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Articles avec #mercredibd catégorie

2021-06-02T20:42:10+02:00

Il fallait que je vous le dise de Aude MERMILLIOD

Publié par Tlivres
Il fallait que je vous le dise de Aude MERMILLIOD

Il y a des sujets éminemment sensibles à aborder. Celui de l'avortement en est un que Aude MERMILLIOD se propose d'explorer dans une BD éditée chez Casterman : "Il fallait que je vous le dise".

La scénariste et illustratrice s'inspire de son expérience personnelle. Elle a 24 ans quand elle découvre qu'elle enceinte. Elle décide d'avorter. C'est son choix. Elle ne l'a jamais regretté mais elle fait part de sa grande solitude face aux émotions à ce moment précis de sa vie. Il y avait comme une incompréhension avec son entourage, ses ami.e.s, dont les réflexions lui paraissaient totalement décalées avec ce qu'elle vivait.

Sa volonté : témoigner pour être utile et rassurer celles qui ont à vivre cette douloureuse expérience. 

Le coup de crayon de la jeune femme, je ne le connaissais pas. Il est très expressif. Les planches sont réalisées dans un nuancier de couleurs pastel, plutôt chaleureuses, qui donnent un caractère profondément humain au sujet. Il s'en dégage un côté bienveillant et soutenant. C'est frais et naturel, clair et sincère.

Il fallait que je vous le dise de Aude MERMILLIOD

Et puis, il y a l'histoire, enfin, les histoires. Aude MERMILLIOD a ce coup de génie de faire se croiser deux itinéraires, le sien, en tant que femme, enceinte, inscrite dans une démarche d'interruption volontaire de grossesse, et puis, celui de Martin WINCKLER, médecin, auteur du livre "Le choeur des femmes".

Il fallait que je vous le dise de Aude MERMILLIOD

Son père, à lui, pratiquait des I.V.G. clandestines. Il a donc été bercé par la démarche. Pour autant, lorsqu'il a été amené à remplacer une amie au Planning familial, il a mesuré tout le travail à réaliser pour accompagner dignement les femmes dans ce qu'elles vivaient de terrifiant. L'homme qui, aujourd'hui, a 66 ans, est humble et modeste. ll revient sur son itinéraire avec une profonde humilité. Il a pourtant fait de l'écoute des femmes, et des hommes aussi, une pratique quotidienne au point d'en nourrir le coeur de ses écrits. L'homme est bon et généreux. Il est dans la compréhension de chaque situation.

Le procédé est judicieux et parfaitement réussi. Le regard croisé est très éclairant. Le propos est délicat et sonne juste. J'aime quand l'artiste dit :


Essayer de mettre des mots dessus, et si ça ne peut pas se dire, peut-être que ça peut se dessiner.

Bravo à Aude MERMILLIOD pour cet acte qui, s'il n'est pas militant, contribue à lever l'omerta sur l'avortement et à nourrir le pouvoir d'émancipation des femmes.

Merci à Laëtitia du book club. Cette BD est une pépite !

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2021-04-28T17:00:00+02:00

Garder le cap de Sempé

Publié par Tlivres
Garder le cap de Sempé

"Garder le cap", il n'a jamais été aussi difficile aujourd'hui de le  faire dans un contexte sanitaire éminemment protocolaire, un contexte économique au bord de l'explosion, un contexte social on ne peut plus déprimant, bref, plus rien ne va... ou presque !

"Garder le cap", c'est aussi le titre d'un très bel album de Sempé publié en 2020 aux éditions DENOEL et Martine GOSSIEUAUX.

Sempé, vous le connaissez bien sûr, c'est l'auteur du Petit Nicolas, c'est l'artiste qui a aussi réalisé de nombreuses couvertures du New Yorker (à ce titre, je vous invite à découvrir la "Cover story : Jean-Jacques Sempé dancers" ; colorées, les illustrations sont juste magnifiques).

Cet album, c'est un très joli cadeau que je savoure comme une douce gourmandise.

A chaque jour (non pas sa peine !), mais sa joie d'un rendez-vous avec un illustrateur au trait riche et fourni, humoristique aussi.

A chaque page (ou double-page) un sujet, traité en général en monochrome (mais pas que), avec ou sans texte d'accompagnement, comme autant de prétextes à méditer. Sempé croque la vie de notre société dans un ton un brin satirique.

Personnellement, j'ai un petit faible pour ce dessin :

Garder le cap de Sempé

ou bien celui-ci :

Garder le cap de Sempé

Bien sûr, avec Sempé, le rire est parfois jaune, il suffit de regarder cette illustration qui représente, pour moi, les effets de l'action de l'homme sur Dame Nature. Et même si l'on peut continuer de s'émerveiller de sa force à "renaître de ses cendres", il n'en demeure pas moins que les effets sont dramatiques... 

