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Recherche pour “hyam zaytoun”

2019-01-20T07:00:00+01:00

Vigile de Hyam ZAYTOUN

Publié par Tlivres
Vigile de Hyam ZAYTOUN

Le Tripode

Ce que j'aime dans la littérature, c'est sa diversité. Et il suffit de regarder cette rentrée littéraire de janvier 2019 pour se dire que nous sommes très gâtés. Place à "Vigile", le roman autobiographique de Hyam ZAYTOUN.

Une nuit, la narratrice se réveille. Elle est interpellée par un bruit singulier, un vrombissement. Quelques secondes suffisent pour qu'elle prenne conscience qu'il s'agit de l'homme avec qui elle partage sa vie qui respire ainsi. Il est en arrêt cardiaque. Dès lors, le temps prend une dimension toute particulière. Elle allume la lumière, appelle les pompiers, commence le massage, il durera 30 minutes. 30 minutes qui lui paraîtront une éternité alors que pour Antoine, il y a urgence à vivre. Quand les pompiers arrivent, ils prennent le relais, elle reporte son attention sur Margot et Victor, leurs enfants de 6 et 3 ans, ils ont tout vu ! Dès lors, c'est une toute nouvelle page de leur vie qui est à écrire... 

Ecrire, oui, écrire pour Antoine. Plongé dans un coma thérapeutique, il ne se souviendra pas de ces instants, et des jours suivants. Alors, dans une phrase pleine de poésie, de tendresse, Hyam ZAYTOUN nous explique les raisons de ce livre.


Ce n'est pas ton stylo, c'est le mien mon amour. Mais, à défaut, je te les raconte, ces premiers de ta deuxième vie. P. 113

Ce roman, elle le dédie à l'homme qu'elle aime. Elle s'adresse à lui avec une narration à la deuxième personne du singulier et lui témoigne des moments d'espoir, de doute, de confusion, d'effondrement aussi. Elle lui explique ô combien la famille, les amis, les voisins, ont partagé avec elle, ses enfants, les périodes d'euphorie et d'anéantissement. Dès les premières heures où il est accueilli à l'hôpital, elle va faire en sorte d’oublier qu'il est maintenu en vie par un respirateur et lui murmurer à l'oreille des mots d'amour, lui rappeler de beaux souvenirs vécus ensemble

Avec "Vigile", elle lui explique la mobilisation de chacun pour assurer sa surveillance, l'implication du personnel médical pour lui laisser à elle, à eux, des temps de respiration.

Ce roman, 


C'est une histoire de pulsation. P. 11

vous le lirez en apnée totale, 125 pages pendant lesquelles le temps, subitement, sera suspendu.

"Vigile" est une formidable preuve d'amour et de courage. Quand certains auraient eu instinctivement le réflexe d'éloigner les enfants des scènes de la vie de leur père, Hyam ZAYTOUN a souhaité les y faire participer. Elle prend le parti qu'il va s'en sortir et fait entrer les enfants dans cette mécanique. Quel audace !

"Vigile" est un hymne à la vie, une formidable leçon que Hyam ZAYTOUN donne au lecteur. La plume est délicate, le propos lumieux. C'est un premier roman et il est parfaitement réussi.

Je participe au 

orchestrée de jolie manière par notre amie Joëlle, retrouvez mes lectures

La mer monte de Aude LE CORFF

Les miroirs de Suzanne de Sophie LEMP

Edmonde de Dominique DE SAINT PERN

D'origine italienne de Anne PLANTAGENET

Anatomie d'un scandale de Sarah VAUGHAN

Vigile de Haym ZAYTOUN

Nous aurons été vivants de Laurence TARDIEU

Médée chérie de Yasmine CHAMI

Personne n'a peur des gens qui sourient de Véronique OVALDE

Le rituel des dunes de Jean Marie BLAS DE ROBLES

Celle qui marche la nuit de Delphine BERTHOLON

La nuit se lève d'Elisabeth QUIN

Ce qui nous revient de Corinne ROYER

Les heures solaires de Caroline CAUGANT Coup de coeur

Etat de nature de Jean-Baptiste de FROMENT

Piano ostinato de Ségolène DARGNIES

et plein d'autres encore !

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2020-02-13T08:31:54+01:00

Opus 77 d'Alexis RAGOUGNEAU

Publié par Tlivres
Opus 77 d'Alexis RAGOUGNEAU

Ma #citationdujeudi est extraite d'un très beau roman de la #RL2019 de septembre : "Opus 77" d'Alexis RAGOUGNEAU publié aux éditions Viviane HAMY.

Dans ce roman,  j'ai été fascinée par la puissance de la musique, le pouvoir d'enivrement, la jouissance et l'abandon de soi qu'elle procure.

Je me réjouis de voir "Opus 77" dans la sélection du Prix du roman Cezam 2020 en lice avec : 

Né d'aucune femme de Franck BOUYSSE, lauréat du Prix des Lectrices Elle 2019

La petite conformiste d'Ingrid SEYMAN

Vigile d'Hyam ZAYTOUN

 

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2019-04-11T20:48:03+02:00

Vigile de Hyam ZAYTOUN

Publié par Tlivres
Vigile de Hyam ZAYTOUN

Le Tripode

Dernier roman de la sélection du #GrandPrixdesLectricesElle2019 : place à "Vigile" de Hyam ZAYTOUN.

Une nuit, la narratrice se réveille. Elle est interpellée par un bruit singulier, un vrombissement. Quelques secondes suffisent pour qu'elle prenne conscience qu'il s'agit de l'homme avec qui elle partage sa vie qui respire ainsi. Il est en arrêt cardiaque. Dès lors, le temps prend une dimension toute particulière. Elle allume la lumière, appelle les pompiers, commence le massage, il durera 30 minutes. 30 minutes qui lui paraîtront une éternité alors que pour Antoine, il y a urgence à vivre. Quand les pompiers arrivent, ils prennent le relais, elle reporte son attention sur Margot et Victor, leurs enfants de 6 et 3 ans, ils ont tout vu ! Dès lors, c'est une toute nouvelle page de leur vie qui est à écrire... 

Ecrire, oui, écrire pour Antoine. Plongé dans un coma thérapeutique, il ne se souviendra pas de ces instants, et des jours suivants. Alors, dans une phrase pleine de poésie, de tendresse, Hyam ZAYTOUN nous explique les raisons de ce livre.


Ce n'est pas ton stylo, c'est le mien mon amour. Mais, à défaut, je te les raconte, ces premiers de ta deuxième vie. P. 113
 

Ce roman, elle le dédie à l'homme qu'elle aime. Elle s'adresse à lui avec une narration à la deuxième personne du singulier et lui témoigne des moments d'espoir, de doute, de confusion, d'effondrement aussi. Elle lui explique ô combien la famille, les amis, les voisins, ont partagé avec elle, ses enfants, les périodes d'euphorie et d'anéantissement. Dès les premières heures où il est accueilli à l'hôpital, elle va faire en sorte d’oublier qu'il est maintenu en vie par un respirateur et lui murmurer à l'oreille des mots d'amour, lui rappeler de beaux souvenirs vécus ensemble

Avec "Vigile", elle lui explique la mobilisation de chacun pour assurer sa surveillance, l'implication du personnel médical pour lui laisser à elle, à eux, des temps de respiration.

 
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Ce roman, 


C'est une histoire de pulsation. P. 11
 

vous le lirez en apnée totale, 125 pages pendant lesquelles le temps, subitement, sera suspendu.

"Vigile" est une formidable preuve d'amour et de courage. Quand certains auraient eu instinctivement le réflexe d'éloigner les enfants des scènes de la vie de leur père, Hyam ZAYTOUN a souhaité les y faire participer. Elle prend le parti qu'il va s'en sortir et fait entrer les enfants dans cette mécanique. Quel audace !

"Vigile" est un hymne à la vie, une formidable leçon que Hyam ZAYTOUN donne au lecteur. La plume est délicate, le propos lumieux. C'est un premier roman et il est parfaitement réussi.

