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2022-03-21T22:14:05+01:00

Mars au féminin, tapis rouge pour Laurine THIZY

Publié par Tlivres
Mars au féminin, tapis rouge pour Laurine THIZY

L'opération #marsaufeminin est l'occasion de mettre des plumes féminines sous les projecteurs.

Il en est une découverte tout récemment dans le cadre de la #selection2022 du bal des 68, Laurine THIZY avec son roman, "Les maisons vides" aux Éditions de L’Olivier, une lecture coup de poing.

Dans ce roman, il est question du corps, de la mort, de la religion.

Le personnage de Gabrièle, adolescente, est profondément émouvant. Impossible de l'oublier, vraiment.

Quelle plume, la main de fer dans un gant de velours, quelle construction narrative, une alternance de chapitres méticuleusement rythmés, quel premier roman, une lecture coup de poing, tout simplement. J'en suis sortie K.O., bravo !

Cette découverte, je la dois aux fées que je ne remercierais jamais assez de repérer dans la rentrée littéraire des  plumes tout à fait exceptionnelles.

Repérez bien ce nom, Laurine THIZY, nul doute que l'on reparlera d'elle !

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2022-03-21T22:06:29+01:00

Les violences conjugales selon Firoozeh

Publié par Tlivres
Les violences conjugales selon Firoozeh

Sur Angers, du 7 au 31 mars 2022, les grilles du Musée Pincée et du Jardin des Plantes deviennent un lieu d'exposition à ciel ouvert pour l'égalité femme/homme.

Une trentaine de dessins de presse est visible pour le badaud flânant dans les rues de la ville. Il s'agit d'imaginer d'autres formes d'action après le mouvement #MeToo.

Après deux créations de Carrilho, portugais, place aujourd'hui à Firoozeh, une artiste iranienne, membre du collectif Cartooning for peace.

Au dos des grilles du Jardin des Plantes, c'est-à-dire côté intérieur, sont exposées des créations choquantes, âmes sensibles d'abstenir.

En réalité, il s'agit d'aller au-delà des carricatures et autres humiliations des femmes pour passer à la force supérieure et évoquer les violences physiques faites aux femmes.

Là, une maison, toute en noir, un rideau tiré qui laisse passer la lumière intérieure pour mieux repérer le visage d'une femme, torturé. Au théâtre, on parlerait d'une tragédie mais nous ne sommes pas au théâtre. Il n'y a pas de comédiens, il n'y a pas de rôles à jouer. Il s'agit de faits réels.

Cette création, ma #lundioeuvredart, fait référence aux 126 000 femmes qui, en 2019, ont été victimes des violences de leur conjoint, c'est-à-dire dans l'intimité familiale, à la maison, dans l'appartement, à l'abri des regards. 102 femmes y ont laissé leur vie en 2020.

S'il n'y a pas de hiérarchie dans les violences faites aux femmes, les violences physiques sont la représentation la plus forte, la plus insupportable aussi, de la soumission des femmes. Louise MEY avec "La deuxième femme" nous livre un roman insoutenable sur le sujet, roman qu'elle a écrit sur la base de nombreux témoignages et autres archives. 

Si des actions sont lancées par le Gouvernement et les Associations pour permettre aux femmes de trouver un nouveau logement après une solution d'hébergement temporaire, chacun sait que sortir des griffes du prédateur reste l'une des plus grandes difficultés pour les femmes battues.

Cette oeuvre d'art constitue, de mon point de vue, un très bon prétexte à l'échange. Elle est tellement explicite. Bravo à Firoozeh pour le message accessible par tous.

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2022-03-21T21:24:43+01:00

Mars au féminin, tapis rouge pour Jakuta ALIKAVAZOVIC

Publié par Tlivres
Mars au féminin, tapis rouge pour Jakuta ALIKAVAZOVIC

L'opération #marsaufeminin est l'occasion de revenir sur des plumes pleines de talent.

Il en est une découverte très récemment qui m'a offert un vrai moment d'émerveillement, celle de Jakuta ALIKAVAZOVIC.

Il aura fallu une soirée organisée par l'Association Bouillon de Cube au  Musée des Beaux Arts d'Angers pour que je tombe sous le charme de la prose de l'autrice du Prix Medicis Essai 2021, "Comme un ciel en nous", publié aux  éditions Stock dans la collection "Ma nuit au musée".

Jakuta ALIKAVAZOVIC, c'est au Musée du Louvre de Paris qu'elle a passé une nuit, juste avant le confinement de 2020, en mars, dans la section des Antiques, dans la salle des Cariatides.

Quelques pas de danse et puis, la nuit venue, l’installation du matelas au pied de la Vénus de Milo, un petit clin d’œil à sa mère.

Mais cet essai est en réalité une formidable preuve d’amour d’une fille qui à son père, cet immigré arrivé du Monténégro en France à l’âge de 20 ans. Ses études d’économie ont très vite été abandonnées pour laisser place à celles de l’histoire de l’art. Il s’enivrait de la beauté. Homme de fantaisie, il posait régulièrement cette question à sa fille :


Et toi, comment t’y prendrais-tu, pour voler la Joconde ?

De l’histoire de son père, son arrivée en France, l’apprentissage des codes… elle n’en a rien su. Quand il y faisait référence, tout n’était qu’un conte, mais elle sait aujourd’hui qu’il mentait.

 

La question de la transmission des traumatismes aux générations suivantes me captive. Comment ne pas mettre cet essai aujourd’hui en relation avec ce que vivent les réfugiés ukrainiens qui fuient leur pays, menacés de mort par Vladimir POUTINE ? Comment vont-ils se construire après ces événements ?