 

Et puis, impossible de vous abandonner sans cette image qui, avouons-le, nous fait rêver à notre vie d'avant... tous agglutinés sur un même banc, ça deviendrait presque une bouffée d'oxygène, non ?

Un grand merci à la délicate attention qui m'a fait ce joli cadeau, "Intensive love" !

Avec "Boulevard Paris 13" de Mehdi BEN CHEIK, je suis comblée en beaux livres cette année.

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2021-01-13T18:00:00+01:00

La vie mystérieuse, insolente et héroïque du Dr James BARRY de Isabelle BAUTHIAN et Agnès MAUPRÉ

Publié par Tlivres
La vie mystérieuse, insolente et héroïque du Dr James BARRY de Isabelle BAUTHIAN et Agnès MAUPRÉ

Editions Steinkis

J’aime beaucoup les BD même si je n’en lis pas beaucoup mais je saisis toujours l’opportunité de découvrir de nouveaux talents, a fortiori quand l’album arrive jusqu’à moi, merci Petit Papa Noël.

Vous vous souvenez certainement des Culottées de Pénélope BAGIEU, ces BD qui avaient pour vocation d’honorer la mémoire de femmes EXTRAordinaires, pourtant méconnues du grand public.

La démarche d’Isabelle BAUTHIAN, scénariste, et d'Agnès MAUPRÉ, dessinatrice, s'inscrit dans la même veine en se focalisant sur un personnage de l’histoire, un médecin militaire, Dr James Barry, d’origine irlandaise, dont la féminité sera cachée toute son existence et dévoilée seulement au moment de sa mort.

Nous sommes au XIXème siècle. Les femmes ne sont pas invitées à suivre des études supérieures mais affectées, de fait, au rôle de bonnes épouses. Quant à imaginer devenir médecin, il y a un pas totalement infranchissable sauf à duper son public. C'est ce que réussira pourtant Margaret Ann BULKLEY.

Des vêtements cintrés, un peu trop près du corps, éveillent bien la curiosité de certains  hommes, mais la poitrine savamment bandée de Margaret BULKLEY réussira à tromper l'ennemi tout au long de sa carrière dans l'Armée.

Le Dr BARRY, beaucoup s'en souviennent, notamment pour ses prises de position avant-gardistes et décalées. Elle s'indigne devant le sort des indigènes, mais aussi l'incompétence de certains médecins négligents, voire incompétents.

Elle, sait et fait. Nous lui devons la première césarienne réalisée sur une femme, en Afrique.

Si le scénario relève beaucoup de l’imaginaire des autrices, la principale intéressée n’ayant pas laissé d’archives, il n’en demeure pas moins qu’avec cette  BD, sa mémoire est restaurée et l'oubli éloigné des esprits.

Le graphisme est beau, raffiné et délicat. La végétation est très présente dans des planches absolument magnifiques qui ne manqueront pas de nourrir mes dessins à venir !

Les couleurs sont chaleureuses. Choisies dans un nuancier de rose et de marron, elles témoignent de cet élan de protection largement déployé par Margaret BULKLEY auprès des plus fragiles.

Cette BD, sortie en 2020, est un très joli cadeau. Je vous la conseille absolument.

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2020-11-25T18:25:00+01:00

Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes

Publié par Tlivres
Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes

Quel plus bel ambassadeur que Botero Pop pour cette "Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes" ?

Sur Angers, si vous déambulez en centre-ville, peut-être admirerez vous le collage de "Nous toutes" réalisé sur le féminicide.

 Le créateur de ce petit personnage, que l'on voit maintenant un peu partout, en France et à l'étranger, a beaucoup de choses à dire et il ne manque pas de nous proposer, si ce n'est chaque jour, très régulièrement, un Botero Pop aux couleurs du jour.

Celui-là date un peu mais je l'ai choisi pour ce qu'il évoque et puis, aussi, pour le support qui l'accueille. Les traces des agressions laissées (par le temps mais pas que !) sur le mur sont à l'image de ce que peuvent porter les femmes aujourd'hui.

Plus que jamais, soyons uni(e)s pour lutter contre cette violence inacceptable et rappeler le 3919 (service d'écoute, d'information, d'orientation) et le SMS au 114 (quand il y a impossibilité de parler).

Je profite de cette journée pour remettre sous les projecteurs le roman de Louise MEY : "La deuxième femme", un livre nécessaire pour apprendre à décrypter le phénomène de l'emprise.

Impossible de vous quitter sans évoquer également cette BD de Thomas MATHIEU "Les crocodiles" aux éditions Le Lombard, une BD pour évoquer le harcèlement de rue. C'est ma #mercrediBD.