Dans sa catégorie, il est en lice avec :

Le Chant des revenants de Jesmyn WARD

Une maison parmi les arbres de Julia GLASS

Ma dévotion de Julia KERNINON

La vraie vie de Adeline DIEUDONNE

Asta de Jon Kalman STEFANSSON

La neuvième heure de Alice McDERMOTT

La douce indifférence du monde de Peter STAMM

Un gentleman à Moscou de Amor TOWLES

Maîtres et esclaves de Paul GREVEILLAC

Il fait aussi partie de la sélection des 68 Premières fois :

avec :

Suiza – Bénédicte Belpois

Les petits garçons – Théodore Bourdeau

Les heures solaires – Caroline Caugant

Comme elle l’imagine – Stéphanie Dupays

Tête de tambour – Sol Elias

Le matin est un tigre – Constance Joly

Les mains de Louis Braille – Hélène Jousse

Ivoire – Niels Labuzan

Écorces vives – Alexandre Lenot

Des hommes couleur de ciel – Anaïs Llobet

Varsovie-Les Lilas – Marianne Maury-Kaufmann

L’odeur de chlore – Irma Pelatan

Saltimbanques – François Pieretti

A la ligne – Joseph Ponthus

Boys – Pierre Théobald

L’Appel – Fanny Wallendorff

Vigile – Hyam Zaytoun

San Perdido – David Zukerman

Enfin, je participe au 

orchestrée de jolie manière par notre amie Joëlle, retrouvez mes lectures

La mer monte de Aude LE CORFF

Les miroirs de Suzanne de Sophie LEMP

Edmonde de Dominique DE SAINT PERN

D'origine italienne de Anne PLANTAGENET

Anatomie d'un scandale de Sarah VAUGHAN

Vigile de Haym ZAYTOUN

Nous aurons été vivants de Laurence TARDIEU

Médée chérie de Yasmine CHAMI

Personne n'a peur des gens qui sourient de Véronique OVALDE

Le rituel des dunes de Jean Marie BLAS DE ROBLES

Celle qui marche la nuit de Delphine BERTHOLON

La nuit se lève d'Elisabeth QUIN

Ce qui nous revient de Corinne ROYER

Les heures solaires de Caroline CAUGANT Coup de coeur

Etat de nature de Jean-Baptiste de FROMENT

Piano ostinato de Ségolène DARGNIES

et plein d'autres encore 

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2020-02-12T20:13:15+01:00

L'édition 2020 du Prix du roman Cezam est lancée !

Publié par Tlivres
L'édition 2020 du Prix du roman Cezam est lancée !

L'édition 2020 du Prix du roman Cezam est lancée.

Vous connaissez ?

Il s'agit d'un Prix littéraire organisé par le réseau national français de comités d'entreprises Cezam et qui fédère plus de 3 500 lecteurs.

Il existe depuis 1997.

Quelques lauréats ne vous auront d'ailleurs pas échappé :

Marie-Sabine ROGER avec La tête en friche en 2009

Sebastian BARRY avec Le Testament caché en 2010

Peter MAY avec L'île des chasseurs d'oiseaux en 2011

Jean-Paul DIDIERLAURENT avec Le liseur du 6h27 en 2015

Cette année, la sélection est prometteuse :

L'édition 2020 du Prix du roman Cezam est lancée !

J'ai déjà lu :

Né d'aucune femme de Franck BOUYSSE, lauréat du Prix des Lectrices Elle 2019

Opus 77 d'Alexis RAGOUGNEAU

La petite conformiste d'Ingrid SEYMAN

Vigile d'Hyam ZAYTOUN

Je crois que c'est un très bon crû, n'est-ce pas ?

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2020-04-08T07:00:00+02:00

Eglise de Cassone de Gustav KLIMT

Publié par Tlivres
Eglise de Cassone de Gustav KLIMT

Avec Florence&Littérature et Christine - Calliope&Pétrichor sur Twitter etEliane sur Insta, nous posterons chaque jour du mois d'avril une toile d’artiste. En cette période de confinement, nous avons choisi comme thème le vert de l’espoir.

"Moi et le villagede Marc CHAGALL, 1911

"Autoportrait au Collier d’Épines et Colibri" de Frida KAHLO, 1940

"El paseo" de Jade RIVERA, 2020

« Jacqueline avec des fleurs » de Pablo PICASSO, 1954

« Rythme, Joie de vivre » de Robert DELAUNAY, 1930

« Grand-père moustachu » d'Alix de BOURMONT, 2015

« Portrait de Julie Le Brun » d'Elisabeth VIGEE LE BRUN, 1787,

place à « L'Eglise de Cassone" réalisée par Gustav KLIMT en 1939.

Ce peintre, symboliste autrichien de la fin du 19ème siècle, je l'adore pour ses compositions d'une richesse inouïe. Je crois que je pourrais rester des heures devant une toile pour en découvrir les moindres détails. Je suis passionnée par les toiles miniaturistes et, avec Gustav KLIMT, j'avoue que je suis gâtée.

Ses collections sont nombreuses bien sûr. Mais il en est des privées, et c'est là que j'y ai puisé le vert !

En 1913, Gustav KLIMT séjourne en Italie, sur les rives du Lac de Garde, à Malsecine dans la province de Vérone. De ce village, il regarde les maisons en face par le biais d'un téléscope et nous en livre une représentation dans laquelle horizontalité (des maisons en espalier) et verticalité (les cèdres) se côtoient tout en beauté. 

Ce tableau me plaît beaucoup pour le panel de nuances, les couleurs sont d'une infinie diversité tout en restant dans les tons vert et bleu.

Impossible de citer ce peintre sans faire référence à un très beau roman de Martine MAGNIN, un coup de coeur pour "Le baiser de Gustav" aux  Editions Pierre Philippe. En avril l'année dernière, je disais :

 


Avec "Vigile" de Hyam ZAYTOUN, mon cœur s'est emballé dès la première page, ma respiration s'est coupée, je n'ai retrouvé un rythme cardiaque normal qu'en le refermant. Il n'y avait (que) 124 pages. Martine MAGNIN nous fait vivre un même tour de force, mais là, accrochez-vous, il y a 210 pages au programme ! Ouvrir le roman "Le baiser de Gustav", c'est assurément monter dans un ascenseur émotionnel, vous allez être suspendu(e) aux lèvres des médecins, vous allez vous emballer pour un frémissement de paupières !

Eglise de Cassone de Gustav KLIMT

Ne passez pas à côté !

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2020-01-04T14:04:07+01:00

Les autres fleurs font ce qu’elles peuvent d’Alexandra ALEVEQUE

Publié par Tlivres
Les autres fleurs font ce qu’elles peuvent d’Alexandra ALEVEQUE

Sable polaire

 

Je poursuis les découvertes des 68 Premieres fois avec le premier roman d’Alexandra ALEVEQUE dont le titre est extrait de la chanson de Jacques BREL : « J’arrive ». Tout un programme !

 

Paul et Jeanne partagent leur temps entre leur travail, lui est instituteur et elle gérante d’une parfumerie, et leur famille. Ils ont deux grands garçons, Bertrand et Marc, étudiants, et puis une fille, Violette, d’une dizaine d’année, la narratrice. Nous sommes dans les années 1980. Un jour, son père est pris de vomissements et de maux de tête. Tout va très vite, il est hospitalisé et les choses vont de mal en pis. Violette est tenue à distance des événements. Devenue adulte, elle se met en quête d’une cassette.

 

Dans ce roman court, 122 pages seulement mais qui vont avoir un impact Instantané sur les battements de votre cœur, l’écrivaine explore les conséquences d’une tragédie familiale sur la psychologie d’une femme. L’alternance des chapitres avec un peu plus de 25 ans d’écart permet de vivre le moment présent, l’urgence dans laquelle se trouve confrontée la famille, et de mesurer les impacts de cette période de l’enfance sur la construction d’adulte.

 

Si Hyam ZAYTOUN a choisi dans « Vigile » de faire prendre part ses deux jeunes enfants au drame de l’arrêt cardiaque de leur père, ce qui, a l’époque, m’avait bluffée quant à cet instinct maternel de tout partager, j’ai ressenti, cette fois, jusque dans mes tripes la tristesse et l’incapacité de cette enfant à participer à des moments qui, indéniablement, créerons des relations nouvelles entre les êtres et les marqueront toute leur vie de leur empreinte. Ceux qui ont tout vécu de l’intérieur et elle, à l’extérieur. J’ai vécu comme une profonde injustice que Violette ne soit pas associée à la peine familiale, privée d’une douleur fédératrice. Comment, alors, faire son deuil ?

 

Alexandra ALEVEQUE traite avec beaucoup de sensibilité la construction des souvenirs :


Ne restent que les souvenirs, tenaces morceaux de vie dont on ne sait jamais très bien si on a vraiment vécu l’instant ou si ce sont les photographies qui ont fabriqué ce semblant de mémoire. P. 90

Elle a beaucoup d’humour aussi, ce qui permet de lire avec plaisir ce roman intimiste et ce portrait de femme hanté par des secrets trop bien gardés.


La mort a cet avantage de ne pas être versatile. Quand elle a pris sa décision, il y a de fortes chances pour que ce soit irréversible. Et si elle a élu un membre de votre clan, ce n’est certainement pas pour vous le rendre quelques semaines plus tard. P. 88

J’ai beaucoup apprécié le rythme de la narration. L’alternance régulière des chapitres permet de cadrer le propos alors que lecteur est tenu en haleine par l’intrigue inhérente à cette cassette. Si d’aventure cet objet venait sillonner son chemin vers une certaine forme de résilience..

 

Vous êtes hameçonné(e) ? Tant mieux, c’est ce qui m’est arrivé. Maintenant, savourez !

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2020-02-11T07:00:00+01:00

La petite conformiste d'Ingrid SEYMAN

Publié par Tlivres
La petite conformiste d'Ingrid SEYMAN

Allez, c'est parti pour une nouvelle aventure, celle du Prix du roman Cezam 2020.

Après :

Né d'aucune femme de Franck BOUYSSE, lauréat du Prix des Lectrices Elle 2019,

Opus 77 d'Alexis RAGOUGNEAU

Vigile de Hyam ZAYTOUN

place à "La petite conformiste" d'Ingrid SEYMAN, un premier roman haut en couleurs publié aux éditions Philippe REY.

