Appliqués, elle étudie plus particulièrement le dessin de la mode. Son coup de crayon, élégant et distingué, se prête tout à fait à l'euphorie et la désinvolture des années folles, l'ambiance libertine du moment, la vie n'est alors que jouissance et plaisir.

La calligraphie est soignée et raffinée, elle accompagne à merveille cet album aux couleurs pastelles.

Assurément, un très bel album.

Les mots me manquent pour rendre l'hommage qu'il se doit à cette grande Dame de la BD.

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2017-02-13T18:23:53+01:00

Olympe de GOUGES selon CATEL et BOCQUET

Publié par Tlivres
Olympe de GOUGES selon CATEL et BOCQUET

Olympe de GOUGES, je connaissais d'elle sa Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne de 1791, je connaissais ses combats féministes et sa triste fin, mais il ne s'agit là en réalité que de quelques éléments de sa vie qui ne sauraient représenter à eux-seuls un itinéraire remarquable.

CATEL et BOCQUET se sont attachés à la  réalisation d'une biographie à la hauteur du personnage.

Olympe de GOUGES est en réalité née Marie GOUZE. Elle se marie toute jeune, elle a un fils Pierre. Il faut dire qu'à l'époque la condition féminine se résumait bien souvent aux missions de mère et femme de maison.

 

Lors de la crue du Tarn, son mari participe aux opérations de sauvetage. Quelques jours plus tard, il s'éteint. Marie n'a alors que 18 ans, elle est déjà veuve.

Très sensible aux écrits des grands hommes (Voltaire, Rousseau...), elle revendique sa liberté et refuse un nouveau mariage. Elle décide de se faire appeler Olympe de GOUGES, une toute nouvelle vie commence alors pour elle.

Elle entretient une relation amoureuse avec un homme qui la comprend et la considère en tant que femme, un statut moderne pour l'époque.

 

Il imagine un contrat sur la base d'un emprunt fictif pour assurer l'avenir d'Olympe et son fils.

Parallèlement, Olympe de GOUGES se rebelle contre la condition des noirs, l'esclavage, elle revendique un traitement égalitaire, c'est d'ailleurs son 1er combat qui lui donnera ensuite l'idée de défendre les femmes.

 

Avide de culture et notamment de théâtre, Olympe écrit. Grâce à son réseau de connaissances établi dans le milieu, elle réussit à faire jouer sa pièce "Zamore et Mirza" à la Comédie Française. Les deux personnages principaux sont des fugitifs noirs.

S'en suit une large polémique, ses propos révolutionnaires faillirent lui coûter la vie, ça ne sera finalement que partie remise.

 

Son combat personnel est porté par l'émulation des grandes découvertes, ainsi assiste-t-on au 1er vol d'une montgolfière... 

 

mais il intervient aussi dans un contexte historique singulier, le peuple est affamé et les femmes prennent la tête des revendications en organisant une marche qui les conduira à Versailles !

 

Olympe de GOUGES écrit alors sa Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne, un texte très avant-gardiste qu'elle remet à Madame La Princesse de Lamballe.

 

Elle fera le pas de trop. Sa critique de Robespierre aura raison d'elle. Emprisonnée elle continuera pourtant d'écrire ! 

 

Elle sera guillotinée en novembre 1793.

Ce roman graphique est une véritable pépite.

D'abord, il rend hommage à une grande dame du 18ème siècle, l'une de ces femmes qui faisaient de l'égalité le combat de leur vie. La composition de cette biographie est assurée avec brio, de nombreuses références viennent étayer le propos et le réseau de relations d'Olympe de GOUGES est recomposé avec minutie, chacun pourra y puiser des portraits d'hommes et de femmes qui ont marqué cette époque.

Et puis, sur la forme, il est aussi à saluer. Le graphisme en monochrome se suffit à lui-même, les textes et leur police de caractères permettent de lire ce gros volume quasiment d'une traite.

Cette BD, c'est la 2ème du genre que je me plais à savourer. J'avais pris un énorme plaisir à découvrir la vie de Joséphine BAKER, j'ai replongé avec tout autant d'enthousiasme dans la collection Casterman écritures pour explorer l'itinéraire d'Olympe de GOUGES.