 

Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes

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2020-11-11T07:00:00+01:00

Kiki DE MONTPARNASSE de CATEL et BOCQUET

Publié par Tlivres
Kiki DE MONTPARNASSE de CATEL et BOCQUET

Casterman écritures

Lors d’un week-end d’escapade sur Paris, il y a eu cette première rencontre au Musée d’Art Moderne avec Kiki DE MONTPARNASSE, une sculpture réalisée par Pablo GARGALLO en 1928. « [...] il choisit le laiton : ce matériau donne au portrait un côté étincelant correspondant à la personnalité « haute en couleur » du célèbre modèle [...]. »

 

Et puis, il y a eu cette visite de l’exposition dédiée à Man REY au Musée du Luxembourg, et ce cliché de Kiki DE MONTPARNASSE.

En rentrant sur Angers, lors d’un déjeuner aux Casse-croûte de Suzie, 3 rue de l’Espine, dans la bibliothèque récemment installée, que vois-je ? Un roman graphique intitulé Kiki DE MONTPARNASSE. Les planètes étaient alignées, impossible de résister !

C’est dans un scénario de José-Louis BOCQUET et sous le crayon de CATEL que j’ai découvert la biographie de Kiki, née Alice PRIN, le 2 octobre 1901.

L’enfant est élevée par sa grand-mère. A 12 ans, elle quitte Châtillon-sur-Seine pour retrouver sa mère sur Paris. A l’époque, nous sommes dans les années 1920, les enfants peuvent travailler dès 13 ans. Kiki est employée dans une boulangerie jusqu’au jour où une remarque sur son maquillage la fait sortir de ses gonds. Kiki met un poing dans la figure à sa patronne qui la licencie sur le champ. Kiki cherche un nouvel emploi. Elle est recrutée comme modèle par un sculpteur. Lorsque sa mère la découvre à poser, nue, elle la met à la porte. Kiki doit désormais trouver un toit en plus de trouver de quoi se nourrir. Une vie de bohème commence alors. Elle va rencontrer SOUTINE, MODIGLIANI, UTRILLO, et puis, Maurice MENDJISKY avec qui elle va vivre quelques années. C’est lui qui la surnomme Kiki. Elle va poser pour FOUJITA rendu célèbre avec cette toile : « Nu couché à la toile de Jouy » en 1922. Elle découvre Man REY qui la photographie et avec qui elle va mener une relation amoureuse aussi passionnante que sulfureuse. Après une expédition à Villefranche sur Mer qui tourne mal en 1925 et lui vaudra quelques mois d’emprisonnement, Kiki se lance elle-même dans la création artistique. Ses oeuvres sont exposées au Sacre du Printemps. Elle côtoie les intellectuels et artistes du tout Paris comme Robert DESNOS. Elle publie ses mémoires. Man REY se fatigue de cet amour avec Kiki qui commence à sombrer dans le chagrin. Il y aura bien André LAROQUE, cet accordéoniste avec qui elle se produire en spectacle. Kiki chante aussi. Elle enregistre deux disques chez Polydor et s’offre son propre cabaret, peut-être les prémisses d’une fin assurée pour Kiki. L’alcool et la drogue auront raison de cette femme hors norme.

Kiki DE MONTPARNASSE a joui de la vie dans tous les sens du terme. Elle a multiplié les conquêtes. Elle a passé une partie de sa vie à poser nue pour des hommes qui l’ont sublimée. Elle a côtoyé celles et ceux qui faisaient vibrer le tout Paris, nous sommes dans les années folles.

J’ai beaucoup aimé découvrir une biographie illustrée de Kiki DE MONTPARNASSE, de surcroît dans la collection de CATEL et BOCQUET. En version monochrome, le graphisme est très réaliste. Un détail qui n’en est pas un en réalité, la police de caractères est régulière et très accessible.

Dans la même collection, j’avais découvert Joséphine BAKER, un roman graphique coup de coeur.

Alors, n’hésitez plus !

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2020-08-26T18:01:27+02:00

En attendant Bojangles d’Ingrid CHABBERT et Carole MAUREL

Publié par Tlivres
En attendant Bojangles d’Ingrid CHABBERT et Carole MAUREL
« En attendant Bojangles », c’est d’abord un premier roman découvert en 2016 (déjà !) avec les 68 Premières fois, l'occasion d'un petit clin d'oeil à toute l'équipe. Ce roman, ce fut un énorme coup de coeur pour moi.


Certains ne deviennent jamais fou... Leurs vies doivent être bien ennuyeuses.

C'est ainsi que s'ouvrait le roman d'Olivier BOURDEAUT, avec une citation de Charles BUKOWSKI, tout un programme !

 

La première planche de BD, elle, fait la place belle à la musique.

En attendant Bojangles d’Ingrid CHABBERT et Carole MAUREL

C’est dans une maison rythmée par les titres de Nina SIMONE que vit une famille pleine de fantaisie, un brin fantasque, parfois totalement déjantée. Monsieur et Madame sont amoureux fous. Ils ont un petit garçon et un animal de compagnie  d’un genre plutôt insolite, un volatile, Madame Superfétatoire !

 

Le quotidien de cette famille n’est qu’ivresse.