Qu'il est bon, le temps d'une lecture, de retrouver son âme d'enfant, sa spontanéité, sa liberté de parole,

Qu'il est bon, le temps d'une lecture, de regarder les adultes se confronter à leurs propres contradictions, et d'en rire !

Dans la famille, je demande la fille. Bonne pioche. C'est Esther, elle est née à Marseille dans les années 1970.

Je demande le frère. Bonne pioche. Voilà Jérémy, le fils cadet, hyperactif, qui vit avec un sparadrap sur un verre de lunette. Il est roux, un brin décalé avec le reste de la famille, et tous les autres enfants de son âge aussi.

Je demande la mère. Bonne pioche. Babeth est secrétaire de Mairie, une fonctionnaire soixante-huitarde. 

Je demande le père. Bonne pioche. Patrick, Juif, pied-noir, il est originaire d'Algérie. Il pallie l'angoisse d'une shoah bis à coup de listes qui pourrissent littéralement toute la vie de famille. Ah, une précision, dans cette maison, tout le monde vit nu. L'effet 68 !

Je demande la grand-mère. Bonne pioche. Fortunée elle s'appelle, une vraie prédisposition à la richesse construite avec un magasin de confection à Souk-Ahras.

Je demande le grand-père. Bonne pioche. Isaac, lui s'efface derrière l'exubérance de son épouse.

Voilà un joli portrait de famille qui ne va pas manquer d'être éclaboussé par l'entrée d'Esther à l'école privée. Oui, oui, vous avez bien compris, celles et ceux qui interdisent d'interdire, qui se fichent de la religion, vont finalement inscrire leur fille dans une école catholique, la faute au petit Jérémy que l'école publique ne saurait calmer !

La narration à la première personne à travers les yeux d’Esther est un jubilé de fraîcheur et de vivacité. La petite n'a pas sa langue dans sa poche, elle qui est la seule "conformiste" de la maison et qui questionne tous les faits et gestes des parents et grands-parents, mais aussi ceux des parents de ses amies, des bourgeois capitalistes, un virage à 180° avec l'éducation qu'elle a reçue.


Les engueulades entre eux surgissaient donc comme par magie, à la manière d'un film d'action qu'on aurait pris en cours de route. P. 77

Derrière le côté drôle et ingénu se cache pourtant une face beaucoup plus grave.

Il y a bien sûr le passé lourd de la famille, l'exil lié à la guerre d'Algérie et l'arrivée de cette famille en France. Il y a aussi l'antisémitisme et la crainte absolue de voir de nouveaux faits perpétrés.

Ingrid SEYMAN, dans ce premier roman, croque les clichés à pleines dents et nous livre rien de moins qu’une satire de notre société parfaitement déguisée. La prose est attendrissante et le rythme palpitant. 

L'intérêt des Prix littéraires, c'est bien de nous emmener en dehors des sentiers battus. Pari réussi avec cette petite cure de jouvence qui a le mérite de remettre les points sur les i et les barres au t !

 

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2020-02-21T17:58:21+01:00

Alexis RAGOUGNEAU à Angers

Publié par Tlivres
Alexis RAGOUGNEAU à Angers

ll y a une semaine, j'ai eu l'immense chance de participer à une rencontre-dédicace organisée dans le cadre du Prix du roman Cezam. Alexis RAGOUGNEAU, l'auteur de "Opus 77" publié aux éditions Viviane HAMY, a passé 3 jours dans la région, il était notamment à l'ENSAM jeudi midi, un pur moment de bonheur.

Il nous a relaté son parcours. S'il a suivi des études universitaires dans le commerce, il a quitté ce registre rapidement pour s'orienter vers le théâtre, d'abord avec des cours en amateur et puis à temps plein. Il a ressenti le besoin de vivre, lui-même, y compris physiquement, les ressorts du théâtre. Il n'y avait ensuite qu'un pas à franchir pour se lancer dans l'écriture de pièces, il l'a fait.

Le roman, s'il lui faisait de l'oeil, il le craignait. Alexis RAGOUGNEAU a donc choisi de se lancer en littérature par la voie du policier qui correspond à un propos organisé, structuré, et donc rassurant. Sont publiés en 2014 "La Madone de Notre-Dame" et en 2016 "Evangile pour un gueux". 

Fort du bel accueil réservé par les lecteurs, il choisit de faire le grand saut et d'entrer dans le genre romanesque avec "Niels" et puis récemment avec "Opus 77", tous deux sélectionnés par le jury du Prix Goncourt.

Personnellement, c'est avec "Opus 77" que j'ai découvert la plume d'Alexis RAGOUGNEAU, une pure merveille. Ce roman, c'est d'abord une histoire familiale, celle de Claessens, un chef d'orchestre dont l'auteur taira le prénom, un chef d'orchestre qui use de son pouvoir, tant dans le registre professionnel qu'à la maison, un chef de famille dominant qui a oppressé son épouse, de 20 ans sa cadette, et ses deux enfants, David et Ariane.

Mais ce roman, c'est aussi une formidable opportunité de découvrir la musique, les exigences de l'élitisme, de l'interprétation, la quête du dépassement de soi, de l'excellence et de la perfection.

Alexis RAGOUGNEAU construit avec cette discipline artistique un véritable personnage de roman, il la fait exister ! Pour l'incarner, il choisit le concerto du compositeur russe, Dimitri CHOSTAKOVITCH. Sous la plume de l'écrivain, rien n'est choisi au hasard. Si j'avais pu le soupçonner avec cette lecture, la rencontre me l'a bien confirmé. Dimitri CHOSTAKOVITCH a été interdit de jouer sa musique par Staline en personne, celui-là même qui au lendemain d'un spectacle déclarera : "C'est un petit jeu qui va très mal finir". "Opus 77", c'est un roman de l'enfermement, sujet parfaitement traité. 

J'ai beaucoup aimé aller plus loin dans le roman avec cette rencontre précieuse avec l'auteur mais aussi partager un moment avec un homme d'une très grande sensibilité. Il choisit d'écrire sur des registres qu'il connait bien. Celui de la musique résonne avec sa propre vie familiale et ça se sent. S'il écrit divinement bien, il assure également parfaitement le rôle de VRP Il nous a offert un joli moment de complicité, merci à lui pour sa venue et aux organisatrices de cette pause déjeuner hors du commun.

Et puisque l'écrivain, Alexis RAGOUGNEAU, nous a invités à poursuivre la découverte de l'Opus 77 avec l'interprétation de Dvorak. Nous nous quittons en images et en musique, s'il vous plaît !

Pour mémoire, retrouvez la sélection 2020 du Prix du roman Cezam

et mes premières chroniques :

Né d'aucune femme de Franck BOUYSSE, lauréat du Prix des Lectrices Elle 2019

La petite conformiste d'Ingrid SEYMAN

Vigile d'Hyam ZAYTOUN

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2019-04-26T06:00:00+02:00

Le baiser de Gustav de Martine MAGNIN

Publié par Tlivres
Le baiser de Gustav de Martine MAGNIN

Editions Pierre Philippe

Comme j'aime ne plus lire les quatrièmes de couverture et me laisser porter par un nom d'auteur, un titre, une illustration...

Avec "Le baiser de Gustav" de Martine MAGNIN, si vous êtes assis(e), vous pourriez bien tomber de votre chaise ! Les surprises sont au rendez-vous, je ne vais vous en dévoiler qu'avec parcimonie.

Lucie est dans le coma. Parisienne, mère de deux jeunes enfants, elle est victime d'un attentat. Son mari est à son chevet, deux femmes prennent son relais, sa sœur et sa meilleure amie. Tous sont encouragés par le personnel soignant, ils doivent tenir bon, croire au réveil de Lucie, lui parler, la masser, faire un peu comme si de rien n'était !

Avec "Vigile" de Hyam ZAYTOUN, mon cœur s'est emballé dès la première page, ma respiration s'est coupée, je n'ai retrouvé un rythme cardiaque normal qu'en le refermant. Il n'y avait (que) 124 pages. Martine MAGNIN nous fait vivre un même tour de force, mais là, accrochez-vous, il y a 210 pages au programme ! Ouvrir le roman "Le baiser de Gustav", c'est assurément monter dans un ascenseur émotionnel, vous allez être suspendu(e) aux lèvres des médecins, vous allez vous emballer pour un frémissement de paupières, vous allez perdre espoir aussi...

Vous allez encore, et c'est là une originalité de la narration, accompagner Lucie dans ses délires. Entre deux environnements, ses pensées naviguent, il y a la réalité qu'elle aimerait parfois retrouver...


Vivre, c’est heurter, mais le courage, c’est affronter. P. 154

et les rêves dans lesquels elle apprécie de se ressourcer, cet univers cotonneux, douillet, merveilleux, qui la met à l'abri des agressions, au sens propre comme au figuré. Cette lecture m'a profondément rappelé "L'Hôtel des deux mondes" d'Eric-Emmanuel SCHMIDT, que j'avais adorée d'ailleurs. Il y a ce fil tendu entre la vie et la mort sur lequel Lucie marche comme un funambule, une temporalité pendant laquelle rien n'est joué, tout peut encore arriver, un lieu de transition, cette chambre d'hôpital dans laquelle la patiente est appareillée pour surVIVRE. Le champ onirique offre des envolées paradisiaques, des pauses salutaires, des moments entre parenthèses empreints de sérénité, de calme et de douceur. Le roman tout entier est affaire d'équilibre.