En refermant le 2ème volume de la collection, je me fais la réflexion que ces femmes étaient nées bâtardes toutes les 2, qu'elles furent élevées par des mères libertines toutes les 2. De là à y voir une forme d'éducation propice à mener des combats d'intérêt général, il n'y a qu'un pas... que je ne franchirai pas ! Vous, si ? 

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2017-01-14T17:44:33+01:00

Joséphine BAKER par CATEL et BOCQUET

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Joséphine BAKER par CATEL et BOCQUET

Autant vous le dire tout de suite, c'est un coup de coeur. Je suis tombée sous le charme de ce roman graphique qui honore une femme noire américaine aux nombreux combats.

 

Le 8 mars 2016 (tiens, la journée internationale des droits des femmes, coïncidence ou choix délibéré ?), Pénélope BAGIEU brossait un très beau portrait de cette femme mythique dans le blog "Les Culottées".

 

Depuis, elle a pris place dans la BD du même nom qui vient de sortir !

Cette fois, c'est une biographie complète qui lui est consacrée dans le cadre d'un roman graphique édité par Casterman écritures, signé de Catel Muller et José−Louis Bocquet. Merci à ma grande fille de me l'avoir fait découvrir !


Joséphine BAKER naît le 3 juin 1906 sous le nom de Freda Joséphine McDonald à Saint−Louis dans le Missouri aux Etats−Unis. Son enfance est chahutée par la vie de couple tumultueuse de ses parents. Elle est élevée par sa grand−mère et sa tante Elvara. Elle rejoindra sa mère qui s'est remariée, retrouvera son frère Richard et fera connaissance avec ses 2 nouveaux enfants. Lors des visites du zoo, Joséphine se faisait remarquer pour son imitation des singes, ce qui lui valait des réprimandes systématiques. Et puis, adolescente, elle aide sa mère financièrement à nourrir la famille grâce à un emploi de femme de maison chez une patronne qui la maltraite. Elle se marie à l'âge de 13 ans. Lors d'une altercation, elle se défend en cassant une bouteille sur le crâne de son mari. Ce mariage ne sera que le 1er d'une longue série et Joséphine ne manquera jamais une occasion de se défendre bec et ongles toute sa vie durant. A partir de 1919, elle se produit en spectacles au Booker T. Washington Theater. Son début de carrière est fulgurant, malheureusement, elle se heurte à la ségrégation noire. 

 

 

Joséphine BAKER par CATEL et BOCQUET

C'est là qu'elle croise le chemin de Caroline Dudley qui lui propose un spectacle avec des noirs américains en France, à Paris. L'aventure internationale commence. Nous sommes en 1925, Joséphine BAKER se fait connaître des français avec cette danse animale, primitive, du Théâtre des Champs Elysées. Après une escapade à Berlin, elle revient à Paris où elle intègre les Folies−Bergère.


La femme artiste est largement honorée par ce très beau roman graphique mais il y a un autre portrait de cette femme qui est brossé et sur lequel je voudrais insister.


Alors que la 2ème guerre mondiale s'invite en France, Joséphine BAKER va s'expatrier pour transmettre des documents secrets vers Londres à partir de l'Afrique du Nord. C'est sur ce territoire que les Américains débarqueront en premier, dès 1942. Elle accompagnera la libération de spectacles donnés à titre gracieux pour célébrer l'action des soldats. Elle se produira en 1943 devant des G.I. noirs américains.

 

Joséphine BAKER par CATEL et BOCQUET

C'est également en Afrique du Nord qu'elle tombera malade, elle passera de nombreux mois alitée et perdra sa capacité d'enfanter.


A son retour du Japon où elle rencontre son amie Miki, elle décide d'adopter des enfants orphelins de pays en guerre, elle crée la tribu arc en ciel. Non seulement, ces enfants auront toutes les couleurs de peau, mais ils seront également de toutes les religions, de quoi nous donner à méditer....

 

Joséphine BAKER par CATEL et BOCQUET

Joséphine BAKER n'oubliera pas son pays d'origine et la condition noire. Elle sera aux côtés de Martin Luther King le 28 août 1963 pour cette marche sur Washington. Elle tiendra ce discours :

 


Vous savez, mes amis, que je ne mens pas quand je vous raconte que je suis entrée dans les palaces de rois et de reines, dans les maisons de présidents. Et bien plus encore. Mais je ne pouvais pas entrer dans un hôtel en Amérique et boire une tasse de café. Et cela m'a rendue furieuse.