En attendant Bojangles d’Ingrid CHABBERT et Carole MAUREL

Leur petit chérubin ne saurait respecter les règles imposées par l’école. Papa et Maman prendront donc le relais de l’éducation de leur fils entre la maison et leur résidence secondaire, leur Château en Espagne, rien de moins !

 

La danse, les cocktails, les soirées entre amis, la folie douce de la mère, la passion dévorante de ce couple EXTRAordinaire, le désarroi du garçon, la maladie aussi, tout y est parfaitement restitué dans des illustrations lumineuses et colorées, pleines d’énergie. Il y a une effervescence et une espièglerie incroyables dans les planches dessinées par Carole MAUREL, rencontrée sur le Salon du Livre de Paris, nous avions alors échangé sur « Collaboration horizontale ».

 

Je ne connaissais pas encore le talent d’Ingrid CHABBERT. Le duo est brillant, bravo Mesdames. Votre album est un jubilé d'émotions, de tendresse et de romantisme, c’est ma #MercrediBD !

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2020-08-19T20:05:49+02:00

Otto l’homme réécrit de Marc-Antoine MATHIEU

Publié par Tlivres
La première de couverture de l’album de Marc-Antoine MATHIEU « Otto l’homme réécrit »

La première de couverture de l’album de Marc-Antoine MATHIEU « Otto l’homme réécrit »

Editions Delcourt

Ouvrir une BD de Marc-Antoine MATHIEU, Scénariste et Illustrateur, c’est embarquer pour un voyage éminemment philosophique. Avec « Otto l’homme réécrit », c’est particulièrement vrai.

Otto est un artiste. Il réalise des performances avec son corps qu’il confronte à un miroir. Et puis, un jour, en plein spectacle, c’est le vide. Le public croit un instant à un exercice parfaitement maîtrisé mais en réalité, il n’en est rien. Otto perd tous ses moyens et mesure son degré de vulnérabilité. Quelques jours après, il est informé du décès de ses parents. Il hérite d’une maison, totalement vide à l’exception d’une malle mystérieuse avec laquelle il apprendra, dans une lettre laissée à son attention par ses parents, qu’elle recèle d’innombrables souvenirs de ses sept premières années de vie comme autant de preuves factuelles d’une éventuelle prédisposition de sa vie d’adulte.

Le doute est désormais semé dans votre esprit.

Tout au long de l’album, Marc-Antoine MATHIEU va s’attacher à vous faire sortir de votre zone de confiance et vous accompagner dans les questionnements qui ne vont pas manquer de vous assaillir sur les origines de l’humanité.

Dès les premières pages, Marc-Antoine MATHIEU convoque Spinoza avec une citation extraite de « Éthique »...

 


Les hommes se trompent en ce qu’ils se croient libres ; et cette opinion consiste en cela seul qu’ils ont conscience de leurs actions et sont ignorants des causes par où ils sont déterminés .

Dans cet album, il y a le texte. Rien n’est laissé au hasard, pas même le nom du personnage : Otto, un mot palindrome pour conforter l’effet miroir, l’image renvoyée par l’ombre de l’artiste.

Le texte, il est présent mais avec parcimonie.

Non, ce sont les images, deux par page, toutes composées seulement de noir et de blanc (comme une signature de Marc-Antoine MATHIEU), qui vont guider vos réflexions autour de la mémoire, du mystère des souvenirs qui, un temps, restent reclus dans un coin de votre cerveau, et pour lesquels parfois un petit rien va déclencher un irrépressible déferlement. 

Otto l’homme réécrit de Marc-Antoine MATHIEU

Le propos est subtil, un brin angoissant mais ô combien fascinant.

Je vous laisse pénétrer les limbes d’Otto et on en reparle !

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2020-06-17T06:52:48+02:00

Noire d'Emilie PLATEAU

Publié par Tlivres
Noire d'Emilie PLATEAU
 
Ma #mercrediBD est l'occasion de revenir sur un roman graphique éclairant une page de l'Histoire et de saluer aussi Antoine (et Marie !) du Renard qui lit de Chalonnes-sur-Loire pour son judicieux conseil.
 
Avec ce roman graphique, Émilie PLATEAU vous lance une invitation au voyage.
 
Un voyage à travers le monde, destination L’Alabama aux États-Unis. Un voyage dans le temps aussi, l’histoire se passe en 1950. Un voyage sous l’angle du genre, vous êtes une femme. Voyage interculturel enfin, vous êtes noire.
 
Vous êtes maintenant prête à vous laisser conter une histoire, vraie !
 
Claudette est née en 1939, elle est élevée avec sa sœur Delphine par une grand-tante et un grand-oncle. Sa sœur meurt enfant de la polio. À 15 ans, alors que Claudette rentre de l’école, elle refuse de céder sa place à une femme blanche dans le bus. Le conducteur intervient dans le respect des règles ségrégationnistes qui sévissent. Claudette est interpellée par la police. Rosa Parks vivra la même fâcheuse aventure, c’est d'ailleurs l'histoire de cette dernière qui sera médiatisée à travers le monde alors que le premier acte de bravoure et de courage relevait d’une adolescente.
 