De l’écrivaine, j'avais déjà lu "Qu'importe le chemin", un roman bouleversant, un véritable page-turner. A l'époque je disais : "Vous voilà harponné(e) par le destin de cet enfant et Martine MAGNIN ne vous lâchera plus jusqu'à la toute dernière page." Je suis prête à prendre les paris qu'il s'agit là d'une signature singulière de l'auteure, une certaine manière d'aborder la vie, les sentiments, les relations d'amitié, la maternité... le tout mené tambour battant et en beauté s'il vous plaît.

En parlant de beauté justement, Martine MAGNIN invite prodigieusement l'art, la peinture, le grand Klimt dans un roman déjà haut en couleur. Là, je ne vous dévoile pas de grand secret, le titre est à lui seul évocateur. Quant à la première de couverture, elle est une copie de la toile du maître autrichien mondialement connue, une de ces œuvres que l'on se délecte à regarder, l'œil attiré par moult détails, charmé par la splendeur des étoffes, séduit par l'expression du visage de la femme portée tout entière par le désir, enveloppée par les bras et la cape de l'être cher.

Si T Livres ? T Arts ? vous propose souvent de choisir entre deux disciplines, avec "Le baiser de Gustav" vous savourerez le mariage des deux, un pur bonheur que de découvrir des annotations sur les œuvres de l'artiste venant savamment ponctuer le propos de Martine MAGNIN. Si on a l'habitude de dire qu'un livre est un bel objet, je crois que celui-là revêt une dimension toute particulière. On a envie de le poser sur un chevalet et de lui octroyer une place de choix dans sa bibliothèque !

L’écrivaine rivalise d’ingéniosité pour nous peindre un tableau familial divers et varié. Outre le fait d’accompagner Lucie, chacun tente de mener sa vie, partagée entre le travail, les enfants pour certains... Le quotidien est ponctué de mille et une péripéties donnant du rythme au roman, les destins se croisent, les histoires s’entremêlent, et la chute, quelle chute, juste magistrale !

Le tout servi par une plume sur laquelle je ne reviens pas, je crois que tout est dit, enfin presque... les mots sont tendres, les phrases belles, le propos lumineux, l'écrivaine nous met, le temps d'une lecture, sous perfusion. Elle nous fait une injection de sa philosophie de vie pour renforcer la confiance en soi et nous inciter à aller jusqu'au bout de nos envies. Elle nous fait couler un goutte-à-goutte de plaisir et de volupté. Je crains déjà le sevrage !

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2019-05-26T09:20:48+02:00

50ème sélection du Prix des Lectrices Elle

Publié par Tlivres
50ème sélection du Prix des Lectrices Elle

Comme vous le savez, j'ai eu l'immense chance cette année de participer au 50ème Prix des Lectrices Elle, 50, tient donc, on dirait que les choses sont bien faites !!!

Cette aventure ne se conjugue pas encore au passé, nous n'avons pas franchi la ligne d'arrivée et les lauréats ne sont pas proclamés, alors, nous pouvons toutes y aller de nos pronostics...

Certaines se sont déjà lâchées, elles ont dévoilé leur trio de tête comme Moonpalaace avec qui je partage un coup de coeur !

Pour moi, les trois romans qui m'ont le plus transportée, exaltée, surprise, envoûtée, enivrée... ce sont :

 

Dans la catégorie des romans

Asta de Jon Kalman STEFANSSON chez Grasset

"Sous la plume de Jón Kalman STEFANSSON, la tragédie devient une fatalité, emportant tout sur son passage, y compris la raison. 

L’exercice littéraire est époustouflant dans la maîtrise des scénarios. Ce roman fait un peu plus de 490 pages, j'aurais aimé qu'il en fasse 100, 200, 300 de plus, totalement habitée que j'ai été par le personnage d'Ásta.

A saluer également la qualité de la traduction proposée par Eric BOURY, juste prodigieuse !"

 

Dans la catégorie des documents

L'empreinte d'Alexandria MARZANO-LESNEVICH chez Sonatine Editions

"L’écrivaine pose un regard d’une extrême lucidité sur les pulsions sexuelles des hommes et dénonce, avec l’affaire du petit Jeremy, un système américain incapable d’y pallier. Les recherches réalisées sont impressionnantes, rien n’est laissé au hasard, l’auteure a étudié scrupuleusement toutes les archives pour retracer l’ensemble des débats. 
 
Ce récit de vie est particulièrement intéressant et éclairant pour les mots posés. Il a l’extrême mérite aussi de se construire autour de deux situations  distinctes pourtant tellement ressemblantes. 
 
La plume est précise, dense, la traduction est de très bonne qualité. Les répétitions n’y feront rien, j’ai été fascinée par le destin d’Alexandria MARZANO-LESNEVICH et souhaite qu’elle puisse poursuivre dans la voie de l’écriture, elle à un talent fou."

 

Dans la catégorie des policiers

Rituels d'Ellison COOPER chez Cherche midi

"Ce premier roman est haletant de bout en bout. Je me suis surprise à tourner les pages frénétiquement pour connaître dans les toutes dernières l'auteur de faits absolument terrifiants. La chute est magistrale.

Les stratagèmes complexes mis en oeuvre relèvent d'un terrible psychopathe monté de toutes pièces par une écrivaine spécialiste notamment des neurosciences et des religions.

J’ai été captivée par ces domaines d’expertise qu’Ellison COOPER rend tout à fait accessibles. J'adore ce registre qui mise sur l'urgence à agir dans un contexte de menace permanent.

La plume est fluide, l’intrigue totalement maîtrisée."

 

Et maintenant, que les meilleurs gagnent, parce que beaucoup d'autres ont été très bons aussi, j'ai passé de merveilleux moments de lecture avec :

Le Chant des revenants de Jesmyn WARD

Vigile de Hyam ZAYTOUN

Une maison parmi les arbres de Julia GLASS

Ma dévotion de Julia KERNINON

La vraie vie de Adeline DIEUDONNE

Asta de Jon Kalman STEFANSSON

La neuvième heure de Alice McDERMOTT

La douce indifférence du monde de Peter STAMM

Un gentleman à Moscou de Amor TOWLES

Maîtres et esclaves de Paul GREVEILLAC

La loi de la mer de Davide ENIA
 
Même les monstres de Thierry ILLOUZ
 
Tu t'appelais Maria SCHNEIDER de Vanessa SCHNEIDER
 
Les inséparables de Dominique MISSIKA
 
Pirate N° 7 de Elise ARFI
 
Suzanne de Frédéric POMMIER
 

Sirènes de Joseph KNOX

Anatomie d'un scandale de Sarah VAUGHAN

Rituels d'Ellison COOPER

Dura Lex de Bruce DESILVA
 
Rivière tremblante de Andrée A. MICHAUD
 
La disparition d'Adèle Bedeau de Graeme MACRAE BURNET
 
Présumée disparue de Susie STEINER

 

et je tiens dès à présent à remercier toute l'équipe de Elle qui a fait un travail extraordinaire pour notre plus grand plaisir.

Nous allons toutes nous retrouver le 3 juin prochain pour fêter comme il se doit les 50èmes lauréats du Prix des Lectrices Elle, alors, pour nous y retrouver, je vous donne quelques indices dans la photo. A très vite maintenant !

 

 

 

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2019-01-25T07:00:00+01:00

Quand une éditrice se livre... Portrait de Caroline LAURENT

Publié par Tlivres

 

Immense joie d’engager un nouveau partenariat avec Page des Libraires. Place cette année aux interviews d’éditeurs et libraires.

C’est avec un plaisir non dissimulé que je vous propose de faire plus ample connaissance avec Caroline LAURENT.

Quand une éditrice se livre... Portrait de Caroline LAURENT

Comment êtes-vous devenue éditrice ?

En lisant votre question, un souvenir marquant m’est revenu. Je devais avoir onze ou douze ans et faisais alors de la danse à un rythme très soutenu. Un jour, mon professeur s’est approchée de moi et m’a demandé, d’un air faussement dégagé, dans quel domaine je voulais travailler plus tard. Je lui ai répondu : « Soit dans la danse, soit dans les livres. » Le tourbillon des études littéraires m’a ensuite happée ; j’apprenais, je travaillais, sans véritablement me poser de questions. Jusqu’au jour où, après une incroyable année en Italie, il a bien fallu réfléchir à la suite. J’ai découvert qu’il existait un master d’édition à la Sorbonne – je ne savais rien du métier et encore moins du milieu. Mais l’idée de faire des stages me plaisait. Je voulais voir à quoi ressemblait la vie active. Mon premier stage aux éditions Lattès a été déterminant. J’ai découvert l’accompagnement des auteurs, les échanges sur le texte, la chaîne du livre, l’excitation au moment des parutions… J’étais éblouie. Cependant, je ne pensais pas encore à candidater ou envoyer des CV pour être embauchée… Et c’est Karina HOCINE (des éditions Lattès) qui m’a appelée durant mon année d’agrégation, alors que je courais entre deux couloirs de l’université : elle cherchait quelqu’un, et si je voulais, le poste était pour moi. Je suis donc devenue éditrice parce que j’ai renoncé à une carrière de danseuse, que je suis partie en Italie, que j’ai fait des stages et que quelques personnes ont cru en moi quand j’avais 20 ans.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce métier ? (Racontez-nous aussi une petite anecdote)

J’ai un mot fétiche : la joie. Ce qui me plaît, et ce que je cherche, dans ce métier, c’est très exactement cela : la joie. 