C'est là que lui tiendra ce propos "I have a dream" qui résonne tellement avec l'actualité américaine.

 

Joséphine BAKER par CATEL et BOCQUET

Après avoir élevé seule ses 12 enfants et avoir retrouvé la scène parisienne avec un succès inoubliable 50 ans après son 1er spectacle, Joséphine BAKER s'éteint d'une hémorragie cérébrale, elle est inhumée à Monte Carle.


Joséphine BAKER est pour moi une grande femme, de celles qui ont su se battre pour leur destin mais aussi pour celui des autres, de celles qui nous ont laissé une marque de leur philosophie, et qu'on aimerait tellement voir aujourd'hui. C'est un immense plaisir de partager avec vous ce roman graphique à la hauteur de ce personnage hors du commun, que dis−je, de cette FEMME extraordinaire.


Un mot avant de vous quitter du graphisme de ce roman. Un bijou tout simplement. En version monochrome, c'est peut−être là que le talent des illustrateurs s'exprime le mieux. CATEL et BOCQUET ont allègrement relevé le défi avec brio. Quant à la police de caractères, que les Editions Casterman écritures ne changent rien, tout est parfait !

 

Impossible de se quitter sans écouter

"J'ai deux amours",

souvenez-vous, c'était en 1968.

La voix à Joséphine BAKER en personne !

 

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2017-01-02T19:33:10+01:00

Ida de Chloé CRUCHAUDET

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Ida de Chloé CRUCHAUDET

Editions Delcourt

Pour commencer l'année en beauté, je vous propose une BD, un magnifique album !

Chloé CRUCHAUDET, vous vous souvenez ? Il s'agit de l'auteure de Mauvais genre, cette BD qui lui a permis de se faire un nom dans un univers bourré de talents où malheureusement, le risque de passer inaperçu est grand !

Je ne voudrais pas revenir sur la polémique du Festival d'Angoulême, version 2016, mais quand même ! Chloé CRUCHAUDET fait partie de ces femmes remarquables. Elle cumule les fonctions de scénariste, dessinatrice, coloriste. C'est suffisamment rare pour être signalé.

Donc, revenons à l'oeuvre : "Ida".

Il s'agit en réalité d'une intégrale, c'est-à-dire la compilation de 3 tomes. Vous y trouverez :

- Grandeur et humiliation,

- Candeur et abomination, 

- Stupeur et révélation !

 

 

Ida de Chloé CRUCHAUDET

Côté scénario, tout part des souffrances de la jeune Ida Von Erkentrud. Elle vit à Bâle en Suisse dans un milieu favorisé. Nous sommes à la fin du XIXème siècle. Les médecins .n'arrivent pas à soigner ses maux. L'idée d'un voyage autour du monde fait son chemin, de nouveaux horizons pour lui offrir la guérison.

Elle prend tout d'abord la direction de la Côte d'Azur en France où les premiers effets se font sentir. Et puis, il y aura Tanger, le continent Africain...

Au gré des rencontres, Ida va apprendre à côtoyer l'Autre, faire sa connaissance. Elle ne sera pas épargnée par le côté guerrier de l'être humain. Elle pourra se ressourcer auprès de religieuses.

Cet album, c'est un récit d'aventure, un voyage à travers les territoires sur fond d'imaginaire.

Ida de Chloé CRUCHAUDET

Cet album, c'est un vrai plaisir pour les yeux, des pages toutes en couleur... 

Ida de Chloé CRUCHAUDET

Rencontrer l'illustratrice, en chair et en os, et profiter de son temps  de dédicace pour converser, ça relève toujours du rêve... et bien, le Festival Mots et Marées de Carnac l'a fait !

 

Ida de Chloé CRUCHAUDET

Quant à parler de la beauté de la signature, il n'y a qu'un pas... je vous laisse tout simplement admirer !