Avec ce roman graphique, Émile PLATEAU restaure la dignité de Claudette COLVIN. Elle assure la mémoire d’une femme qui, alors qu’elle était toute jeune, a manifesté sa rébellion à l’égard d’un régime qu’elle désavouait, d'une inégalité de traitement qui la révoltait. L'action de Claudette COLVIN est suffisamment remarquable pour que l'on en parle. Effectivement, son geste ne relevait pas d'un collectif mais bien d'une intention personnelle. 
 

Ce roman graphique est profondément militant. Il oeuvre en faveur de l'égalité des hommes et des femmes et prend, dans la reconnaissance de la cause noire, le relais de Tatia DE MONTAIGNE, auteure de l'essai : "Noire", publié en 2015 chez Grasset dans la collection "Nos héroïnes". Parce que oui, Claudette COLVIN est bien une héroïne. Après une adaptation à la scène au Centre National de Création d'Orléans en 2016, Emilie PLATEAU propose donc une version illustrée à mettre dans toutes les mains, grandes et petites.

Parce qu'il faut savoir d'où l'on vient pour savoir qui l'on est, je voudrais remercier Emilie PLATEAU de nous proposer un formidable outil pédagogique.

Il relate la grande Histoire à travers des mouvements de défense des droits des noirs, de la contre-attaque blanche. Les "Notices historiques" sont là pour vous donner toutes les clés de lecture, une pépite sur fond d'une actualité ô combien sensible.

Outre le contenu, la forme est aussi à relever.

Le graphisme est un brin naïf et saura séduire les plus jeunes, la police de caractères des bulles est très facile à décrypter, les couleurs dans les nuances de marron sont chaleureuses et attendrissantes.

Ce roman graphique est un bijou, un cadeau à offrir sans modération !

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2020-04-15T11:33:57+02:00

Mauvais genre de Chloé CRUCHAUDET

Publié par Tlivres
Mauvais genre de Chloé CRUCHAUDET

Parce que c’est le printemps et que nous sommes en confinement, mais que les idées continuent de germer pour se « culturer », le blog s’associe avec Page des Libraires, chaque jour du mois d’avril, pour mettre au devant de la scène un livre et une librairie.

Au hasard, chaque jour, sur les étagères de ma bibliothèque, je prendrai un numéro du magazine de ces dernières années (j’en ai toute une collection !) dans lequel je choisirai un livre que j’ai aimé.

Après 

le numéro 181 avec "Charlotte" de David FOENKINOS

le numéro 190 et « Chanson douce » de Leïla SLIMANI

le numéro 194 et « Nous aurons été vivants » de Laurence TARDIEU

le numéro 184 avec « Le coeur à l’aiguille » de Claire GONDOR

le numéro 197 avec "La Symphonie du Nouveau Monde" de Lenka HORNAKOVA CIVADE 

le numéro 188 et « Bénédict » de Cécile LADJALI,

le numéro 195 et « Juste après la vague » de Sandrine COLLETTE, 

le numéro 182 et "Collaboration horizontale" de NAVIE et Carole MAUREL,

le numéro 191 et "Chien-loup" de Serge JONCOUR,

le numéro 169 avec "Bérénice 34-44" d'Isabelle STIBBE,

le numéro 166 et "Profanes" de Jeanne BENAMEUR,

le numéro 196 et "Le cahier de recettes" de Jacky DURAND

le numéro 199 et "Par les routes" de Sylvain PRUDHOMME,

place au numéro 162 et « Mauvais genre » de Chloé CRUCHAUDET, ma #mercrediBd, chez Delcourt, lue et conseillée par les Librairies Contact d’Angers (j’en profite pour saluer l’équipe), Rabelais de Tours, Maupetit de Marseille et Gibert Joseph de Dijon.

Cette BD m’avait profondément touchée à sa sortie. Elle aborde les traumatismes de guerre, le genre, l’homosexualité, le travestissement, les violences conjugales… des sujets graves dans un graphisme délicat.

C’est l’œuvre d’une illustratrice dont j’apprécie particulièrement le talent. Retrouvez le portrait de Chloé CRUCHAUDET brossé dans le cadre de l’action #marsauféminin !

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2020-04-08T07:00:00+02:00

Collaboration horizontale de NAVIE et Carole MAUREL

Publié par Tlivres
Collaboration horizontale de NAVIE et Carole MAUREL

Parce que c’est le printemps et que nous sommes en confinement, mais que les idées continuent de germer pour se « culturer », le blog s’associe avec Page des Libraires, chaque jour du mois d’avril, pour mettre au devant de la scène un livre et une librairie.

Au hasard, chaque jour, sur les étagères de ma bibliothèque, je prendrai un numéro du magazine de ces dernières années (j’en ai toute une collection !) dans lequel je choisirai un livre que j’ai aimé.