Copyright Emmanuel DELBERGUE

Copyright Emmanuel DELBERGUE

C’est un sentiment profond, qui vous met en phase avec vous-même. La beauté des textes ; la naissance d’un écrivain ; le travail sur la maquette, le choix du papier ; la complicité qui se crée avec les auteurs ; l’amitié parfois, souvent ; les échanges avec les lecteurs ; les moments en librairie ; l’émotion que provoque un livre. Voilà, c’est simple, mais essentiel. Lorsque je lis pour la première fois un manuscrit et que mon cœur s’affole, que je ressens de l’amour pour le texte, j’ai l’impression d’être invincible. Méfiance, tout de même. Il m’est arrivé de foncer tête la première dans un mur, au sens propre : souvenir d’une course en chaussettes dans le couloir de mon appartement pour écrire à un auteur dont le texte m’avait subjuguée. Une glissade mémorable…

Aux éditions Stock, comment choisissez-vous les manuscrits que vous éditez ?

J’ai la chance d’avoir une grande souplesse dans mon travail. Mais la sélection, qu’il s’agisse de littérature blanche, de polars ou de documents, repose sur les mêmes principes : la qualité du texte, sa portée, ce qu’il provoque en moi. Je suis mon instinct.

 

Que se passe-t-il entre le moment où un manuscrit arrive chez vous et celui où il est publié ?

Si le manuscrit est accepté, commence alors le travail avec l’auteur. Ces échanges peuvent durer des mois, parfois un an. Une fois le texte abouti, on l’envoie en fabrication pour créer des épreuves qu’on relit, qu’on corrige encore, jusqu’à donner le bon à tirer final. En parallèle, nous présentons l’œuvre aux équipes commerciales, à la presse, aux blogueurs. Et vient un jour où l’on trouve le livre en librairie, sur une table ou en vitrine…

Vous avez lancé en janvier 2019 une nouvelle collection de fiction : « Arpège ». Pourquoi ?

Pour répondre aux nouveaux défis du marché et incarner, chez Stock, un autre visage de la littérature française et francophone contemporaine. C’était un désir de Manuel CARCASSONNE, le P.D.G. de la maison, et c’est devenu un projet collectif, porté par toute l’équipe. L’objectif est de surprendre, emporter et émouvoir les lecteurs !

Parlez-nous de votre catalogue de la rentrée littéraire de janvier 2019 !

Deux titres sont à l’honneur pour le lancement d’Arpège. D’abord "Les Heures solaires" de Caroline CAUGANT, un très beau roman familial qui met en scène trois femmes unies par les secrets d’une rivière. On suit le fil de l’eau pour remonter le cours du temps, on se laisse happer par les atmosphères sensorielles, la mémoire impossible des héroïnes, le phrasé mélodieux de l’auteure. L’autre roman est signé Théodore BOURDEAU et s’intitule "Les Petits Garçons". Ce bijou de tendresse et d’humour retrace l’amitié de deux petits garçons, de l’enfance à l’âge adulte, en passant par la crise de l’adolescence, qui tâchent malgré la violence du monde de rester fidèles à eux-mêmes.

Quel rapport établissez-vous avec les premiers romans ?

Je crois que l’ensemble du monde littéraire est sensible aux premiers romans. Les éditeurs, les libraires, les lecteurs… Et bien sûr les auteurs, qui y mettent tant d’énergie et de liberté. La grâce des premières fois est sacrée (sacralisée, peut-être). Découvrir un écrivain, c’est devenir aventurier et explorateur. L’ivresse est totale !

Quel est votre dernier coup de coeur ?

Justement… Un premier roman que je publierai à la rentrée littéraire 2019. Je l’ai adoré ! Un roman virtuose, vivant, tourbillonnant même, d’une maîtrise remarquable. Il y est question d’amour blessé, de jeunesse, d’Italie, d’écriture et de traduction… Une merveille. Son auteure est une jeune femme dont je vous invite à retenir le nom : Romane LAFORE.

Quel livre lisez-vous en ce moment ?

"Vigile", de Hyam ZAYTOUN.

Qu’est-ce que vous apporte la revue PAGE ?

Vous avez pris votre journée ?... Je pourrais parler de PAGE pendant des heures. Grâce à PAGE, j’ai rencontré des libraires d’exception et des personnes de grande valeur – certains sont devenus des amis, ils se reconnaîtront. Grâce à PAGE, j’ai découvert des auteurs, mais plus encore, j’ai découvert un esprit. Ouverture, écoute, rigueur professionnelle, enthousiasme, sensibilité, partage… C’est la vie du livre telle qu’elle devrait toujours être. Enfin, grâce à PAGE, j’ai vécu l’un de mes plus beaux moments, en présentant sur la scène de la BNF le roman "Et soudain, la liberté", co-écrit avec ma chère et regrettée Évelyne PISIER.

 

L'occasion de faire un petit clin d'oeil aux 68 Premières fois, votre roman faisait effectivement partie de la sélection 2017 ! Il est aussi le lauréat du

Prix Première Plume

et du 

Prix Marguerite Duras.

Nous avons hâte de découvrir votre deuxième roman mais vous reviendrez nous en parler bien sûr !

Avant de se quitter, petite visite guidée de votre bureau...

Sur la bord de la fenêtre, les chouchous de la rentrée littéraire de janvier... les premiers que l'on espère d'une longue série !

 

Et puis, là, trône de toute sa splendeur, un dessin original de Simone VEIL offert par Pascal BRESSON, auteur du roman graphique paru chez MARAbulles : "Simone VEIL, l'immortelle" avec cette maxime qui vous touche énormément :

"Celui qui combat peut perdre. Mais celui qui ne combat pas a déjà perdu."

 

Quelle plus belle icône pour accompagner votre parcours !

Merci infiniment, chère Caroline, d'avoir accepté de répondre à mes questions.

Le bal de la rentrée littéraire de janvier est lancé, la merveilleuse farandole de la collection Arpège engagée,

"Et bien, DANSEZ maintenant !"

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2019-01-16T19:02:10+01:00

Piano ostinato de Ségnolène DARGNIES

Publié par Tlivres
Piano ostinato de Ségnolène DARGNIES

Il y a des romans dont les premières lignes nous mettent tout de suite dans le bain !!!

Piano ostinato de Ségolène DARGNIES publié chez Mercure de France fait partie de ceux-là et je ne résiste pas à les partager avec vous...

Ce roman très court nous fait sombrer en eaux troubles en accompagnant un pianiste au plus mal de sa forme. Lors d'un Concerto en la mineur de Robert Schumann, il ressent une violente douleur dans le majeur droit. Elle va le faire sortir de la scène, le temps de se reconstruire.

En refermant ce premier roman orchestré par une main de maître, vous sortirez la tête de l'eau tout ragaillardi(e).

En un mot, plongez !

Je participe au 

orchestrée de jolie manière par notre amie Joëlle, retrouvez mes lectures

La mer monte de Aude LE CORFF

Les miroirs de Suzanne de Sophie LEMP

Edmonde de Dominique DE SAINT PERN

D'origine italienne de Anne PLANTAGENET

Anatomie d'un scandale de Sarah VAUGHAN

Vigile de Haym ZAYTOUN

Nous aurons été vivants de Laurence TARDIEU

Médée chérie de Yasmine CHAMI

Personne n'a peur des gens qui sourient de Véronique OVALDE

Le rituel des dunes de Jean Marie BLAS DE ROBLES

Celle qui marche la nuit de Delphine BERTHOLON

La nuit se lève d'Elisabeth QUIN

Ce qui nous revient de Corinne ROYER

Les heures solaires de Caroline CAUGANT Coup de coeur

Etat de nature de Jean-Baptiste de FROMENT

Piano ostinato de Ségolène DARGNIES

et plein d'autres encore !

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2019-02-26T13:31:24+01:00

Piano ostinato de Ségolène DARGNIES

Publié par Tlivres
Piano ostinato de Ségolène DARGNIES

Il y a des romans porteurs d’une renaissance. « Piano ostinato » de Ségolène Dargnies publié chez Mercure de France fait assurément partie de ceux-là.

En 89 pages, l’ecrivaine, une première plume, réussit à orchestrer une descente aux enfers et la lente (re)construction d’un homme, un pianiste.

Il est tout petit mais il a tout d’un grand !

C’est mon #mardiconseil 🤗

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Les miroirs de Suzanne de Sophie LEMP

Edmonde de Dominique DE SAINT PERN

D'origine italienne de Anne PLANTAGENET

Anatomie d'un scandale de Sarah VAUGHAN

Vigile de Haym ZAYTOUN

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Le rituel des dunes de Jean Marie BLAS DE ROBLES

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2019-03-17T07:00:00+01:00

Le Chant des revenants de Jesmyn WARD

Publié par Tlivres
Le Chant des revenants de Jesmyn WARD

Belfond

Traduit de l'américain par Charles RECOURSÉ

Et de 3 !