Ida de Chloé CRUCHAUDET

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2016-12-26T07:30:00+01:00

Culottées, tome 1, de Pénélope BAGIEU

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Culottées, tome 1, de Pénélope BAGIEU

Editeur : Gallimard Jeunesse (22 septembre 2016)


Quel plus bel honneur aux femmes que celui réalisé par Pénélope BAGIEU, cette jeune illustratrice bourrée de talent !

Elle a choisi de croquer des femmes ayant de la personnalité, celles que rien ne saurait arrêter et qui "ne font que ce qu'elles veulent", des "Culottées" quoi  !


Ce nom est celui retenu pour un blog hébergé tout au long de 2016 par le Journal "Le Monde" et dont je vous ai relayé quelques portraits cette année...
 

 

Culottées, tome 1, de Pénélope BAGIEU
Culottées, tome 1, de Pénélope BAGIEU

Et puis c'est désormais le titre d'une magnifique BD éditée en septembre 2016 et qui reprend 15 portraits de ces femmes hors du commun. 

 

Pénélope BAGIEU nous transporte dans un voyage dans le passé, en passant par les 5 continents et à travers de nombreux domaines d'activités. Et oui, les femmes sont toutes là, encore faut-il que les hommes les reconnaissent !


Personnellement, j'ai beaucoup aimé les pages dédiées à Joséphine BAKER...

 

Culottées, tome 1, de Pénélope BAGIEU

Le graphisme y est ciselé, les couleurs chatoyantes et les expressions des personnages bien représentées.

 

C'est une très belle BD et le tome 2 sortira en janvier 2017, qu'on se le dise !

 

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2016-08-11T11:14:55+02:00

Facteur pour femmes de Didier QUELLA-GUYOT et Sébastien MORICE

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Facteur pour femmes de Didier QUELLA-GUYOT et Sébastien MORICE

J’ai suivi les avis de Sabine, Noukette, Krol... et j’ai bien fait !

Après un Océan d’amour de LUPANO et PANACCIONE me voilà de retour en Bretagne.

Enfin… presque !

Comme le précise Sébastien MORICE en préambule, « ne cherchez pas cette île sur une carte, vous ne la trouverez pas. Pourtant elle existe bel et bien. Elle est dans ma tête, dans mes souvenirs. »

Cette BD est inspirée des nombreuses excursions réalisées par l’illustrateur avec son père dans cette région, en quête de poissons à pêcher et autres crustacés à ramasser.

Pour le scénario, c’est Didier QUELLA-GUYOT qui s’y est attelé et il n’a pas manqué d’imagination. Il s’est même laissé un peu aller…

Tout se passe sur fond de 1ère guerre mondiale. Les hommes de l’île prennent connaissance de l’ordre de mobilisation générale, seuls les handicapés en seront exonérés, à l’image de Maël au pied-bot. Alors que les femmes s’organisent pour assurer les travaux du quotidien, Maël, lui, va se voir confier une mission, celle de distribuer le courrier ! A vélo, il parcourt l’île pour remettre les précieuses lettres arrivées du front aux femmes esseulées. Il va s’accommoder de quelques réalités… et se retrouver bien malgré lui dans des situations particulièrement délicates. Son parcours initiatique est engagé !

Cet album est tout simplement superbe. Le graphisme y est fin et les personnages très expressifs. Le sujet est grave mais les couleurs sont chaudes. Le ton est joyeux et les personnages attachants. Les bulles y sont complétées par du texte en majuscule, ce qui facilite sa lecture (j’avoue être délicate avec la police de caractère employée !).

C’est un album très émouvant, il est gai, lumineux, drôle, tendre, généreux, triste, audacieux, loufoque… et plus encore ! J’ai passé un très agréable moment à découvrir cette BD et je compte bien ne pas en rester là !

Les 2 compères, Didier QUELLA-GUYOT et Sébastien MORICE, n'en sont pas à leur première collaboration. Je viens de découvrir sur la toile Papeete qui aborde la même période mais dans un tout autre environnement puisque l’histoire se passe à Tahiti. Il y a eu également Boitelle et le café colonies, une adaptation de la nouvelle de Guy de MAUPASSANT. Vous les connaissez peut-être ?