Après 

le numéro 181 avec "Charlotte" de David FOENKINOS

le numéro 190 et « Chanson douce » de Leïla SLIMANI

le numéro 194 et « Nous aurons été vivants » de Laurence TARDIEU

le numéro 184 avec « Le coeur à l’aiguille » de Claire GONDOR

le numéro 197 avec "La Symphonie du Nouveau Monde" de Lenka HORNAKOVA CIVADE 

le numéro 188 et « Bénédict » de Cécile LADJALI,

le numéro 195 et « Juste après la vague » de Sandrine COLLETTE, 

place au numéro 182 et "Collaboration horizontale" de NAVIE et Carole MAUREL,

une BD présentée par Marianne KMIECIK de la Librairie Les Lisières de Roubaix, l'occasion d'un petit clin d'oeil aux librairies de La Mude de Bessines et Maupetit de Marseille.

Dans cette période de confinement, et même si nous ne savons plus vraiment quel jour on est, il y a des rituels à ne pas négliger. Aujourd'hui, donc, place à la #mercredi BD !

Celle-ci est sur les étagères de ma bibliothèque. Je l'ai achetée lors d'un salon du livre de Paris et, avec ma fille, nous avions eu la chance de rencontrer les illustratrices.

La gravité du sujet est parfaitement rendue dans le graphisme et le scénario, je vous la conseille absolument !

 

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2020-03-18T18:05:12+01:00

Nymphéas noirs de CASSEGRAIN, DUVAL et BUSSI

Publié par Tlivres
Nymphéas noirs de CASSEGRAIN, DUVAL et BUSSI

Collection Aire Libre des éditions DUPUIS

Vous vous souvenez certainement du roman "Nymphéas noirs" de Michel BUSSI. Perso, je l'ai lu il y a très longtemps maintenant, je n'en ai d'ailleurs retrouvé aucune chronique !

Frédéric DUVAL a eu la très belle idée de le scénariser et de le confier à Didier CASSEGRAIN, dessinateur, pour en faire un BD.

Le résultat est fascinant.

Direction Giverny, la cité des Impressionnistes, de Monet en particulier. Mais, c'est là aussi qu'est retrouvé mort Jérôme Morval, le crâne défoncé, une plaie en plein coeur et le corps plongé dans l'eau. Commence alors une enquête policière, confiée à l'Inspecteur Laurenc Sérénac, pour découvrir l'auteur du meurtre. 

On navigue entre les enfants, cette petite Fanette, passionnée de dessin, en lice pour le concours de la Fondation Robinson, et ses amoureux. 

Nymphéas noirs de CASSEGRAIN, DUVAL et BUSSI

Et puis, il y la personnage de la maîtresse d'école qui va semer la confusion... des sentiments.

Enfin, vous retrouverez avec plaisir la vieille dame, celle qui voit tout et menace de nouvelles victimes...

Nymphéas noirs de CASSEGRAIN, DUVAL et BUSSI

Cet album est très réussi, les couleurs sont agréables, le graphisme plaisant et l'intrigue parfaitement reconstituée. 

Il fait d'ailleurs partie de la sélection du Prix Cezam 2020.

 

 

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2020-03-11T18:34:15+01:00

Cent mille journées de prières de Loo Hui Phang et Mickaël Sterckeman

Publié par Tlivres
Cent mille journées de prières de Loo Hui Phang et Mickaël Sterckeman

Ma #mercrediBD est un album qui assure la mémoire des exactions des Khmers rouges dont Douch, Directeur du centre de torture S-21 a piloté l’exécution de 16000 à 20000 personnes. Les faits remontent aux années 1976-1979. La famille de Loo Hui Phang a elle-même été touchée. C’est en découvrant un jour ce secret très bien gardé que Loo Hui Phang a eu envie d’en faire une BD.

Louis est un jeune garçon élevé par sa mère dans les années 1980. Ils habitent en France, dans le Nord. L’enfant de huit ans passe de nombreuses heures seul. Sa mère lui offre un canari pour le distraire. L’oiseau va l’accompagner dans ses questionnements personnels. 

Cent mille journées de prières de Loo Hui Phang et Mickaël Sterckeman

L’enfant a beau interroger sa mère, elle reste muette sur le destin de son père. Louis est torturé par cette absence, le jour, la nuit.

Les teintes grisées, noires et blanches des illustrations, plantent rapidement le décor d’une histoire profondément grave. Le lecteur mesure bien l’état psychique dans lequel s’enferme le jeune garçon. Les textes sont succincts, ils suffisent à mesurer le poids qui pèse sur les épaules de Louis.

Cent mille journées de prières de Loo Hui Phang et Mickaël Sterckeman

Et puis, un jour, rendez-vous est pris avec une famille, dont les origines laissent à penser que le mystère sera bientôt élucidé...