Après "Anatomie d'un scandale" de Sarah VAUGHAN et "Pirate N° 7" d'Elise ARFI, voici le dernier de la sélection du mois, "Le Chant des revenants" de Jesmyn WARD dans la catégorie des romans en lice pour le #GrandPrixdesLectricesElle2019.

Jojo a treize ans aujourd'hui. Il vit avec sa petite soeur, Kayla, chez ses grands-parents. Ils y savourent les plaisirs de la nature, s'occupent des animaux de la ferme, évoluent dans un cocon bienveillant. Leur vie pourrait être paisible mais c'est sans compter sur les turbulences occasionnées par Leonie, leur mère, droguée, qui fuit le chagrin de la mort de son frère intervenue alors qu'il n'était qu'un adolescent. Les enfants préfèrent l'appeler par son prénom plutôt que de lui dire maman. Leur père, Mickaël, lui, est en prison. Quand Leonie apprend qu'il est sur le point de sortir, elle fait monter les enfants dans sa voiture et les embarque dans un voyage à hauts risques.

Ce roman m'a profondément troublée dans ce qu'il décrit de la grand-parentalité. La littérature fait de plus en plus la part belle à cette relation qui unit deux générations liées l'une à l'autre. Dans un roman choral à plusieurs voix, l'auteure porte un regard différent selon l'angle porté. Ainsi, il y a l'adolescent qui, bien malgré lui, est sollicité pour jouer le rôle de père auprès de sa petite soeur, traumatisée par une mère inconstante. Il est aussi celui sur qui s'appuie un grand-père vieillissant dont les forces physiques vont en diminuant et qui transmet son savoir avant qu'il ne soit trop tard. Leonie regarde d'un autre oeil, elle, cette complicité qui la dérange.

J'ai été touchée aussi par les liens de la fratrie. Jojo, très instinctivement, offre à sa petite soeur l'amour dont elle a besoin pour prendre confiance en elle et affronter la fougue d'une mère que la maternité a fait grandir précocement. Il y a beaucoup de tendresse dans l'attention portée par le garçon, j'ai beaucoup aimé les descriptions de ces petits gestes qui sont pour sa soeur autant de fondations qui seront nécessaires à la construction de sa vie.

Jesmyn WARD saisit l'opportunité du voyage rendu nécessaire par la libération du père pour brosser une fresque d'une Amérique dévastée, rongée par la misère et le racisme. Les paysages comme les hommes sont désolants, le tableau est profondément sombre.

Le #GrandPrixdesLectricesElle2019 me permet de découvrir des auteurs étrangers, c'est une vraie chance j'en ai conscience. Après la plume de Sarah VAUGHAN, c'est celle de Jesmyn WARD que je lis pour la première fois. Et même si ce roman, relativement lent, n'a pas été transcendant, je crois que je prendrais plaisir à aller plus loin avec "Bois sauvage", "Ligne de fracture" ou bien "Les Moissons funèbres". Qu'est-ce que vous me conseillez ?

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Anatomie d'un scandale de Sarah VAUGHAN

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2019-01-06T10:56:29+01:00

Piano ostinato de Ségolène DARGNIES

Publié par Tlivres
Piano ostinato de Ségolène DARGNIES

Mercure de France

"Piano ostinato" de Ségolène DARGNIES est sorti en librairie le 3 janvier 2019, sans tambour ni trompette, mais qui pourrait faire grand bruit.

Il est court, très court, 89 pages seulement, et pourtant, il a tout d'un grand !

Je ne vais vous en dire que quelques mots. Surtout, croyez-moi, abstenez-vous de lire la 4ème de couverture, vous risqueriez de ne plus savourer l'effet de surprise pourtant savamment traité par une romancière qui en est à son coup d'essai mais qui pourrait se révéler une sacrée belle plume.

Gilles Sauvac fréquente les piscines municipales de Paris. Au petit matin, à l'ouverture, il y fait des longueurs. "Mille mètres de crawl, autant de brasse coulée, et cinq cents mètres de papillon." Il apprécie les mouvements de son corps, sa capacité à se mouvoir dans l'eau, son endurance aussi. Pourtant, rien, non rien, ne le prédisposait à fréquenter les bassins.  Alors pourquoi ? Un 7 janvier, la vie de Gilles Sauvac bascule. Depuis cette date, une question le taraude :


Survivre, d’une façon ou d’une autre, à l’exil de la musique ? P. 62

Ségolène DARGNIES vous prend par la main et vous fait vivre une "renaissance".

Dans une narration subtilement orchestrée, elle alterne le regard porté sur l'existence de cet homme, à la troisième personne du singulier, et ses propres réflexions à lui, ses questionnements. 

Avec des mots justes et tout en pudeur, l'écrivaine nous décrit l'itinéraire d'un homme qui veut sauver sa peau. Bien sûr, il y a des hauts, et puis des bas, des moments de doute, mais toujours, cette envie de vivre, de rebondir, de se battre. Elle nous livre une magnifique leçon de vie et nous confie un objet de méditation...


Je dis qu’il faudrait sans plus tarder, de manière parfaite et définitive, abolir les privilèges, bâtir de nouvelles élites, revoir ce que c’est que d’être noble. P. 80

Si le sens de notre vie était ailleurs que là où on l'imagine !

Ségolène DARGNIES nous offre un premier roman abouti dans une prose concise, d'une profonde sensibilité, et nous transporte dans des univers inattendus.

"Piano ostinato" mériterait de trouver une place, à sa mesure, dans cette rentrée littéraire de janvier. C'est une très belle découverte.

Je participe au 

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La mer monte de Aude LE CORFF

Les miroirs de Suzanne de Sophie LEMP

Edmonde de Dominique DE SAINT PERN

D'origine italienne de Anne PLANTAGENET

Anatomie d'un scandale de Sarah VAUGHAN

Vigile de Haym ZAYTOUN

Nous aurons été vivants de Laurence TARDIEU

Médée chérie de Yasmine CHAMI

Personne n'a peur des gens qui sourient de Véronique OVALDE

Le rituel des dunes de Jean Marie BLAS DE ROBLES

Celle qui marche la nuit de Delphine BERTHOLON

La nuit se lève d'Elisabeth QUIN

Ce qui nous revient de Corinne ROYER

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Etat de nature de Jean-Baptiste de FROMENT

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2019-04-05T05:20:49+02:00

Les miroirs de Suzanne de Sophie LEMP

Publié par Tlivres
Les miroirs de Suzanne de Sophie LEMP

Allary éditions

Recevoir une enveloppe inconnue dans sa boîte aux lettres, y découvrir un roman, s’interroger sur celui ou celle qui se cache derrière ce cadeau et puis faire le lien... un immense merci Charlotte, « Les miroirs de Suzanne » de Sophie LEMP m’ont profondément touchée, je suis encore sous le charme.

Tout commence avec une scène terriblement déstabilisante. Suzanne s’absente de son appartement parisien. Quand elle rentre, elle s’aperçoit qu’il a été visité. Son ordinateur est parti. Après quelques minutes de désarroi, elle se rassure, le disque dur externe sur lequel elle fait des sauvegardes régulières est toujours à sa place. La vie de famille reprend son cours presque ordinaire mais dans la nuit qui suit, Suzanne ne dort pas, elle pense à ses journaux intimes d’adolescente. Elle avait récemment acheté un coffret à clé pour les accueillir. Elle n’a pas pensé à vérifier qu’ils sont toujours là. Quand elle se lève, elle découvre leur disparition. Passionnée qu’elle est des mots, elle se lance dans l’aventure de les réécrire en puisant dans ses souvenirs. Là commence une toute nouvelle histoire...

Ce roman est remarquable dans la façon qu’il a de vous captiver dès les premières pages avec cette intrusion violente dans l’intimité de Suzanne. Ensuite, vous ne le lâcherez plus !


Derrière des cahiers d’une jeune fille en fleur, ce sont des histoires d’amour qui se révèlent, l’effervescence des sentiments, les premiers désirs, les premiers mots, les premiers contacts, les premiers gestes d’une sexualité en devenir... C’est finalement toute l’histoire de Suzanne, sa construction personnelle qui se dessine dans ce qu’elle a de plus subtil, d’inattendu aussi. Suzanne vit au rythme de ses émotions, fortes celles-là, violentes, douloureuses aussi.

Un amour d’adolescente c’est un peu comme une fleur de magnolia, c’est beau, délicat, raffiné, précieux. Et puis avec le temps, très court, les pétales commencent à s’ouvrir, jaunissent, s’étiolent, tombent à terre, sont piétinés par des passants et disparaissent. Mais la réalité, c’est que l’arbre, lui, reste !

Avec ce magnifique roman, Sophie LEMP touche ce qu’il y a de plus sensible. Elle effleure toutes ces réalités qui font qu’un adulte est ce qu’il est. Si j’ai beaucoup aimé découvrir les traces indélébiles laissées par Antoine dans l’esprit et le corps de Suzanne, vivant au gré de la réminiscence des images et qui en dit long sur notre mémoire, ce qui m’a fascinée, c’est le pouvoir des mots.