De mon côté, je crois que je vais retourner faire un petit tour au rayon BD de ma Bibliothèque préférée…

Facteur pour femmes de Didier QUELLA-GUYOT et Sébastien MORICE
Facteur pour femmes de Didier QUELLA-GUYOT et Sébastien MORICE

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2016-07-15T09:47:27+02:00

Catharsis de LUZ

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Catharsis de LUZ

Quand je suis passée dans le rayon BD de ma Bibliothèque préférée, et que j'ai remarqué la couverture de Catharsis de LUZ, je ne croyais vraiment pas que ce serait de circonstance... malheureusement !


Et pour autant, quand un acte terroriste plonge des dizaines de familles dans le deuil avec la disparition, dans des conditions inqualifiables, d'êtres chers, je m'interroge toujours sur le lendemain... comment faire en sorte que la vie continue ?


C'est ce que décrit cette magnifique BD signée de LUZ, ce dessinateur de l'équipe de Charlie Hebdo tombée sous les balles le 7 janvier 2015. Lui fait partie des survivants !


J'ai été profondément émue par le message d'introduction de LUZ et ses retrouvailles avec le dessin, son plus fidèle ami :

Catharsis de LUZ

et puis par quelques planches comme celle de la peur au ventre, la fameuse Ginette :

Catharsis de LUZ

Mais il y a aussi "La veille chez le psy", un grand moment. On y découvre que LUZ est né un 7 janvier, le jour des attentats était donc aussi le jour de son anniversaire !

Rire de ça est encore possible, incroyable !


Parce qu'un homme reste lui-même et qu'un caricaturiste, quand il a retrouvé la voie du dessin, ne peut résister à l'envie de tourner en dérision ce qu'il voit, ce qu'il fait...


Le passage des crayons est truculent, et là, il se moque bien de toutes les formes d'hommages que nous avons pu faire aux dessinateurs avec nos crayons de bois...


Sa visite à CHARB, "Faut que je te raconte" au cimetière est aussi très drôle.


Quant à cette planche "Une forte envie de chier", un petit bonheur ! Vous vous souvenez peut-être de ce moment grave, hautement cérémonial, où Patrick PELLOUX est pris d'un fou rire quand il embrasse le Président de la République alors même que plus d'une quarantaine de Chefs d'Etat sont sur une même ligne, prêts à commencer la marche républicaine du 11 janvier 2015 qui unira à Paris plus d'1,5 million de personnes...


Si vous vous en souvenez, j'en suis persuadée, vous en avez encore le sourire aux lèvres.


Si vous étiez passé(e) à côté, impossible de vous laisser dans l'ignorance plus longtemps...

Catharsis de LUZ

A ceux qui se posent encore la question de savoir comment LUZ peut continuer d'avancer, voici la dernière phrase de l'album qui en dit long sur le pouvoir de l'amour :

Catharsis de LUZ

C'est une très belle BD avec un graphisme tout en noir, ponctué parfois de rouge, mais finalement haut en couleur...

C'est un message d'espoir. Quel talent !

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2016-06-12T12:15:12+02:00

Un océan d'amour de LUPANO et PANACCIONE

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Un océan d'amour de LUPANO et PANACCIONE

Il est toujours très difficile pour moi de choisir une BD, je n'ai pas assez de connaissances dans le domaine et quand j'ai réussi à identifier un.e scénariste, un.e illustrateur.trice, j'ai beaucoup de mal à les trouver dans les bacs en Bibliothèque, à croire que les règles de classement de ce genre littéraire ne correspondent en rien à celles des romans et autres policiers !


Mais je m'y intéresse et je garde en mémoire quelques unes de vos chroniques publiées sur la toile comme celle de Noukette pour celle-ci.


Et par ailleurs, elle fait partie du Prix BD Cezam 2016 ! Impossible de passer à côté... et en plus, c'est un très bon choix !


Un peu déstabilisante au début, cette BD ne comporte pas de texte. Alors, votre regard suit les images une à une et s'imprègne de la vie d'un couple qui vit en Bretagne. Elle, Bretonne jusque dans la coiffe, cuisine pour son mari et quand il est en mer, à bord de sa toute petite embarcation, elle lui prévoit systématiquement une boite de sardines. Mais voilà, un jour, son bateau ne rentre pas au port... De folles aventures vont alors commencer pour elle, qui part à sa recherche, pour lui qui doit affronter les éléments naturels mais aussi tout ce qui constitue aujourd'hui l'océan...