Cent mille journées de prières de Loo Hui Phang et Mickaël Sterckeman

Il ne s’agit que du tome 1. À bientôt pour découvrir la suite de l’histoire...

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2020-03-04T07:38:41+01:00

L’adoption - La Garúa de ZIDROU et Arno MONIN

Publié par Tlivres
L’adoption - La Garúa de ZIDROU et Arno MONIN
 
Ma #mercrediBD est le tome 2 de « L’adoption ».
 
La semaine dernière, je vous racontais l’histoire de cette petite péruvienne, Qinaya, arrivée en France suite au terrible séisme qui avait frappé son pays en 2001, adoptée par un couple de quadras français, et qui avait fait découvrir à Gabriel la grand-paternité. L’histoire ne tenait pas, en fait, Qinaya avait fait l’objet d’un rapt. Elle est donc repartie dans son pays, escortée par les services de Police. 18 mois après, Gabriel prend l’avion sur les traces de cette petite-fille, éphémère.
 
J’ai beaucoup aimé cet album. J’avoue que le personnage de Gabriel me fascine. Il y a dans ce grand-père un côté très attachant. Tout en pudeur mais profondément humain, il décide de surmonter son chagrin, non pas comme sa femme, en se recroquevillant sur lui-même, mais en s’ouvrant sur le monde. Il n’y a pas d’âge pour un parcours initiatique. Là, Gabriel découvre un autre pays, une autre terre, un autre climat, une autre culture, et puis, une petite fille qui a grandi. Et si ce voyage lui permettait de mieux apprécier les siens, à commencer par son fils qui croupit en prison depuis son jugement pour enlèvement...


Parce que je suis un vieil imbécile qui croit encore Aux contes de fées, alors que la vie se comporte plus souvent qu’à son tour comme une méchante sorcière.

Cette BD, elle m’a beaucoup plu aussi pour le graphisme, les couleurs. Je prends goût au binôme ZIDROU/Arno MONIN. Je trouve que leur collaboration est tout fait pertinente et que la qualité du rendu est remarquable.
 
 
Et puis, j’avoue qu’elle m’a rappelé de très beaux souvenirs, ceux de deux voyages au Pérou, avec notamment l’atmosphère de la Garúa, cette bruine permanente sur les côtes de Lima, cette ambiance nuageuse qui est le fruit du contact de l’humidité de l’océan avec la chaleur des terres de la capitale.
 

Mais, ne vous y méprenez pas, la canicule d’Arequipa y est aussi parfaitement restituée !

Bref, ce tome 2 est tout aussi séduisant que le premier. Gabriel gagne vraiment à être connu !

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2020-02-26T13:27:14+01:00

L’adoption - Qinaya de ZIDROU et Arno MONIN

Publié par Tlivres
L’adoption - Qinaya de ZIDROU et Arno MONIN
 
Ma #mercrediBD est un album profondément attendrissant. Son titre "L'adoption, Qinaya". C'est l'oeuvre de ZIDROU et Arno MONIN.
 
Qinaya est une enfant péruvienne de 4 ans, adoptée par un couple de Français suite au séisme de magnitude 8.4 sur l'échelle de Richter et qui, en 2001,a touché plus de 35 000 personnes dans la région d'Arequipa, dont 75 mortellement. Commence alors une nouvelle vie pour toute la famille, en particulier Gabriel qui va faire l'apprentissage de la grand-paternité.
 

Cet album, je dois bien l'avouer, m'a saisie dès la première page. Arequipa, c'est une ville que nous avons eu la chance de visiter en 2017, une ville absolument magnifique avec des points de vue sur le volcan Misti, juste magiques.

Bref, tout commence avec l'arrivée de l'enfant en France et son adoption par une famille que l'on pourrait qualifier d'ordinaire, ça pourrait être vous, ça pourrait être moi. Quoi de plus naturel quand vous n'avez pas la chance de pouvoir procréer que de vous orienter vers l'adoption, notamment d'enfants venus de l'étranger, des enfants marqués par un terrible destin. Je ne saurais ce qui a inspiré ZIDROU, scénariste, l'adoption d'enfants péruviens restant très à la marge des grands mouvements d'adoption internationaux, notamment d'Asie, mais toujours est-il que j'y ai cru.
 
L'originalité de cette BD, il faut bien le dire, réside dans l'angle d'approche, celui du grand-père. Un homme retraité, qui a été boucher plus de 50 ans, qui s'est peu occupé de ses enfants, et qui se retrouve confronté à cette petite fille qui vient bouleverser son quotidien. Gabriel aime cultiver son jardin et passer du bon temps avec ses copains, les Gégés, avec lesquels il s'offre de belles bosses de rire.
 

Avec l'arrivée de Qinaya, non seulement les habitudes changent, mais aussi le comportement de son épouse qui, elle, dès les premières heures, s'attendrit sur le sort de la petite péruvienne. Pour Gabriel, "L'adoption" est plus lente mais ô combien chaleureuse et attendrissante. Le graphisme restitue parfaitement la pudeur du vieil homme, un rapport au corps que l'enfant va venir chambouler, celui des sentiments aussi.