Il y a ceux qui s’expriment librement, d’autres qui peinent à se laisser apprivoiser, d’autres encore qui sont incapables d’être formulés :


Mais les mots indociles restent coincés dans sa gorge. Pas un son ne sort de sa bouche. P. 103

Les mots sont là comme des révélateurs de ce que l’on vit, ressent, supporte, affronte...

Sophie LEMP en fait un véritable terrain d’exploration et nous brosse un formidable tableau de l’écriture.


Entendre des artistes s’exprimer sur le caractère envahissant, exclusif, de la création lui avait toujours paru étrange, loin de ce qu’elle ressentait. Pour la première fois, elle en faisait l’expérience. P. 105

Mais l’histoire de Suzanne pourrait vous paraître sirupeuse s’il n’y avait celle de Martin, livreur à vélo, qui, menée en parallèle, va insidieusement s’en approcher.

Sophie LEMP dévoile ainsi tout le jeu de sa propre écriture, parfaitement structurée, rigoureusement organisée, rythmée comme un métronome donnant alternativement et systématiquement la voix à Suzanne, et puis à Martin. Toutes deux sont des chambres d’écho, assurent une certaine résonance pour en décupler les effets.


Ce roman est une ode à la lenteur, au besoin de laisser infuser, se délecter. Dans un monde où tout devient urgent, « Les miroirs de Suzanne » nous invitent à méditer sur nos envies, le sens de notre existence aussi.

Je participe au 

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Les miroirs de Suzanne de Sophie LEMP

Edmonde de Dominique DE SAINT PERN

D'origine italienne de Anne PLANTAGENET

Anatomie d'un scandale de Sarah VAUGHAN

Vigile de Haym ZAYTOUN

Nous aurons été vivants de Laurence TARDIEU

Médée chérie de Yasmine CHAMI

Personne n'a peur des gens qui sourient de Véronique OVALDE

Le rituel des dunes de Jean Marie BLAS DE ROBLES

Celle qui marche la nuit de Delphine BERTHOLON

La nuit se lève d'Elisabeth QUIN

Ce qui nous revient de Corinne ROYER

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2019-04-14T06:00:00+02:00

L'empreinte de Alexandria MARZANO-LESNEVICH

Publié par Tlivres
L'empreinte de Alexandria MARZANO-LESNEVICH

Editions Sonatine

Traduit de l'anglais par Héloïse ESQUIE

Ce document est le tout dernier de la sélection du #GrandPrixdesLectricesElle2019, un livre inoubliable.

Nous sommes aux États-Unis. En 1992, Ricky Langley, 19 ans, tue Jeremy Guillory âge de 6 ans. Par le passé, Ricky Langley avait été condamné à deux reprises pour agression sexuelle. Le petit Jeremy a-t-il été victime de ce type de faits avant sa mort ? Après ? C’est ce que la narratrice va tenter de trouver en déroulant le fil de l’enquête, de la vie de Ricky Langley aussi.

 
Pourquoi ce travail titanesque ?
 
Parce que cette histoire résonne cruellement avec ce qu’a vécu Alexandria MARZANO-LESNEVICH dans sa plus tendre enfance, elle et sa sœur ont été abusées par leur grand-père. Les parents sont avocats, chacun cherche un bon motif pour protéger l’autre et faire en sorte que cette histoire ne soit pas dévoilée sur la place publique.


C’est la logique à laquelle je ne trouverai jamais d’explication : dans ma famille, une douleur, ce sera toujours la mienne ou la tienne, à monter l’une contre l’autre et à mettre en balance, jamais une douleur collective, jamais une douleur de famille. P. 179

Toute son enfance et sa jeunesse, elle vivra avec la peur terrifiante que de nouveaux actes soient perpétrés, toute sa vie, elle mènera le combat contre les traces laissées à jamais, dans son âme, dans son corps aussi.

Ce document est effroyable dans ce qu’il révèle de deux histoires, vraies, qu’il entrecroise savamment avec minutie. 

Alexandria MARZANO-LESNEVICH donne au récit une dimension profondément humaine. Tout au long de ce document riche et foisonnant, elle ne va manquer de montrer ô combien ce sont des hommes qui sont coupables d’actes aussi odieux. Elle mène le même combat que Thierry ILLOUZ mais avec d’autres moyens, là, il s’agit de regarder les êtres avec les yeux d’une victime qui se refuse à nier la situation. 
 
Sa sœur, devenue adulte, a choisi un autre parti, le déni. Alexandria MARZANO-LESNEVICH, elle, met les mots sur ses blessures, physiques et psychiques. Elle ne peut les oublier. Si pour certains, elle invente, elle ne rêve pas quand un examen gynécologique pose la question de l’origine de cicatrices vaginales !


Le passé est dans mon corps. P. 348

Par le biais de l’écriture, Alexandria MARZANO-LESNEVICH cherche la voie de la résilience. Elle nous retrace le fil de sa vie, bafouée, torturée... par des faits commis à l’intérieur de sa propre famille. La mort de son grand-père ne résoudra rien. Elle doit aller plus loin. 


Que ces mots deviennent aussi tenaces que les souvenirs que je porte dans mon corps. P. 359

C’est l’histoire du meurtre du petit Jeremy qui lui ouvrira la voie et lui donnera un terrain d’exploration favorable à un cheminement personnel salvateur. 
 
L’écrivaine pose un regard d’une extrême lucidité sur les pulsions sexuelles des hommes et dénonce, avec l’affaire du petit Jeremy, un système américain incapable d’y pallier. Les recherches réalisées sont impressionnantes, rien n’est laissé au hasard, l’auteure a étudié scrupuleusement toutes les archives pour retracer l’ensemble des débats. 
 
Ce récit de vie est particulièrement intéressant et éclairant pour les mots posés. Il a l’extrême mérite aussi de se construire autour de deux situations  distinctes pourtant tellement ressemblantes. 
 
La plume est précise, dense, la traduction est de très bonne qualité. Les répétitions n’y feront rien, j’ai été fascinée par le destin d’Alexandria MARZANO-LESNEVICH et souhaite qu’elle puisse poursuivre dans la voie de l’écriture, elle à un talent fou.
 
Ce document est en lice pour le #GrandPrixdesLectrices2019 avec :
 
La loi de la mer de Davide ENIA
 
Même les monstres de Thierry ILLOUZ
 
Tu t'appelais Maria SCHNEIDER de Vanessa SCHNEIDER
 
Les inséparables de Dominique MISSIKA
 
Pirate N° 7 de Elise ARFI
 
Suzanne de Frédéric POMMIER
 

Il fait aussi partie du 

orchestrée de jolie manière par notre amie Joëlle, retrouvez mes lectures

Né d'aucune femme de Franck BOUYSSE

La mer monte de Aude LE CORFF

Les miroirs de Suzanne de Sophie LEMP

Edmonde de Dominique DE SAINT PERN

D'origine italienne de Anne PLANTAGENET

Anatomie d'un scandale de Sarah VAUGHAN

Vigile de Haym ZAYTOUN

Nous aurons été vivants de Laurence TARDIEU

Médée chérie de Yasmine CHAMI

Personne n'a peur des gens qui sourient de Véronique OVALDE

Le rituel des dunes de Jean Marie BLAS DE ROBLES

Celle qui marche la nuit de Delphine BERTHOLON

La nuit se lève d'Elisabeth QUIN

Ce qui nous revient de Corinne ROYER

Les heures solaires de Caroline CAUGANT Coup de coeur

Etat de nature de Jean-Baptiste de FROMENT

Piano ostinato de Ségolène DARGNIES

et plein d'autres encore 

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2019-02-03T10:46:42+01:00

Celle qui marche la nuit de Delphine BERTHOLON

Publié par Tlivres
Celle qui marche la nuit de Delphine BERTHOLON

Albin Michel

Delphine BERTHOLON, je ne vous la présente plus ! C'est l'auteure de l'indéfinissable "Coeur-Naufrage", énorme coup de coeur, de "Grâce" aussi, et puis "Les corps inutiles", ou encore "L'effet Larsen". 

Elle nous revient en cette rentrée littéraire de janvier avec un roman jeunesse, avouons que je n'ai pas boudé mon plaisir de rajeunir de quelques  ( dizaines d')années.

D'ailleurs, je crois que je pourrais tout lire d'elle. Delphine BERTHOLON écrit avec une plume remarquable. Dès les premières lignes, vous êtes pris à la gorge. Vous ne lâcherez prise que dans les toutes dernières lignes du roman, et là, je dois dire qu'il n'y a pas d'âge !