Cette BD, c'est un régal. Cet album est plein d'humour, d'amour et de tendresse, à l'image de sa 4ème de couverture composée comme une recette de cuisine.


Le graphisme est magnifique. En l'absence de textes, seuls les dessins se font les porteurs d'un message et les diffuseurs d'une émotion, là c'est réussi, c'est dire le talent de ses créateurs. D'ailleurs, ce sont eux qui en parlent le mieux, consultez la page dédiée à cette BD sur le blog du Journal le Monde.

Je vous la conseille assurément !

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2016-02-14T20:40:04+01:00

California Dreamin' de Pénélope BAGIEU

Publié par Tlivres
California Dreamin' de Pénélope BAGIEU

Pénélope BAGIEU aime "croquer" les femmes !


Je ne manque pas de vous le rappeler chaque mardi avec la diffusion de ces portraits sur le site du journal "Le Monde".

Le blog "Les Culottées" nous réserve toujours de magnifiques petites perles !


Et bien là, il ne s'agit pas d'un article hebdomadaire mais bien d'une BD toute entière dédiée à une femme, il faut bien le dire, exceptionnelle.


"Ellen Cohen rêve de devenir chanteuse. Sa voix est incroyable, sa personnalité aussi excentrique qu'attachante, son besoin d'amour inextinguible. A l'aube des années 1960, elle quitte Baltimore pour échapper à son avenir de vendeuse de pastrami et tenter sa chance à New York".


En fait, c'est Mama Cass, la chanteuse de "The Mamas ans The Papas" dont l'un des tubes est "California Dreamin'", d'où le titre de la BD !

California Dreamin' de Pénélope BAGIEU

Cette BD est remarquable pour la technique mais là, c'est Pénélope BAGIEU qui en parle le mieux, alors, je lui laisse la parole...


Elle est remarquable aussi parce qu'elle met en lumière une femme au parcours incroyable, une femme qui allait jusqu'au bout de ses convictions, une femme qui s'assumait comme elle était.


Je vous la conseille assurément.

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2016-01-18T13:13:42+01:00

L'Arabe du futur de Riad SATTOUF

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L'Arabe du futur de Riad SATTOUF

C'est un réel plaisir de retrouver Riad SATTOUF pour l'Arabe du futur 2.


Sur la forme, rien ne change : même graphisme, mêmes couleurs, même police de caractère, toujours ces petites annotations pour éclairer le lecteur sur l'ambiance, l'atmosphère, l'environnement... tout est normal puisque nous sommes dans le n° 2 !


Sur le fond, nous poursuivons donc avec cette BD autobiographique. Le petit Riad a grandi, nous sommes en 1984-1985 et comme le dit la 4ème de couverture : "Ce livre raconte l'histoire vraie d'un écolier blond dans la Syrie d'Hafez Al-Assad".


Riad a 6 ans, l'âge d'aller à l'école. Sa mère a bien essayé par tous les moyens de retarder cette entrée en classe mais en vain. Elle doit bien accepter de le laisser grandir !


Riad découvre un nouvel univers. Il est surpris par le comportement de la maîtresse, par la violence du maître qui lui succédera, par la nécessité d'apprendre par coeur le texte du Coran sans aucune explication...


Stigmatisé pour ses cheveux blonds, Riad continue d'être victime de violences, d'actes anti-sémites. La guerre contre Israël fait des émules dans la jeune génération.


La mère de Riad se plaignant du manque de modernisme en Syrie et des conditions de vie des femmes notamment pour cuisiner, son mari décide de partir à la recherche de l'électroménager qu'il lui faut. Sous les yeux de Riad se dévoilent le marché noir, la corruption, les biens arrivant du Liban dans les coffres des voitures de taxi.


Riad entend aussi les traductions peu scrupuleuses de son père qui s'accommode des réalités pour plaire tantôt à sa femme, tantôt à sa famille syrienne.


Quand Riad revient au Cap Fréhel le temps de vacances en France, le choc des cultures est grand, Riad s'imprégnant de tout ce qui l'entoure. Il a quitté une grand-mère paternelle voilée, confinée à la maison, que la famille s'attache à couvrir le soir de dizaines de couvertures à l'image d'un tombeau, et découvre une grand-mère maternelle divorcée, libre de ses mouvements, qui vit seule, qui l'emmène à la pêche aux coquillages !