L'amour ne se vole pas. L'amour ne s'achète pas. L'amour se mérite.

Le scénario tel qu'imaginé par ZIDROU de cette génération d'hommes (peut-être son père) qui ont consacré leur vie au travail pendant que leurs épouses la maison, assuraient les tâches ménagères et, surtout, l'éducation des enfants, et qui, avec les petits-enfants doivent apprendre à s'amuser, s'attendrir, s'émouvoir, bref, laisser leurs sentiments s'exprimer, dur métier quand on ne l'a jamais fait et que votre propre éducation vous a formaté à être un mâle, le sexe fort, un chef de famille, quoi !
 

Si je ne connaissais pas le travail de ZIDROU, je ne connaissais pas plus celui d'Arno MONIN, son cadet d'une vingtaine d'années, dessinateur et illustrateur, qui a parfaitement rendu l'ambiance d'une famille aimante autour de cette enfant venue d'ailleurs. Les dessins sont tout en rondeur, les couleurs chaleureuses, on entre avec plaisir dans cette maison avec jardin, on en mesure toute la sensibilité aussi. 

J'ai eu le coeur gros en refermant cet album, mais là commence une nouvelle histoire. Et oui, il y a un tome 2. Rendez-vous la semaine prochaine.  
L’adoption - Qinaya de ZIDROU et Arno MONIN

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2020-02-19T18:08:27+01:00

Riche, pourquoi pas toi ? de Marion MONTAIGNE

Publié par Tlivres
Riche, pourquoi pas toi ? de Marion MONTAIGNE

Je n'avais pas lu de BD depuis bien longtemps. Il n'aura fallu qu'un passage dans l'une de mes bibliothèques préférées pour que je sorte avec quelques albums, dont l'un, truculent, est celui de Marion Montaigne scénarisé avec la contribution de Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, sociologues, et publié chez Dargaud

Riche, je vous vois déjà rigoler, mais attention, ça pourrait bien vous arriver. Regardez les gagnants du Loto...

ça leur est bien arrivé, à eux, alors, pourquoi pas vous ? 

Philippe Brocolis, en entrant dans une librairie, ne savait pas qu'il allait faire la rencontre de deux sociologues, tout à fait singuliers, intéressés par sa connaissance, à lui, des riches. Si comme Philippe Brocolis, vous croyez qu'être riche se résume à avoir de l'argent, vous vous trompez sur toute la ligne. Un conseil, ouvrez vous aussi cette BD, les deux sociologues, sous le trait malicieux de Marion Montaigne, vont vous faire votre éducation sur le genre, humain, mais aussi urbain, économique, social, culturel, et tout le tralala.

La BD, je l'aime quand elle me détend, et là, j'avoue être gâtée. Marion Montaigne a un humour de folie, ses dessins sont drôles, elle a cette capacité tout à fait remarquable à synthétiser des grands principes en une image, et quelle image !

Et puis, j'aime la BD quand elle m'apprend des choses, et là, attention, il y a du fond... documentaire j'entends. Marion Montaigne s'est effectivement associée le temps d'un album à deux chercheurs qui ont consacré une partie de leurs travaux aux familles fortunées. Vous découvrirez ainsi "A partir de combien est-on riche ?", "Qui sont les ultra-riches ?", "Les millionnaires de la chance", si vous avez l'étoffe d'un bourgeois...

Bref, à partir de cette lecture, vous deviendrez incollables sur les codes, le mode de vie et les coutumes de cette classe sociale ++.

Et puis, vous ferez vos premiers pas en sociologie en charmante compagnie. Ni une ni deux, vous apprendrez le concept de "La violence symbolique", chère à Bourdieu. Vous ne connaissez pas Bourdieu ?

 

 

 


Bourdieu est un peu à la sociologie ce que Cyril Lignac est à la cuisine télévisuelle : incontournable.

Il est donc temps de vous rattraper si vous voulez briller dans les salons !

Bref, cette BD, qui date de 2013, est à mettre dans toutes les mains et à lire sans modération. Personnellement, j'aimerais beaucoup rencontrer Marion Montaigne, l'illustratrice doit être particulièrement drôle, vive et dynamique, mais aussi Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, deux sociologues qui ont accepté de se faire si joliment croquer...

 


Avec l'espoir que cette bande dessinée, par la puissance de dévoilement que recèle l'arbitraire de la domination, contribue à la construction d'une société plus juste et moins inégalitaire.

Si vous avez envie de vous familiariser avec le registre artistique de Marion Montaigne, son graphisme, sa philosophie, un conseil, faites un tour sur son blog : "Tu mourras moins bête".

Vous l'aurez compris, "Riche, pourquoi pas toi ?", c'est ma #mercrediBD.

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