Quelques mots de l'histoire :

Malo a 15 ans quand son père, prof de guitare, obtient la mutation de sa vie, il intègre le Conservatoire de Nîmes. Toute la famille, Sophie, la nouvelle compagne de son père, Jeanne, sa petite soeur de 5 ans, quittent Paris. Ils emménagent dans une maison au milieu des bois, éloignée du village de quelques kilomètres. Alors Malo, pour s'occuper, prend son vélo et part à la découverte des lieux. Il tombe sur une ruine qui dès les premiers instants le captive. Il croit y voir une ombre, prend ses jambes à son coup et rentre à la maison, là où Jeanne commence à avoir des comportements étranges. Seul Malo semble en être perturbé. Bientôt l'angoisse commence à se faire une place dans le coeur de l'adolescent, ses nuits sont ponctuées d'insomnies aggravées le jour par l'immense solitude qui le tenaille, il est hanté par le fantôme de sa mère... Le jeune garçon est bien décidé à découvrir le secret qui l'obsède... à tout prix !

Delphine BERTHOLON nous livre un thriller fantastique tenu par une main de maître, l'énigme est entretenue tout au long du roman dans lequel règne une atmosphère mystérieuse. Le jeune garçon, particulièrement attentionné pour sa soeur, porte sur ses frêles épaules un fardeau parfois trop lourd, il devient hypersensible à son environnement.

Le journal intime marche à tous les coups. C'est effectivement par cette voie que l'écrivaine décide de dérouler le fil de la vie du jeune homme. Elle nous révèle une histoire familiale douloureuse qui ne manque, pas à l'adolescence, de resurgir dans toute sa puissance.

J'ai été bluffée une nouvelle fois par l'écriture de Delphine BERTHOLON, chapeau.

Et même si, à l'ouverture de chaque chapitre, quelque chose me rappelait qu'il s'agissait d'un roman jeunesse...

Celle qui marche la nuit de Delphine BERTHOLON

j'ai plongé et me suis délectée à suivre l'aventure du jeune homme. 

Un petit mot pour la première de couverture, juste magnifique et tellement évocatrice de ce qui vous attend... ce roman, vous pouvez le conseiller à tous !

Je participe au 

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2019-02-05T07:00:00+01:00

Le Rituel des dunes de Jean-Marie BLAS DE ROBLÈS

Publié par Tlivres
Le Rituel des dunes de Jean-Marie BLAS DE ROBLÈS

Zulma
 

La plume de Jean-Marie BLAS DE ROBLÈS, je ne la connaissais pas. Faute avouée à demi pardonnée, non ? Indiscutablement, c'est un formidable conteur.

Quelques mots de l'histoire, que dis-je, des histoires :

Roetgen, un brin déprimé, vient de terminer l'écriture d'un manuscrit pour partie inspiré de sa propre vie. Il a partagé son logement un temps avec Warren, un américain, homosexuel, enseignant à l’institut de langues de Tientsin. Et puis, il a côtoyé Beverly, une femme rejetée par ses parents de Détroit dans les années 1963/1964. Elle a sombré dans la grande pauvreté. Et puis, elle a connu une ascension sociale fulgurante. Elle aurait pu savourer le confort de sa nouvelle vie, mais non, elle a préféré abandonner cent millions de dollars pour tracer sa voie. Il y a Hugo aussi, un Allemand dont la mère est morte précocement et le père discret sur sa vie passée en Chine. C'est là-bas qu'il partira en quête de ses origines. Enfin, il y a Lafitte, un Canadien, la quarantaine, enseignant en mathématiques à Montréal. Il vit depuis cinq ans en Chine populaire. Son défi, passer une nuit dans un chaudron de la Cité Interdite.

"Le Rituel des dunes", c'est une histoire, imbriquée dans une autre histoire, elle-même enchâssée dans une énième et ainsi de suite. C'est un roman à tiroirs dans lequel Jean-Marie BLAS DE ROBLES dresse une galerie de portraits, tous aussi singuliers les uns que les autres. L'écrivain s'attache à en décrire minutieusement la psychologie :


Chacune de ces biographies était un sol jonché de cendres froides : où était le volcan, la source éruptive de ces traînées de lave ? P. 23-24

Il déroule le fil de l'existence de chacun et explore l'intime, le coeur des personnages.
J'ai particulièrement aimé celui d'Hugo qui va assouvir le besoin irrépressible de connaître le passé de son père. Mais plus que tout, c'est le personnage de Beverly qui illumine ce roman. Personnage fantasque, extravagant, excentrique, elle donne un côté moderne à un livre qui a été écrit par Jean-Marie BLAS DE ROBLES en 1980. C'est elle qui donne la clé de lecture de ce roman. Ce n'est pas moi qui le dit mais Laure LEROY, l'éditrice de Zulma que j'ai eue la chance de rencontrer samedi à Angers à la Librairie Richer. J'étais sortie de cette découverte, un brin frustrée, elle aura suffit par son propos à me libérer, à déverrouiller la porte qui m'empêchait d'apprécier pleinement la plume de l'auteur.

Parlons de l'écriture de Jean-Marie BLAS DE ROBLES justement ! Elle est charmante à l'envi et donne au roman ses lettres de noblesse. Je l'ai dit en introduction, c'est un conteur. Il va vous offrir un voyage, vous faire découvrir la Chine dans ses plus pures traditions. J'ai adoré le passage dédié à l'art chinois de la gravure sur ivoire de citations illisibles à l’œil nu, c'est un véritable condensé de minutie et de raffinement. J'en profite pour faire un petit clin d'oeil à Etienne qui propose actuellement un thé vert : "Secret de l'empereur", avouez que le mariage était bien trouvé !

Avec cette lecture, vous serez bercé(e) d'illusions. N'est-ce pas aussi ça la vocation de la littérature ?

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Vigile de Haym ZAYTOUN

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Personne n'a peur des gens qui sourient de Véronique OVALDE

Le rituel des dunes de Jean Marie BLAS DE ROBLES

Celle qui marche la nuit de Delphine BERTHOLON

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2019-02-06T07:00:00+01:00

Personne n’a peur des gens qui sourient de Véronique OVALDÉ

Publié par Tlivres
Personne n’a peur des gens qui sourient de Véronique OVALDÉ

 

Flammarion

Véronique OVALDÉ est une conteuse remarquable. Elle nous avait habitués à des récits exotiques dans des contrées imaginaires, là elle prend son lecteur par surprise et lui sert un thriller psychologique parfaitement maîtrisé.

Quelques mots de l’histoire :

Gloria Marcaggi boucle les valises pour un voyage sans retour. Elle monte en voiture et passe à l’école chercher ses deux filles, Loulou et Stella. Elle brade sa Côte d’Azur pour l’Alsace. Sa mère a hérité d’une maison de famille en forêt de Kayserheim. Inhabitée, elle s’y installe. Au fur et à mesure qu’elle y prend ses marques, elle déroule le fil de son existence. Elle n’avait que 16 ans quand son père est décédé d’un cancer. Sa mère était partie depuis quelques temps avec son dentiste. Gloria a alors décidé de quitter le lycée pour s’assumer. Elle a d’abord travaillé au bar « La Traînée ». Tonton Gio qui était l’associé de son père dans l’affaire veillait sur elle. Et puis il y a eu cette histoire d’amour avec Samuel, un garçon séduisant mais qui vivait de trafics en tous genres.  Avec la naissance de Stella, elle a décidé d’arrêter de travailler. C’est alors qu’a commencé pour elle une nouvelle vie, à ses risques et périls.

Je ne vous en dirai pas beaucoup plus si ce n’est que ce roman m’a littéralement happée. Une fois les premières pages découvertes, vous ne pourrez plus le lâcher. Vous voilà prévenu(e)s !

Véronique OVALDÉ focalise son récit sur l’histoire rocambolesque et chahutée de Gloria, une jeune femme étrange et mystérieuse qui s’est construite au gré de circonstances dramatiques. Reconnue pour sa force de caractère, son courage et sa ténacité, elle est confrontée aux affres de l’amour :


Je ne cesserai jamais de m’étonner de la manière dont on perçoit l’autre la première fois, l’autre qu’on aimera plus que tout, l’autre qu’on aimera imprudemment, totalement, tragiquement [...]. P. 26

 

Isolée du monde, elle trace sa voie. Il y a quelque chose d’animal dans le comportement de cette mère vis-à-vis de ses filles qu’elle entend protéger. De qui ? De quoi ? Échappera-t-elle à la malédiction des générations de femmes qui l’ont précédée ? N’est-elle pas elle-même à l'origine d’une prise de risque pour Loulou et Stella ?

Autant de questions qui vous prendront à la gorge et vous tiendront en haleine. La première scène est absolument magistrale, le processus verrouillé, la tension à son paroxysme, ce ne sont que dans les toutes dernières pages que l’écrivaine acceptera de lever le doute.

La respiration est saccadée, elle évolue au rythme irrégulier de la narration avec des chapitres tantôt de quelques pages, tantôt de quelques lignes. Au coeur d’un paysage naturel, il y a cette urgence à vivre !

Dans un style tout à fait inattendu, Véronique OVALDÉ s’invite dans cette rentrée littéraire de façon fracassante. Elle fait d'ailleurs partie des cinq finalistes pour le Grand Prix RTL/Lire 2019 !

L'écrivaine a cette capacité à pouvoir naviguer entre différents genres littéraires. N’est-ce pas là la preuve d’un immense talent ?

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La mer monte de Aude LE CORFF

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Vigile de Haym ZAYTOUN

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Le rituel des dunes de Jean Marie BLAS DE ROBLES

Celle qui marche la nuit de Delphine BERTHOLON

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