J’ai été profondément émue par cette dimension de l’essai.

Et puis, il y a eu aussi le rapport à l’art, l’appréciation des détails grâce à un regard initié porté aux œuvres. Fascinant !

Enfin, et c’est là le sel de ce livre, c’est le sujet de la transgression, le fait de pourvoir repousser les limites et accéder à un interdit. 

Je ne connaissais pas encore Jakuta ALIKAVAZOVIC, pourtant lauréate du Prix Goncourt du premier roman pour « Corps volatils » en 2008. C'est désormais chose faite et je me réjouis d'avoir devant moi quelques livres d'elle à lire !

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2022-03-20T22:04:49+01:00

Civil war de Guns N'Roses

Publié par Tlivres
Civil war de Guns N'Roses

Pour le bal des 68, vous savez que je choisis désormais une #chansondudimanche qui puisse se marier avec la présentation d'un roman.

Après 

"Jolene" de Dolly PARTON pour "Les nuits bleues" de Anne-Fleur MURTON

"Fear of the dark" d'Iron Maiden pour "Les maisons vides" de Laurine THIZY,

je vous propose de rester dans le dur, le fort, le puissant avec "Civil War" des Guns N'Roses, le groupe de hard rock américain.

Cette chanson évoque un certain rapport à la guerre. J'aime ses passages lents, un brin doux et délicats, et puis ses fulgurances portées par une voix qui devient criarde, accompagnée de quelques notes de guitares puissantes. Un savant mélange, un mix de tonalités à l'image des émotions que j'ai pu ressentir avec une lecture dont je vous dirai tout... samedi.

Mais maintenant, musique !

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2022-03-20T21:47:55+01:00

Mars au féminin, tapis rouge pour Anne-Fleur MURTON

Publié par Tlivres
Mars au féminin, tapis rouge pour Anne-Fleur MURTON

L'opération #marsaufeminin est l'occasion de mettre des plumes féminines sous les projecteurs.

Il en est une découverte tout récemment dans le cadre de la #selection2022 du bal des 68, Anne-Fleur MURTON avec son premier roman, "Les nuits bleues" aux éditions de L'Observatoire.

Ce roman inspiré de l'histoire personnelle de l'autrice, c'est une histoire d’amour, d’une femme avec une femme, une histoire de vie, quotidienne, amoureuse, passionnante, une histoire de tous les jours, de toutes les couleurs... de l'arc-en-ciel.

Là, la plume a elle seule est un roman, des phrases courtes, des phrases longues, le tout avec un minimum de ponctuation, voire pas, en vers, ou pas, laisser rythmer sa lecture, se laisser porter par la cadence, tenter, trébucher, recommencer, épouser.

Anne-Fleur MURTON incarne la nouvelle génération d'écrivaines, des jeunes femmes qui sortent des sentiers battus des canons de la narration pour s'affranchir de la forme, s'autoriser de nouvelles voies, nous proposer de nouvelles sensations. 

Impossible de vous quitter sans vous proposer de danser, nous sommes au bal, n'est-ce pas ? 

Je vous propose quelques notes de country, "Jolene" de Dolly PARTON.

Allez, musique !

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2022-03-19T10:20:17+01:00

Les maisons vides de Laurine THIZY

Publié par Tlivres
Les maisons vides de Laurine THIZY

Le bal des 68 continue. Après l'air de country de "Jolene" de Dolly PARTON pour accompagner "Les nuits bleues" de Anne-Fleur MURTON, je vous proposerai tout à l'heure quelques notes pour bercer "Les maisons vides" de Laurine THIZY.

 
Le rapport au corps est le fil rouge de ce premier roman orchestré d’une main de maître. Depuis ses premiers jours, Gabrielle a dû apprendre à dompter ce corps, inachevé du prématuré, mal formé par l’infirmité, maîtrisé par la pratique sportive…


La finesse de sa musculature est redessinée par des courbes qui surgissent en quelques semaines. Tout se passe comme si ses formes adultes, comprimées depuis tant d’années par un travail incessant de domestication sportive, explosaient au grand jour. P. 129

qui ne manque pas de reprendre ses droits dès le premier effort abandonné. C’est le jeu d’équilibre d’une vie qui, chez Gabrielle, prend une dimension toute particulière.
 
Et puis, il y a ces parenthèses des clowns à l’hôpital, des moments aussi fugaces que bouleversants, aussi rapides que l’éclair, aussi puissants que le tonnerre. Au fil des saynètes, les artistes s’approprient chaque situation et proposent au malade de jouer, lui aussi, un rôle dans le spectacle, celui de la spontanéité, la sincérité, le fruit d’un lâcher prise dans sa plus profonde intimité.


Le jeune père ferme les siens. Les larmes qu’il n’a pas pleurées, l’harmonica en fait une cascade de son, qui tinte en gouttelettes langoureuses. P. 152

Il y a encore le rapport à la religion. Comme j’ai aimé le parcours initiatique de Gabrielle aux côtés de Maria, la vieille espagnole, celle qui a fuit la guerre civile de son pays, celle qui est arrivée en France en franchissant les montagnes des Pyrénées, celle qui est veuve mais d’une sagacité incroyable, et qui comprend mieux que personne la sensibilité de son arrière-petite-fille.


C’est son séisme intérieur, sa première explosion, la découverte intime d’une émotion qui n’existe pas ailleurs que dans l’amour. Une foi sauvage, indomptée par les mots, de met à battre contre son cœur. P. 174

Il y a enfin le rapport à la mort, celle-là même qui vous saute à la gorge dès les premières pages et qui ne va pas manquer de vous menacer tout au long du roman. Là aussi, un jeu d’équilibre que Laurine THIZY termine en apothéose.
 
