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2016-12-27T11:44:02+01:00

Avant que naisse la forêt de Jérôme CHANTREAU

Publié par Tlivres
Avant que naisse la forêt de Jérôme CHANTREAU

Editeur : Les Escales

 

Ce roman fait partie de la sélection des 68 premières fois

 

Albert a une quarantaine d’années, il est marié et père d’une fille. Sa mère décède d’un cancer. Il doit préparer les funérailles. Il va s’installer quelques jours dans la maison dans laquelle sa mère avait choisi de vivre ses dernières années. Cette maison se trouve en plein coeur d’une forêt de 1000 hectares dont elle a hérité de ses parents. A l’époque, personne ne s’y intéressait. Albert va profiter de cette retraite forcée, seul, pour partir à la découverte du passé de cette femme. Bientôt les souvenirs vont refluer. Pour panser ses plaies, il va privilégier le contact à la nature.

 

Ce roman, c’est l’histoire d’un deuil, de l’itinéraire pris par un fils à la disparition de sa mère. Cet homme d’âge mûr, bouleversé par ce décès, va perdre tous ses repères. Il va se raccrocher à cette maison dont les bruits le hantent, il va tenter de les décrypter, les comprendre. Entre sol et plafond, il va la mettre sens dessus dessous et essayer, derrière chaque objet, de s’approprier une certaine réalité.

 

Sa mère vivait seule, son mari l’avait abandonnée il y a bien longtemps. Se pose la question de l’avenir de cette maison et de tout ce qui l’occupe. Le narrateur va choisir de les réduire lentement en cendres, il va alimenter progressivement tout au long du roman un brasier qui ne trouvera son issue que dans les toutes dernières pages, à l’image de la vie de sa mère finalement dont les dernières traces reposent dans cette urne qu’il chérit.

 

Jérôme CHANTREAU dans ce 1er roman réserve à la forêt une place de choix. Il va l’aborder comme un lieu de paix dans lequel le narrateur va chercher un refuge, loin des hommes, loin des préoccupations quotidiennes. Mais, cet univers régit par des codes particuliers ne saurait se laisser apprivoiser par le premier venu :


Il faut du temps pour revenir en forêt. Il ne s’agit pas simplement de poser ses valises. Toute personne qui veut ressentir la puissance des bois profonds, et son effet bénéfique sur l’âme et le corps, doit prendre patience. Et marcher, sans autre but que celui d’attraper les idées au vol et de les laisser s’évaporer avec la transpiration des sous-bois. P. 103

En ce sens, ce roman m’a beaucoup rappelé celui de Jeanne BENAMEUR : « Otages intimes » dans lequel un photographe, ex-otage, va se reconstruire au contact de la forêt, de sa faune et de sa flore.

 

Mais plus généralement, c’est toute la nature qui va occuper une place prépondérante dans ce roman. Jacques CHANTREAU la peint avec beaucoup de charme et une plume particulièrement poétique :


Si les oiseaux chantent, moi aussi je vibre, et mon crâne leur fait une caisse de résonnance. Ils prêtent leur bonheur aux arbres, aux feuilles gorgées de sève, ils sont la voix des fleurs. P. 131

L’environnement naturel et le narrateur ne vont bientôt plus faire qu’un, en osmose complète, avec le risque de faire perdre à cet être sa dimension humaine. Ce roman permet d’explorer la part de sauvage qui demeure en nous et saisit chaque opportunité pour s’exprimer.

 

J’ai aimé ce roman pour son rythme, lent et reposant, tout à fait adapté, me semble-t-il, pour apprendre à vivre avec le manque et le surmonter.

 

Je ne l’aurais sans doute pas choisi en librairie ou bibliothèque mais c’est bien là tout le charme de cette aventure des 68 premières fois !

Avant que naisse la forêt de Jérôme CHANTREAU

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