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2021-04-27T06:00:00+02:00

Les hommes blessés à mort crient de Jeanne HEON-CANONNE

Publié par Tlivres
Les hommes blessés à mort crient de Jeanne HEON-CANONNE

Hier, je vous parlais de l'exposition installée sur le Boulevard de la Résistance et de la Déportation juste devant l'Hôtel de Ville, exposition honorant 22 hommes et femmes dont le destin fut malheureusement tragique.

Je me suis souvenue d'un livre sur l'une des femmes dont le visage et le parcours sont exposés, Jeanne HEON-CANONNE.

C'est Aude LE CORFF dans  "L'importunqui m'avait mise sur la voie.

Vous savez à quel point j'aime les romans historiques, mais là, il s'agit d'un livre un peu particulier. Il s'agit du récit de l'itinéraire de cette femme remarquable dans un témoignage intitulé "Les hommes blessés à mort crient" et dans lequel figure une Lettre-préface d'Albert Camus. 

Tout commence le 20 juin 1944, le jour de leur arrestation, celle de son mari et de Jeanne HEON-CANONNE, tous deux médecins installés près de la Gare. Ils ont récemment transféré leur cabinet à leur domicile, Rue Paul Bert à Angers. Ils ont 3 enfants, elle est enceinte de 3 mois. Ils sont emprisonnés par la Police Allemande. Ils sont séparés et plongés dans un univers de torture. Alors qu'ils découvrent les messages écrits sur les murs de la Prison d'Angers par leurs précédents occupants, qu'ils entendent les cris de ceux qui subissent les pires châtiments, Jeanne HEON-CANONNE écrit :


Il faudra jusqu'à la mort protéger les camarades en liberté pour leur permettre de continuer le travail, même si je dois perdre Michel... P. 27


Pour moi, une seule ligne de conduite : tenir tête, résister à la terreur, résister à l'intimidation, résister à la panique, résister au désespoir, surtout résister au règlement. Veiller chaque jour à accomplir un acte positif de résistance, pour convaincre l'ennemi qu'il peut asservir nos corps, mais que nos esprits demeurent libres. P. 46

Son mari est soupçonné de participer au réseau des Cheminots Résistants, d'avoir fait évader des officiers des Hôpitaux d'Angers, des centaines de familles juives, de rédiger de faux certificats pour empêcher les transferts vers l'Allemagne...

Elle puise sa force dans la foi religieuse.

Elle craint plus que tout que la Gestapo s'en prenne à ses enfants. La Libération approche, elle craint que les Allemands ne se vengent sur leurs familles.

Ce documentaire, mon #mardiconseil, je ne peux que vous inviter à le lire.

 

Parce que, d'abord, c'est un très beau témoignage, intime dédié à ses enfants (Danielle, François, Annette), qui a trouvé la voie de la publication chez les éditions Regard et Voir et qui permet aujourd'hui de rendre hommage à tous ces hommes et toutes ces femmes qui ont lutté, se sont battus contre l'occupant, au péril parfois de leur vie et de celle de leurs proches.

Quelle abnégation ! Quand je lis ce type de témoignage, je ne peux m'empêcher de penser à la chanson de Jean-Jacques GOLDMAN : "Né en 17 à Leidenstadt". Moi qui est mariée, moi qui est 2 enfants, qu'aurais-je fais si j'avais été à sa place ?

Parce ce que, outre la présentation de ces hommes et de ces femmes, ce témoignage brosse le portrait de toute une région sous l'occupation. Découvrir l'Histoire qui s'est passée dans les rues d'Angers, de Saumur, sur les bords de Loire... me touchent profondément. Ce sont des lieux où j'aime me promener et je découvre, au gré de cette lecture, une page insoupçonnée.

Parce ce qu'enfin, nous ne savons malheureusement pas de quoi sera fait notre avenir... 

Je vous propose de terminer avec une citation d'Albert CAMUS, la 1ère phrase de sa Lettre-préface : "


Je n'ai pas besoin de vous dire que la vérité, quand elle a malheureusement ce visage-là, ne peut s'aborder ni se quitter sans la plus sincère des compassions. P. 7

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