Quelle plume, la main de fer dans un gant de velours, quelle construction narrative, une alternance de chapitres méticuleusement rythmés, quel premier roman, une lecture coup de poing, tout simplement. J'en suis sortie K.O., bravo !
 
Et maintenant, si on dansait.
 
J’aurais pu retenir les quelques notes d’harmonica proposées par Laurine THIZY mais le blues n’aurait pas été à la hauteur de la puissance du propos. Non, je crois que "Fear of the dark" d'Iron Maiden conviendra beaucoup mieux. Allez, maintenant, musique !
http://tlivrestarts.over-blog.com/2022/03/fear-of-the-dark-d-iron-maiden.html

http://tlivrestarts.over-blog.com/2022/03/fear-of-the-dark-d-iron-maiden.html

#68premieresfois #68premieresfoisetplussiaffinité #68premieresfois2022 #litteraturefrancaise #premiersromans #68unjour68toujours
#bookstagram #jamaissansmon68 #selection2022 #premierroman #7anscasefete #onnarretepasles68 #un68sinonrien #touchepasamon68 #jepensedoncje68  #lesmaisonsvides #laurinethizy

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2022-03-18T22:30:20+01:00

Mars au féminin, tapis rouge pour Julie DACHEZ

Publié par Tlivres
Mars au féminin, tapis rouge pour Julie DACHEZ

L'opération #marsaufeminin, c'est l'opportunité de mettre sous les projecteurs des femmes talentueuses. Semaine du Festival de BD d’Angoulême oblige, une nouvelle fois, place à une autrice, Julie DACHEZ.

Je l’ai découverte avec « La différence invisible », un album profondément émouvant mais aussi très instructif sur le syndrome d’Asperger dont Julie DACHEZ est elle-même victime.

 

Cette BD est aussi un formidable outil pédagogique pour celles et ceux qui sont confronté(e)s de près ou de loin au syndrome d'Asperger reconnu aujourd'hui nationalement. La journée du 18 février lui est d'ailleurs dédié. Pouvoir mettre des mots sur des émotions est, à n'en pas douter, le premier pas vers l'acceptation de soi. C'est d'ailleurs ce que montre très bien le scénario de ce roman graphique qui, pour celles et ceux qui voudront aller encore plus loin, pourront terminer par un kézako sur le sujet.
 
C'est une BD très didactique que l'on devrait mettre dans toutes les mains. Je suis sûre que petits et grands auraient beaucoup à apprendre de l'itinéraire de Marguerite tant pour celles et ceux qui souffrent au quotidien d'une différence que pour celles et ceux qui regardent les autres comme s'ils étaient différents. Différents par rapport à quoi ? C'est peut‐être la question qu'il est urgent de se poser !

 

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2022-03-18T21:54:15+01:00

L’art de perdre de Alice ZENITER

Publié par Tlivres
L’art de perdre de Alice ZENITER

Aujourd’hui, nous sommes le 18 mars 2022. Il y a 60 ans, les accords d’Evian mettaient fin à la guerre d’indépendance en Algérie. 

Après 132 années de colonisation et plus de 7 ans de conflit armé, l’Algérie, dans un processus d’autodétermination, choisissait de retrouver la maîtrise de son territoire.

60 ans, c’est aussi l’échelle de temps que choisit Alice ZENITER pour relater une page de la grande Histoire dans « L’art de perdre » aux éditions Flammarion, désormais disponible chez J’ai lu.

Naïma est une jeune femme, elle travaille dans une galerie d'art parisienne. Ses origines, elle ne les connaît pas plus que ça. Femme libérée, elle boit, elle fume, elle est la maîtresse de son patron. Mais régulièrement, dans son quotidien, l'histoire de sa famille lui est rappelée par de menus indices sans jamais être explorée de fond en comble. Le fantôme de l'Algérie hante ses journées, ses nuits aussi, jusqu'à devenir un incontournable de son itinéraire personnel. La perspective d'une exposition dédiée à Lalla, un peintre kabyle, met Naïma sur la voie. Là commence une toute nouvelle histoire. 
 

En un peu plus de 500 pages, l’écrivaine brosse un portrait complet d'un territoire largement impacté par des stratégies politiques. Elle reconstitue méticuleusement la chronologie des événements. Que son travail de recherche et de restitution soit ici largement salué.

 
Mais ce roman, c'est aussi une formidable épopée romanesque, un livre qui vous immerge au sein d'une famille française, mettant des noms sur des êtres, avant tout, humains. C'est ainsi que l'on découvre Ali, un jeune garçon qui va faire fortune grâce à un don du ciel. Alors qu'il se baignait dans un torrent et risquait sa vie avec ses copains, un pressoir transporté par les eaux lui est offert. Il n'en faudra pas plus pour qu'Ali lance une vaste entreprise de production d'olives. Marié à l'âge de 19 ans à une cousine, il aura deux filles qui ne sauraient le satisfaire. Il renie sa première épouse et en choisit une deuxième, Yema n'a que 14 ans quand elle vient vivre à ses côtés. Hamid naîtra en 1953, l'honneur de la famille est sauf. Parallèlement, Ali voit sa trajectoire affectée par le destin de son pays. en 1940, il s'engage dans l'armée française et combat avec les alliés, c'est la première pierre posée à l'édifice, Ali fera partie des harkis, ces hommes qui prirent le parti de la France au moment de la guerre d'indépendance.
 