La référence aux vestiges archéologiques de Palmyre m'a peinée. Les ruines étaient inscrites au Patrimoine Mondial de l'Unesco depuis 1980, elles figurent désormais dans la liste des biens "en péril"... une seule consolation, Riad les a vues !

A découvrir absolument. Vivement le n° 3...

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2016-01-11T22:30:39+01:00

L'Arabe du futur de Riad SATTOUF

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L'Arabe du futur de Riad SATTOUF

Riad SATTOUF, on ne parle que de lui ces derniers jours et il le vaut bien !


Riad SATTOUF est cet homme qui a fait trembler le monde du Festival BD d'Angoulême et qui a révélé, au grand jour, l'absence totale de femmes sur la liste des 30 nominés.


Alors que le Collectif des créatrices de BD contre le sexisme avait appelé au boycott du Festival et que personne n'avait réagi, ou presque, il n'aura fallu qu'un post de Riad SATTOUF pour faire exploser la bulle !


Riad Sattouf
1 Mutual Friend · January 5 at 5:29pm ·

Bonjour!

J'ai découvert que j'étais dans la liste des nominés au grand prix du festival d'Angoulême de cette année. Cela m'a fait très plaisir !

Mais, il se trouve que cette liste ne comprend que des hommes.

Cela me gêne, car il y a beaucoup de grandes artistes qui mériteraient d'y être.
Je préfère donc céder ma place à par exemple, Rumiko Takahashi, Julie Doucet, Anouk Ricard, Marjane Satrapi, Catherine Meurisse (je vais pas faire la liste de tous les gens que j'aime bien hein !)...

Je demande ainsi à être retiré de cette liste, en espérant toutefois pouvoir la réintégrer le jour où elle sera plus paritaire! Merci!

On se voit à Angoulême!

Riad

Riad SATTOUF aurait pu être une femme, peu importe. Il doit être reconnu en tant qu'individu pour les valeurs qu'il revendique mais aussi et surtout, pour son art, il s'agit d'un auteur de BD.
Il s'est fait remarquer avec "L'Arabe du futur", lauréat en 2014 du Grand Prix RTL de la BD et en 2015 du Prix du Premier Album au Festival BD d'Angoulême.


La moindre des choses, aujourd'hui, est de présenter cet album magnifique qui retrace "l'histoire vraie d'un enfant blond et de sa famille dans la Libye de Kadhafi et la Syrie d'Hafez Al-Assad", entre 1978 et 1984. Et cette histoire est celle de Riad SATTOUF justement.


Roman graphique autobiographique, "L'Arabe du futur" retrace sa petite enfance composée de voyages et marquée par le choc des cultures. Son père est Syrien, sa mère est Française. Ses parents se sont rencontrés sur les bancs de l'Université à Paris. Quand son père est diplômé, il cherche un poste qu'il trouve en Lybie. Lui et sa mère découvrent une autre manière de vivre. Pour la naissance du 2ème enfant, sa mère et Riad prennent l'avion pour la Bretagne, retour au Cap Fréhel. Un dernier voyage l'emmènera en Syrie, sur la trace des origines de son père.

L'Arabe du futur de Riad SATTOUF

Cet album est riche d'enseignements historiques. Il permet de replacer dans leurs contextes des hommes et des femmes qui ont vécu sous les régimes de Kadhafi et Hafez Al-Assad, 2 hommes arrivés au pouvoir suite à des coups d'Etat.


J'aime beaucoup le graphisme de l'album. Les dessins sont simples, la bichromie avec l'alternance de pages oranges, bleues, roses, permet de se repérer dans la chronologie des événements. La police de caractère est très lisible, ce qui permet de profiter pleinement du plaisir de la lecture.


Ce qui est très drôle, c'est l'humour de l'auteur mis au service du regard d'un enfant sur son environnement, sa famille, ses grands-parents, paternels et maternels, ses oncles et tantes, ses cousins...


Cet album met aussi le doigt sur les différences, les stéréotypes. Quand un petit garçon aux longs cheveux blond platine débarque en Lybie, tout est possible...

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