J’ai été captivée de bout en bout par ce roman servi par une plume que je ne connaissais pas. Elle est agréable à lire, fluide, précise aussi, percutante, et profondément humaine, un excellent livre lauréat du Prix Goncourt des Lycéens 2017.

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2022-03-17T07:00:00+01:00

Au café de la ville perdue de Anaïs Llobet

Publié par Tlivres
Au café de la ville perdue de Anaïs Llobet

Ma #citationdujeudi est l'occasion de revenir sur mon premier coup de coeur de l'année 2022 : "Au café de la ville perdue" de Anaïs LLOBET aux éditions de l'Observatoire.

Fidèle à moi-même, il s'agit d'un roman historique.

Je vous propose de vous envoler pour Chypre.

Une jeune journaliste française installée à une table du café Tis Khamenis Polis suscite bien des convoitises. Il y a Giorgos qui égrène ses souvenirs de Varosha, sa vie là-bas, son hôtel Seaside. Et puis, il y a Ariana, serveuse, qui vient passer ses pauses avec elle et lui raconte l’histoire de sa famille : son père Andreas, élevé par sa tante Eleni récemment décédée. Ses parents à lui se sont évaporés, sa mère, Aridné, était une chypriote turque. Elle serait partie avec un soldat. Lui, rongé par le chagrin, aurait pris la mer, sans jamais revenir. Ariana est habitée par cette filiation. Elle est aussi hantée par cette maison de Varosha dont l'adresse,14, ados Ilios, tournoie autour de son bras. Cette maison, c'est celle que ses grands-parents ont dû abandonner au moment du coup d’Etat de 1974. C’est là que la grande Histoire s’invite à la table des deux jeunes femmes pour ne plus la quitter.
 
A travers les différentes générations, depuis celle de Ioannis et Aridné jusqu’à Ariana, il se passe une quarantaine d’années, quelques décennies qui ont nourri des relations de haine entre les peuples, des traumatismes qui sont transmis des parents aux enfants avec ce qu'ils ont de plus dramatiques. J'ai beaucoup aimé la référence au tatouage d'Ariana comme l'empreinte laissée par une maison dans laquelle elle n'a jamais vécu mais qui l'habite pourtant dans sa chair. Il y a cette adresse, il y a aussi ce figuier.
 
Comment ne pas créer un pont avec l'actuelle guerre en Ukraine ? Comment ne pas imaginer le déchirement de ces hommes et ces femmes obligés de quitter leur maison, leur village, leur région, pour satisfaire à la folie d'un homme en quête de territoires, plus grands, plus vastes, qui ne souhaite qu'une chose, prendre sa revanche sur l'Histoire, à la vie, à la mort.
 
Il y a plusieurs manières d'aborder la réalité, les médias qui offrent une présentation journalistique des événements, la littérature qui par la voie de la fiction nous foudroie d'émotion.
 
Je découvre avec ce roman la plume d'une jeune écrivaine, romanesque à l’envi, sensible, pudique, pleine d’humilité, portée par un profond humanisme. La chute est prodigieuse, bravo !

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2022-03-17T07:00:00+01:00

Mars au féminin, tapis rouge pour Carole MAUREL

Publié par Tlivres
Mars au féminin, tapis rouge pour Carole MAUREL

L'opération #marsaufeminin, c'est l'opportunité de mettre sous les projecteurs des femmes talentueuses. 


À l’heure du Festival de BD d’Angoulême, après Catel et Marion MONTAIGNE, place une nouvelle fois au 9ème art avec une autrice, dessinatrice et illustratrice de BD, Carole MAUREL.

 

Je l'ai découverte avec "Collaboration horizontale", un album tout à fait exceptionnel réalisé avec Navie et qui raconte un amour interdit, celui de Rose, une femme française, et de Frank, un soldat allemand. La grande Histoire s'invite dans l'histoire d'hommes et de femmes, décidant de vie et de mort sur eux.

 

Et plus récemment, il y a eu "En attendant Bojangles".

 

Vous vous souvenez peut-être du premier roman d'Olivier BOURDEAUT découvert avec les 68 Premières fois. Il s'agit là d'une nouvelle version d'un coup de coeur porté depuis au cinéma et interprété magistralement par Virginie EFIRA et Romain DURIS. Cette BD a été réalisé avec le concours d'Ingrid CHABBERT.

 

En relisant ma chronique, je me dis que les femmes ont quand même sacrément réussi à investir le champ de la bande dessinée. Il suffit de regarder le palmarès du Festival d'Angoulême, trois artistes féminines, Pénélope BAGIEU, Julie DOUCET et Catherine MEURISSE étaient en lice. C’était une première, chapeau Mesdames !
 

Julie DOUCET vient de recevoir le Grand Prix du Festival d’Angoulême qui honore l’ensemble de son oeuvre, toutes mes félicitations !

 

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2022-03-16T20:30:55+01:00

Mars au féminin, tapis rouge pour Marion MONTAIGNE

Publié par Tlivres
Mars au féminin, tapis rouge pour Marion MONTAIGNE

L'opération #marsaufeminin, c'est l'opportunité de mettre sous les projecteurs des femmes talentueuses. 


À l’heure du Festival de BD d’Angoulême, et après Catel, place une nouvelle fois au 9ème art avec une autrice, dessinatrice et illustratrice de BD, Marion Montaigne.

 

Je l’ai découverte avec « Riche, pourquoi pas toi ? », je vous vois déjà rigoler, mais attention, ça pourrait bien vous arriver. Regardez les gagnants du Loto...

 

Cet album truculent est scénarisé avec la contribution de Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, sociologues, et publié chez Dargaud
 

Sous le trait malicieux de Marion Montaigne, deux sociologues de fiction vont vous faire votre éducation sur le genre, humain, mais aussi urbain, économique, social, culturel, et tout le tralala.

 

La BD, je l'aime quand elle me détend, et là, j'avoue être gâtée. Marion Montaigne a un humour de folie, ses dessins sont drôles, elle a cette capacité tout à fait remarquable à synthétiser des grands principes.

 

Si vous avez envie de vous familiariser avec le registre artistique de Marion Montaigne, son graphisme, sa philosophie, un conseil, faites un tour sur son blog : "Tu mourras moins bête".

 

Cette jeune femme à un talent fou. Elle reçut notamment en 2018 le fauve du public au Festival d’Angoulême. À découvrir absolument.

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2022-03-16T12:39:32+01:00

Un autre monde avec Vincent LINDON et Sandrine KIBERLAIN

Publié par Tlivres
Un autre monde avec Vincent LINDON et Sandrine KIBERLAIN

Le cinéma, je l’aime quand il m’offre des moments de magie et de pur bonheur comme

En attendant Bojangles

Presque

je l’aime aussi quand il est militant à l’image de

Animal


Avec "Un autre monde" de Stéphane BRIZÉ, clairement, nous sommes dans la seconde catégorie. Il faut dire que le réalisateur est un habitué du genre. Vous vous souvenez peut-être de 

Quelques heures de printemps 

La loi du marché 

En guerre

Là, un cadre d'entreprise, sa femme, sa famille, au moment où les choix professionnels de l'un font basculer la vie de tous. Philippe Lemesle et sa femme se séparent, un amour abimé par la pression du travail. Cadre performant dans un groupe industriel, Philippe ne sait plus répondre aux injonctions incohérentes de sa direction. On le voulait hier dirigeant, on le veut aujourd'hui exécutant. Il est à l'instant où il lui faut décider du sens de sa vie.

Stéphane BRIZÉ s’entoure de monstres sacrés du cinéma, Vincent LINDON dont je suis une inconditionnelle et qui, lors d'une précédente collaboration, avait obtenu le Prix d'interprétation masculine du Festival de Cannes en 2015 pour "La loi du marché", et Sandrine KIBERLAIN, tout autre genre mais dont les jeux d’acteurs se complètent parfaitement.

Le réalisateur nous fait vivre la descente aux enfers, dans la sphère privée avec le divorce des parents et l’accident de la vie du fils, de quoi mettre les hommes et les femmes devant leurs plus difficiles responsabilités, dans la sphère professionnelle avec l’exposition du directeur à la réalisation d’un énième plan social, celui-là clairement fléché sur la suppression de 33 postes.

Tout au long du film, la tension est à son paroxysme. Homme et femme sont en quête de sens et vont, chacun, chacune, le temps de la projection, chercher leur voie.

Stéphane BRIZÉ, une nouvelle fois, dénonce le capitalisme qui broie les êtres, les déshumanise. Tout ça pour quoi ?

C’est un film fort, poignant, avec des gros plans sur des visages torturés, des silences longs et intenses qui remplacent tous les discours. A chacun de méditer !

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2022-03-15T20:56:04+01:00

Comme un ciel en nous de Jakuta ALIKAVAZOVIC

Publié par Tlivres
Comme un ciel en nous de Jakuta ALIKAVAZOVIC

Il y a des livres qui sont d'abord des rencontres.

L'Association Bouillon de Cube nous avait concocté une très belle soirée le 24 février dernier, au Musée des Beaux Arts d'Angers s'il vous plaît.

En première partie, immersion dans une salle de l'édifice pour se confronter à l'exercice de l'écriture, la description d'une oeuvre choisie. Petite mise en bouche de ce qui nous attendait un peu plus tard.

En deuxième partie était invitée Jakuta ALIKAVAZOVIC pour son essai aux éditions Stock, "Comme un ciel en nous", Prix Médicis 2021. 

Vous connaissez peut-être cette collection : « Ma nuit au musée », de petits livres noirs. C’est dans ce cadre que Jakuta ALIKAVAZOVIC nous relate sa nuit passée au Louvre, juste avant le confinement de 2020, en mars, dans la section des Antiques, dans la salle des Cariatides.

Quelques pas de danse et puis, la nuit venue, l’installation du matelas au pied de la Vénus de Milo, un petit clin d’œil à sa mère.

Mais cet essai est en réalité une formidable preuve d’amour d’une fille qui à son père, cet immigré arrivé du Monténégro en France à l’âge de 20 ans. Ses études d’économie ont très vite été abandonnées pour laisser place à celles de l’histoire de l’art. Il s’enivrait de la beauté. Homme de fantaisie, il posait régulièrement cette question à sa fille :


Et toi, comment t’y prendrais-tu, pour voler la Joconde ?

Il n’est pas très étonnant que Jakuta ALIKAVAZOVIC ait entretenu un rapport particulier avec ce musée et qu’elle veuille y passer une nuit pour retrouver son père, honorer l’immense amour qu’elle lui voue…


L’amour de mon père était un ciel en moi, sa réalité aussi évidente que celle du ciel au-dessus de ma tête, que je le voie ou pas. P. 83

De l’histoire de son père, son arrivée en France, l’apprentissage des codes… elle n’en a rien su. Quand il y faisait référence, tout n’était qu’un conte, mais elle sait aujourd’hui qu’il mentait.


Lorsqu’on quitte tout, lorsqu’on trouve la force en soi de se lever et de partir, de quitter son pays, sa langue, sa famille, comme l’a fait mon père, pour se réinventer […], lorsqu’on quitte tout, l’histoire qu’on se raconte et qu’on raconte à ses enfants est celle d’une table rase. Mais cette renaissance aussi est un mensonge. P. 138

La question de la transmission des traumatismes aux générations suivantes me captive. Comment ne pas mettre cet essai aujourd’hui en relation avec ce que vivent les réfugiés ukrainiens qui fuient leur pays, menacés de mort par Vladimir POUTINE ? Comment vont-ils se construire après ces événements ?

J’ai été profondément émue par cette dimension de l’essai.

Et puis, il y a eu aussi le rapport à l’art, l’appréciation des détails grâce à un regard initié porté aux œuvres. Fascinant !

Enfin, et c’est là le sel de ce livre, c’est le sujet de la transgression, le fait de pourvoir repousser les limites et accéder à un interdit. Impossible de ne pas penser à cette sculpture de Philippe RAMETTE exposée à Nantes, installée Cours Cambronne. L’autrice est un peu cette petite fille portée par l’élan de la liberté.

Je ne connaissais pas encore Jakuta ALIKAVAZOVIC, pourtant lauréate du Prix Goncourt du premier roman pour « Corps volatils » en 2008. J’ai découvert une plume aux multiples couleurs, j’ai découvert une voix profondément attentionnée. 

Quelle soirée !

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2022-03-15T20:42:08+01:00

Mars au féminin, tapis rouge pour Catel

Publié par Tlivres
Mars au féminin, tapis rouge pour Catel

L'opération #marsaufeminin, c'est l'opportunité de mettre sous les projecteurs des femmes talentueuses.

Là, place au 9ème art avec une autrice, dessinatrice et illustratrice de BD, Catel (Muller).

Je l'ai découverte en association avec José-Louis BOCQUET pour des biographies de femmes EXTRAordinaires :

Niki de Montparnasse,

Grand Prix RTL BD en 2007 et Grand Prix Essentiel FNAC-SNCF en 2008 du festival d'Angoulême,

Olympe de Gouges,

Grand Prix littéraire de l'Héroïne Madame Figaro

Joséphine Baker

chez Casterman écritures

Mais c'est loin d'être représentatif de sa créativité, je vous invite à visiter son site officiel qui vous donnera la réelle dimension de ses champs d'intervention.

La bande dessinée est un art à part entière depuis le début des années 1960 mais je me souviens encore d'une période, pas si lointaine que ça, où la BD n'était pas considérée comme de la "vraie" lecture. Ce n'est d'ailleurs pas Benoît PETEERS qui me démentira. Il était l'invité d'Augustin TRAPENARD dans Boomerang ce matin sur France Inter, un entretien passionnant qui relate l'histoire du genre et parle aussi de la place des femmes. 

Personnellement, je suis pourtant toujours fascinée par la qualité du rendu des dessins, leur capacité à nous émouvoir, si peu (voire pas) accompagnés de textes. 

Chapeau à nos trois artistes féminines, Pénélope BAGIEU, Julie DOUCET et Catherine MEURISSE. C'est une première au festival d'Angoulême, trois femmes en lice pour le 49ème Prix. Que la meilleure gagne ! 

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2022-03-15T08:24:19+01:00

L'haltérophilie revisitée par Carrilho

Publié par Tlivres
L'haltérophilie revisitée par Carrilho

Un collectif d'artistes, Cartooning for peace, agit en faveur du respect des cultures et des libertés. 

Sur Angers, du 7 au 31 mars 2022, les grilles du Musée Pincée et du Jardin des Plantes deviennent un lieu d'exposition à ciel ouvert pour l'égalité femme/homme.

Une trentaine de dessins de presse est visible pour le badaud flânant dans les rues de la ville. Il s'agit d'imaginer d'autres formes d'action après le mouvement #MeToo.

J'ai choisi une nouvelle fois une création de Carrilho, illustrateur portugais aux multiples récompenses à travers le monde.

Là, une femme porte à bout de bras un haltère dont les poids ne sont autres que les symboles hommes femmes. Ce n'est pas anodin si Carrilho choisit ce sport, l'haltérophilie ayant été longtemps réservée aux hommes. Cette activité olympique recouvre une dizaine de catégories, l'occasion de promouvoir Gaëlle Verlaine NAYO-KETCHANKE, française, championne du monde. Vous n'aviez jamais entendu parler d'elle ? C'est là aussi l'inégalité femmes-hommes. Dans les pratiques sportives, les femmes sont minoritaires, un statut que l'on retrouve aussi dans les journalistes, pas étonnant que les médias continuent de réserver la place belle aux sportifs.

Représentée dans les canons de la féminité, cheveux longs, haut soyeux, jupe droite, talons hauts, le torse non aligné traduit toute sa fragilité.

Habillée dans les couleurs du drapeau français, ce dessin de l'artiste fait référence à la République qu'il interpelle sur l'inégalité entre les genres.

Cette création est ma #lundioeuvredart.

A chacun son style et sa manière de représenter la quête d'une égalité des droits, les artistes d'origine notamment européenne, rivalisent d'imagination.  Il y en a pour tous les goûts et nul doute que pour vous aussi, la sensibilité fera la différence. 

L'exposition Cartooning for women fait vraiment partie de celles à découvrir en famille. C'est un bon prétexte pour échanger sur le sujet, croiser les regards et partager son avis. 

 

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2022-03-13T20:30:50+01:00

Fear of the dark d’Iron Maiden

Publié par Tlivres
Fear of the dark d’Iron Maiden

Ma #chansondudimanche est annonciatrice d’un moment fort du bal des 68.

Si vous me connaissez bien, vous ne m’imaginez pas écouter du heavy metal et vous avez raison, enfin presque, il y a parfois des tubes qui s’imposent d’eux-mêmes, tant pour les paroles que pour la musique.

Je cherchais quelque chose qui soit tendre et délicat, à l’image de ce que pourrait être une confidence, et quelque chose qui soit violent comme la mort, je voulais lier le chaud et le froid et je crois que le titre « Fear of the dark » du groupe Iron Maiden convient parfaitement.

Il évoque un homme qui marche la nuit, seul, et qui a peur de l’obscurité. Il se sent observé, poursuivi, harcelé.

Je ne vais pas vous en dire beaucoup plus. Aujourd’hui, il s’agit juste d’écouter 🎶 

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2022-03-13T07:00:00+01:00

Mars au féminin, tapis rouge pour Titiou LECOQ

Publié par Tlivres
Mars au féminin, tapis rouge pour Titiou LECOQ

L'opération #marsaufeminin, c'est l'opportunité de mettre sous les projecteurs des femmes talentueuses, à l'image de Titiou LECOQ, une nouvelle voix du féminisme.

Titiou LECOQ est née en 1980, c'est une jeune femme, romancière, essayiste, journaliste...

Dans son dernier livre, "Les grandes oubliées" aux éditions L'Iconoclaste, elle nous explique  "Pourquoi l'Histoire a effacé les femmes". Vous ne rêvez pas, non, il n'y a pas de point d'interrogation, c'est bien une affirmation qu'elle va prouver avec moults références d'historiennes.

Par le passé, pour évoquer la fragilité des droits des femmes, on avait l'habitude de citer Simone DE BEAUVOIR...


N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant.

aujourd'hui, on peut citer Titiou LECOQ qui nous alerte sur "l'oublioir" des femmes. Cette notion, c'était Aimé CESAIRE qui l'avait utilisée, là, il s'agit d'en faire sienne pour mentionner la machine à effacer les femmes de la grande Histoire.

Si elle-même a crû longtemps "au mythe de la femme empêchée", il n'en est rien, les femmes ont bien fait partie de l'Histoire, elle ont écrit, peint, travaillé dans les usines, se sont envolées dans les airs, elles ont créé, inventé, réalisé... mais elles se sont fait spolier.

Vous avez peut-être entendu parler de l'effet Matilda pour les femmes de sciences. Si vous n'avez pas encore lu "Ce qui nous revient" de Corinne ROYER, c'est peut-être le moment. L'écrivaine restitue les travaux de Marthe GAUTIER, la "Découvreuse oubliée". Cette femme a mis en évidence le chromosome surnuméraire de la trisomie 21 en 1958.

Si je n'ai pas réussi à vous convaincre de lire "Les grandes oubliées, vous pouvez toujours écouter Titiou LECOQ, elle était il y a quelques mois au micro d'Eric DELVAUX et Carine BECARD sur France Inter. 

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2022-03-12T07:00:00+01:00

Les nuits bleues de Anne-Fleur MULTON

Publié par Tlivres
Les nuits bleues de Anne-Fleur MULTON
 
Le bal des 68 commence cette année avec de la musique country. Sur l’air de « Jolene » de Dolly PARTON, s’écrit une histoire d’amour, d’une femme avec une femme, une histoire de vie, quotidienne, amoureuse, passionnante, une histoire de tous les jours, de toutes les couleurs, il y a du bleu, du blanc


Blanc, c’est aussi la couleur de nos silences, qu’on peut laisser durer longtemps parce qu’il n’y a pas besoin d’en dire plus. P. 91

du jaune, du rouge, du violet… que j'imagine en référence au drapeau gay, l'étendard de la communauté LGBT.
 
J’avais dit que les fées nous promettaient avec la #selection2022 un programme haut en couleur, je ne m’étais pas trompée.
 
Ce que je ne sais jamais, par contre, c’est là où elles vont nous emmener, l’effet de surprise, je ne m’en lasse pas !
 
Sortir des sentiers battus, se laisser séduire par les mots. Là, la plume a elle seule est un roman, des phrases courtes, des phrases longues, le tout avec un minimum de ponctuation, voire pas


le cœur battant
le cœur remonté dans la gorge
le cœur que nous entendons toutes les deux
le cœur comme des vagues brisées sur la jetée P. 102

en vers, ou pas, laisser rythmer sa lecture, se laisser porter par la cadence, tenter, trébucher, recommencer, épouser… c’est ça danser, non ?
 
Et puis, il y a le rapport au féminin, sa condition, cet espèce de carcan dans lequel les femmes se cantonnent…


Elle constate On se retient toujours quand on est une femme, on a peur de faire des tâches peur d’être vues senties remarquées entendues peur de n’être plus invisibles finalement P. 162

Et puis il y a l’amour, cet état qui rend vulnérables les hommes comme le disait si bien Karine TUIL lors des Entretiens littéraires de La Collégiale Saint-Martin, l’amour qui entraîne « les pertes de contrôle, les pertes de maîtrise ». L’amour, c’est une certaine forme de lâcher prise. Je retiens du roman « Les nuits bleues » qu’il y a cette phase d’apprentissage de l’amour, ce parcours initiatique avec l'autre, jusque dans la sexualité, le chemin du désir…


Quand on pensera à l’amour ce jour-là, on se souviendra du désir qui était presque une troisième personne entre nous. On comprend soudain qu’il est possible d’être physiquement ivre de désir. P. 57

et enfin, la libération !
 
Ce premier roman de Anne-Fleur MULTON est inspiré de son histoire personnelle, quel plus beau sujet que l’amour, quelle plus belle preuve d’amour à Sara.
 
La plume de Anne-Fleur MULTON est poétique. J’ai aimé ses références à Paul ELUARD, John KEATS…
 
Ce premier roman ne pouvait pas ne pas trouver sa place dans le bal des 68 : « premier message », « Les premières filles », « Premier matin », « première année »… comme un clin d’œil aux 68 Premières fois.
 
De cette lecture, je sors la tête à l’envers, il suffit de regarder l'allure de ma chronique !!! Et alors, c’est aussi ça l’effet de L’AMOUR, non ? 💙
http://tlivrestarts.over-blog.com/2022/03/jolene-de-dolly-parton.html

http://tlivrestarts.over-blog.com/2022/03/jolene-de-dolly-parton.html

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2022-03-12T07:00:00+01:00

Mars au féminin, tapis rouge pour Delphine SAUBABER

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Mars au féminin, tapis rouge pour Delphine SAUBABER

L'opération #marsaufeminin, c'est l'opportunité de mettre sous les projecteurs de nouvelles plumes, à l'image de celle de Delphine SAUBABER, primo-romancière avec "La fille de la grêle" tout juste édité chez Lattès.

Ce roman, je m'y suis plongée, je m'en suis délectée, il respire l'authenticité, le mot juste posé sur des réalités.

Elle décrit avec beaucoup de minutie le monde paysan, ses codes, ses références, et puis la fracture avec ce qui fait société.

Elle interpelle et nous amène à méditer sur un sujet d'actualité, un sujet qui pourrait être considéré comme secondaire au regard de la guerre qui envahit les médias, mais qui n'en est pas moins à traiter.

Je vous dis quelques mots de l'histoire :

Marie a 80 ans. C’est décidé. Pour elle, il n’y aura pas une année de plus. Elle est une vieille femme et n’a d’autre espoir que de partir pour renaître. Avant de tout quitter, elle écrit à fille, Adèle, elle-même mère d’un petit Raphaël. Elle lui dévoile son enfance à la ferme des Glycines, élevée par des paysans dont le seul dessein de toute une vie reposait dans le labeur, acharnés qu’ils étaient à se confronter chaque jour aux aléas de Dame Nature. Et puis, il y a eu un frère, Jean, né deux ans après elle, un enfant différent, un enfant sourd, diagnostiqué tard. Avec elle qui perdait son temps à lire des livres et lui qui ne comprenait rien, Joseph et Madeleine n’étaient pas aidés ! 

La plume de Delphine SAUBABER oscille entre la poésie d’une formidable lettre d’amour d’une mère à sa fille et la justesse d’un foudroyant manifeste.

 

Ce premier roman, ce ne sont que quelques 200 pages, et pourtant il m’en reste encore tant à dire !

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2022-03-11T07:00:00+01:00

Mars au féminin, tapis rouge pour Wendy DELORME

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Mars au féminin, tapis rouge pour Wendy DELORME

L'opération #marsaufeminin, est l'occasion de mettre sous les projecteurs des femmes talentueuses, des nouvelles voix du féminisme.

Je l'ai découverte avec Sandra du Book Club et le roman "Viendra le temps du feu" publié aux Editions Cambourakis dans la collection "Les sorcières".

Il y est question de refuge...

Il y a la montagne, de l'autre côté du fleuve. Là vit une communauté de femmes qui font l'expérience d’un monde différent, un mode de vie alternatif à la dictature qui sévit. Parce que, de ce côté du fleuve, dans la plaine, les livres et les films sont interdits, l'affichage l'est tout autant, le simple fait de lire est répréhensible, un couvre-feu est imposé, un Pacte national organise la vie d’une société largement composée de seniors. Et pour cause, les jeunes, totalement désabusés devant l'avenir qui leur était proposé, ont choisi la méthode radicale. Ils se sont immolés ou bien ont cessé de s'alimenter. Ce sont les derniers actes de résistance d'une génération bafouée. Côté climat, les températures caniculaires grillent tout sur leur passage. L'instant de rupture n'est pas loin. D'ailleurs, les premières lignes de ce résumé sont désormais à conjuguer au passé. La communauté n'existe plus. Les femmes non plus. Seule Eve, qui y a vécu une dizaine d'années, qui y a eu une histoire d’amour avec Louve et qui a finalement décidé, un jour, avec sa petite fille, de déserter pour retrouver le monde d’avant, est aujourd'hui la seule survivante de la communauté. Elle seule peut témoigner de ce qui se passait là-bas !

Wendy DELORME, je vous l'ai dit en introduction, c'est une nouvelle voix du féminisme. Elle est née en 1978, c'est une jeune femme qui nous éclaire sur les pas qui restent à franchir pour sauver les femmes du joug du sexe fort.

Son roman est inspiré d'une communauté de femmes, les Guérillères de Monique WITTIG de 1969. A la base, c'était des militantes, des combattantes, qui imaginaient pouvoir vivre autrement et elles l'ont fait !

Dans ce roman, il y a de la violence, il y a aussi de la sensibilité, de la tendresse, l'approche du corps est très sensuelle, ce qui en fait, aussi, un roman très émouvant, à l'image de la première de couverture que je trouve particulièrement belle et inspirante. Elle est illustrée par Karine ROUGIER, "Dancing to restore an eclipse moon", une danse d'ivresse des soeurs de la communauté aux portes d'un jardin de cocagne.

Je crois que je n'ai pas trouvé mieux que cette citation pour le qualifier :


J’ai lu. Les mots, incandescents, habitent ma rétine. P. 131

Les mots de Wendy DELORME sont autant d'étincelles au service d'un discours vif et passionné, à moins que ça ne soit la situation d'aujourd'hui qui ne soit tout simplement inflammable.

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